Bon, je n'avais pas très envie de poster ce chapitre- j'espère que vous n'allez pas le trouver trop tordu...- mais en tout cas, courage ! Ce n'est qu'un mauvais moment à passer ;-)

Llily.B : Ah ça ferait un débat intéressant, ça : "pourquoi y a des gens qui ne nous aiment pas ?" lol. Hé oui maintenant on connaît la signification des couleurs de la Bouldenert... je n'avais pas oublié ! Je n'oublie jamais rien ! En tout cas merci pour tes reviews, j'espère que la suite te plaira !

Anize B : Tant mieux si je garde ton intérêt, j'espère ne pas le perdre de sitôt lol ! Mais ne t'en fais pas, mine de rien ça avance...

Amy Keira : Merci beaucoup ! J'espère que tu aimeras également la suite des aventures de Harry P. et Drago M. dans les affres de l'amour ! ;-)

just-lulu : Héhéhé, tu peux toujours essayer de filer ton mot de passe à Drago, on ne sait jamais ça pourrait l'intéresser :-D Au fait, je suis née dans la même ville qu'Erwann Menthéour... ('sifflotement innocent')

vert emeraude : Ta première proposition (la nuit d'amour torride) était bien tentante... mais désolée, c'est pas ça ! J'espère que tu ne m'en voudras pas trop ;-)

drago malefoy 12 : Merci beaucoup, c'est très gentil ! Si tu es un garçon, je crois que tu es le seul lol ! Mon public s'élargit ! ;-)

neehross : Allons allons, ne va pas te gâcher la santé à cause de moi ! Tu as mis une demi-journée à lire ma fic, mais j'espère quand même que tu as pris le temps de manger ! Un sac vide ne tient pas debout, comme on dit chez moi ;-) En tout cas je suis contente que ça te plaise, et j'espère que tu ne seras pas déçu(e) !

fourmilu : La voilà, la suite ! Pas la peine de s'énerver, lol !

Pour tous ceux qui ont commencé récemment à lire cette fic, chapeau bas! Parce que pour lire une vingtaine de chapitres d'un coup, il faut bien du courage. Que je n'ai pas. Malheureusement.


Le plan

Le lendemain matin, au petit-déjeuner, la nouvelle était sur toutes les lèvres. Drago Malefoy avait forcé l'un de ses coéquipiers à se dénoncer à propos de la chute de Harry Potter.

Lorsque l'information parvint aux oreilles de Harry celui-ci ne put masquer sa stupéfaction. Mais à son étonnement se mêlait de la joie : Malefoy avait trahi sa maison pour lui. La Bouldenert ne se trompait pas. Il essaya de repérer Malefoy dans la salle mais constata avec déception qu'il n'était nulle part en vue. En revanche, tous les camarades de sa maison étaient bien là, l'air atterré : de mémoire de Serpentard, on n'avait jamais vu un élève en dénoncer un autre pour malhonnêteté.

"Qui l'eût cru ?" s'exclama Hermione.

Ron non plus n'en revenait pas. Mais Harry savait pourquoi Malefoy avait agi de la sorte.

"Pourquoi est-ce que tu souris comme un imbécile ?" lui demanda Ron, inquiet.

"Je ne souris pas", affirma Harry en baissant la tête pour dissimuler sa mine réjouie.

Il savait que Malefoy l'aimait, et il venait d'en avoir la preuve.

Malefoy était amoureux de lui, c'était une chose. Mais lui, aimait-il Malefoy ?

Il se rappelait s'être posé cette même question à peine deux semaines auparavant, et il se rappelait aussi n'avoir pas voulu connaître la réponse. Il avait délibérément évité d'y penser, se concentrant sur tout le reste. Mais à présent il devait ... Quoi ? Je ne dois rien du tout. Je ne lui ai rien demandé, je ne vais quand même pas tomber amoureux de lui juste pour lui faire plaisir.

Mais une chose l'intriguait. Quand il s'était senti si désemparé, face à la maladie d'Hedwige, qui était-il spontanément allé trouver... ?

Il y avait forcément une raison à cela. Oui, et cette raison c'est que finalement Malefoy n'est pas si horrible que ça.

Harry ne fut pas surpris de s'apercevoir que cette explication ne lui convenait qu'à moitié : il n'avait pas oublié que le seul sourire de Malefoy, ce même soir, avait suffi à réchauffer son être tout entier. Oui, mais cela ne suffit pas pour être amoureux de quelqu'un, se dit Harry. Quand il avait dit à Parvati qu'il ne se sentait pas prêt à poursuivre leur relation, il était sincère. Il avait l'impression ne pas être assez mûr pour l'amour. Finalement il prit une décision.

Il ne savait pas s'il était amoureux de Malefoy, mais au lieu de s'entêter à le découvrir, il allait attendre que la réponse s'impose d'elle-même. Ainsi, quand viendrait ce moment, il n'aurait plus aucun doute.

En attendant, il ne devait surtout pas donner de faux espoir à Malefoy. S'il devait découvrir par la suite qu'il n'éprouvait pour le Serpentard que de la sympathie, il ne voulait en aucun cas le faire souffrir.


À la fin des cours, Drago se rendit directement dans son dortoir. La mort dans l'âme, il s'effondra sur son lit. Potter n'avait pas posé les yeux sur lui de toute la journée. Pas même un petit sourire pour me remercier d'avoir découvert qui l'avait fait tomber pendant le match.

Il en était sûr à présent, Potter n'éprouvait rien pour lui. Il ne le détestait plus, mais cela s'arrêtait là. Drago s'en était douté ; mais il n'avait pu s'empêcher d'espérer que contre toute attente, ses sentiments seraient partagés. Il avait été bien naïf.

Mais il devait réagir. Si Potter ne l'avait pas regardé une seule fois, Drago en revanche avait eu du mal à détacher les yeux du visage noble du garçon qui lui faisait face en cours de sortilèges ; et il avait l'impression que Sarah avait remarqué son manège, ainsi que peut-être Pansy - il n'en était pas sûr, elle le dévisageait peut-être simplement parce qu'il lui manquait - et Nott. S'il ne faisait pas plus attention, s'il n'était pas plus discret, il se retrouvait banni des Serpentard. Il était déjà allé dénoncer un de ses camarades, et l'ambiance dans la salle commune quand il était présent lui rappelait que son geste était resté en travers de la gorge à plusieurs élèves de sa maison. Mais si en plus il commençait à montrer des signes d'intérêt pour un Gryffondor... !

De toute façon, je n'aurai plus besoin d'être discret. Je ne regarderai plus jamais ne serait-ce que dans sa direction. Il ne le mérite pas. Drago était déçu et dégoûté à la fois. Il n'avait jamais ressenti pour personne - pas même Sarah - ce qu'il éprouvait pour Potter, et il avait été rejeté. Pas directement, mais c'était tout comme. Et même pire. Il ne supportait pas d'être ignoré.

Mais de toute manière, cela n'avait plus d'importance. Il allait attendre, et même si cela devait prendre du temps, un jour il n'aimerait plus Potter. Et tout irait pour le mieux.

Drago n'avait pas envie de monter dîner avec les autres, pas envie de voir Potter rire alors que lui était si malheureux, pas envie de voir ceux qui avaient la chance d'être à ses côtés. Ses yeux se mirent à le piquer. Il les essuya vivement avant que la première larme ne roule sur sa joue. Pleurer, ça ne servait à rien.

Avec un soupir si profond qu'un géant ne l'aurait pas renié, Drago enfouit la tête dans son oreiller pour se couper du monde et ne plus entendre les voix en provenance de la salle commune. Quand il ne parvint plus à respirer il se rallongea sur le dos, tendit l'oreille et conclut du silence que tout le monde était parti manger. Il essayait de toutes ses forces de dormir, pour essayer de penser à autre chose qu'à Potter, mais l'image du jeune garçon ne cessait de s'imposer à son esprit. Son estomac se serra jusqu'à lui faire mal et ses yeux s'embuèrent à nouveau. Trop las pour faire un geste, Drago laissa les larmes couler.

Vingt minutes plus tard il se sentait plus calme. Ça ne servait peut-être à rien de pleurer, mais ça soulageait.

"Drago ! Drago ! Réveille-toi !"

La voix était familière. Potter avait peut-être réalisé son erreur, et il était venu le voir... Drago ouvrit les yeux avec effort et les frotta vigoureusement pour s'éclaircir la vue.

"Ah c'est toi, Crabbe."

"Je t'ai apporté du pain et du jambon à l'os, comme tu n'es pas venu manger."

Crabbe avait tous les défauts requis pour faire un bon Serpentard, mais s'il y avait un sentiment qu'il n'éprouvait jamais, c'était bien la rancune.

Il déposa aussi délicatement que possible les victuailles sur la table de nuit de Drago, qui lui adressa un sourire reconnaissant.

"Merci Crabbe", dit simplement ce dernier.

"Pas de quoi", répondit Crabbe avec un grand sourire avant de se diriger vers la porte pour laisser son camarade manger tranquillement.

"Crabbe", le rappela Drago.

Le garçon se retourna, l'air surpris, et revint vers le lit, un peu gauche.

"Hier... je... Enfin, tu n'es pas renvoyé de l'équipe."

"Vrai ?"

"Vrai. Je me suis emporté parce que j'étais un peu fatigué, je ne pensais pas ce que j'ai dit."

"C'est vrai", dit Crabbe d'un ton soucieux, "que tu as l'air fatigué ces temps-ci. Tu as les yeux tout rouges. Je crois que tu travailles trop."

Drago eut un petit rire mais ne dit rien.

"Mais je ne veux plus de ça dans mon équipe", l'avertit-il.

"De ça quoi ?"

"De triche", s'impatienta Drago. "Il faut à tout prix qu'on gagne à la loyale cette année. J'en ai assez de cette réputation qui nous précède partout."

"D'accord", dit Crabbe sans paraître comprendre. "Mais je reviens dans l'équipe ?"

"Tu ne l'as jamais quittée", fit Drago avec un sourire encourageant.

"Merci Drago ! Tu es vraiment le meilleur !"

Radieux, Crabbe donna une bourrade amicale à Drago, dont la tête, sous le choc, alla heurter le montant du lit. Horrifié, Crabbe recula vivement, craignant des représailles.

"Excuse-moi !"

Drago ne fit aucun commentaire mais Crabbe comprit à son regard qu'il valait mieux déguerpir avant que son capitaine ne change d'avis.


Harry n'avait toujours pas trouvé la réponse à sa question, mais il souffrait de ne plus voir Malefoy. Il se forçait à ne pas le regarder pour ne pas que ce dernier se fasse d'illusions, mais cela lui était pénible.

Avant de faire cette découverte avec la Bouldenert, Harry n'aimait rien tant que contempler le Serpentard quand celui-ci croyait que personne ne le regardait.

Quand il savait qu'on s'intéressait à lui, il prenait toujours l'air arrogant qui lui était familier, mais quand il se croyait à l'abri des yeux indiscrets, le naturel revenait : il avait l'air... vulnérable. D'ailleurs, ne serait-ce que quelques mois plus tôt, Harry aurait cru que l'arrogance était une attitude innée chez le garçon, et la vulnérabilité une façade. Mais c'était tout l'inverse. Étonnant comme on peut se tromper sur les gens, se disait Harry. Ou plutôt, comme les gens réussissent à nous tromper.

Il fallait faire quelque chose. Cela faisait une semaine qu'il s'empêchait de voir Malefoy, et ça commençait à devenir presque douloureux. Il devait arranger cette situation. Pas question de révéler à Malefoy qu'il savait que ce dernier était amoureux de lui - il ne voulait pas le pousser dans ses derniers retranchements - mais il pouvait au moins lui proposer de devenir son ami.

Harry se sentait beaucoup plus sûr de lui à présent : Malefoy ne risquait pas de rejeter sa proposition. Mais il préférait attendre encore un peu ; après tout, ce n'était pas une décision à prendre à la légère. Si Malefoy et lui devenaient amis, beaucoup de choses seraient bouleversées.


De son côté, Drago avait de plus en plus de mal à s'endormir le soir. Il brûlait de l'envie d'aller voir Potter, de tout lui dire de but en blanc - quel soulagement ce serait ! - mais la perspective de voir le Gryffondor lui rire au nez lui interdisait de faire quoi que ce soit.

Dans la journée il avait d'autres problèmes en tête, mais quand venait la nuit et qu'il se retrouvait seul dans son lit, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que Potter faisait au même moment, avec qui il parlait, quel livre il lisait...

Et, un soir, l'envie de se rendre dans le dortoir des Gryffondor le reprit subitement. Ne sois pas bête, se sermonna-t-il. Inutile de te faire encore plus de mal. Il fallait être raisonnable, il le savait. Il avait commencé à s'attacher à ce garçon brun un peu gauche, mais il devait y remédier au plus vite.

Moins il aurait de contacts avec Potter, moins il se bercerait d'illusions, et moins il souffrirait par la suite. Voilà tout.

Mais, sentant à nouveau ses yeux se remplir de larmes - lui qui n'avait jamais pleuré de sa vie, il ne s'arrêtait plus ces temps-ci - il s'assit et s'adossa à son oreiller. Au diable la raison, se dit-il. J'irai le voir, et tant pis si je dois le regretter ensuite. Au moins, j'aurais été heureux pendant un moment, si court fût-il.

Même s'il avait décidé de ne plus y repenser, son plan pour découvrir le mot de passe de la tour des Gryffondoravait ététout tracé depuis son dernier échec. Il lui suffisait de peaufiner quelques détails. Cela ne lui prit que dix minutes, et c'est le sourire aux lèvres qu'il trouva enfin le sommeil.


Harry aimait et redoutait à la fois les cours communs avec les Serpentard. Il aimait sentir la présence de Malefoy, il aimait regarder la vitre d'une fenêtre et voir dans son reflet les yeux de Malefoy fixés sur lui - quoique, cela arrivait moins souvent à présent, il se demandait bien pourquoi - mais il les redoutait car justement il ne pouvait plus contempler ouvertement les traits fins du Serpentard et y surprendre les traces d'une humanité dont il n'aurait même pas soupçonné l'existence quelques mois auparavant.

Ce vendredi-là, le professeur McGonagall venait de l'informer que le match de Quidditch qui avait dû être reporté aurait finalement lieu le samedi de la semaine suivante. En s'installant à côté de Ron pour le cours de sortilèges, il se demandait s'il valait mieux arranger le rendez-vous avec Malefoy avant ou après le match. Pour la première fois de sa vie, il était dans l'impossibilité de demander conseil à ses amis. S'il avait révélé à Ron qu'il désirait devenir ami avec Malefoy, Ron aurait tout d'abord éclaté de rire, puis il n'aurait plus rien dit, choqué, et ne s'en serait probablement jamais remis.

Quant à Hermione... Elle était plus raisonnable que Ron et aurait probablement compris, mais elle avait tellement souffert de l'attitude de Malefoy depuis leur première année que sa peine aurait gâché tout l'enthousiasme de Harry.

"Harry !" l'appela quelqu'un.

C'était Neville, dans la rangée voisine. Harry se tourna vers lui, et aperçut Malefoy assis juste derrière le pauvre Neville, qui avait l'air préoccupé. Il n'eut pas le temps d'éviter le regard du Serpentard ; leurs yeux s'accrochèrent un instant, mais Harry détourna vivement les siens.

"Est-ce que je pourrai te parler à la fin du cours ?" demanda Neville.

"Bien sûr."

Il se retourna vivement vers sa table mais continua à sentir le regard de Malefoy fixé sur lui jusqu'à ce que le professeur Flitwick prenne la parole. Un peu honteux, il s'aperçut qu'il en ressentait du plaisir.

Le cours se déroulait normalement mais dix minutes avant la fin un petit cri perçant, bien qu'étouffé, arracha les élèves à leur silence studieux : une bouteille d'encre venait de se renverser sur la cravate de Neville. Celui-ci paraissait incapable d'expliquer comment cela avait pu se produire.

Quand le professeur Flitwick annonça la fin de la leçon Hermione s'approcha de Neville pour lui conseiller d'aller changer de cravate.

"Le professeur Bondupois n'apprécie pas les tenues négligées."

"Tu veux que je vienne avec toi, Neville ?" proposa gentiment Harry. "En chemin tu pourras me parler de ce que tu as à me dire."

"Non, merci Harry. Je ne veux pas que tu sois en retard à cause de moi. Je te le dirai après, ce n'est pas urgent", répondit Neville, confus.

"Je préviendrai Bondupois que tu seras un peu en retard."

"Merci. Je ne serai pas long."

Un peu déboussolé, Neville partit dans la direction opposée à celle de ses camarades pour se rendre à la tour des Gryffondor.


Drago attendit que tous les élèves eurent quitté la salle, et il emboîta le pas à Neville Londubat qui venait de disparaître au bout du couloir. Il maîtrisait le sortilège de lévitation à la perfection, à présent : il n'avait eu aucun mal à renverser la bouteille d'encre de cet imbécile sur sa cravate.

Il pressa le pas pour le rattraper mais laissa le Gryffondor conserver une avance respectable pour ne pas éveiller les soupçons. Il regrettait de ne pas pouvoir suivre Londubat jusqu'à sa salle commune, mais si quelqu'un le voyait dans cette partie du château il risquait de faire l'objet de questions gênantes. Il serait en retard en potions, mais il savait que le professeur Rogue ne lui dirait rien.

Il s'arrêta dans un couloir du deuxième étage après s'être assuré que Londubat serait obligé de repasser par là pour se rendre en cours de défense contre les forces du mal. Vérifiant qu'il n'y avait personne alentour, il se mit à appeler à voix basse :

"Baron !"

Rien ne se passa.

"Baron !" répéta-t-il plus fort.

À la troisième tentative il sentit un courant d'air, et le fantôme de Serpentard se matérialisa à ses côtés.

"Bonjour Baron", fit-il aimablement. "Comment allez-vous ?"

Puis, sans attendre la réponse, il demanda :

"Pensez-vous qu'il vous serait possible de convaincre Peeves de venir immédiatement ici pour... disons, décrocher ce portrait d'Agathe la Tordue ?" demanda-t-il en faisant un geste vers une sorcière bossue à l'air un peu ahuri.

Le Baron Sanglant haussa un sourcil interrogateur mais répondit simplement :

"Certainement."

Il disparut aussitôt, laissant seul au milieu du couloir un Drago sur les charbons ardents qui cherchait désespérément un endroit où se cacher.

Il avisa une statue représentant une sorcière borgne et essaya tant bien que mal de se faire tout petit derrière. Ce n'était pas un franc succès, mais de toute manière, si tout se passait comme prévu, personne ne ferait vraiment attention à ce qui se passait autour d'eux.

Après un moment qui lui parut interminable, Peeves apparut enfin près du mur auquel était accroché le portrait. Il s'empara aussitôt du tableau, qui faisait deux fois sa taille, et lança :

"Et maintenant ?"

Une voix caverneuse, celle du Baron Sanglant, se fit entendre :

"Fais-le tomber."

Peeves s'exécuta tandis qu'Agathe la Tordue s'égosillait. Le tableau fit un tel vacarme en heurtant le sol, à cause de son cadre en métal, que Rusard arriva encore plus vite que Drago ne l'avait espéré.

"Peeves ! J'en ai assez de toi ! Je vais aller voir le directeur, et cette fois il ne pourra pas refuser de t'expulser !" hurla le concierge dont le visage avait pris une belle teinte violette et dont les bajoues frémissaient encore plus que de coutume.

Dépêche-toi, abruti, implora silencieusement Drago.

Rusard remit le portrait à sa place et s'apprêtait à s'en aller quand - enfin ! - la silhouette de Londubat se profila au bout du couloir. Rusard s'arrêta net et regarda passer le Gryffondor, le regard plus suspicieux que jamais. Londubat n'en menait pas large, et quand il fut arrivé à quelques mètres de la statue de sorcière Drago brandit sa baguette et murmura :

"Brecchi."

La fenêtre à la gauche de Londubat explosa littéralement.

"Quoi ?" s'étouffa Rusard.

Londubat avait fait un bond d'une vingtaine de centimètres en arrière, mais cela ne sembla pas convaincre le concierge de son innocence, car après cinq minutes de hurlements et de postillons non interrompus il lança :

"Ce soir, huit heures, dans le cachot numéro quatre ! Vous allez me récurer les murs, et je peux vous garantir que ne partirez pas avant que je me puisse me voir dans les pierres !"

Londubat, toujours sous le coup de l'émotion, était trop choqué pour répondre quoi que ce soit, et ce ne fut que quand Rusard eût disparu dans une salle qu'il se mit en route pour le cours du professeur Bondupois.

Huit heures, cachot numéro quatre, nota mentalement Drago. Parfait. Le cachot numéro quatre était voisin de la salle commune des Serpentard. Si l'on se fiait à la promesse de Rusard, Londubat n'aurait guère fini avant minuit. Il suffirait à Drago d'aller jeter un oeil dans la salle toutes les dix minutes passé cette heure.

Si tout allait bien, ce soir il entrerait en possession du sésame qui lui permettrait d'assouvir son désir de regarder Potter à l'envi. Il réalisa soudain que jamais il ne s'était donné autant de mal pour quelqu'un. J'espère qu'il en vaut la peine.

Au fond de lui, il savait que oui. Le coeur plus léger, il descendit au cachot numéro trois, et eut pour le reste de la journée un sourire aux lèvres, ce qui fit plusieurs fois hausser les sourcils à Sarah et sembla inquiéter vaguement Nott.


Bon, autant être honnête, le prochain chapitre sera un peu pareil que celui-ci, car il décrira la deuxième partie du plan de ceSerpentard bien machiavélique !

Alors s'il vous plaît ne partez pas, je vous promets qu'après ce sera mieux !

(lol, ça fait un peu désespérée, là, quand même, non ?)