Merci à touspour vos reviews !
J'espère que vous trouverez ce chapitre un peu plus optimiste ;-)
Amy Keira : T'inquiète pas pour eux... lol et merci pour ta review !
Fourmilu : Oui Malefoy n'a pas été le plus fin de la paroisse sur ce coup-là... Mais bon, c'est un Serpentard, on ne peut pas lui en vouloir :-)
Inouko : Harry peut-il attaquer Rita Skeeter ? C'est une bonne question et je te remercie de me l'avoir posée. lol en fait il pourrait, je pense, mais il est tellement blasé que ça ne l'intéresse pas... Au fait tu as raison pour les huîtres, j'en ai connu une qui était particulièrement inventive ! Bon, vaut mieux arrêter là... Merci pour ta review !
Slydawn : Tu as tout à fait raison ! (lol maintenant tu vas être obligée d'aller voir ce que tu avais laissé comme review, tellement ça fait longtemps !) Merci !
Vert Emeraude : C'est plutôt à Drago qu'il faudrait demander pourqui il est si fier, moi je ne suis que la messagère :-)
Llily.B : En tout cas c'est gentil d'être revenue exprès pour reviewer ! ;-) Oui l'esprit de contradiction est très présent chez ces deux jeunes gens... C'est pénible, à la longue ! lol
Miss Felton/Malfoy : Merci beaucoup ! Et j'espère que tu trouveras ce chapitre plus gai (parce que sinon il y a un problème ! lol) Et merci aussi pour le plan de Drago (digne d'un Serpentard) !
Just-Lulu : Tu m'as fait peur ! J'ai cru que tu n'allais pas laisser de review ! lol Alors merci, et espérons que Dragoremontera dans ton estime... ;-)
La visite
Jamais, aussi loin qu'il se souvienne, Drago ne s'était senti aussi mal. Il était à la fois triste d'avoir encore une fois manqué sa chance et honteux d'avoir été aussi stupide. À l'évidence, Potter était bien plus mature que lui. Il avait montré qu'il était prêt à faire table rase du passé, et lui, Drago, avait été trop fier et trop borné pour accepter cette main tendue. Et le résultat était là : il était malheureux.
Durant le dîner, il essaya à maintes reprises d'attirer l'attention de Potter pour lui faire comprendre qu'il regrettait de n'être pas venu, mais le Gryffondor gardait obstinément la tête baissée vers son assiette.
Comment me faire pardonner ? Il n'en avait aucune idée. Bientôt ses pensées furent interrompues par Sarah, qui lui demanda quand aurait lieu le prochain entraînement de Quidditch.
"Demain, après le dîner", répondit-il d'un ton laconique.
"J'espère que les Gryffondor n'auront pas eu la même idée", fit Nott avec une grimace.
Et moi donc, acquiesça silencieusement Drago.
"J'irai voir Rogue tout à l'heure pour lui dire de nous réserver le terrain", dit-il pour éviter que les membres de son équipe ne se mettent à parler des Gryffondor.
À la fin du dîner il vit Potter se lever et emboîter le pas à Weasley et Granger qui se disputaient, comme d'habitude. Ces deux imbéciles ne faisaient même pas attention à Potter ; ils ne savaient pas la chance qu'ils avaient pourtant de l'avoir pour ami. Drago quitta à son tour la Grande Salle et se rendit dans la salle commune en attendant que le professeur Rogue eût regagné son bureau.
Il n'avait pas envie de parler et alla mettre un peu d'ordre dans ses affaires - il avait interdit aux elfes d'y toucher, et c'était donc à lui de faire du rangement de temps en temps. Il plia quelques robes, épousseta sa table de nuit et avisa sur son lit le paquet de la librairie.
S'asseyant sur la courtepointe d'un vert profond il sortit délicatement le livre du sac et, du doigt, suivit le tracé des lettres dorées. La porte s'ouvrit alors brusquement pour livrer passage à Crabbe et Goyle, hilares, puis à Nott qui, à en juger par la substance nauséabonde qui lui recouvrait le visage, venait d'être la victime d'une de leurs plaisanteries. Mais il ne l'avait apparemment pas goûtée et, avec un rugissement furieux, se jeta à l'aveuglette sur Goyle pour essayer de l'étrangler.
Drago cacha prestement l'ouvrage de Rita Skeeter sous son oreiller et lança à son poursuiveur :
"Laisse-le, on n'a pas de batteur remplaçant."
Mais Nott ne l'entendait apparemment pas de cette oreille, et Drago décida de les laisser se débrouiller. Il avait assez de problèmes pour s'abstenir de régler ceux des autres.
"Je vais chez Rogueréserver le terrain pourl'entraînement de demain", annonça-t-il.
Crabbe cependant était trop occupé à essayer de garder son ami en vie et c'est dans l'indifférence générale que Drago claqua la porte du dortoir.
En approchant du bureau de Rogue il eut la surprise d'entendre quelqu'un parler à l'intérieur. Rogue n'avait pas pour habitude de recevoir de la visite. Il n'y avait rien d'étonnant, pensait Drago, à ce qu'il n'éprouve pas le besoin de se mêler à des individus dont le niveau intellectuel laissait parfois planer le doute sur leur capacité à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût. Drago n'avait jamais compris comment Flitwick avait pu être engagé à Poudlard. Même Dumbledore aurait dû s'apercevoir qu'il était complètement ahuri.
Ne sachant que faire - devait-il frapper ou patienter dans le couloir ? - Drago s'adossa au mur en essayant de ne pas écouter ce qui se disait dans le bureau. Il n'eut pas à attendre longtemps car le professeur Bondupois sortit en demandant :
"Je peux compter sur vous ?"
"Très certainement", répondit Rogue d'un ton pincé.
Bondupois sembla un court instant surprise de voir Drago, puis elle inclina brièvement la tête et dit simplement :
"Monsieur Malefoy."
"Professeur."
Le professeur de défense contre les forces du mal s'éloigna vivement en direction de l'escalier et Rogue, qui était sorti dans le couloir lorsqu'il avait entendu Bondupois saluer Drago, fit signe à ce dernier de le suivre à l'intérieur.
"Je voulais justement vous parler."
"C'est à propos du match de samedi", expliqua Drago.
"Les grands esprits se rencontrent", ajouta Rogue avec un rictus - le ton moqueur n'était-il que le fruit de l'imagination de Drago ? - "C'est également à propos de la rencontre de samedi que je souhaite m'entretenir avec nous."
"Je vous écoute", répondit respectueusement Drago en s'enfonçant dans son fauteuil.
"Que cela ne se reproduise pas", lâcha Rogue d'un ton froid.
"Pardon ?"
"Pouvez-vous me rappeler à quelle maison vous appartenez ?"
"Serpentard, mais..."
"Vous me rassurez, pendant quelque temps j'ai cru que vous pensiez appartenir à Gryffondor", répliqua Rogue d'un air narquois. "Cette façon que vous avez eu de forcer Crabbe à se dénoncer..."
Drago serra les dents et Rogue se pencha légèrement vers lui par-dessus son bureau.
"Vous êtes quelqu'un d'intelligent, Drago", dit-il d'une voix légèrement plus douce.
Drago resta silencieux et baissa les yeux vers le sol.
"Vous savez donc que l'on ne gagne rien à être noble", continua son professeur.
Une minute s'écoula sans que personne ne parle, comme si Rogue avait voulu que Drago réfléchisse à ce qu'il venait de lui dire.
"Aussi", reprit-il, "si un autre... incident venait à se produire durant le match, sur la personne de monsieur Potter ou d'un de ses coéquipiers, je vous prierais de vous contenter d'accepter la victoire."
"Mais c'est le règlement qui a voulu que le match soit rejoué !" s'exclama Drago. "Vous croyez que je n'aurais pas préféré gagner ? Je n'y suis pour rien !"
"Je le sais parfaitement. C'est pourquoi j'apprécierais beaucoup que vous attrapiez le Vif d'or avant que Potter ne tombe, s'il connaissait encore un problème d'équilibre."
"Vous... vous n'allez pas provoquer une nouvelle chute ?" demanda Drago, mi-incrédule, mi-consterné.
"Bien sûr que non", répliqua sèchement Rogue. "Mais de votre côté, vous allez vous comporter en véritable Serpentard et cesser de vouloir être loyal. Vous savez comme moi que cela n'a jamais profité à personne."
Il se leva pour signifier la fin de l'entretien.
"J'ai réservé le terrain tous les soirs après le dîner pour que votre équipe puisse s'entraîner."
En ouvrant la porte il ajouta :
"Prouvez-moi que je n'ai pas eu tort de vous choisir pour capitaine. J'ai horreur d'avoir tort."
"Hé Harry !" lança Seamus Finnigan en entrant dans la salle commune. "Tu as vu le livre que Rita Skeeter a écrit sur toi ?"
Harry se contenta de secouer la tête. Rien, venant de Rita Skeeter, ne pourrait plus l'étonner.
"Où as-tu vu ça ?" demanda Hermione à Seamus.
"Chez Larbre&Vert. Ils ont dit qu'ils en avaient l'exclusivité."
Hermione émit un reniflement méprisant.
"Je crois que tu n'as pas à t'inquiéter, Harry, il n'y a pas grand monde qui le lira. Aucune personne sensée ne mettrait les pieds chez Larbre&Vert."
Harry était fatigué. Donner ce rendez-vous à Malefoy lui avait demandé beaucoup d'efforts, et ça avait tourné au fiasco. Peut-être que la Bouldenert se trompait ? Cela lui semblait plus que probable, à présent. Il s'était complètement trompé ; il avait cru que Malefoy l'aimait, et ce n'était manifestement pas le cas. Qu'allait-il se passer, maintenant ? Est-ce que Malefoy avait raconté cette histoire à quelqu'un ? Harry espérait de toutes ses forces que non. Pas seulement à cause de toutes les moqueries dont il ferait l'objet de la part des Serpentard, mais aussi à cause de Ron et Hermione. Que diraient ses amis s'ils apprenaient que Harry avait voulu se rapprocher de leur ennemi de toujours ?
Préférant ne pas y penser, il essaya de se concentrer sur le match à venir. Muni de son Manuel du bon capitaine de Quidditch et d'une provision de Chocoballes à la fraise, il s'installa confortablement dans un des fauteuils de la salle commune, près d'Hermione qui étudiait son Syllabaire Lunerousse. Armé d'un pinceau et d'un petit pot de Peinturlure, une peinture magique, Ron redonnait un coup de jeune aux pièces de son jeu d'échecs et, craignant sûrement que Harry ne puisse pas venir à bout de toutes les Chocoballes qu'il avait achetées dans l'après-midi, venait régulièrement à son aide en piochant dans le paquet. La soirée s'écoula ainsi.
Soudain Harry posa son livre sur ses genoux, regarda Ron, puis Hermione, et s'aperçut qu'il était heureux. Il avait des amis sur qui il pouvait compter, de quoi manger - enfin, plus pour longtemps, à en juger par la vitesse à laquelle Ron engloutissait ses confiseries - et un bon feu qui lui réchauffait les pieds. De quoi d'autre avait-il besoin ? Pas d'un Serpentard prétentieux, en tout cas.
Satisfait, il se replongea dans sa lecture, sous l'oeil un peu surpris de Ron.
Allongé sur son lit, Drago ne comprenait pas où le professeur Rogue avait voulu en venir. Pourquoi lui avait-il dit qu'on ne gagnait rien à être noble ? Il avait effectivement eu l'intention de jouer loyalement, mais n'en avait pas eu le temps car le match avait vite été interrompu. Sauf si...
Bien qu'il le respectât beaucoup, Drago se sentait toujours un peu mal à l'aise en présence du professeur Rogue. Il avait toujours eu l'impression que ce dernier pouvait lire dans les pensées. Et si Rogue avait lu dans ma tête que j'ai demandé à l'équipe d'éviter les fautes directes ? C'était sûrement ça. Au moins était-il prévenu. Dorénavant, il devrait faire attention à ce qu'il pensait quand Rogue serait dans les parages. Cela promettait de ne pas être facile. Comme si je n'avais pas assez de soucis comme ça, soupira-t-il. Et si Rogue découvrait qu'il pensait souvent à Potter ? Ce serait pire que tout.
Finalement, il réussit à se persuader que Rogue avait sûrement autre chose à faire que passer son temps à pénétrer ses pensées. Il ne risquait pas grand-chose.
Drago avait plus urgent à régler ; il voulait tirer au clair cette histoire de rendez-vous manqué. Soit Potter lui pardonnerait, soit il n'en ferait rien, mais au moins il serait fixé et tout le monde saurait à quoi s'en tenir.
À minuit il s'habilla, attrapa sa Main de la Gloire et s'éclipsa du dortoir, puis de la salle commune, où quelques septième année veillaient encore. S'arrêtant à chaque tournant de couloir, à chaque palier d'escalier, pour vérifier que la voie était libre, il parvint enfin devant le portrait de la Grosse Dame. Celle-ci était profondément endormie.
"Poussière d'étoile", chuchota Drago, d'une voix néanmoins assez forte pour qu'elle l'entende dans son sommeil.
À sa grande surprise - jusqu'au dernier moment il avait cru que le mot de passe ne serait plus valable - le tableau pivota pour le laisser entrer dans la salle commune des Gryffondor. Par chance, celle-ci était vide. Je suis certainement le premier Serpentard à pénétrer ici, songea-t-il non sans une certaine fierté. Il entra et jeta un oeil circulaire autour de lui. La pièce était moins vaste que le cachot des Serpentard, mais beaucoup plus haute de plafond. Les fauteuils lui paraissaient plus confortables et les personnages représentés sur les tableaux moins malveillants, mais peut-être n'était-ce dû qu'au manque d'éclairage. Il avisa en face de lui deux portes : probablement une pour les filles et une pour les garçons. Si ce qu'il avait lu dans L'Histoire de Poudlard s'avérait exact, il n'avait pas intérêt à se tromper d'escalier.
Il ouvrit au hasard la porte de gauche ; si son expédition tournait mal, il pouvait toujours s'enfuir à toutes jambes - en espérant que le tableau ne se bloque pas automatiquement. Avec une profonde inspiration il posa le pied sur la première marche et attendit. Aucune alarme ne retentit. Il monta prudemment quelques marches. Toujours rien. Drago poussa un soupir de soulagement et entreprit de trouver le bon dortoir. Il semblait que les Gryffondor étaient plus organisés que les Serpentard : sur chaque porte de chambre était accroché un petit écriteau annonçant l'année d'études des occupants. Enfin Drago atteignit la porte des "sixième année". Il l'ouvrit tout doucement et, le coeur battant à tout rompre - l'excitation ou la peur d'être découvert ? Il ne savait pas - entra dans la pièce.
Pour trouver le bon lit parmi les cinq, il commença par s'approcher de celui installé près de la fenêtre, et put contempler le visage joufflu de Londubat, qui dormait la bouche grande ouverte. Deux des autres lits avaient les rideaux tirés. Il décida de vérifier d'abord les autres. Le premier était occupé par Dean Thomas, qui prenait apparemment plaisir à dormir sous un poster représentant une équipe beaucoup trop nombreuse pour jouer au Quidditch ; mais Drago sentit que la chance était avec lui quand il découvrit le visage serein de Potter endormi dans le troisième lit. Il supposa que le lit voisin était celui de Weasley, mais résista à l'envie de lui jeter un sort.
Et maintenant ?
Que devait-il faire ? Il ne s'était pas vraiment posé la question. Hésitant à réveiller Potter, Drago resta le regarder pendant cinq bonnes minutes. Soudain du bruit se fit entendre dans le lit d'à côté, et une main, de l'intérieur, ouvrit les rideaux. La tête de Weasley apparut ; il resta un instant interdit puis hurla :
"Aaah !"
Drago jeta des regards désespérés autour de lui et se jeta finalement sous le lit de Potter.
Harry se réveilla en sursaut et grogna :
"Quoi ?"
"Malefoy !" lança Ron.
"Hein ?"
"Malefoy était debout au pied de ton lit !" répéta Ron en sautant à bas du sien. "Il s'est caché dessous !"
"C'est vrai ?" s'exclama Neville, apeuré.
Harry se pencha d'un côté de son lit pour regarder en dessous ; tout ce qu'il vit, c'est la tête ahurie et floue de Ron, de l'autre côté.
"Il était là ! Je te le jure, Harry ! Il était là !"
"Mais oui Ron, mais oui", ricana Seamus. "Tu as pris tes gouttes ce matin ?"
Ron lui jeta un regard furieux et se retourna vers Harry.
"Je voulais prendre un verre d'eau et je l'ai vu ! Je te le jure !"
"Mais il n'est pas là", constata Harry, déboussolé.
Il ne comprenait rien à ce qui venait de se passer. Il mit ses lunettes et regarda à nouveau sous son lit.
"Tu as dû rêver, Ron."
"Tu crois ça ? Souviens-toi de Sirius !"
"Mais tu vois bien qu'il n'y a personne sous mon lit."
"Voilà ce que c'est, de se goinfrer de Chocoballes avant d'aller se coucher !" lança Dean d'une voix moqueuse bien qu'endormie. "Comment aurait-il pu entrer ici ? Tu as eu une hallucination."
Tout à coup, Ron ne semblait plus si sûr de lui.
"Peut-être, oui..." bafouilla-t-il, désorienté.
Il avala son verre d'un trait et remonta dans son lit, puis il tira les rideaux et bientôt un léger ronflement fit savoir qu'il s'était rendormi.
Cinq minutes plus tard tout le monde dormait également, quand Harry sentit que quelqu'un lui tapait doucement sur l'épaule. Il ouvrit les yeux et eut un choc en voyant la tête de Malefoy au même niveau que la sienne. Malefoy lui mit la main sur la bouche pour l'empêcher de crier.
Harry la retira d'un geste brusque et lança aussi bas que possible :
"Qu'est-ce que tu fais là ?"
"Je voulais te voir", expliqua Drago.
"Moi aussi je voulais te voir, mais cet après-midi, et tu n'es pas venu."
"Je sais", fit Drago d'un ton penaud. "On peut discuter ?" demanda-t-il en s'extirpant tant bien que mal d'en dessous du lit de Harry.
Harry mit à nouveau ses lunettes et se leva. Tout doucement, il ouvrit la porte et descendit dans la salle commune, suivit de Drago. Tous deux s'installèrent près de la cheminée. Harry pointa sa baguette sur la cheminée et des flammes commencèrent à lécher les pierres brutes de l'âtre.
"Je ne te cache pas que je suis surpris de te voir au milieu de la nuit, et ici en plus - attends une minute, comment tu as fait pour entrer ?"
Drago essaya d'inventer une explication à propos d'un Gryffondor qui aurait imprudemment dit le mot de passe à un ami dans la Grande Salle, mais devant l'air peu convaincu de Harry, dut se résoudre à lui avouer la vérité.
Harry se força à conserver un visage impassible, mais il souriait en lui-même. Ce que Malefoy avait fait était étonnant.
"Et comment ça se fait que je ne t'aie pas vu sous mon lit ? Le pauvre Ron doit croire qu'il perd la tête."
"J'ai vu ça qui dépassait de ta malle", expliqua Drago en montrant une cape d'invisibilité roulée en boule dans sa main. "J'ai tout de suite compris ce que c'était, alors je me suis enveloppé dedans. Tiens", ajouta-t-il en la lui rendant. "Je ne savais pas que tu en avais une. Elle est vraiment... très jolie."
Harry fut étonné de constater que l'idée de Malefoy utilisant la cape de son père ne le dérangeait pas.
"Il fallait que je te voie", continua Drago d'un ton plaintif, "parce que je ne suis pas venu à la Tête de Sanglier."
"J'ai remarqué", fit Harry d'un ton qu'il espérait dur.
Il n'était plus du tout en colère contre Malefoy, mais il ne fallait pas qu'il le sache.
"J'aurais dû venir."
"Je ne te le fais pas dire."
"J'y suis allé, d'ailleurs. Mais tu étais déjà parti."
Le coeur de Harry fit un bond. Ainsi, il était quand même venu...
"Alors vas-y", lâcha Drago. "Dis-moi ce que tu as à me dire. On n'a qu'à faire comme si on était à la Tête de Sanglier."
Harry ne put s'empêcher d'être agacé par cette attitude d'enfant gâté.
"Tu me poses un lapin et ensuite tu penses qu'il suffit de venir me réveiller au milieu de la nuit pour faire comme si de rien n'était ?" lança-t-il d'un ton plus amer qu'il n'avait voulu.
Drago soupira. Mais il savait que Potter avait raison.
"Bon", commença-t-il. "Je... je te demande pardon."
Harry comprit que c'était la première fois que Malefoy faisait des excuses à quelqu'un. Il devait avoir vraiment envie de l'écouter. Mais à ce moment la porte du dortoir des filles s'ouvrit en grinçant et pour la deuxième fois de la soirée, Malefoy dut se cacher. Il se jeta derrière un canapé et Harry lui lança prestement la cape d'invisibilité avant de se retourner pour faire face à la nouvelle arrivante. C'était Parvati.
"Toi non plus, tu n'arrives pas à dormir ?" dit-elle avec un faible sourire.
"Euh... non", répondit Harry.
Elle vint s'asseoir à côté de lui.
"Tu sais Harry... Je suis désolée de tout ce que je t'ai fait subir. J'étais aveuglée par la jalousie. Je croyais vraiment que tu m'avais quittée pour cette blonde..."
"Quelle blonde ?" s'étonna Harry.
"Tu sais, celle que j'ai vue avec toi dans la Salle des Trophées, celle dont j'ai parlé à Rita Skeeter."
"Ah ! oui", fit Harry en espérant que Malefoy n'étaitpas en train d'écouter.
"Je regrette vraiment", ajouta Parvati. "Tu me pardonnes ?"
"Bien sûr", fit Harry. "C'est du passé."
Parvati lui adressa un grand sourire et l'embrassa sur la joue.
"Tu es toujours si gentil", murmura-t-elle.
Elle posa sa tête sur son épaule et Harry, un peu gêné, annonça qu'il allait se coucher, en espérant qu'elle ferait de même.
"Bonne idée", acquiesça-t-elle en bâillant. "Moi aussi j'y retourne."
Harry fit semblant de remonter dans son dortoir, et lorsqu'il eut entendu la porte de l'escalier des filles se refermer il retourna près du feu.
"Tu peux te montrer, Malefoy", lança-t-il.
La tête de Malefoy apparut derrière le canapé, et d'après l'expression hébétée de son visage Harry sut que l'association « blonde » et « Salle des Trophées » lui avait fait comprendre quelque chose.
"Ne me dis pas..." commença Drago. "Ne me dis pas que « la belle blonde », c'était moi ?"
Devant son air atterré Harry ne put qu'éclater de rire.
Drago resta sans voix pendant un moment, puis il sembla trouver l'idée amusante et se joignit à Harry.
Quand enfin ils se calmèrent Drago demanda :
"C'est quoi, « tout ce qu'elle t'a fait subir » ? Ben oui, je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter", ajouta-t-il d'un ton d'excuse.
Harry se lança alors dans le récit des mauvaises blagues de Parvati, de la chute dans le lac jusqu'à l'article de Rita Skeeter.
"J'ai cru comprendre que tu t'étais mieux débrouillé que moi, quand tu as quitté Pansy", conclut-il.
"Oui, mais c'est grâce à elle."
Drago à son tour raconta ce que Pansy avait fait avec ses chaussettes, qu'il qualifia de « maléfiques », et il ne quitta la tour des Gryffondor que quand les deux garçons comprirent qu'il était impossible d'avoir une conversation dans cette salle commune, même au milieu de la nuit - Neville, somnambule à ses heures, venait de faire sa troisième irruption depuis Parvati.
"Au fait, qu'est-ce que tu voulais me dire, en fin de compte, à la Tête de Sanglier ?" demanda Drago en partant.
"Oh, rien", répondit Harry d'un ton nonchalant. "Ce n'est plus important maintenant."
Drago comprit et, avec un sourire, disparut par le trou dissimulé par la Grosse Dame.
En se recouchant, chacun d'eux songea combien il allait être pénible, le samedi suivant au match, de devoir l'emporter contre un ami.
