Amy Keira : suspense, suspense... Voilà, dans quelques secondes tu pourras lire la suite ! Et merci
vert emeraude : en fait ce n'est pas exactement ce que Drago avait en tête, de jouer au justicier volant ;-)
fourmilu : merci beaucoup ! Petit discours mais grand effet ;-)
miss Felton/Malfoy : lol avec un pseudo comme ça on se demande bien qui est ton personnage préféré ! Merci beaucoup, et voilà la suite
just-lulu : Drago a-t-il sauvé Harry ? Réponse dans ce chapitre Mais pour le contact buccal, faudra attendre encore un peu !
émiya : merci ! Fini d'attendre, voici la suite !
La révélation de Drago
Quand il se réveilla, Harry vit d'abord les visages inquiets de Ron et Hermione penché sur lui, puis il reconnut un décor familier. Il était à l'infirmerie. Durant un instant il ne comprit pas ce qui lui était arrivé, puis, furieux, il s'exclama :
"C'est Malefoy qui m'a fait tomber, hein ?"
"Non, pas du tout !" dit Hermione, rassurée de le voir réveillé.
"Il m'a foncé dessus !"
"Il voulait attraper le Vif d'or", expliqua Ron d'un ton amer. "Il était juste au-dessus de toi. D'ailleurs on ne comprenait pas pourquoi tu ne le prenais pas, il te suffisait de tendre le bras. Et puis tu es tombé. Heureusement que tu as glissé de ton balai avant que Malefoy attrape le Vif, comme ça le match va être rejoué."
Harry était soulagé de ne pas avoir perdu le match.
"Bon sang, mais pourquoi je suis tombé ?"
Il vit Ron et Hermione échanger un rapide coup d'oeil.
"Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?"
"Madame Pomfresh pense que...", commença Hermione d'un air angoissé.
"... que tu as été empoisonné !" finit Ron, incapable de se contenir plus longtemps.
"Empoisonné ? Mais par qui ?" demanda Harry, stupéfait.
"Par Malefoy, sûrement", lâcha Ron d'un ton soupçonneux.
Non, impossible. Pas après ce qui s'est passé dans la salle des trophées. À moins que... Se pouvait-il que l'attitude de Malefoy n'ait été qu'une ruse pour le mettre en confiance et mieux l'abattre ensuite ? Harry savait que c'était fort possible, mais au fond de lui il refusait de le croire.
"Non, je ne crois pas", dit-il.
Ron et Hermione haussèrent les sourcils d'un même mouvement.
"Vous avez vu son balai", se hâta de dire Harry. "Il était sans doute sûr de gagner, alors je ne pense pas que l'idée de m'empoisonner lui ait ne serait-ce qu'effleuré l'esprit."
L'explication que Harry venait d'inventer sembla satisfaire ses amis, qui hochèrent la tête d'un air songeur.
"Mais alors, qui ?" interrogea Ron d'un ton dramatique qui fit sourire Harry.
À ce moment Parvati et Lavande entrèrent dans l'infirmerie. Harry fut surpris, car Parvati ne lui adressait plus jamais la parole.
"Comment ça va ?" demanda-t-elle, visiblement inquiète.
"Bien", assura Harry.
"Vous croyez qu'on entre ici comme dans un moulin ?" lança Madame Pomfresh depuis son bureau. "Pas plus de deux visiteurs à la fois !"
"On va y aller, Ron", dit doucement Hermione, pleine de délicatesse.
"Non, pas la peine", fit Parvati. "On était juste venues s'assurer que tout allait bien."
Lavande renifla bruyamment - apparemment elle n'avait toujours pas pardonné à Harry d'avoir quitté Parvati - et les deux filles sortirent. Ron regarda d'un air suspicieux la porte qui venait de se refermer.
"Tu crois que... Parvati... ?"
"Oh non, je ne pense pas", répondit vivement Harry. "Ça fait longtemps qu'elle ne m'a plus joué de sale tour, elle n'avait aucune raison de le faire aujourd'hui. Et à plus forte raison le jour du match contre Serpentard."
"À moins qu'elle n'ait été payée par un Serpentard", plaisanta Ron.
Harry pouffa, mais Hermione avait l'air songeur.
"Qu'est-ce qu'il y a, Hermione ?" demanda-t-il.
"Rien, rien", répondit précipitamment celle-ci.
Madame Pomfresh s'approcha alors du lit de Harry avec un grand flacon de potion verte et se tourna vers Ron et Hermione.
"Allez-vous-en", les réprimanda-t-elle gentiment. "Il faut laisser le blessé se reposer. D'ailleurs, que diriez-vous de vous installer définitivement ici ?" ajouta-t-elle à l'intention de Harry. "Ça éviterait les allers-retours incessants."
Harry passa le reste de l'après-midi à se demander si Malefoy avait effectivement pu l'empoisonner. Il était pratiquement certain que non. Mais après tout, ce n'était pas un Serpentard pour rien, on pouvait s'attendre à tout de sa part. Après avoir longuement tergiversé, ayant finalement décidé que non, Malefoy ne pouvait pas être coupable, Harry se demanda alors qui pouvait bien avoir voulu le faire tomber. Un Serpentard, à n'en pas douter ; il ne se connaissait pas d'autres ennemis. Peut-être la fille aux cheveux auburn que Malefoy avait un temps convoitée ? À ce souvenir le coeur de Harry se serra.
Pour le dîner Madame Pomfresh lui donna un bol de soupe à la laitue, et Ron et Hermione vinrent lui rendre une petite visite après manger. Il leur fut reconnaissant de lui apporter une part de tarte à la mélasse, qu'il cacha dans le tiroir de sa table dechevet jusqu'à ce que la nuit lui permette de la manger sans encourir les foudres de l'infirmière. Ses amis ne purent pas rester longtemps et Harry, épuisé, s'endormit sans même goûter à son gâteau.
Il rêva de Quidditch, puis de Hagrid et Ute qui mangeaient sa tarte en se moquant de lui. Ce dernier rêve le réveilla ; il s'assit dans son lit, vérifia dans le tiroir que la pâtisserie était toujours là, puis se rallongea mais n'eut pas la force de s'emmitoufler à nouveau dans les couvertures. Quelques heures plus tard, son sommeil fut troublé par un bruit étouffé. Il sentit que quelqu'un remontait les couvertures sur lui et une douce chaleur l'enveloppa. Il ouvrit à demi les yeux et à la lueur d'un rayon de lune il vit, très floue car il n'avait pas ses lunettes, une silhouette blonde qui quittait l'infirmerie.
Un sourire aux lèvres, il se rendormit.
Harry se leva le lendemain pour aller déjeuner dans la Grande Salle. Il rejoignit Ron et Hermione qui parurent soulagés de le voir à nouveau sur pied. Il jeta un oeil vers la table des Serpentard, mais Malefoy n'était pas encore arrivé.
"Alors Harry, tu as une idée de la personne qui aurait pu t'empoisonner ?" demanda aussitôt Hermione.
"Aucune", soupira Harry.
Ils étaient en train d'émettre toutes sortes d'hypothèses quand un hibou grand-duc de l'école lâcha un parchemin dans l'assiette de Harry. Celui-ci ouvrit la lettre, parcourut puis la passa à Ron et Hermione qui la lurent ensemble. Il s'agissait d'un mot griffonné à la hâte par Hagrid.
Ute est malade, on dirait qu'elle a la même chose qu'Hedwige. Venez me voir après le déjeuner.
Hagrid
"Hutte ? Qui c'est, ça, Hutte ?" demanda Ron.
Hermione lui lança un regard consterné.
"Le Runespoor", fit-elle.
"Ah, Outeuh ? Je ne savais pas que ça s'écrivait comme ça."
Hermione ne dit rien mais pinça les lèvres - pouffant intérieurement, Harry comprit que cela voulait dire « Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas ».
"Il sait peut-être ce qu'a Hedwige, dans ce cas !" s'exclama joyeusement Ron.
"Je l'espère", dit Harry en reposant son verre. "Euh... ça ne vous dérange pas si... ?"
"Non bien sûr. On y va tout de suite."
Harry marchait si vite en direction de la cabane de Hagrid qu'Hermione devait trottiner pour rester à sa hauteur. Hagrid leur ouvrit la porte avant qu'ils n'aient eu le temps de frapper.
"Vous avez fait vite", remarqua-t-il.
Hedwige était toujours à la même place, mais elle surveillait d'un oeil méfiant le serpent à trois têtes installé à l'autre bout de la pièce. Ute était allongée dans un coin, les yeux fermés, et respirait faiblement.
"Venez voir", appela Hagrid en s'agenouillant près du serpent.
"Sans façon", fit Ron en reculant d'un pas.
"J'ai enlevé tous ses crochets, cette fois."
Hermione s'approcha doucement de Hagrid. Le serpent ne réagit pas.
"Oui, elle est dans le même état qu'Hedwige", conclut-elle après l'avoir examiné d'un peu plus près.
Harry, qui caressait sa chouette, demanda à Hagrid s'il avait une idée de ce que ça pouvait être.
"Non", soupira le garde-chasse. "C'est la première fois que je vois ça."
Hermione alla s'asseoir à l'immense table de bois sur laquelle était posée une plante. Elle se mit machinalement à nettoyer la plante de ses feuilles desséchées en les arrachant. Soudain son visage s'éclaira.
"Par la barbe de Merlin, mais c'est bien sûr ! Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Hagrid, cette plante c'est bien une Roncière Ecarlate ?"
"Oui, je l'ai achetée à Pré-au-lard, j'ai trouvé ses fleurs jolies."
"Vous ne l'avez pas montrée au professeur Chourave ?"
"Non", répondit Hagrid, soudain inquiet. "J'aurais dû ?"
"Il y a un mois Neville m'a prêté un livre de botanique puisque je n'avais plus rien à lire, et je me souviens parfaitement de cette plante. Le vendeur a dû oublier de vous dire qu'elle contient des petits parasites qui émettent des substances nocives pour les animaux."
"Oh", fit Hagrid en comprenant où Hermione voulait en venir.
"Cette plante n'était pas là le jour où nous vous avons amené Hedwige ?" demanda Hermione.
"Non, je l'ai achetée le lundi suivant... ah oui, c'est ce jour là qu'Hedwige a rechuté !"
"Et depuis quand Ute est-elle malade ?"
"Eh bien... ça a commencé quand je l'ai installée ici. Je voulais la cacher", expliqua-t-il précipitamment, "car j'ai cru comprendre que le ministère considérait les Runespoors trop dangereux pour être étudiés en sixième année."
Sur ces dernières paroles il leva les yeux au ciel en secouant la tête de gauche à droite pour bien signifier à ses invités ce qu'il pensait de la classification du ministère.
"Donc elle est tombée malade dès qu'elle a posé le pied... enfin dès qu'elle est entrée ici !" conclut Ron d'un ton triomphal.
"C'est ça", fit Hagrid.
"Mais, attendez...", intervint Harry d'un air songeur. "Et Crockdur ? Il est en pleine forme !"
En effet, le gros chien n'avait cessé de sauter autour de la table depuis qu'ils étaient arrivés.
"Je l'ai immunisé contre toutes les maladies dès que je l'ai eu", expliqua Hagrid. "Avec toutes les saletés que peuvent transporter les bestioles qu'on étudie dans cette école... On n'est jamais trop prudent."
"Mais pourquoi Hedwige était-elle malade, le jour où je vous l'ai amenée ?"
"Je suppose que j'avais vu juste dès le début... Elle devait faire un peu de dépression", dit Hagrid après réflexion. "Mais elle était guérie, jusqu'à ce que j'apporte cette satanée plante !" ajouta-t-il d'un ton rageur à l'adresse de la Roncière Ecarlate.
"Donc pour qu'elle aille mieux à présent il suffit de la faire sortir de cette pièce", lança joyeusement Hermione.
"Oui, et Harry", dit Hagrid d'un ton faussement menaçant, "je voudrais que tu montres un peu plus à ta chouette que tu l'aimes ! Je ne veux pas la revoir dans cet état !"
Harry promit et installa Hedwige sur son bras. Quand les trois amis quittèrent Hagrid celui-ci alla enterrer la plante dans son potager.
"J'espère au moins que tu feras un bon engrais !" l'entendirent-ils maugréer tandis qu'ils s'éloignaient.
Harry était tout heureux de voir qu'à peine était-elle sortie de chez Hagrid, Hedwige commençait déjà à reprendre du poil de la bête. Elle hululait gaiement et Harry, Ron et Hermione rentrèrent au château d'un pas léger, sans se douter que quelqu'un les observait depuis la volière.
Drago, Arnold sur l'épaule, regardait Potter, Weasley et la Sang-de-Bourbe, et un vif sentiment de jalousie l'étreignait. Il n'avait pas d'amis comme ça, lui. Tout ce qu'il avait c'était des imbéciles trop heureux qu'il puisse penser à leur place. Les mâchoires serrées il observa le petit groupe remonter vers le château. Il eut soudain envie de parler avec Potter. Il avait trouvé agréable de discuter avec lui lors de sa deuxième retenue. C'était un peu comme avoir un ami – du moins Drago le supposait-il, car il n'en avait jamais eu de véritable. Tout le monde le prenait pour un petit coq arrogant, mais ce que personne ne savait, c'est qu'il adoptait cette attitude pour se protéger – en fait, il était seul, tout simplement. Et quand Potter était venu le voir ce lundi-là, il avait senti que quelqu'un, pour une fois, avait besoin de lui. Il avait senti qu'il comptait pour quelqu'un.
Mais Potter accepterait-il son amitié ? Il en doutait fort : depuis leur première année il n'avait cessé de le tyranniser et d'insulter ses amis.
"Qu'en penses-tu, Arnold ?"
Le hibou hulula doucement et lui mordilla l'oreille.
"Il va sûrement amener sa chouette ici. Je pourrais l'attendre et lui parler... Non, Weasley et Granger viendront aussi. Tant pis, on verra une autre fois."
Il se dépêcha de descendre en empruntant des couloirs dérobés pour ne pas tomber sur le trio de Gryffondor.
La salle commune était déserte, à l'exception de Nott qui faisait des mots croisés près de la cheminée. Drago s'apprêtait à se rendre directement dans sa chambre quand Nott l'interpella :
"Tout va comme tu veux, Drag ?"
Drago haussa un sourcil.
"Drag ?" répéta-t-il en s'approchant de Nott.
"Tu n'aimes pas ? Tu peux m'appeler Théo si tu veux."
"Sans façon", lâcha Drago en se laissant tomber dans le fauteuil voisin.
"Capitale de l'Ouganda en sept lettres ?" demanda Nott en fronçant les sourcils.
"Kampala",répondit Drago, qui se massait les tempes en contemplant l'âtre de la cheminée.
Nott poussa un sifflement admiratif et inscrivit la réponse.
Tiens, et si tu lui parlais de ce qui te tracasse ? demanda une petite voix dans la tête de Drago. Ça ne coûte rien d'essayer.
"Nott ? Tu crois que c'est possible de... de détester quelqu'un du plus profond de ton âme..."
"Bien sûr", interrompit Nott. "C'est ce que j'éprouve envers la moitié des élèves de cette fichue école."
"Laisse-moi finir", fit sèchement Drago. "De détester quelqu'un, donc, et finalement d'avoir envie de devenir ami avec cette personne ?"
Nott lui jeta un regard incrédule.
"Non, je ne crois pas."
Drago hocha la tête et Nott reprit son journal. Plusieurs minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que Nott reprenne la parole :
"Quoique... maintenant que tu le dis... Quand j'étais petit mes grands-parents ont obligé mes parents à m'envoyer dans une école primaire de Moldus, et là il y avait une fille que je détestais. Elle connaissait tout et elle le faisait savoir – un peu comme Granger, tu vois ?"
À ce souvenir qui paraissait particulièrement douloureux il ferma les yeux en grimaçant. Drago attendit qu'il reprenne son histoire.
"Je la haïssais. Dès que je le pouvais, je la faisais tomber, et ça me faisait bien rire. Et puis un jour elle s'est approchée de moi et elle - hum - m'a embrassé sur la joue. Ça m'a fait tout drôle - ne ris pas - et alors j'ai eu envie de l'embrasser à mon tour. Que ça reste entre nous, mais je crois qu'en fait si je la martyrisais tant, c'est parce que j'étais amreudel."
"Tu étais quoi ?"
"Amoureux d'elle", répéta Nott en chuchotant - manifestement ce mot lui était difficile à prononcer.
Drago n'éclata pas de rire, à la grande surprise de Nott, mais il se redressa, l'air choqué.
"Non ?" fit-il.
Nott hocha gravement la tête.
"Si ?"
Drago se renfonça dans son fauteuil et se remit à contempler le feu, abasourdi.
"Non ?" fit-il à nouveau après un silence d'une dizaine de minutes.
"Tu sais, je crois que si on hait quelqu'un, c'est parce qu'en fait ce qu'on éprouve réellement pour cette personne nous fait peur."
"Je ne te savais pas si plein de sagesse", fit Drago, sarcastique.
"Que veux-tu, tu es bon en géographie, moi je suis bon en sentiments. Alors qui c'est cette fille ?"
"Quelle fille ?"
"Celle que tu détestes, soi-disant."
"Personne", grommela Drago.
"Allez, tu peux me le dire à moi. Ça restera entre nous, juré."
"Je te dis que ce n'est personne !" s'emporta Drago.
"Bon, bon...", capitula Nott.
Puis, désirant visiblement changer de sujet il s'exclama :
"Quel dommage que Potter ne se soit rien cassé en tombant !À chaque fois le vieux fou est là pour lui sauver la mise..."
Drago se revit foncer vers le Vif d'or, puis il revit Potter tomber de son balai - Drago avait essayé de le rattraper, par réflexe, mais sans succès, et Dumbledore avait une fois de plus fait léviter Potter jusqu'au sol.
"J'ai eu peur quand il est tombé", dit-il distraitement.
"Quoi ?" s'étouffa Nott.
Drago ne s'était pas aperçu qu'il avait parlé à voix haute.
"Hein ? Euh, j'ai eu peur parce que j'ai cru qu'il allait me tomber dessus, et qu'on allait tous les deux finir à l'infirmerie."
"Ah d'accord, je comprends mieux. Pendant un moment j'ai cru que tu avais eu peur qu'il se fasse mal !"
Il éclata de rire et Drago se força à l'imiter.
Puis il se leva et alla s'allonger sur son lit. Il devait réfléchir à ce que venait de lui faire comprendre Nott.
