Merci à toutes pour vos reviews !

lol, Vert Emeraude, Harry et Drago ne sont peut-être pas encore « attirés », comme tu dis, mais tu remarqueras que Harry n'a pas pu s'empêcher de sauver Drago ! Et à mon avis c'est pas à cause de sa « noblesse naturelle »… Si tu vois ce que je veux dire... !

Merci beaucoup Micy, tu as raison, au moins ils ne s'insultent plus… pour le moment ! ;-)

Je suis d'accord avec toi Lulu, Ron manque un peu de subtilité en ce qui concerne certaines choses… !


Fin d'une histoire

Drago dit brièvement au revoir à ses parents et monta dans le wagon des préfets. Il ne voulait pas risquer de tomber sur Potter et subir ses quolibets. Il regrettait d'avoir paniqué devant cette stupide bestiole ailée. Potter ne se priverait sûrement pas de le lui rappeler à chaque fois qu'il le croiserait – et le plus tard serait le mieux. Le train s'ébranla et Granger et le fidèle Weasley entrèrent dans le compartiment. Drago se prépara à répliquer à ce qu'ils pourraient lui dire, mais ils se contentèrent de l'ignorer et s'assirent pour attendre que les autres préfets arrivent à leur tour. Drago n'en croyait pas ses yeux. Était-il possible que Potter n'ait rien raconté ? Il était perplexe.

Pansy entra à ce moment, adressa un sourire radieux à Drago et un regard féroce à Granger et Weasley. Quand les autres préfets les rejoignirent les tournées d'inspection furent aussitôt établies. Le voyage se passa bien, mais Drago n'était pas pressé d'arriver à Poudlard. Tôt ou tard il tomberait sur Potter et il devrait supporter ses remarques moqueuses. C'était déjà assez pénible de le voir à longueur de temps, dans la Grande Salle – heureusement qu'ils n'avaient pas beaucoup de cours en commun ; mais à présent qu'il lui devait la vie, ça allait empirer. Il s'imagina le sourire ironique de Potter, et la fossette sur sa joue… et Pansy se mit à le secouer comme un prunier.

"On est arrivés, Drago ! Qu'est-ce que tu as ? Tu as été ailleurs pendant tout le voyage !"

Drago ne répondit pas – il préférait encore mourir qu'avouer qu'il avait passé tout ce temps à penser à Potter. Avisant alors dans le porte-bagages son balai soigneusement enveloppé il sourit et dit :

"Viens, j'ai quelque chose à te montrer."


Harry avait réussi à éviter Parvati dans le train, mais quand il en descendit elle le trouva immédiatement et se jeta sur lui pour lui souhaiter une bonne année. Harry répondit de son mieux à ses baisers et décida qu'il se jetterait à l'eau le lendemain soir.

Tout le monde dévora de bon cœur le repas servi dans la Grande Salle et, à la fin du dîner, alors que Harry se levait pour monter dans la salle commune, Luna s'approcha de la table et donna quelque chose à Neville en lui disant :

"Tiens, mange-le maintenant, ça vaut mieux."

Parvati resta discuter un peu avec sa sœur dans le hall, et comme elle tenait fermement la main de Harry dans la sienne, il n'eut d'autre choix que de rester aussi. Quand enfin ils se mirent en route vers la salle commune les couloirs étaient pratiquement déserts. Parvati énumérait à Harry les cadeaux qu'elle avait reçus à Noël quand soudain ils entendirent un bruit sourd dans leur dos. Neville les suivait à quelques pas et venait de s'effondrer, inconscient.

"Neville !" s'exclama Parvati en se précipitant sur lui.

Elle lui donna quelques tapes sur la joue et Neville reprit ses esprits. En secouant la tête il dit :

"Bon, je crois que c'est encore raté…"

"Qu'est-ce qui est raté ?" demanda Parvati.

"Rien, rien…"

"Écoute Neville, je crois que tu ferais mieux de tout nous dire", intervint Harry. "Tu es vraiment bizarre depuis la rentrée."

Parvati leva les yeux vers Harry et haussa les sourcils. Il est tout le temps bizarre, semblait-elle dire. À ce moment, Harry sentit pour la première fois un élan d'antipathie féroce à l'encontre de Parvati. Jamais il ne s'était aperçu qu'elle était si intolérante. Neville avait le droit d'être un peu étourdi, ce n'était pas un crime…

Réalisant qu'il ne s'occupait pas du bon problème, il s'accroupit près de Neville et lui posa la main sur l'épaule.

"Si tu as un problème, tu devrais en parler à tes amis. Nous sommes là pour t'écouter. Viens, on est presque arrivés. Tu pourras nous raconter tout ça devant un bon feu."

Il aida le pauvre garçon à se relever et le conduisit à la salle commune. Quand ils entrèrent Hermione poussa un cri et se précipita à leur rencontre.

"Que t'est-il arrivé, Neville ? Tu vas bien ?"

"Encore un coup de Malefoy ?" hasarda Ron.

Harry aida Neville à s'asseoir dans un fauteuil et tous les élèves présents dans la salle commune s'approchèrent. Neville lança un regard suppliant à Harry.

"Ce n'est rien de grave, ne vous inquiétez pas", dit Harry à la foule rassemblée autour de la cheminée.

Les élèves se dispersèrent et Harry, Ron et Hermione s'assirent près de Neville.

"Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?" demanda Harry.

"Euh… voilà", commença Neville. "Vous… vous savez que j'ai toujours eu mauvaise mémoire…"

Hermione hocha la tête d'un air compatissant et Ron lui tapota amicalement l'épaule.

"Et Luna a dit qu'elle pouvait m'aider. Elle devait me préparer un muffin spécial… Seulement, c'est Dean qui a mangé le premier muffin qu'elle m'a fait, et il s'est évanoui. Je viens de manger le deuxième, et apparemment elle s'est encore trompée…"

"Neville !" s'exclama Hermione, l'air horrifié. "Mais il ne faut pas manger n'importe quoi ! Ça pourrait être dangereux ! Imagine que tu sois allé te baigner après avoir mangé ce muffin, tu aurais pu te noyer !"

"Il n'en aurait pas eu le temps, le calmar géant l'aurait avalé avant", objecta Ron.

Hermione le regarda d'un œil noir mais Neville pouffa. Il semblait aller mieux. Visiblement, parler avec quelqu'un lui avait fait du bien. Harry, penaud, se dit qu'il faisait un bien piètre ami. Ce n'était que maintenant qu'il tirait la situation de Neville au clair, alors que ce dernier agissait de manière étrange depuis la rentrée. Il lui adressa un sourire chaleureux et l'accompagna au dortoir. Il redescendit ensuite pour discuter un peu avec Ron et Hermione. Ils n'allèrent se coucher qu'à minuit, et Harry ne s'aperçut même pas que Parvati avait quitté la salle commune depuis longtemps.


"Je voudrais qu'on parle après le dîner", dit Harry à Parvati le lendemain, à la fin du cours de potions. "On ira au bord du lac, il vaut mieux que tu prennes ta cape quand tu descendras manger."

Parvati eut l'air surpris, mais elle lui sourit et acquiesça.

"Eh ben mon vieux, je te plains", fit Ron en grimaçant lorsqu'elle se fut éloignée. "Elle ne se doute de rien, ça ne va pas être facile."

"Merci de m'encourager, Ron, c'est toujours un plaisir de t'écouter", répliqua Harry, l'air sombre.

Pendant le dîner Harry essayait de trouver comment annoncer à Parvati qu'il la quittait. Le lui dire de but en blanc serait probablement efficace, mais il n'était pas sûr que ce soit la meilleure manière. Il aurait bien demandé conseil à Hermione, mais elle n'était pas revenue de son cours d'arithmancie avant qu'il descende dîner, et quand elle était arrivée dans la Grande Salle Parvati était déjà assise près de lui. Il promenait son regard tout autour de lui, à la recherche désespérée d'une idée, quand il aperçut Malefoy qui le fixait d'un air soucieux. Harry haussa les sourcils et Malefoy sembla reprendre ses esprits. Harry était perplexe. Déjà, avant les vacances, il l'avait déjà surpris qui le dévisageait en cours de sortilèges. Et avant ça, il n'avait pas le souvenir d'avoir déjà vu Malefoy le regarder sans aucune lueur de haine dans les yeux.

Décidant qu'il avait suffisamment de problèmes comme ça, il chassa cette pensée de son esprit et se concentra sur Parvati. Malheureusement il n'avait toujours rien trouvé quand arriva la fin du repas ; avec une grimace il comprit qu'il devrait donc improviser. Parvati lui attrapa gaiement la main et l'entraîna dehors.


Drago était penché sur une lettre qu'il écrivait à sa mère – elle lui avait fait promettre de lui donner de ses nouvelles dès qu'il serait arrivé, et il était déjà en retard d'un jour – quand son attention fut détournée par des éclats de voix en provenance du couloir. Il leva la tête et vit Sarah entrer dans la salle commune, l'air furieux, suivi par un Nott non moins énervé. Sarah se rendit directement dans son dortoir, fusillant du regard tous ceux qui se trouvaient sur son passage et Nott s'affala dans un fauteuil défoncé en soupirant. Drago eut un petit rictus et se remit à son courrier. Laissant Pansy se débattre avec une dissertation sur les propriétés magiques des écailles d'Opaloeil des Antipodes, il se rendit à la volière.

Dès qu'il pénétra dans la pièce un hibou moyen-duc vint se poser sur son épaule.

"Salut Arnold, ça va ?" demanda Drago en caressant du doigt les plumes mordorée de l'oiseau.

Il avait reçu Arnold pour ses dix ans, et c'était le seul être vivant dont il ne se lassait jamais de la présence. Il ne pensait pas souvent à venir lui rendre une petite visite, cependant, mais Arnold ne lui en tenait pas rigueur.

"Attends, j'ai quelque chose pour toi", fit Drago en fouillant dans sa poche.

Il en sortit une musaraigne morte qu'il avait trouvée près de la cabane de Hagrid à la fin du cours de soins aux créatures magiques.

"Tu te rends compte que j'ai gardé ça dans ma poche toute la journée pour toi ? Faut-il que je t'aime…"

Arnold était probablement le seul être au monde à qui Drago ait jamais parlé avec une tendresse sincère. Le hibou avala le petit animal et hulula de contentement.

Drago lui attacha le parchemin à la patte et s'approcha de la fenêtre.

"Fais bon vol, et ne traîne pas en route."

Arnold émit à nouveau un hululement.

"Oui, tu as raison", acquiesça Drago. "Allez, va."

Il lança l'oiseau au-dehors et le regarda s'éloigner puis, à la lueur blafarde de la lune, il aperçut deux silhouettes assises sur un rocher au bord du lac. Potter et sa copine. Drago se hâta de sortir de sa poche le petit télescope qu'il avait reçu pour Noël. En les observant il découvrirait peut-être quelque chose qui lui permettrait de prendre sa revanche sur Potter, si celui-ci s'avisait de mentionner publiquement l'incident avec l'hippogriffe.

Potter tenait les mains de Parvati Patil et lui parlait. Mais il semblait intarissable et Drago, qui s'ennuyait ferme, allait s'en aller, quand soudain Parvati fondit en larmes et enfouit son visage dans ses mains. Potter ne semblait pas savoir que faire.

"Pose-lui la main sur l'épaule, abruti !" marmonna Drago. "Mais qu'est-ce que je dis ?" ajouta-t-il aussitôt pour lui-même. "Comme si j'en avais quelque chose à faire…"

À ce moment Harry étendit le bras et posa sa main sur l'épaule de Parvati. Mais celle-ci se leva précipitamment et s'enfuit en direction du château. Drago vit Potter, désemparé, rester assis sur le rocher sans bouger. Il considéra un instant la possibilité de descendre pour aller se moquer de lui, mais décida que ce n'était pas très prudent. Potter pouvait à tout moment se rappeler certains événements récents. D'ailleurs, la raison pour laquelle il n'en avait pas parlé à ses amis restait un mystère pour Drago. Il leur en a peut-être parlé, après tout…Non, impossible, se reprit-il immédiatement. Si Granger et Weasley avaient été au courant de quoi que ce soit, ils ne seraient pas privés de le faire savoir. Ils n'avaient pas la classe de Potter. Drago fut surpris de cette pensée, mais il dut se rendre à l'évidence : Potter avait peut-être beaucoup de défauts, mais il avait de la classe. S'il n'y avait pas eu dans son passé quelques petits détails en rapport avec le Seigneur des Ténèbres, il aurait fait un bon Serpentard.

Une chouette blanche hulula d'un ton indigné, mais Drago n'y prêta pas attention et redescendit dans sa salle commune.


Harry revint dans la salle commune, où Hermione et Ron l'attendaient. Ron était penché sur un devoir de métamorphose et Hermione lisait Arithmancie : une introduction à l'essence de l'art. Elle leva des yeux inquiets à l'entrée de Harry.

"Alors ? Comment ça s'est passé ?"

Harry poussa un profond soupir et se laissa tomber dans le fauteuil voisin.

"Elle est rentrée ?"

"Non, je n'ai pas bougé d'ici mais je ne l'ai pas vue."

"Elle a pleuré un peu…"

"Un peu ?" fit Ron sans lever les yeux.

"Beaucoup", concéda Harry. "Mais je pense qu'elle s'en remettra vite."

Hermione semblait perplexe.

"Je crois que je vais l'attendre avant d'aller me coucher. Histoire de… vérifier qu'elle va bien", ajouta Harry après réflexion.

"Bonne idée", dit Hermione en se levant. "Moi je vais me coucher. Bonne nuit, les garçons."

"Bonne nuit Hermione", répondit Ron.

Puis, à Harry :

"Tu veux que je reste l'attendre avec toi ?"

"Non merci. Je pense qu'il vaut mieux que je sois seul quand elle reviendra."

"Comme tu voudras", répondit Ron. "Pff… je crois que je vais laisser tomber ce truc pour ce soir", ajouta-t-il en jetant son parchemin sur une table basse. "Bonne nuit."

"Bonne nuit."

Harry était un peu angoissé. Il se demandait quelle serait la réaction de Parvati en le voyant quand elle reviendrait. La salle commune se vida peu à peu, mais Parvati ne se montrait toujours pas. Harry s'endormit dans son fauteuil, mais il fut réveillé deux heures plus tard par un grincement : le tableau pivotait et Parvati entra. Apercevant Harry dans le fauteuil, elle lui sourit faiblement.

"Tu serais plus à l'aise dans ton lit", dit-elle. "Bonne nuit."

Harry la regarda monter dans son dortoir et se sentit soulagé : finalement, elle l'avait bien pris.