Voilà le nouveau chapitre, j'espère que vous n'allez pas pleurer de frustration... sifflotement innocent lol
Merci beaucoup à tous pour vos reviews !
Au fait je crois que je ne l'ai jamais dit, mais quitte à tous vous décevoir, ça m'étonnerait fort qu'il y ait des scènes de sexe torride dans ma fic. Je crois que je serais tout simplement incapable d'écrire un truc comme ça... etil ya plein d'autres gensqui le font très bien...
Voilà. J'espère que vous ne m'en voulez pas et que vous n'allez pas abandonner le navire ! ;-)
Amy Keira : merci, c'est très gentil de me rassurer ! lol
Yogane : merci beaucoup, et bienvenue à toi !
Llily.B : bah Harry n'a jamais été réputé pour sa rapidité d'esprit lol par contre Crabbe a un côté maman poule insoupçonné ! Qui l'eût cru ?
just-lulu : merci de patienter... mais t'inquiète, on n'a jamais été aussi près (lol je l'ai déjà dit, non ?)
Anize : oui Harry est très perturbé en ce moment... mdr Quant à Drago on aurait pu penser qu'il était un peu flemmard, mais non, il se dépense sans compter... lol
fourmilu : merci ! Ta review m'a fait plaisir !
slydawn : que veux-tu, ce cher Drago n'est pas un Serpentard pour rien ! lol Merci pour ta review !
namasta : je me souviens de la review que tu m'avais laissée... En tout cas merci de m'avoir laissé une 2e chance ! lol T'inquiète pas, on dirait pas, mais ça se précise... ;-) ps : tu aimes Georgia Nicolson ? Moi aussi ! Tu aimes Olivier Besancenot ? Moi aussi :D
neehross : t'as raison manger devant l'ordi c'est encore meilleur ! Mais pour pas t'embêter tu peux te créer un compte et inscrire les fics que tu lis sur ta liste d'alerte. Enfin c'est juste un conseil ! Merci pour ta review, en tout cas !
lyravage : mdr tu m'as fait peur j'ai cru que tu allais me dire "Il manque quelque chose... le slash !"... Le voilà le chapitre suivant, pas la peine de s'énerver ! lol
inouko : merci beaucoup ! C'est vrai que j'essaie de mettre un peu d'humour, car comme dirait je ne sais plus qui, "L'humour c'est comme les essuie-glace, ça n'arrête pas la pluie mais ça aide à avancer"... Pour la Bouldenert, c'est une bonne question et je te remercie de me l'avoir posée. lol en fait c'est quand même assez délicat pour Harry d'aller voir Drago pour lui demander de le regarder à travers une boule de verre. il faudrait lui expliquer pourquoi, et ça serait un peu gênant... Ou alors il faudrait qu'il invente un truc, or je n'ai jamais été frappée par son imagination débordante mdr. Et pour l'échange buccal, ne t'inquiète pas, ça approche !
drago malefoy12 : merci pour l'invitation ! Je n'ai pas encore eu le temps d'aller voir tes sites, mais je te conseille de mettre aussi les liens dans ton profil, si ce n'est pas déjà fait !
Emmanuelle : merci merci ! Je suis toujours émue quand je vois que quelqu'un a eu le courage de lire tous les chapitres... Je peux verser une larme ? lol
Rendez-vous clandestin
"Qu'est-ce que Neville te voulait ?" demanda Ron à Harry au déjeuner.
"Il n'ose pas dire à Luna qu'il veut abandonner l'expérience des muffins", expliqua Harry. "Il m'a demandé si je pouvais m'en charger."
"Il n'a pas peur d'elle, quand même ?" lança Ron en feignant l'inquiétude.
"Je crois que si, un peu", répliqua Harry sur le même ton. "Au fait, tu..."
Il s'interrompit. Malefoy venait d'entrer dans la Grande Salle, tout sourire. Mais pas un de ses habituels sourires arrogants ; un sourire franc, vraisemblablement causé par quelque chose lui avait sincèrement fait plaisir. S'efforçant d'ignorer la pointe de jalousie qui s'insinuait en lui - qui avait bien pu rendre heureux l'indéridable Malefoy ? - il essaya de retrouver ses esprits ; Ron attendait, interrogateur, la fin de sa question.
"Est-ce que Ginny t'a prêté de l'argent pour demain ?"
"Oui, c'est bon. De toute manière elle ne peut pas venir, elle a trop de devoirs."
"Tu devrais prendre exemple sur elle", lança Hermione. "Je te ferais juste remarquer que tu es loin d'avoir de l'avance dans tes devoirs, toi aussi."
"Oh ça va, on a déjà manqué la dernière sortie au village. Je travaillerai toute la journée de dimanche", fit nonchalamment Ron en vidant son verre.
"Je me demande si ce sera suffisant."
"Hermione, sois gentille et pour une fois fais comme si je n'existais pas", lâcha Ron, excédé.
"D'accord, mais alors fais moins de bruit en mâchant. Il est difficile de t'ignorer, pour l'instant."
Harry pouffa dans sa serviette et servit un autre verre d'eau à son ami, mais ses pensées étaient tournées vers quelqu'un d'autre.
En face de lui, de l'autre côté de l'allée, Malefoy, le menton posé dans une main, avait les yeux dans le vague. Harry lui jetait de petits coups d'oeil de temps à autre et remarqua qu'il ne mangeait pas. À un moment Théodore Nott lui adressa la parole et aussitôt, comme s'il venait de reprendre contact avec la réalité, Malefoy reprit son expression habituelle, méprisante et sûre de lui. Harry était toujours étonné par la facilité déconcertante avec laquelle le Serpentard pouvait redevenir l'être détestable qu'il connaissait depuis six ans, alors qu'il était tout aussi capable de faire preuve d'amabilité, et même, à la réflexion, de gentillesse.
Ressentant brusquement un élan d'affection envers Malefoy, Harry décida de lui écrire dès cet après-midi pour lui proposer une rencontre. Il ne supporterait plus longtemps de continuer à faire semblant de ne pas le voir.
Ils pourraient se retrouver à la Tête de Sanglier, un pub dont il n'avait appris l'existence qu'au début de cette année, en lisant par hasard un guide de tourisme. D'ailleurs la Tête de Sanglier était classée dans la rubrique "Les lieux à éviter". Au moins, ils ne risqueraient pas d'être surpris par des camarades de Poudlard.
De retour dans la tour de Gryffondor, tandis que Ron se mettait à une dissertation sur les différentes manières de retourner un sortilège à son avantage, sous l'oeil approbateur d'Hermione, Harry attrapa un parchemin et une plume et se rendit à la volière.
Hedwige l'accueillit avec un hululement joyeux - elle était tout à fait rétablie, à présent - et vint se poser sur le bord de la fenêtre à laquelle il s'était accoudée pour rédiger son message. Suçotant le coin de sa plume, Harry mit plusieurs minutes à décider de la façon de commencer sa lettre. « Cher Malefoy » semblait un peu trop pompeux. « Malefoy » tout court suffirait. Ensuite... Fallait-il dévoiler le but du rendez-vous ? S'il disait simplement à Malefoy de le retrouver à la Tête de Sanglier, ce dernier pourrait s'imaginer certaines choses, et être cruellement déçu. Mieux valait mettre les choses au clair tout de suite, se dit Harry.
Il hésita longuement entre « Harry » et « Potter » pour signer. « Harry » était peut-être un peu personnel ; après tout ils ne s'étaient jamais appelés par leurs prénoms. Et s'il signait de son prénom alors qu'il avait appelé Malefoy par son nom de famille au début du message, le Serpentard pourrait mal le prendre. Il aurait peut-être dû écrire « Drago ». Non, non, non. Trop tôt.
Rien que le fait d'y penser faisait tout drôle à Harry. Drago. Jamais il n'avait prononcé ce nom de cette manière. D'habitude c'était soit Drago Malefoy, soit Malefoy ; mais jamais son prénom tout seul. C'était un assez joli nom, quand on y réfléchissait. Moins courant que "Harry". Mais joli.
Harry décida de signer « Potter » - pourquoi s'embêter ? C'était comme ça que Malefoy l'appelait tout le temps. Il relut sa lettre et la jugea suffisamment bien écrite pour l'envoyer.
"Désolé Hedwige, mais tu ne peux pas t'en charger."
La chouette, indignée, retourna sur son perchoir. Harry en était navré, mais il ne pouvait pas prendre le risque que quelqu'un découvre qui était l'auteur du courrier que Malefoy allait recevoir. Or Hedwige était la seule chouette blanche de toute l'école, et tout le monde savait à qui elle appartenait.
Il appela un hibou grand-duc qui voleta mollement vers lui. Après avoir confié sa lettre - une lettre qui changerait peut-être sa vie - à l'oiseau, Harry retourna à la tour des Gryffondor pour trouver Ron en train de lire une bande dessinée de Martin Miggs, le moldu fou.
"Hermione est chez McGonagall", expliqua-t-il. Alors j'en profite.
Drago était troublé. D'un côté il en voulait terriblement à Potter, mais de l'autre il ne pouvait s'empêcher de penser tout le temps à lui. Il essayait de l'oublier mais il voulait se procurer le mot de passe pour entrer dans son dortoir.
Il était bien placé pour savoir qu'il arrivait que l'on fasse des choses insensées, mais il avait atteint un tel état de contradiction que lui-même ne pouvait plus se l'expliquer.
Renonçant à comprendre, il alla rendre un livre à la bibliothèque puis décida d'aller faire un tour dehors.
Il redescendait dans le hall quand un hululement grave lui fit lever les yeux au ciel - cette école admettait vraiment n'importe quoi ; les oiseaux avaient le droit de se balader en liberté dans les couloirs. À sa grande surprise le hibou lâcha un parchemin sur sa tête. Il s'en empara et le fourra dans sa poche en attendant de trouver un coin tranquille. Il n'aimait pas lire son courrier en public - on ne savait jamais ce qu'une lettre pouvait avoir à vous annoncer.
Au bord du lac il s'assit sur un gros rocher et, vérifiant que personne ne le regardait, déroula avec curiosité le parchemin.
Malefoy,
Je voudrais que l'on se voie. J'aimerais - et j'espère que toi aussi - que l'on devienne amis.
Retrouve-moi demain à la Tête de Sanglier à quatre heures. Je serai seul.
Potter
Drago se félicita d'avoir pris ses précautions pour lire sa lettre. Il était probablement encore plus pâle que d'ordinaire. Ainsi, Potter voulait devenir son ami.
Il pouvait toujours courir.
Drago déchira amèrement la feuille en plusieurs petits morceaux qu'il jeta dans le lac. S'il ne pouvait avoir l'amour de Potter, il n'aurait rien du tout. Et surtout pas son amitié.
Ramassant un galet, il se mit à faire des ricochets. Ce faisant, il réfléchissait. Était-il en train de commettre une erreur ?
On va bien voir, décida-t-il. Si je fais cinq ricochets ou plus, je vais à la Tête de Sanglier demain. Il prit un autre galet, le serra dans sa main en prenant une profonde inspiration. Il lança le caillou vers la surface argentée du lac. Le galet sursauta une, deux, trois fois. Après le quatrième rebond, il tomba dans les profondeurs de l'eau.
C'est bien ce que je pensais, soupira Drago. En frissonnant il rentra au château. Une séance d'entraînement avec son équipe de Quidditch lui ferait du bien.
Ce soir-là la salle commune se vida à partir de dix heures, car tout le monde voulait être en forme pour la sortie du lendemain. À onze heures il ne restait plus que Drago, qui lisait le manuel de Quidditch qu'il avait reçu à Noël, les pieds nus exposés à la chaleur de la cheminée. Il tentait d'établir de nouvelles stratégies pour le match à venir. Il essayait de ne penser qu'au match, et pas à celui qu'il allait affronter ; alors que paradoxalement, c'était à cause de cette personne qu'il était encore debout.
À minuit moins cinq il décida d'aller vérifier que Londubat était toujours dans le cachot voisin. La porte était entrouverte. Il risqua un œil à l'intérieur de la salle, et ne vit personne. Les chandeliers accrochés au mur étaient tous allumés, mais il n'y avait aucune trace de Londubat. Drago se sentit soudain inquiet. Avait-il fait tout cela pour rien ? Il entra dans le cachot et s'approcha de l'un des murs, qu'il gratta du bout de l'ongle. Il y avait encore une épaisse couche de moisissure sur la pierre ; Londubat n'avait donc pas terminé. Ou alors Rusard était moins exigeant envers les Gryffondor. À ce moment, il entendit du bruit derrière lui. Londubat sortait de la réserve adjacente au cachot. Ne laissant rien paraître de son soulagement, Drago lança d'un ton narquois :
"Tout va comme tu veux, Londubat ?"
Le Gryffondor, trop surpris et terrifié pour répondre, se contenta de se remettre à gratter le mur que Drago venait de vérifier. Soudain Rusard fit irruption dans la pièce.
"Qu'est-ce que vous fichez là, vous ?" aboya-t-il à l'intention de Drago. "Vous voulez l'aider, peut-être ?"
"Sans façon. Je venais juste voir si notre ami Londubat faisait du bon travail."
Il sortit du cachot et s'arrêta à la porte pour écouter ce que le concierge allait dire.
"Vous vous fichez de moi ?" l'entendit-il éructer. "Vous êtes là depuis quatre heures et rien n'a changé ! Je reviens dans une heure."
Il quitta le cachot sans prêter attention à Drago, qui soupira bruyamment. Encore une heure à attendre. Il commençait à se demander s'il n'aurait pas mieux fait de suivre directement Londubat, le matin même, au lieu de mettre en scène cette comédie. Mais cela lui avait fait tellement plaisir de voir quelqu'un d'autre puni pour une fenêtre brisée.
Il retourna dans la salle commune et reprit son manuel de Quidditch. Mais il craignait de s'endormir, aussi décida-t-il de s'activer un peu. Il fit le tri sur le panneau d'affichage, jetant les annonces périmées et mettant plus en évidence celles qui étaient toujours d'actualité.
Quand enfin arriva une heure, Drago retourna au cachot numéro trois. Le concierge et sa chatte étaient déjà là. Drago s'arrêta à un mètre de la porte et entendit Rusard congédier Londubat.
Il courut à perdre haleine jusqu'à la tour des Gryffondor afin d'y arriver avant Londubat ; il ne voulait pas prendre le risque d'être surpris en pleine filature.
Il dépassa le portrait de la Grosse Dame et s'enfonça dans la pénombre. Dix minutes s'écoulèrent avant que Londubat n'arrive. Quand celui-ci approcha du portrait Drago tendit l'oreille ; mais il n'entendit rien. Apparemment, Londubat n'osait pas réveiller la Grosse Dame. J'espère que cet ahuri ne va pas passer la nuit dans le couloir, se dit Drago, agacé. Au bout d'un moment qui lui parut interminable, Londubat prit son courage à deux mains et toussota. La Grosse Dame sursauta et regarda le Gryffondor d'un oeil noir.
"Pardon Madame... je suis désolé de vous..."
"Ça va, ça va", le coupa la Grosse Dame. "Le mot de passe, et on n'en parle plus. On ne va pas y passer la nuit, quand même…"
"Poussière d'étoile", lança fièrement Londubat.
La Grosse Dame pivota et Londubat disparut dans la salle commune. Drago éprouva un pincement au coeur en réalisant que ce lourdaud allait dormir dans la même pièce que Potter.
"Je me demande quand je pourrai passer une nuit entière sans être réveillée", grommela la Grosse Dame en se refermant.
Drago attendit qu'elle se fût rendormie pour repasser devant elle.
Espérant de toutes ses forces ne pas croiser le Chevalier du catogan, il descendit se coucher, non sans avoir soigneusement noté le précieux mot de passe sur un bout de parchemin, dissimulé au fond d'une chaussette dans sa malle en attendant d'en avoir l'usage.
Harry se réveilla à sept heures et fut incapable de se rendormir. Il était tout énervé par la perspective de son rendez-vous avec Malefoy. Il tournait et retournait dans sa tête la manière dont la rencontre allait se dérouler, quand soudain une angoisse l'étreignit. Et si Malefoy ne venait pas ? Impossible. Il l'aimait, il n'avait donc aucune raison de lui poser un lapin.
Il lui sembla que la matinée se traînait, et quand enfin il fut l'heure de se rassembler dans le hall, Harry ne tenait plus en place. Même Ron l'avait remarqué, et il lui demanda d'un ton suspicieux :
"Qu'est-ce qui t'arrive ? Je ne t'ai jamais vu aussi excité."
"Ce n'est rien", le rassura Harry en s'efforçant de se calmer. "C'est juste que je suis content d'aller à Pré-au-lard."
Ron sembla se satisfaire de cette explication mais Hermione resta àle regarder d'un air songeur pendant quelques instants. Harry lui adressa un sourire timide et elle détourna les yeux, perdue dans ses pensées.
Leur première visite fut pour le magasin de Fred et George. Seul George était présent, car Fred était resté au Chemin de Traverse.
"On échange nos places toutes les deux heures", expliqua-t-il aux trois amis.
Il jeta un œil à sa grosse montre à gousset et ajouta :
"Dans trois quarts d'heure je transplane au Chemin de Traverse, si vous repassez par ici vous verrez Fred."
Harry, Ron et Hermione promirent de repasser et se rendirent chez Madame Rosmerta. Ron tenait à la féliciter pour son mariage, mais Harry soupçonnait que c'était plus pour montrer à Hermione que ça lui était égal que parce qu'il était sincèrement heureux pour elle. À trois heures et demie ils quittèrent les Trois Balais pour acheter diverses fournitures, dont des ingrédients pour les cours de potions. Ron avait une belle trace de rouge à lèvres sur chaque joue - Madame Rosmerta avait tenu à l'embrasser pour le remercier - mais il refusait de les effacer.
"Ça va peut-être rendre quelques filles jalouses", expliqua-t-il d'un ton plein d'espoir.
"Non mais vraiment", fut la réponse d'Hermione.
Harry sentait l'excitation monter en lui. Plusieurs fois, pris de panique, il décida de renoncer à aller retrouver Malefoy, mais à chaque fois il changea d'avis. Il n'avait pas envie d'aller à la Tête de Sanglier, mais sentait en même temps que si un événement quelconque venait à l'empêcher d'y aller il serait très déçu. Aussi savait-il au fond de lui-même qu'il mourait d'envie d'honorer le rendez-vous qu'il avait fixé.
Il essayait de trouver un stratagème pour se retrouver seul, mais chacune de ses tentatives échouait.
Quand à quatre heures moins cinq Ron déclara qu'il serait ravi de l'accompagner chez Scribenpenne, Harry capitula et décida qu'il n'avait qu'à tout simplement fausser compagnie à ses amis. Il profita d'un instant où Hermione essayait de dissuader Ron d'acheter un encrier en os pour s'éclipser du magasin et filer tout droit à la Tête de Sanglier.
Un coup d'oeil circulaire dans la salle mal éclairée l'informa que Malefoy n'était pas encore arrivé. Harry commanda une Bièraubeurre et alla s'asseoir à une table qui n'était ni trop en vue ni trop reculée. Il sursautait à chaque fois que la porte s'ouvrait mais ce n'était jamais Malefoy.
À quatre heures dix il commença à s'inquiéter mais tenta de se rassurer : le pub n'était pas visible de l'artère principale, Malefoy ne le trouvait peut-être pas... Ou il n'arrivait pas à se débarrasser de ses amis encombrants. Une nouvelle appréhension vint s'ajouter à la liste, déjà longue, de ses préoccupations : et s'il venait avec ses amis pour se moquer de lui ? Une fois de plus, Harry réussit à se persuader que ce ne serait pas le cas.
Mais le temps passait et Malefoy ne se montrait toujours pas. Harry jetait des coups d'oeil nerveux autour de lui, pour s'assurer que personne de l'école n'était présent.
Quand la montre qu'Hermione lui avait offerte pour son anniversaire indiqua quatre et demie, Harry comprit que Malefoy ne viendrait pas. Il vida son verre d'un trait et quitta le bar d'un pas mal assuré. Il était déçu. Et triste aussi. Il ne comprenait pas pourquoi Malefoy n'était pas venu. Il n'avait peut-être pas reçu son message ? Pourtant si, il l'avait eu, puisque Harry, en allant dire bonjour à Hedwige à la volière ce matin-là, avait vu le hibou à qui il avait confié cette importante tâche. Mais dans ce cas, pourquoi n'était-il pas venu ?
Désemparé, Harry s'effondra sur un banc. Malefoy s'était joué de lui. Il avait peut-être même posté des espions à la Tête de Sanglier, pour l'observer en train d'attendre, et rire de lui. Il était bien assez fourbe pour ça. Harry ressentit soudain un grand vide intérieur. Cela ne lui arrivait d'ordinaire que lorsqu'il pensait à ses parents ; dans ces moments-là il avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose, que quelque chose manquait à sa vie pour qu'il soit parfaitement heureux. Mais la dernière personne qu'il aurait crue capable de lui faire ressentir cela était bien Malefoy. Ressentait-il en fin de compte plus que de la sympathie à son égard ?
Harry se trouva incapable de répondre à cette question, car à cet instant précis il n'éprouvait même pas de sympathie pour le Serpentard : juste de la colère et du dégoût. Il en vint même à se demander ce qui avait pu le pousser à vouloir devenir son ami.
Ressaisis-toi.
Harry prit une profonde inspiration, se leva et essaya tant bien que mal de lisser l'éternel épi à l'arrière de sa tête. Il retrouverait sûrement Ron et Hermione aux Farces pour Sorciers facétieux. De véritables amis, qui ne l'avaient jamais laissé tomber, eux.
Drago s'efforçait de s'amuser en compagnie de Nott, Crabbe et Goyle, mais quelque chose l'en empêchait. Il se demandait s'il avait bien fait de ne pas retrouver Potter dans ce pub dont il savait qu'il était très mal famé. Potter devait vraiment avoir envie de le voir, pour lui avoir fixé rendez-vous dans un endroit à la simple vue duquel tous les Gryffondor auraient poussé des hauts cris. Drago sourit à cette pensée. Potter avait envie de le voir. Peut-être qu'il devait y aller, après tout.
Non. Pour qui se prenait-il, ce Potter ? C'était trop facile de l'ignorer et de vouloir ensuite qu'il lui obéisse au doigt et à l'oeil. Un Malefoy n'était aux ordres de personne. Et un Malefoy ne pardonnait pas facilement. Or Potter l'avait fait souffrir ; Drago ne se rappelait que trop bien ce qu'il avait ressenti quand le Gryffondor s'était mis à se comporter comme si rien ne s'était jamais passé et que tout était redevenu comme au bon vieux temps.
Quand je pense que je suis allé à l'infirmerie au milieu de la nuit juste pour le voir... Jamais auparavant Drago ne s'était donné de la peine pour quelqu'un, et à en juger par ce qu'il en retirait, il n'était pas près de recommencer.
"Regarde ça Drago !" s'exclama Nott en désignant la vitrine de Larbre&Vert associés, la librairie de Pré-au-lard. "Rita Skeeter a écrit un livre sur Potter ! J'ai bien envie de voir ce que ça donne ! Si c'est du même tonneau que l'article qu'elle avait pondu en quatrième année... Tu te souviens, « il m'arrive encore de pleurer quand je pense à mes parents » ! Qu'est-ce qu'on avait rigolé !"
Nott entraîna Drago à l'intérieur de la boutique et lui fourra un exemplaire de l'ouvrage entre les mains avant d'en saisir un lui-même. À contrecoeur, Drago ouvrit le livre et tomba sur une photo de Lockhart dans le parc de Poudlard. À l'évidence, Potter était censé se trouver également dessus mais il n'avait pas l'air d'en avoir particulièrement envie, si l'on se fiait aux pans de sa cape - seule partie de lui visible sur la photographie - que Lockhart tenait d'une main ferme sans se départir de son sourire ravageur.
Drago reposa le livre sur le présentoir et se mit à flâner entre les rayonnages. Crabbe paraissait aussi intéressé que Nott par Harry Potter ou le mythe du Survivant, le livre de Rita Skeeter, mais Drago n'eut pas le coeur de lui faire remarquer qu'il le tenait à l'envers. Il rejoignit Goyle au rayon des manuels de potions. Sa montre en argent indiquait quatre heures et quart. Il n'était pas encore l'heure de rentrer, mais il ne voulait pas traîner trop longtemps ; il lui fallait encore acheter de la poudre de griffe de dragon, et une nouvelle plume. Peut-être pourrait-il acheter une Plume à Papote, comme celle de Rita Skeeter ? Elle lui serait utile pour les dissertations. Nott l'appela depuis l'avant du magasin, et Drago fit signe à Goyle de le suivre.
"On y va ?" proposa Nott.
Drago acquiesça. Maisune soudaineimpulsion le fit attraper un exemplaire de Harry Potter ou le mythe du Survivant.
"Je vais acheter ça. On ne sait jamais, on pourra toujours le lire si on s'ennuie un soir."
Nott eut un grand sourire et hocha vivement la tête. Drago paya le livre et tous les quatre sortirent dans la rue ensoleillée. Resserrant leurs écharpes autour de leur cou - malgré le soleil, la température du premier jour de mars avoisinait les deux degrés - ils se mirent d'accord pour aller prendre une Bièraubeurre aux Trois Balais. Tout en marchant Drago feuilletait distraitement le livre qu'il venait d'acheter. Et soudain il réalisa qu'il avait commis une erreur. Il aurait dû rejoindre Potter à la Tête de Sanglier. Comment avait-il pu être aussi idiot ? Potter ne voulait peut-être lui offrir que sa simple amitié, mais de fil en aiguille il pourrait se découvrir d'autres sentiments pour lui. Drago se résolut à mettre sa fierté au fond de sa poche et à aller à la Tête de Sanglier. Qu'est-ce que cela lui coûtait ?
Quatre heures vingt-cinq. Il n'était peut-être pas trop tard.
"Allez-y sans moi, je vous rejoins !" lança-t-il à ses compères. "J'ai quelque chose à faire."
Sans s'embarrasser d'explications supplémentaires il se mit à courir vers une ruelle perpendiculaire.
Quelques minutes plus tard il s'arrêtait devant le pub pour reprendre son souffle. Il lissa ses cheveux et ajusta sa cape et, le coeur battant, poussa la lourde porte pour pénétrer dans l'atmosphère enfumée du troquet.
Il ne vit Potter nulle part. S'approchant du comptoir, il demanda au barman - qu'il prit à première vue pour Dumbledore, avant de réaliser que ce ne pouvait pas être lui - s'il avait vu un garçon brun avec des lunettes. Le barman, apparemment peu désireux de s'entretenir de sa clientèle avec un inconnu, se contenta de hausser les épaules.
Drago ressortit en poussant un grognement de rage autant que de déception, et s'assit sur un banc. Bravo, mon vieux. Une fois de plus, tout as tout gâché.
Les yeux fermés, le visage offert aux rayons du soleil, il s'efforça de ne plus penser à rien durant quelques minutes. Puis, d'un pas morose, il se mit en route pour Poudlard en serrant contre sa poitrine Harry Potter ou le mythe du Survivant. S'il ne pouvait avoir le véritable Potter, au moins avait-il sa version en papier.
