Chapitre IV

TW : Légère mention de suicide.

Cela faisait maintenant quelques semaines qu'Elyra Nott était décédée et l'état de Théodore ne s'améliorait pas, voir empirait. Ses crises de larmes étaient toujours aussi fréquentes et le jeune garçon avait même pensé à mettre fin à ses jours pour rejoindre sa mère. Cependant, il continuait à s'alimenter au grand soulagement de son père (qui n'en montrait rien). Un soir à table, alors que le jeune garçon, extrêmement pâle en permanence, semblait sur le point de s'effondrer en larmes une fois de plus, son père déclara :

-Demain, je t'emmènerais à Saint-Mangouste, je connais quelqu'un qui pourra t'aider…

-Personne ne peut m'aider…marmonna Théodore.

-Si tu n'y mets aucune volonté, tu ne t'en sortiras jamais ! Je sais que c'est difficile mais pas insurmontable…

N'ayant aucune envie de se disputer avec son père, le jeune garçon ne répondit rien et se força à finir son assiette, même s'il savait pertinemment qu'il en vomirait la moitié durant la nuit à cause de ses crises.

Le lendemain, vers 15h, Théodore se trouvait dans la salle d'attente de Saint-Mangouste accompagné de son père. Le jeune garçon avait trainé des pieds pour s'y rendre et regrettait amèrement d'avoir un caractère aussi docile. En effet, depuis son plus jeune âge, Théodore s'était toujours montré très calme, toujours très poli et évitait à tout prix les conflits. Après une bonne demi-heure d'attente, un homme l'appela et le jeune garçon jeta un regard à son père avant de le suivre.

Il le fit entrer dans une pièce et asseoir dans un fauteuil avant de s'installer en face de lui.

-Tu es bien le fils de Richard, c'est ça ?

Théodore hocha la tête en guise de réponse.

-Je te souhaite toutes mes condoléances…

S'ensuivit ensuite un entretient durant lequel le jeune garçon ne daigna même pas répondre aux questions que lui posait l'homme. Théodore détestait s'ouvrir à des personnes inconnues et le sujet de sa mère le bouleversait encore trop pour qu'il puisse en parler sans fondre en larmes.

-Ce n'est pas grave, l'on réessayera la prochaine fois…

Il le raccompagna jusqu'à la salle d'attente où il échangea quelques mots rapides avec Richard Nott. Sur le chemin du retour, Théodore senti que son attitude envers le psychomage avait fortement déplu à son père qui ne lui adressa pas un mot.

Les séances continuaient mais rien n'avançait et un jour, Richard perdit patience. De retour au manoir, il hurla sur son fils :

-Mais qu'est-ce qu'il ne va pas chez toi ? Je fais tout mon possible pour que tu te sentes mieux et c'est comme ça que tu me remercies ?

Incapable de répondre quoique ce soit, le jeune garçon fixa le sol et attendit que la crise passe. Au fond de lui, il savait bien ce qui l'aiderait, mais jamais il n'oserait le demander à son père, pourtant c'était une chose banale que tous les pères accordaient à leurs enfants. Théodore avait simplement besoin d'un peu d'attention et d'affection.

Les semaines et les mois passèrent et le jeune garçon fini par se remettre doucement de la mort de sa mère. Son père l'ignorait toujours autant mais Théodore commençait à en avoir l'habitude. Le jour de ses onze ans, il reçut enfin la tant attendue lettre de Poudlard.

Tellement excité de se rendre à l'école, Théodore avait littéralement appris par cœur la liste des fournitures scolaires de première année et harcelait chaque jour son père pour se rendre sur le Chemin de Traverse.

Fin aout, son père consentit enfin à l'accompagner pour aller chercher ses fournitures scolaires. Le jeune garçon était toujours aussi émerveillé à chaque fois qu'il se rendait sur le Chemin de Traverse. Ils commencèrent par aller chercher les livres chez Fleury and Bott que Théodore ne voulait plus quitter. Ensuite, il se rendirent chez Madame Guipure pour ses robes de sorciers, puis chez l'apothicaire et enfin chez Ollivander pour ce qu'attendait le plus le jeune garçon, sa baguette magique.

Celle qui l'avait choisi était constitué de bois d'érable, d'un crin de licorne, et était particulièrement maniable pour les sortilèges de défense et de métamorphose lui avait dit le vieil homme.

Sur le chemin du retour, ils passèrent devant la ménagerie magique et en voyant les chats dormirent paisiblement devant la vitre du magasin, Théodore demanda :

-Est-ce que je peux en avoir un ?

Peut-être parviendrait-il à combler son manque d'affection avec l'un de ces félins…

-Non, tu ne vas pas t'encombrer à l'école avec un de ces animaux. Si tu as besoin de me contacter tu prendras une chouette de l'école et puis c'est tout…

Théodore poussa un soupir. Il n'aurait même pas le droit d'emmener Agrippine, la chouette de la famille à Poudlard.