Suite à un problème technique indépendant de ma volonté (haha évidemment, faudrait être con pour se créer soi-même des ennuis), le chapitre 37 s'est retrouvé à la place du 2, et comme une imbécile je l'ia supprimé au lieu de le déplacer :-( Bref, dans la première version de ce chapitre j'avais répondu aux reviews, mais là j'ai un peu la flemme de recommencer, j'espère que vous comprenez.
Normalement tout est rentré dans l'ordre à présent (c'est le cas de le dire).
Juste, merci à vous de prendre le temps de lire et de reviewer, et BONNE ANNEE A TOUS !
Deux chapires aujourd'hui, c'est Noël ! ;-)
Comme me l'a suggéré Mthm, les dernières phrases du chapitre précédent :
"À la fin du petit-déjeuner il Harry retrouva effectivement ses chaussures là où Drago le lui avait indiqué. Il les ramassa d'un geste rageur et rejoignit le reste des élèves, qui écoutait le professeur Bondupois énoncer le programme de la journée.
- Prenez vos balais avec vous ! lança-t-elle gaiement. Hier vous avez visité le stade en long et en large, mais aujourd'hui on passe aux choses sérieuses... Aujourd'hui nous allons étrenner le terrain !"
Tends un verre à un Serpentard...
- À mon coup de sifflet, un... deux... trois...
Le professeur Bondupois siffla et les quatorze joueurs s'envolèrent comme un seul homme.
Serpentard, après avoir vaincu Poufsouffle, qui avait également perdu contre Gryffondor, se frottait à présent à Serdaigle. Les rencontres de ce mini-tournoi se déroulaient dans la bonne humeur ; chacun était émerveillé de voler au-dessus de ce même terrain qui serait bientôt foulé par des joueurs internationaux.
Il était près de midi quand arriva l'heure de la finale. Sans grand étonnement, il s'agissait d'un match Gryffondor contre Serpentard. Pour une journée, toute animosité entre les maisons semblait avoir disparu, et les Poufsouffle et les Serdaigle, installés dans les tribunes, applaudissaient aussi bien une belle passe d'Hermione qu'un joli coup de batte de Goyle.
Mais Harry avait du mal à se concentrer sur le jeu. Drago ne cessait de passer et repasser devant lui, à la recherche du Vif d'or, et il ne pouvait pas s'empêcher de repenser à leur dispute de la veille.
De son côté, Drago se sentait honteux de la conduite qu'il avait eue, et il n'osait pas regardait Harry. Évitant délibérément le regard de l'attrapeur Gryffondor, il vit Kristin arriver dans les gradins et proposer des donuts à la ronde. Elle en agita un en direction du professeur Bondupois, debout au bord du terrain. Celle-ci sembla hésiter un instant, puis se retourna pour accepter un gâteau.
Tout se passa en un éclair. Drago venait d'apercevoir le Vif d'or juste à côté de l'oreille de Sarah ; il accéléra et entendit un bruit sourd derrière lui. Alors que sa main se refermait sur la petite balle, Sarah disparut soudain et Drago se retourna pour la voir quelques mètres plus bas ; d'une main, elle tenait Harry par le col de sa robe de Quidditch, et de l'autre elle essayait d'empêcher son balai de piquer du nez. Le balai de Harry, lui, gisait déjà au sol. Toutes les filles criaient et Kristin avait lâché sa boîte de donuts. Bondupois pointa sa baguette sur Sarah et Harry qui avaient beaucoup de difficulté à ne pas s'écraser, et ils atterrirent en douceur à ses pieds.
- J'ai pas fait exprès, Drago, je te le jure ! lança tout près de lui Crabbe d'un ton angoissé.
Drago était beaucoup plus inquiet du sort de Harry et il se contenta de jeter un regard agacé à Crabbe, qui fixait sa batte comme si elle était seule responsable du coup de Cognard que Harry avait reçu. Drago rejoignit les Gryffondor massés au milieu du terrain, le Vif s'agitant toujours dans sa main. Il relâcha la balle et s'approcha de Harry, en restant à une distance respectable.
- Est-ce que ça va, Harry ? demanda Hermione d'une voix anxieuse.
- C'est bon, il n'est même pas tombé par terre, bougonna Nott à l'oreille de Drago. Pas de quoi en faire un plat.
- Je vais très bien, assura Harry avec un pâle sourire. Euh... merci, ajouta-t-il en se tournant vers Sarah.
Celle-ci ne répondit rien mais alla ramasser le Vif que Drago venait de lâcher. Ses ailes étaient tordues et il n'avait pas réussi à s'envoler à nouveau.
- On a gagné, dit-elle d'un ton nonchalant en envoyant valser d'une pichenette un scarabée qui avait l'air de trouver le Vif d'or à son goût.
- En effet, Miss Rowen, acquiesça le professeur Bondupois, troublée. Mais comment avez-vous fait pour arriver aussi vite près de Mr Potter ?
- J'ai de bons réflexes, répondit Sarah en haussant les épaules.
Manifestement, elle ne voulait pas que la conversation s'éternise sur le sauvetage de Harry. Drago la dévisageait, intrigué. Il avait parfaitement entendu le crac quand elle avait disparu sous son nez. Elle avait transplané ; apparemment Drago était le seul à le savoir, mais si quelqu'un d'autre l'avait remarqué elle aurait eu de graves ennuis. Pourquoi avait-elle couru ce risque dans le seul but de sauver Harry ? Il se promit de lui en parler dès que possible. Malheureusement il n'en eut pas l'occasion ; jamais il ne parvint à aller plus loin que « Sarah, est-ce que... ? » - elle anticipait à chaque fois la question et engageait la conversation avec quelqu'un d'autre pour éviter d'avoir à y répondre.
Néanmoins, les autres membres de son équipe avaient l'air de se poser la même question : pourquoi donc une Serpentard avait-elle sauvé la vie d'un Gryffondor ?
- Vous exagérez, je ne lui ai pas sauvé la vie, protesta Sarah. Il se serait fait très mal en tombant, mais il ne serait pas mort.
- Alors pourquoi as-tu volé à son secours ? demanda Nott d'un ton acerbe.
- Parce que le score n'aurait pas été pris en compte s'il s'était blessé, et on n'aurait pas gagné le match.
Cette réponse ne fit qu'accroître la curiosité et l'agacement de Drago ; il était certain qu'elle mentait et il ne supportait pas de devoir attendre pour avoir une réponse à sa question, mais il ne pouvait pas montrer en public plus d'intérêt pour Potter que la bienséance ne le lui permettait.
Vers deux heures de l'après-midi, le professeur Bondupois rappela ses troupes pour sonner l'heure du départ.
- On part déjà ? s'étonna une Poufsouffle.
- Oui, si nous partons maintenant il sera sept heures quand nous arriverons à Poudlard, à cause du décalage horaire. Il ne faut pas traîner. Mais cette fois, et je suis sûre que ça fera plaisir à Mr Malefoy, nous y allons en Portoloin.
Drago lui adressa un sourire affecté. Il ne regretterait pas les Padres, mais cette fois un voyage en chariote lui aurait été utile pour cuisiner Sarah.
Ils retrouvèrent Rogue, qui avait préféré passer la matinée au campement, dans la clairière où leurs affaires les attendaient. Il avait profité de leur absence pour transformer une marmite, une souche d'arbre et un gros rocher en Portoloins temporaires. Chacun attrapa ses affaires et s'approcha d'un de ces modes de transport improvisés. Au signal de Bondupois, la sensation familière au niveau du nombril envahit tous les élèves, et quelques secondes plus tard ils étaient devant les grilles de Poudlard. Rusard les attendait de l'autre côté ; il leur ouvrit et grommela quelques mots inintelligibles mais qui exprimaient plus sûrement la déception que la joie de voir qu'aucun élève ne manquait à l'appel.
HARRY POTTER SAUVE D'UNE MORT ATROCE
par notre envoyée spéciale, Rita Skeeter
Alors que vingt-huit chanceux du collège Poudlard visitaient hier le stade de Quidditch de la prochaine coupe du monde, situé dans un endroit très secret aux environs de Cincinnati, Ohio, aux États-Unis, un horrible accident a une fois de plus failli coûter la vie au jeune Harry Potter.
Harry Potter et ses coéquipiers étaient engagés dans une lutte sans merci contre les Serpentard (rappelons que Harry Potter appartient à la maison Gryffondor) lorsqu'il a été frappé dans le dos par un Cognard lancé par un batteur particulièrement fourbe de l'équipe adverse.
La chute eût été mortelle si la jeune Sarah Rowen, une autre Serpentard, n'écoutant que son courage, n'avait volé vers lui avec une vitesse surprenante pour l'attraper par le col de sa robe. Elle l'a hissé d'un vigoureux coup d'épaule sur son propre balai, et a réussi à atterrir impeccablement, non sans attraper le Vif d'or au passage, apportant ainsi la victoire à sa maison.
N'eût été la bravoure de cette jeune fille, Harry Potter se serait certainement écrasé au sol ; « Je lui dois tout, et plus encore », a-t-il déclaré peu de temps après cet incident qui aurait pu lui être fatal. Saura-t-il remercier comme il se doit celle grâce à qui le Survivant a encore survécu ?
(pour de plus amples informations sur les règles du Quidditch, voir page 5)
Hermione reposa le journal d'un geste las.
- Mais comment a-t-elle su ? s'exclama Ron.
- Comme d'habitude, je suppose. Elle a dû utiliser son... pouvoir secret, fit Hermione avec une moue réprobatrice.
- Qu'est-ce que tu vas faire, Harry ?
Harry haussa les épaules.
- Rien, que veux-tu que je fasse ? Pour une fois que Rita s'intéresse à quelqu'un d'autre, je devrais plutôt m'en réjouir.
- Je me demande pourquoi elle t'a secouru, dit Ron d'un air songeur. Elle est chez les Serpentard, après tout...
- Tu veux dire que si tu voyais un Serpentard en danger de mort tu n'essayerais pas de le sauver ? s'exclama Hermione.
Comme la question plongeait Ron dans une grande réflexion, Hermione continua :
- De tout manière, cette Sarah Rowen n'aurait pas eu besoin de jouer les héroïnes si Bondupois avait fait correctement son travail. Elle était censée surveiller le terrain...
- Calme-toi, Hermione, l'interrompit Harry en souriant devant l'indignation de son amie. Je n'ai pas été blessé, c'est l'essentiel.
Il avait l'impression confuse qu'Hermione était quelque peu vexée que Sarah Rowen ait réagi avant elle lorsqu'il avait glissé de son balai.
- Tu as raison, soupira Hermione. Oh, vous avez vu l'heure, il faut y aller ou un certain professeur irresponsable de notre connaissance va nous mettre en retenue. Enfin, sauf toi, Harry, parce que c'est le moins qu'elle puisse faire après...
- Arrête, Hermione, intervint Ron.
- D'accord.
Quand arriva le soir, Drago n'avait toujours pas réussi à poser à Sarah la question qui lui brûlait les lèvres. Il rentrait à la salle commune en compagnie de Crabbe quand il l'aperçut soudain, quelques mètres devant elle. Il la rejoignit à petites foulées et elle lui adressa un petit sourire en se retournant vers lui.
- Viens par là, ordonna-t-il en l'entraînant vers une porte très commodément dissimulée derrière le buste de Paracelse, non loin d'eux.
Sarah ne souriait plus ; elle avait compris ce que Drago lui voulait.
- Tu ne vas pas remettre ça ? Combien de fois faudra-t-il que je te dise que...
- Arrête tes salades, ce n'est pas pour gagner le match que tu as volé à la rescousse de Potter. Ce genre de mensonge fonctionne peut-être avec les autres, mais pas avec moi.
- Ah oui, parce que tu es doté d'une intelligence supérieure, c'est vrai..., répliqua Sarah avec un rictus moqueur.
Drago la fusilla du regard et elle sembla perdre un peu de sa contenance.
- Tu aimes Potter, c'est ça ? souffla-t-il.
Cette fois Sarah éclata d'un rire franc.
- Je te croyais un peu plus subtil que ça, tout de même ! Tu penses qu'il faut obligatoirement être amoureux de quelqu'un pour lui donner un coup de pouce quand il est en danger ? Bondupois n'était pas attentive, il aurait eu mille fois le temps de se rompre le cou avant qu'elle ne réagisse.
- Mais c'est Potter ! s'exclama Drago. C'est un Gryffondor !
Sarah le regarda d'un air peiné.
- C'est avant tout un être humain.
- Je... Je voulais juste comprendre ce qui t'a poussée à...
- Je viens de te le dire. Libre à toi de me croire.
Et elle s'en alla sans rien ajouter.
Drago était dans un état de confusion des plus extrêmes. Bien sûr, il était heureux que Harry n'ait pas été blessé ; mais il ne savait toujours pas s'il devait faire confiance à Sarah, qui était on ne plus suspecte à ses yeux. Cela ne ressemblait à aucun Serpentard de faire quoi que ce soit pour quelqu'un d'autre.
C'est perdu dans ses pensées qu'il arriva à la salle commune. Il y régnait un silence de mort qui le tira de ses réflexions. Sarah était encerclée par un groupe d'élèves à l'air menaçant. Les autres membres de l'équipe de Quidditch se tenaient à l'écart.
- Qu'est-ce qui se passe ? lança Drago.
- On va faire sa fête à l'ange gardien des Gryffondor, voilà ce qui se passe, lança Gaël Hillary, un septième année à la mâchoire carrée.
Drago rompit le cercle pour aller se placer aux côtés de Sarah, qui malgré son expression hautaine, serrait sa baguette tellement fort que les jointures de ses doigts étaient blanches.
- Ça suffit, lâcha-t-il sèchement en sortant sa propre baguette. Nous savons tous que les Gryffondor sont nos ennemis, mais Sarah a bien fait de sauver Potter.
- Tu plaisantes ? ricana Basil Foe, dont Drago entendait la voix pour la première fois depuis son arrivée à l'école.
- Pas du tout, répondit Drago. Vous pensez vraiment que le Seigneur des Ténèbres serait ravi d'apprendre qu'un malheureux coup de batte de Crabbe a réussi là où il a échoué ?
Il retint sa respiration pendant le silence qui s'ensuivit et qui lui sembla durer des heures ; puis tous les Serpentard se mirent à parler en même temps et semblèrent se désintéresser de la scène pour retourner à leurs occupations.
Sarah laissa échapper un soupir de soulagement.
-Je dois avouer que je n'en menais pas large. Très bonne idée, en tout cas.
Drago sourit ; elle lui était venue comme ça et heureusement, elle avait été assez convaincante.
- Martins, c'est ton anniversaire demain, non ? lança-t-il soudain à un garçon de quatrième année aux cheveux châtains et à l'air étonnamment doux.
- Euh, oui...
- Tu vas donner une petite soirée.
- Ah bon... ?
- Goyle, il reste quelque chose dans la réserve ?
Goyle fit pivoter le tableau accroché au-dessus de son fauteuil pour révéler une niche presque vide à l'exception d'une ou deux bouteilles de Bièraubeurre.
- Sarah et moi, on ira faire les courses, décida Drago.
Sarah émit un bruit de protestation mais Drago se tourna vers elle.
- Il est grand temps que tu t'intègres, dit-il d'un ton moqueur.
Le lendemain matin, au petit-déjeuner, Sarah n'eut pas une minute pour manger ne serait-ce qu'un morceau de pain. Des enveloppes pleuvaient sans répit sur elle et ses voisins ; la majorité d'entre elle lui exprimaient la plus profonde reconnaissance de leur auteur pour avoir sauvé la vie du grand Harry Potter. Ledit Harry Potter reçut quelques lettres, lui aussi, mais beaucoup moins qu'elle, ne put-elle s'empêcher de remarquer.
La deuxième surprise arriva sous la forme de La Gazette du sorcier, où Rita Skeeter dévoilait tout du léger affrontement qui avait eu lieu la veille dans la salle commune, mais très enjolivé - à tel point que de nombreux élèves se retournaient à tout instant pour vérifier si les Serpentard qui n'arboraient pas un oeil au beurre noir avaient effectivement perdu quelques dents. L'article était centré sur Sarah... et Drago. Rita Skeeter racontait comment Drago avait pris la défense de la jeune fille, et comment il risquait de voler son cœur aux dépens de Harry Potter.
- Tu es une star à présent, plaisanta Drago ; mais le regard noir de Sarah le fit taire.
Il risqua un oeil en direction de la table des Gryffondor pour voir ce que Harry pensait de l'article, mais celui-ci était trop occupé à donner de grandes tapes dans le dos de Weasley qui s'était étouffé avec un oeuf brouillé. Drago ne lui avait pas reparlé depuis leur dispute. Il n'osait pas faire le premier pas, par peur d'être rejeté, mais il espérait de tout cœur que Harry ferait quelque chose.
- Si cette Rita Skeeter n'avait pas tout rapporté dans ce torchon, jamais les autres n'auraient su ce qui s'était passé, et ils ne me seraient pas tombés dessus comme ça, dit Sarah, qui ouvrait la marche.
Drago et elle étaient en route pour Pré-au-lard ; ils avaient emprunté un passage secret, dont l'entrée était cachée par la statue d'une sorcière borgne.
- Et l'article de ce matin... Je me demande comment elle a su... ?
- Euh, je n'en ai aucune idée, répondit Drago, qui en avait une idée très précise.
Dorénavant, il vérifierait toujours qu'aucun scarabée n'était en vue avant de dire quelque chose d'important.
- Au fait, comment connais-tu ce passage secret ? demanda-t-il pour changer de sujet.
- Oh, des amis m'en ont parlé, répondit Sarah d'un ton évasif.
- Mais comment se fait-il que je n'en aie jamais entendu parler ? Je suis quand même le plus populaire de notre mai...
- Ils n'étaient à Serpentard, coupa Sarah. Et tu n'es pas le plus populaire de notre maison.
Drago ne prêta aucune attention à la deuxième phrase.
- Des amis en dehors de Serpentard ? répéta-t-il d'une voix blanche. Des amis en dehors de... ?
- Je ne suis pas sourde, tu sais.
Drago laissa échapper un glapissement.
- C'est bien ce que je pensais. Tu n'es pas une vraie Serpentard.
- Ah oui ? Tu penses que je suis une espionne infiltrée chez vous pour découvrir tous vos secrets ?
- Pourquoi pas ? Tu as bien sauvé la vie de Potter.
Sarah se retourna brusquement ; ses yeux lançaient des éclairs.
- C'était pour ça ? C'était pour ça que tu as insisté pour donner cette soirée ce soir ? Tu voulais que je vienne faire des courses avec toi et en profiter pour me cuisiner à propos de ce qui s'est passé au stade ?
Drago ne s'était pas attendu à ce qu'elle découvre la vérité, et sur le moment il ne trouva rien à répondre.
- Oh, laisse tomber, dit Sarah en se calmant aussi soudainement qu'elle s'était enflammée. J'aurais dû me douter que même toi tu ne comprendrais pas. Les Serpentard sont mauvais, les Serpentard sont méchants, les Serpentard n'aiment que leur nombril.
Elle marchait d'un pas raide et vif, et Drago dut accélérer pour ne pas se laisser distancer. Le tunnel qu'ils suivaient depuis dix minutes était humide et il souhaitait intérieurement arriver bientôt à Pré-au-lard. Il préférait ne plus parler avant que Sarah ne l'y encourage ; finalement, il éprouvait pour elle beaucoup plus de sympathie qu'il ne s'était autorisé à le croire.
Ils firent leurs courses en une demi-heure, mais Sarah insista pour aller faire un tour chez les Weasley avant de rentrer.
- Ne compte pas sur moi pour t'accompagner, renifla Drago d'un air méprisant. Je t'attends dehors.
Sarah ressortit dix minutes plus tard ; elle arborait un air ravi mais refusa de répondre aux questions pressantes de Drago - il avait entendu dire qu'il y avait des choses vraiment intéressantes chez Farces pour Sorciers facétieux.
- Tu me dois bien ça, après tout c'est moi qui te rachète aux yeux des autres Serpentard...
- Comment ça ? répliqua la jeune fille en haussant les sourcils.
- La fête de ce soir... Comme c'est toi et moi qui fournissons la boisson… C'est bien connu, « tends un verre à un Serpentard et il oubliera de t'en vouloir ! »
- Tu viens de l'inventer !
- Non !
- De toute manière je ne te dois rien. J'aurais très bien pu m'en sortir toute seule.
- C'est cela, oui...
- Ben dis donc, tu as une descente que je n'aimerais pas remonter à pied ! s'exclama Nott en regardant le tas de bouteilles de Bièraubeurre aux pieds de Drago. Heureusement que ce n'est pas du Whisky pur Feu !
Ce dernier, affalé dans un fauteuil, gloussa bruyamment. À chaque fois qu'il buvait de la Bièraubeurre il devenait euphorique ; c'est pour cette raison qu'il n'en buvait que rarement, et encore moins de l'alcool. Mais il avait décidé de faire une exception pour ce soir - il avait assez de soucis avec Harry, il avait bien le droit de s'amuser un peu.
Sarah se matérialisa soudain près de lui, un verre plein d'un liquide rouge à la main.
- Tiens, goûte ça, dit-elle en lui tendant le verre.
- Ce n'est pas du sang, au moins ? demanda Drago d'un ton suspicieux.
- C'est du jus de grenade des îles, idiot. Je parie que tu n'as jamais rien goûté de meilleur.
- Je ne sais pas de quelles îles tu parles, mais allons-y.
Drago allait saisir le verre mais, pris d'une inspiration soudaine, il arrêta son geste et regarda attentivement Sarah. Son sourire était un peu trop malicieux pour être honnête.
- Qu'est-ce que tu as mis dedans ?
- Rien du tout, assura-t-elle sans se départir de son sourire.
- Je vais me servir moi-même un verre, répliqua-t-il en se dirigeant vers la table.
Il avait entendu dire que les jumeaux Weasley vendaient des philtres d'amour, et il se refusait à tomber dans un piège aussi grossier. Il se versa une large rasade de jus de grenade et revint à sa place. L'air déçu de Sarah lui confirma qu'il avait eu raison ; et lorsque, se croyant à l'abri des regards, elle vida le contenu du verre dans l'âtre de la cheminée plutôt que de le donner à quelqu'un d'autre, Drago avala une gorgée à sa propre santé pour se féliciter d'avoir été aussi malin.
La salle commune se vida peu à peu ; il ne resta bientôt plus que quelques septième année en plus de Drago et de Pansy qui, dans un coin, observait le jeune garçon d'un air soucieux. Assis devant la cheminée, Drago avait abandonné la Bièraubeurre et son humeur s'en ressentait. Il ruminait de sombres pensées en contemplant l'âtre vide, se demandant comment faire pour faire comprendre à Harry qu'il regrettait ce qui s'était passé entre eux.
Quelqu'un posa une main sur son épaule ; il ne leva même pas la tête. Sarah s'assit à côté de lui et le força à la regarder.
- Tu te rappelles ce que tu m'as dit, il n'y a pas très longtemps ? Que tu ne m'aimais pas ?
Elle lui laissa le temps de la réflexion et continua :
- Regarde-moi bien et redis-le sans sourciller.
Drago plongea ses yeux dans les prunelles sombres de la jeune fille et se sentit dégringoler ; pour la première fois depuis longtemps, il la regardait vraiment : elle était si jolie. Il se pencha soudain vers elle et l'embrassa.
Ni lui ni Pansy, qui en avait le souffle coupé, ne remarquèrent l'éclair de lumière blanche qui illumina la pièce pendant un bref instant.
