Bah Lulu, faut bien un peu de suspense, non ?

Merci Amy Keira, j'espère que la suite te plaira autant !

Eh oui Vert Emeraude, Pansy est plus futée qu'on ne pourrait le croire...

Merci à toutes et bonne lecture !


La fugue de Pattenrond

Harry, Ron et Hermione se rendaient à la salle commune. Ron marchait d'un pas toujours flageolant, mais au moins ses deux pieds touchaient le sol. Harry réfléchissait à la réaction qu'avait eueMalefoy à la sortie de la Grande Salle. C'était comme s'il n'avait pas eu envie de se disputer avec lui. Il était vraiment de plus en plus étrange. Il y avait d'abord eu ces confidences inattendues, dans l'escalier, puis la discussion presque amicale en retenue… Il fut interrompu dans ses pensées par un hululement.

"Oh non", soupira Hermione en s'arrêtant net.

Ils se retournèrent pour voir s'il s'agissait d'une simple lettre ou d'une nouvelle Beuglante. Mais à leur grande surprise, le hibou était pour Ron. Il lui lâcha une enveloppe sur la tête et s'en alla à tire-d'aile. Ron avait l'air complètement ahuri.

"Mais je n'ai rien fait moi", gémit-il. "C'est toi qui as laissé tomber Parvati…"

"Ne sois pas bête, Ron, c'est peut-être une lettre de tes parents !" dit Hermione d'un ton exaspéré.

"Tu as vu ce hibou? Errol est une chouette lapone, et il est loin d'être aussi fringuant !"

"Arrête de discuter Ron, et ouvre cette enveloppe !" coupa Harry.

Ron s'exécuta et lut la lettre à haute voix :

"Salut Ron – c'est de Fred et George !" s'exclama-t-il, surpris "–que penses-tu de ce magnifique hibou des marais ? Nous venons de l'acheter et nous l'avons appelé Ron (non pas à cause de la troublante ressemblance qu'il y a entre vous, mais parce que comme toi, il possède la faculté de voler) – ah ! ah ! Vraiment très drôle !" fit Ron avec mauvaise humeur.

"Ils sont déjà au courant ?" s'étonna Hermione.

Ron continua à lire.

"Nous t'écrivons juste pour t'annoncer que nous avons ouvert une boutique à Pré-au-lard samedi dernier (peut-être qu'Hermione te l'a déjà dit) et que tu y seras le bienvenu dès que tu daigneras venir y faire un tour, à condition que tu saches te tenir et que tu te comportes comme un être humain – nous ne voulons pas de plumes partout dans notre magasin."

Ron froissa le parchemin et le jeta par terre avant de s'éloigner en grommelant. Harry, hilare, ramassa le courrier et le déplia pour en finir la lecture :

"Passe le bonjour à Harry et Hermione, et fais du bon boulot en tant que préfet, ou Maman va encore nous dire que nous t'avons donné le mauvais exemple. Ce qui n'est pas vrai, étant donné que nous ne nous sommes jamais donné en spectacle en l'air, à part sur un balai. Fred et George."

Hermione éclata d'un rire franc et rattrapa Ron en courant.

"Ce n'est pas méchant", le consola-t-elle. "Tu sais bien qu'ils ont toujours été un peu… moqueurs."

Harry fourra la lettre des jumeaux dans sa poche, et sentit ses doigts se refermer sur une petite boule. La Bouldenert. Il avait pris l'habitude de l'avoir toujours sur lui, au cas où il serait intéressant de l'utiliser sur quelqu'un, mais cette occasion ne s'était pas encore présentée. Il regarda la silhouette de Ron à travers la boule, mais eut la surprise de voir que Ron apparaissait toujours vert. Il aurait dû être rouge, puisqu'il était furieux.

"Hé Ron", fit-il en le rattrapant. "Je crois que la Bouldenert ne marche plus."

"Ah bon ?" s'étonna Hermione.

"Oui, quand je regarde Ron avec, il est vert."

"Eh bien, elle marche alors."

"Mais… pourquoi est-ce qu'il n'est pas rouge ?"

"Il vaut mieux pour toi qu'il soit vert", répliqua Hermione comme si c'était évident.

"Mais… puisqu'il est de mauvaise humeur, il aurait dû être rouge !" s'entêta Harry.

Hermione le dévisagea d'un air étonné, puis regarda sa montre et s'exclama :

"Oh ! Excusez-moi les garçons, j'ai promis à Ginny de l'aider à rédiger sa dissertation, je file à la bibliothèque !"

"Elle veut bien aider Ginny, mais nous on peut toujours courir", grogna Ron de plus belle. "Quand je pense qu'elle n'a pas voulu me laisser lire sa copie de potions…"

Harry salua la Grosse Dame d'un « Gnome au poivre » et Ron et lui pénétrèrent dans la salle commune.

"Harry, le professeur McGonagall te fait dire que le prochain match aura lieu dans deux semaines", lui annonça immédiatement Neville.

"Ah, très bien. On pourrait peut-être aller s'entraîner un peu. Au stade, pour changer un peu de la Salle sur Demande."

Ron retrouva instantanément le sourire.

"Colin n'est pas là", fit Neville.

"Ce n'est pas grave. De toute manière Hermione et Ginny ne pourront pas venir non plus. Et Andrew ?"

"Je ne l'ai pas vu."

"Bon, on dirait qu'il n'y aura que nous trois", constata Harry. "En route, avant que les Serpentard nous devancent."

Cinq minutes plus tard ils ressortirent de la salle et s'éloignèrent dans le couloir sous les grognements de la Grosse Dame qui n'aimait pas être dérangée trop souvent.


"Est-ce que quelqu'un a vu Pansy ?" demanda Drago en se ruant dans la salle commune.

Plusieurs élèves sursautèrent mais personne ne répondit, même pas pour dire qu'ils n'avaient aucune idée de l'endroit où se trouvait Pansy. Tout le monde savait qu'avec Drago, il valait mieux se taire lorsqu'on n'avait rien à dire.

Il ressortit et explora les cachots et les couloirs du sous-sol dans l'espoir de la trouver. Il s'attaqua ensuite aux étages, ce qui lui prit deux bonnes heures. Peine perdue ; il était bredouille quand il se remit en route vers la salle commune. Au pied de l'escalier qui menait dans le hall d'entrée, quelques marches plus bas, il entendit un deuxième année de Poufsouffle dire :

"Oui, samedi dans deux semaines. Oh, les Serpentard n'ont aucune chance, à mon avis. Potter est un bien meilleur attrapeur."

Drago se plaça derrière le jeune élève et se racla bruyamment la gorge. Le Poufsouffle sursauta et ses amis blêmirent.

"Tu disais quelque chose ?" demanda Drago d'un ton aussi faussement aimable que menaçant.

"Euh... non, rien. Rien du tout", bredouilla le deuxième année.

"Mais si, vas-y. Ton avis sur le match m'intéresse."

"Non, je ne parlais pas du match... je..."

Drago sentit la fureur monter en lui ; il détestait les gens qui n'assumaient pas leurs actes. À cela s'ajoutait la frustration de n'avoir pu trouver Pansy. Il sortit sa baguette, la pointa sur le Poufsouffle et lança :

"Rictusempra !"

Le jeune garçon se tordit instantanément de rire.

"On n'a pas souvent l'occasion de rigoler dans cette école, alors profites-en", lâcha froidement Drago.

Au même moment une scandalisée se fit entendre en haut de l'escalier :

"Malefoy !"

Le professeur McGonagall descendit les marches en toute hâte.

"Comment osez-vous ? Vous savez que la magie est interdite en dehors des salles de classe ! Et sur un jeune élève, en plus !"

Ses narines frémissaient de fureur. Elle annula le sortilège lancé sur le jeune Poufsouffle et se tourna à nouveau vers Drago, qui essayait de conserver un visage impassible.

"Trente points de moins pour Serpentard !" annonça-t-elle tandis que le groupe de Poufsouffle s'enfuyait à toutes jambes. "Et... il paraît que vous vous êtes entraîné à astiquer les trophées ; vous allez pouvoir recommencer ! Lundi soir à huit heures."

Drago bouillait de rage. Deux retenues en moins d'un mois ! Pourvu que son père ne l'apprenne jamais...

Ilvenait detourner les talons quand il entendit le professeur McGonagall s'écrier :

"Ah, Potter ! Londubat vous a prévenu pour le match ?"

Il se retourna vivement. En effet, Potter se tenait près de la porte, son balai à la main. Il était accompagné de Weasley et de Londubat - tous trois revenaient vraisemblablement d'une séance d'entraînement. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Drago essaya de déterminer si Potter avait assisté à sa petite démonstration. Oui, à en juger par l'expression de dégoût dans ses yeux. Essayant de ne pas prêter attention à son estomac qui se contracta soudain, Drago se mit en route pour sa salle commune.


"Ce type m'écoeure", dit Ron.

Harry, Ron et Neville remontaient chez les Gryffondor après un entraînement qui s'était révélé assez concluant.

"Et moi donc !" renchérit Harry.

Voir Malefoy s'en prendre à un jeune élève lui avait soulevé l'estomac. Mais d'un côté il était soulagé. Ces derniers temps il lui semblait que croiser Malefoy ne le mettait plus de si mauvaise humeur qu'auparavant. Au moins, cet événement l'avait rassuré sur ses sentiments : il détestait toujours autant ce Serpentard présomptueux et imbu de sa personne.

Harry donna le mot de passe à la Grosse Dame, qui s'effaça pour les laisser passer. Au moment où il posait le pied dans la salle commune quelqu'un cria :

"Attention!"

Harry n'eut pas le temps de réagir et vit un éclair orange filer entre ses jambes.

"Mince, Pattenrond !"

"Bon débarras", fit Ron. "Avec un peu de chance il va aller se réfugier chez Hagrid et Crockdur le mangera", ajouta-t-il, plein d'espoir.

"Arrête Ron, il faut le retrouver, ou Hermione ne va pas être contente."

"Si tu le dis", soupira Ron. "Hé ! La carte des Maraudeurs !"

"On n'arrivera jamais à le localiser dessus."

"Ça ne coûte rien d'essayer", insista Ron. "Et puis, il n'y a presque personne dans les couloirs, il suffira de regarder tous les points qui bougent en-dehors des salles de classe."

"Va la prendre si tu veux", répondit Harry. "Elle est dans ma malle. Moi je pars tout de suite chercher Pattenrond, avant qu'Hermione ne revienne."

"Je t'accompagne", fit Neville, toujours heureux de rendre service.

La Grosse Dame n'avait pas pu se remettre en position à cause d'Harry, Ron et Neville qui bloquaient l'ouverture de la salle commune. Elle était toujours face contre le mur et ses cris étouffés leur rappelèrent en un langage fleuri qu'ils avaient tout intérêt à dégager le passage.

"Pardon Madame", dit poliment Harry. "Ne vous refermez pas tout de suite, Ron redescend dans un instant."

"Je me referme si je veux !" répliqua la Grosse Dame d'un ton bourru. "Malappris !" lança-t-elle à Harry et Neville qui s'éloignaient dans le couloir.

"Elle est d'assez mauvaise humeur ces temps-ci, non ?" fit Neville d'un ton inquiet.

"Oh, ça va lui passer", répondit Harry. "Il vaut mieux qu'on se sépare ; je vais aller par là."

Il prit à gauche tandis que Neville bifurquait à droite et tous deux se mirent à appeler Pattenrond.


"On va s'entraîner lundi soir ?" demanda Théodore Nott dès que Drago fut entré dans la salle commune.

"Non, je suis en retenue", répondit Drago d'un air sombre.

"Encore ?" fit Sarah, incrédule.

Drago lui décocha un regard mauvais et pour une fois elle n'insista pas.

"Personne n'a vu Pansy depuis tout à l'heure ?"

"Non. Tu as cherché dehors ?"

Drago ne répondit pas et repartit. Il se rendit directement au bord du lac, mais encore une fois il fit chou blanc. Il aurait bien voulu pouvoir disparaître comme cela lui aussi, quand elle le cherchait. Mais elle le trouvait toujours. Et à présent, il savait comment elle faisait. Il resta un instant au bord du lac, observant au loin le terrain de Quidditch. C'est alors qu'il se rappela le Baron. À défaut de trouver Pansy, il pouvait toujours chercher le fantôme, qui avait des révélations croustillantes à lui faire.

"Baron !" appela-t-il.

Mais il savait que le Baron Sanglant n'aimait guère se promener dehors quand il faisait froid. En effet, le fantôme ne se montra pas, et Drago résolut une fois de plus de monter dans les étages. Il fallait faire vite : les cours allaient bientôt finir et les couloirs seraient pleins d'élèves.

"Baron !" appelait-il à tue-tête en arpentant les corridors. "Baron !"

Soudain il sentit quelque chose se frotter à sa jambe. Un chat roux.

"Tiens, tu dois être un Weasley toi aussi", fit Drago.

Il essaya de se débarrasser de l'animal d'un coup de pied mais le chat ronronnait de plus en plus fort et ne cessait de s'enrouler autour de ses jambes.

"Vous m'avez appelé ?" demanda d'un ton sinistre le Baron Sanglant qui venait de se matérialiser devant lui.

"Oui, je vous cherchais à propos de - mais laisse-moi, toi !" lança-t-il au chat - "de ce que vous savez..."

Il se saisit à nouveau de la carte de Pansy - elle n'en aurait plus besoin, il pouvait écrire derrière - et cette fois, accepta la plume que le fantôme lui tendait. Il écrivit consciencieusement tout ce que le Baron lui dévoila à propos des séances d'entraînement des Gryffondor.

"Merci beaucoup, Baron. Vous m'êtes d'un grand secours."

"Je vous en prie", répondit le fantôme. "Eh bien, je vous laisse en compagnie de votre... ami", ajouta-t-il avant de disparaître.

"Ce n'est pas mon ami, je ne le connais même pas, ce chat !" s'exclama Drago, indigné.

Comme s'il avait compris, le chat poussa alors un miaulement à fendre l'âme.

"Oh ça va", fit Drago.

Il s'assura qu'il n'y avait personne dans les parages, et se pencha pour prendre l'animal dans ses bras. Il le souleva à sa hauteur et le regarda dans les yeux :

"Tu n'es pas très beau, toi", constata-t-il.

Le chat ronronna de plus belle.

"Et en plus tu n'es pas très futé, apparemment."

Le chat cligna alors de l'oeil, un mouvement sûrement involontaire mais qui fit sourire Drago.

"Mais tu as l'air gentil", conclut-il.

Il posa le chat contre sa poitrine et commença à lui gratter le dessus de la tête. À ce moment il entendit des pas et quelqu'un qui criait :

"Pattenrond ! Minou minou minou ...!"

On dirait que tout le monde cherche tout le monde, songea Drago. Il lâcha le chat quand il s'aperçut que c'était Potter qui approchait. Mais trop tard, Potter l'avait vu.

"Ce n'est pas ce que tu crois", dit précipitamment Drago tandis que l'animal laissait échapper un miaulement offensé. "Il s'est jeté sur moi..."

"Arrête Malefoy", fit Harry d'un ton narquois. "Tu as le droit d'aimer les animaux, ce n'est pas moi qui vais te blâmer..."

Il attrapa le chat et le tint fermement contre lui pour ne pas le laisser s'échapper.

"Il est à toi ?" demanda presque timidement Drago.

"Non, c'est celui d'Hermione."

Drago blêmit et s'essuya frénétiquement les mains dans sa robe. Le regard de Harry se durcit et il lâcha froidement :

"Tu n'es vraiment qu'un idiot."

Il tourna les talons et s'éloigna. Drago avait agi par réflexe mais, sans savoir pourquoi, il se sentit obligé de se justifier :

"Hé Potter, je plaisantais !"

Mais Harry ne s'arrêta même pas et Drago eut soudain la gorge serrée. Allons, ressaisis-toi, se sermonna-t-il intérieurement. Les portes s'ouvrirent toutes en même temps et se mirent à déverser des flots d'élèves dans les couloirs. Espérant de toutes ses forces que personne, depuis une salle de classe, n'avait entendu son entrevue avec le Baron Sanglant, Drago se mit en route pour la salle commune où il allait peut-être enfin trouver Pansy.