Première journée

Harry, Ron et Hermione étaient plutôt optimistes quant à l'année qui s'annonçait. En effet, ils avaient tous les trois exprimé le vœu l'année précédente de devenir Aurors, ce qui signifiait qu'ils n'étudieraient que des matières qu'ils avaient choisi d'étudier. À leur grande surprise, Harry et Ron avaient tous deux obtenu des notes suffisamment bonnes dans chacune des matières requises, même en potions – cela était probablement dû au fait que les BUSE étaient notés par des examinateurs étrangers à l'école. Mis à part les cours de potions, les leçons à venir se présentaient sous un jour assez favorable. En plus des potions, ils devaient assister aux cours de défense contre les forces du Mal, de métamorphose et de sortilèges. Ils avaient également choisi en option les soins aux créatures magiques (plus par amitié pour Hagrid que parce qu'ils s'intéressaient à cette matière), et l'arithmancie pour Hermione.

- Sans les cours de divination, de botanique, d'histoire de la magie et d'astronomie, notre emploi du temps va être considérablement allégé ! dit joyeusement Ron en s'habillant.

- Oui, à moins qu'on ait plus d'heures cette année pour chaque matière qui reste, répondit Harry.

- Oh… fit Ron d'un air déçu, je n'avais pas vu ça comme ça…

En descendant dans la salle commune Harry se retrouva nez à nez avec Parvati.

- Bonjour Harry. Bien dormi ?

- Oui, merci, et toi ?

- On se voit tout à l'heure en cours !

Ron donna une tape dans le dos de son ami.

- Ça se précise, on dirait ?

- Ça suffit, répliqua Harry en rougissant.

Mais le sourire qu'il arborait jusqu'aux oreilles en disait long.

- Vous avez remarqué, Dumbledore ne nous a pas présenté le nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, hier ! dit Hermione tandis qu'ils descendaient prendre leur petit-déjeuner.

- Il n'en a peutêtre pas trouvé. Maintenant que tu le dis, il n'y avait pas de manuel de défense dans la liste des fournitures.

- C'est vraiment bizarre, conclut Hermione.

Le mystère fut résolu pendant le petit-déjeuner. Dumbledore se leva et le professeur McGonagall fit tinter une cuillère contre son verre pour réclamer le silence.

- Comme certains d'entre vous l'ont peut-être constaté, je ne vous ai pas présenté le nouveau professeur de défense contre les forces du Mal au banquet d'hier soir.

À en juger par les têtes ahuries de la plupart des élèves, Hermione était la seule à l'avoir effectivement remarqué.

- Ceci n'est pas un oubli de ma part, continua Dumbledore. Mais nous n'avons pas encore trouvé de professeur pour ce poste. C'est donc moi qui assurerai le cours de défense pour le moment, mais seulement pour les cinquième et septième année, puisqu'ils ont des examens à la fin de l'année et qu'ils ne peuvent se permettre de manquer des leçons.

À l'exception des cinquième et septième année, tout le monde semblait déçu de ne pas avoir de cours de défense contre les forces du mal. Il est vrai que cette matière était très appréciée des élèves. Seuls les Serpentard semblaient se réjouir. Harry vit Pansy Parkinson se jeter au cou de Malefoy et lui donner un baiser sonore sur la joue.

McGonagall passa ensuite distribuer les emplois du temps et les sixième année s'aperçurent avec bonheur que leurs cours du lundi ne commençaient qu'à dix heures. Il leur restait donc deux heures de liberté avant le début officiel de l'année scolaire. Hermione suggéra une promenade autour du lac. Trop heureux qu'elle ne leur propose pas de commencer à réviser à la bibliothèque, Harry et Ron s'empressèrent d'accepter avant qu'elle change d'avis.

Drago, Crabbe et Goyle étaient retournés dans leur salle commune. Au grand soulagement de Drago, Pansy avait rejoint ses amies. Mais la salle commune de Serpentard n'était pas vide, comme ils l'avaient espéré. Une fille était assise dans un fauteuil et lisait La Gazette du Sorcier. Elle était comme eux en sixième année, mais Drago ne lui avait jamais adressé la parole. À présent il se demandait bien pourquoi, car elle était plutôt jolie.

-Salut, lui dit Drago en se laissant tomber dans le fauteuil en face d'elle.

Elle leva brièvement les yeux.

- Salut.

- Je crois qu'on ne s'est jamais présentés. Drago Malefoy.

Il lui tendit la main, mais elle ne cessa pas de lire.

- Je sais qui tu es, lâcha-t-elle.

- Ah. Euh, ah bon, répondit stupidement Drago, ne sachant trop s'il devait prendre cela pour un compliment. Tu es en sixième année, non ? Comment ça se fait qu'on ne se soit jamais parlé ?

- Je ne sais pas. Peut-être qu'on n'en a jamais éprouvé le besoin.

Malefoy était décontenancé. Personneà part Potter et ses imbéciles d'amis, ne lui avait jamais parlé d'un ton si dédaigneux. Il essaya néanmoins de ne pas perdre la face.

- Ça doit être ça. Peutêtre à tout à l'heure, en cours.

La fille ne prit même pas la peine de lui répondre. Malefoy et ses compères montèrent dans leur dortoir pour être tranquilles. Allongé sur son lit, Drago tira son emploi du temps de sa poche afin de l'étudier.

- Bon sang, on commence par soins aux créatures magiques. Quelle barbe ! Dire qu'on a été obligés de prendre cette soi-disant matière pour les ASPIC. Enfin, ajouta-t-il d'un ton soulagé, on n'a que deux cours en commun avec ces abrutis de Gryffondor, c'est déjà ça.

- Ah oui, c'est lequel ? demanda Goyle, plus pour montrer à Drago qu'il l'écoutait que parce que ça l'intéressait.

- Sortilèges, le mardi et le vendredi. Et avec un peu de chance, Potter et les autres débiles n'ont pas choisi cette matière.

- Si, intervint Crabbe, ils veulent devenir Aurors.

- Laisse-moi rire ! Aurors ! Rien que ça ! Et comment tu le sais ?

- Je les ai entendus en parler au petit-déjeuner.

Drago Malefoy et ses acolytes s'étaient tournés vers la carrière de Briseurs de maléfices pour Gringotts. Drago savait pertinemment qu'il hériterait de la fortune familiale et n'aurait jamais besoin de lever le petit doigt pour vivre, mais à Poudlard il fallait choisir une orientation à la fin de la cinquième année. Crabbe et Goyle, pour leur part, avaient simplement suivi leur chef.

- Si la Sang-de-Bourbe continue l'Arithmancie on aura cours avec elle les lundis et mercredis, remarqua Crabbe en lisant son parchemin.

- Du moment que Potter et son pouilleux d'ami ne sont pas là, ça ira, conclut Drago.

Et ils passèrent le reste du temps qui les séparait de leur cours de soins aux créatures magiques à insulter Dumbledore et à imaginer différentes manières de débarrasser l'école de tous ceux qui n'auraient jamais dû y mettre les pieds.

Le soir, Ron et Harry faisaient une partie d'échecs dans la salle commune quand Hermione arriva. Ils finissaient une heure plus tôt qu'elle car elle avait pris arithmancie en option. Elle était d'assez mauvaise humeur et semblait décidée à le faire savoir.

- Quelle poisse, Malefoy continue l'Arithmancie ! ronchonna-t-elle en s'affalant dans un fauteuil près de la cheminée.

- Continue ? Tu veux dire qu'il en a toujours fait ?

- Bien sûr. Il aurait mieux fait de choisir divination, comme vous. L'Arithmancie, c'est pour les gens intelligents.

- Euh, tu peux être plus explicite ? Harry et moi on n'aurait pas pu faire Arithmancie ? demanda Ron assez brusquement.

- Mais non Ron, ce n'est pas ce que je voulais dire. Excuse-moi, mais je suis un peu fatiguée…

- Ouais. C'est pas une excuse pour insulter les autres, bougonna Ron en s'enfonçant dans son siège.

- C'est Malefoy ou une de ses amies qui te dérange? interrogea Harry.

Hermione eut un faible sourire.

- Pansy a mal commencé l'année. Le prof lui a bien fait comprendre qu'elle n'aurait jamais dû continuer l'Arithmancie. Apparemment elle a eu une note lamentable au BUSE.

Elle eu un petit rire mesquin qui étonna Harry. Il décida cependant de ne pas relever et essaya de sauver sa reine, qui était en mauvaise posture face au cavalier de Ron.

Au dîner, Harry se retrouva assis à côté de Parvati. Il soupçonnait Hermione d'y être pour quelque chose, puisqu'elle n'arrêtait pas de leur jeter de petits coups d'œil. Ni Harry ni Parvati ne parlait, aussi Hermione décida-t-elle de prendre les choses en main.

- Je ne savais pas que tu voulais devenir Auror toi aussi, Parvati.

- Ce n'est pas le cas. Je voudrais travailler au Département de la coopération magique internationale, au ministère.

- Mais comment se fait-il que tu suives exactement les mêmes cours que nous ? s'étonna Hermione.

- Oh, j'ai laissé tomber les matières que je trouvais secondaires pour ne garder que celles que je trouve les plus importantes. Ce que je veux dire, c'est que la botanique ne risque pas de m'aider beaucoup, pas vrai ?

Neville, près de Ron, poussa un petit cri indigné.

- Alors tu as aussi abandonné la divination ? demanda Harry qui avait pris son courage à deux mains.

- Non, je continue, répondit Parvati en le regardant étrangement.

Hermione jeta un regard noir à Harry. Parvati avait toujours été passionnée par la divination, et manifestement Harry venait de perdre un point.

- Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tellement à me caser avec quelqu'un, Hermione ! s'exclama Harry tandis qu'ils remontaient vers la salle commune de Gryffondor.

- Mais parce qu'il est temps que tu trouves quelqu'un.

- Mais alors toi aussi, répliqua Harry.

- Oh mais moi, ce n'est pas pareil, bafouilla-t-elle. Je suis une fille et je…

- Tiens, voilà Potter et sa fine équipe ! l'interrompit la voix traînante de Drago Malefoy, qui était accompagné de ses fidèles. Passé une bonne journée ?

- Ça allait jusqu'à ce que tu rappliques, grommela Ron. Et ça ira mieux quand tu seras parti.

- Tu devrais montrer un peu plus de respect envers un préfet, Weasley, ou il pourrait t'arriver des bricoles, le menaça Pansy Parkinson.

- Quoi, par exemple ? répliqua Harry.

- Attention, Potter le héros s'énerve, il vaut mieux qu'on s'en aille ou il va nous arriver malheur ! ironisa Malefoy.

Ron et Harry, comme un seul homme, avaient sorti leur baguette.

- Non, arrêtez, les garçons, on va avoir des ennuis, gémit Hermione.

- Vous allez laisser une fille vous commander ? les provoqua Malefoy.

- Oh oui, et ils auront raison, intervint le professeur McGonagall qui venait d'arriver. Tout le monde dans leur dortoir respectif. Exécution.

Ils filèrent tous sans demander leur reste.

Arrivés dans les cachots, Drago aperçut dans le couloir la fille qu'il avait rencontrée plus tôt dans la salle commune ; il se surprit à espérer qu'elle ne l'avait pas vu faire l'imbécile, au rez-de-chaussée. Il ne savait pas pourquoi, mais cette fille lui semblait différente des autres. Il ne voulait pas qu'elle le prenne pour un gamin attardé. Il se sentit soudain tout drôle en la voyant tourner les yeux vers lui.

Pansy, qui lui tenait le bras, resserra son étreinte.