Tout d'abord, merci Cltho et Vert Emeraude pour vos reviews ! Vous voulez qu'il se passe quelque chose entre Harry et Drago... moi aussi, mais il faut être patient ! Ils se détestent depuis la première année, ils ne vont pas tomber dans les bras l'un de l'autre dès le début, quand même ! ;-)

On va d'abord entendre un peu plus parler de la "mystérieuse fille"...

En attendant, voici un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira !

Quidditch

La première semaine se déroula sans incident majeur. Rogue avait, comme de bien entendu, su trouver les mots justes pour exprimer son dégoût de voir Harry, Ron et Hermione continuer d'assister à ses cours, mais il n'avait pas encore réussi à leur enlever de points. Malheureusement le lundi suivant, une note au tableau d'affichage informa les élèves de sixième année que pour des raisons de planning le cours de potions du mardi serait désormais commun aux Gryffondor et aux Serpentard.

- Mais pourquoi c'est toujours Gryffondor et Serpentard ? s'indigna Ron. Est-ce qu'on a déjà eu un seul cours commun avec Serdaigle ? C'est à croire qu'ils font exprès, en cinq ans on n'a jamais pu être tranquilles !

La perspective de se retrouver à nouveau enfermés dans un cachot avec à la fois Rogue et Malefoy avait suffi à faire retomber l'enthousiasme de Harry et Ron, et c'est beaucoup moins confiants qu'ils entamèrent la deuxième semaine. En effet, le cours du mardi se passa on ne peut plus mal. Harry et Ron étaient penchés sur leur chaudron, attendant patiemment que le liquide bouille pour ajouter les serres de Jobarbille quand quelque chose, venu du devant de la classe, atterrit dans le chaudron. La réaction chimique ne se fit pas attendre : aussitôt le chaudron commença à vibrer, le liquide auparavant d'un joli rose saumon devint kaki et l'ensemble se mit à siffler comme une locomotive.

- Evanesco. Une fois de plus, Potter, vous n'avez pas respecté les consignes. Il fallait attendre avant d'ajouter la serre au mélange. Un autre zéro à votre palmarès, dit simplement Rogue d'une voix méprisante.

Harry ne prit pas la peine de protester. Il jeta un regard mauvais à Malefoy, qui lui fit un clin d'œil moqueur. Avec un rictus il agita sa propre serre de Jobarbille et la jeta dans son chaudron bouillonnant.

- Excellent, Mr Malefoy, le félicita Rogue avec un demi-sourire.

En sortant du cachot, Ron était hors de lui. Il maudissait encore Rogue jusqu'à la dixième génération quand ils arrivèrent dans la Grande Salle pour le déjeuner. Mais ils n'avaient pas cours de défense contre les forces du Mal l'après-midi, et Harry réussit à le calmer en lui proposant d'aller s'entraîner au Quidditch. Hermione annonça qu'elle irait étudier à la bibliothèque.

- Tu devrais venir avec nous, tu n'es jamais remontée sur un balai depuis le cours de vol en première année.

- Non merci, ce n'est pas le fait d'aller voltiger dans les airs au risque de me rompre le cou qui me fera réussir mes ASPIC, répliqua-t-elle d'un ton dédaigneux.

Ron ne jugea pas utile de répondre ; il haussa les épaules et monta avec Harry chercher leurs balais dans le dortoir.

Drago Malefoy était tout heureux du mauvais tour qu'il avait joué à Potter.

- S'il espérait commencer l'année sur de bonnes bases, c'est raté, ricana-t-il. Honnêtement, on se demande pourquoi lui et ses abrutis d'amis prennent la peine de venir en cours de potions. Ils n'arriveront jamais à devenir Aurors. Et de toute façon, quelle idée de vouloir être Auror ! Qui de normalement constitué voudrait devenir Auror ? Pour se faire défigurer comme le détraqué qu'on a eu en quatrième année, merci bien !

Crabbe et Goyle se contentèrent de glousser bêtement. En général, c'était suffisant pour satisfaire leur chef.

- Ça vous dit d'aller faire un tour au terrain de Quidditch ?Ça ne peut pas faire de mal de s'entraîner un peu, avant le début de la saison. Au fait, je vous ai dit que Rogue m'avait nommé capitaine de l'équipe ?

- Bravo Drago, s'exclama Goyle. Mais, ajouta-t-il l'air inquiet, tu vas quand même nous garder dans l'équipe ?

Crabbe et Goyle avaient intégré l'équipe l'année précédente.

- Evidemment, vous êtes les batteurs les plus barbares qu'on ait jamais vu dans une équipe !

Crabbe et Goyle semblèrent goûter le compliment et dix minutes plus tard, les trois compères étaient en route vers le stade.

- Oh c'est pas vrai ! grogna Drago. Potter ! Dégage ! C'est notre tour !

Sans prendre la peine d'atterrir Harry lui lança :

- C'est toi qui dégages ! Le terrain ne t'appartient pas, contrairement à ce que tu crois !

Drago avait enfourché son balai et vint se placer à la hauteur de Harry.

- Tu as entendu ce que j'ai dit ? Tu t'en vas maintenant ou Crabbe t'assomme et tu peux dire adieu à la saison de Quidditch cette année, siffla-t-il d'un air menaçant.

Harry jeta un coup d'œil en bas et aperçut Crabbe et Goyle qui sortaient des vestiaires, où ils étaient aller chercher leurs battes.

- Pourquoi Crabbe ? Tu as trop peur de moi pour le faire toi-même ? ironisa-t-il.

- C'est plutôt que je n'ai pas envie de me salir les mains.

- Hé oh vous deux ! Descendez !

Hagrid venait d'arriver sur le terrain. À contrecoeur, Harry et Drago atterrirent sur la pelouse.

- Bonjour Harry. Tu veux venir boire une tasse de thé chez moi ? proposa le géant.

- Merci, j'arrive. Ron ! Viens ! On s'entraînera plus tard !

Ron les rejoignit et tous trois s'éloignèrent.

- Potter n'est même pas fichu de se défendre tout seul, il faut toujours que ce gros balourd vienne lui sauver la mise ! s'exclama Drago avec un rire méprisant. Bon allez les gars, au boulot. Si on veut gagner la coupe cette année il va falloir mettre les bouchées doubles ! Même avec leur équipe de bras cassés, c'est encore les imbéciles heureux qui nous l'ont raflée l'an dernier. Pas question qu'elle nous passe encore sous le nez.

Deux heures plus tard Harry et Ron sortaient de chez Hagrid, des bouts de gâteaux entre les dents.

- Il faudra peut-être lui dire un jour qu'on n'a que des pauvres dents humaines, pas des mâchoires de loup-garou ! plaisanta Ron. La prochaine fois j'apporterai un marteau pour casser en petits morceaux un de ses biscuits avant d'essayer de le mâcher ! Oh ! Regarde près du lac !

Parvati Patil et son amie Lavande Brown gloussaient en regardant un magazine - manifestement Beauté Ensorcelée. En apercevant Harry elle cessa aussitôt et lui adressa un petit sourire. Harry essaya de son mieux de lui répondre, en espérant que son sourire n'était pas trop terrifiant. Une grande agitation régnait dans le hall de l'école. Le professeur Flitwick venait d'afficher les dates d'essais pour les équipes de Quidditch qui avaient besoin de recruter de nouveaux joueurs.

- Bon sang ! s'exclama Harry en se frappant le front. Je n'y pensais plus ! On a presque toute l'équipe à reformer, il n'y a plus que nous deux !

- C'est vrai. C'est quand les essais ? Le week-end prochain. Je me demande bien qui va se présenter. Je t'aiderai à choisir, si tu veux.

- Comment ça ?

- Ben oui, si tu as du mal à choisir des joueurs je pourrai te donner mon avis, dit Ron. Non ? ajouta-t-il, l'air déçu.

- Mais pourquoi ce serait à moi de choisir ? Je ne comprends pas.

- Ça me paraît évident, en tant que capitaine tu vas devoir trouver des remplaçants, lui expliqua patiemment Ron.

- Mais… je ne suis pas capitaine, répondit Harry.

- Tu vas l'être, de nous deux c'est toi le plus ancien donc c'est toi que McGonagall va choisir.

- Oh !

La compréhension se peignit sur son visage.

- Tu crois ?

- C'est évident. Mes félicitations.

Ron lui adressa un sourire chaleureux et tous deux remontèrent dans la salle commune. À peine passé le tableau de la Grosse Dame (« Vol lointain ») Ginny annonça à Harry que McGonagall voulait le voir dans son bureau.

Ron avait vu juste, Harry fut nommé capitaine de l'équipe de Gryffondor et chargé de superviser les essais, qui auraient lieu le samedi matin de la semaine suivante.

- Je compte sur vous pour trouver une bonne équipe. S'il s'avérait que je doive donner le trophée à un autre professeur, je pourrais être… très déçue…, conclut-elle.

Mais le petit sourire que le professeur McGonagall lui adressa rassura Harry.

Les deux semaines suivantes se passèrent relativement bien. Quand arriva le samedi Harry était assez nerveux. Il espérait tout d'abord avoir assez de candidats pour reconstituer une équipe, et ensuite que ces candidats soient bons. Il ne voulait pas renoncer à la coupe. Si Malefoy devait la récupérer l'humiliation serait atroce. Son premier vœu fut largement exaucé : quand il arriva sur le terrain de Quidditch, Serdaigle venait d'engager un nouveau gardien et toute l'équipe s'apprêtait à quitter les lieux quand Davies, le capitaine, lui sourit en lui disant :

- Bon courage, Harry. Je crois que tu seras encore là demain.

Tous les gens présents dans les tribunes étaient en fait des joueurs potentiels. On aurait dit que tous les Gryffondor essayaient d'entrer dans l'équipe. Quand Harry et Ron s'avancèrent jusqu'au milieu du terrain tous se mirent à applaudir.

- Tu n'as pas l'impression d'être une star, là ? s'exclama Ron, ravi.

- J'ai surtout l'impression qu'il va y avoir beaucoup de déçus. Je ne pensais pas qu'on aurait autant de monde.

- Bah, au moins on a le choix. On commence ?

- Sonorus. Eh bien… bienvenue à tous et merci d'être venus si – euh – nombreux, commença Harry en s'adressant à la foule.

Ces paroles furent accueillies par un concert de cris de joie.

- Et si enthousiastes. Nous allons commencer sans plus attendre. Par – euh – les batteurs, par exemple, qu'en penses-tu, Ron ?

Ron acquiesça vivement.

- D'accord. Tous ceux qui veulent postuler le poste de batteur, vous pouvez descendre.

Un quart desélèves rassemblés dans les tribunesdescendit alors sur le terrain.

- Ben dis donc, tu déchaînes les foules, Harry ! s'exclama Ron.

Les essais pour le poste de batteur durèrent une heure et demie. Même Neville avait tenté sa chance et à la grande surprise de Harry, il se débrouillait très bien. Après cinq minutes de concertation Harry et Ron se mirent d'accord pour engager…

- Neville Londubat et Andrew Kirke.

Les deux garçons, rouges de bonheur, s'avancèrent sur le terrain et furent chaleureusement applaudis, même par les ex-futurs batteurs, fair play. Puis ce fut le tour des poursuiveurs. Les candidats étaient encore plus nombreux, et quand le professeur McGonagall arriva pour prévenir que le déjeuner était servi seulement la moitié des postulants avaient fait un essai.

- Professeur, pourrait-on continuer cet après-midi ? Il y a vraiment beaucoup de monde.

- Ne soyez pas ridicule, Weasley, répondit sèchement McGonagall. Dans une heure c'est au tour des Serpentard, il n'y a pas de temps à perdre. Et si des candidats renoncent à aller manger, c'est qu'ils sont vraiment motivés, ajouta-t-elle avant de s'éloigner.

Ron haussa les sourcils d'un air douloureux et appuya son ventre qui se manifestait bruyamment.

- Je vais tout de même vous faire porter un plateau de sandwiches, se ravisa le professeur McGonagall en se retournant.

Elle eut un bref sourire et se remit en route vers le château.

Les essais pour les différents postes de poursuiveur s'avérèrent moins concluants. Il apparaissait nettement à Harry et Ron qu'ils devaient prendre Ginny et Colin Crivey, mais il restait une place à pourvoir et jusqu'à présent personne ne semblait convenir. Il ne restait plus que quelques candidats à faire passer quand Drago Malefoy et sa clique arrivèrent sur le terrain.

- Il va peut-être falloir penser à vider les lieux, c'est à nous maintenant, lança Malefoy de sa voix molle.

- Tu peux quand même patienter dix minutes ? lança Ron avec mauvaise humeur. On a bientôt fini.

- De toute manière, vous pouvez prendre n'importe qui, vous allez quand même perdre tous vos matchs ! répliqua Drago. Finissez-en, et laissez les vrais joueurs s'occuper de Quidditch. Venez, vous autres, lança-t-il à ses suivants.

L'équipe des Serpentard alla s'asseoir par terre à l'autre bout du terrain, une place de choix pour observer les essais des poursuiveurs restants.

- Bon, c'est pas formidable, hein ? dit Ron avec une grimace quand tous les candidats eurent tenté leur chance.

- Tu as raison, je ne sais vraiment pas qui on va choisir, acquiesça Harry. C'est vraiment terrible de devoir choisir le moins mauvais au lieu de choisir le meilleur. Eh bien, que penses-tu de…

- Alors, vous avez trouvé tous vos joueurs ? demanda une voix derrière eux.

- La mocheté est venue voir l'équipe d'éclopés qui a été sélectionnée pour sa maison ? lança Pansy Parkinson depuis l'autre côté du terrain.

- Ne fais pas attention, Hermione, lui conseilla Harry. Et on a vraiment une équipe formidable, ajouta-t-il avec enthousiasme. Seulement, il nous manque un poursuiveur…

- Hé ! et si tu essayais ? proposa Ron à Hermione.

- Ron, ne sois pas bête, tu sais bien qu'elle n'aime pas le Quidditch…, commença Harry.

- Et pourquoi pas ? répliqua Hermione. Ça ne coûte rien d'essayer !

- Eh bien si tu veux… Tiens, tu peux prendre un balai là-bas, tu t'envoles et je te donne les instructions une fois en l'air.

Hermione décolla et Ron eut un sifflement d'admiration. Hermione était très à l'aise sur le balai.

- On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie ! commenta Harry. Tu savais qu'elle savait voler ?

- Je n'en avais aucune idée. Elle a dû étudier à fond Le Quidditch à travers les âges !

- Sonorus. D'accord Hermione, attrape !

Harry lui lança un Souafle.

- Et ensuite va te placer juste au-dessus de moi, au niveau du cercle le plus bas.

Hermione s'exécuta.

- Tu tires quand tu le sens.

- Comme si une Sang-de-Bourbe savait viser ! s'égosillait Pansy.

Pansy Parkinson était toujours particulièrement virulente quand Hermione était dans les parages.

- Allons Granger, tu es quelqu'un d'intelligent, non ? Tu ne veux pas te donner en spectacle et te ridiculiser devant toute l'école ? ajouta Drago Malefoy.

- Concentre-toi bien, Hermione, conseilla Harry.

Hermione ferma les yeux, les rouvrit et lança le Souafle. La balle décrivit une courbe parfaite et passa dans le cercle d'or. Tous les Gryffondor, y compris ceux qui postulaient pour la place de poursuiveur, applaudirent joyeusement. Ils étaient contents de voir que les tentatives d'intimidation des Serpentard avaient échoué. Harry se retint de pousser un cri de joie ; il devait se montrer impartial.

- Bien, maintenant tu essaies avec le cercle du milieu.

Là encore, Hermione marqua. Elle réussit également le dernier cercle, le plus haut. Voyant qu'elle était douée, Harry fit durer son essai plus longtemps que pour les autres. Il lui fit tirer de plusieurs hauteurs et distances, et pas une fois elle ne manqua son but.

- Je crois que nous avons notre dernière poursuiveuse ! s'exclama Harry.

Les tribunes explosèrent en un concert de cris et d'applaudissements.

- Je savais que tu étais forte en tout, mais là tu me dégoûtes, dit Ron à Hermione quand elle fut redescendue.

- Merci du compliment, Ron, répondit-elle avec un large sourire.

Drago Malefoy, organisé, avait demandé – ou plutôt, ordonné – aux candidats de s'inscrire au préalable, afin de savoir combien d'essais il aurait à faire passer. Comme les Gryffondor, il avait presque toute l'équipe à remplacer : il leur fallait trois poursuiveurs et un gardien. La feuille qu'il avait affichée sur le tableau de la salle commune de Serpentard s'était remplie à vitesse grand V. En regardant autour de lui il s'aperçut qu'il manquait la moitié des postulants. Ils avaient dû entendre dire que les essais des Gryffondor s'éternisaient, et ne s'étaient pas pressés.

- Pansy, tu veux bien aller chercher les candidats qui manquent, s'il te plaît ? demanda-t-il d'une voix doucereuse. Tiens, voilà la liste. Ils doivent être dans la Grande Salle.

Tout heureuse de se voir confier une mission d'une telle importance, Pansy Parkinson trotta en direction du château. Pendant ce temps les candidats déjà présents s'étaient installés dans les tribunes.

Impatient, Drago faisait les cent pas sur le terrain. Il espérait trouver de bons joueurs ; ce n'était pas la nouvelle équipe de Gryffondor qui l'inquiétait – dire que Potter avait pris Londubat ! – mais on lui avait dit que le nouveau gardien des Serdaigle, Stewart Ackerley, se débrouillait plutôt bien. Enfin Pansy arriva, accompagnée des retardataires. Tous allèrent s'asseoir dans les gradins. Ne restèrent sur le terrain que Drago et ses fidèles compagnons Crabbe et Goyle.

Après avoir choisi le gardien – Malcolm Baddock, un troisième année – Drago commença à tester les poursuiveurs.

- MacDougal, Morag, appela Drago après une demi-heure.

Le garçon démontra son talent exceptionnel à manquer les buts. Drago soupira ; tout ceci ne se présentait pas bien, pas bien du tout.

- Nott, Théodore.

Cette fois Drago sut qu'il avait trouvé un de ses joueurs ; Nott était vraiment bon. De plus, il était l'une des seules personnes de l'école que Drago ne méprisait pas – le prendre dans l'équipe ne pouvait pas nuire à leurs relations, et peutêtre même que cela les améliorerait. Il ne se le serait avoué pour rien au monde, mais Drago éprouvait un sentiment d'infériorité face à Nott.

- Parkinson, Pansy.

Elle lui fit un grand sourire et empoigna le balai. Drago lui rendit son sourire mais il savait qu'il ne la choisirait pas. On n'avait jamais vu une fille dans l'équipe de Quidditch de Serpentard ; ça n'allait pas arriver aujourd'hui. Il n'était pas comme Potter le preux chevalier : ce qui lui importait c'était de gagner, pas de participer. Voir Pansy évoluer dans les airs confirma ses pensées – elle était si mauvaise qu'il aurait encore préféré prendre Graham Pritchard, qui avait été lamentable. Avec un soupir, Drago raya le nom de Pansy de la liste et appela :

- Rowen, Sarah.

Il leva les yeux et son cœur fit un bond dans sa poitrine. C'était la fille de la salle commune ! Il n'avait pas eu l'occasion de lui parler depuis ce jour-là, et n'avait même pas réussi à apprendre son nom – c'était chose faite. Il lui adressa un faible sourire, en prenant bien garde à être discret, mais elle le regarda comme s'il était transparent et enfourcha le balai.

Drago fut aussi stupéfait que quand Granger avait marqué tous les buts. Cette fille était douée, très douée. De plus – mais cela n'avait d'importance pour Drago qu'à titre personnel, pas du point de vue du sport – elle avait beaucoup de classe sur un balai. Allait-il la choisir ? Il serait la risée de tous les Serpentard passés et à venir s'il prenait une fille dans son équipe. C'est pourquoi il annonça :

- C'est bon.

- Quoi ? s'étonna Goyle. Mais c'est une fille ! ajouta-t-il en roulant de gros yeux.

- Je ne suis pas aveugle, tu sais, Goyle. Mais je sais reconnaître le talent quand j'en ai sous les yeux. C'est une fille, eh bien personne n'est parfait. Mais c'est une fille douée. On la prend, un point c'est tout.

Blaise Zabini fut le dernier poursuiveur à être choisi. Il était de la même année que Drago mais ils n'avaient jamais vraiment parlé et ne se connaissaient pas beaucoup.

- Les entraînements commenceront mercredi après-midi. Personne n'a cours ? Parfait. À mercredi, quinze heures.

La salle commune de Gryffondor était en fête. Même ceux qui avaient été évincés étaient contents, car ils avaient confiance en Harry et savaient qu'il avait choisi les meilleurs. Tous préféraient gagner la coupe depuis les tribunes que la perdre sur le terrain. Neville était celui qu'on félicitait le plus, car personne ne s'attendait vraiment à ce qu'il réussisse le test.

- Tu m'as vraiment épatée, Neville, dit Ginny. Je ne savais pas que tu étais aussi fort. Vous avez tous vu où le Cognard s'est retrouvé quand Neville l'a frappé ? lança-t-elle à la cantonade.

Tout le monde acquiesça et poussa des cris approbateurs.

- Quel est ton secret, Neville ? demanda Dennis Crivey, le frère de Colin.

- C'est facile, répondit Neville, rouge pivoine. Quand je vois le Cognard j'imagine que c'est la tête de Malefoy.

Cette réponse fut saluée d'un rire général et beaucoup plus tard dans la nuit, c'est le cœur joyeux que les Gryffondor allèrent se coucher.