Note de l'auteure : Le titre fait rêver hein ? Avouez que vous aimez voir Katsuki se débattre dans ses malheurs.

Bonne lecture.

Lili


~ 6. Princesse en détresse cherche Prince Charmant. ~

- C'est quoi un Prince pour toi ?

Izuku leva les yeux des mèches blondes qu'il tressait, comme chaque matin depuis quelque temps, surpris par la question.

- Le fils d'un Roi, répondit-il à Katsuki.

- Ouais, mais en dehors de ça.

Tout en nouant l'élastique au bout de la natte de son ami d'enfance, Izuku réfléchit à voix haute, ses marmonnements emplissant la chambre et amusant Katsuki.

- Un Prince... Le fils d'un Roi... Quelqu'un de riche... avec du pouvoir... célèbre... beau... gentil... non pas forcément...

- C'est aussi ce que j'ai pensé, l'interrompit Katsuki en se retournant sur sa chaise de bureau pour lui faire face.

- Pourquoi tu demandes ça, Kacchan ?

Avec un soupir, Katsuki croisa les bras sur sa poitrine, une moue boudeuse tordant sa bouche.

- Parce que Double face a suggéré que je devrais sauver un Prince.

- Oh ! souffla Izuku surpris. Mais Kacchan, c'était dans le cas où tu serais une Princesse en détresse... En plus, Tenya dit que c'est au Prince de sauver la Princesse.

- Je sais ça ! grogna la blonde. Et franchement, je voulais même pas envisager cette idée de merde. Mais j'ai déjà Mighty... Alors... Peut-être...

Ayant entendu son nom, Mighty leva la tête et sauta du lit, où il était couché, pour réclamer des caresses à sa maîtresse. Tout en câlinant le petit toutou, Katsuki reprit :

- Le truc c'est qu'un Prince, y'en a pas à Yuei. J'ai vérifié dans le fichier des élèves. Alors, je réfléchissais à qui pourrait être qualifié de Prince.

- Hmmm... réfléchit Izuku. Dans la classe, c'est Tenya et Shoto dont les familles sont les plus riches. Peut-être Yuga aussi...

- Non pas Yuga. Les deux familles les plus célèbres sont les Todoroki et les Ilda, ajouta Katsuki. Le truc, c'est que les Todoroki sont plus célèbres, Endevor est le Numéro Un, donc le Roi en quelque sorte. Mais les Ilda sont plus riches.

- Comment tu sais ça ? s'étonna Izuku.

- Internet est une source infinie de renseignements, ricana Katsuki. Tu sais que les Yaoyoruzu sont huitième du classement des vingt familles les plus riches du pays ?

- Huitième ? souffla Izuku impressionné. Je savais qu'ils étaient riches, mais j'imaginais pas à ce point.

- Les Ilda sont quinzième, et les Todoroki vingtième, ajouta Katsuki.

- Donc Tenya et Shoto sont... des Princes ?

- Ouais. Du coup, on va se partager le boulot, toi et moi.

- Euh... d'accord... Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Kacchan ?

- Tu colles au cul de Double face comme une tique ! Et si tu vois le moindre début de truc pouvant lui arriver, tu me préviens. De mon côté, je suivrai le délégué.

- Je ne vois pas trop ce qui pourrait leur arriver à l'académie, fit doctement remarquer Izuku.

Katsuki se mordilla les lèvres, songeant qu'effectivement les risques qu'il arrive quoi que ce soit de dangereux à Shoto ou Tenya étaient limités. Sauf si... Ce fut ainsi, qu'Eijiro, Denki et Hanta se virent confier la délicate mission de mettre en péril leurs camarades pour que Katsuki puisse voler à leur secours. Les trois garçons furent particulièrement enthousiastes à ce sujet.

Surtout Hanta, à qui cette mission donna une idée. Il contacta le journal du lycée, devant être distribué le lendemain, le même jour chaque semaine, et demanda à publier une petite annonce. Il avait hâte d'être au lendemain pour voir les effets que cela aurait. Peut-être que cela permettrait aussi de rapprocher encore un peu Katsuki et Izuku. Hanta trouvait que ces deux-là se tournaient bien trop autour pour que ce ne soit qu'amical. Et il voulait leur donner un coup de pouce.

- Allo, allo ! Ici Kuzco. Vous m'entendez ?

- Ici Rafiki ! Je t'entends cinq sur cinq !

- Ici Génie. Je t'entends nickel.

- Ici Shrek, je vous entends bien.

- C'est quoi ces noms de merde ?!

- Des noms de code, Raiponce.

- D'où vous m'appelez Raiponce, bande de tocards ?!

- Ben, il nous fallait une princesse blonde.

- C'était Raiponce ou Aurore. Tu préfères Aurore ?

- Je préfère rien, putain !

- Il faudrait une princesse badass.

- Fiona ? Dans Shrek. Elle est forte !

- Super idée Shrek ! Raiponce est renommée Fiona !

- Pikachu je vais te cramer la gueule !

- C'est Kuzco !

- On a déjà changé ton nom de code, on garde les nôtres !

- Mais qui m'a foutu une bande de bras cassés pareille ?

- Chut Fiona ! Cruella est en vue !

Katsuki fut à deux doigts d'arracher l'oreillette nichée dans son conduit auditif. Dire que ses potes prenaient leur mission à cœur était un doux euphémisme. Hanta avait demandé des oreillettes connectées à Aizawa-sensei pour que la petite troupe reste en contact permanent. Petite troupe renommée "Les fées clochettes" par Eijiro. Et Denki avait donné des noms de code à chacun d'eux.

Ainsi Izuku était Shrek, à cause de la couleur de ses cheveux, Hanta était Rafiki parce que Rafiki était l'un de ses personnages préférés. Eijiro avait lourdement insisté pour être baptisé : Génie. Quand Katsuki lui avait fait remarquer qu'il n'avait rien d'un génie, Eijiro avait osé chanter la chanson du génie dans Aladin : Je suis ton meilleur ami ! Et Denki s'était auto-proclamé empereur en prenant le pseudonyme de Kuzco.

Même leur cible, Shoto et Tenya, avaient des noms de code. Cruella pour Shoto, à cause de ses cheveux bicolores, et Maléfique pour Tenya. Pourquoi Maléfique ? Katsuki n'en avait aucune idée et ne voulait surtout pas le savoir. Toute cette histoire le fatiguait déjà. Et les cours n'avaient même pas encore commencé ! Il sentait qu'à la fin de la journée il aurait un mal de tête horrible, tout ça sûrement pour rien en plus.

- Cruella en approche ! Génie, à toi de jouer ! Fiona, tiens toi prête !

Avant que Katsuki puisse demander à quoi il devait se tenir prêt, Eijiro tendit discrètement la jambe dans l'allée, faisant un croche-pied à Shoto qui trébucha juste à côté de Katsuki. Ce dernier tendit instinctivement les bras pour rattraper son camarade, lui évitant de s'éclater la gueule par terre.

- Fais gaffe où tu marches, Double face ! râla la blonde pendant que Shoto se remettait droit.

- Oui. Merci Bakugo, souffla Shoto.

Et sans un mot de plus, Shoto rejoignit sa place, sans voir les pouces levées de Denki, Hanta et Eijiro dans son dos et le regard noir que leur lança Katsuki.

- T'as géré Fiona !

- Vos gueules !

Ectoplasm entra dans la salle et le cours commença. Au bout d'une demi-heure, Katsuki avait des envies de meurtre sur un certain blond électrique et ses deux clones maléfiques lui servant d'amis. Pas étonnant que Denki et Eijiro soient de telles billes en maths vu l'attention qu'ils portaient au cours. Leurs voix chuchotaient dans son oreille, montant des plans plus fantaisistes les uns que les autres pour permettre à Fiona de sauver Cruella et Maléfique.

- Non, souffla soudainement Izuku. On ne va pas les kidnapper et les torturer ! Et écoutez le cours !

Intérieurement, Katsuki fut infiniment reconnaissant à son ami d'enfance pour faire taire les trois pipelettes. Le début de matinée fut par la suite plus calme, permettant au blond explosif de se concentrer sur les cours.

Quand la pause arriva, il avait presque oublié la présence de l'oreillette. Mais la voix d'Eijiro le rappela à l'ordre :

- Ici Génie ! Fiona, j'ai besoin de toi dans le couloir ! Maléfique est en danger !

D'un coup d'œil, Katsuki constata l'absence de Tenya dans la salle. Un peu inquiet de ce que ses amis avaient pu inventer, il sortit de la classe.

A peine eut-il fait deux pas dans le couloir, qu'Eijiro lui saisit le bras et le tira à sa suite avant de le propulser dans une pièce, lui collant un truc non identifié dans les mains. Surpris, Katsuki fixa le rouleau de papier toilette que son meilleur ami venait de lui donner. Une rapide analyse de son environnement lui permit de comprendre qu'il était dans les toilettes des garçons.

- Oï, c'est quoi ce...

- Y'a quelqu'un ?

La voix de Tenya interrompit Katsuki qui tourna sur lui-même, ne voyant le délégué nulle part.

- Quatre yeux ?

- Katsuki ? Qu'est-ce que tu fais dans les toilettes pour hommes ?

- Je me suis planté de porte. L'habitude, se justifia Katsuki.

Son oreillette grésilla et la voix de Hanta se fit entendre :

- Maléfique est très régulier dans son transit et dans son choix de cabine. C'est son heure. Mais on lui a pris quelque chose dont il a besoin.

- Et tu as cette chose, Fiona ! ajouta Denki avec fierté.

- Je veux même pas savoir comment vous connaissez ses habitudes intestinales, grogna Katsuki totalement blasé.

- Tu as dit quelque chose ? demanda Tenya.

- Hein ? Non, j'cause tout seul, répondit Katsuki. Bon, je me casse...

- Euh... Sans vouloir avoir l'air d'abuser, pourrais-tu me rendre un service ? le retint Tenya avec une gêne audible.

- Quoi ? souffla Katsuki, blasé, se doutant déjà de la réponse.

- Pourrais-tu me ramener du papier toilette ? Il n'y en a plus dans ma cabine.

- Vous avez pas fait ça ? s'offusqua Izuku dans l'oreillette.

- Quoi ? Vous voulez pas qu'on le kidnappe pour le torturer, plaida Denki. On a improvisé !

Katsuki se retint difficilement d'hurler sur ses potes, se répétant comme un mantra qu'ils étaient pleins de bonnes intentions. Complètement cons, mais pleins de bonnes intentions !

- Euh ouais, je vais te trouver ça ! Bouge pas ! Dit-il à Tenya.

Pour faire bonne mesure, Katsuki claqua la porte d'une des cabines, tripotant bruyamment le support à papier toilette, avant de tendre le rouleau, donné par Eijiro, à son camarade en détresse par le dessous de la porte.

- Oh ! Merci Katsuki !

- Ouais, ouais, bougonna ce dernier. Bon, j'y vais hein !

- Oui, merci encore ! Tu me sauves la vie !

"Je lui sauve surtout son calbut," songea Katsuki en rejoignant la salle de classe. Il fusilla des yeux les trois zigotos qui l'accueillirent avec de grands sourires fiers. Quand il se rassit à sa place, Izuku se pencha vers lui pour souffler :

- Je ne suis pas sûr que ça puisse être considéré comme un sauvetage.

- Non, tu crois ? ironisa Katsuki. C'était pourtant un sauvetage très héroïque !

Izuku pouffa et Katsuki sourit.

- Ah ! C'est pour ça que tu préfères qu'on t'appelle Fiona ! A cause de Shrek ! s'exclama Denki.

- Ouais, à la fin Shrek et Fiona se marient ! ajouta Hanta.

- On publie les bans de mariages ? ricana Eijiro.

Izuku ne chercha pas à retenir Katsuki quand il se jeta sur Denki pour l'étriper, tout en envoyant une explosion dans la tronche d'Eijiro et écrasant les pieds d'Hanta. Ils ne l'avaient pas volé.

La fin de matinée se passa plutôt calmement, si on exceptait les chuchotements intempestifs des "fées clochettes" dans les oreilles de Katsuki. Quand la pause de midi arriva, Izuku emboîta le pas de Shoto et Hanta s'invita aux côtés de Tenya, faisant froncer les sourcils de la blonde explosive. Qu'est-ce que cette équipe de bras cassés allait encore manigancer ? Denki et Kirishima disparurent rapidement, confirmant les soupçons de Katsuki que ces trois-là avaient un plan foireux en tête.

Convaincu que ses potes allaient, encore, le foutre dans des situations embarrassantes au possible, Katsuki se dirigea vers le réfectoire, seul, les deux mains dans les poches, tout en surveillant les deux Princes de la classe. Il prit sa place dans la file pour se servir comme tout le monde, ne portant aucune attention aux discussions autour de lui. A quelques mètres de lui, Shoto tendit la main pour prendre une assiette de soba.

Katsuki devina le danger en voyant une mèche blonde cachée derrière le présentoir et se jeta sur l'assiette convoitée par son camarade, bousculant tout le monde sur son passage. Au moment où il toucha la faïence blanche, une puissante décharge électrique le traversa.

- Putain ! glapit-il en agitant sa main, le fourmillement dû à l'électricité remontant de ses doigts jusqu'à son épaule.

- Kacchan ! Ça va ? s'affola Izuku qu'il avait bousculé quelques secondes auparavant.

- Ouais, je me suis juste pris un putain de coup de jus ! grogna Katsuki.

- Puissant le coup de jus, souffla Shoto en fixant les cheveux blonds de son camarade.

- Ah ? s'inquiéta Katsuki en cherchant à voir son reflet quelque part.

En silence, Shoto tendit son téléphone en mode selfie, permettant à Katsuki de constater l'ampleur du carnage. De nombreuses mèches blondes s'échappaient de sa tresse habituelle, se dressant sauvagement sur le haut de son crâne. Merde, il pouvait presque voir des étincelles courir le long de ses cheveux. Ce foutu Pikachu n'y était pas allé de main morte.

- Trop classe ta nouvelle coiffure, Fiona ! pouffa ledit Pikachu dans l'oreillette.

- Mais tu as sauvé Cruella d'une mort certaine, le félicita Eijiro.

- Une mort certaine ? hoqueta Izuku affolé.

- Il exagère, Shrek, le rassura Eijiro. Regarde, Fiona va bien.

- Je vous jure, grogna ladite Fiona. Je vais vous...

- Tenya ?! A l'aide ! Quelqu'un ! hurla Hanta attirant soudainement l'attention de tous vers sa table.

Izuku, Shoto et Katsuki se précipitèrent, juste à temps pour voir un Tenya rouge cramoisi, bafouiller à tout va que tout allait bien et qu'il était totalement inutile de s'affoler ainsi.

- Pardon, s'excusa Hanta d'un air faussement contrit. J'ai cru que tu t'étouffais.

- Je ne m'étouffais pas ! assura Tenya en remontant ses lunettes. Je mangeais, tout à fait normalement.

Hanta rit et se confondit en excuse, Tenya lui assurant que ce n'était pas grave et qu'il était très touché de sa sollicitude.

- Et la méthode d'Heimlich, c'est pour les chiens ? bougonna Katsuki en fusillant des yeux Hanta qui lui fit un sourire innocent.

- C'est toi qui dois le sauver, souffla Eijiro dans l'oreillette. Pas nous !

- Ouais, ben laissez-moi bouffer tranquille ! grogna la blonde dont les cheveux partaient encore dans tous les sens.

- T'inquiètes, ricana Denki. Tu peux même aller promener Mighty. On attendra que tu sois revenu.

Bizarrement, cela ne rassura nullement Katsuki qui se dépêcha d'avaler son repas et piqua un sprint jusqu'au dortoir pour retrouver son compagnon à quatre pattes. Le silence persistant dans son oreillette ne l'inquiéta que davantage. Qu'est-ce que cette bande d'abrutis allait encore inventer ? Il n'aurait jamais dû leur demander de l'aide. Ils prenaient bien trop à cœur leur mission.

Mighty jappa joyeusement quand Katsuki entra dans le dortoir, accueillant sa maîtresse avec exubérance. Le lapin de Koda vint lui aussi réclamer des caresses avant de s'éloigner en quelques bonds, laissant Katsuki accrocher le harnais à Mighty pour l'emmener se promener. La balade du midi était toujours plus courte que celle du matin (faite en même temps que le footing quotidien de Katsuki) et que celle du soir, mais c'était un petit moment que le blond explosif et le mini-canidé appréciaient.

- Allez on y va, dit-il en ouvrant la porte, laissant Mighty se précipiter dehors avec enthousiasme.

Tout en surveillant l'heure sur son téléphone, pour ne pas risquer d'être en retard en cours, il resta attentif aux bruits provenant de son oreillette, de plus en plus soucieux du silence des "fées clochettes". Cela ne présageait rien de bon.

Après un bon quart d'heure, Katsuki rentra à nouveau au dortoir, Mighty le précédant fièrement. Juste avant de partir pour rejoindre sa salle de classe, Katsuki caressa sa boule de poils en lui rappelant qu'ils avaient rendez-vous chez le vétérinaire le soir même.

- Tu es sage en attendant, hein ? souffla-t-il à Mighty qui lui répondit avec un jappement bref et une léchouille sur la main.

Quand il arriva en classe, Katsuki fronça les sourcils en croisant les regards amusés de ses amis. Mais Midnight arriva juste après lui, ne lui donnant pas l'occasion d'interroger les trois compères. Le silence persistant dans son oreillette ne lui inspirait rien de bon. Qu'est-ce que cette bande de tocards allait encore inventer ? Il était sûr et certain qu'ils mijotaient un truc dans son dos.

Izuku aussi trouvait très étrange, et particulièrement suspect, le silence dans son oreillette. Pourquoi Eijiro, Hanta et Denki le tenaient-ils à l'écart de leurs plans ? Parce que nul doute que ces trois là avaient encore des plans en réserve. Le fait d'en être écarté angoissait Izuku. Il craignait le pire, autant pour Katsuki que pour Shoto et Tenya. Et en l'absence d'informations, il ne pouvait rien anticiper.

La pause du milieu d'après-midi arriva, un peu plus longue que la normale, suite à un retard annoncé de Present Mic. La seconde A en profita pour se dégourdir les jambes et discuter. Ochaco et Tsuyu vinrent voir Izuku pour échanger sur la dernière intervention de l'héroïne Mount Lady.

- Je voulais demander à Tenya si c'était bien Manual qu'on voit là, dit Ochaco en désignant une petite silhouette sur la vidéo de l'intervention héroïque. Mais il est parti je ne sais où.

Pris un mauvais pressentiment, Izuku tourna la tête, s'apercevant alors de l'absence de Tenya, mais aussi de celle de Shoto et de Katsuki. Il jeta un rapide coup d'œil à Eijiro, Hanta et Denki qui affichaient des mines trop innocentes pour être honnêtes. Très inquiet, Izuku abandonna ses deux amies et courut, hors de la salle de classe, à la recherche des trois disparus.

Il fut surpris de croiser de nombreux groupes de filles dans les couloirs, certaines s'insurgeant contre ceux qui ne comprenaient rien à la beauté de la musique, d'autres se lamentant sur leur malchance.

- Mais je croyais qu'elle était en couple avec Midoriya ? lança une fille attirant l'attention d'Izuku.

- Faut croire que c'est des conneries, lui répondit une autre.

- Ou c'est une salope qui a plusieurs mecs en même temps, rétorqua une troisième. Elle est bien avec deux gars en même temps là, non ?

Les trois filles se figèrent sur place en voyant Izuku devant elles. Izuku n'hésita pas une seconde à les interpeller, sûr et certain qu'elles parlaient de Kacchan.

- Où est Kacchan ? demanda-t-il.

- Qui ? s'étonna l'une des filles.

- La blonde, avec une natte, expliqua Izuku avec empressement. Vous savez où il... elle est ?

- Ah... euh... souffla une des demoiselles embêtées. C'est que...

- Dans les toilettes des garçons, au second étage, lui répondit la troisième. Désolée pour toi, mais elle n'y est pas seule.

- Merci ! lança Izuku en se précipitant dans la direction indiquée.

Il ne se soucia pas de savoir pourquoi l'adolescente était désolée pour lui, ni pourquoi elle souffla un "Le pauvre, j'aimerai pas être à sa place". Il devait retrouver Kacchan ! Visiblement, ce dernier était avec quelqu'un, probablement Tenya ou Shoto. Izuku espérait que rien de trop grave ne leur était arrivé. Arrivé au second étage, il ouvrit précipitamment la porte des toilettes pour hommes.

Mais la scène qu'il y vit le figea sur place. Debout près des lavabos, Shoto était en train de remonter son pantalon. Face à la porte, Tenya soulevait le bas de sa chemise, la tête penchée vers l'avant, ses yeux rivés une tête blonde située au niveau de son entrejambe. Dos à la porte, à genoux sur le sol, Katsuki faisait face au délégué, ses mains visiblement occupées sur le corps de ce dernier. Tout laissait à penser que ces trois-là faisaient des choses inconvenantes, et Izuku se sentit pâlir à cette idée.

- Qu... Mais... bafouilla Izuku attirant l'attention des trois autres vers lui. C'est quoi ça ?! Tenya ! Comment peux-tu... faire... avec Kacchan ?! Et Shoto... Je...

- Oï, respire sale nerd, râla Katsuki attirant le regard exorbité d'horreur de Deku sur lui. On pige rien quand tu causes comme ça !

Izuku voulut protester quand un détail attira son attention. Katsuki avait une aiguille en main, un fil reliant l'accessoire à la chemise de Tenya, chemise que le blond explosif tenait fermée de son autre main. Et le pantalon de Tenya était soigneusement boutonné.

- Izuku ? Tu vas bien ? s'inquiéta Shoto. Tu es un peu pâle.

- Ah ? Euh... oui... Pardon... je... souffla Izuku, confus, reportant son attention sur son ami qui avait fini de fermer son pantalon. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je t'avoue que je ne comprends pas vraiment moi-même, dit Tenya en remontant ses lunettes d'un doigt soucieux, son autre main tenant toujours sa chemise légèrement relevée. Je sortais chercher quelque chose à boire quand un groupe de filles m'est tombé dessus en hurlant que j'étais ignorant et que j'aurais proféré des blasphèmes. Mais je ne vois pas de quoi elles parlaient au juste.

- J'étais avec Tenya à ce moment-là, ajouta Shoto. On a réussi à leur échapper, mais elles ont déchiré la chemise de Tenya. Puis, un autre groupe de filles est arrivé. Elles se sont jetées sur moi en hurlant qu'elles voulaient bien se dévouer pour me faire découvrir les plaisirs de l'amour.

- Katsuki est arrivé sur ces entrefaites, reprit Tenya. Il a fait déguerpir les filles en les sermonnant sur leur attitude.

- Mais elles ont réussi à déchirer mon pantalon, soupira Shoto.

- Heureusement que Katsuki a un nécessaire à couture dans son sac, avoua Tenya. On n'avait pas le temps de retourner se changer au dortoir.

- Et qu'il sait coudre, renchérit Shoto.

Izuku sentit son cœur se calmer au fur et à mesure des explications de ses deux amis. Ils ne faisaient donc rien de sexuel avec Kacchan ! Contrairement à ce qu'il avait cru en entrant dans les toilettes. Le soulagement qu'il ressentit à ce constat le surprit lui-même. Kacchan était bien libre de faire ce qu'il voulait à ce niveau. Mais l'idée que le blond puisse avoir des relations charnelles était trop dérangeante. Si dérangeante, qu'Izuku décida de l'enterrer loin, très loin, au fin fond de son esprit et de ne surtout jamais y repenser.

- Voilà, j'ai fini, grogna Katsuki en se relevant. Avec ça, ta chemise restera fermée. Bon par contre, pour l'enlever faudra que tu coupes les fils. Et tu te démerderas pour remplacer les boutons perdus. Si tu mets ta cravate dessus on verra même pas que t'en as plus un seul.

- Merci Katsuki, souffla Tenya en rajustant sa tenue. Sans ton aide, je ne sais pas ce qu'il serait arrivé.

- Ah ? ricana le blond explosif en rangeant son nécessaire à couture dans son sac. Vous vous seriez retrouvé à poil.

Izuku pouffa, imaginant sans mal les têtes de ses deux amis revenant en cours totalement dénudés. Il se promit cependant de demander à Eijiro, Hanta et Denki ce qu'ils avaient pu raconter pour que des adolescentes attaquent ainsi les deux lycéens. Parce que nul doute que c'était eux les responsables de cette situation. Katsuki sembla penser la même chose, vu le regard désabusé qu'il lui lança.

- Tu es moins pâle, Izuku, fit remarquer Shoto.

- Ah ? Euh... oui... marmonna Izuku gêné.

- T'es malade ? s'inquiéta Katsuki en s'approchant de lui.

- Hein ? Non ! assura Izuku.

Voyant le regard suspicieux de son ami d'enfance, il soupira lourdement et avoua d'un ton contrit et honteux :

- La situation portait à confusion.

- La situation ? s'étonna Katsuki. Quelle situa... Oh !

Katsuki écarquilla de grands yeux choqués en comprenant à quoi avait pensé Izuku en arrivant dans les toilettes.

- Tu as cru que... ? Sérieusement ? s'offusqua-t-il.

Pour seule réponse, Izuku lança un regard désolé à Katsuki, qui le fixait médusé, et fit une moue boudeuse. Un rictus narquois s'étira finalement sur les lèvres du blond qui lâcha d'un ton moqueur :

- Pervers !

- Pas du tout ! protesta Izuku. J'ai juste entendu des trucs et quand je vous ai vu...

- Tu t'es imaginé n'importe quoi, conclut Katsuki visiblement très amusé. Comme un putain de pervers !

- Je ne comprends pas, intervint Tenya. Qu'est-ce que tu as cru Izuku ?

- Ouais, Deku. Dis nous, ricana Katsuki. T'as cru quoi, hein ?

- Rien ! assura Izuku en agitant les mains. Juste... que... peut-être... vu que tu es prêt à tout pour récupérer ton corps... ben...

- T'as sérieusement cru que j'irai jusque là ? s'offusqua Katsuki. Avec eux en plus ? T'es pas sérieux ?!

- Mais ! bouda Izuku. Tu as bien été jusqu'à me demander de te faire mal ! Et de te... enfin tu vois quoi !

- En me cassant le doigt, souffla Katsuki en levant les yeux au ciel. C'est toi qui a suggéré l'idée de la fessée !

- TU AS QUOI ?!

Le rugissement de trois voix dans les oreillettes se mêla aux exclamations de deux autres près du duo qui sursauta.

- Putain ! râla Katsuki en arrachant l'accessoire toujours niché dans son conduit auditif. Gueulez pas comme ça ! On est pas sourd !

- Je crois que si maintenant, soupira Izuku en massant son oreille douloureuse.

- Attendez les mecs, cria la voix stridente de Denki audible par tous via les oreillettes dans les mains de ses amis. Vous pouvez pas nous sortir un truc comme ça sans prévenir !

- Pourquoi vous avez des oreillettes ? demanda Shoto en voyant Katsuki et Izuku remettre les accessoires à leur place.

- T'occupes Double face, râla Katsuki. Et vous trois là, c'est pas ce que vous croyez !

- Oui, assura Izuku. Ça n'avait rien de pervers ! C'était une expérience !

- J'ai quand même eu mal au cul, ricana Katsuki avec un rictus narquois. Et au front !

- C'est toi qui m'a dit d'y aller plus fort, bougonna Izuku. J'y peux rien si tu t'es cogné sur ma tête de lit.

Les rires qui résonnèrent dans son oreille et le sourire de plus en plus sardonique de Katsuki confirmèrent à Izuku que, loin d'éclaircir le malentendu, ses propos ne faisaient que le renforcer. Ce que Katsuki ne se gêna pas pour lui faire remarquer :

- Tu t'enfonces Deku !

- Oh oui ! rit Hanta. Bien comme il faut en plus !

- Je ne vois pas où Izuku s'enfonce, fit remarquer Shoto son regard soucieux rivé sur les pieds de son camarade.

La remarque fit hurler de rire Katsuki, surtout quand Denki en rajouta une couche :

- Vous êtes pas cool, les mecs. Vous pourriez laisser Shoto regarder mieux que ça !

Izuku soupira désabusé, mais amusé malgré lui. Il leva les yeux, cherchant du soutien auprès de Tenya, mais ce dernier ne lui fut d'aucun secours. La tête tournée sur le côté, les lèvres pincées, ce dernier se retenait difficilement de rire comme le prouvaient ses épaules tremblantes.

- Oh ! s'exclama Izuku d'un air totalement innocent et en sortant des toilettes. Vous avez vu l'heure ? On va être en retard en cours !

- Très subtil le changement de sujet, ricana Katsuki en le suivant dans le couloir.

- Izuku a raison, intervint Tenya en leur emboîtant le pas, Present Mic devrait arriver d'une minute à l'autre.

- Je crois que j'ai pas tout compris à ce qu'il s'est passé, soupira Shoto désabusé.

- Espérez pas vous en sortir comme ça Shrek et Fiona, assura Eijiro. On veut des explications !

- Au fait Deku, tu veux venir avec moi chez le véto pour Mighty ? lança Katsuki, ignorant la menace à peine voilée de son meilleur ami.

- Tu as rendez-vous à quelle heure ? s'enquit Izuku.

- Dix-huit heures, répondit le blond. J'ai juste le temps de le récupérer pour choper le bus de dix-sept heures trente six.

- Je viendrai avec plaisir, assura Izuku, voyant là le parfait moyen d'échapper à un interrogatoire en règle.

- Ah mais, ça on n'en doute pas, que tu viendras avec plaisir, ricana Hanta dans l'oreillette.

Les rougeurs qui montèrent aux joues d'Izuku, alors qu'il pénétrait dans la salle de classe, firent rire autant Katsuki que les trois fées clochettes. Present Mic arriva sur ces entrefaits, empêchant toutes discussions de se poursuivre, s'excusant pour son retard et débutant son cours immédiatement. Eijiro, Hanta et Denki se firent reprendre à plusieurs reprises par leur professeur pour leurs ricanements intempestifs, pour la plus grande joie sadique de Katsuki et d'Izuku.

Quelques heures plus tard, profitant de l'absence de Katsuki et d'Izuku, partis emmener Mighty chez le vétérinaire, Eijiro, Denki et Hanta se retrouvèrent dans la chambre de ce dernier. Shoto et Tenya, emmenés de force par les trois compères, écoutèrent avec attention les explications de leurs camarades.

- Donc, souffla Tenya désabusé, vous nous avez volontairement mis dans des situations problématiques pour que Katsuki vienne nous aider.

- C'est ça ! confirma Denki avec un grand sourire.

- Mais ça n'a pas marché, il est toujours une fille, fit doctement remarquer Shoto.

- Honnêtement, on n'a jamais pensé que ça fonctionnerait, avoua Eijiro. Mais Kats veut tout tenter, donc bon... On aide !

Tenya et Shoto hochèrent la tête, comprenant la démarche. Eux aussi voulaient aider Katsuki, c'était aussi leur ami.

- D'accord, soupira Shoto. Juste une question : pourquoi des filles nous ont attaqué Tenya et moi ?

- On a fait courir la rumeur que Tenya trouvait les membres de Arashi nuls et moches et leur musique atroce, ricana Hanta.

- Et que, toi, Shoto, tu étais prêt à sortir avec la première fille qui te le demanderait, ajouta Denki.

- C'est... N'importe quoi ! s'offusqua Tenya.

- On sait, le rassura Eijiro. L'idée c'était juste de faire en sorte que les filles vous sautent dessus pour que Kats vole à votre secours. On n'avait pas prévu que vous vous feriez déchirer vos fringues.

- Des vraies furies, se moqua Hanta.

- Et donc, vous comptez faire quoi maintenant ? s'enquit Tenya.

- J'ai discuté avec Izuku, expliqua Eijiro. Aujourd'hui, l'idée de Kats c'était le coup de la Princesse sauvant le Prince. Vous êtes ceux qui se rapprochent le plus d'un Prince selon lui. Et demain, Izuku pense qu'il va tenter l'inverse : le Prince sauvant la Princesse en détresse.

- Donc, vous allez mettre Katsuki dans des situations périlleuses et on va devoir le sauver ? demanda Shoto.

- C'est ça ! confirma Denki. On compte sur vous !

- Quel genre de situations périlleuses ? s'informa Tenya d'un air soucieux.

- Rien qui mette sa vie en danger, promit Hanta. J'ai d'ailleurs anticipé la chose.

Devant les regards surpris des autres, il sourit victorieusement et tendit fièrement un papier devant lui.

- Je suis passé au journal du lycée ce matin pour demander à faire passer une petite annonce. Elle paraîtra demain ! En gros et en gras ! Elle sera immanquable !

- Et que dis ta petite annonce ? s'enquit Denki.

- Princesse en détresse cherche Prince Charmant pour la sauver ! Signalement de la Princesse : Seconde A, blonde, cheveux longs coiffés en une tresse, yeux rouges, formes voluptueuses. Le Prince doit être courageux, fort et prêt à tout pour la protéger des nombreux périls la guettant. Soyez des Gentlemen !

- Elle est super longue ton annonce, soupira Shoto.

- Peu importe ! rit Eijiro. C'est génial ! Des tas de mecs vont chercher à sauver Kats de tout et n'importe quoi ! Ça va gonfler Kats, et vous n'aurez qu'à voler à son secours.

- Il va y avoir un problème : Izuku, fit remarquer Tenya en remontant ses lunettes.

Shoto approuva d'un signe de tête en soufflant :

- Je suis d'accord avec Tenya. Izuku ne pourra pas s'empêcher d'intervenir pour protéger Bakugo.

- On va essayer de le tenir à l'écart, assura Denki avec un grand sourire.

- Ou on peut, au contraire, le laisser faire, contra Hanta avec un sourire malicieux. Vous trouvez pas que ces deux là se tournent un peu trop autour ?
- Si, soupira Eijiro. En fait, si Kats est une Princesse en détresse, alors c'est évident que c'est Izuku son Prince prêt à affronter tous les dragons du monde pour le sauver.

- Donc, on le laisse faire, sourit Hanta. Shoto et Tenya, vous restez à proximité de Katsuki, vous intervenez si quoique ce soit lui arrive, vous vous comportez comme de parfaits gentlemen avec lui...

- Et Izuku ne pourra pas s'empêcher de s'en mêler et on le laisse faire, conclut Tenya.

- Vous espérez quoi au juste en faisant ça ? s'enquit Shoto.

- A part une bonne occasion pour se marrer ? demanda Denki avec un début de rire dans la voix.

- Oui, confirma Shoto.

- Qu'ils se rendent compte de leurs sentiments, répondit Hanta avec assurance.

- Tu crois qu'ils sont amoureux l'un de l'autre ? s'étonna Tenya.

- Izuku est très attaché à Katsuki, fit remarquer Denki. C'est pas impossible qu'il en soit amoureux. Mais Katsuki ?

- Ouais, c'est plus difficile de savoir ce qu'il pense lui, soupira Eijiro. Il aime bien Izuku, même s'il prétend le contraire. Mais de là à dire qu'il en est amoureux... je sais pas...

Mais Hanta était sûr de son coup et entreprit de prouver par A + B à ses amis qu'il avait raison. Ces derniers écoutèrent avec attention ses arguments, les contrant de temps en temps et apportant parfois de l'eau au moulin de leur camarade à l'alter collant. La discussion dura longtemps et un plan fut mis en place pour le lendemain. Tous étaient d'accord sur un point : si cela pouvait aider Katsuki, ils étaient tous partant.

Bien loin de se douter de ce qu'il se tramait dans leur dos, Katsuki et Izuku revenaient de chez le vétérinaire, Mighty blotti dans les bras de sa maîtresse qui le caressait avec douceur et le protégeait des bousculades dans les transports en commun. Bien calé contre la généreuse poitrine de la blonde, la boule de poils profitait de ces douces attentions pour se remettre de sa visite chez le méchant docteur qui lui avait fait des misères.

De retour au dortoir, Mighty alla réclamer des caresses à Koda, en profitant pour se plaindre que le vétérinaire lui avait fait mal et qu'en plus ça sentait mauvais chez lui. Koda compatit aux malheurs du toutou, lui expliquant cependant que c'était pour son bien que Katsuki l'avait emmené chez le docteur et qu'ainsi si Mighty se perdait, Katsuki pourrait toujours le retrouver.

Rassuré, Mighty emboîta le pas à sa maîtresse quand elle alla prendre sa douche, réclamant un bain bien mérité. Le petit chien et l'adolescente sortirent la salle de bain propres et secs, les cheveux de l'une et la fourrure de l'autre parfaitement peignés. Quand il fut l'heure de se coucher, Mighty s'installa confortablement dans son coussin, guettant le moment où la blonde serait endormie pour aller s'installer sur son lit. Le lit était bien plus confortable que son coussin.

~oOo~

Katsuki était en train de finir d'enfiler son uniforme quand on toqua à sa porte. Il invita son visiteur à entrer, pensant que c'était Izuku qui, comme chaque matin, venait le coiffer. Aussi fut-il très surpris quand il vit Shoto pénétrer dans sa chambre.

- Double face ? Qu'est-ce que tu fous là ?

- Je viens t'aider à te coiffer, répondit calmement Shoto en refermant la porte dans son dos.

- Hein ?! Mais... Non ! protesta Katsuki.

- Je sais faire les tresses, assura Shoto. Je me suis entraîné sur Momo hier soir.

Debout au milieu de sa piaule, les mains figées sur le bas de sa chemise qu'il finissait de boutonner, Katsuki fixa éberlué son camarade. C'était quoi ce bordel ? Depuis quand ce glaçon bicolore voulait-il le coiffer ? Au point de s'entraîner dans ce but ? C'était n'importe quoi !

- Je m'en fous que tu te sois entraîné, décréta Katsuki. Tu touches pas à mes cheveux, point barre !

Non, il n'était pas question que quiconque touche à sa chevelure. A part Deku. Mais Deku, c'était particulier. Il avait confiance en Deku ! Bon, il avait aussi relativement confiance en Shoto, mais pas au point de le laisser lui papouiller le crâne !

- Momo m'a même appris à faire une tresse particulière qui t'irait très bien, selon elle, argumenta Shoto.

- J'en ai rien à foutre ! râla Katsuki. Va coiffer ta frangine, bordel ! Ou achète toi une poupée si tu y tiens tant !

Shoto allait encore argumenter quand la porte s'ouvrit sans aucune douceur, Izuku surgissant dans la pièce avec un affolement évident. Il soupira de soulagement en voyant Shoto et Katsuki à une distance plus que raisonnable l'un de l'autre et, surtout, en constatant que Shoto n'avait pas encore touché aux cheveux de Kacchan. C'était lui le coiffeur attitré du blond ! Et dire que sans Denki, qui lui avait soufflé l'initiative prise par Shoto, il se serait fait piquer sa place chèrement acquise !

- Je vais le faire ! assura Izuku en poussant Shoto hors de la chambre.

- Je proposais pour te soulager aussi un peu, expliqua Shoto en se laissant éjecter dans le couloir.

- C'est très gentil, Shoto, mais ça ne me gène pas du tout. Au contraire ! J'adore coiffer Kacchan ! répondit Izuku en refermant la porte.

Il poussa un lourd soupir de soulagement avant de se retourner pour faire face à une blonde au sourire narquois.

- Tu adores me coiffer, hein ? ricana celle-ci.

- Oui, admit Izuku en haussant les épaules. Tu as les cheveux super doux, c'est agréable.

- Comment tu as su qu'il viendrait ? demanda Katsuki en s'installant à l'envers sur sa chaise de bureau, tournant le dos à son ami d'enfance.

- Denki me l'a dit quand je finissais de me brosser les dents, avoua Izuku en commençant à peigner les mèches blondes.

Katsuki ferma les yeux, appréciant le traitement infligé à son cuir chevelu. Vraiment, il aimait un peu trop se faire coiffer. Cette histoire aura au moins eu l'avantage de lui faire découvrir ce petit plaisir. Peut-être devrait-il se laisser pousser les cheveux quand il récupérerait son corps masculin. Juste pour en profiter encore un peu.

- Mais... tu aurais peut-être préféré que ce soit Shoto qui s'en charge, souffla soudainement Izuku d'un ton empli de doutes.

- Ah ?! Ça va pas non ? C'est toi mon coiffeur ! Pourquoi je voudrais quelqu'un d'autre, abruti de nerd ?!

Lui tournant le dos, Katsuki ne vit pas le sourire éblouissant qui éclaira le visage de son ami d'enfance.

- Je suis sûr que c'est une idée des trois tocards, bougonna Katsuki. Double face y aurait jamais pensé tout seul.

- Je crois qu'ils ont prévu des trucs oui, souffla Izuku. Mais j'ai pas réussi à savoir quoi. Et toi, tu as une idée à mettre en œuvre aujourd'hui ?

- Non, grogna la blonde. Ça me gonfle de la jouer Princesse en détresse. Je passe mon tour pour aujourd'hui. Je verrai demain... Et puis, si les trois abrutis ont prévu des trucs, ça va être bien chiant.

- D'accord, sourit Izuku en finissant d'enrouler l'élastique au bout de la tresse blonde.

Quand, un bon quart d'heure plus tard, Katsuki arriva dans le hall du dortoir, il fronça les sourcils, surpris de voir une dizaine de lycéens attendre devant la porte d'entrée, tout armés de parapluies. Machinalement, il jeta un coup d'œil au ciel, constatant qu'effectivement ce dernier était assombri par de sombres nuages annonciateurs de pluie. Il hésita un court instant à remonter dans sa piaule pour aller y chercher son propre parapluie, mais renonça.

Ce n'étaient pas trois gouttes d'eau qui allaient le tuer. En plus, il avait pu constater lors de son footing matinal qu'il y avait du vent. Le parapluie risquait donc de se retourner et ne serait alors plus d'aucune utilité. Et le chemin jusqu'à la salle de classe n'était pas long à ce point. Avec de la chance, il serait arrivé avant que la pluie ne se déclenche. Fort de ses résolutions, il s'empressa d'enfiler sa paire de baskets et ouvrit la porte, prêt à affronter la météo.

- Bonjour Katsuki-Chan ! s'exclama l'un des jeunes hommes faisant le pied de grue devant la porte. Ton sac a l'air lourd, je vais t'aider !

Et sans attendre de réponse, il tenta de se saisir du sac de Katsuki pour l'en délester.

- Non mais ça va ! tonna le blond en s'accrochant à son sac, pas décidé à le laisser à quiconque.

- Oh ! Tes lacets sont défaits, Katsuki-Chan, s'affola un autre lycéen. Il faut bien les nouer pour ne pas risquer de marcher dessus et de tomber.

Avant même que Katsuki ait pu dire quoi que ce soit, l'adolescent serviable était à ses pieds, lui nouant ses lacets.

- Tiens, Katsuki-Chan, abrite toi sous mon parapluie, sourit un troisième. Il ne faudrait pas que tu te retrouves toute mouillée.

- Mon manteau te protégera du vent, ajouta un quatrième. Ce serait dommage que tu tombes malade.

- Je t'ai préparé un bento, Katsuki-Chan, enchérit un cinquième. Rien que pour toi !

Estomaqué, Katsuki bafouilla des insultes à tout va, tout en tentant de se débarrasser du manteau posé sur ses épaules, d'esquiver le parapluie maintenu au-dessus de sa tête, de récupérer son pied pris en otage, et de garder son sac malgré les tentatives pour l'en débarrasser. C'était quoi ce bordel ?! D'où ils sortaient ceux-là ?! Qu'est-ce qu'ils leur prenaient ?! Et d'où ils osaient l'appeler Katsuki-Chan ?!

- Oh ! Il pleut ! s'affola l'un des lycéens. Vite, Katsuki-Chan ! Mets toi à l'abri !

Une dizaine de parapluies se disputèrent l'honneur de protéger la tête blonde, au grand désarroi de celle-ci qui ne savait plus comment se défaire de cette situation sans avoir recours à la violence. Aussi, Katsuki bénit-il intérieurement Tenya quand ce dernier intervint :

- Poussez-vous, vous gênez le passage !

Les lycéens, trop serviables, s'écartèrent, laissant passer Tenya suivit d'Izuku, le premier ayant son air sévère sur le visage et l'autre fusillant des yeux les nouveaux venus.

- Putain, souffla Katsuki. Enfin...

Ravi d'être débarrassé de ses intentions qu'il n'avait jamais demandées, Katsuki s'apprêta à reprendre sa route.

Mais à peine eut-il fait un pas qu'il se sentit soulever du sol.

- Qu'est-ce que... ragea-t-il.

- Il pleut, il serait dommage que tu te salisses, Katsuki, fit remarquer Tenya en le calant contre lui avec détermination. Je vais te porter jusqu'en classe. Accroche toi !

Avant même que Katsuki ait pu rétorquer quoi que ce soit, le délégué zélé activa son alter et fonça à toute allure vers le bâtiment des cours, Katsuki dans ses bras comme une jeune mariée.

- Kacchan ! cria Izuku en tendant vainement la main vers son ami d'enfance emporté au loin par un apprenti héros trop enthousiaste.

- Katsuki-Chan n'a même pas pris mon bento, soupira une voix masculine près d'Izuku.

- Tu pourras tenter ta chance ce midi, le rassura une autre.

- On devrait y aller non, Izuku ? intervint Shoto en posant une main compatissante sur l'épaule de son ami.

- C'est moi ou Tenya vient de kidnapper Katsuki ? ricana Ochaco incrédule.

Soudainement affolé, Izuku piqua un sprint. Il devait retrouver Kacchan ! Qu'est-ce qu'il se passait aujourd'hui ? Qu'est-ce qui avait pris à Shoto de vouloir coiffer Kacchan ? Pourquoi toute une horde de lycéens avait-elle fait le pied de grue devant le dortoir pour accoster Kacchan ? Et quelle mouche avait piqué Tenya pour qu'il agisse ainsi ? Kacchan n'allait pas apprécier la blague. Pas du tout !

- Lâche-moi putain ! rugit Katsuki en se débattant dans les bras du délégué courant toujours aussi vite que le lui permettait son alter. Je vais t'exploser la tronche, Quatre-yeux de merde !

- On est arrivé ! lui répondit Tenya en le posant au sol devant la salle de classe. Je suis ravi d'avoir pu t'aider, Katsuki.

- J'avais pas besoin de ton aide, espèce d'abruti dégénéré ! tonna la blonde explosive en envoyant un pied vicieux dans l'entrejambe de son camarade. Repose les mains sur moi et je te les arrache pour te les enfoncer si loin dans le cul qu'elles te ressortiront par les oreilles ! C'est clair ?!

- Très... clair... souffla Tenya, penché en deux, les mains sur ses bijoux de famille maltraités.

Sans attendre plus, Katsuki entra dans la salle de classe et sauta sur Denki, le saisissant par le col pour le secouer méchamment.

- Qu'est-ce que vous avez foutu comme connerie ? Je sais que c'est une de vos idées à la con ! Alors ?! J't'écoute Pikachu !

- Il va avoir du mal à causer si tu continues à le secouer comme ça, fit remarquer Hanta avec un grand sourire.

Son sourire disparut instantanément quand Katsuki tourna un regard meurtrier dans sa direction. Peut-être aurait-il mieux fait de se taire. Un sourire de psychopathe étira les lèvres du blond devenu blonde. Levant sa main libre, l'autre tenant toujours Denki par le col, Katsuki fit crépiter sa paume de manière menaçante, l'avançant vers le visage du blond électrique. Malgré l'étourdissement dont il était victime, à cause d'un secouage intensif, Denki vit la menace et réagit en conséquence.

Mais Katsuki fut plus rapide et lança Denki sur Hanta. Ce dernier tendit les bras pour réceptionner son ami qui l'électrocuta, ayant déclenché son alter pour se prémunir de la menaçante explosion promise silencieusement par Katsuki. Voyant Hanta et Denki HS, Katsuki fit craquer ses doigts avec un rictus malfaisant et se tourna vers Eijiro.

- Et de deux ! A ton tour, Tête d'ortie ! Un dernier mot avant que je te crève ?

- C'était pour t'aider ! se défendit Eijiro en durcissant tout son corps.

- Kacchan !

L'appel emprunt d'inquiétude désespérée détourna l'attention de Katsuki de sa cible. Izuku surgit dans la salle de classe, un air affolé sur le visage. Il se précipita vers son ami d'enfance, s'assurant d'un coup d'œil inquisiteur que ce dernier n'avait rien.

- Quoi ? grogna Kacchan.

- Tu vas bien ? s'enquit Izuku.

- Tu devrais plutôt t'inquiéter pour nous ! protesta Eijiro.

- Tenya a l'air d'avoir mal au scrotum, fit doctement remarquer Shoto tout en préparant une poche de glace pour son ami.

- Et Denki et Hanta ont l'air... mal en point, pouffa Ochaco amusée par la situation.

- Ils l'ont cherché ! tonna Katsuki. D'ailleurs, Deku puisque t'es là, rends toi utile ! Immobilise ce crétin avec ton fouet noir !

Izuku haussa les sourcils, surpris de la demande, et jeta un regard suspicieux vers ledit crétin. Eijiro avait un air inquiet mais malicieux. Nul doute qu'il devait savoir ce qui se tramait et pourquoi tout le monde semblait avoir décidé de faire chier Kacchan aujourd'hui. Aussi, enroula-t-il son fouet noir autour du corps massif d'Eijiro, se pliant à l'exigence de Katsuki. Ce dernier sourit sadiquement avant d'ordonner à Deku de bien le tenir.

Eijiro avait un point faible, point faible que Katsuki connaissait et dont il comptait bien user pour obtenir des aveux. Poussant le bureau le gênant, il s'accroupit aux pieds de son, soi-disant, meilleur ami et lui ôta la chaussure et la chaussette droite. Devinant ce qui l'attendait, Eijiro blêmit et durcit la plante de ses pieds, tout en sachant qu'hélas ça ne changerait rien.

- Kats ! Fais pas ça ! supplia-t-il.

- Tu vas me dire ce que vous avez foutu pour me pourrir ma journée ? demanda ledit Kats.

- C'est pour t'aider ! se défendit Eijiro.

- Mauvaise réponse ! rétorqua Katsuki en agrippant la cheville de son camarade.

Et sans tenir compte des suppliques de ce dernier, qui se tortillait comme il pouvait dans l'étreinte du fouet noir de Deku, il commença à lui chatouiller le dessous du pied. Eijiro tenta de résister vaillamment. Hélas pour lui, les plantes de ses pieds étaient hyper sensibles, même durcies, et il ne tarda pas à éclater de rire sous les chatouilles infligés.

- Arr... Arrêt... es ! StOOOp ! Pi... ti...ééééééééé ! réussit-il difficilement à articuler entre deux éclats de rire.

Cessant sa torture, Katsuki leva un regard sadique vers sa victime.

- Tu passes aux aveux ?

- On veut juste t'aider ! plaida Eijiro.

Voyant les doigts menaçant de son psychopathe de meilleur ami se rapprocher à nouveaux de son pied, Eijiro cria :

- On a fait passer une annonce dans le journal du lycée !

- Et elle dit quoi cette annonce ? s'enquit Izuku ayant soudain un très mauvais pressentiment.

Ce fut la voix grave d'Aizawa qui répondit :

- Princesse en détresse cherche Prince Charmant pour la sauver ! Signalement de la Princesse : Seconde A, blonde, cheveux longs coiffés en une tresse, yeux rouges, formes voluptueuses. Le Prince doit être courageux, fort et prêt à tout pour la protéger des nombreux périls la guettant. Soyez des Gentlemen !

Devant les airs estomaqués de ses deux élèves les plus problématiques et les mines hilares des autres, il reprit :

- Bakugo, Midoriya, merci de libérer Kirishima. Je vous rappelle, au passage, que la torture est interdite dans ce pays. Si chacun n'est pas à sa place dans les trente secondes, je vous colle tous pour deux mois !

La menace fit son effet, il fallut moins de vingt secondes à ses élèves pour s'installer chacun à sa place et être prêts à écouter le cours. Il retint un sourire satisfait. Il les avait bien dressés cette bande de sales gamins.

Tout en faisant son cours, Aizawa surveilla ses étudiants, notant la grimace douloureuse tordant les traits de Ilda, lequel tenait toujours une poche de glace sur son entrejambe. Aizawa ne savait pas ce qu'avait fait le délégué, mais visiblement Bakugo le lui avait fait payer chèrement. Vu que Kaminari et Sero avaient tous deux l'air un peu abrutis, comme s'ils s'étaient pris une bonne grosse décharge électrique, Aizawa supposa qu'ils étaient complices, d'une manière ou d'une autre de Ilda et Kirishima.

Il retint un sourire en voyant les regards furieux que Midoriya lançait à ses camarades. Nul doute que l'annonce ne plaisait pas au porteur du One for all. Quant au premier concerné, Bakugo, Aizawa pouvait presque voir de la fumée sortir de ses narines et de ses oreilles, et entendre les crépitements dans ses paumes. Bakugo ressemblait à un taureau enragé, prêt à encorner le premier suicidaire qui se présenterait. Aizawa pariait sur la victoire du taureau contre le futur matador.

Quand la pause arriva, Katsuki fut très tenté de rester à sa place et de ne surtout pas foutre un orteil hors de la classe. Malheureusement, il avait envie de pisser. Vraiment très envie. Il se maudit d'avoir bu un bon litre d'eau après son footing matinal, comme à son habitude. Il savait qu'il fallait beaucoup boire après un exercice pour éviter les crampes et les courbatures. Mais entre le litre d'eau et le thé qu'il avalait chaque matin, il avait maintenant très envie de pisser, trop pour pouvoir se retenir tout le reste de la mâtinée.

La mort dans l'âme, il quitta donc sa place et se dirigea vers la porte de la salle de classe. Dès qu'il l'ouvrit, il le regretta. De l'autre côté de celle-ci l'attendait une dizaine d'adolescents, tous s'assurant prêts à lui rendre service de toutes les manières possibles et imaginables. Katsuki mettrait sa main droite à couper qu'au moins un de ses abrutis se proposerait de lui torcher le cul s'il le voulait.

Ignorant tant bien que mal les propositions d'aides des "gentlemen", Katsuki se fraya difficilement un passage jusqu'aux toilettes, maudissant l'idée à la con de ses potes. Une petite annonce ? Sérieusement ? Il avait peut-être la gueule d'une Princesse en détresse ? Et il lui semblait que l'information sur son identité avait fait le tour du lycée depuis un bail. Comment ces mecs pouvaient sérieusement imaginer une seule seconde que lui, Katsuki Bakugo, avait quoi que ce soit de commun avec une putain de Princesse en détresse ?! Bordel, que ça le gonflait cette histoire !

Il sortit de la cabine, une fois sa vessie soulagée, et se lava les mains consciencieusement. Même si cela faisait maintenant vingt jours qu'il était dans ce corps, il n'arrivait toujours pas à s'y faire. Sa poitrine l'emmerdait toujours autant et son appareil génital le dégoûtait tout autant qu'au premier jour. Il voulait retrouver ses pecs et sa bite ! Et les quinze centimètres qu'il avait perdu en hauteur au passage. Être plus petit que Deku, ça non plus il ne s'y faisait pas.

En ouvrant la porte des toilettes pour rejoindre le couloir, Katsuki constata avec dépit que sa horde de "fans" était toujours là à l'attendre. Il lâcha un lourd soupir, se retenant difficilement de lancer une bonne grosse explosion pour expulser tous ces emmerdeurs. Mais à peine eut-il fait un pas dans le couloir qu'il sentit quelque chose s'enrouler autour de sa taille et le soulever de terre. Un rapide coup d'œil le rassura. Ce n'était que le fouet noir de Deku.

Deku lui fit survoler tout le couloir pour le ramener jusqu'à la salle de classe en dardant un regard furibond sur les squatteurs.

- Foutez lui la paix ! rugit Izuku en posant son ami d'enfance au sol et le poussant à l'intérieur de la classe. Vous avez rien d'autre à faire que de lui coller au cul ?

- Ben, elle a un cul magnifique aussi, lâcha une voix dans le groupe.

Katsuki sentit un intense sentiment de satisfaction l'envahir quand ledit groupe se retrouva expédié à l'autre bout du couloir par une pichenette rageuse d'un Deku énervé. Voilà, ça leur ferait les pieds à cette bande de tocards ! Izuku était peut-être gentil, patient, altruiste et difficile à énerver, mais quand il se fâchait, il valait mieux ne pas être dans les parages. Katsuki en savait quelque chose, ayant déjà vu son ami d'enfance passer en mode Berserk. C'était rare, rarissime même, mais carrément impressionnant.

Le reste de la matinée se passa tranquillement, les cours s'enchaînant naturellement. Concentré sur ce que disaient les profs, Katsuki oublia un instant cette histoire d'annonce et ses conséquences. Jusqu'à ce que la pause du midi arrive et le lui rappelle violemment, dès qu'il sortit de la classe. Il se retrouva littéralement assailli par les bentos que ses "prétendants" lui avaient préparés. Tous voulant lui donner ce qu'ils avaient cuisiné à son intention, il se retrouva en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire avec une dizaine de boites dans les bras.

Boîtes qui connurent un destin tragique quand Izuku les lui arracha des mains pour les lancer à la tronche des cuisiniers amateurs, en leur hurlant que jamais Kacchan ne toucherait à ça !

- On sait jamais, c'est peut-être empoisonné ou ils y ont mis de la drogue, marmonna-t-il en tirant la blonde à sa suite, sa main fermement enroulée autour du poignet de celle-ci.

Katsuki ne dit rien, riant intérieurement de la tête des pauvres lycéens sur lesquels avaient atterri les contenus des bentos, et leur présentant un majeur narquois. Il se laissa traîner par Deku jusqu'au réfectoire, où il arracha son bras à la prise de son ami, arguant qu'il avait besoin de ses deux mains pour se servir. Mais il regretta très vite son geste, Izuku se faisant éloigner de lui par Denki et Hanta, laissant ainsi le champ libre aux autres. Autres qui se précipitèrent pour lui pousser son plateau, le servir de tous les plats proposés, et se disputer l'insigne honneur de manger en sa douce compagnie.

- Katsuki, je t'ai gardé une place, intervint Shoto en lui agrippant le coude pour le tirer vers lui.

- On t'a aussi préparé un plateau, ajouta Tenya en désignant ledit plateau posé sur une table.

- Mais... commença à protester l'un des autres.

Sa protestation fut totalement ignorée par Katsuki qui s'installa à la place désignée par Shoto, soufflant de soulagement d'être débarrassé de ses pots de colle. Son soulagement fut de courte durée, hélas, Shoto et Tenya rivalisant d'attentions à son égard, allant jusqu'à lui couper sa viande et se disputer sur la taille que devait faire la bouchée parfaite. Il péta finalement un plomb quand Tenya lui essuya la bouche comme une mère le ferait avec son gamin.

- Bordel ! Vous me faites tous chier ! rugit-il en se levant d'un bond.

Il quitta d'un pas rageur le réfectoire, sans avoir mangé plus de la moitié de son repas, l'appétit coupé par tout ce cirque. Il piqua un sprint en voyant qu'il était suivi, usant sans vergogne de ses explosions pour aller plus vite et semer ses poursuivants. Il voulait juste la paix !

Il arriva au dortoir et jeta un rapide coup d'œil autour de lui pour s'assurer d'être seul. Promener Mighty lui ferait du bien et le détendrait. A condition que personne ne vienne le faire chier. Ce qui bien sûr n'arriva pas. Il était tranquillement en train de suivre Mighty à travers le petit bois bordant le dortoir, quand il sentit brutalement un truc passer tout près de son oreille.

Surpris, il vit une espèce de toile d'araignée s'écraser sur un tronc d'arbre juste devant lui. Il se retourna immédiatement, cherchant à voir qui voulait l'attaquer, prêt à lancer une explosion dévastatrice. Mighty courut vers lui, se collant à sa jambe en aboyant aussi férocement que possible.

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, sourit un jeune homme. Il y avait une guêpe, elle allait te piquer. Je t'ai protégé !

Katsuki cligna des yeux, choqué. Une guêpe ? Ce type venait d'utiliser son alter pour le protéger d'une guêpe ? Et il en était fier, si Katsuki se fiait à son air. Par acquis de conscience, Katsuki se dirigea vers l'arbre doté d'une sorte de toile d'araignée, sans pour autant tourner le dos au nouveau venu. Il préférait être prudent sur ce coup là. D'un rapide coup d'œil, il identifia l'insecte pris dans la toile. La guêpe n'en n'était pas une... Ce n'était qu'une vulgaire mouche. Juste une putain de mouche.

- Génial ! T'as tué une mouche ! ricana-t-il. Quel héros !

- Oh ? s'étonna le lycéen. Une mouche ? Ah ! J'ai cru que c'était une guêpe ! Tu sais que les piqûres des guêpes peuvent être mortelles ?

- Si on y est allergique, ce qui n'est pas mon cas, contra Katsuki.

- Ben, je pouvais pas le savoir ça, moi, se justifia l'adolescent avec un grand sourire.

Katsuki en avait marre, vraiment, de tout ce bordel. Mais s'il attaquait tous les mecs qui l'abordaient, il ferait un véritable génocide. Et Aizawa aurait sa peau. Il valait donc mieux pour tout le monde qu'il garde un semblant de calme. Un grognement sourd à ses pieds lui donna une idée. Si lui devait garder son calme, rien ne l'empêchait de laisser d'autres perdre leur sang froid.

Se penchant, il caressa Mighty, profitant de la caresse pour détacher discrètement la laisse du harnais. Puis, pointant un index vindicatif vers l'emmerdeur numéro quatre cent trois (pas qu'il ait réellement compté), il lâcha :

- Mighty, attaque !

Le petit chien se précipita en jappant et en grognant sur sa cible, tous crocs dehors. Si la cible en question sembla trouver ça drôle, elle prit bien vite la fuite quand son mollet fut sauvagement pincé par le petit canidé.

Mighty poursuivit le lycéen sur quelques mètres avant d'être rappelé par sa maîtresse qui le félicita chaudement. Tout fier, le Loulou de Poméranie se pavana sous les yeux de la blonde, appréciant autant la douceur de ses mains dans son pelage que le ton chaleureux de sa voix. Il retourna au dortoir, la truffe en l'air et la démarche majestueuse, pressé de raconter son périple à son camarade lagomorphe.

Katsuki s'apprêtait à quitter le dortoir quand la porte s'ouvrit brutalement et qu'Izuku entra en criant :

- Kacchan !

- Quoi encore ? pesta-t-il.

Izuku se précipita vers lui, lui attrapant les épaules et l'examinant attentivement de la tête aux pieds.

- Ça va ? Tu n'as rien ? Je suis désolé, j'ai rien pu faire au réfectoire ! J'ai eu du mal à me débarrasser de Denki et Hanta pour te rejoindre. Tu n'as pas eu de soucis ? On t'a embêté ? Fais du mal ? Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie ? Tu...

- Deku, la ferme ! claqua Katsuki d'un ton autoritaire.

Izuku se tut immédiatement se reculant de quelques pas en constatant qu'il était très près de son ami d'enfance.

- Ils m'ont fait chier, mais à part ça, rien, soupira Katsuki. Y'en a un qui est venu m'emmerder dans les bois, mais Mighty l'a fait fuir. Alors, arrête de t'affoler pour rien ! En plus, je suis capable de me défendre tout seul !

- Je sais, soupira Izuku. Mais je peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour toi.

Ces quelques mots rappelèrent à Katsuki la discussion qu'il avait eu, quelques jours plus tôt, avec Eijiro. Aussi préféra-t-il éluder le sujet en signalant que les cours allaient bientôt reprendre. Il remercia intérieurement Izuku de rester à ses côtés, décourageant toute tentative d'approche de la part d'autres lycéens. Après coiffeur, voilà que Deku lui servait de garde du corps. Décidément, cette situation allait de mal en pis.

A la fin de la journée, Katsuki avait de très sérieuses envies de meurtres en masse. Et il serait sûrement passé à l'acte si Deku n'avait pas été là pour tenir à distance tous ses prétendus prétendants. Il retrouva avec un vif soulagement la quiétude de sa chambre, sûr et certain qu'ici personne ne viendrait le faire chier.

Hélas, mille fois hélas, moins d'une heure suffit pour faire comprendre son erreur à Katsuki. Outre les messages arrivant en masse sur ses réseaux sociaux, ceux-ci popant régulièrement sur son téléphone, il y avait aussi tous les crétins campant sous sa fenêtre et tentant d'attirer son attention. Même en augmentant le son de sa musique à son maximum il entendait les "Katsuki-Chan" hurlés depuis l'extérieur.

Il avait même capté quelques mots du discours d'Izuku ordonnant aux squatteurs de partir et celui moralisateur de Tenya tentant de faire comprendre à ses comparses l'inconvenance de leur comportement. Même Hanta avait fini par s'en mêler, assurant que la petite annonce n'était qu'une blague et que ce n'était plus drôle maintenant. Mais en vain. Blague ou pas, visiblement aucun des étudiants n'étaient décidés à lâcher l'affaire.

Il fallait que ça cesse ! Et très vite ! Et Katsuki avait une idée bien précise de comment faire cesser tout ce cirque. Il lui fallait juste l'accord de Deku et l'autorisation de Nezu. Izuku lui donna son accord, le soutenant totalement dans sa démarche et Nezu accepta sans difficulté son idée. Ce fut ainsi que tout le lycée entendit soudainement une voix rageuse retentir dans son enceinte, via les hauts parleurs prévus pour les annonces générales.

- Bonsoir. Je suis Katsuki Bakugo de la seconde A. Je suis la blonde avec une tresse concernée par la petite annonce publiée ce matin dans le journal du lycée. Cette petite annonce était juste une putain de blague de très mauvais goût. Les rumeurs me disant en couple avec Izuku Midoriya, de la seconde A, sont vraies. Et je ne suis pas une putain de Princesse en détresse ! Donc, le prochain qui vient me faire chier, de quelque manière que ce soit, non seulement je l'émascule mais, en plus, je me servirais de ses couilles comme pendentif ! J'ai l'accord du directeur, Nezu-san, pour ça ! Les tocards qui campent sous ma fenêtre vous avez intérêt à décarrer vite fait, sinon c'est Izuku qui se chargera de vous renvoyer à vos parents en pièces détachées et votre putain de bite servira de jouet à mon chien ! Bonne soirée !

Nezu se retint difficilement de rire au discours de la blonde. Il n'avait jamais donné son accord pour que cette dernière ampute ses camarades d'une partie de leur anatomie, mais il ne doutait pas que la menace serait dissuasive. Katsuki allait quitter la pièce quand Aizawa y entra, saluant d'un signe de tête Nezu. Il invita Katsuki à l'attendre un instant, et se saisit à son tour du micro.

- Bonsoir. Je suis Aizawa, professeur principal de la seconde A. Juste pour vous rappeler que le harcèlement sexuel est un délit qui vous vaudra d'être immédiatement renvoyé de Yuei, de vous fermer toutes possibilités de carrières héroïques, gestionnaires, médicales, d'assistance héroïque et administrative. Elle vous coûtera aussi une amende de 50 000 yens et six mois de prison avec sursis. Bonne soirée.

Même s'il ne l'avouerait jamais à voix haute, Katsuki avait énormément de respect pour son professeur principal. C'était de son humble avis, le meilleur prof qu'on puisse rêver d'avoir. Et le petit discours de ce dernier venait de lui valoir la gratitude éternelle de son élève. Gratitude que Katsuki se força à verbaliser quand il regagna le dortoir sans embûche, escorté par Eraserhead.

- Aizawa-Sensei... Merci, souffla-t-il.

- Si tu as besoin d'aide pour en émasculer un ou deux, dis-le moi, sourit Aizawa avec un sadisme assumé.

Katsuki éclata de rire et entra dans le dortoir, où il se fit un plaisir de faire salement payer à Hanta, Denki et Eijiro leur idée à la con, sous les rires de ses camarades et le regard satisfait d'Izuku.

Il ne prit pas la peine de répondre aux questions sur l'annonce de son couple avec Izuku, laissant à ce dernier le soin de préciser que c'était faux. Katsuki n'avait trouvé que ça comme excuse pour tenir éloigner tout pseudo-prétendant et dissuader toute tentative de drague. Il avait bien évidemment demandé son accord à Deku avant, accord que son ami d'enfance lui avait donné sans la moindre once d'hésitation, comprenant son raisonnement.

Katsuki revenait de la promenade du soir de Mighty, faite en compagnie de Rikido et Koda avec lesquels il avait sympathisé, quand Mina et Toru lui sautèrent dessus pour lui parler. Elles l'entraînèrent dans un coin de la salle, loin des oreilles indiscrètes, et lui parlèrent longuement. Quand Katsuki rejoignit finalement sa chambre, il n'était pas pressé d'être au lendemain. Même si les deux filles avaient eu une idée pas si stupide que ça, il sentait que ça allait les lui briser sévèrement.

A suivre...


Commentaire de l'auteure :

Bon alors, j'ai cherché quelles étaient les sanctions au Japon pour le harcèlement sexuel, mais le résultat n'était pas des plus... réjouissant. Du coup, j'en ai un peu ajouté. Après tout, MHA se passe dans un univers parallèle, ou dans le futur. Donc bon, on peut espérer que ce soit mieux qu'en vrai/actuellement.

Pour info, au Japon, le harcèlement sexuel est puni de 50 000 yens d'amende. S'il a lieu dans le cadre du travail, il peut y avoir des sanctions de la part de l'employeur. Mais sinon, ça s'arrête là. Oh, et histoire que vous ayez bien les glandes, le viol est puni de trois à cinq ans de prison.

Oui, seulement !

Le Japon ne semble pas faire de distinction entre le harcèlement sexuel et une agression sexuelle, incluant dans le harcèlement sexuel les tristement célèbres frotteurs dans les transport en commun (avec donc contact physique).
Ce n'est que depuis 2017 que tout acte de pénétration est considéré comme un viol. Avant c'étaient uniquement les pénétrations vagin/pénis qui étaient considéré comme un viol. Le reste ne l'était pas.

En France, le harcèlement sexuel est un délit, puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende. Selon les circonstances cela peut monter à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Dès qu'il y a contact physique, cela devient une agression sexuelle. C'est un délit puni de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende. Selon les circonstances cela peut aller jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende. Attention, l'agression sexuelle n'inclut pas de pénétration. S'il y a pénétration, c'est considéré comme un viol, quelque soit le type de pénétration.

Le viol est un crime puni de minimum 15 ans de prison, pouvant aller jusqu'à 30 s'il y a des circonstances aggravantes.

Voilà, ce n'était pas indispensable que je vous donne ces infos, mais ça m'a fait plaisir XD.


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Pendant que Lili souffle après l'écriture d'un nouveau chapitre, Katsuki fixe dépité Eijiro qui chante à plein poumons :

- Maître Katsuki, Seigneur, fais un vœu ou deux, j'te prie. Tu veux du rab ? Toi, grand Nabab. Mais oui, je suis ton génie. Je suis ton ami, oh oui ! Je suis ton meil... leur... a... miiiiiii !

A peine Eijiro a-t-il fini sa chanson, qu'Hanta arrive, tenant Mighty à bout de bras au dessus de sa tête :

- C'est l'histoire de la vie ! Le cycle éternel qu'un enfant béni rend immortel ! La ronde infinie, de ce cycle éternel ! C'est l'histoire ! L'histoire de la vie !

Mais avant qu'Hanta ait pu se lancer dans la suite de sa chanson, une musique entraînante retentit, et Denki fait son entrée, dansant de manière saccadée.

Mighty retrouvant la terre ferme, se précipite vers son maître adoré, bousculant Denki au passage, lequel trébuche et s'étale comme une crêpe.

- Il m'a pourri mon groove ! proteste Denki depuis le sol.

- Bien fait pour ta gueule ! rétorque Katsuki en récupérant son toutou. J'me casse. J'en peux plus de vos conneries !

- Je suis sûr qu'il va rejoindre Shrek, souffle Hanta.

- Bah, s'il est Fiona, c'est normal, confirme Eijiro.

- Et Mighty, du coup, c'est l'âne ou le dragon ? demande Denki.

Les trois fées clochettes se fixent longuement, réfléchissant à la question, avant de se tourner vers les lecteurs :

- Vous en pensez quoi vous ? Mighty, c'est l'âne ou le dragon ?


Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 7 : C'est quoi pour toi un vrai baiser ?

- Celui qui a dit que j'étais trop bonne ou celui qui a bavé sur mon cul ?

- Tu veux me demander en mariage, Deku ?

- Ça fait... trois boîtes de capotes !