lol, apparemment le dernier chapitre n'a pas remporté un franc succès ! Soit personne d'autre que Micy et Lulu ne l'ont lu, soit ils ne l'ont même pas jugé digne d'un p'tit commentaire ! ;-)
En tout cas, merci à vous deux !
Bonne lecture !
Le cadeau de Ginny
Drago, allongé dans le noir, réfléchissait. Il n'arrivait pas à dormir. Quelque chose le turlupinait, mais il ne trouvait pas de quoi il s'agissait.
Pour ne pas perdre son temps, à deux heures du matin il décida d'aller travailler un peu dans la salle commune.
Sarah était déjà là. Elle était assise dans un canapé, les genoux ramenés sous le menton, immobile.
"C'est difficile de t'éviter, hein ?" grommela Drago.
Sarah ne répondit pas. Elle continuait à fixer sans la voir la cheminée où les dernières braises agonisaient. Drago s'approcha. Elle pleurait en silence.
"Qu'est-ce qui se passe ?" demanda-t-il doucement en s'asseyant à côté d'elle.
"Je suis si stupide…"
"Mais non. Pourquoi tu dis ça ?" demanda Drago en essuyant maladroitement une larme qui coulait sur la joue de la jeune fille.
"Oh Drago… je suis si stupide. Quand je repense à ce que je t'ai dit, avant les vacances… Tu sais, mon discours lamentable sur l'amour… Et après j'embrasse Nott sous tes yeux… Qu'est-ce que tu as dû penser de moi ?"
Drago ne dit rien, mais Sarah n'attendait apparemment pas de réponse. Soudain, elle se colla à lui.
"J'ai été tellement bête", lui souffla-t-elle à l'oreille. "J'essayais de te rendre jaloux. J'aurais dû être honnête avec toi dès le départ."
Drago n'en croyait pas ses oreilles. Elle avait eu la même idée que lui !
Sarah approcha ses lèvres des siennes, mais Drago la repoussa doucement.
"Je ne crois pas que ce soit une bonne idée."
"Je sais très bien que tu n'aimes pas Pansy. Je sais que c'est moi que tu aimes. On a déjà perdu assez de temps à cause de nos bêtises, à tous les deux."
"Non Sarah, je ne t'aime pas", répondit Drago d'une voix ferme.
Sarah recula, vexée.
"Si tu le dis. Mais je te garantis que tu le regretteras un jour."
Elle se leva et alla se coucher. Abandonnant tout espoir d'étudier, Drago décida de l'imiter. Et cette fois il s'endormit comme une souche dès que sa tête toucha l'oreiller.
Le lendemain matin Drago eut du mal à se réveiller. Il se leva avec difficulté, s'étira, et soudain se rappela ce qui s'était passé dans la salle commune.
"Tu es debout, Dra… mais qu'est-ce que tu fais ?"
Crabbe venait d'entrer et de le trouver en train de donner de grands coups de poing dans son oreiller.
"Je me défoule", répondit Drago en se relevant.
"Ah oui, moi aussi je fais ça parfois", dit Crabbe avec un sourire béat. "Tu ferais mieux de te dépêcher, on va être en retard", ajouta-t-il avant de sortir.
Drago donna un dernier coup dans l'oreiller, un autre dans le mur – qu'il regretta aussitôt car sa main se mit à le faire souffrir horriblement – et s'habilla. Il était furieux contre lui-même. Sarah s'était jetée sur lui et lui, comme un imbécile, il l'avait rejetée. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Il devait vraiment être fatigué. Déjà qu'il avait failli copiner avec Potter, plus tôt dans la même soirée… Et soudain il comprit pourquoi il avait repoussé Sarah.
Il l'avait repoussée parce que ce n'était plus elle, mais quelqu'un d'autre qui occupait ses pensées.
"Drago !" hurla Pansy depuis la salle commune. "Tu viens ?"
"J'arrive, ma douce", répondit-il pour lui-même avec une grimace.
En entrant dans la Grande Salle il repéra immédiatement Potter, en train de manger un œuf à la coque. Au même moment le bout d'œuf que Potter tenait dans sa cuillère glissa et tomba sur la table. Drago ricana. Et c'est moi qui ai deux mains gauches, soupira-t-il.
Les Gryffondor et les Serpentard avaient sortilèges et potions en commun de neuf heures à midi mais Drago s'arrangea pour ne plus avoir Potter sous les yeux. Sa seule vue lui soulevait l'estomac. Il n'avait toujours pas digéré son attitude idiote en retenue ; alors qu'ils discutaient tranquillement il avait fallu que Potter prenne la mouche et gâche tout. Contrairement à ce que beaucoup de gens croyaient, la haine que Drago éprouvait pour lui n'était pas viscérale ; il était devenu son ennemi par la force des choses, à partir du moment où Potter avait décidé de le snober le jour de la rentrée en première année. Et bien sûr, sa fâcheuse tendance à empêcher le Seigneur des Ténèbres de revenir à la vie agaçait Drago ; mais c'était surtout ses amis qu'il ne supportait pas.
Quoi qu'il en soit, le comportement de Potter en retenue l'avait exaspéré ; pire, il l'avait déçu. Et s'il y avait une chose que Drago détestait, c'était bien être déçu. En plus, cet idiot lui avait fait manquer l'une des plus belles occasions de sa vie : s'il n'avait pas été aussi préoccupé après la retenue il n'aurait pas réagi aussi stupidement quand Sarah avait tenté de l'embrasser. Il aurait profité de la situation. Mais c'était trop tard à présent. Il lui suffisait pour s'en persuader de se tourner vers elle de temps à autre : les yeux de la jeune fille, fixés sur lui, jetaient de tels éclairs qu'il en avait froid dans le dos.
Plusieurs jours s'écoulèrent avant que Harry décolère. Non pas qu'il ait déjà été content de le voir, mais à présent il suffisait qu'on évoque le nom de Malefoy en sa présence pour le rendre furieux.
"Allons Harry", le raisonna plusieurs fois Hermione. "Ne te mets pas dans des états pareils pour ça."
"Je déteste qu'on m'espionne", grognait Harry à chaque nouvelle tentative d'Hermione. "D'autant plus quand c'est pour se moquer de moi après. Il m'a dit que je m'y étais pris comme un manche ! Comme si c'était facile de rompre avec quelqu'un !"
"Je sais bien que ça n'a rien d'agréable, mais il t'a déjà fait pire que ça, non ?"
Au bout d'une semaine enfin, Harry commença à se calmer. La rage qu'il éprouvait à l'encontre de Malefoy fit peu à peu place à l'indifférence. Hermione avait raison, il avait connu pire.
Mais de son côté, Malefoy ne semblait pas être revenu à des sentiments plus pacifiques. À chaque fois qu'il le croisait il lui jetait un regard haineux, avant de détourner les yeux dès qu'il s'apercevait que Harry l'avait vu. D'ailleurs, cette attitude rendait Harry perplexe : c'était lui qui avait été floué, dans l'histoire ; Malefoy n'avait aucune raison de lui en vouloir à ce point. À part bien sûr, se dit Harry, la bonne vieille raison habituelle : la haine viscérale qu'il éprouvait pour lui depuis qu'ils se connaissaient. Mais Harry était décidé à suivre les conseils d'Hermione et à se montrer raisonnable, aussi n'opposait-il que mépris à l'hostilité de Malefoy.
Une troisième sortie à Pré-au-lard fut organisée mais Harry et Ron, la mort dans l'âme, durent y renoncer. En effet, fidèles à leur principe de ne jamais faire un jour ce qu'ils pouvaient faire le lendemain, ils avaient laissé une montagne de devoirs s'accumuler et n'auraient pas trop de tout un week-end pour en venir à bout. Hermione avait décidé de se rendre au village sorcier avec Ginny et, avant de partir, leur conseilla de consulter plusieurs livres dont elle leur donna la liste.
Harry et Ron rassemblèrent leurs affaires de cours et se préparaient à aller à la bibliothèque pour s'aider des livres dont Hermione leur avait parlé quand Harry s'exclama :
"J'ai une idée !"
Il fonça dans le dortoir et en revint une minute plus tard.
"J'ai pris le Rapeltout que Ginny m'a offert à Noël. Comme ça, une fois qu'on a fini une dissertation, on le prend dans la main, et on saura tout de suite si on a oublié quelque chose !"
"Harry mon vieux, tu es un génie !" approuva Ron.
La bibliothèque était relativement pleine, mais ils dénichèrent une table libre près d'une fenêtre. Il se séparèrent pour aller fouiller dans les rayonnages, chacun un exemplaire de la liste d'Hermione à la main.
Dix minutes plus tard ils s'installaient pour de bon, avec une haute pile d'ouvrages au milieu de la table.
Ils travaillaient laborieusement, mais comme l'avait judicieusement fait remarquer Ron, « Quand faut y aller, faut y aller », et ils ne levaient que rarement le nez de leur parchemin. Au bout d'une heure, Harry eut l'impression d'avoir terminé sa dissertation de sortilèges et s'apprêtait à passer à la suite quand il se souvint du Rapeltout. Attrapant la petite boule dans sa poche il la tint fermement dans sa main, mais rien ne se produisit.
"Bon, eh bien je suppose que c'est bon signe", remarqua Ron. "J'ai bientôt fini, moi aussi, on verra bien ce qui se passera."
Content de lui, Harry posa la boule de verre sur les livres entre eux et s'attaqua au devoir donné par Rogue.
"Qu'est-ce que tu penses de « tous les fastes du sortilèges résident dans le mouvement du poignet » ?" demanda Ron d'une voix étouffée par la pile de livres qui le séparait de Harry. "Ça ne fait pas trop désespéré ?"
"Eh bien", fit Harry sans relever la tête, "ça ne fait pas désespéré, mais ça ne veut rien dire."
Ron se redressa vivement, indigné, mais tout ce qu'il parvint à répliquer fut :
"Oh !"
"Quoi ?" fit Harry en levant les yeux.
"Tu es tout vert, là-dedans !" dit Ron en désignant le Rapeltout.
Harry se pencha à son tour vers la boule de verre et regarda Ron à travers. Ron lui aussi apparaissait coloré en vert. Cependant, les rayonnages de livres derrière lui avaient leur couleur habituelle.
"Toi aussi ! C'est drôle, comment ça se fait ?"
"Je ne sais pas, c'est peut-être fait pour révéler l'humeur des gens", suggéra Ron. "Je suis relativement de bonne humeur, alors je suis vert. Et toi ?"
"Moi aussi je suis de bonne humeur."
"Et tu es vert toi aussi. On en a du courage, d'accepter notre sort de si bonne grâce !" remarqua Ron en roulant des yeux en direction de leurs dissertations respectives.
"Par contre Malefoy doit être d'une humeur massacrante", remarqua Harry qui avait attrapé la boule de verre et s'amusait à regarder tout autour de lui. "Il est rouge. Non, mauve. Non, rouge. Mauve."
Suivant l'angle par lequel Harry le regardait, Malefoy apparaissait tantôt rouge, tantôt mauve dans la boule.
"Montre !" demanda Ron.
Il attrapa l'instrument et se retourna pour examiner Malefoy, qui était penché sur un gros livre tout au fond de la bibliothèque.
"Mais non, qu'est-ce que tu racontes ! Il est nettement rouge. Il faudrait changer tes lunettes."
Harry eut un petit rire et se remit à son devoir de potions. Il ne voulait pas perdre de temps. Ron pendant ce temps continuait à regarder tous les gens présents dans sa ligne de mire.
"Tiens, Hannah Abbot est bien mauve, par contre. Colin Crivey est vert aussi, mais cette fille là-bas est jaune. Ah, celle-là aussi."
Il se lassa vite, cependant, et se remit également au travail.
Hermione vint les voir directement en rentrant de Pré-au-lard.
"Fred et George étaient là, Ron ! Ils viennent d'ouvrir une boutique au village !"
"Oh non, j'ai loupé l'ouverture", grogna Ron. "Ils auraient pu me prévenir, je suis sûr qu'il y avait plein d'échantillons gratuits !"
"Oui, tiens je t'en ai ramené", fit gaiement Hermione en lui lançant plusieurs petites pochettes colorées.
"Il y a autre chose de nouveau ?" demanda Harry.
"Madame Rosmerta s'est mariée au début du mois de janvier", répondit Hermione. "Désolée Ron", ajouta-t-elle d'un ton malicieux.
"Maisnonmaisquoimaispasdutout", bafouilla Ron qui était devenu tout rouge.
"Tiens, qu'est-ce que la Bouldenert de Ginny fait là ?" s'étonna Hermione en avisant la petite boule en verre sur la table.
"Elle me l'a offerte pour Noël."
"Ah bon ?"
"Comment est-ce que tu dis que ça s'appelle ?"
"Une Bouldenert. Oh, je dois y aller", dit-elle en regardant vers la porte.
Harry tourna la tête et vit Neville sur le seuil, qui faisait des signes à Hermione.
"Luna lui a donné un autre muffin et il voudrait que je l'analyse avant de le laisserl'avaler", expliqua Hermione. "À tout à l'heure !"
Ron resta songeur un instant et dit à Harry :
"Apparemment, ce n'est pas un Rapeltout. Tu sais ce que ça veut dire ?"
"Non, quoi ?"
"Qu'en fin de compte, tu as peut-être oublié quelque chose dans ton devoir pour Flitwick."
Harry attrapa une Pastille de Gerbe sur la table et la lui jeta à la figure.
