Merci à vous tous qui êtes revenus ! J'espère que vous aimerez ce chapitre... Et ne vous inquiétez pas, on saura bientôt qui essaye de tout faire capoter en caftant à Lucius ! ;-)
La boîte aux lettres
Harry s'élança en avant ; la personne cachée derrière cette armure était-elle celle que Lucius Malefoy employait pour les surveiller ?
Drago continuait de pointer sa baguette sur l'armure et ses yeux lançaient des éclairs. Harry s'approcha de lui.
Neville était recroquevillé contre le mur, immobile. Des gouttes de sueur avaient été arrêtées dans leur course sur son front et il ouvrait de grands yeux à la fois terrifiés et surpris.
- Ce n'est pas possible..., murmura Harry.
Il sortit sa baguette et la pointa sur le corps pétrifié de Neville.
- Enervatum !
Neville secoua la tête comme un chien sortant de l'eau et leva les yeux vers Harry.
- Ça va, Neville ?
- Arrête ! cria Drago, furieux. Petrificus totalus !
Neville s'immobilisa à nouveau et retomba contre le mur.
- Mais qu'est-ce qui te prend ? lança Harry. Enervatum.
À nouveau, Neville sembla se réveiller.
- Petrificus totalus ! C'est lui qui nous a vendus à mon père !
- Impossible ! Enervatum. Et comment aurait-il pu être en contact avec ton père, d'ailleurs ?
- Petrificus totalus ! Et pourquoi était-il là, si ce n'était pas pour nous espionner ? Tu en connais beaucoup, des gens qui se cachent derrière des armures juste pour le plaisir ?
- Enervatum. Mais c'est Neville ! Il ne ferait pas de mal à une mouche !
- Petrificus totalus ! Mon père pourrait persuader n'importe qui de vendre sa propre mère, alors convaincre un abruti de seize ans...
- Enervatum. Neville n'est pas un abruti et il est très loyal, jamais il...
- Petrificus totalus ! Rends-toi à l'évidence, Harry ! Il était caché là, juste à l'endroit où on avait l'habitude d'aller avant les menaces de mon père, ça ne peut pas être une coïncidence, quand même !
- Bon, céda Harry. Je vais le raccompagner jusqu'à notre salle commune, d'accord ? Je crois qu'il a besoin de repos. En chemin, je lui demanderai ce qu'il faisait là et... si c'était réellement sur les ordres de ton père, il me le dira. Je... On se verra plus tard. Je vais le réveiller, et il vaut mieux... que tu ne sois pas là, finit-il avec une grimace d'excuse.
Drago jeta un regard blessé à Harry et tourna les talons.
- Enervatum.
Neville leva des yeux hébétés vers lui et se remit debout, les jambes tremblantes.
- Pourquoi Malefoy a-t-il fait ça ? demanda-t-il d'une petite voix.
- Oh, commença Harry d'un ton qu'il espérait dégagé, c'est le genre de chose que Malefoy fait, tu sais bien. Il pétrifie les gens. Désolé, ne put-il s'empêcher d'ajouter.
Il observa Neville d'un air soucieux : le pauvre garçon était très pâle et devait se raccrocher à l'armure pour ne pas s'effondrer par terre. L'association Enervatum-Petrificus totalus à grande vitesse était certainement déconseillée.
- Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie ? proposa Harry.
- Non, ça ira, assura bravement Neville juste comme l'armure commençait à secouer son bras pour que Neville la lâche.
- Je te raccompagne à la salle commune, insista Harry.
- Merci, Harry, tu es gentil.
Harry se sentit coupable d'avoir à lui poser quelques questions assez désagréables. Il décida néanmoins d'attendre que Neville soit assis confortablement dans un fauteuil de leur tour pour commencer à l'interroger. Sans le quitter des yeux de peur que Neville profite d'une inattention de sa part pour s'évanouir, Harry réfléchissait. Cela paraissait aberrant que Neville fût l'espion de Lucius Malefoy. Mais Drago avait raison, son père avait le bras long, et Neville était très influençable. Il aurait suffi que Lucius le menace de faire du mal à sa grand-mère ou à ses parents pour aussitôt l'avoir à sa botte.
Même s'il ne l'avait pas fait par méchanceté, Neville aurait pu les espionner pour le compte de Lucius Malefoy.
Alors qu'il en était là de ses réflexions, Luna Lovegood apparut au bout du couloir et lança :
- Ah ! Te voilà, Neville, je te cherchais partout ! Pourquoi t'es-tu enfui ?
- Tu cherchais Neville ? s'exclama Harry, qui commençait à entrevoir la raison pour laquelle Neville s'était caché derrière une armure.
- Oui, je crois que j'ai enfin réussi à mettre au point la potion pour la mémoire...
- Je croyais t'avoir demandé de cesser tes expériences sur Neville ? coupa sèchement Harry.
Luna se contenta de le regarder d'un air absent et elle fourra dans sa poche le muffin qu'elle tenait à la main. Elle haussa les épaules et repartit en sifflotant distraitement. Harry et Neville se remirent en route pour leur salle commune, mais Harry savait à présent que Neville était tout à fait innocent.
Sur le coup, il avait été en colère contre Malefoy, qui avait réagi si primitivement ; mais après tout, c'était pour eux qu'il l'avait fait, et il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. À sa grande honte, une bouffée de joie l'envahit à la pensée de ce que Malefoy pouvait faire pour protéger leur relation.
- Tu... Tu es ami avec Malefoy, Harry ? demanda timidement Neville quand ils arrivèrent devant le tableau de la grosse dame.
- Euh... Eh bien... Oui, dans un sens... Mais n'en parle à personne, d'accord ?
Neville hocha la tête et Harry donna le mot de passe à la grosse dame.
- Neville ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda Ginny dès qu'ils eurent franchi le trou menant à la salle commune.
- Malefoy lui a lancé un Petrificus totalus, dit Harry à regret.
Depuis son fauteuil devant la cheminée, Hermione lui jeta un regard surpris. Harry guida Neville jusqu'à une chaise sur laquelle il s'effondra, et il laissa Ginny s'occuper du pauvre Neville pour aller rejoindre Hermione.
- Ce n'est pas ce que tu crois, souffla-t-il en se laissant tomber dans le fauteuil voisin.
- Je ne crois rien, répondit Hermione en l'observant par-dessus Une histoire de l'esclavage des elfes.
Mais Harry se crut obligé d'éclaircir la situation. Quand il eut terminé, Hermione se leva d'un bond et lui dit :
- Viens.
Il la suivit hors de la salle commune, un peu surpris, passa devant le buste de Paracelse et, au bout d'un certain temps, reconnut la route qu'Hermione lui faisait emprunter et demanda :
- Pourquoi m'emmènes-tu à la volière ? Tu as besoin d'Hedwige ?
Hermione ne répondit pas et grimpa vivement les marches conduisant à la volière. Mais au lieu d'entrer dans la pièce elle s'arrêta en haut de l'escalier, sortit sa baguette et en tapota une pierre du mur qui faisait face à la porte. Sous les yeux intrigués de Harry, la pierre sortit doucement de sa place. Hermione la retira et lui dit :
- Regarde.
Harry s'avança et vit une petite niche rectangulaire derrière l'endroit où aurait dû se trouver la pierre.
- Qu'y a-t-il à voir ? demanda-t-il.
- Vous pourrez vous en servir comme d'une boîte aux lettres ! dit Hermione avec impatience. J'ai découvert cette cachette par hasard...
- Ah, tu t'amuses à toucher des pierres au hasard avec ta baguette, toi ? coupa Harry, amusé.
- ... elle devait servir à des élèves, il y a longtemps, continua Hermione comme s'il n'y avait pas eu d'interruption. Ce sera quand même plus pratique quand vous aurez quelque chose à vous dire, parce que la tirade de Malefoy ce matin, en potions, n'était pas très discrète..., ajouta-t-elle avec un soupir désabusé.
- Hermione, tu es géniale, dit Harry en souriant.
- Merci.
- Comment as-tu découvert cette cachette ? demanda Harry d'un air dégagé.
- J'ai trébuché en sortant de la volière et je suis tombée contre le mur, la baguette à la main, répondit Hermione d'un ton digne.
Elle replaça la pierre et descendit les escaliers.
Ravi, Harry lui emboîta le pas.
Le lendemain, il retrouva Drago dans leur pièce secrète, et ce dernier s'avéra plus facile à convaincre de l'innocence de Neville que Harry ne l'avait craint. Harry lui raconta brièvement l'histoire des muffins.
- ... et il se cachait en réalité de Luna, il n'était pas du tout là pour nous espionner.
Drago hocha la tête et dit :
- Ce qui signifie qu'on n'est toujours pas en sécurité, quand on se voit. Harry, il faut absolument que l'on découvre de qui il s'agit, et je crois que d'ici là, il serait plus sage de ne plus se voir.
- Tu crois vraiment que...
- Tu ne sais pas de quoi mon père peut être capable, marmonna Drago en regardant le plancher.
- De toute manière, je sais comment découvrir qui nous a vendus, annonça Harry.
- Vraiment ?
- Oui, c'est à ça que je venais de penser quand on est tombés sur Neville. Regarde ça...
Il tira de sa poche la carte du maraudeur, la déplia et prononça la formule que les jumeaux Weasley lui avaient enseignée. Aussitôt se dessina sur la carte un plan détaillé du château.
Drago ouvrit de grands yeux.
- Mais... Waouh... Où... ?
- Je l'ai trouvée, répondit évasivement Harry. Regarde, on est là.
Drago se pencha un peu plus sur la carte et en effet, dans cette petite pièce où ils étaient cachés étaient dessinés deux minuscules points accompagnés des étiquettes "Harry Potter" et "Drago Malefoy".
- Hé, attends un peu... Ça me rappelle quelque chose...
- Les chaussettes que t'avait offertes Pansy ? suggéra Harry. J'y ai pensé tout de suite quand tu m'as raconté cette histoire de chaussettes, mais à l'époque je ne pouvais pas te montrer la carte... enfin, bref. À chaque fois qu'on se retrouvera, on n'aura qu'à vérifier sur la carte qu'il n'y a personne dans les parages. S'il y a quelqu'un...
- ... ce sera notre espion !
- Non, pas forcément, ce sera peut-être juste quelqu'un qui passe par là par hasard, comme Neville. Mais au moins, on saura à quoi s'en tenir.
Drago hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure ; il ne semblait pas convaincu.
- J'aimerais quand même bien découvrir qui a été tout raconter à mon père..., dit-il d'un air songeur.
- D'accord, on va essayer, promit Harry. Mais avant, j'ai quelque chose à te montrer. Rejoins-moi en bas de l'escalier de la volière dans cinq minutes.
Il était plus simple de voyager séparément que de vérifier tous les dix mètres que personne ne venait dans leur direction. Il ouvrit doucement la porte et se faufila dans le couloir.
Un peu intrigué, Drago attendit un laps de temps raisonnable pour laisser à Harry l'avance nécessaire, puis il se glissa à son tour dans le couloir. Quand il arriva à la volière, Harry l'entraîna en haut de l'escalier et lui montra une pierre légèrement disjointe dans le mur qui faisait face à la porte.
- Regarde, dit-il en enlevant la pierre de son emplacement. On va pouvoir se laisser des messages là-dedans.
Drago dut se faire expliquer à deux reprises le mode de fonctionnement des boîtes aux lettres de type moldu, et malgré son expression un peu méprisante, il dut convenir que c'était là un moyen plus discret que les hiboux pour communiquer.
- C'est toi qui as trouvé ça ? demanda-t-il.
- Non, c'est Hermione. Elle...
- Attends, tu veux dire que Granger est au courant ? s'exclama Drago.
Sa voix résonna sur les murs de pierre brute et Harry lui fit signe de baisser la voix.
- Oui, elle sait depuis...
- Mais alors qu'est-ce qui nous prouve que ce n'est pas elle qui nous a vendus à mon père ?
- Impossible. Désolé, mais elle déteste ton père, alors jamais elle n'entrerait en communication avec lui, d'autant moins pour lui rendre service.
- Il a très bien pu la forcer.
- Tu veux bien arrêter d'accuser tous mes amis les uns après les autres ? Tu es absolument certain que Sarah est innocente, et moi je le suis pour Hermione, point.
À sa grande surprise, Hermione arriva exactement à ce moment. Il ne l'avait pas entendue monter, et elle ne les avait apparemment pas entendus parler avant d'arriver à leur hauteur, car elle leva les yeux vers eux, sursauta et marmonna :
- Oh pardon, je... Je reviendrai plus tard.
Elle fit volte-face et dévala les escaliers.
- Hermione, attends ! cria en vain Harry.
Drago lui jeta un regard lourd de sous-entendus.
- Quoi ? fit Harry d'un ton assez brusque.
- Elle venait envoyer une lettre, elle nous voit et elle repart en courant. Ce n'est pas du tout un comportement suspect, à mes yeux, pas du tout...
- Peut-être venait-elle tout simplement dire bonjour à... à Hedwige, ou à Coquecigrue, dit Harry, sur la défensive.
- Dans ce cas elle ne serait pas partie comme ça, rétorqua Drago. Si tu veux mon avis, une petite séance d'interrogatoire ne serait pas de trop chez les Gryffondor, ce soir...
- Ne me dis pas ce que je dois faire, répliqua Harry, agacé. C'est mon amie et je lui fais confiance.
- Le roi Lear aussi faisait confiance à ses filles, commenta Drago avec un sourire en coin.
Franchement exaspéré, cette fois, Harry se contenta d'un bref « À plus tard » et descendit à son tour les escaliers.
Drago le regarda s'éloigner en réfléchissant. Il ne faisait pas du tout confiance à Granger, et le sursaut qu'elle avait eu en les apercevant prouvait à son avis qu'elle n'avait pas que d'innocentes intentions.
Le seul moyen d'en avoir le coeur net, c'était donc de découvrir le fameux espion ; si ce n'était pas Granger, tant mieux, mais si c'était elle Harry n'aurait plus qu'à lui présenter ses excuses pour s'être encore une fois montré aussi soupe au lait, et Drago serait ravi d'avoir eu raison. Il adorait avoir raison.
Il fit apparaître un parchemin et une plume et griffonna un petit mot : autant étrenner cette boîte aux lettres moldue.
H,
je suis désolé si je t'ai froissé, mais comprends bien que j'aie des raisons de la soupçonner, puisque je ne la connais pas - tu avais bien accusé tour à tour tous les Serpentard.
Retrouvons-nous demain après le dîner de l'autre côté du lac ; personne n'y va jamais, s'il y a quelqu'un ce sera certainement celui ou celle que l'on cherche.
Je t'embrasse,
D.
Il remit la pierre en place avec quelque réticence - ça lui faisait bizarre de laisser son courrier livré à lui-même - mais il finit par se convaincre que c'était là une bonne idée, puisqu'elle venait d'Harry, et il se mit en route pour son dortoir.
L'espoir que peut-être, demain à cette heure, ils sauraient qui avaient été le moteur de tous leurs problèmes lui réchauffa le coeur et c'est le sourire aux lèvres qu'il s'endormit.
