Vert Emeraude : lol, je préfère que tu colles à l'arrière-train de ma fic qu'au mien ! Je vois que tu as pris ton mal en patience, tu n'as pas parlé du slash cette fois ! ;-) Au fait j'ai commencé à lire "Harry Potter et sa destinée", mais je ne reviewerai que quand j'aurai fini.

Cacoune : bienvenue et merci beaucoup ! (Ouf, enfin quelqu'un qui ne me harcèle pas à propos du slash !)

Bonne lecture !

Le match

Harry avait réussi à tomber sans réveiller personne. Aussi, ce fut Hermione qui l'emmena à l'infirmerie, où il finit la nuit dans le lit voisin de celui de Dean. Madame Pomfresh lui avait réparé la cheville en un rien de temps, mais elle lui avait annoncé qu'il devrait marcher avec une béquille pendant deux semaines pour que l'os reprenne des forces.

- Deux semaines ?

- Je suis peut-être très douée, jeune homme, mais je ne fais pas de miracle, avait rétorqué l'infirmière d'un ton sec.

- Mais… le match… ?

- Ce n'est même pas la peine d'y songer.

- Nom d'un calmar ! s'exclama Ron en apprenant la nouvelle quand il vint rendre visite à Harry le lendemain matin.

Hermione ne dit rien mais s'effondra sur le lit voisin.

- Hé ! Attention ! s'écria Dean.

- Oh, pardon. Mais qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu'on va faire ? Qui va te remplacer ?

- Mais tu n'as pas besoin de tes jambes, pour jouer au Quidditch, tu le lui as dit, à madame Pomfresh ? demanda Ron avec espoir.

- Ron, ne sois pas idiot, le coupa Hermione. S'il tombe il se fera encore plus mal. Oh mais qu'est-ce qu'on va faire ?

- C'est vraiment pas de chance, soupira Dean. Tu as une idée sur la personne que tu vas choisir pour te remplacer ?

- Aucune. Mais toi, Dean, qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda Harry, désireux de changer de sujet.

- Je ne sais pas. J'étais en chemin pour rejoindre Ginny dans le hall, comme prévu, mais je n'y suis jamais arrivé. Le dernier souvenir que j'ai, c'est que je suis sorti de la salle commune. Et ensuite je me suis réveillé ici.

- C'est vraiment étrange, intervint Hermione. Tu n'as rien fait de particulier avant de descendre ?

- Euh… j'étais remonté dans le dortoir pour chercher ma cape, et je… ah, j'ai mangé un muffin que j'avais trouvé.

- Où ça ?

- Dans le dortoir.

- Et tu penses que ce muffin aurait pu contenir un somnifère, ou autre chose, qui aurait pu te faire t'évanouir ? demanda Hermione, les yeux brillants, comme toujours lorsqu'elle comprenait quelque chose.

- Eh bien… c'est possible, oui. Ça expliquerait pourquoi je me suis évanoui dans le couloir, comme ça.

- Mais comment se fait-il que ce soit nous qui t'ayons trouvé ? s'étonna Ron. Tu étais tout près de l'entrée de la salle commune. Aucun élève n'en serait sorti de tout l'après-midi ? C'est bizarre.

- Pas tant que ça, j'ai entendu des première et deuxième année se plaindre de tous les devoirs qu'ils avaient à faire durant le week-end, répondit Harry. Et la salle commune était pleine quand on est rentrés de Pré-au-lard, ils ont dû y passer toute la journée.

- Ah, ça me rappelle nos premières années ici, dit Ron d'un air rêveur.

- Arrête Ron, le coupa Hermione, tu n'as jamais passé toute une journée à faire tes devoirs. Toi, tu les faisais plutôt le matin, juste avant les cours.

- Bon ça va, répliqua Ron, vexé.

- Mais ça n'explique pas pourquoi il y avait un muffin empoisonné dans votre dortoir, continua Hermione.

- Si ça se trouve, ce n'était pas à moi qu'il était destiné !

- Où est-ce que tu l'as trouvé, précisément ?

- Sur la table de nuit de Neville.

- Manifestement, il n'était pour toi, ironisa Ron.

Dean, honteux, baissa la tête.

- Enfin, voilà un mystère de résolu ! conclut Hermione d'un ton plus léger. Reste à découvrir pourquoi quelqu'un aurait voulu endormir Neville…

- Et à trouver un attrapeur remplaçant, ajouta Harry.

Madame Pomfresh libéra Harry et Dean pour le déjeuner et ils se rendirent ensemble à la Grande Salle. Harry clopinait entre les tables de Gryffondor et Serpentard quand il entendit un ricanement qu'il ne connaissait que trop. Drago Malefoy le regardait avec un sourire narquois.

- Ils n'avaient déjà pas beaucoup de chances de gagner, même contre Poufsouffle, mais là ils feraient aussi bien de déclarer forfait ! déclara-t-il à ses camarades hilares.

Harry les ignora et alla s'asseoir, essayant tant bien que mal d'allonger sa béquille sous le banc pour ne pas qu'elle gêne le passage.

- On peut organiser une réunion ce soir dans la salle commune, proposa-t-il à Ron et Hermione. Pour décider quand on choisira le nouvel attrapeur.

Il était très déçu de ne pas pouvoir participer au match mais prenait sur lui pour ne pas affecter encore plus ses camarades.

- Oh Harry, c'est tellement bête que tu ne puisses pas jouer ! grimaça Hermione, les larmes aux yeux.

- C'est surtout tellement bête que je ne regarde pas où je mets les pieds, se força à plaisanter Harry.

- Enfin, tout est la faute de ce stupide chat, renchérit Ron.

Hermione lui jeta un regard blessé mais ne répondit pas.

- Il faut aussi qu'on parle avec Neville, pour cette histoire de muffin, dit-elle pour passer à autre chose.

- Quelle histoire de muffin ? demanda gaiement Ginny.

Elle était beaucoup plus joyeuse à présent que Dean était sorti de l'infirmerie.

- C'est à cause d'un muffin que Dean s'est évanoui, lui expliqua Harry.

- Un muffin ? Comment ça ?

- J'ai mangé un muffin qui n'était pas pour moi et on pense qu'il contenait un somnifère.

- Ça c'est vraiment idiot, fit Ginny.

Au cours du petit-déjeuner, le lendemain matin, Dumbledore demanda le silence.

- J'ai l'immense plaisir de vous présenter notre nouveau professeur de défense contre les forces du Mal. Veuillez accueillir comme il se doit le professeur Bondupois, qui nous vient des Etats-Unis. Elle a enseigné cette même matière à la prestigieuse Université de Sorcellerie Fairsalem de Boston et nous fait l'honneur de rejoindre pour cette année l'équipe éducatrice de notre collège.

Une petite dame brune d'environ cinquante se leva et sourit à la foule des élèves qui applaudissaient poliment.

- J'ai hâte de voir ce que ça va donner, dit Harry en se servant un verre de lait.

- Elle doit être très compétente, remarqua Hermione. Fairsalem est une école réputée.

- Connais pas, fit Ron en haussant les épaules.

Hermione ne fit aucun commentaire mais renifla bruyamment, ce qui en disait long. Harry n'osa pas avouer que lui non plus n'avait jamais entendu parler de cette école américaine.

Après le dîner Harry organisa une réunion pour recueillir les inscriptions des candidats au poste d'attrapeur remplaçant. Tous les Gryffondor étaient rassemblés dans la salle commune, mais quand Harry demanda aux postulants de lever la main, personne ne fit un geste.

- Écoutez, nous avons absolument besoin d'un attrapeur pour samedi.

- Pourquoi ne pas reporter le match ? demanda quelqu'un.

- Nous en avons parlé à McGonagall mais pour reporter un match il faut prévenir deux semaines à l'avance.

- Enfin Harry, tu aurais pu prévoir que tu allais te casser la figure ! déclara Ron d'un ton faussement outré qui déclencha les rires de l'audience.

Harry sourit faiblement – penser au match auquel il ne participerait pas lui causait toujours un pincement au cœur.

- Peut-être que les candidats ne veulent pas se désigner devant tout le monde, souffla judicieusement Hermione à l'oreille de Harry.

Harry acquiesça.

- Voilà ce qu'on va faire. Je vais déposer une boîte sur cette table et si vous désirez devenir attrapeur remplaçant vous n'avez qu'à mettre votre nom dedans. Nous viderons la boîte demain midi et vous serez convoqués discrètement pour passer un essai. Plus tôt le nouvel attrapeur commencera à s'entraîner, plus on aura de chances pour samedi.

La foule se dispersa et Harry alla s'asseoir près du feu avec Hermione.

- Pourquoi personne ne voulait se porter candidat devant les autres ? Pourtant les essais au début de l'année se sont déroulés en public, et personne n'était intimidé.

Hermione réfléchit quelques instants.

- Je pense que c'est à cause du fait que c'est toi qu'il faut remplacer. Personne n'a envie de passer pour le prétentieux qui se croit aussi doué que Harry Potter – ne rougis pas, tu sais bien que tu es un des meilleurs attrapeurs de tous les temps.

Le lendemain, après le déjeuner, Harry monta en compagnie de Hermione et Ron vider la boîte à candidatures. Seulement trois noms avaient été déposés dedans. Ils se mirent d'accord pour prévenir chacune de ces personnes en toute discrétion pour leur faire passer un essai le soir même.

Leur premier cours de défense contre les forces du Mal eut lieu en dernière heure de la journée. Le professeur Bondupois était une femme charmante qui proposa immédiatement des travaux pratiques à ses élèves. Après avoir passé une heure à maîtriser des Verlieux pour vider leur poche à venin Harry, Ron et Hermione remontèrent dans la salle commune déposer leurs sacs de cours avant le dîner. En entrant dans leur dortoir Harry et Ron trouvèrent Neville occupé à mettre son coin de la chambre sens dessus dessous.

- On peut t'aider, Neville ? proposa Ron. Tu cherches quoi ?

- Rien, rien, répondit Neville qui espérait sans doute vaguement être cru.

- Bon, tant pis, fit Ron en roulant des yeux. Vraiment bizarre, ce type, ajouta-t-il tout bas à l'intention de Harry. Au fait Neville, tu te rappelles qu'après le dîner on a rendez-vous au terrain de Quidditch pour choisir le nouvel attrapeur ?

- Oui, ne vous en faites pas, je serai là, répondit Neville d'un air distrait.

Immédiatement après le dîner, l'équipe de Gryffondor au grand complet se mit en route vers le stade. Il fallait profiter des derniers instants de la journée où l'on voyait encore clair. Les trois attrapeurs potentiels étaient déjà là, piaffant d'impatience. Harry leur expliqua comment se déroulerait le test et cinq minutes plus tard ils étaient tous les trois en l'air, attendant que Ginny libère le Vif d'or pour le poursuivre chacun à leur tour. Le Vif avait été ensorcelé par Hermione pour ne pas monter trop haut ni s'enfuir trop loin, et l'équipe s'était logiquement mise d'accord pour engager celui qui mettrait le moins de temps à l'attraper.

À peine une heure plus tard le petit groupe était revenu dans la salle commune, séparément pour ne pas éveiller les soupçons. En effet, il avait été décidé de garder l'identité du nouvel attrapeur secrète pour ne pas que les Poufsouffle puissent profiter d'une fuite et établir une nouvelle stratégie.

La nouvelle équipe s'entraînait tous les soirs, sous la direction de Harry, et le vendredi soir, en allant se coucher, Harry était satisfait. Il était toujours déçu de ne pas prendre part au match mais il sentait que même si Poufsouffle les battait, ce ne serait pas à plate couture.

Malgré tous les efforts qu'il avait déployés Drago n'avait pas réussi à découvrir qui les Gryffondor avaient choisi pour remplacer leur attrapeur. Il s'était rendu au terrain de Quidditch tous les soirs mais n'avait jamais réussi à les surprendre en plein entraînement. À chaque fois le stade était soit désert, soit occupé par les Poufsouffle. Ce vendredi soir, dans la salle commune, il était particulièrement de mauvaise humeur ; il détestait les surprises et il était évident qu'il en aurait une le lendemain, quand commencerait le match. Pansy était assise devant la cheminée et parlait avec animation à Milicent Bulstrode. Drago avait mal à la tête ; la voix aiguë de Pansy lui vrillait les tympans et il s'apprêtait à ramasser la dissertation de métamorphose sur laquelle il travaillait pour aller se coucher quand quelqu'un s'assit sur la chaise voisine. Sans même tourner la tête Drago sut de qui il s'agissait – il aurait reconnu ce parfum entre mille.

- Tu as fait ton devoir de potions ? demanda Sarah Rowen.

- Tiens, tu me parles, à présent ? fit Drago d'un ton narquois.

Mais son cœur battait la chamade. C'était la première fois que Sarah lui adressait spontanément la parole. Peut-être qu'il lui plaisait, après tout ?

- C'est juste parce que tu es le meilleur que je connaisse. Je ne vais quand même pas demander à cette Granger de m'aider.

Elle ponctua sa phrase d'une moue dégoûtée.

L'enthousiasme de Drago retomba d'un coup. Ce fut le moment que choisit Pansy pour venir lui annoncer qu'elle allait se coucher.

- Tu devrais y aller aussi, Drago chéri, ajouta-t-elle avec un regard mauvais à l'adresse de Sarah. Tu as l'air fatigué.

Drago prit sur lui pour ne pas grimacer (« chéri ») et sourit à Pansy.

- Tu as raison, j'y vais. Il faut être en forme demain pour encourager ces imbéciles de Poufsouffle.

En descendant de son dortoir le lendemain matin, Drago croisa Sarah dans la salle commune. Elle lui jeta son regard habituel – celui qui donnait à Drago l'impression de n'être qu'un élément du décor – et descendit déjeuner. Quand Drago arriva à son tour dans la Grande Salle, accompagné de Crabbe et Goyle, elle ne leva même pas les yeux de son bol. Le garçon en ressentit un pincement à l'estomac. Au bout d'un moment ce pincement se transforma en vive douleur, et Drago s'aperçut que Crabbe lui donnait des coups de coude dans les côtes. Apparemment Pansy – il ne s'était même pas aperçu qu'elle était arrivée – essayait de lui dire quelque chose.

- Tu es vraiment distrait, ces temps-ci, remarqua-t-elle. Qu'est-ce que tu comptes faire, ce matin ?

- Oh, je ne sais pas. Peut-être m'entraîner à ce sortilège que Flitwick nous a appris…

- Tu ne fais qu'étudier, gémit Pansy. Tu n'es pas drôle.

- Tu sais quoi ? Tu as raison. Si tu veux on pourra aller se promener tous les deux près du lac.

Essayant de ne pas s'imaginer en train de la jeter à l'eau, Drago sourit à Pansy qui gloussa et enfouit son visage dans son bol.

Sur le coup de quatorze heures, toute l'école se dirigea vers le terrain de Quidditch pour assister au tout premier match de l'année.

- Je me demande qui fait les commentaires, maintenant que Lee est parti, dit Ginny tandis que l'équipe se dirigeait vers le stade.

- Luna, dit Neville.

- Hein ? fit Ron, distrait.

- C'est Luna qui commente les rencontres, expliqua Neville.

- Oh ! Ah bon.

En effet, quand ils pénétrèrent dans l'enceinte du terrain ils purent voir Luna en pleine conversation avec le professeur McGonagall, qui était chargée de superviser les commentaires. Harry accompagna son équipe dans les vestiaires pour faire le traditionnel discours d'avant match et donner quelques conseils de dernière minute. Son équipe était très nerveuse – à part Ron, ils jouaient tous leur premier match – et Harry ne se répandit pas explications techniques.

- Faites de votre mieux, dit-il simplement, se rappelant avec douleur les interminables laïus d'Olivier Dubois.

Il monta dans les tribunes et trouva une place à côté de Parvati Patil. Il lui adressa un sourire timide et s'assit.

- Mon pauvre Harry, comme tu dois être déçu de ne pas jouer ! s'écria Parvati d'un air navré.

- Euh, oui.

- Mais comme ça nous pourrons regarder le match ensemble ! s'exclama joyeusement Parvati.

Harry lui sourit à nouveau. Ses cheveux brillaient sous le soleil tardif d'octobre et à ce moment précis, Harry la trouvait vraiment jolie.

Il fut interrompu dans ses pensées par la voix magiquement amplifiée de Luna.

- Voilà l'équipe de Gryffondor, composée de Granger, Londubat, Weasley et Weasley, Kirke, Crivey et… ça alors, Crivey, au poste d'attrapeur remplaçant.

À l'annonce du nom de Dennis la foule s'était mise à murmurer, mais si fort que Luna dut hausser le ton pour donner les noms des joueurs de Poufsouffle qui faisaient leur entrée. La petite taille et l'agilité de Dennis Crivey faisaient de lui un attrapeur idéal ; il s'était révélé très bon aux entraînements organisés dans la Salle sur Demande. Dennis était très motivé et Harry, confiant, savait qu'il ferait son possible pour apporter la victoire à Gryffondor. Madame Bibine donna le coup de sifflet et les quatorze joueurs décollèrent. Les Gryffondor évoluaient dans les airs avec une grande aisance. Il était difficile de croire qu'ils étaient presque tous débutants.

- Ginny Weasley a le Souafle et fonce vers les buts, ouille, un Cognard vient de passer près de son oreille, elle lâche la balle qui est récupérée par Bones, ah non, par Meadow, je m'embrouille, qui passe à Smith, qui est frappé par un Cognard envoyé par Londubat – bravo Neville ! – euh, enfin, envoyé par Londubat, tout court…

Le professeur McGonagall venait de rappeler à Luna qu'elle se devait d'être impartiale.

- Granger attrape le Souafle et le passe à Crivey – Crivey le poursuiveur, pas l'attrapeur – tiens, à propos, que fait Crivey l'attrapeur ? Rien, apparemment, il tourne en rond comme un oiseau qui… enfin bref, il tourne en rond – oh ! Mince, qui a marqué ? Je n'ai pas vu qui a marqué, est-ce qu'on pourrait rejouer l'action ? Je…

Le professeur McGonagall venait d' « éteindre » la voix de Luna pour se charger elle-même des commentaires. Parvati éclata de rire. Harry aperçut, dans la tribune des Serpentard, un Malefoy hilare qui applaudissait à tout rompre le but marqué par Smith. Les poursuiveurs de Gryffondor volaient bien, mais ils lâchaient fréquemment le Souafle, surpris par les Cognards. Comme c'était leur premier match ils n'arrivaient pas encore à voir du coin de l'œil les Cognards arriver et tournaient sans cesse la tête de droite et de gauche, ce qui les déconcentrait et permettait aux joueurs de Poufsouffle de rattraper le Souafle. Au bout de vingt minutes cependant, les Gryffondor avaient pris plus d'assurance et étaient remontés au score – ils n'étaient plus menés que par cinquante à trente. Le professeur McGonagall assurait les commentaires d'une manière quasi-professionnelle, même si elle s'oubliait parfois.

- Granger a le Souafle, elle fonce vers les buts et oui ! Elle marque ! Hum, enfin, elle marque – Luna venait de jeter un regard noir – et Meadow récupère la balle, Kirke lui envoie un Cognard, Ginny Weasley attrape le Souafle… ah, manqué, Smith s'empare de la balle, Ronald Weasley plonge et – ah, Smith marque…

Soudain l'attention de Harry fut détournée par un scintillement. Son œil averti venait de repérer le Vif d'or. Il leva la tête vers Dennis, mais celui-ci fonçait déjà comme une flèche vers la petite balle dorée…

- Allez Dennis ! hurla Harry. Vas-y ! Tu l'as !

En effet, Dennis attrapa le Vif d'or et atterrit avec un sourire triomphant. La tribune de Gryffondor explosa en cris de joie et Sommerby, l'attrapeur de Poufsouffle, alla serrer la main minuscule de Dennis Crivey. Harry éclata d'un rire nerveux – la tension qu'il avait accumulée depuis sa blessure se libérait enfin – et enlaça Parvati sans se rendre compte de ce qu'il faisait. Il la serrait contre lui depuis une bonne minute quand il reprit ses esprits.

- Euh… excuse-moi, fit-il en rougissant.

Mais Parvati était transportée de joie par la victoire de Gryffondor.

- Ne sois pas bête ! s'exclama-t-elle, rayonnante.

Elle le serra de toutes ses forces dans ses bras menus et, emportée par son élan, lui planta un baiser sonore sur la joue.

Harry, à peine remis de ses émotions, descendit des gradins aussi vite que le lui permettait sa béquille. Il se dirigeait vers son équipe quand Drago Malefoy l'attrapa par le bras.

- Tu as eu de la chance, Potter, cracha-t-il d'un ton méprisant. Mais contre nous, ça sera différent.

- On verra ça, répondit gaiement Harry.

Rien ni personne ne pourrait gâcher ce moment de joie. Il boitillait vers les silhouettes rouge et or qui bondissaient de joie au milieu du terrain quand Malefoy l'interpella à nouveau.

- Potter ! J'ai fini par trouver la bibliothèque.

Harry, tout à son bonheur, s'apprêtait à le féliciter, mais Malefoy ajouta :

- J'ai pu emprunter le bouquin que je voulais, et j'ai eu une meilleure note que ta copine la Sang-de-Bourbe à ma dissertation.

Ce terme refroidit quelque peu l'allégresse de Harry, qui tourna les talons sans rien répondre. Mais quand il arriva à la hauteur de ses camarades et que Dennis Crivey, fou de joie, se jeta sur lui et le fit tomber à la renverse, il éclata de rire avec les autres.