Salut à tous ! Désolée je n'ai pas le temps de répondre individuellement aux reviews, mais je vous remercie tous beaucoup !
Ca fait très longtemps que j'ai posté la dernière fois, alors j'espère que vous n'avez pas tout oublié... lol
Donc dans le dernier chapitre Drago a rendu une petite visite à Harry...
Bonne lecture !
Échec et match
Harry se réveilla d'excellente humeur, une humeur comme il n'en avait pas connue depuis longtemps. Cela n'échappa pas à Hermione qui lui demanda ce qui se passait.
- Rien de spécial, mentit-il. Mais c'est une belle journée aujourd'hui.
- En tout cas je suis heureuse de te voir comme ça, dit Hermione en lui tapotant l'épaule d'un geste amical.
- Merci Hermione. On va prendre le petit-déjeuner ?
Harry n'avait jamais remarqué à quel point la Grosse Dame avait une jolie robe, et combien les pierres brutes donnaient un air accueillant aux couloirs de l'école. Le temps que Ron, Hermione et lui arrivent à la Grande Salle, il avait complimenté sept tableaux et souhaité une bonne journée à trois armures, ainsi qu'à Rusard.
- Écoute, Harry, intervint Ron. Moi aussi je suis content que tu sois de bonne humeur, mais là tu commences à m'inquiéter.
- Mais non, répliqua Harry d'un ton léger.
Mais à vrai dire, lui aussi se demandait ce qui lui arrivait. Il n'était pas spécialement taciturne d'ordinaire, mais il n'avait pas non plus l'habitude d'être aussi exubérant et jovial. Que lui arrivait-il donc ? Quoi que ce soit, c'était tout de même agréable.
- Que diriez-vous d'un petit entraînement avant le déjeuner ? proposa-t-il.
Ses amis approuvèrent avec enthousiasme, et quand toute l'équipe fut mise au courant tous trois se dirigèrent vers le terrain de Quidditch.
- Hé regardez ! s'exclama soudain Ron.
Dumbledore était penché dans un massif de fleurs. Il se releva, hocha la tête d'un air satisfait et nota quelque chose sur un parchemin. Apercevant les trois Gryffondor, il se dirigea vers eux et lança gaiement :
- Belle journée, n'est-ce pas ?
- Euh, oui, absolument, fit Hermione, un peu hésitante.
- Décidément, tout le monde est heureux aujourd'hui, remarqua Ron, surpris, tandis que le directeur s'éloignait d'un pas guilleret.
- Ça n'a pas l'air de te faire plaisir, fit Harry d'un ton joyeux.
- Oh si, assura Ron. Mais je me demande bien ce qu'il faisait dans ce massif de fleurs.
- On n'a qu'à aller voir, suggéra Harry.
- Vous croyez que c'est une bonne idée ? demanda Hermione d'un petite voix. Après tout, il avait sûrement ses raisons, et nous...
- Allez Hermione, détends-toi c'est dimanche ! s'exclama Ron. Et puis s'il avait voulu nous cacher quelque chose, il ne nous aurait pas salués !
Hermione sembla convaincue et leur emboîta le pas.
Ils vérifièrent que Dumbledore n'était plus dans les parages avant de se pencher sur les fleurs. Mais ils ne trouvèrent rien.
- Vraiment, c'est étrange, fit Hermione. Il avait pourtant l'air content.
- Qu'est-ce que vous faites ? interrogea Neville qui venait de les rejoindre.
- On a vu Dumbledore faire quelque chose avec ces fleurs, mais on ne sait pas quoi.
- Il a peut-être réussi à créer une nouvelle sorte de plante que le professeur Chourave va nous faire étudier ! s'exclama Neville, les yeux brillants.
- Ah, euh, oui, ce serait super, acquiesça Ron d'un ton incertain en roulant des yeux à l'intention de Harry et Hermione, qui éclatèrent de rire.
Le reste de l'équipe les rejoignit et tout le monde se mit en route, pour de bon cette fois, vers le stade.
La bonne humeur de Harry était communicative et l'entraînement se déroula parfaitement ; quand leur estomac rappela les joueurs à l'ordre, tous étaient convaincus que la victoire leur appartenait.
Drago s'éveilla à onze heures et resta écouter les oiseaux posés sur le bord de la fenêtre enchantée qui égayait leur dortoir depuis peu. Cette fenêtre était une idée de lui, et à vrai dire elle ne semblait enchanter que lui, car ses compagnons de chambrée avaient eu l'air de sérieusement s'en faire pour sa santé mentale quand il leur avait parlé de ce projet. Mais comme c'était toujours lui qui avait le dernier mot, la fenêtre était bel et bien là et il en était très content. D'ailleurs, même si Nott avait été le premier à critiquer cette fenêtre – « Quelle idée ! Une fenêtre dans une pièce souterraine ! »-, Drago l'avait surpris quelques jours auparavant en train de discuter avec ces mêmes oiseaux.
Il s'étira paresseusement et sortit de son lit. Après s'être habillé il se rendit dans la salle commune et avisa Pansy qui faisait une démonstration de tricot à sa grande amie Milicent Bulstrode.
- Salut Pansy, lança-t-il en s'asseyant près d'elle.
Celle-ci fut si surprise qu'elle en lâcha ses aiguilles à tricoter ; Milicent s'éclipsa si discrètement que ni Drago ni Pansy ne le remarqua - plus tard Drago se demanda comment cela avait été possible, étant donné le gabarit de la gaillarde - et Pansy se mit à contempler Drago de ses petits yeux enamourés.
- Pansy, commença-t-il solennellement, je crois que nous devons mettre de côté nos petits différends. Tu as commis des erreurs, et moi aussi, je le reconnais, mais personne n'est parfait, et je pense que nous devrions repartir à zéro.
Mais en voyant les yeux de la jeune fille se mettre à briller d'une lueur d'espoir il tempéra quelque peu son discours et ajouta :
- Attention, cela ne veut pas dire que nous allons nous remettre ensemble, mais on peut au moins recommencer à discuter, comme avant.
Pansy parut un peu déçue mais elle se reprit et adressa un large sourire à Drago. Elle n'avait toujours pas prononcé un mot, sans doute à cause du choc.
- Toujours amis ? fit Drago.
- Toujours, répondit Pansy en accrochant son petit doigt à celui de Drago.
Ce signe du petit doigt était un signe secret propre aux Serpentard. Du moins c'est ce que croyait la plupart des Serpentard ; un jour Drago avait surpris des Poufsouffle à faire le même geste, mais il n'en avait rien dit à ses camarades pour ne pas leur faire de peine.
Drago quitta le cachot sans trop savoir pourquoi il avait voulu se réconcilier avec Pansy. C'était sans doute une conséquence de sa bonne humeur. Cela passait encore, mais il ne fallait pas que sa joie lui fasse faire n'importe quoi ; aussi la Serdaigle qui lui demanda où se trouvait le bureau de Rogue ne reçut-elle qu'un regard mauvais en guise de réponse.
Il sortit dans le parc et regretta de ne pas avoir emporté sa cape. Des silhouettes rouge et or volaient au-dessus du terrain de Quidditch ; pendant un instant il eut envie d'aller voir Potter, mais il se raisonna : ses amis lui demanderaient sûrement des comptes, et il ne voulait pas lui attirer d'ennuis. Lui-même n'aurait apprécié que modérément que Potter lui dise bonjour devant une bande de Serpentard.
Il décida d'aller rendre une petite visite à Arnold, à la place. En tournant les talons il aperçut Dumbledore et ce balourd d'Hagrid qui discutaient avec animation près d'une haie d'acacias. Peut-être que le garde-chasse les avait mal arrosés et allait être renvoyé, espéra Drago avant d'entrer dans le hall de l'école.
Au déjeuner il se plaça de manière à pouvoir voir la table des Gryffondor ; Potter était en tenue de Quidditch et il semblait plus heureux que jamais. Drago se sentit empli de fierté quand il se dit que c'était grâce à lui. Et en effet, à cet instant Potter croisa son regard et lui adressa un léger signe de tête accompagné de l'ombre d'un sourire. C'était bon de sentir que quelqu'un était heureux de le voir : à part avec sa mère et Pansy, cela ne lui était pas arrivé souvent dans sa vie ; même Crabbe et Goyle semblait considérer sa présence à leur côté comme acquise, et il ne montraient jamais qu'ils étaient heureux d'être ses amis. Mais Drago ne pouvait pas leur en vouloir : c'étaient des Serpentard, ils n'étaient donc pas voués au sentimentalisme. D'ailleurs, même lui n'aurait jamais cru qu'il penserait de telles choses un jour. Mais il faut croire que les gens changent, songea-t-il avec philosophie.
Il passa la semaine suivante sur un petit nuage ; les seules choses dont il devait se préoccuper, c'était le match de Quidditch qui approchait, et le fait de ne devoir penser qu'aux potions pendant les cours de Rogue, au cas où il prendrait l'envie à celui-ci d'aller faire un petit tour dans sa tête. C'était comme si l'heure qu'il avait passée avec Potter au milieu de la nuit avait effacé toutes ses préoccupations. Il ne s'était jamais senti aussi bien, et il savait de quoi il parlait.
Harry avait l'estomac noué, comme avant tous les matchs de Quidditch, mais cette fois c'était encore pire. Il fut incapable d'avaler le moindre bout de pain, et d'après les coups d'oeil qu'il jetait fréquemment à la table des Serpentard il en allait de même pour Malefoy. La discussion qu'ils avaient eue la semaine précédente avait ensoleillé toute sa semaine, mais il devait à présent faire fi de ses sentiments et se concentrer uniquement sur la rencontre à venir. Il ne savait pas si Malefoy était vraiment amoureux de lui, mais il savait en revanche que cela avait été très agréable de parler avec lui.
Il essaya d'attirer l'attention de Malefoy mais Ron lui demanda aussitôt pourquoi il s'agitait autant.
- J'ai cru voir une araignée, inventa Harry.
Ron devint tout blanc et s'immobilisa.
- Où ça ? Où ça ? demanda-t-il en bougeant à peine les lèvres, comme s'il eût craint que l'insecte n'entre dans sa bouche.
- Ne t'inquiète pas, elle est partie, le rassura Harry.
Mais Malefoy semblait complètement ailleurs, et Harry renonça à essayer de lui faire signe. Il quitta la table en même temps que son équipe, en essayant d'ignorer les regards haineux que les Serpentard leur lancèrent quand ils longèrent leur table.
Dans les vestiaires, Harry fit un bref discours d'encouragement, et conseilla simplement à ses joueurs de faire de leur mieux.
Il avait hâte de voir Malefoy, mais en même temps il avait le trac. Malefoy avait tellement de prestance dans sa tenue vert et argent, et il volait sur un Nimbus 2002 ; à côté de lui, petit et malingre, Harry ne faisait pas le poids. Avec inquiétude, il se demanda un bref instant si à cause de ça les Poufsouffle et les Serdaigle, qui soutenaient habituellement les Gryffondor, n'allaient pas subitement retourner leur veste. Puis il se trouva ridicule de penser une telle chose, et se répéta la seule chose dont il était sûr : c'était la meilleure équipe qui gagnerait. Il se tourna une dernière fois vers ses coéquipiers, et pénétra dans le stade sous les acclamations de la foule. Les Serpentard les attendaient déjà au milieu du terrain. Quand Madame Bibine intima aux deux capitaines de se serrer la main, Harry serra la mâchoire pour s'empêcher de sourire. Il s'aperçut que Malefoy fournissait le même effort ; mais il lui sembla tout de même que le Serpentard lui avait fait un imperceptible clin d'oeil.
Au coup de sifflet les quatorze joueurs s'envolèrent et Justin Finch-Fletchley, qui n'avait manifestement pas subi le même sort que Luna Lovegood, se mit à commenter l'action.
- Nott s'empare du Souafle et fonce vers les buts adverses - c'est incroyable, il arrive à slalomer entre les Gryffondor, il est seul devant Weasley - il marque ! C'est incroyable ! Le but le plus rapide de l'histoire de Poudlard !
Harry fit signe à ses joueurs désemparés de se ressaisir. Ils avaient travaillé de nombreuses tactiques pour bloquer les Serpentard dans leur moitié de terrain et savaient donc ce qu'ils avaient à faire.
- Ce n'est pas grave, lança-t-il à chacun de ses coéquipiers en passant près d'eux. Allez, on y va !
Il monta de quelques mètres afin de surveiller le jeu de dessus ; le Vif n'était nulle part en vue. Du coin de l'oeil il aperçut Malefoy qui, comme lui, essayait de localiser la petite balle dorée. Malefoy leva les yeux vers lui et Harry voulut lui adresser un sourire, mais ses mâchoires étaient trop crispées : il ne parvint qu'à faire une espèce de grimace qui, espérait-il, n'était pas trop effrayante.
Le match tourna vite à l'avantage des Serpentard. Pour chaque but marqué par les Gryffondor, les Serpentard en marquaient trois.
Harry vola jusqu'à Ron pour lui demander ce qui n'allait pas.
- Tout va bien, répondit Ron d'un air navré. Seulement, je n'arrive pas à arrêter leurs tirs.
- Il ne faut pas avoir peur, Ron, dit Harry d'un ton apaisant.
- Je n'ai pas peur ! s'indigna le gardien.
Mais il était blanc comme un linge et quand Zabini s'approcha à ce moment-là il se mit à gémir :
- Ohnonohnonohnon...
Se désolant de voir Ron dans cet état, Harry se dirigea vers ses autres joueurs pour voir comment ils allaient. Quand ils avaient le Souafle en main - même si cela n'arrivait pas souvent -, Hermione, Ginny et Colin se débrouillaient la plupart du temps pour marquer, mais en revanche ils étaient trop frêles pour empêcher les adversaires d'atteindre les buts de Ron. Quant à Neville et Andrew, leurs coups de batte étaient toujours puissants et justifiés, mais les Serpentard volaient trop vite et les Cognards les touchaient rarement.
Harry remarqua cependant que le jeu des Serpentard était beaucoup moins violent que d'ordinaire ; et ils n'avaient jusqu'à présent commis aucune faute. Peut-être Malefoy avait-il donné des directives ? Ou peut-être pas, finalement : c'était tout de même un Serpentard, il ne fallait pas trop en attendre de lui.
Se concentrant à nouveau sur le jeu, Harry poussa un grognement de désespoir lorsque Sarah Rowen marqua son sixième but, portant le score total des Serpentard à cent dix, alors que les Gryffondor n'avaient que cinquante points.
Le match tournait au désastre. Jamais Harry n'avait été témoin d'une telle débâcle depuis qu'il jouait au Quidditch. Aussitôt, il se demanda si ce n'était pas de sa faute : il était peut-être un mauvais capitaine ?
Au lieu de se lamenter sur son sort, il demanda un temps mort et retrouva ses joueurs pour leur prodiguer quelques conseils.
- Rowen ne passe jamais le Souafle à Nott, alors quand c'est elle qui l'a, Ginny et Colin vous foncez sur elle tandis que Hermione va marquer Zabini, d'accord ? Neville et Andrew, c'est bien, mais essayez de frapper un peu moins précipitamment les Cognards ; ou alors anticipez les mouvements des adversaires et visez là où ils se trouveront une seconde plus tard, compris ? Et toi Ron - Harry posa une main consolatrice sur l'épaule de son ami - anticipe, toi aussi, cela marchera peut-être.
Tous approuvèrent avec de vigoureux hochements de tête et s'envolèrent sous les sifflets des Serpentard et les encouragements des Gryffondor dans les tribunes.
Harry passa tout près de Malefoy pour aller reprendre sa place au-dessus du terrain, et ne put ignorer la béatitude qu'exprimait le visage du Serpentard. Harry se sentit troublé ; il n'avait jamais - ou rarement - vu Malefoy sincèrement heureux. Un instant, il se demanda s'il ne devait pas se réjouir de la victoire éventuelle des Serpentard. Quand Malefoy remarqua que Harry l'avait vu il essaya de contenir sa joie, ce qui confirma à Harry qu'il n'était pas l'être insensible que tout le monde croyait.
Mais, cela ne constituant pas une raison suffisante pour le laisser gagner, Harry espérait de tout coeur que son équipe allait remonter la pente. Il n'avait toujours pas aperçu le Vif d'or, et commençait à s'en inquiéter : espérant que Madame Bibine n'avait pas oublié de le relâcher, il se mit à tourner vaguement au-dessus des buts de Ron, lançant de temps à temps des encouragements au pauvre gardien. Cela semblait fonctionner, car Ron parvint à arrêter un tir de Zabini et un autre de Nott, tandis que Hermione et Colin marquaient chacun un but à tour de rôle. Mais l'écart était toujours très important, et Harry comprit que, plus qu'attraper le Vif d'or, il devait surtout pour l'instant empêcher Malefoy de le faire avant que les Gryffondor aient remonté au score. Mais la balle dorée restait invisible.
Malheureusement le sursaut des Gryffondor ne dura pas bien longtemps et quand les Serpentard menèrent deux cents vingt à soixante-dix Harry se mit en quête approfondie du Vif d'or afin de mettre fin à cette déconfiture. S'il parvenait à l'attraper avant que les Serpentard ne marquent à nouveau, il y aurait égalité et Madame Bibine annoncerait les tirs au but : tout n'était pas encore perdu. Mais encore fallait-il attraper le Vif.
Drago observait d'un air amusé le dépit des Gryffondor ; ça leur faisait du bien, à ces prétentieux, d'être un peu malmenés : on dirait que gagner contre les Poufsouffle ne fait pas de vous des dieux du Quidditch, songea-t-il avec satisfaction. Ce qui le contrariait néanmoins, c'était que si Gryffondor perdait, Potter perdrait ; et il ne voulait pas le voir déçu. Mais bon, il fallait bien un perdant, et Potter était un garçon raisonnable : il ne lui en voudrait probablement pas.
Par contre, il devait absolument attraper le Vif maintenant, car si par un extraordinaire coup de chance - ou de vent - les Gryffondor marquaient un nouveau but, et que Potter se saisissait du Vif à cet instant, les Serpentard pourraient dire adieu à la victoire.
En passant devant la tribune vert et argent - il adorait provoquer les cris enthousiastes de la foule - il aperçut le professeur Rogue, dont le visage arborait le début d'un sourire – ce qui trahissait le comble du ravissement chez lui. Content de voir que Rogue ne paraissait plus en colère contre lui, Drago piqua vers le sol pour vérifier que le Vif n'était pas quelque part au ras de l'herbe ; Potter sembla croire qu'il avait repéré l'objet de leur convoitise commune et le rejoignit un instant plus tard. Mais il s'aperçut bien vite qu'il n'en était rien et remonta en flèche, avant que Drago n'ait pu dire quoi que ce soit. Mais de toute manière, qu'aurait-il pu dire ? Il ne voulait surtout pas que Potter croie qu'il le narguait.
À ce moment il vit Potter opérer un spectaculaire demi-tour : il avait vu le Vif d'or. Drago leva les yeux et à son tour aperçut le Vif qui voletait innocemment près de la tribune des Serdaigle. Évaluant rapidement la distance, il comprit que grâce à la puissance de son balai il arriverait avant Potter de l'autre côté du terrain. Il s'élança à pleine vitesse, mais un rugissement en provenance des gradins occupés par les Gryffondor lui fit redoubler d'ardeur - un bref coup d'oeil à droite lui apprit que Granger avait marqué un nouveau but : si Potter attrapait le Vif les Gryffondor l'emporteraient. Mais quand il tourna à nouveau la tête il constata avec horreur que le Vif avait disparu. Heureusement, Potter avait également été déconcentré par le but et l'avait lui aussi perdu de vue. Impuissant, Drago regarda Sarah s'emparer du Souafle et zigzaguer en direction des buts de Weasley. Elle vole vraiment bien, ne put-il s'empêcher de penser. Son attention fut alors détournée par un mouvement juste sous lui : Potter avait à nouveau trouvé le Vif et fonçait. Désemparé, Drago se rendit compte qu'il était trop tard pour lui ; il n'arriverait jamais à temps. Sa seule chance, c'était si...
- Ouiiii ! Bien joué !
Sarah venait de marquer, et une seconde plus tard la foule commença à hurler d'excitation : Potter avait attrapé le Vif d'or.
