Hello ! Mille excuses de vous avoir délaissés aussi longtemps !! Beaucoup de changements et de nouveautés, et puis le temps passe sans qu'on s'en rende compte ! En gage de ma bonne foi et pour ne plus vous faire attendre à l'avenir, je vous livre d'un seul coup les trois derniers chapitre de "Mon meilleur ennemi". Vous n'êtes pas obligés de tout lire d'un coup, bande de gourmands !

En tout cas, merci d'avoir été là, depuis le début ou non, pour lire et reviewer. Cela compte beaucoup.

Merci encore et joyeux Noël ! ;-D


Résumé de l'épisode précédent ;-) : Harry et Drago savent que Lucius Malefoy est décidé à ne pas les laisser en paix. Ils résolvent de découvrir qui les espionne pour le compte de Lucius... et Drago découvre qu'il s'agit du Baron Sanglant !
Il lui tend un piège en haut de la tour de'astronomie et le supplie de ne rien dire à son père, mais le Baron ne semble pas décidé à se laisser attendrir...


Mon meilleur ennemi

Harry se réveilla de bonne heure le lendemain, bien qu'il n'eût pas beaucoup dormi. Drago et lui avaient profité de la soirée de la veille, après le départ du Baron Sanglant, car c'était probablement la dernière qu'ils auraient jamais l'occasion de passer ensemble.

Ils n'avaient pas rompu à proprement parler, mais tous deux savaient, en retournant à leurs salles communes respectives, qu'ils ne seraient plus en paix ensemble. Lucius Malefoy savait qu'ils s'étaient plusieurs fois joués de lui, alors il n'était même plus question d'espérer continuer de la sorte.

Harry avala sa salive et fut soudain pris d'une nausée. Savoir qu'il se lèverait chaque matin et qu'il verrait Drago toute la journée et devrait s'efforcer de l'ignorer sans la perspective réconfortante d'un rendez-vous... Il aurait encore préféré qu'ils ne se voient plus jamais, ç'aurait été moins dur, lui semblait-il.

Il se surprit plusieurs fois à regarder en direction de la table des Serpentard, pendant le petit-déjeuner, pour voir si Drago avait reçu du courrier. Son père ne mettrait sûrement pas longtemps pour lui envoyer la lettre qui mettrait un terme définitif à leur histoire.

- Potter ? Nous venons de décider de la date de la finale de Quidditch. Elle aura lieu dans deux semaines. Je compte sur vous pour... hum... enfin, vous voyez ce que je veux dire.

- Oui, Professeur, nous ferons de notre mieux, assura Hermione en voyant qu'Harry ne semblait même pas avoir remarqué la présence du professeur McGonagall. Harry ? Harry ? appela-t-elle quand le professeur se fut éloignée.

- Hein ? fit Harry, sursautant comme s'il venait de se réveiller brusquement.

- Tu me paraîs bien rêveur, mon vieux, remarqua Ron. Tu penses à Padma ? Je dormais déjà quand tu es rentré, non ?

- Finale de Quidditch dans deux semaines, intervint Hermione.

- Deux semaines ? Bon, je vais commencer à planifier les séances d'entraînement..., bredouilla Harry en se levant.

- Comme tu veux, tant que tu ne te moques pas d'ma technique, claironna Ron. Aïe !

Hermione venait de lui donner un coup sec derrière la tête.


Drago s'attendait à tout moment à recevoir un hibou de son père, mais il voulait être seul quand la lettre arriverait. Aussi alla-t-il chercher un livre dans son dortoir juste après le petit-déjeuner, puis il sortit dans le parc. Jetant son dévolu sur un saule planté au bord du lac, il alla s'asseoir dans son ombrage et se mit à lire, sans toutefois parvenir à se concentrer. Il ne cessait de jeter des coups d'oeil autour de lui pour vérifier si un hibou s'approchait.

La douceur de la température aidant, il finit par s'endormir. Quand il se réveilla, sa montre indiquait une heure de l'après-midi. Juste comme il levait les yeux, il vit l'équipe de Quidditch de Gryffondor passer à quelques mètres, en direction du stade, et songea que lui aussi devait programmer les différentes séances pour son équipe. Mais pour l'instant, il avait plus important à faire : son père ne s'était toujours pas manifesté, ce qui était des plus étranges, et il venait de comprendre pourquoi, du moins le pensait-il.

- Baron !

Il patienta une minute mais n'obtint aucune réponse.

Au bout du quatrième appel, enfin, le fantôme se matérialisa à ses côtés sous le feuillage de l'arbre.

- Bonjour, Baron. Dites-moi, vous avez finalement décidé de nous aider, Harry et moi ? lança Drago sans autre préambule.

- Je ne dirais pas cela, répondit le Baron en haussant les épaules. Mais il se peut que j'aie oublié de parler à votre père d'une certaine entrevue, qui aurait eu lieu hier soir, ajouta-t-il avec une ombre de sourire. Ma mémoire défaille parfois. L'âge, sans doute...

Débordant de gratitude, Drago sauta sur ses pieds et songea même un instant à étreindre le fantôme - avant de se raviser.

- Merci mille fois ! s'exclama-t-il. Qu'est-ce que je peux faire pour vous remercier ?

- Je n'ai besoin de rien, assura le fantôme avec un geste nonchalant de la main. Si vous n'avez plus besoin de moi, je vous laisse. La lumière du jour n'est pas très conseillée pour moi.

Le Baron disparut et Drago, le coeur au bord de l'explosion, se mit à courir vers le château. Dans le hall, il faillit entrer de plein fouet dans Londubat, en tenue de Quidditch et armé d'un balai. Il ne s'arrêta même pas pour lui dire de regarder où il allait et monta les marches de marbre du grand escalier quatre à quatre.

Il ne s'arrêta, hors d'haleine, qu'une fois arrivé en haut de l'escalier menant à la volière.


- C'est vrai ? fit Harry, tout excité, aussitôt qu'il eut rejoint Drago en haut de la tour d'astronomie.

Il était allé vérifier la boîte aux lettres à tout hasard, dans l'après-midi, et avait eu la surprise d'y trouver une lettre, qui plus est une lettre lui annonçant que le Baron Sanglant avait finalement décidé de ne rien dire à Lucius Malefoy.

Oubliant sa retenue habituelle, Harry se jeta sur Drago pour le couvrir de baisers ; une fois n'était pas coutume, ce fut le Serpentard qui, sans cesser toutefois de sourire, le repoussa doucement :

- On se calme, on pourrait nous voir, dit-il en regardant derrière lui, par-dessus le rempart. Maintenant que nous nous sommes débarrassés du Baron, il ne faudrait pas que quelqu'un d'autre estime devoir aller tout raconter à mon père.

- Si tu savais comme je m'en fiche, de ton père ! s'écria Harry, aux anges.

- C'est facile de dire ça quand il n'est pas là, mais je te jure que c'est un sacré bon sorcier, répliqua Drago avec un sourire narquois. Sinon, jamais le Seign... euh, bref... il est très doué.

- Oui, sûrement, fit Harry, un peu refroidi par cette allusion à Voldemort.

Il lâcha Drago et s'adossa au rempart à côté de lui. Un long silence s'installa, seulement rompu de temps à autre par des raclements de gorge embarrassés.

- Alors euh..., commença Drago au bout de quelques minutes interminables. Tu as terminé ton essai sur le sortilège d'Ankylose pour Flitwick ?

- Je, euh... je vais rentrer.

- Oui, moi aussi, dit aussitôt Drago, visiblement soulagé. Descends en premier.

Comme Harry allait disparaître dans l'escalier, Drago le rappela :

- Harry !

Quand Harry se retourna, son visage arborait une expression étrange, comme un mélange de surprise et d'espoir.

- Je suppose que si mon père ne débarque pas en trombe d'ici ce soir, poursuivit Drago, ça voudra dire que le Baron est officiellement de notre côté.

- Parfait, acquiesça Harry avec un sourire timide mais sincère.

Drago écouta les bruits de pas décroître dans la pénombre de l'escalier et fit volte-face pour s'accouder au rempart.

- Tu n'es vraiment qu'un imbécile, Drago Malefoy, dit-il à haute voix.

- Ne dis pas ça, tu te fais du mal, dit une voix moqueuse dans son dos. Dis-moi, j'ai croisé Potter dans le couloir, il ne venait pas d'ici, par hasard ? continua Sarah en s'appuyant sur le rempart à côté de lui.

- Si.

- Allez, raconte. Il n'avait pas l'air dans son assiette.

Partagé entre l'envie de lui dire d'aller voir ailleurs s'il y était et celle de se confier à quelqu'un pour essayer de se sentir mieux, Drago décida finalement de lui raconter comment il avait tout fait rater en évoquant le Seigneur des Ténèbres en plein milieu d'une conversation dans laquelle ce dernier n'avait aucun lieu d'intervenir.

- Il vient juste de se souvenir que vos points de vue divergent totalement en ce qui concerne les "forces du Mal", dit Sarah sur le ton de la constatation. Je sais bien que les contraires s'attirent, mais là ça fait tout de même un gros désaccord pour un couple, tu ne trouves pas ?

- Je n'ai pas envie d'en parler, répondit Drago d'un ton maussade sans cesser de fixer la forêt, au-delà du lac.

- Comme tu veux. Mais un jour, il te faudra choisir entre ton père et ton petit ami.

- Non, je ne vois pas pourquoi.

- Moi, je vois très bien pourquoi, rétorqua Sarah d'un ton qui n'admettait aucune réplique. Ce que je ne vois pas, par contre, c'est ce que tu trouves à Potter.

Drago sourit pour lui-même et au loin, une chouette hulula.

Le lendemain étant un dimanche, Drago n'eut pas l'occasion de parler à Harry. Il aurait pu déposer un mot à son intention dans la boîte aux lettres, mais il préférait s'expliquer de vive voix et résolut donc d'attendre de voir Harry en cours, ou de lui faire signe pendant le dîner pour lui fixer rendez-vous. Il passa la matinée à faire ses devoirs en compagnie de Sarah et Pansy et l'après-midi, il décida de mettre sur pied une séance d'entraînement en vue de la finale approchante. Par chance, le terrain de Quidditch était libre quand ils arrivèrent.

Alors qu'il venait d'attraper le Vif d'or pour la cinquième fois en quatre minutes, il remonta en chandelle et aperçut une silhouette à la fenêtre de la tour des Gryffondor. Il était bien trop loin pour distinguer un visage mais il se prit à espérer que c'était Harry et qu'il lui manquait autant que Harry lui manquait à lui.


- Comment se passent les entraînements ? demanda Dean Thomas à Harry quand ce dernier remonta dans la salle commune après le dîner.

- Pas mal, pas mal, répondit Harry d'un ton distrait.

Durant le repas il avait eu l'impression que Drago essayait d'attirer son attention pour lui dire quelque chose. Mais sans très bien savoir pourquoi, Harry s'était efforcé de l'ignorer.

- J'ai regardé les Serpentard s'entraîner, tout à l'heure, continua Dean. Malefoy est devenu sacrément bon, je l'ai vu attraper le Vif pas moins de cinq fois en cinq minutes.

- Bah, Malefoy n'attrapera jamais le Vif avant Harry, intervint Ron. C'est génétiquement im-pos-sible.

- Génétiquement ? Tu peux m'expliquer ça ? fit Hermione d'un ton moqueur. Quoi qu'il en soit, je suis d'accord avec Ron. Harry est le meilleur attrapeur que Poudlard ait jamais vu. Jamais il n'a laissé quelqu'un attraper le Vif avant lui.

- Diggory l'a attrapé avant moi en troisième année, dit Harry, la gorge un peu nouée comme il prononçait le nom du camarade que Voldemort avait assassiné sous ses yeux.

- Mais tu étais à terre, rappela Ron. Forcément, c'était plus facile pour lui.

La conversation s'étiola peu à peu et Harry, Ron et Hermione allèrent s'asseoir devant la cheminée pour faire leurs devoirs, mais Harry n'avait pas la tête à son travail. Malgré lui, le visage se Drago ne cessait de s'interposer entre les propriétés du sang de licorne et le mode de reproduction du Suédois à museau court. Qu'avait-il de si important à lui dire ? Qu'il regrettait d'avoir parlé de Voldemort ? Il fallait bien que cela arrive un jour. Qu'est-ce que tu croyais ? songea Harry en souriant sans joie à sa stupidité. Que vous alliez vous marier et avoir beaucoup d'enfants ? Il ne se rappelait pas avoir pensé une seule fois, durant sa relation avec Drago, à cette différence qui les éloignait, si énorme fût-elle. Un couple pouvait avoir des désaccords - tante Petunia adorait les épinards et oncle Vernon les détestait - mais il semblait soudain à Harry que toute leur histoire était fondée sur une imposture. Il s'était délibérément voilé la face, lui semblait-il tout à coup, et il avait sciemment ignoré le penchant de la famille de Drago pour la magie noire, juste pour ne pas éprouver de remords quand il était avec Drago. Un besoin urgent d'en parler le fit se tourner vers Hermione.

Un coup de coude discret et un hochement de tête en direction de la porte de la salle commune suffirent à la jeune fille pour comprendre.

- Je vais faire un tour, annonça Harry en s'extirpant de son fauteuil.

- Tu vas voir Padma ? fit Ron d'un ton malicieux.

- Oui, acquiesça Harry avec un sourire faussement complice. A tout à l'heure.

- Ou à demain ! répliqua Ron.

Rougissant, Harry disparut par le trou dissimulé par le portrait de la grosse dame. Une fois dans le couloir, il se mit à faire les cent pas en attendant qu'Hermione le rejoigne.

Cinq minutes plus tard, celle-ci émerga à son tour derrière la grosse dame. Elle tenait un livre à la main.

- J'ai dit à Ron que je devais rapporter ce livre à la bibliothèque, expliqua-t-elle.

Ils allèrent s'asseoir un peu plus loin, hors de vue pour quiconque sortirait à nouveau de la salle commune, et s'assirent par terre.

- Que se passe-t-il ? demanda Hermione.

Harry lui raconta la conversation avec Drago et ce qui le tourmentait depuis. Hermione l'écouta attentivement, fronçant les sourcils de temps à autre.

- Je crois que tu es un peu trop dur avec toi-même, dit-elle après un long silence. Je ne pense pas que tu aies fait exprès d'ignorer les tendances maléfiques de la famille Malefoy. Je veux dire, Tu-Sais-Qui ne s'est pas manifesté depuis longtemps maintenant, et ta vie sentimentale a connu quelques bouleversements cette année, alors rien d'étonnant à ce que tu n'aies plus pensé aux raisons pour lesquelles tu détestais Malefoy avant. D'ailleurs, pardonne-moi mais j'imagine que c'est plus dur pour lui que pour toi.

- Comment ça ?

- Tu es quand même celui qui met un point d'honneur à renvoyer Lord Voldemort d'où il vient à chaque fois que l'occasion se présente, expliqua Hermione avec l'ombre d'un sourire. C'est comme si... comme si Malefoy se battait sans cesse contre Dumbledore et que tu sortes quand même avec lui.

Un peu désarçonné par cette façon de voir les choses, Harry ne répondit pas tout de suite.

- Tu as raison, dit-il enfin. Le plus important, c'est ce que j'éprouve pour lui, pas vrai ?

- Absolument. Et de toute manière, ce n'est pas comme si vous alliez finir votre vie ensemble, n'est-ce pas ? Oh pardon, s'exclama aussitôt Hermione, confuse, en mettant sa main devant sa bouche. Je n'aurais pas dû dire ça. Je suis désolée, Harry.

- Non, ça ne fait rien, la rassura Harry. C'est ce que je m'étais dit aussi. Nous n'avons que seize ans, et d'ailleurs je pense que Lucius Malefoy ne voudra jamais m'avoir à sa table pour Noël. On verra bien ce que l'avenir nous apportera. Mais tu as raison, ajouta-t-il en se levant. Je vais arrêter de me poser des questions, et advienne que pourra.

- D'ailleurs je crois qu'il a quelque chose à te dire, à en juger par ses gesticulations au dîner, et je pense que tu devrais l'écouter, dit Hermione se levant à son tour.

- Il veut peut-être me dire qu'il renonce à ces histoires de magie noire pour moi ? suggéra Harry avec espoir.

- Ne sois pas trop optimiste quand même, répondit Hermione avec une moue sceptique.

Ils entrèrent ensemble dans la salle commune, sous l'oeil étonné de Ron.

- Padma n'était pas là, dit Harry à mi-voix (Parvati était dans les parages, et si elle l'entendait et en parlait à sa soeur, celle-ci serait bien surprise d'apprendre qu'elle avait une relation avec Harry).

- Tu n'es pas allée à la bibliothèque, Hermione ? demanda Ron tandis que Harry se rasseyait dans son fauteuil, prêt à rédiger l'essai que Rogue leur avait demandé.

- Oh, j'ai oublié, répondit Hermione d'un ton nonchalant que trahissait la rougeur de son visage, en regardant le livre qu'elle tenait toujours à la main.

- Tu sors d'ici exprès pour aller à la bibliothèque et tu oublies d'y aller ? insista Ron.

- Quand ton cerveau aura autant de travail que le mien, Ronald, peut-être toi aussi oublieras-tu certaines choses ! s'exclama Hermione en empoignant son sac. Bonne nuit !

Elle s'éloigna d'un pas vif vers le dortoir des filles.

Ron roula des yeux mais ne trouva aucun commentaire à faire.

Quelques minutes plus tard, Harry releva les yeux de son parchemin pour trouver avec surprise Ron en train de le dévisager d'un air suspicieux.

- Tu ne me caches pas quelque chose, Harry ?

- Hein ? Non. Rien du tout.

- Tu ne sors pas avec Padma, c'est ça ? Tu vois quelqu'un d'autre ? continua Ron.

- Mais non, pourquoi est-ce que tu... ? répondit Harry, qui commençait à paniquer.

- Tu sors avec Hermione, avoue-le ! l'interrompit Ron.

Harry éclata de rire, soulagé.

- Non, je t'assure que non. Elle est bien trop compliquée pour moi.

- A qui le dis-tu ! rétorqua Ron.

Le lendemain, après le cours de métamorphose, Harry réussit à attirer Drago dans les toilettes et lui dit d'une traite :

- Je suis désolé pour l'autre soir, je n'aurais pas dû réagir comme ça, c'était stupide de ma part...

- C'est moi qui m'excuse, l'interrompit Drago. Je ne sais pas ce qui m'a pris de parler de... enfin... désolé.

Harry sourit et l'embrassa.

- Ce qu'il y a, fit Drago en se dégageant doucement, c'est qu'aucun de nous ne changera jamais d'avis sur la question, n'est-ce pas ?

- Eh bien, si ta question est : « Te tourneras-tu un jour vers les forces du Mal, cher Harry ? », la réponse est non. Mais bon, on est censés aimer l'autre comme il est, non ? Enfin, je crois..., ajouta-t-il en voyant Drago se rembrunir.

- Je ne sais pas, Harry, dit brusquement Drago en s'appuyant contre un lavabo. Comment imagines-tu notre avenir ? Tu passeras tes journées à combattre les mages noirs et...

- ... et toi les tiennes à torturer quelques innocents ? coupa Harry, légèrement agacé que Drago n'ait pas réglé ses états d'âme aussi rapidement que lui. Tu vas un peu vite en besogne. Nous sommes encore trop jeunes pour faire des projets, qui sait ce qui peut se passer ? On ne sera peut-être même plus ensemble à la fin de notre scolarité !

- On ne sera sans doute plus ensemble à la fin de cette journée, tu veux dire ! répliqua Drago en haussant le ton. Je ne sais pas à quoi tu joues, Harry, mais si je ne suis qu'une passade pour toi, j'aime autant arrêter les frais tout de suite !

Il attrapa son sac avec rage et ouvrit la porte à la volée.

- Dégage, toi ! hurla-t-il à un première année qui voulait entrer dans les toilettes.

Ce dernier fit un bond de côté et la porte se referma sur un Harry médusé.


A la fin du cours d'arithmancie, un peu nerveuse, Hermione s'éclaircit la gorge et avança d'un pas.

- Je peux te parler un instant ?

Drago retomba lourdement sur sa chaise en fronçant le nez.

- Si c'est parce que je n'ai pas fait ma ronde de préfet l'autre nuit, j'étais...

- Non, ce n'est à propos de ça.

Elle attendit que le dernier élève soit sorti de la salle et pointa sa baguette sur la porte pour la fermer.

- Hé ! Qu'est-ce que tu fais ? s'exclama Drago en se raidissant sur sa chaise.

- Je dois te parler de Harry, répondit Hermione. Mais avant tout, sache que ça ne me réjouit guère.

- Moi encore moins, grommela Drago.

- Il est très malheureux depuis samedi et...

- La faute à qui ? Et d'abord, qu'est-ce que ça veut dire ? Il est venu pleurer dans tes jupes ?

- Je suis son amie, rétorqua Hermione. Apparemment tu n'as qu'une vague notion de ce que ce mot signifie, puisque tu l'abandonnes à la première difficulté.

- Hé, attends une minute ! Il m'a quand même clairement fait comprendre qu'il se fichait de moi !

- Il n'a jamais rien dit de tel, il faisait simplement preuve de lucidité. Dire que vous ne serez peut-être plus ensemble dans un an ne signifie pas que c'est ce qu'il souhaite, mais tout simplement que c'est possible. Il ne veut pas faire de projets pour ne pas être déçu.

- Quand on ne fait pas de projet, on n'avance pas.

- Mais comment veux-tu qu'il puisse en faire ? Ses parents sont morts quand il avait un an, et ça lui rappelle tous les jours qu'on n'est jamais sûr de rien. Il veut simplement profiter du jour présent, c'est ça qu'il voulait te dire, mais... enfin, il n'est pas très doué pour communiquer.

- J'avais cru remarquer, répondit Drago d'un ton légèrement moins bourru.

- Il faut simplement que lui laisses du temps. Il t'aime, tu sais, même s'il a parfois une drôle de manière de le montrer. Et il a peur de ce qui risque de vous séparer, alors il préfère ne pas y penser.

Malefoy émit un grognement sans conviction.

- Quand nous sortirons de cette pièce, cette discussion n'aura jamais eu lieu. Je ne t'aime pas beaucoup, Malefoy, mais je veux que Harry soit heureux et il l'est avec toi.

- Je sais, répondit Drago avec un soupir. Bien, je... je vais réfléchir.

Il se leva et quitta la pièce en silence.

- De rien, fit Hermione en levant les yeux aux ciel.