J'ai un peu la flemme de répondre aux reviews (pas que j'en aie beaucoup, mais bon... lol) mais j'adresse un grand merci à Lliy.B, emy black (jadore toujours autant tes questions existentielles :-D), la-shinegami, Micy, Amy Keira (maintenant que j'y pense, un rapport avec Keira Knightley ?) et lapin bleu sans pattes (mince, je n'aurais dû rien dire, maintenant tu sais que Harry et Drago vont tomber fous amoureux dans le 6 ! ptdr) qui ont prisle tempsde me laisser un petit mot alors que je ne prends pas la peine de leur répondre... Désolée...
Flaquemare et Wimbourne
Drago regrettait de ne pas avoir davantage de cours communs avec les Gryffondor. Il ne voyait Harry que trois heures par semaine, et il pouvait à peine lui parler. Quant à le voir en-dehors des heures de cours, c'était quasiment impossible ; il était toujours accompagné de ses deux fidèles amis, qui ne semblaient pas avoir de vie personnelle. Heureusement, Harry ne ménageait pas ses efforts, et faisait de son mieux pour échapper à leur vigilance. Mais ce n'était pas toujours suffisant, et Drago pouvait compter sur les doigts d'une main les moments qu'ils avaient pu passer ensemble, seul à seul, en l'espace de deux semaines.
Dumbledore, qui semblait prendre grand plaisir à organiser moult activités extrascolaires pour ses étudiants, avait invité le club de Flaquemare et les Frelons de Wimbourne à venir à l'école pour un match de démonstration. Drago avait essayé de convaincre Harry de profiter de ce moment où le château serait désert pour l'y retrouver, mais Harry avait refusé en expliquant que c'était leur devoir de capitaine d'équipe d'assister à ce match. Drago avait finalement reconnu qu'il avait raison ; de plus, la rencontre promettait d'être fort intéressante.
Aussi se trouvait-il dans la tribune, en ce samedi, assis à côté de Pansy. La jeune fille lui avait fait de plates excuses lorsqu'il était revenu à la salle commune après son rendez-vous avec Potter, la veille de la rentrée, et Drago, tout à son bonheur, les avait acceptées. Harry avait décidément un effet bénéfique sur lui ; il se sentait plus indulgent. Il avait rarement accordé une seconde chance à quelqu'un, et pourtant c'était la troisième pour Pansy.
Madame Bibine, qui avait qualifié « d'immense honneur » d'officier en tant qu'arbitre, siffla, et le match commença. Drago faisait de son mieux pour le suivre mais savoir que Harry était là, en face de lui, à portée de Multiplettes, le déconcentrait.
Harry jetait de temps en temps de rapides coups d'oeil dans sa direction, et il finit par remarquer que les Multiplettes de Drago ne suivaient pas les joueurs. Il leva les yeux au ciel avec un petit sourire, comme pour dire « Tu n'es vraiment pas sérieux », et articula : « Devant la bibliothèque ».
La bibliothèque était devenue leur principal lieu de rencontre, dans la journée, car leur présence là-bas ne pouvait être considérée comme étonnante. Il fallait juste qu'ils veillent à ne pas rester trop longtemps ensemble, et si quelqu'un passait à côté d'eux ils devaient échanger quelques paroles venimeuses, et jusqu'à présent personne n'avait, semblait-il, remarqué leur manège - à part peut-être Madame Pince, mais cela n'avait pas d'importance. Ensuite, s'ils en avaient l'occasion, ils se rendaient dans la pièce dissimulée par une tapisserie où ils s'étaient cachés de Pansy, qu'ils appelaient entre eux « la pièce secrète ».
Drago hocha la tête et Harry lui adressa un clin d'oeil discret. Souriant jusqu'aux oreilles, Drago reporta toute son attention sur le match. Il profita d'un temps mort pour demander à Nott :
- Tu ne trouves pas bizarre que Dumbledore organise toutes ces choses, cette année ? D'abord la chasse aux oeufs, maintenant ça...
- Oh, le bruit court que Bondupois lui a dit un jour qu'il ne se passait pas un mois sans qu'un événement ait lieu à Fairsalem, et Dumbledore aurait été piqué au vif, répondit Nott d'un ton désinvolte. Il essaie de lui montrer qu'ici aussi, on sait s'amuser, ajouta-t-il en se penchant pour mieux apercevoir Clara Goodwin, une poursuiveuse de Wimbourne.
Drago n'était pas convaincu par cette explication, car cela ressemblait très peu à Dumbledore de vouloir prouver à tout prix qu'il était le meilleur. Mais de toute manière, ce n'était pas important. Ce qui l'était, c'était que la cohue à la fin du match lui permettrait de s'éclipser discrètement pour rejoindre Harry.
- Tiens, maintenant que j'y pense, tu as du courrier, fit brusquement Nott. Le hibou t'attendait devant la salle commune mais tu étais déjà parti, alors j'ai pris la lettre. Pas très futé, ce hibou.
Drago fourra l'enveloppe dans sa poche et essaya de distinguer la marque gravée sur les balais des joueurs.
- Tu te rends compte que la plupart de ces joueurs ont étudié ici ? continua Nott en embrassant d'un geste du bras les douze silhouettes qui écoutaient leurs capitaines respectifs. Il y a forcément au moins une personne dans cette école qui deviendra un jour célèbre, et on pourra dire qu'on l'a connue.
- Eh bien, tu fais ce que tu veux, mais si Londubat devient célèbre, même sous la torture je n'avouerai pas que je suis allé à l'école avec lui.
- De toute manière il y a déjà Potter pour faire la célébrité de service, fit Nott.
Drago ne releva pas son ton méprisant, mais s'imagina un instant la réaction des lectrices de Sorcière-Hebdo si elles apprenaient ce qu'il faisait avec le beau Harry Potter. Des milliers de filles rêvaient d'être à sa place, en fin de compte, mais sans le savoir.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Nott.
- Rien, répondit Drago en essayant tant bien que mal de dissimuler son sourire. Je me disais que Dumbledore était peut-être amoureux de Bondupois.
Lorsque le club de Flaquemare eut remporté la victoire - deux cents quinze à cent quatre-vingt - tous les élèves de Poudlard se ruèrent comme un seul homme sur le terrain pour aller chercher qui un autographe, qui un morceau de robe ou un poil de balai. Harry vit Olivier Dubois lui faire un signe de la main avant d'être assailli par une nuée de jeunes filles, dont Cho Chang.
Il avait prévu de quitter le terrain aussitôt après le match mais alors qu'il s'apprêtait à remonter vers le château il se cogna à Hagrid.
- Eh bien Harry, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu en-dehors des cours, fit le géant.
- Excusez-moi, Hagrid, mais la dernière fois que j'ai voulu vous rendre visite je n'ai même pas pu mettre un pied chez vous.
- Oh, c'est vrai, s'exclama le garde-chasse. Excuse-moi pour ce Povrebine. Je l'avais recueilli le matin même, il semblait désespéré. Il doit s'ennuyer de son pays, d'ailleurs je me demande ce qu'il faisait là.
Non pas qu'Harry n'était pas passionné par la raison qui avait poussé ce Povrebine à s'exiler, mais il commençait à s'impatienter. Ne voulant pas paraître impoli, cependant, il resta écouter Hagrid mais Hermione en profita pour le rejoindre.
- Je me demandais où tu étais passé, Harry. Oh bonjour Hagrid ! Ron est encore là-bas, je crois qu'il essaye d'aborder l'attrapeuse de Flaquemare...
Harry ne savait pas quoi faire. Comment allait-il s'échapper pour rejoindre Drago ?
- Tu n'avais pas envie d'aller voir les joueurs, Harry ? demanda aimablement Hermione.
- Non, mais vas-y si tu veux.
- Sans façon. J'apprécie plus le Quidditch depuis que j'y joue, mais pas à ce point.
- Tu as remarqué le nombre de fois où Flaquemare a utilisé l'attaque en faucon ? Wimbourne aurait dû s'y attendre, au bout d'un moment... Par contre quand ils essayaient de faire la même chose, ça se transformait en Tassebut...
- Harry, j'avais oublié, je dois demander quelque chose à Hagrid pour son prochain cours ! s'exclama Hermione.
Et elle s'élança à la suite du géant, qui venait de les quitter.
Harry sourit et se remit en route. Son plan avait marché à la perfection. A présent, il devait se dépêcher pour ne pas être à nouveau alpagué par quelqu'un.
- Monsieur Potter !
C'était le professeur Bondupois, aussi ne pouvait-il pas faire semblant de ne pas avoir entendu. Il se retourna à contrecoeur.
- Je pensais que vous iriez voir les joueurs, comme les autres. Le match ne vous a pas plu ?
- Oh si, mais de toute manière ils restent dîner ici, non ? Je pourrai toujours les voir plus tard.
- Je crois savoir que vous êtes ami avec Dubois ?
- J'ai joué dans son équipe. C'était un très bon capitaine.
- Et un remarquable gardien, ajouta Bondupois. Vous aimez beaucoup le Quidditch, n'est-ce pas ?
- Beaucoup, oui, acquiesça Harry, vaguement mal à l'aise.
Le regard du professeur Bondupois était perçant ; il avait l'impression qu'elle essayait de lire dans ses pensées.
- Savez-vous que la prochaine Coupe du Monde sera organisée par les Etats-Unis ?
- Je l'ignorais. J'ai assisté à la finale quand elle a eu lieu en Angleterre, il y a deux ans. C'était grandiose.
Bondupois sourit à la vue de ses yeux brillants de joie à ce souvenir, et dit :
- Je crois que nos chemins se séparent ici. A bientôt.
Ils étaient arrivés dans le hall, et tandis que Bondupois disparaissait à droite de l'escalier, Harry fonça à la bibliothèque.
Il y retrouva Drago qui faisait les cent pas.
- Je me demandais ce que tu faisais ! s'exclama ce dernier. Je croyais...
Harry le fit taire d'un petit baiser. Il n'avait plus peur de prendre des initiatives, à présent, à la plus grande joie du Serpentard. C'était une des grandes différences entre sa relation avec Drago et celle avec Parvati : avec Drago, aussi étonnant que ce fût, il se sentait parfaitement à l'aise.
- Allons dans la pièce secrète, tu veux ? proposa Drago.
Les couloirs étaient complètement déserts ; ils n'eurent pas à se cacher une seule fois et purent même se tenir la main jusqu'à destination. Quand il tenait dans la sienne la main douce et puissante de Drago, Harry se sentait invincible ; et il lui arrivait de se sentir triste de ne pas pouvoir le faire en public. De temps à autre il la serrait un peu plus fort, et Drago lui répondait de la même manière. Ils n'avaient pas besoin de parler ; ils étaient bien.
Drago s'apprêtait à soulever la tapisserie pour révéler la porte de la pièce secrète quand Harry se retourna brusquement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Drago.
- J'ai entendu du bruit...
- Tu as dû rêver, fit Drago d'un ton léger. Il n'y a que nous, ici.
En effet, le couloir était vide.
- Ou alors c'est Peeves qui a cassé quelque chose plus loin, ajouta-t-il après réflexion, voyant l'air soucieux de Harry.
Il entraîna Harry à sa suite dans la salle, et quand il se mit à lui mordiller le lobe de l'oreille, ce dernier oublia tous les bruits du monde.
En retournant à sa salle commune, Drago tomba sur Brittany Philips, l'attrapeuse du Club de Flaquemare, qui avait apparemment réussi à échapper à la foule dont on entendait encore la clameur lointaine par la porte ouverte.
- Félicitations pour votre passe de Plumpton, la félicita-t-il sincèrement. J'avoue que j'ai été très impressionné.
- Merci, c'est gentil, répondit-elle d'un ton mécanique en sortant une plume de sa poche.
- Oh non, je ne veux pas d'autographe, fit aussitôt Drago.
- Ah bon, dit Brittany Philips, ne sachant manifestement pas si elle devait être soulagée ou vexée.
Drago tenta de modérer ses paroles.
- Ce que je veux dire, c'est que les autographes ne servent à rien. Vous en signez à la chaîne, sans y penser. Je préfère nettement discuter cinq minutes avec vous, c'est plus... personnel. Enfin, si vous en avez le temps. Je rencontre rarement des joueurs professionnels.
Le visage de l'attrapeuse s'éclaira.
- J'avoue que je commençais à avoir mal au bras. Est-ce que tu joues au Quidditch ?
- Oui, je suis capitaine de l'équipe de Serpentard, se rengorgea Drago.
- Serpentard ? J'y étais. Est-ce qu'ils sont toujours aussi... Serpentard ?
- Toujours, fit Drago.
Brittany pouffa.
- Je ne devrais pas critiquer ma propre maison...
- Moi non plus, acquiesça Drago avec l'ombre d'un sourire.
Ils parlèrent encore cinq minutes, à l'issue desquelles Drago conseilla à l'attrapeuse la salle de bains des préfets au cinquième étage. Puis il retourna dans son cachot, un peu étonné d'avoir eu une discussion avec une célèbre joueuse de Quidditch sans même s'offusquer du fait qu'elle l'ait tutoyé, ni penser à placer dans la conversation à quel point il était lui-même doué.
Comme convenu, Harry retrouva Drago au bord du lac à huit heures, le lendemain matin. Quand il arriva Drago, les paupières closes et le visage offert aux premiers rayons du soleil, était assis contre un hêtre, de manière à être invisible depuis les fenêtres du château. Harry s'approcha sur la pointe des pieds et arrêta son visage à quelques centimètres de celui du Serpentard, qui ouvrit brusquement les yeux.
- Hé ! s'exclama Harry. Tu as les yeux couleur d'orage.
- Comme mon tempérament, sourit Drago.
- Tu parles, c'est un genre que tu te donnes. En réalité tu es doux comme un agneau.
- Tu crois ça, Potter ?
- J'en suis certain. Je t'ai percé à jour.
Harry lui embrassa le bout du nez et s'allongea dans la rosée pour poser sa tête sur la cuisse de Drago.
- Si j'avais su qu'être avec toi signifiait devoir se lever aux aurores pour se voir, j'aurais réfléchi à deux fois.
Les oiseaux chantaient gaiement et les feuilles des arbres bruissaient dans la brise fraîche d'avril. Quelque part dans la Forêt Interdite un loup poussa un hurlement, suivi par le grondement sourd de nombreux sabots sur la terre meuble.
- Je crois que c'est vrai, dit Drago au bout d'un certain temps en baissant les yeux vers la tête de Harry que sa respiration tranquille berçait.
- Qu'est-ce qui est vrai ? demanda Harry en se redressant.
- Tu es le seul à me connaître vraiment.
Harry, songeur, finit par acquiescer. Il sentait que Drago était ému.
- Ce qui m'ennuie, continua ce dernier d'un ton plus léger, c'est que maintenant que tu as découvert ma véritable personnalité, je vais devoir te tuer.
- Tu peux faire de moi ce que tu veux.
Une demi-heure plus tard les deux garçons se rendirent de concert à la Grande Salle, en prenant soin d'avoir l'air irrité de commencer la journée par une si mauvaise rencontre.
Pendant le déjeuner Dumbledore se leva pour faire une nouvelle annonce :
- Le professeur Bondupois désire voir les capitaines des quatre équipes de Quidditch dans son bureau sitôt qu'ils auront fini de manger.
Harry et Ron échangèrent un regard interrogateur.
- Qu'est-ce qu'elle peut bien vouloir ? demanda Ron bien que Harry n'en eût aucune idée.
- Peut-être qu'elle veut des leçons, hasarda Dean Thomas.
- Ou elle veut vérifier que vos balais ne sont pas truqués, renchérit Seamus.
- Ça c'est le travail de Madame Bibine, objecta Hermione.
Harry avait l'impression que ce n'était pas sans rapport avec leur discussion de la veille, mais le meilleur moyen de savoir ce qu'elle voulait était de faire ce qu'on lui demandait.
En quittant la salle il vit Drago rire avec Théodore Nott, et ne put s'empêcher de se sentir abandonné. Il se raisonna aussitôt en se disant qu'il ne devait pas être possessif et, saluant ses amis, se mit en route d'un pas décidé vers le bureau de Bondupois.
