Notes : Naaaannn ! Pas les tomates ! . Je suis désoléééée ! Je sais que vous avoir fait poireauter aussi longtemps était vraiment injuste, d'autant plus que vous avez tous été géniaux avec moi, et je m'en excuse aussi bas que je peux. Le fait est que (premièrement) les vacances de Noël ne m'inspirent pas du tout dans cette fic (I love Hogwarts ! .) et que (deuxièmement) je me suis énormément consacrée à mes études ces derniers temps, pour cause de Bac imminent. Je l'avais signalé dans ma bio, mais j'imagine bien que vous n'êtes pas tous aller voir. Mais je ne voulais pas publier un nouveau chapitre juste pour vous dire que j'étais en hiatus provisoire, ç'aurait vraiment été vache de vous donner de faux espoirs… Désoléééée ! TT-TT Enfin, maintenant, ça y est, le Bac est vraiment et définitivement fini (pour moi du moins. Désolée pour tous les autres qui liront ça) et je vous publie donc ça le lendemain de l'affichage des résultats ! C'est-y pas beau, ça ? . En passant, pour ceux que ça intéresse, j'ai eu mon Bac avec mention Bien, et mes parents ont l'air bien décidés à m'acheter un ordinateur portable en cadeau. Il faut savoir que je suis totalement incapable d'écrire sur du papier, et que pouvoir emporter un clavier partout serait extrêmement pratique pour écrire. . D'autant plus que je pars en vacances du 10 au 27 juillet, donc d'ici peu de temps… -.- Allez, passons aux remerciements !
Remerciements : I love you all ! Vous avez tous été adorables ! Quand je pense que même après cinq mois de hiatus, je recevais toujours plusieurs reviews par semaines… Je vous aimeuh ! . Bon, le revers de la médaille, c'est que j'aurais beaucoup de mal à répondre à 150 reviews (tout juste, tout rond, au moment où je poste ça ! Merchiii !), donc je me contenterais de me répéter : je vous aimeeeuuuh ! . Merci mille fois, soyez surs que je lis chacun de vos commentaires, et si je ne me rappelle toutes les questions que vous avez pu me poser, c'est parce que ma mémoire a saturé ! Donc, plutôt que de vous relire et de ne publier ça que dans trois jours, je pense que vous préférez que je le mette en ligne tout de suite. Si vous avez des questions qui exigent absolument des réponses, prière de me les reposer, et j'essaierais d'y répondre la prochaine fois. Je fais juste un petit coucou spécial à mon Capitaine et à mon Colonel. Je ne vous oublie pas ! :-)
MàJ du 16/05/2013 : Correction des balises.
Chapitre 15 : Où les flocons de neige et les sapins de Noël gouvernent le monde
Le chêne se dressait, isolé, entre quelques parterres de fleurs nus et un ou deux buissons dépouillés. Ses branches décharnées se tendaient vers le ciel dans un espoir inlassable de percevoir bientôt les premières traces d'un radoucissement de l'air. La sève à l'intérieur de son tronc parlait de soleil et d'eau, de vent et de pluie. Elle se souvenait d'autres saisons froides, parfois bien plus rigoureuses que celle-ci. L'arbre savait que l'hiver revenait toujours. Mais il ne s'en lamentait pas, car il savait également qu'immuablement, le printemps le suivait.
Avec un soupir, Harry caressa une dernière fois l'écorce rêche de la paume de sa main, puis recula un peu, ses pas crissant dans la neige fraîche. Si seulement sa vie avait pu être aussi simple que celle d'un arbre… Si Voldemort avait pu n'être qu'un simple hiver contre lequel il suffisait de courber le dos en attendant le redoux, tout aurait été tellement plus simple. Mais l'hiver n'avait pas de conscience, lui. Il ne se rendait pas compte que sa venue apportait chaque année la fin de certaines existences. Voldemort, lui, non seulement le savait mais encore s'en délectait.
Harry leva les yeux vers le ciel gris et couvert, plongé dans ses pensées. Ce que lui avait appris Anne ne lui disait rien qui vaille, loin de là. Si Voldemort perdait son temps en des subtilités telles que l'utilisation du Polynectar au lieu de simplement enlever et torturer toutes les personnes concernées, c'était probablement qu'il ne tenait pas à éveiller l'attention du Ministère. Avec un peu de chance, c'était peut-être parce qu'il n'était pas encore certain que les recherches de Mme Potter pourraient lui apporter quoi que ce soit de valeur, mais Harry en doutait.
Donc, Anne possédait des connaissances ou un objet qui intéressaient très fortement le Seigneur des Ténèbres, et, bizarrement, Harry doutait qu'il puisse s'agir du prochain modèle de balai de course qui sortirait sur le marché. Toute la discrétion que les détenteurs de ce secret s'efforçaient d'appliquer à l'affaire lui disait qu'il était sans aucun doute question de quelque chose de très dangereux et que, si Lewis venait à en entendre parler, alors tout ne deviendrait qu'encore bien plus embrouillé.
Et pour arranger le tout, Harry n'avait toujours pas réussi à apaiser les suspicions de Anne à son égard. Leur conversation précédente avait confortablement — si l'on pouvait vraiment utiliser ce terme — dévié sur un autre sujet, mais il savait que dès qu'elle aurait pris les mesures qui s'imposait dans sa situation, elle aurait à nouveau à cœur de trouver le fin mot de l'histoire. Son histoire. Et que pouvait-il lui dire ? Certainement pas la vérité, en tout cas. Harry tenait à ce que sa véritable identité reste inconnue de tous, ou presque, le plus longtemps possible. Il n'avait pas fait tous ces efforts afin de garder sa couverture pour se démasquer dès que la première personne venue, même s'il s'agissait de sa grand-mère — ou pseudo-future grand-mère… — avait des doutes à son propos, tout de même !
Il ne lui resterait donc plus qu'à improviser, puisque son esprit semblait vouloir s'acharner à tourner en rond sans trouver une quelconque solution.
Oui, cela devait être vraiment bien d'être un arbre… Personne ne se prendrait de l'idée saugrenue de demander son emploi du temps des derniers mois à un cyprès, après tout.
Des cris lointains sortirent finalement Harry de ses contemplations moroses des nuages, lui évitant par là même un méchant torticolis. Le jeune Auror tendit immédiatement l'oreille, sur ses gardes. Un vieux réflexe, acquis de haute lutte, lui fit porter la main à sa baguette, passée à sa ceinture. Il ne lui fallut pas longtemps pour se détendre, reconnaissant avec soulagement des cris de joie portés par le vent.
Curieux, il regagna l'un des multiples sentiers du jardin des Potter en soufflant sur ses mains rougies par le froid avant de remettre ses gants. Il pressa le pas le long des bosquets qui se détachaient sans problème sur le fond totalement blanc du sol et se retrouva bientôt sur le grand espace dégagé qui faisait face à la porte d'entrée des Potter.
Un objet volant non identifié siffla en passant à vive allure près de son oreille, le forçant à retourner vivement à couvert. Harry se colla le dos contre un arbre et chercha du regard la menace potentielle, laquelle se révéla sous forme de petits paquets de neige éparpillés au sol non loin de lui. La boule de neige perdue n'avait de toute évidence pas été ensorcelée pour résister aux chocs.
Secouant la tête devant ce manque de professionnalisme, Harry se risqua à pointer le nez hors de sa cachette et fut récompensé par une scène épique : retranchés derrière les buissons à chaque bout du " no man's land ", deux clans de terrrrribles Maraudeurs s'affrontaient à coups de paquets de matière blanche et glacée. Sur la gauche, les guerriers Lunard et Cornedrue faisaient front commun contre Patmol et Queudver qui, sur la droite, n'entendaient pas s'en laisser compter aussi facilement.
Régulièrement, Peter et James plongeaient à l'abri pour recharger leur compère respectif en munitions. Sirius, le plus imposant des Maraudeurs, profitaient de sa taille et de l'allonge de bras supplémentaire qu'elle lui donnait pour bombarder le camp adverse avec puissance, mais il rencontrait la résistance farouche de Remus que ses caractéristiques de loup-garou affublaient d'une force que sa silhouette effilée ne laissait pas présager.
James, habitué aux longues séances de Quidditch, visait cependant bien mieux que Peter, et il semblait que la bataille devait tourner à l'avantage du camp de gauche quand le Poursuiveur fut soudain atteint en plein visage par une boule qu'il n'avait pu éviter et qui, bien loin de s'effriter, resta scotchée sur ses lunettes malgré tous ses efforts, obstruant efficacement son champ de vision.
De l'autre côté, Sirius félicitait bruyamment Peter pour sa brillante idée de boule de neige enchantée. Harry vit nettement les deux autres Maraudeurs échanger un sourire machiavélique et vengeur avant de repartir à l'attaque de plus belle.
S'efforçant de rendre son fou rire le plus silencieux possible afin de ne pas distraire l'un des combattants, Harry assistait avec bonheur à la bataille de boules de neige la plus hétéroclite à laquelle il ait jamais assistée. Bientôt, la cape noire de Sirius se trouva pourvue de protubérances rose vif arrondies tandis que Remus ne parvenait plus à se débarrasser de la boule jaune fluo qui s'était trouvée accrochée à son bras, faisant de lui une cible parfaite. Seul Peter, le plus petit d'entre eux, réussissait encore à esquiver toutes les charges qui lui étaient destinées en plongeant prestement à l'abri.
Remus et Sirius ne s'ignoraient plus, pas plus qu'ils ne se lançaient de regards méfiants ou mélancoliques. James et Peter également semblaient avoir tout oublié de l'ambiance lourde qui régnait auparavant chez les Maraudeurs. Harry se surprit à espérer que cet instant d'insouciance puisse encore durer longtemps.
Malheureusement, ce qui devait arriver arriva et Anne, George et Lily finirent par sortir, attirés par le bruit. Mme Potter prit immédiatement un air consterné et cria par-dessus le sifflement des boules :
" Mais vous avez vu dans quel état vous êtes ? "
Les adolescents se tournèrent de suite vers les nouveaux arrivants qu'ils n'avaient pas remarqués et prirent un air contrit.
" Mme Potter… " dit Sirius. " Euh… eh bien… "
" Non, mais vraiment ! " s'exclama Anne d'un ton outré. " Vous vous comportez comme des enfants de dix ans ! Apprenez à grandir, un peu. J'espère que vous savez comment faire partir ces boules de neige, au moins ! "
Lily observait la scène sinistrée d'un air abasourdi, dévisageant tour à tour les quatre garçons. Finalement, son expression s'adoucit et elle s'apprêta à ajouter quelque chose. Malheureusement, Anne était en pleine diatribe maternelle et elle ne voulait pas l'interrompre. George paraissait lui aussi presque déchiré entre l'appui qu'il devait à sa femme et la perspective de laisser les quatre adolescents jouir pendant qu'ils le pouvaient encore de leur minorité.
Harry, sur un coup de tête, décida qu'il ne voulait vraiment pas qu'ils en restent là et qu'il se chargerait du problème lui-même. Silencieux et furtif comme une ombre, il se déplaça jusqu'à atteindre les arbres plantés sur le côté du grand escalier qui menait à la porte d'entrée des Potter. Anne venait d'ordonner aux quatre garçons de nettoyer eux-mêmes le jardin, à présent jonché de boules multicolores et ressemblant à une toile blanche sur laquelle un peintre surréaliste aurait projeté au hasard le contenu de tubes de peinture.
La mine déçue, George se détournait pour regagner la chaleur du hall quand une boule de neige parfaitement ronde et d'un beau verf pin l'atteignit sur le côté du visage et y resta collée. Hébété, il fit aussitôt volte-face et chercha du regard le coupable de sa mésaventure. Son regard tomba sur Sirius, sur les gants duquel des traces de vert étaient encore visibles. Patmol ne le regardait pas, mais fixait obstinément ses pieds. De plus, il était passablement impossible que la boule de neige soit passée sous le nez de sa femme sans qu'elle n'en dise rien.
Un instant perplexe, George jeta un regard songeur aux alentours. Ses yeux n'accrochèrent pas la silhouette de Harry, sécuritairement caché derrière un pommier, mais un sourire machiavélique naquit soudain sur ses lèvres. Toute la scène était passée inaperçue de tous les autres puisque Anne observait d'un regard sévère les adolescents qui sortaient leurs baguettes avec réluctance pour commencer à nettoyer. Seule Lily se retourna à temps pour voir George se redresser, les mains pleines de neige, et ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise quand elle le vit la lancer droit sur Sirius.
L'adolescent poussa un jappement de surprise et passa précipitamment sa main dans le col de sa chemise où la matière glacée était parvenue à s'introduire.
" George ! " s'écria Anne, outrée. " Mais quel âge as-tu, enfin ? "
George recula d'un demi-pas en levant les mains, mais il n'eut guère le temps que d'ouvrir la bouche avant qu'une nouvelle boule de neige ne s'y enfonce, le contraignant à recracher en toussant. Mme Potter se retourna aussitôt, mais James, revigoré par l'approbation muette de son père, l'avait déjà prise pour cible. Il y eut un instant de silence, puis George rejoignit d'un bond le bas des escaliers, où la neige était plus abondante. Avisant le regard malicieux que son époux lui lança, Anne réagit aussitôt.
" Oh, non ! " s'écria-t-elle en se baissant vivement pour recueillir un poignée de neige.
George évita son attaque avec facilité et riposta en riant.
" Oh, si ! "
Anne poussa un cri de rage quand la boule l'atteignit en pleine poitrine et se rua à l'attaque avec un cri retentissant :
" George Potter ! "
Le Guérisseur se précipita en riant à l'abri des arbres sous une pluie de projectiles, entraînant au passage Sirius avec lui.
" Viens là, fiston ! Entre hommes, il faut s'entraider ! "
James suivit hâtivement le mouvement pour éviter quelques boules perdues et bientôt Lily, qui n'avait pas été aussi prompte, chercha revanche au côté de Anne. Le sourire ravi qui ornait ses lèvres démontrait clairement que ce n'était guère plus qu'un prétexte. Peter avait rallié le couvert des arbres à l'autre bout du terrain et se mit en devoir de rejoindre discrètement les deux autres Maraudeurs lorsqu'il vit que leur adversaire recevait des renforts.
Quant à Remus, il resta un instant indécis, se contentant d'éviter les missiles pleuvant des deux côtés, avant de faire volte-face et de rejoindre en toute hâte les quelques broussailles qui abritaient à présent Anne et Lily.
" Remus ! " se lamenta Sirius. " Remus, où vas-tu, mon frère ? "
Le jeune lycanthrope se tourna vers lui avec un sourire malicieux et rétorqua :
" Navré, Sirius, mais la bataille serait vraiment trop inéquitable, à cinq hommes contre deux faibles femmes… "
" J'aurais préféré que tu évites le cliché des " faibles femmes ", Remus " dit Anne, " mais ceci mis à part, je suis ravie de voir qu'il existe encore au moins un homme dans cette propriété qui possède un tant soit peu de sens de la chevalerie ! "
" Eh oui, mes braves " soupira mélodramatiquement Sirius. " Il semble que l'un de nos plus valeureux guerriers ait été victime du charme maléfique des amazones… "
Sirius n'eut guère le temps de finir sa phrase que trois boules de neige l'atteignirent avec un synchronisme presque parfait en plein visage… non, en fait, quatre boules de neige.
'Quatre ?' s'interrogea Sirius, confus et quelque peu sonné.
" Quatre contre trois, c'est toujours inégal. Me permettrez-vous de me joindre à vous, mesdemoiselles, monsieur Lupin ? "
Avec un cri ravi, Lily vit son professeur de Défense contre les Forces du Mal émerger de derrière un massif de bégonias recouvert d'une épaisse couverture blanche, un large sourire malicieux aux lèvres.
" Et un deuxième ! " s'écria Anne. " Mais alors, la galanterie n'aurait réellement pas disparu de ce monde ? "
Harry éclata d'un rire chaleureux et évita prestement le projectile qui vint s'éparpiller sur le tronc derrière lui.
" Eh, c'est pas juste ! " se plaignit George.
" C'est vrai, maintenant vous avez un Auror avec vous ! " renchérit James.
" Eh bien, où est le problème ? " rétorqua Lily d'un ton provocateur. " Cela ne pourra que compenser notre faiblesse, à nous, pauvres femmes. Je ne vois pas en quoi ça nous donnerait un avantage ! "
James s'accroupit vivement et se tourna vers ses deux amis, l'air abasourdi.
" Seigneur ! Elle commence à parler comme un Maraudeur… "
" C'est bien pour ça que je dis depuis des années que c'est la femme qu'il te faut, James chéri ! " répliqua Sirius avec un large sourire moqueur.
" On parle de ma future belle-fille ? " s'enquit George d'un ton vivement intéressé.
James lança un regard désespéré à Peter, mais Queudver était bien trop occupé à viser juste malgré ses crises de foux rires pour lui être d'une quelconque aide. Marmonnant des malédictions, James fit mine de tous les ignorer et se reporta à la place sur le mitraillage intensif du camp adverse.
" Je parie 2 Gallions que j'arrive à toucher Davies au moins cinq fois avant la fin de la bataille " lança soudain Sirius en se baissant pour recharger.
Le pauvre ne comprit pas pourquoi les deux Potter se tournèrent soudain vers lui avec des regards hallucinés, ni la raison de l'empressement avec lequel ils répliquèrent tous deux :
" Tenu ! "
Toujours est-il que, deux heures plus tard, deux pièces tintèrent dans la main de James, et deux autres dans celle de George.
" Vous aviez parié ? " s'exclama Lily, incrédule.
La jeune fille était activement occupée à se sécher les cheveux devant la cheminée du salon des Potter, que Cherry avait allumé en hâte en les voyant tous rentrer dégoulinants de neige à demi fondue. Anne était assise très droite dans son fauteuil, un large sourire de satisfaction sur le visage, et Peter, affalé dans un fauteuil, faisait semblant de faire la tête à Remus qui ne répondait que par de petits sourires en coin. George et James, qui, eux, ne paraissaient guère plus contrariés de leur défaite que ça, se contentèrent d'un sourire en réponse à la question de Lily.
" Parié sur quoi ? " s'enquit Remus, curieux, qui savait parfaitement que ce n'était pas un comportement normal pour un Potter.
Sirius se contenta d'un reniflement de dépit en se laissant tomber dans un fauteuil près de lui, clairement boudeur. Le sourire de James s'élargit alors qu'il rangeait les deux Gallions dans sa poche.
" Sur Harry " répondit-il.
" Vous avez parié sur Harry ? " s'exclama Anne, incrédule.
" Quoi ? " réagit finalement l'intéressé en clignant des yeux. " Comment ça, parié sur moi ? "
L'attention générale se concentra instantanément sur lui, assis en tailleur sur le tapis devant la cheminée, une brosse à la main. Ses longs cheveux noirs étaient passés par-dessus son épaule droite, formant un rideau inextricable dont le bas se drapait sur ses cuisses et qui ne laissait voir les flammes derrière lui que par intermittence. Remarquant leur ébahissement, Harry leur fit un sourire d'excuse avant de recommencer à peigner ses cheveux encore humides qui lui semblaient une fois de plus doués d'une vie propre — et définitivement opposés à toute tentative de dressage.
" Mais pourquoi est-ce que vous les gardez aussi longs ? " souffla Lily, estomaquée.
" Vous me croyez si je vous dis que c'est encore pire, courts ? "
Harry sourit devant les regards étranges qu'il reçut.
" D'accord " concéda George en passant une main dans ses propres cheveux. " Je suis un Potter anormal et j'en suis fier… "
Harry et James gloussèrent à l'unisson. A ce moment, Harry bénit le ciel que Anne n'ait encore aucun doute sur la véracité de sa soi-disante origine généalogique. Mais cela faisait tellement de bien de plaisanter aussi légèrement au milieu de ces gens qu'il aimait, sans penser à une quelconque menace de fin du monde…
" Alors, c'est quoi, cette histoire ? " reprit-il avec un faux air sévère. " Je ne suis pas un cheval de course, vous savez ? "
" Un quoi ? " souffla Peter, confondu.
" C'est une coutume moldue " répondit Remus.
" Ah… "
Avant que James ou George n'ait pu ajouter quelque chose, Sirius s'enfonça plus encore dans son siège et accusa :
" De toute façon, c'était de la triche ! Vous saviez que je n'avais aucune chance… "
" Aucune chance de quoi ? " demanda encore Lily. " Qu'est-ce que tu as inventé, Black ? "
" Evidemment qu'on le savait, Sirius chéri ! " rétorqua James sans faire mine d'avoir entendu Lily, trop occupé à prendre sa revanche sur son meilleur ami.
Il se jeta à plat ventre sur le sofa près de Remus, tourné vers Patmol, en lui faisant un large sourire narquois.
" Mais nous n'étions pas assez cruels pour t'enlever tous tes espoirs, que veux-tu ! "
Sirius eut un reniflement qui en disait long sur ce qu'il pensait de cette théorie, puis finit par se rouler en boule dans son fauteuil, image même du dépit.
" Dire que même avec le sortilège d'autoguidage, j'ai pas réussi à le toucher une seule fois… " ronchonna-t-il.
Il y eut un petit instant de silence que chacun mit à profit pour se tourner vers les vêtements trempés que Cherry s'affairait à faire sécher non loin de la cheminée, avant de pouvoir leur ôter leurs nouvelles couleurs si pittoresques. Remus se leva nonchalamment et souleva la cape de Harry : nettement moins humide que les autres, elle avait probablement été bien plus souvent frottée contre le sol et les buissons couverts de neige qu'atteinte par un projectile. Le jeune Gryffondor retourna le vêtement, trouvant finalement une traînée de jaune.
" Ah ! " s'exclama-t-il. " Ca vient d'où, ça ? "
" De moi ! " trompetta James, très fier de lui.
" Bah ! " se moqua Sirius. " Elle n'a fait que le frôler. "
" Peut-être, mais moi je n'ai pas parié que je réussirais à le toucher cinq fois " fit judicieusement remarquer James.
" Cinq fois ? " répéta Lily, incrédule. " T'es définitivement atteint, Black… "
" Eh, oh, ça va ! " protesta faiblement le jeune homme. " Je n'étais pas là quand il a fait ses shows son et lumière avec les Mangemorts, moi… "
La brosse de Harry pendait inutilement dans sa main tandis qu'il tentait de calmer le fou rire silencieux qui le secouait. Cependant, il ne pouvait empêcher ses joues de se mettre à brûler, ce que George remarqua promptement.
" Eh oui, Harry ! " s'exclama-t-il en posant une main sur son épaule. " De nos jours, vous êtes une valeur très sure ! "
" Eh bien, au moins, " réussit finalement à articuler le jeune Auror entre deux hoquets, " vous saurez maintenant qu'il ne faut pas parier contre moi, Mr Black ! "
" Alors là, c'est sûr ! " rétorqua aussitôt Sirius avec la dernière des énergies. " Je suis peut-être inconscient, mais pas fou ! "
" " Le Corbeau, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. " "
Cinq regards profondément perplexes se tournèrent vers Lily, tandis que Remus tentait vainement de retenir un gloussement et que Harry en était à pleurer de rire.
La lune gibbeuse s'était levée sur Poudlard la grande, se réflétant en des milliers d'éclats sur la surface calme du lac. Dans le parc, rien ne bougeait, et seule une lumière chaleureuse brillait encore au loin, à la fenêtre de Hagrid, le garde-chasse. Dans le château, les couloirs étaient silencieux, la Grande Salle vide, les quelques élèves encore présents dormaient.
Minuit à Poudlard.
Albus s'appuya contre l'embrasure de sa fenêtre et contempla avec un sourire nostalgique l'œuvre de sa vie : cette école était ce qu'il avait de plus précieux. Et en cette nuit exceptionnelle, il lui semblait que chacune de ces pierres, chaque armure et chaque chandelier, exhalait un parfum de magie inusité.
Noël à Poudlard.
Au matin, chacun des habitants de l'école trouverait au pied de son lit les preuves d'attention de tous ses proches. Il y aurait des rires et des cris, des embrassades et des lettres de remerciements écrites à la hâte. Le château reprendrait vie, les armures brilleraient sous les ornements dont elles se voyaient affublées, la Grande Salle arborerait fièrement les décorations festives aux couleurs de ses quatre maisons, Peeves offrirait à Rusard le " cadeau " qu'il avait passé toute l'année à méditer…
C'était cela, Poudlard. Un abri, un havre de paix contre tout ce que pouvait receler le monde extérieur de mauvais et de douloureux. Un endroit où grandir dans une sécurité relative quand l'orage grondait aux murailles de l'école. Un lieu où chaque enfant du monde sorcier découvrait ses propres capacités et devenait un sorcier à part entière, libre de faire ses choix et de poursuivre sa vie.
La magie de Poudlard.
Fumseck émit une trille en se posant sur l'épaule du vieux sorcier, contemplant avec lui l'un des principaux symboles du monde magique. Oui, Albus aimait Poudlard. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand il lui avait consacré la majorité de sa vie, si longue soit-elle… Et pourtant, il n'était pas sans ignorer ce qui se passait à l'extérieur, cet extérieur qui se déchirait par la faute de la rancœur d'un enfant, un enfant devenu adulte entre ces mêmes murs.
Albus se retourna et fixa un instant de son regard perçant la lettre posée sur son bureau. Fumseck émit une autre trille tandis qu'il levait lentement la main pour caresser ses plumes de feu. Poudlard était un roc au milieu de la tempête. S'il devait s'écrouler, qu'adviendrait-il du monde sorcier ? Mais si c'était le monde magique qui succombait le premier, quelle importance ? Poudlard ne serait plus Poudlard si elle devait en venir à être souillée par la vengeance et la haine.
Fallait-il prendre le risque ?
Albus pivota une nouvelle fois et observa le spectacle grandiose de Poudlard, de ses murs et de ses tourelles innombrables dressées vers la lune en une attitude défiante, baignant dans sa lumière. Au loin, le calamar géant fit apparaître une tentacule lascive à la surface du lac, qui sembla s'illuminer de reflets guerriers. Plus loin encore, la Forêt Interdite s'anima de mouvements indistincts sous la caresse d'un vent qu'il ne pouvait sentir, semblant gifler les ténèbres qui s'acharnaient à la draper.
Albus sentit un sourire prendre naissance sur ses lèvres et cessa de caresser Fumseck. Avec une trille de défi et de triomphe mêlés, le phénix s'envola, franchissant la fenêtre et glissant dans l'air glacé de la nuit, frôlant de son plumage enflammé les pierres plusieurs fois centenaires du château.
Poudlard accueillerait ce que les Mangemorts s'acharnaient tant à poursuivre chez les Potter, et si le danger que représentait cet objet était immense, il n'en serait que mieux protégé.
La magie de Poudlard.
Albus ferma les yeux, un sourire satisfait aux lèvres, et laissa le vent de la nuit pénétrer jusqu'à lui. L'affliction, la peine et la douleur viendraient peut-être plus tard, mais cette nuit était une nuit de joie et de gratitude.
Un bruit de froissement d'ailes le sortit de sa torpeur, et Albus glissa sur le côté à temps pour laisser entrer la horde de hiboux qui s'égaya dans son bureau. Sous son regard pétillant, ils assemblèrent leurs présents en un tas systématique au centre de la pièce, avant de repartir comme ils étaient venus, en une cacophonie de hululements et de battements d'ailes.
Noël à Poudlard.
Fumseck revint se poser sur son perchoir comme Albus s'approchait de la masse de papiers colorés et brillants. D'une main, il fouilla dans la pile, lisant ça et là des noms plus ou moins familiers, d'amis ou de simples connaissances. Son regard se fit plus curieux lorsqu'il mit la main sur un paquet de forme étrange, mou au toucher. L'identité de l'envoyeur devait manifestement se trouver à l'intérieur.
Intrigué, Albus rompit précautionneusement le papier cadeau, qui dégorgea soudain une masse de… paires de chaussettes. De moëlleuses et confortables chaussettes. Un petit carton rectangulaire s'échappa à son tour et voleta narquoisement jusqu'aux pieds du vieil homme qui le ramassa aussitôt.
" Albus,
" Joyeux Noël ! Je pense que vous apprécierez de ne pas recevoir de livres dont vous connaissez déjà sans doute une bonne partie du contenu, ou d'instruments étranges et bizarres que votre statut d'homme cultivé vous oblige à connaître. Si ce n'est pas le cas, eh bien, je suis au moins sûr que vous trouverez une utilité à mon présent.
" En vous souhaitant de bonnes fêtes,
" Harry Davies "
Minuit à Poudlard.
Comme chaque matin, Severus se réveilla à l'aube. Une de ces aubes grisâtres et moroses made in le nord de l'Angleterre, comme il l'apprit dès qu'il eut écarté les rideaux. Non que cela changea grand-chose, d'ailleurs. Cela faisait longtemps que la journée promettait d'être encore plus désastreuse que celles qui l'avaient précédée durant ces fichues vacances.
Noël. Encore un concept de gosses pourris gâtés du même genre que le brave et parfait Potter. Severus laissa un rictus dégoûté se former sur ses lèvres pendant qu'il se préparait à la journée qui s'annonçait, enfilant la première robe propre qui lui tombait sous la main.
Son père ne se lèverait sûrement pas avant une bonne heure, après quoi il jeterait un regard mauvais à son fils et engloutirait ce que Severus aurait préparé pour le petit déjeuner, le tout copieusement arrosé de bière. Il regarderait ensuite sa montre et beuglerait en se levant qu'il allait encore être en retard à cause de son " crétin arriéré de fils, qui ne valait pas mieux que sa salope de mère ! ". Severus serrerait les dents et encaisserait la gifle magistrale qui ne manquerait pas de venir, puis son père serait parti pour gagner un salaire de misère dans un boulot duquel il serait viré le mois suivant pour sa conduite exécrable.
En revanche, le soir venu, lorsqu'il rentrerait, au lieu de se saouler jusqu'à l'oubli et de tomber endormi sur la table, confiant que son fils le ramènerait jusqu'à son lit — ce que Severus ferait d'ailleurs puisqu'il tenait à éviter tous les coups facultatifs —, cet ivrogne exigerait qu'il s'habille de ses meilleurs vêtements de soirée. Ils iraient assister à une charmante réception où chaque invité se glorifierait de son sang inévitablement plus pur que celui du voisin et se réjouirait tout bas des dernières exactions du Seigneur des Ténèbres, la nouvelle coqueluche de cette respectable société.
Puis ils rentreraient, son père déjà bien imbibé lui reprocherait de n'avoir pas fait bonne figure et de n'être qu'un bon à rien, lui distribuerait une ou deux taloches, ou peut-être utiliserait sa baguette s'il était encore assez sobre pour la prendre par le bon bout, et finirait la soirée en beauté — c'est-à-dire sur la table — avec les alcools qu'il aurait réussi à chaparder.
En attendant cette soirée qui se promettait très divertissante, Severus pourrait toujours se réfugier dans ses livres de Potions ou de Défense Contre les Forces du Mal, ou finir les quelques devoirs qu'il lui restait à faire.
Noël. Ha ! Quelle belle fête que Noël !
Severus s'autorisa une nouvelle grimace de dérision, finit de mettre de l'ordre dans sa tignasse d'un geste rageur et ressortit vivement de la salle de bain pour retrouver sa chambre minuscule où il s'affala sur son lit, décidé à ruminer des pensées noires jusqu'au petit déjeuner… Un cri d'indignation pas tout à fait humain le fit se redresser d'un bond du matelas qu'il avait à peine touché.
Le hibou posé là lui jeta un regard noir et ébouriffa ses plumes froissées en émettant un nouveau hululement de mécontentement. Surpris, Severus le fixa un instant du regard, puis jeta un coup d'œil à la fenêtre, se souvenant brusquement de l'avoir laissée ouverte en sortant de la pièce. Fronçant les sourcils, il s'accroupit et remarqua le paquet attaché à la patte que l'animal lui tendait d'un air impatient. Il l'eut à peine détaché que le hibou reprenait avec force battements d'ailes le chemin du retour, non sans lui avoir laissé en souvenir un coup de bec vengeur.
Severus jura entre ses dents en pressant la chair rougie de sa main, fixant le volatile d'un regard noir jusqu'à ce qu'il eut disparu de sa vue. Puis il se décida enfin à un examen plus approfondi du paquet. Enveloppé dans un papier brillant, bien que sobre, l'objet était rectangulaire et d'une taille moyenne. Severus sentit son cœur manquer un battement. Cela ne pouvait pas être un cadeau de Noël ? Pas pour lui, tout de même ?
Il pouvait sentir sa respiration se raccourcir alors qu'il déchirait méthodiquement l'emballage pour dévoiler une boîte de carton rectangulaire, sur le couvercle duquel avaient été percés de petits trous. Aucune carte n'était visible, pas plus qu'il n'y en avait eu sur le papier. S'apercevant que ses mains tremblaient, Severus grimaça et les serra l'une contre l'autre en tentant de reprendre son calme. Son regard restait fixé sur la boîte. Un animal ? Quelqu'un lui aurait offert un animal ?
N'y tenant plus, il rompit le lien qui maintenait le couvercle fermé d'un sort et plongea son regard à l'intérieur. Le soleil levant envoya des reflets troubles et chatoyants sur les délicates écailles. Alerté par cette soudaine luminosité, le serpent leva lentement la tête et fixa ses yeux jaunes aux pupilles verticales dans les iris noirs de Severus.
Osant à peine respirer, le jeune homme répondit longuement à ce regard. La fine langue fourchue qui darda soudain l'air dans sa direction le fit presque sursauter. Déglutissant, il tendit lentement la main. Le serpent ne lâcha jamais ses yeux, le laissant faire. Il émit un petit sifflement de satisfaction lorsque les longs doigts fins de Severus se posèrent sur ses écailles et les effleurèrent délicatement. Encouragé, le Serpentard avança sa seconde main et souleva le reptile avec des gestes précautionneux. Le petit serpent ferma les yeux d'un air appréciateur lorsqu'il recommença à le caresser, puis enroula la base de sa queue autour de son poignet.
Abasourdi, Severus le fixa encore un long moment, faisant courir ses doigts sur les écailles brillantes. Tant et si bien qu'il lui fallut un moment avant de se rendre compte que la boîte ne renfermait pas qu'un seul trésor. Le livre à la couverture d'un vert sombre qu'il en tira proclamait fièrement en lettres dorées : " Serpents : comment prendre soin de votre compagnon, par Basile Hicas-Matic ". Emerveillé, Severus ouvrit l'ouvrage à la première page, d'où s'échappa aussitôt un petit morceau de parchemin qu'il eut tôt fait de rattraper.
" Hello, Severus, et joyeux Noël !
" J'ai dû chercher très longtemps quelque chose qui puisse te plaire, et je pense ne pas m'être trop trompé. Qu'en penses-tu ? Il se nomme Satis. J'avoue quant à moi ne rien connaître aux soins à prodiguer à un serpent, alors j'ai pensé que le livre ne serait pas de trop. Je ne pense pas que sa présence posera de problèmes à Poudlard, puisqu'il est d'une espèce totalement inoffensive et est de toute façon trop jeune pour être une quelconque menace. Pense tout de même à en parler au professeur Brouet à la rentrée.
" Nous nous reverrons à Poudlard.
" Harry Davies "
Severus retint à temps un éclat de rire ravi. Soucieux de ne pas réveiller son père, qui risquait alors d'être une humeur encore bien plus massacrante, il plaqua sa main contre sa bouche, mais rien ne vint entacher la joie sauvage qui l'envahissait. Levant son nouvel animal de compagnie à hauteur de son visage, il le regarda en face et dit, souriant :
" Salut, Satis. Moi, c'est Severus. On va bien s'entendre tous les deux. "
Et le serpent darda sa langue comme pour un assentiment muet.
Sirius secoua énergiquement James, sans tenir compte de ses grognements de protestation.
" Allez, James ! Debout ! Tu te rappelles de ce qu'on avait décidé hier, non ? "
James consentit à relever la tête de l'oreiller dans lequel il l'avait enfouie et jeta un regard meurtrier à son meilleur ami. Malheureusement pour lui, l'expression de déterré qu'il arborait le matin, les cheveux en pétard lui retombant dans les yeux et les plis des draps encore imprimés sur sa joue, rendait le spectacle plus hilarant qu'autre chose.
" Ce n'était pas hier, Sirius, c'était cette nuit ! A approximativement une heure du matin, si mes souvenirs sont exacts. Et il n'est que neuf heures ! " grogna-t-il hargneusement.
Sirius ne voulut rien entendre et il tira les couvertures à bas du lit.
" Mais si nous le faisons plus tard, ils seront peut-être déjà debout ! Allez, Cornedrue, ce n'est pas quelques heures de sommeil en moins qui vont t'achever, non ? "
" Tu es bien placé pour parler, toi ! "
Malgré tout, James finit par se traîner jusqu'à la salle de bain sous le sourire triomphant de Sirius. Le jeune homme était déjà habillé et plein d'énergie, en dépit du peu de sommeil dont il avait lui-même disposé après le réveillon de Noël organisé par les Potter. La soirée avait été longue et ponctuée de rires et de discussions chaleureuses, mais pour finir, Lily s'était endormie sur un sofa avant que minuit n'ait sonné. Après quoi, Anne et Harry avaient estimé injuste vis-à-vis de la jeune fille de déballer les cadeaux avant le matin, et James et Sirius, en gosses frustrés qu'ils étaient, avaient jugé qu'une vengeance s'imposait.
C'est pourquoi Sirius traînait James dans les corridors d'aussi bon matin.
Les deux compères s'arrêtèrent finalement devant la porte de la chambre de Lily et Sirius se frotta les mains d'un air exagéré de satisfaction. James se contenta de bâiller, ce qui lui valut un regard noir.
" Allez, James, un peu d'enthousiasme ! " le réprimanda-t-il. " Tu n'as pas envie de réveiller ta princesse ? "
Ne recevant qu'un regard noir et très fatigué en réponse, Sirius esquissa un sourire narquois.
" Je me demande ce qu'elle porte pour dormir… "
James parut s'étouffer avec sa propre salive et devint soudain notablement rouge. L'avantage, c'est que cela eut l'effet bienvenu de réveiller totalement le jeune homme. L'inconvénient, c'est qu'il se promit qu'il y aurait un meurtre dans la journée. Sans tenir compte de l'épée de Damoclès qui pendait au-dessus de sa tête, Sirius ricana et ouvrit silencieusement la porte pour se glisser à l'intérieur, ne laissant pas à James le temps d'émettre d'objections. Cornedrue grimaça et déglutit durement, fixant le battant d'un air indécis. Puis il poussa un soupir résigné et suivit son ami en tâchant de ne pas réfléchir à ce qu'il faisait.
Le couloir resta vide et silencieux quelques minutes, puis il y eut un hurlement féminin, suivi d'une bordée de jurons très inventifs. Les deux jeunes hommes ressortirent aussitôt en catastrophe, pouffant entre eux et courant à en perdre haleine pour se mettre hors de portée de sortilège de Lily, qui ne tarda pas à sortir à son tour, furieuse. Elle ne portait que sa chemise de nuit bleu pâle, n'ayant pas pris le temps de saisir sa robe de chambre, et une substance d'un vert sombre dégouttait de ses cheveux auburns.
" Potter ! Black ! " hurla-t-elle. " Je jure que j'aurais votre peau ! "
Une goutte glacée tomba dans son cou, et la fit frissonner. Lançant un dernier coup d'œil hargneux au couloir désert, elle se précipita vers la salle de bain et s'y engouffra.
James et Sirius ralentirent un peu plus loin pour reprendre leur souffle.
" Eh ben, mon vieux Cornedrue, " hoqueta Sirius en essuyant les larmes de rire qui avaient coulé sur ses joues, " je ne savais pas que Evans avait un répertoire aussi varié ! "
James allait répondre, mais une porte s'ouvrant plus loin dans le couloir le convainquit de reprendre sa course, entraînant Sirius dans son sillage.
" Zut ! " se lamenta-t-il. " Les cris de Lily ont dû réveiller mes parents, on peut laisser tomber l'idée de leur faire la surprise ! "
" Bah ! " répondit joyeusement Sirius. " Il nous reste toujours Davies ! "
James lui lança un regard mi-inquiet, mi-amusé.
" Est-ce que tu es sûr que Harry dort la nuit, au moins ? "
" Hein ? " fit Patmol, perplexe.
" C'est vrai, il pourrait tout aussi bien être une sorte de mutant ou de créature pas tout à fait humaine qui n'a jamais besoin de dormir et tire son énergie d'un procédé de magie noire impliquant des litres de sang, des tonnes de bougies noires et… "
James interrompit sa tirade et fut forcé de s'arrêter quand Sirius ne parvint plus à suivre le rythme de sa course par la faute de son brusque fou rire. James sourit, le laissa brièvement récupérer, puis le tira à nouveau à sa suite.
" Allez, Patmol, dépêchons-nous ou ce sont les autres qui vont aller le réveiller ! "
Le jeune homme acquiesça entre deux hoquets et le suivit cahin-caha jusqu'à la chambre de leur seconde victime, disposée à l'autre bout du manoir, plus proche de l'entrée. Retenant leur souffle, ils se placèrent de part et d'autre de la porte et écoutèrent attentivement, à la recherche d'un signe d'activité. Le silence complet. Reprenant confiance, Sirius tendit la main et ouvrit silencieusement la porte avant même que James n'ait le temps de le mettre en garde. Il se figea et attendit qu'un sort de protection que l'Auror aurait pu mettre en place ne se déclenche, mais rien ne se passa et Sirius entra sans encombre, ne remarquant même pas le soulagement évident de son ami qui le suivit prestement.
La chambre était plongée dans l'obscurité et seul un faible rai de lumière franchissait les lourds rideaux occultant la fenêtre. Harry était allongé sur le dos dans le grand lit au centre de la pièce, dont les couvertures négligemment disposées dévoilaient son torse nu. L'un de ses bras reposait sur sa poitrine, tandis que l'autre était repliée jusque devant son visage, tourné vers la fenêtre. Ses cheveux formaient comme une auréole autour de son expression détendue par le sommeil.
Sirius examina un instant le tableau, puis se tourna vers James, et, désignant les couvertures, murmura aussi bas qu'il le put :
" Tu crois qu'il est nu, là-dessous ? "
James lui jeta un regard noir puissance dix avant de répliquer :
" Bon sang, Sirius, tu ne peux vraiment pas t'empêcher t'avoir des pensées salaces, ce matin ?! "
S'apercevant que son ton était monté plus qu'il ne l'avait voulu, il plaqua précipitamment une main sur sa bouche et jeta un coup d'œil affolé vers le lit. Heureusement pour eux, Harry avait eu une nuit particulièrement difficile puisqu'après son coucher tardif, un cauchemar n'avait pas tardé à faire son apparition. Il avait donc absorbé un peu de Potion de Sommeil Sans Rêves, et, à moins d'une intervention extérieure, n'était pas parti pour se réveiller de sitôt. L'exclamation de James ne l'ayant pas même fait se retourner dans son sommeil, les deux garçons poussèrent un discret soupir de soulagement et Sirius s'approcha du lit avec un regard de reproche à son ami.
Cette fois, James l'arrêta avant qu'il n'ait le temps d'avancer plus et murmura une formule censée l'avertir de la présence d'un sort de protection éventuel, malgré le regard excédé de Patmol. Cela s'avéra être salutaire, puisqu'une fine ligne de lumière rougeoyante apparut bientôt juste à leurs pieds et traça sans bruit un demi-cercle approximatif autour du lit et de la table de chevet. Sirius recula d'un bond et resta là à fixer le sol d'un air hébété.
" C'est un Auror, Patmol " le taquina James à mi-voix.
Sirius prit un air boudeur et lui envoya une grimace pour toute réponse. James ne s'en soucia pas et s'occupa plutôt du sort qui leur barrait le chemin. Cela s'avéra être un simple sort de Proximité, que Harry jetait sur un périmètre raisonnable autour de lui à chaque fois qu'il ingurgitait la potion, puisqu'il savait parfaitement que son sommeil devenait alors exceptionnellement lourd. Le sort devait avertir le jeteur dès qu'un être vivant franchissait la limite imposée. L'inconvénient, c'était qu'en été, il y avait tout intérêt à posséder de quoi repousser les moustiques si l'on ne tenait pas à passer de nuit blanche.
James grimaça et s'attela au démantèlement du sort, ce qui, étant donné la puissance du jeteur, lui prit plusieurs bonnes minutes. Sirius se tenait près de la porte sans rien dire, tapant du pied avec impatience pendant que son ami traçait des symboles compliqués autour de la limite du sort de protection. Finalement, James poussa un soupir de soulagement en voyant la ligne lumineuse vaciller, puis s'effacer, et Patmol le rejoignit avec empressement. Les yeux brillant de plaisir, il s'approcha du lit.
" Alors, James, laquelle ? " demanda-t-il en tirant de ses poches deux flacons trapus.
" Pas la verte, Lily y a déjà eu droit " répliqua Cornedrue. " Diversifions, Patmol, diversifions ! "
Les deux adolescents échangèrent un sourire malicieux, puis Sirius déboucha l'une des bouteilles et l'approcha précautionneusement des cheveux de Harry, qui dormait toujours à poings fermés. Tandis qu'il versait lentement le produit rouge rubis, James fit le tour de la chambre des yeux. Son regard tomba sur un flacon posé sur la table de chevet et, intrigué, il le saisit et s'éloigna pour en lire l'étiquette à la lueur de la fenêtre.
Sirius gloussa en s'attaquant à une nouvelle mèche de cheveux.
" C'est qu'il a le sommeil lourd ! " murmura-t-il joyeusement.
James reposa la fiole à sa place initiale sans commentaires, perplexe. Il s'apprêtait à répondre quand des bruits de pas bruyants retentirent dans le corridor, et, avant que l'un d'eux n'ait pu faire quoi que ce soit, la porte s'ouvrit avec fracas sur une Lily parfaitement réveillée.
" Harry, réveillez-vous ! Il faut que vous… "
Au moment exact où elle s'interrompait brutalement en s'apercevant de la présence des deux jeunes hommes qui la fixaient, trop surpris pour réagir, il y eut un vif mouvement et Sirius poussa un hurlement de surprise. James sursauta violemment et se retourna pour découvrir son meilleur ami aux prises avec l'Auror qui, s'il avait le sommeil lourd, n'en avait pas moins le réveil rapide. L'une de ses mains s'était refermée autour du poignet que Sirius tendait toujours au-dessus du lit, et l'autre pointait sa baguette, sortie de Merlin savait où, droit au milieu du front de l'adolescent.
Un ange passa. Le temps de cligner des yeux et Harry avait repris totalement contact avec la réalité. Baissant sa baguette sur laquelle Sirius louchait avec angoisse, il récupéra d'un mouvement fluide le flacon de liquide rouge et repoussa Patmol de la main qui l'avait retenu jusque-là. Le jeune homme tomba au sol avec un jappement et James se précipita pour l'aider à se relever. Pendant ce temps-là, Lily se tenait toujours dans l'encadrement de la porte et observait la scène sans bouger, et Harry examinait l'étiquette de la fiole dans la chiche lumière.
Stoïque, il leva la main et tâta la substance dont étaient enduits ses cheveux, jeta un coup d'œil aux deux adolescents qui le fixaient avec angoisse et un rien de culpabilité, et enfin leva sa baguette et ouvrit d'un mot les épaix rideaux, saturant soudain la chambre de lumière. James et Sirius, aveuglés, clignèrent des yeux avant de suivre le regard de l'Auror jusqu'à Lily. La chevelure de la jeune fille était ornée, sur le fond auburn qui lui était habituel, de dessins très stylisés de feuilles de houx et de sapins. Quelque soit le mouvement de ses cheveux, les illusions restaient parfaitement visibles, comme délicatement posées par-dessus.
Lily leur jeta un regard fulminant quand elle aperçut leurs expressions ravies, mais un long bâillement interrompit ses rêves de vengeance et, incrédule, elle se tourna vers Harry pour le voir se rejeter en arrière sur les oreillers, résigné.
" D'accord " marmonna-t-il en se frottant les yeux du dos de sa main. " Quand est-ce que ça s'efface, au juste ? "
James eut un large sourire satisfait.
" D'ici quatre ou cinq heures. Enfin, normalement… "
" Normalement ? " s'exclama Lily, furieuse, en le saisissant par le col de sa robe de sorcier. " Tu as intérêt à ce que ça s'efface, Potter, ou je te jure que tu vas regretter d'être né ! "
" Mais pourquoi est-ce que c'est toujours sur moi que ça tombe ? " geignit Cornedrue tandis que Patmol se roulait par terre, plié de rire.
" Bah ! Vous savez ce qu'on dit, James : qui aime bien, châtie bien ! "
Lily jeta un regard incendiaire à l'Auror qui s'étirait longuement, sourire aux lèvres. Finalement, il se résigna à se lever et rejeta les couvertures. Lily émit un cri de surprise et se mit brusquement à rougir, avant de lâcher James et de sortir précipitamment de la chambre sans un mot, refermant la porte derrière elle. Sirius arrêta net ses convulsions et cligna des yeux, aussi désorienté que son meilleur ami.
" Euh… Qu'est-ce qu'il lui prend ? " demanda celui-ci d'une voix mal assurée.
" Je pense qu'elle s'est rendue compte qu'étant une jeune fille, elle n'avait pas grand-chose à faire dans la chambre d'un homme, James " répondit Harry en souriant largement.
Les deux adolescents le regardèrent se lever et se diriger vers sa commode pour y chercher des vêtements propres, vêtu uniquement d'un pantalon.
" Il n'était pas nu, alors " murmura Sirius à James, lequel lui répondit d'une gifle magistrale à l'arrière de la tête. " Aïïïeeuuuh ! James ! " geignit Patmol.
Faisant la sourde oreille, James, consterné, attrapa son meilleur ami par le col et entreprit de le tirer vers la porte.
" On vous attendra en bas pour le petit-déjeuner, Harry ! " lança-t-il par-dessus son épaule sans se retourner, avant de sortir à son tour.
Harry secoua la tête avec amusement, passa la main dans ses cheveux et fit la grimace. Une douche s'imposait.
" Honnêtement ! " répéta Lily pour la énième fois, secouant ses petits sapins de Noël personnels. " Tout ça pour des cadeaux ! "
" Oh, allez, Lily ! " répondit James, lassé. " Tu n'as pas envie de savoir ce que tu as reçu ? "
Lily émit un reniflement de dédain mais ne répondit rien, replongeant plutôt dans son bol. Ce fut le moment que choisit Harry pour entrer, tenant une mèche de ses cheveux noirs devant ses yeux pour observer les baies de houx et les boules de Noël rouge vif qui y dansaient. George étouffa une nouvelle crise de fou rire dans son café et Anne poussa une exclamation indignée.
" Les garçons ! Vraiment, vous… "
" Laissez, Anne " interrompit Harry en souriant. " Comme cela, Lily et moi incarnons l'esprit de la fête. "
" Voilà ! " s'exclama triomphalement James. " C'est exactement ça ! "
George enfourna précipitamment un toast beurré et sa cacha derrière son journal pour ne pas avoir à faire face au regard plein de reproches de sa femme. James se leva d'un bond.
" Et maintenant que tout le monde est arrivé, on peut ? " demanda-t-il à sa mère, plein d'espoir.
Anne s'apprêtait à lui dire d'attendre qu'ils aient fini de déjeuner, mais George posa la main sur son bras.
" Allons, chérie, laisse donc. S'ils en ont tant envie… "
Anne émit un soupir las et se rejeta contre le dossier de sa chaise en croisant les bras, exprimant ainsi sa défaite. Pleinement satisfait, James s'élança vers l'énorme sapin que les Potter avaient disposé dans un coin de la pièce, bientôt suivi par Sirius. Lily leur jeta un regard indéfinissable et finit ses tartines beurrées avant de les rejoindre dignement.
Harry, dont l'estomac pesait encore du repas de la veille au soir, se contenta d'absorber sa dose de caféine vitale que lui servit Cherry avant de se lever et d'aller s'appuyer contre le mur près des adolescents, sourire aux lèvres. Il avait lui-même hésité à l'idée d'offrir quelque chose aux Maraudeurs, à Lily et à ses pseudo-futurs-grands-parents, mais avait dû abandonner cette perspective en se rendant compte que cela le ferait paraître trop proche d'eux. Ici, il n'était qu'un simple Auror, professeur à Poudlard, envoyé pour protéger les habitants de cette maison pendant deux semaines contre les visées d'un mage noir.
En revanche, il savait que Severus tiendrait sa langue sur l'identité de celui qui lui avait envoyé Satis, de même qu'il chérirait le serpent comme l'un des trop rares cadeaux qu'on lui avait jamais offert. Et Severus avait besoin de toute l'aide qu'il était possible de lui fournir. Satis, bien qu'encore jeune et inoffensif, pourrait prévenir Harry s'il arrivait quoique ce soit au jeune homme, et l'Auror lui avait expressément demandé de veiller sur lui.
Un cri de surprise le sortit de sa réflexion, et il observa James alors que celui-ci déballait un paquet d'une forme bizarrement carrée, avec une poignée.
" Sirius, qu'est-ce que c'est que ça ? "
Harry reconnut immédiatement l'objet et ressentit un brusque pincement de cœur en pensant à son frère jumeau, enfoui quelque part au fond de sa malle. Sirius eut un large sourire et répondit :
" Tu le vois bien, James chéri, c'est un miroir ! Comme ça, peut-être que tu apprendras à te coiffer le matin… "
Sans cesser de sourire, Sirius leva les deux mains devant lui comme pour se protéger du regard noir de son meilleur ami.
" Je plaisante, mon vieux ! Regarde… "
Le jeune homme tira un second miroir de sa poche et le brandit devant James : il était identique au premier. Cornedrue le regarda, sceptique, tandis que Sirius ramenait l'objet devant lui, y fixait son regard et prononçait clairement :
" James Potter. "
James leva un sourcil sans faire de commentaires et attendit, jusqu'à ce que Harry passe un bras par-dessus son épaule et lui désigna son propre miroir, posé sur ses genoux.
" Regardez ici, James " conseilla-t-il.
Cornedrue baissa les yeux et sursauta violemment : Sirius le regardait d'un air goguenard depuis le cadre ouvragé. Estomaqué, il rapprocha l'objet de son visage et l'examina soigneusement.
" Ce truc permet de communiquer ? "
Au moment même où les mots sortaient de sa bouche, sa voix se répercuta comme un écho, produit par le miroir de Sirius. Patmol sourit une nouvelle fois et passa sa main sur l'objet, coupant la communication.
" Comme ça, on pourra toujours papoter, même si l'un de nous est en détention ou à l'autre bout de Poudlard… "
" Eyh ! Pas mal ! " siffla James, enthousiaste.
Lily secoua la tête en roulant des yeux, puis reporta son attention sur le dernier de ses cadeaux. Elle avait déjà déballé ceux de ses parents et ceux de ses amies, et ne s'attendait pas à en recevoir de sa sœur. C'est pourquoi l'origine de ce paquet l'intriguait grandement. Curieuse, elle ôta précautionneusement le papier coloré et découvrit une petite boîte cubique bleu foncé. Laquelle boîte contenait un collier constitué d'une fine chaîne dorée, au bout que laquelle pendait un pendentif de nacre et d'ambre représentant un cygne. L'image était si délicate qu'elle en semblait presque vivante.
Retenant son souffle comme si elle craignait que le moindre courant d'air n'altère immanquablement le bijou, Lily le porta devant ses yeux, émerveillée. Puis elle remarqua enfin la carte pliée sur le bord de l'intérieur de l'écrin et l'ouvrit.
" Lily,
" Je sais que ça va t'énerver que je t'offre ce genre de choses, et que tu vas encore y trouver des tas de connotations déplaisantes, mais bon, tant pis. Je sais aussi que le cygne fait vraiment cliché — la grâce, la pureté, etc — mais, encore une fois, tant pis. Quand je suis tombée dessus, je n'ai pas pu résister à l'idée de te l'offrir, alors, joyeux Noël.
" James
" P.S : N'en parle pas devant Sirius, je t'en prie ! Lui aussi, il adore chercher des connotations partout… "
Lily jeta un coup d'œil de biais à James, qui se levait justement, prêt à aller remercier ses parents. Le jeune homme saisit son regard et lui fit un sourire gêné. Lily avait l'impression qu'il était presque sur le point de s'excuser. Sans trop savoir pourquoi, elle éprouva le besoin vif de le rassurer. Se rappelant au dernier moment que Sirius n'était pas loin, elle se contenta d'un sourire ravi et s'empressa d'attacher soigneusement le bijou. James parut soulagé. Avec un dernier sourire en coin, il s'éloigna vers ses parents.
Anne et George étaient justement en train de s'exclamer sur les présents qu'ils avaient reçus de Lily.
" Mais, Lily, il ne fallait pas, voyons ! " s'écria Anne en se jetant presque sur la jeune fille.
Lily parut déstabilisée.
" Oh, vous savez, ce n'est pas grand-chose " balbutia-t-elle. " Et c'était la moindre de des choses que de vous remercier de m'avoir accueillie chez vous pour les vacances… "
George tenait à la main sa bouteille de vin moldue et s'extasiait encore devant l'étiquette, tandis que Anne plaquait deux grosses bises sur les joues de la jeune fille.
" Les parfums moldus sont nettement plus diversifiés que ceux du monde magique ! Merci, Lily, ça me fait très plaisir " dit-elle encore, faisant rougir la jeune Gryffondor.
" Je vous en prie… "
Harry contemplait le désordre suprême qui régnait maintenant au pied du sapin, souriant. Noël, Noël… Il lui fallut un moment pour se rendre compte que Sirius se tenait à ses côtés et le fixait obstinément. Il lui renvoya un regard interrogateur.
" Vous ne recevez rien, Professeur ? " demanda le jeune homme, perplexe.
" Oh ! non " sourit Harry. " J'ai rompu les liens avec ma famille il y a déjà un certain temps, et je connais peu de monde ici, en Angleterre. "
Sirius ouvrit de grands yeux horrifiés.
" Mais vous auriez dû le dire ! On vous aurait offert quelque chose ! "
" Ce n'est pas vraiment nécessaire, Mr Black… " répondit Harry, désarçonné.
" Mais si ! Un Noël sans cadeaux, ce n'est pas un Noël. James ! Arrive, il faut que je te parle ! "
Et le jeune homme partit en flèche avant que Harry n'ait le temps d'ajouter quoi que ce soit. Il cligna des yeux une ou deux fois, puis un sourire naquit lentement sur ses lèvres. Rompu les liens avec sa famille… Ce qu'il ne fallait pas dire pour garder sa couverture. Sa famille, elle était ici.
Et c'était parfaitement bien ainsi.
A cause de mes vacances, je ne pourrais pas publier de chapitres d'ici un certain temps, mais vous commencez à avoir l'habitude… -.- Si je vous manque tant que ça, vous pouvez toujours aller faire un tour sur ma coécriture avec ma sœur, Diane23. L'histoire est publiée sous son pseudo et a pour titre " La magie des mots ". J'ai un peu de mal à voir où on va, mais je l'aime bien quand même ! .
Les commentaires sont toujours les bienvenus (oh ! que oui ! vv).
