Ah Micy et Vert Emeraude, vous me faites culpabiliser ! Mauvaise nouvelle : j'ai quelques chapitres d'avance sur vous (forcément ! ;-) et pour le moment Harry et Drago ne sont toujours pas ensemble... Je sais bien que l'histoire n'avance pas très vite, mais bon... Je crois que j'essaye de retarder inconsciemment le moment où nos deux tourtereaux vont tomber dans les bras l'un de l'autre... (non, ne me jetez pas de cailloux !) Je plaisante ! Mais comme je l'ai déjà dit je fais ce que je peux pour que ça soit un minimum crédible, quand même !
Mais maintenant j'ai mauvaise conscience de vous faire languir... -(
Bon, je sais bien que c'est pas mon bavardage qui vous intéresse, alors place à la suite... j'espère que ce chapitre vous satisfera un peu plus que les autres...
PS : apparemment on ne peut plus mettre de tirets pour les dialogues, alors maintenant ça sera des guillemets -(
J'espère que les tirets reviendront, parce que je préfère ça... m'enfin, y a des choses plus graves dans la vie ! (Comme par exemple, quand Harry et Drago vont-ils enfin sortir ensemble ? lol)
Remise en question
Le samedi suivant une nouvelle sortie à Pré-au-lard fut organisée. Pansy, qui avait l'intention d'organiser une petite fête pour son anniversaire, demanda à Drago de l'accompagner pour faire des emplettes.
Bras dessus bras dessous, ils arpentaient les rues du village sorcier, chargés de paquets, quand Pansy proposa à Drago d'aller boire un café chez Madame Pieddodu. Mais juste avant de pénétrer dans le petit salon de thé Drago avisa, assis à une table en vitrine, Sarah et Nott qui se regardaient en souriant.
"Euh… on ne peut pas y aller… on a oublié d'acheter… euh… des ballons ! Pour ta fête !"
"Des ballons ?" répéta Pansy en fronçant les sourcils.
"Ben oui, ce sera plus gai…"
"Si tu le dis", soupira Pansy.
Et elle emboîta le pas à Drago qui avait déjà disparu au bout de la rue.
Harry, Parvati, Ron et Hermione, après avoir effectué quelques achats, s'étaient rendus aux Trois Balais pour boire une Bièraubeurre.
"Qu'est-ce que vous faites pendant les vacances de Noël ?"demanda Parvati.
"Je rentre chez moi", répondit Hermione.
"Moi aussi", dit Ron. "Au fait Harry, tu viens aussi ?"
"Oui bien sûr, si je suis invité."
"Évidemment ! Tu ne vas pas rester là tout seul !"
"Marché conclu."
"Ah bon, tu ne rentres pas chez ton oncle et ta tante ? demanda Parvati, surprise."
Ron pouffa.
"Je crois que Harry préférerait encore rester tout seul à l'école !"
Harry était étonné par la réflexion de Parvati ; mais comment aurait-elle pu savoir ? Ils ne se connaissaient pas si bien que ça, après tout.
"Disons que… mon oncle et ma tante ne sont pas précisément le genre de personnes avec qui on a envie de passer les fêtes de Noël."
"Oh, mon pauvre chéri…", murmura Parvati, compatissante, en serrant sa main dans la sienne.
Elle se pencha vers lui et l'embrassa.
"C'est samedi prochain, le match Serdaigle contre Poufsouffle ?" demanda soudain Hermione pour changer de sujet.
Elle savait que Harry n'aimait pas beaucoup les effusions en public.
"Oui, et j'espère que Poufsouffle va gagner", dit Ron.
"Ma sœur est à Serdaigle", rappela assez froidement Parvati.
"Oui, bah, si Poufsouffle bat Serdaigle ça signifie que nous aussi on va gagner contre eux !"
"Pas forcément", intervint Harry. "Rien n'est jamais gagné d'avance."
"Si on ne peut même plus être optimiste…", soupira Ron. "Tu dois avoir hâte de jouer ton premier match, non ?"
"Oh oui. Je ne sais pas encore quand il est prévu. Pas avant février, je pense."
"D'ici là on aura le temps de mettre au point une technique imparable pour battre les Serpentard !" s'enthousiasma Hermione.
Et j'aurai le temps de m'entraîner à être aussi élégant que Malefoy sur un balai, songea Harry. Mais pourquoi est-ce que je pense à ça ? se demanda-t-il aussitôt.
Il sourit à Parvati et serra plus fort les doigts de la jeune fille.
En entrant dans la salle commune après son cours d'arithmancie, le lundi soir, Drago jeta un coup d'œil machinal vers la cheminée – il ne put s'en empêcher – et aperçut Sarah dans le fauteuil habituel. Il était décidé à se rendre directement dans son dortoir, mais avant d'avoir pu s'en rendre compte il avait fait volte-face, et il se retrouva assis sur l'accoudoir du fauteuil voisin. Assez brutalement, il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres :
"Tu es amoureuse de Nott ?"
"Pardon ?" fit Sarah en levant les yeux. "Je n'ai pas entendu."
Drago se pencha et répéta :
"Tu es amoureuse de Nott ?"
"Non."
Drago se sentait à la fois soulagé et intrigué : c'était la réponse qu'il avait espérée, mais sans trop y croire. Sarah prit une profonde inspiration et, les yeux soudain brillants, planta son regard dans celui du jeune garçon.
"L'amour, ce n'est pas pour moi."
"Ah bon ?" fit Drago d'un ton moqueur. "Et pourquoi ça ?"
"Être amoureux, c'est être faible. C'est avoir besoin de quelqu'un. Et moi, je n'ai besoin de personne."
Et elle se remit à sa lecture, considérant manifestement que la discussion était close.
Drago ne trouva rien à répondre et, ramassant son sac, alla s'étendre sur son lit en attendant le dîner. Il revoyait les grands yeux de Sarah, emplis de sincérité, et son corps athlétique, toujours très droit sur son balai ; et la pensée que rien de tout ceci ne serait jamais à lui lui enserra les entrailles comme une main glacée.
De son côté, Harry était de plus en plus perplexe. Il commençait même à se demander s'il était normal. Il se posait des questions sur sa relation avec Parvati : il aimait être avec elle, discuter et rire avec elle, mais il n'éprouvait jamais le besoin de la tenir dans ses bras ou de l'embrasser. Il le faisait simplement parce que c'était ce que faisaient les autres couples, et parce que Parvati le regardait d'un drôle d'air quand il « oubliait » de mettre son bras autour de son épaule quand ils se promenaient au bord du lac.
Il s'était dit que ça passerait, et avait attendu que ça passe ; mais la question qu'elle avait posée sur son oncle et sa tante avait fait remonter ses inquiétudes à la surface. Si elle ne connaissait rien de sa famille, c'est qu'il ne lui en avait jamais parlé. Qu'il n'avait jamais vu où était l'intérêt de lui en parler. Or, il s'était toujours imaginé – à tort, peut-être – que des gens amoureux savaient tout l'un de l'autre. C'est peut-être un peu tôt, après tout, se dit-il. Je vais attendre encore un peu.
Il attendit jusqu'au jeudi. À la fin du dîner, Parvati lui annonça qu'elle avait prévu de passer la soirée avec sa sœur, et Harry remonta dans la salle commune avec Hermione et Ron. Ron s'installa à une table pour travailler à une dissertation de Sortilèges et Harry demanda à Hermione d'aller s'asseoir avec lui près de la cheminée.
"Euh… Hermione."
Il ne savait pas par où commencer.
"Hermione, comment…"
"Oui ?"
"Comment on sait quand on est amoureux ?"
"Eh bien, quand la personne que tu aimes entre dans la pièce, ton cœur s'emballe et tes jambes se mettent à trembler et…"
"Hermione", coupa Harry, "épargne-moi tes salades, tu veux ? Je ne suis pas une gamine de dix ans."
Hermione eut l'air offensé, mais voyant l'air sérieux de Harry, se mit à réfléchir longuement.
"Je pense que…", commença-t-elle, "que tu sais que tu es amoureux quand… quand il suffit que tu aperçoives cette personne, même de loin, pour que ta journée s'éclaire. Quand la seule chose qui te vienne à l'esprit en la voyant, c'est de la serrer très fort contre toi pour ne pas qu'elle s'en aille. Quand tu sens que le seul fait d'être près d'elle jusqu'à la fin de ta vie te rendrait heureux. Quand tu sens que tu pourrais mourir pour cette personne s'il le fallait."
Harry crut tout d'abord qu'elle plaisantait, mais en voyant son regard perdu dans le vague il comprit qu'elle était on ne peut plus sérieuse. Est-ce que je pourrais mourir pour Parvati ? Il n'en était pas sûr. Par contre…
"Mais, Hermione", protesta-t-il. "Je ne suis amoureux ni de toi, ni de Ron, commença-t-il en jetant un œil vers Ron qui s'arrachait les cheveux sur son devoir et s'était mis de l'encre sur le nez. Pourtant, s'il fallait que je meure pour lui ou pour toi, je le ferais sans hésiter."
"Oui, mais" – Hermione toussota, visiblement émue – "quand tu me vois, tu ne sens pas tout bizarre, pas vrai ? Et quand je quitte la pièce tu n'as pas l'impression que le monde va s'écrouler?"
"Non, c'est vrai", reconnut Harry.
"Tu sais, la frontière est très mince entre l'amour et une amitié forte."
Harry, songeur, se mit à contempler les flammes.
"Tu n'es pas amoureux de Parvati, c'est ça ?" demanda Hermione en le regardant attentivement.
Harry lui sourit d'un air penaud. Comme toujours, elle avait tout compris avant lui.
"Je vais faire un tour", annonça-t-il en se levant.
La fête battait son plein dans la salle commune des Serpentard. Pansy célébrait son dix-septième anniversaire et la Bièraubeurre coulait à flot ; quelques bouteilles de Whisky Pur Feu circulaient aussi.
Drago était assis près du feu ; il n'était pas vraiment d'humeur à faire la fête mais Pansy avait tenu à ce qu'il soit là. D'un œil morose il observait Sarah qui discutait avec Nott. Son estomac noué l'empêchait d'avaler quoi que ce soit, et même Pansy ne faisait pas attention à lui. Soudain, Sarah se pencha en avant et embrassa Nott.
Dégoûté par ce qu'il venait de voir, Drago se leva d'un bond et quitta la salle commune dans l'indifférence générale.
Quand le mur qui dissimulait l'entrée de la salle commune se fut remis en place il donna un coup de pied dedans ; l'écho se répercuta dans tout le souterrain.
"Quelque chose ne va pas, Mr Malefoy ?" demanda une voix dans l'obscurité.
"Tout va pour le mieux, Professeur."
"Si vous le dites. Ne vous couchez pas trop tard. Bonne soirée."
Rogue s'éloigna en direction de son bureau, et Drago se mit à marcher au hasard. Une demi-heure plus tard, sans s'en rendre compte, il se retrouva à l'étage de la bibliothèque. Il avançait dans les couloirs vides en ressassant des pensées lugubres quand il aperçut quelque chose qui bougeait dans un petit escalier de service que personne n'empruntait jamais. Intrigué, il s'approcha et regarda qui se trouvait là à pareille heure.
Potter.
Drago sourit intérieurement ; échanger quelques insultes avec son vieil ennemi lui remonterait peut-être le moral.
"On a des soucis, petit Potter ?" lança-t-il d'un ton moqueur.
"Va t'en", répliqua Harry, assis sur les marches, sans même lever les yeux.
"Allons allons, tu pourrais être plus poli avec quelqu'un qui s'inquiète pour toi."
Harry ne prit pas la peine de répondre et Drago s'approcha. L'absence de réaction de Harry étonna Drago – il aurait dû bondir sur ses pieds et lui lancer une flopée d'injures avant de s'enfuir. En réalité, à y regarder de plus près, Potter avait l'air fatigué ; pas la fatigue d'un manque de sommeil, mais plutôt celle d'une grande déception. Une extrême lassitude, en fait. Eh bien, je ne suis pas le seul, se dit Drago. Il s'assit à côté de Harry. L'escalier était très étroit et leurs épaules se touchaient presque.
"Tu sais, Potter", dit Drago, "je crois qu'on a plus de choses en commun que tu ne le penses."
"Quoi, par exemple ?" demanda Harry, sur la défensive.
"Eh bien… On a tous les deux une petite amie dont les initiales sont PP."
"Rien à voir", grommela Harry.
"Comment ça ?" l'encouragea Drago, amusé par la mauvaise humeur de Harry.
"Toi tu te sers de Pansy pour rendre jalouse une autre fille."
Drago était troublé mais n'en laissa rien paraître.
"Alors que toi, par contre, tu es vraiment amoureux de Parvati Patil, c'est ça ?"
"Oui."
Mais Harry avait hésité une demi-seconde de trop et Drago ricana.
"Je vois."
Ils restèrent dans le noir sans bouger pendant une bonne dizaine de minutes. Drago était intrigué. Comment Potter avait-il deviné ? Décidant que le meilleur moyen de le savoir était de lui poser la question, il rompit le silence :
"Qu'est-ce qui te fait croire que j'essaie de rendre une autre fille jalouse ?"
"On n'a peut-être pas beaucoup de cours en commun, mais suffisamment pour que je remarque certaines choses", répondit Harry d'un ton las.
"Quelles choses ?"
"Si ton regard pouvait brûler, il y a longtemps que la fille en question aurait pris feu. Et je ne vois même pas pourquoi je suis en train de discuter de ça avec toi."
Drago pouffa.
"Jolie métaphore. De toute façon, elle ne veut pas de moi."
Mais pourquoi tu lui as dit ça ? Ça lui avait échappé. Il n'en s'était pas aperçu auparavant, mais il avait besoin de parler à quelqu'un. Comble de l'ironie, ce quelqu'un avait été Potter.
Harry releva la tête et le regarda, surpris de cette confidence inattendue.
"Ah", dit-il stupidement.
Drago s'était préparé à une repartie cinglante, mais Potter était d'humeur trop morose pour l'asticoter.
Harry se frotta les yeux de ses poings fermés, soupira bruyamment et se leva.
"Tu m'excuses Malefoy, mais je vais me coucher."
"Moi aussi. Il y a devoir de Sortilèges, demain matin."
Drago s'apprêtait à dire qu'il voulait obtenir une meilleure note que cette Sang-de-Bourbe de Granger, mais sans savoir pourquoi il se ravisa.
"Oh, c'est vrai", fit Harry. "Bon, eh bien je crois que je ne vais pas me coucher tout de suite, finalement."
Un rayon de lune éclairait faiblement le couloir et Harry crut voir Malefoy esquisser un sourire bref.
Les deux garçons marchèrent côté à côté, un peu gênés, jusqu'à ce que Harry doive tourner à droite et Drago à gauche. Ils se séparèrent sans rien dire. Mais à peine avaient-il fait deux pas que Harry appela :
"Malefoy !"
Drago se retourna, l'air interrogateur.
"Non, rien", se ravisa Harry.
Il se remit en route mais cette fois ce fut Malefoy qui l'interpella.
"Potter."
Harry s'arrêta, se demandant ce que Malefoy allait enfin lui dire. Durant ces vingt minutes il ne l'avait même pas insulté, ce qui était pour le moins étrange. Raidissant les épaules, il se retourna.
"Bonne nuit", fit Malefoy.
Avant que Harry ait pu répondre quoi que ce soit le Serpentard avait tourné au coin du couloir.
Voilà, il y a de l'eau dans le gaz entre Parvati et le pauvre Harry ! J'espère que vous êtes contentes, bande de sadiques ! ;-))
