Merci pour vos reviews !

Vert Emeraude : toujours là, quelle patience ;-) ! Merci de continuer à me suivre !

Lindowel :bah, peu importe le nombre de reviews, du moment qu'il y a au moins une personne qui lit ce que j'écris, ça me donne envie de continuer !

Ne vous inquiétez pas, ce sera bien un slash Harry/Drago, mais comme je l'ai déjà dit vous allez devoir attendre un peu ! A la base ces deux-là se détestent, il ne faut pas l'oublier ! Mais le moment tant attendu approche... ;-)

Voilà voilà, bonne lecture à tous !

Un marsouin

Le temps d'arriver à l'école, Crabbe ne faisait plus la tête, car à part Goyle il n'avait pas d'autre ami que Drago ; et il ne se faisait pas d'illusions, si jamais Goyle avait à choisir entre eux deux, ce n'est pas Crabbe qui aurait sa préférence. Pansy, fière comme un pape, s'accrochait au bras de Drago comme un Clabbert à sa branche et jetait des coups d'œil tout autour d'elle pour vérifier que tout le monde pouvait voir avec qui elle était. Elle s'était sentie vexée quand il n'avait pas voulu d'elle dans l'équipe, mais elle comprenait à présent : il avait eu peur qu'elle ne se blesse au cours d'un match et tenait trop à elle pour lui faire courir un tel risque. Le petit groupe dépassa Potter et sa bande, qui s'étaient assis sous un arbre, et entra dans le hall exactement au moment où Rogue remontait des cachots.

- Tiens, qui voilà… Avez-vous passé une bonne après-midi au village ? leur demanda-t-il avec un de ses rares sourires.

- Très bonne, merci Professeur, répondit Drago.

- Comment se passent les entraînements de Quidditch ?

- On ne peut mieux. Je crois que cette année nous avons toutes nos chances pour la Coupe.

- Flint et Montague me l'avaient promis également, mais je pense que je peux vous faire confiance, Mr Malefoy.

- Absolument, Professeur.

- Bien, fit Rogue d'un air satisfait – air qu'il ne prenait qu'en présence d'élèves de Serpentard.

Il tourna les talons et entra dans une salle de cours du rez-de-chaussée.

Drago se rappela soudain la promesse qu'il avait faite à son père le jour de la rentrée et décida de se rendre à la bibliothèque pour emprunter Arithmancie : une introduction à l'essence de l'art. Il avait bien l'intention d'obtenir une meilleure note que Granger pour la dissertation qu'ils avaient à rendre le mercredi suivant. Après avoir convaincu Pansy de l'attendre dans la salle commune il se mit à gravir les marches du grand escalier de marbre. Il ne connaissait pas très bien la route de la bibliothèque – il n'y était pas allé souvent – et se perdit. Il montait des escaliers, en descendait d'autres, tournait tantôt à droite, tantôt à gauche, au hasard. Cela faisait bien vingt minutes qu'il avait quitté ses camarades. Les couloirs étaient déserts ; et quand bien même il eût croisé quelqu'un, il ne lui aurait pas demandé son chemin – dans les étages un samedi après-midi, ce serait forcément un Serdaigle, un Poufsouffle ou – comble de malchance – un Gryffondor.

- Au prochain tournant je prends à droite, décida-t-il.

Mais après le virage, il tomba en arrêt devant une forme allongée sur le sol.

Le temps commençait à se refroidir et Hermione proposa à Harry, Ron et Ginny de retourner dans la salle commune. Tout en avançant dans les couloirs ils devisaient joyeusement à propos de leur premier match de Quidditch de la saison, qui aurait lieu dans une semaine, quand Ginny s'écria :

- Dean !

Dean Thomas gisait par terre, non loin du portrait de la Grosse Dame. Mais il n'était pas seul : Drago Malefoy était penché sur lui.

- Qu'est-ce que tu lui as fait ? lui demanda Ron d'un ton accusateur tandis que Ginny et Hermione se précipitaient sur le corps de Dean.

- Rien, je viens d'arriver. Il était déjà comme ça, grogna Malefoy.

- Tu penses vraiment qu'on va te croire ? répliqua Ginny, les larmes aux yeux.

- Mais je ne le connais même pas ! se défendit Malefoy. Pourquoi je lui aurais fait du mal ?

- Voyons voir… Pourquoi ? rétorqua Ron en faisant semblant de réfléchir intensément. Parce que tu es un Serpentard, peutêtre ?

- La ferme, Weasley ! J'ai autre chose à faire de mon temps que me planquer dans les couloirs pour attaquer les passants !

- Qu'est-ce que tu faisais là, au fait ? intervint Harry.

- Je… cherchais la bibliothèque, confessa Malefoy.

- La bibliothèque ? s'exclama Hermione d'un ton incrédule. Mais tu n'es même pas au bon étage !

- Je ne sais pas où elle se trouve, ce n'est pas ma deuxième maison, à moi, répliqua Malefoy d'un ton sec.

- Il n'y est peutêtre pour rien, fit Harry.

Ron et Drago le dévisagèrent, incapables d'articuler un mot. Pendant ce temps Ginny avait fait apparaître un brancard et, avec l'aide d'Hermione, elle allongeait Dean dessus pour le transporter jusqu'à l'infirmerie.

- C'est peutêtre simplement une coïncidence, ajouta Harry.

Il savait ce que c'était qu'être accusé et soupçonné à tort – il en avait fait l'expérience en deuxième année – et savait aussi que ça n'avait rien d'agréable.

- C'est ça, c'est une coïncidence, lâcha Malefoy. Bon, non pas que votre compagnie me déplaise – enfin, si – mais je n'ai pas que ça à faire, moi, ajouta-t-il en tournant les talons.

Ron était toujours sous le coup de l'émotion ; Harry, prendre la défense de Malefoy !

- Malefoy ! appela Harry alors que le Serpentard s'apprêtait à tourner au coin du couloir.

Drago se retourna en soupirant.

- La bibliothèque, c'est à l'étage d'en-dessous.

Le Serpentard lui adressa un bref signe de tête et disparut. Harry était trop loin pour en être certain, mais il avait l'impression que Malefoy, involontairement, avait souri.

- Tu as une minute, Drago ?

- Vite, alors.

Drago était plongé dans sa dissertation d'arithmancie et il ne détestait rien plus qu'être dérangé quand il faisait ses devoirs. Il avait assez de mal comme ça à rassembler son courage pour s'y mettre, il ne fallait pas venir le distraire.

- Je t'ai acheté ça à Pré-au-lard, pendant que tu avais disparu, dit Pansy avec un sourire contrit.

Elle lui tendit un paquet emballé dans du papier rouge vif. Pour faire plaisir à Pansy, Drago défit immédiatement le papier cadeau. Il s'agissait de sept paires de chaussettes en laine. Sur chaque paire était brodé le nom d'un des joueurs de l'équipe de Quidditch de Serpentard.

- J'ai pensé que ça pourrait porter chance à l'équipe, expliqua Pansy.

Elle avait eu un pincement au cœur en faisant broder le nom de Sarah Rowen sur l'une des paires mais se garda bien de l'avouer à Drago.

- Pansy ! Tu n'aurais pas dû ! s'exclama Drago.

C'était plus fort que lui, il était ravi. On ne lui avait jamais fait de cadeau si original. Pansy était rouge de plaisir et attendait visiblement une récompense. Drago n'était pas très friand des effusions en public. À contrecoeur, il se pencha vers elle et lui embrassa le front. Puis il aperçut Sarah Rowen dans un des fauteuils près de la cheminée. Celle-ci détourna les yeux quand elle se rendit compte que Drago l'avait vue. Il sourit pour lui-même et se remit au travail tandis que Pansy retournait discuter avec Milicent Bulstrode.

Au dîner, Drago arriva à la porte de la Grande Salle au même moment que Harry.

- Comment va la chochotte ?

- La chochotte ?

Malefoy se fendit d'une explication.

- Celui qui s'est évanoui.

- Il va bien, répondit froidement Harry. Mais il ne quittera l'infirmerie que demain.

- Ça m'est égal, je n'avais pas l'intention de lui rendre visite.

- Tu prends des nouvelles de ta victime, Malefoy ? intervint Ron qui venait de rejoindre Harry.

Drago se contenta de lui jeter un regard mauvais.

- Tu dois être déçu qu'il ait survécu ? insista Ron.

- Ferme-la tout de suite, la belette, ou je t'enlève des points pour insulte à préfet.

Ron fulminait.

- Tu ne m'enlèveras rien du tout, moi aussi je suis préfet, espèce de… marsouin !

Drago resta interdit un instant puis éclata d'un rire sonore qui fit sursauter une élève de première année. Il tourna les talons et rejoignit ses camarades à la table des Serpentard. Harry jeta un regard déconcerté à Ron.

- Marsouin ? Tu n'aurais pas pu trouver mieux ? Ce n'est pas une insulte, ça.

- Je sais, répondit Ron qui semblait tout aussi atterré. Mais c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit.

- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer, déclara le professeur Dumbledore d'un ton léger avant le début du repas. En fait, il s'agit de la même nouvelle, mais certains d'entre vous trouveront qu'elle est bonne et d'autres la trouveront mauvaise.

- Il va renvoyer tous les Serpentard de l'école ? chuchota Ron avec espoir.

- Ron, tu deviens ridicule avec cette obsession, dit sèchement Hermione. Tu ne peux pas simplement te débarrasser des gens que tu n'aimes pas. De toute manière, Dumbledore parle du nouveau professeur de défense contre les forces du Mal.

- Comment tu le sais ?

- Ça paraît évident, on est déjà à la moitié du mois d'octobre, il était plus que temps qu'il trouve quelqu'un, expliqua Hermione en haussant les épaules.

- En effet, Dumbledore promit aux élèves de leur présenter bientôt le nouveau professeur.

- Le professeur Bondupois n'est pas encore arrivée, mais je pense qu'elle pourra commencer les cours lundi.

- Elle ? s'exclama Ron, stupéfait.

- Bien, enfin une femme. Je me demande si elle a un lien avec Abraham Bondupois…, dit Hermione d'un air songeur.

Ron, appliquant la technique consistant à ne même pas essayer de comprendre de quoi parlait Hermione, se servit largement en hachis Parmentier.

- On va voir Dean après manger ? proposa-t-il.

- Si tu tiens à te faire décapiter par Pomfresh, répondit Ginny d'un air sombre.

- Ne t'inquiète pas, il sera en pleine forme demain, la réconforta Hermione.

- Je sais, mais madame Pomfresh a dit que son évanouissement n'était pas normal. Je suis sûre que quelqu'un l'a drogué.

- Mais qui lui en voudrait ? s'étonna Harry. Dean n'a jamais fait de mal à personne.

Ginny haussa les épaules en signe d'ignorance et vida son verre de jus de citrouille d'un trait.

- Harry, il faut que tu m'expliques ce qui t'a pris tout à l'heure, dit soudain Ron.

- Quand ?

- Quand tu as défendu Malefoy, précisa Ron, l'air accusateur.

- Mais je ne l'ai pas défendu !

Harry était choqué.

- Tu as pris parti pour lui ! Tu as dit qu'il n'avait rien fait à Dean, alors que tu n'en savais rien !

- Je n'ai pris parti pour personne, j'ai simplement constaté qu'il n'avait peutêtre rien à voir là-dedans. On ne l'a pas pris sur le fait, vrai ?

- Harry a raison, acquiesça Hermione. Moi aussi je me suis emportée cet après-midi, mais puisqu'on n'a pas vu Malefoy faire du mal à Dean, on ne peut pas l'accuser. On n'a pas de preuves !

- Du temps de Lockhart tu ne te souciais pas tant des preuves, grommela Ron avec mauvaise humeur. Tu croyais tout ce qu'il disait.

- C'est vrai, concéda Hermione en rougissant. Mais il faut tirer des leçons de nos erreurs. De toute façon, madame Pomfresh a dit que Dean s'était évanoui. Mais si Malefoy y était pour quelque chose, il lui aurait plutôt jeté un sortilège, tu ne crois pas ?

- Peut-être, grogna Ron. En tout cas, fini la liberté maintenant que les cours de défense contre les forces du Mal vont recommencer, ajouta-t-il vivement pour changer de sujet.

Après le dîner Ginny prit le risque d'encourir les foudres de madame Pomfresh et prit le chemin de l'infirmerie tandis que Harry, Ron et Hermione remontaient dans la salle commune. Il croisèrent Luna Lovegood, avec qui ils n'avaient pas eu l'occasion de parler depuis la rentrée.

- Bonjour Luna, dit aimablement Hermione. Oh, jolie broche. Très – euh – intéressante…

Luna arborait une broche de dix centimètres de long, en forme de crabe aux pinces acérées.

- Merci, répondit-elle, l'air rêveur. C'est Neville qui me l'a offerte le jour de la rentrée.

Harry et Ron échangèrent un regard entendu.

- Bon eh bien, bonne soirée à vous, dit Luna avant de s'éloigner. Oh, ajouta-t-elle en se retournant. Au cas où on ne se reverrait pas, bonne chance pour le match de samedi.

- Merci, répondirent en chœur les trois Gryffondor, rayonnants.

Ils avaient hâte de jouer leur premier match, contre Poufsouffle. Les entraînements se déroulaient très bien et tous les joueurs étaient optimistes et prêts à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Incité par Hermione (« Si tu le fais maintenant, tu seras libre demain pour t'entraîner au Quidditch »), Harry, bien qu'épuisé, resta dans la salle commune pour rédiger le devoir de potions qu'il aurait à rendre le lundi. Ron n'avait pas eu ce courage et était monté directement se coucher.

- Dean est en pleine forme à présent, annonça Ginny en revenant de l'infirmerie. Mais il ne se souvient de rien.

À vingt-trois heures Harry prit congé d'Hermione, qui s'attardait pour finir sa dissertation d'arithmancie. Il était presque arrivé à son dortoir quand il posa le pied sur quelque chose de mou. Un miaulement strident l'informa que la chose en question était Pattenrond. Surpris, Harry se rejeta en arrière ; seulement, il avait oublié qu'il se trouvait dans un escalier et tomba en arrière. Il dévala les marches la tête la première et atterrit dans la salle commune, les quatre fers en l'air. Hermione se précipita vers lui.

- Harry ? Tu vas bien ?

Harry essaya de se relever mais grimaça de douleur.

- Je crois que je me suis cassé la cheville.