Auteur : Eilwin

Genre : Romance/Humour

Pairing : Harry Potter/ Draco Malefoy

Rating : G

Disclaimer : Univers et personnages sont à J.K.Rowling. Je ne me fais pas de fric (dommage d'ailleurs !) avec cette fiction.

Résumé : « Vous aimez le rouge et or, Monsieur Malefoy ? » « Je les déteste » « Et bien je vous laisse une semaine pour les apprécier…» Et merde ! Potter, tu vas mourir

Attention !

Je rappelle à tous que ceci est un slash ! Donc, Homophobes s'abstenir ! Ici nous sommes tous entre petites yaoïstes complètement dingues des belles histoires d'amour entre nos deux beaux mecs :D

Note de l'auteuze : Bonsoir tout le monde ! Et oui, un nouveau chapitre est arrivé (comme Zorro, mon dieu ce que je suis hilarante, mouarf mouarf mouarf). Je l'avais écrit depuis un bon moment mais j'avoue qu'il ne me plaît pas…En fait, je suis tellement impatiente de vous faire connaître la suite que j'ai préféré me concentrer sur les prochains chapitres ! Néanmoins, il est utile et donc je vous souhaite à toutes une bonne lecture, en espérant que vous me pardonnerez pour ce retard phénoménal…

Chapitre 11 : Et qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ? Vive l'introspection…

Je sors de l'infirmerie, un sourire béat collé au visage. Vraiment, je suis pathétique. Rester papoter de tout et de rien avec mon meilleur ennemi avec pour simple motif de le préserver comme tel ? Je suis plus que pitoyable…

Bon, d'accord, j'essaie de me persuader que c'était mal, mais j'y arrive pas, d'accord ? J'avoue que je me suis quand même amusé…Potter est hilarant en personnage de l'aristocratie.

Il fait peut-être un peu trop midinette mais ça lui donne un petit air terriblement craquant…PAUSE ! RETOUR EN ARRIERE à « Ca lui donne un petit terriblement craquant… »

QUOI ! Est-ce que je viens réellement de penser ça ? Potter…craquant ?

Non, non ça ne colle pas. Potter n'est même pas quelqu'un qu'on pourrait qualifier de « beau ».

D'accord, il a des yeux magnifiques dont aucun autre ne vert n'arrive à la cheville, un nez droit et masculin, des sourcils marqués donnant du caractère à son visage, une mâchoire large et puissante, des lèvres ourlées et rouges comme si elles venaient d'en embrasser farouchement d'autres, des cheveux ébouriffés qui vous donne l'impression qu'il a passé une nuit agitée, un cou à la limite de la décence tant il nous donne envie de l'embrasser et d'y laisse sa marque, persuadé que l'on a des gênes de vampire, des clavicules parlantes qui nous hurlent d'y passer les doigts, des épaules larges et sécurisantes, un torse fin et finement sculpté qui paraît n'exister que pour nous, un dos lisse et irrésistible, des hanches qui clament qu'une main baladeuse les caresse, …

Non, franchement, il n'a rien de bien particulier…

(…)

Bon d'accord, il a peut-être quelque chose de spécial. Mais je vous emmerde !

Un débat spirituel passe en live dans mon esprit de Serpentard, et malgré les soi-disant « aptitudes » de ma noble maison, j'y vois rien, je suis perdu, complètement paumé.

Je me demande si…vous croyez que si me cogne la tête contre un mur à la manière de Dobby mon problème se résoudra ?

Je pense pas…Et puis, les bosses c'est très inesthétique. C'est gros, informe et douloureux. Nan, j'en veux pas.

Bye bye la « méthode Dobby », Plan A, coulé. Blourp, blourp, blourp…Capitaine Dobby coule avec son navire dans un océan de vêtements sales.

Je pense qu'il faut que j'arrête d'essayer de dédramatiser la situation, je suis encore plus pathétique…

Je continue ma marche tranquillement et bifurque brusquement à droite, ayant soudainement envie de me retrouver au frais.

Je passe les grandes portes de chêne et me dirige d'un pas lent vers le lac et m'assied en indien, comme aimait dire Potter, l'ayant déjà vu faire (il était d'ailleurs écroulé au terme et me demandait de lui passer le calumet de la paix en prenant un air défoncé…), et perdis mon regard au loin, trop concentré sur mes pensées pour remarquer la froideur de la brise.

Je tente vainement de rependre mes esprits et m'étire soigneusement, détends mes muscles endoloris, un peu à la manière d'un chat. Un peu à la manière de Potter…

Et voilà que ça recommence…Je retombe sans cesse sur Potter. Chaque pensée me ramène à Potter. Chaque souvenir me rappelle Potter.

Il a hanté six années de mes études mais, évidemment (malheureusement ?), pas de la même façon. Ces six dernières années ne sont qu'observation, machination, détermination, haine, violence, chagrin, blessure…

Je n'ai pas passé une semaine avec Potter que je tombe déjà sous son charme innocent, comme disent ses soupirantes, et je suis aussi amorphe qu'elles quand je le vois.

Je me dégoûte. Je clame mon nom, mon honneur, ma gloire alors que j'envoie balader tous mes principes pour un simple amour d'adolescent…

Une minute passe où je regarde les ondulations du Lac, au loin et où je sens l'herbe sous mes mains. Fraîche et douce.

L'ai-je dit ? Je crois que j'ai rêvé…Je viens de parler de Potter et le mot « amour » dans la même phrase et tout cela sans négation.

J'ai du mal à y croire…Moi, qui n'ai jamais aimé, me retrouver entiché de mon pire ennemi, celui que je hais tant ?

Je n'ai jamais aimé, je n'aime pas et je n'aimerai jamais. Tout cela est très simple. Un Malfoy n'aime pas. Un Malfoy manipule, profite, jouît de ses richesse mais n'aime pas, n'affectionne pas, ne témoigne aucune tendresse, aucune sympathie. Et pourtant…

Même si j'admets que j'aime le célèbre Harry Potter, cela n'arrangera rien à la situation. Et ne me dites pas l'éternel « Tu seras en paix avec ta conscience » parce que ce que vous dites, c'est du pur délire. Ma conscience est de la lignée des Malfoy elle aussi, je vous rappelle.

Je sais que ma vie est toute tracée. On a choisi pour moi. Ma vie est tellement prévisible que, souvent, je me demande comment cela se serait passé si une petite chose s'était produite différemment, déboulant sur une autre, plus importante, et créant un énorme bouleversement dans mon petit ordre établi d'avance.

Cela s'appelle « l'effet avalanche » comme me l'avait appris un jour ma mère en me racontant une histoire.

Je pense que la vie, c'est la même chose. Bien sûr, lorsque les événements se suivent et découlent sur un autre, on ne remarque pas les variantes. On n'émet pas de « Et si ».

Une toute petite chose peut bouleverser votre petit nid tranquille et confortable, des choses auxquelles on ne pense même pas.

Imaginez-vous le matin, vous réveillant péniblement. Emergeant d'un sommeil profond. Vous ouvrez un œil et lancez un regard brumeux à votre réveil.

Vous avez un entretien d'embauche pour un poste au ministère de la magie (ô joie), la chance de votre vie, aujourd'hui et vous êtes en retard (pas de bol, me direz-vous). Vous maudissant jusqu'à votre sixième génération, vous vous levez d'un bond et vous habillez à la manière de Flash Gordon. Vous courrez jusqu'à la gare, complètement démoralisé et persuadé que l'entretien vous passe sous le nez ainsi que votre futur confort social. Arrivé sur le quai, vous remarquez une agitation peu commune. Vous n'êtes pas de nature curieuxse mais cela vous intrigue. Deux minutes plus tard, vous apprenez que vous avez raté votre train…et que celui-ci a percuté violemment un autre suite à une erreur technique.

L'entretien n'a plus beaucoup d'importance, maintenant. La seule chose à laquelle vous pensez c'est « Et si je ne m'étais pas réveillé en retard ? »

J'avoue que c'est de l'hypothèse et que, ça arrivera rarement. Mais, en y pensant vraiment, est-ce que toutes ces choses que nous avons ou que nous n'avons pas faites, ont une conséquence directe sur notre vie ? Si je n'avais pas perdu à ce match, si je n'avais pas oublié mon devoir, si j'avais suivi ma propre voie…

Mais dans ma vie à moi, le « Et si ? » n'existe pas. Il n'y a pas de « Et si » parce qu'il n'y a pas de deuxième alternative, pas de seconde chance. Ma vie est réglée comme une horloge. Je n'ai pas de choix, pas de pensées propres, enfin, du moins essaie-t-on de me le faire croire. Vous voulez un aperçu de ma future vie ? Je la connais pas cœur…

Dans quelques mois je fête mon dix-septième anniversaire. J'y organise, pour l'heure, une énorme fête en mon honneur. Elle sera bien évidemment composée du beau monde, tous Sang-Purs.

Je passerai chaque minute de cette soi-disant fête à penser à une autre vie que j'aurais pu me construire si j'avais eu un peu de cran, un peu de volonté. Je serai dégoûté de moi-même, de mon obéissance, de ma déchéance. Mais le pire dans tout cela, c'est que mon visage et mes actions resteront neutres, ne démontreront en rien que je me hais et que je détestent tous ces bourges hypocrites.

Quelques semaines plus tard je serai contraint de tuer, martyriser ou simplement faire souffrir des gens innocents pour prouver mon « allégeance éternelle » et, passé ce cap, j'aurai un nouveau tatouage pas du tout tendance sur le bras qui, à chaque fois que je le verrai, me dégoutera d'autant plus de moi et de ce que je suis devenu.

On annoncera alors mon mariage avec Pansy Parkinson, mon bouledogue préféré, qui me révulsera plus que moi-même ( c'est pour dire...). Et mes tenues ainsi que la décoration seront les principaux sujets de conversations de Mère et de la famille Malfoy.

J'écouterai leurs débats, à peine attentif , acquiesçant néanmoins en tentant de paraître intéressé. Je me sentirai lâche et lasse. Lâche de ne pas m'être rebellé et lasse de toute cette comédie.

Après cela ma « vie » ne sera que richesses, pouvoir, trahisons et faux-semblants. Car, oui, dans un monde d'hypocrites, les Malfoy sont rois.

Elle est pas belle la vie ? Je suis si cynique…

Je sais que Dumby va bientôt me convoquer dans son bureau, plaidant une affaire importante à régler. Mais je sais ce qu'il s'y passera. Il va me faire un petit discours sur les valeurs morales et sur son respect à soi. Mais ça, j'en aurai rien à foutre.

Le vieux fou voudra certainement m'inventer espion à la manière d'un pion dans un échiquier géant dont les pièces ne sont autres que des Mangemorts et des gentils Gryffondors impliqués dans une bataille entre un vieux fou et un ver rampant qui n'est pas la leur.

Et moi, je serai où ? Moitié blanc, moitié noir ? Je n'aurai aucune case de l'échiquier, voilà ce qu'il se passera. Parce que moi, Draco Lucius Malfoy, je serai loin de tous ces manipulateurs.

Voyant ma réticence à devoir jouer deux rôles dont aucun des deux ne me convient, Dumby me proposera, tout naturellement, de rejoindre le côté « blanc », comme ils aiment l'appeler, et l'idée de devenir un traître à ma famille me révulsera d'autant plus. Je suis et resterai un Malfoy. Je ne suis pas comme un de ces traitres de Black.

Non, je serai lâche et je partirai, le moment venu. Je brandirai le drapeau blanc et m'enfuirai loin de cette guerre sans fin en laissant à Potter la chance de sauver le monde magique…Et si je n'étais pas si borné, je dirais que c'est la seule personne qui pourrait me retenir ici.

Perdu dans mes pensées, je ne prête pas attention au décor qui m'entoure alors que je me dirige vers l'enceinte de l'école et me perd dans un dédale de couloirs tous plus sombres les uns que les autres.

Il sera tout seul, je pense. On lui foutra tout sur le dos avec pour seul consigne de nous « tuer la vermine » et lorsqu'il y aura un pépin, personne ne sera là.

Le côté blanc, tu parles !

J'ai beaucoup réfléchi cette semaine…Et, à ma grande horreur, je nous ai trouvé des points communs à Potter et moi…

Nous avons tous les deux des obligations. Bien sûr, tout le monde en a. Mais est-ce que vous, vous devez pulvériser un sorcier super puissant machiavélique et sans états d'âmes ? Je ne pense pas…

Je n'ai pas les mêmes obligations, mais elles ont autant d'importance à mes yeux et ceux de ma famille. Moi je suis le dernier des Malfoy, le dernier de la lignée. Je foire, je foire la lignée des Malfoy.

Mon père veut me voir comme un gentil Mangemort obéissant et léchant les bottes d'un dingue visqueux aux yeux rouges.

Dumbledore espère me convertir espion ou, encore mieux, me faire basculer du bon côté.

Dans un sens, Potter a de la chance. Il est du bon côté d'office. Il n'a pas à réfléchir.

Moi, de mon côté, je suis las, las de tous ces complots, toutes ces machinations et cette hypocrisie polluant l'air.

Les seuls instants où mon esprit est déconnecté de toutes ces conneries c'est quand je suis avec lui. C'est con à dire, je sais. Ca fait bouquin à l'eau-de-rose plutôt mal écrit.

Mais il est tellement…naïf. Il sait tout ce qu'il se passe autour de lui, la cruauté, la méchanceté, la perfidie de certaines personnes mais lui, contrairement à moi, continue à penser qu'ils ne sont qu'une minorité et qu'à l'opposé, il y a des gens biens, attentifs, loyaux, prêts à sacrifier leurs vies. Jusqu'il y a peu de temps, je n'y croyais pas et lorsque Potter me parlait de courage, d'amitié et de sacrifice, je me disais qu'il était pathétique et j'avais pitié de lui.

Mais je sentais en moi ce grondement. Le grondement de ma jalousie. Ma jalousie envers lui. Envers une personne qui garde ses rêves et à qui on fait confiance.

Je jalouse sa gentillesse, son innocence, sa naïveté et surtout, son formidable sourire qui a le pouvoir de faire fondre n'importe qui.

J'ai pensé que passer une semaine avec lui attiserait cette jalousie mais je me suis lourdement trompé.

Au contraire. Toutes les petites choses qui font ce qu'il est me touchent. Potter me touche. Par ses mots, sa gentillesse et son côté innocent. Il me touche. Il me touche par son côté boudeur, timide et charmeur.

Il me touche par sa générosité sans faille, son sens de la loyauté et ses crises de nerfs lorsqu'il n'y a plus de chocolat pour le dessert.

Il me touche par sa sensibilité, son manque de tact, sa manie de passer sa main dans ses cheveux.

Il me touche par son manque de confiance en lui, sa richesse d'émotions et son humeur si Gryffondor.

Comment expliquer le fait que tout ce qui touche de près ou de loin à Potter me semble adorable ?

Je comprends la loyauté et la dévotion de ses amis. Je comprends pourquoi ils aiment sa compagnie, pourquoi ils l'admirent tous, pourquoi ils l'aiment.

Parce que Potter incarne la fraîcheur de vivre. Sa simple compagnie nous permet de nous vider littéralement de nos soucis. Il nous apaise grâce à son sens de l'écoute, ils nous réconforte avec sa légendaire tendresse, il nous fait sourire avec ses rougissements innocents.

Voilà ce qu'est Potter, mon pire ennemi, il est comme un enfant dans un corps d'adolescent. Il est une chenille dans un corps sublime de papillon.

Comment fait-il ? C'est la question qui me trotte dans la tête depuis longtemps. Comment fait-il après avoir traversé tant d'épreuves et connu tant d'horreur pour paraître si pur ?

En fait, je pense que je ne veux pas le savoir. Parce que j'aime aussi observer Potter furieux. Lorsque la haine l'habite, la passion le dévore et la hargne lui agrippe les tripes. J'aime détailler son corps tremblant de frustration, ses poings serrés au maximum et son souffle si rapide qu'il nous en fait perdre le nôtre.

J'aimais lorsque toute cette énergie était canalisée vers moi. Lorsqu'il faisait converger toute cette emprise malsaine vers une seule personne, moi. J'étais flatté, à la limite de la satisfaction, de savoir que mon pire ennemi dépensait tant de temps à médire sur mon compte et à vouloir me casser la gueule.

Je pense que c'est pour ça que je l'aime bien, au fond, parce qu'il me tient tête. Parce qu'il n'est pas comme tous ces lèches-bottes craintifs qui sont à la limite de la séance d'adoration.

Non, lui c'est pas comme ça. Lui, il n'avait pas peur de se faire un ennemi, pas peur de pourrir six ans de ses études pour une histoire d'alliance. Je pense que je l'admire pour ça.

Je regarde le lac sombre par la fenêtre. Je me sens seul. Je me sens seul quand il n'est pas dans les parages. J'ai l'impression d'être en manque, un peu comme les grands drogués. Parce que oui, je suis accro à mon pire ennemi.

En plus il fait moche. Il fait moche quand Potter n'est pas là, quand il se sourit pas et qu'il ne me parle pas de cette manière que lui seul possède.

Au fait, est-ce je devrais l'appeler par son prénom ? Non. Après tout, nous sommes ennemis…

N'est-ce pas ?

XxXxxXxXXX

Aimé ? Pas aimé ? Je sais que ça se termine sur une note triste mais ne vous en faites pas, le prochain chapitre arrivera beaucoup plus tôt pour vous remettre d'aplomb. Je sais, je sais, je suis la meilleur, merci, merci…

Sur ce, gros betchs et surtout bon courage avec cette nouvelle rentrée :D

Eilwin