Disclaimer : Je ne posséde pas les droits sur le manga Hellsing (dommage) et aucun des personnages ne m'appartient et re blablabla...
Les coulisses… d'Iscariote-1 : Régler ses comptes…
nota : RAS. Ah si : on ne rit pas des noms à consonance italienne.
Vatican(fictif) Un lundi matin
« Père Domenico ! »
Je lève les yeux sur le père Julio qui entre avec une liasse de papiers à la main, craignant le pire. Le lundi matin est toujours signe de mauvaises nouvelles au service comptabilité. Je croyais que travailler au Vatican me rappellerait les temps bénis ou notre Saint-Père veillait sur le monastère où j'officiais. Je n'aurais jamais cru que mes talents pour les chiffres m'amèneraient à traiter de telles… horreurs.
Comprenez que les horreurs ce sont des factures incessantes à traiter et à faire justifier pour le compte de la section XIII. De tous les dossiers que je traite, le leur est un des plus fournis et un des plus excentriques.
Le père Julio pose son fardeau sur mon bureau en expliquant :
« Ceci nous est parvenu par fax à la première heure mon père. Je pense que c'est à vous de vous en occuper.
Ne me dites pas que ça concerne la section XIII, le prie-je.
Alors je ne le dirais pas mon père mais…
Merci Julio. »
Il sort avant que je ne regarde ce qu'il m'a apporté, ce qui me fait redouter le moment de lire ces papiers.
Je vais retarder cette douloureuse montée en croix et en finir avec les dossiers en cours.
Celui que je traite à l'instant est très intéressant, d'un certain point de vue... C'est le cas de le dire. Il s'agit du fournisseur de lunettes du Vatican. Les commandes du Père Maxwell, du Père Anderson, des Sœurs Yumiko et Heinkel ainsi que celles pour la section XIII représentent un tiers des factures de l'opticien. Je me demande ce qu'ils font tous de leurs lunettes. Il y a beaucoup de verres fumés. Je comprend que l'on puisse casser facilement ces accessoires négligeables mais comment peuvent-ils tous, en adultes responsables, casser aussi souvent des objets aussi précieux que leurs lunettes de vue ?!
Je me dis que les voies du seigneur sont impénétrables.
Avec le temps, et pour maîtriser mes nerfs, j'ai appris à ne plus m'étonner des dépenses les plus incroyables. Mais j'ai de plus en plus de mal à trouver la paix de l'esprit lors de ma confession hebdomadaire. Que pourrais-je dire au Père Supérieur ?
Le plus choquant a été à mes débuts, quand j'ai commencé par classer des tickets de caisse pour des vêtements, pour des repas, des billets d'avion : tout ce qu'il y a de plus banal ! Puis au milieu de tout cela, une facture pour des balles de revolver. Les explications qui m'ont été données à ce sujet sont restées vagues et en gros on m'a demandé de ne plus y prêter attention. Je peux envisager que ces agents spéciaux soient armés… Pour protéger notre Sainte Mère l'Eglise, nous devons bien avoir des armes adaptés à l'époque et aux mœurs, face aux barbares qui veulent nous affaiblir. Mais que penser d'une facture pour un fourreau de sabre de 1m80 ?!! Ou pour des rapières en acier ?! Et que leurs factures comportent une ligne « bénédiction » ?
Je fais glisser ces dernières dans un dossier « armes » destinés aux affaires « militaires » du Vatican, afin de m'éviter d'autres sueurs froides. Les chiffres que j'aligne donneraient des palpitations au plus riche des Américains. Mais le silence reste de mise. Mon silence est sacré et surtout il protége certaines affaires que le grand public ne pourrait même pas imaginer dans notre Enceinte Bénie.
Je ne décompte même plus les papiers officiels signés de la main de son Eminence le Cardinal qui me demande d'accorder les fonds pour régler telle ou telle plainte pour destruction de matériel, de véhicules (très courant), plaintes pour tapage nocturnes ou autres demandes destinées à assurer le silence de personnes présentes au mauvais endroit au mauvais moment.
Parfois, les intitulés sont si vagues que je ne peux que me perdre en conjectures sur les réalités qui se cachent derrière les chiffres. Par exemple, une somme considérable est demandé pour réparer les dégâts occasionnés par la charmante sœur Yumiko dans un restaurant italien. Elle ne m'a jamais semblé rien pouvoir faire de plus dangereux que de renverser son assiette.
Seigneur, tu as mis une part de ton mystère en tes enfants…
Mais mes réflexions s'éparpillent et je dois me reprendre pour additionner le sous-total et calculer la TVA. Je songe au Père Oracio, qui gère les dépenses d'eau, d'électricité, de gaz et les lignes téléphoniques ainsi que l'Internet. Je te demande pardon Seigneur pour de telles pensées mais je suis heureux de ne pas être à sa place ! Mon pauvre collègue à l'air aussi traumatisé que moi, notamment quand il doit faire les statistiques d'appel de tous les téléphones de la section XIII. Outre les appels sur des téléphones à l'autre bout du monde, le Père Maxwell a dépensé une fortune en communications avec l'Angleterre. Je me demande bien pourquoi.
Le chiffre est enfin inscrit, j'envoie le récapitulatif aux archives.
Enfin, je me décide à voir ce fax laissé par le Père Julio.
Il semble que la société Xerox ai fait le relevé des compteurs des photocopieuses. Je grimace. Le chiffre est considérable. En effet, le Père Anderson a récemment découvert tout l'intérêt de ces machines et il n'est plus rare de le voir occupé à utiliser une photocopieuse dans nos locaux, tôt le matin, avant de se rendre chez le Père Maxwell. Autrefois, il nous faisait acheter des Bibles entières par lot de 30. Je pensais qu'il les utilisait pour le catéchisme à l'orphelinat mais au vu de ces chiffres, il est clair que c'est impossible. A quoi peut-il bien utiliser toutes ces reproductions de sa Bible, par Saint Jean ? Je me rends de ce pas chez le Père Maxwell pour avoir encore une explication, vague et destinée à me ménager sans doute. Je le remercie d'ailleurs. Je crains que la vérité n'ébranlent mes dernières convictions concernant la section XIII. Pourquoi cette section est-elle si importante pour son Eminence au point qu'elle ferme les yeux sur les dépenses démesurées qu'elle occasionne ?
Mais ceci n'est pas de mon ressort, je me contente d'aligner les chiffres et de gérer les comptes. Mon Dieu, sur cette terre, tes enfants ont souvent bien du mal à comprendre ton dessein.
PS : Et maintenant on imagine notre cher Anderson devant sa photocopieuse le matin, en train de chanter « We will rock you » comme dans la pub pour Ev !
