Et voila, c'est déjà la fin de cette fanfiction. Même si je n'ai fait que la corriger et la relire, car je l'ai écrit il y a 15 ans, ça me rend un peu triste que ce soit terminé. J'espère que cette conclusion avec un saut dans le temps vous fera plaisir. Je vous laisse avec la fin de cette histoire : enjoy...
Point de Vue Raven :
Les dernières notes fusèrent dans l'air et la petite foule devant nous cria et applaudit. La chanteuse se retourna vers nous et nous lui tapâmes dans la main, toutes les quatre à l'unisson. Une autre star s'avança sur le début de la scène et prit la parole pour faire patienter l'audience pendant que nous remballions notre matériel. Une fois dans les coulisses, nous devions nous dépêcher de ranger nos affaires pour laisser place au groupe suivant. Après avoir tout déposé au studio, nous nous rendîmes dans un bar de la capitale, avec tout le groupe. Le serveur nous proposa une table pour cinq et nous ne tardâmes pas à choisir ce que nous voulions boire. Nous repassâmes en détail le concert pour voir ce qui était bien et ce qui était à améliorer.
Nous finîmes par nous quitter, presque à grands regrets, comme à chaque fois, nous étions tellement attachées les unes aux autres. Octavia et moi prîmes la direction de notre appartement, et, comme à chaque fois, j'avais hâte de me retrouver dans ses bras.
- On se rapproche de notre grand rêve, dit O' en ouvrant la porte de l'entrée.
Elle n'avait pas tort. Nous avions formé un groupe, et maintenant, nous jouions sur des petits événements, des petits concerts, nous n'étions pas loin de signer un gros contrat avec une production. Bientôt, nous aurions nos propres concerts.
Octavia ferma la porte à clef et nous déposâmes nos vêtements sur les portes manteaux accrochés au mur juste à côté de l'entrée. Je mourrais de faim et de fatigue. Nous optâmes pour des nouilles instantanées, comme pas mal de fois depuis déjà quelque temps. C'était non seulement rapide à faire, mais surtout assez économique. Une fois prêtes, nous nous attablâmes l'une en face de l'autre, comme chaque soir depuis neuf ans que nous avions emménagé ensemble. C'était juste après le lycée. Après cette merveilleuse année que nous avions passée en tant que représentantes aux pavillons de notre école, sous l'égide de Clarke et Lexa. Notre plus belle année de lycée, et, pour l'instant, la plus belle année de ma vie. Nous avions rencontré tant de gens, avions créé tant de liens, et nous étions toujours en contact aujourd'hui avec nos amies de l'époque.
- Tu m'écoutes, Raven ? m'interpella O'.
- Oh, excuse-moi, j'étais perdue dans mes pensées, tu disais ?
- Ralala, je te demandais si tu avais décidé quelle robe tu allais choisir pour samedi.
- Je crois que je me suis décidée, je serais encore plus sûre quand on sera dans le magasin, mais t'en fais pas, dès que j'aurais les deux sous les yeux, je saurais laquelle prendre et on n'y restera pas des heures comme l'autre jour !
- J'ai hâte ! Pas du jour des robes, mais du grand jour, enfin, tu sais.
- Oui, riais-je, j'avais compris !
- Y'aura toutes les filles, hein ?!
- C'est pas sûr que Luna puisse se libérer, si j'ai bien compris, mais tu la connais, elle va faire tout son possible pour pouvoir venir !
- Il y a intérêt ! Ce sera moins bien sans elle...
J'acquiesçai et me levai pour laver nos deux bols. Octavia me regarda, assise sur sa chaise, pensive. Quand j'eus fini, elle se leva pour m'enlacer de ses bras et nous restâmes ainsi un petit moment avant d'aller nous préparer pour nous mettre au lit.
Après avoir fait tendrement l'amour, O' vint s'allonger sur moi, posant sa tête au creux de mon cou.
- Je suis heureuse... chuchota Octavia.
- Heureuse ?
- Oui, à 27 ans, je suis fière de pouvoir dire que je suis heureuse, ce n'est pas donné à tout le monde, et pourtant, je le suis. Heureuse avec toi, heureuse dans mon activité, heureuse dans presque chaque partie de ma vie.
- Mon amour... Te voir heureuse me remplit de bonheur, tu le sais ?
- Oui... mais toi ? Tu l'es ? Heureuse.
- Je ne sais pas trop, comme tu l'as dit, ce n'est pas donné à tout le monde, mais tu sais, tant que je suis près de toi et qu'on arrive à réaliser notre rêve, ça me va ! Je t'aime et c'est ça qui compte le plus !
Elle se redressa un peu pour m'embrasser. Je caressai son cou et ses cheveux.
- Moi aussi je t'aime, Raven, chuchota-t-elle tout doucement.
Point de Vue Anya
C'était la pause déjeuner et, comme peut-être tous les midis, quand nous n'étions pas avec un client, Lexa, Ontari et moi déjeunions ensemble.
- Vous êtes prêtes pour samedi ? demanda Lexa.
- On doit aller récupérer nos tenues dans deux jours, répondit Ontari, et toi ?
- Je vais la chercher cet après-midi ! J'ai hâaaaaate !
- C'est vrai que ça va faire du bien de se voir toutes ensemble, ça fait un certain temps que ça ne nous est pas arrivé ! dis-je.
- Normal, affirma Lexa, avec les emplois du temps de tout le monde, c'est pas facile de trouver un moment en commun pour se voir...
Lexa croqua dans son cookie et en proposa un morceau à Ontari, voyant comme elle lorgnait le gâteau.
Après notre remise de diplômes, Ontari et moi étions entrées dans l'université de Droit que nous voulions faire. Lexa nous avait rejointes un an plus tard. Une fois diplômées, je me fis engager dans un grand cabinet qui avait besoin de main d'œuvre. Ontari avait tout de suite trouvé quelque chose de plus petit qui lui donnait plus de responsabilités. À sa sortie, Lexa était naturellement venue nous voir, j'avais réussi à lui trouver un stage. Et de fil en aiguille, j'avais ouvert un cabinet, engageant Lexa. Ontari, très bien installée où elle était, avait refusé mon offre. J'en avais été un peu triste, car je rêvais de travailler avec elle. Au final, nous étions concurrentes, car étant dans le même quartier, mais l'avantage était que nous pouvions manger ensemble le midi.
- Bon, je dois y aller moi, dit Ontari en regardant sa montre.
Elle se leva, salua Lexa et se pencha vers moi pour m'embrasser. Nous n'avions jamais eu honte de nous montrer en public.
- À ce soir mon cœur, à demain Lexa !
Nous la saluâmes et finîmes par rejoindre notre cabinet, nous aussi. La journée continua son cours tranquillement.
Le soir, j'arrivais à la maison après Ontari, comme presque toujours. Elle m'accueillit en m'embrassant, comme nous le faisions tout le temps.
- Je nous ai préparé à manger, mon ange, m'apprit-elle en se décollant de moi.
- Ohw c'est vrai ?
D'habitude, je rentrais et me mettais tout de suite aux fourneaux, j'aimais cuisiner pour Ontari. Mais de temps en temps, elle prenait le relais pour mon plus grand plaisir. Elle se trouvait mauvaise cuisinière, mais persistait encore et encore, s'améliorant à chaque fois. Après un petit tour par la salle de bains, j'allais m'asseoir autour de la table de la cuisine. Ontari nous servit et nous mangeâmes avec envie.
Une fois fini, nous remplîmes le lave-vaisselle et j'allumai l'ordinateur pendant qu'elle alla dans la salle de bains pour se laver. L'ordinateur allumé, je changeais d'avis et eus envie de rejoindre Ontari. Je me déshabillai, puis ouvris doucement la porte de la salle de bains. Elle était encore en train d'enlever ses vêtements, la baignoire était déjà pleine d'eau chaude. J'avançai lentement et l'entourai de mes bras. Elle sursauta en riant.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, un ton ironique dans la voix.
- J'avais envie de te prendre dans mes bras...
Je lui embrassai l'épaule, puis le cou pendant que mes mains caressaient son ventre. Elle tourna son visage et essaya de m'embrasser sur la bouche, ce qui ne fut pas facile, alors elle décida de se retourner pour me faire face et se plaqua sur mes lèvres. J'entourai ses côtes de mes bras et l'embrassai plus violemment. Je finis par me décoller de sa bouche et nous plongeâmes dans le bain où nous continuâmes à nous câliner.
Point de Vue Gaïa :
- Jason ?
- Oui ?
- Pour le plan épaule, il faudra que tu te souviennes que tu avances d'abord la main droite, puis que tu touches le bras de Isla avec ta main gauche, ça marche ?
- T'en fais pas !
- Parfait.
Je lui souris comme à mon habitude et me reculai pour aller me poser à côté du cadreur. Je sortis mon stylo de la poche arrière de mon pantalon et me préparai à noter le nécessaire. Lorsque Max, le réalisateur, lança le "action", mon stylo couru sur le papier à toute vitesse pour éviter d'oublier le moins de détails possibles.
Étant une grande rêveuse, je n'avais pas le temps de rêvasser avec ce métier, mais il me comblait plus que je n'aurais pu l'imaginer. Une fois la journée fini, Max m'invita à prendre un verre, comme pas mal de fois. Je l'avais rencontrée lors de mes études. Après Les Orchidées, j'étais entrée dans une école de Cinéma, une sorte de lubie, sûrement amenée par Emori qui voulait faire de même, qui finalement avait porté ses fruits. Max était devenu réalisateur assez vite après sa sortie de l'école et m'avait engagée comme scripte sans hésiter. Cela faisait maintenant six ans que je le suivais sur tous ses projets. En ce moment, nous travaillions sur une série, et j'étais là, fidèle à mon rôle, faisant mon possible pour ne rater aucune faute de raccords, notant tous les petits détails importants pour que cette série soit la plus vraisemblable possible.
Max et moi étions devenus meilleurs amis. Il avait sans doute voulu sortir avec moi à une époque, mais il avait vite compris que j'aimais les femmes et avait lâché l'affaire. Depuis, nous étions inséparables.
- Max ? l'interpellai-je alors que nous nous asseyions au bar.
- Oui ?
- Tu te souviens hein, samedi, je ne serai pas là pour le tournage de nuit.
- Oui oui, t'en fais pas, je suis allée à l'école, elle n'a pas changé en sept ans, et j'ai posté une petite annonce. Du coup, j'ai eu plusieurs réponses et j'ai pris deux élèves pour te remplacer.
- C'est super ça ! J'aurais rêvé que ça m'arrive à l'époque tiens !
- Ah ah, on rêvait tous de trouver le stage parfait ! Mais on final, on s'en sort plutôt bien toi et moi !
- Pour ma part, c'est surtout grâce à toi !
- Et, ça va aller pour samedi ?
- Oui, t'en fais pas ! Il y aura toutes mes amies, donc ça ira ! Tout se passera bien, puis depuis le temps, je me suis faite à l'idée, j'arriverais à la regarder en face quand même ! On est restées amies, ça devrait fonctionner, j'ai eu le temps de m'habituer à la situation et je l'adore toujours autant.
- Bien, bien, en tout cas, si ça ne va pas, tu m'appelles hein !
- Oui, enfin, en plein tournage, j'aurais du mal à te joindre.
- Tu laisses un message et je te rappelle !
Je ris en buvant une gorgée.
Je rentrais finalement chez moi assez tard. Aucun problème, personne ne m'attendait à la maison. J'ouvris la porte et jetai mon manteau sur le canapé avant de me précipiter dans mon lit. J'étais claquée. Je fermais les yeux et mon esprit divagua. Il repensa soudainement à Niylah. Cela allait bientôt faire six ans que nous nous étions séparées. J'étais vraiment tombée amoureuse d'elle, bien qu'au départ notre couple avait plutôt été son initiative. Finalement, notre relation ne marchait plus pour elle et elle était partie juste avant que nous emménagions dans l'appartement que nous avions choisi ensemble. Appartement dans lequel je vivais toujours aujourd'hui, d'où le mal que j'avais à l'effacer de mes souvenirs. Depuis, j'enchaînais les histoires sans lendemain. Étant sur différents tournages, je rencontrais énormément de femmes, mais je n'avais jamais rien construit de stable. Soit elles couchaient avec moi par curiosité, soit c'était moi qui leur disais au revoir au bout d'à peine un mois. Il y a juste eu cette fille, Pauline, avec qui je suis restée presque neuf mois, mais elle avait fini par me quitter pour aller travailler aux États-Unis. Je n'avais encore jamais eu d'aventure avec un homme, j'attendais juste que l'occasion se présente, peut-être étais-je aussi trop exigeante à ce sujet. J'étais cependant quasiment certaine que je finirais par coucher avec Max un jour.
Point de Vue Emori :
- Allô ?
- Salut mon cœur, c'est moi.
- Lu ! Qu'est-ce que tu veux ?
- Ce soir, je peux sortir plus tôt finalement, ça te dit qu'on aille chercher nos robes ?
- Avec plaisir !
- Je passe te prendre à ta sortie de classe, ça te va ?
- C'est parfait, je dois te laisser, la récré est terminée, à ce soir Lu !
- À ce soir, 't'aime.
Elle raccrocha et j'allais chercher mes élèves, sagement rangés dans la cour de l'école. Ils avaient tous entre sept et huit ans. Ce fut pendant ma troisième année aux Orchidées que je me rendis compte que je voulais travailler avec des enfants. J'avais finalement mis ma passion pour le cinéma de côté, ce fut Gaïa qui réalisa ce rêve à ma place. J'en ressentais d'ailleurs une certaine joie. Apprendre des choses aux enfants, voir leurs regards avides de savoir et leurs mines réjouies lorsqu'ils comprenaient enfin quelque chose, j'adorais ça. J'avais commencé par animer des colonies de vacances pendant l'été, puis, après mes études, j'avais eu ma première classe de primaire à l'âge de 25 ans, cela allait donc bientôt faire quatre ans que j'exerçais ce métier.
Luna et moi étions toujours ensemble. De son côté, elle était devenue journaliste. Grâce aux Pétales d'Orchidées, elle avait pu entrer dans la meilleure école de journalisme du pays. Cette semaine, elle travaillait dans sa boîte de la capitale, mais elle était souvent en déplacement. Au début, c'était plutôt dur à vivre, nous ne nous étions jamais quittées depuis notre rencontre à l'école primaire. Nous avions cependant fini par nous y habituer, trouvant même cela enrichissant. Depuis qu'elle partait, nous ne nous disputions presque plus, la distance permettant d'éloigner les tensions et de les oublier. De plus, chacun de ses retours à la maison en devenait merveilleux.
Nous avions un rêve, nous marier. Impossible dans notre pays, mais les mentalités commençaient à évoluer, nous espérions qu'un jour, ce serait possible. Nous avions aussi pensé à partir à l'étranger, mais laisser derrière nous toute une vie au ici semblait difficile.
La cloche retentit de nouveau, annonçant la fin de la journée. Je laissai partir mes élèves, rangeai mes affaires et sorti par la porte de derrière, où Luna m'attendait. Eh oui, il valait mieux éviter que les parents sachent que je partageais ma vie avec une femme. J'étais triste de devoir en arriver là, mais après tout, on se faisait à l'idée.
- Salut beauté ! s'exclama Luna en me voyant.
- Mmmh...
Elle me prit dans ses bras et m'embrassa tendrement, je me laissai faire, puis enfoui mon nez dans son cou. Elle me lâcha à regret et nous prîmes la direction du magasin où nous devions aller.
- Bonjour, nous venons chercher les robes que nous avons commandées, dit Luna en s'adressant à la vendeuse à l'accueil, on a reçu un mail disant qu'elles étaient arrivées.
- Bien entendu, votre nom s'il vous plaît ?
- Reynolds.
La vendeuse fouilla quelque instant dans son ordinateur.
- Bien, suivez-moi.
Elle nous entraîna dans la même salle où nous avions essayé nos modèles trois semaines auparavant.
- Vous voulez les essayer ?
Luna et moi échangeâmes un regard pour nous mettre d'accord.
- Oui, ce serait plus prudent, finis-je par dire.
La vendeuse nous remit à une autre employée du magasin qui nous ouvrit les paquets contenant chaque robe. Elle nous laissa ensuite seules, le temps pour nous d'essayer tout ça, nous demandant d'aller la chercher quand nous aurions fini ou en cas de problème.
J'aidai Luna à enfiler sa tenue, elle m'aida ensuite à enfiler la mienne, puis nous virevoltâmes devant le miroir un petit instant.
- T'es magnifique, Luna… finis-je par dire.
- Toi aussi...
Elle se tourna vers moi et me prit dans ses bras. Je l'entourais aussi des miens. Machinalement, nous commençâmes à tourner, comme si nous dansions.
- La prochaine fois que je te verrais dans une si belle robe, dit-elle, j'espère que ce sera une robe de mariée...
- Mon amour...
Je relevai ma tête posée sur son épaule et la regardai dans les yeux, mon visage s'approcha du sien. Je sentis son souffle effleurer ma bouche et n'hésitai plus à déposer mes lèvres contre les siennes. Je l'embrassais passionnément comme à mon habitude. Que nous fussions dans un lieu public n'y changeait rien. Quand j'étais contre elle, j'étais dans un autre espace-temps. Je l'aimais, et ce, pour très longtemps encore.
Point de Vue Niylah :
Je lisais tranquillement dans un fauteuil lorsque mon téléphone portable sonna.
- Allô ?
- Salut Niylah, c'est GaÏa.
- Ah, Gaïa !
- Ça y est, je l'ai !
- Oh mon dieu, j'ai tellement hâte de te voir avec, tu sais bien comme je suis tellement déçue de pas avoir pu être là quand tu l'as essayée !
- Je sais bien, je sais bien, mais j'aime avoir cet avantage sur toi, moi je sais à quoi tu vas ressembler dans ta sublime robe, mais toi, tu peux t'imaginer ce que tu veux !
- Mais je suis sûre qu'elle te va à merveille.
- Je ne voudrais pas te voler la vedette quand même. Mais je voulais aussi savoir, on se voit jeudi soir, mmh ? Du coup, t'es libre à quelle heure ?
- Alex rejoint ses amis vers 20 h, donc bah, tu peux passer dans ces eaux-là !
- Parfait, et... t'es vraiment sûre que tu veux qu'on fasse ça seulement toutes les deux ?
- Oui... Je... Je sais que je t'ai fait énormément de mal, mais on a su rester amies, meilleures amies. Cet unique moment de ma vie, c'est avec toi que je veux le passer... Sauf si tu n'en as plus envie évidemment.
- Niylah... Si je t'ai demandé à quelle heure je venais te chercher c'est que j'en ai toujours envie, mmh ? Et j'en ai vraiment très envie ! De plus, avec tous tes déplacements, ça fait un bail qu'on n'a pas fait une petite soirée toutes les deux.
- T'as raison...
- Allez je te laisse, ma pause est déjà finie, on aura tout le temps de parler jeudi, à plus tard ma belle.
- À plus tard !
Je raccrochai et essayai de me remettre à ma lecture. Mais mes pensées divaguèrent. J'étais vraiment tombée amoureuse de Gaïa. Mais j'avais eu peur de l'engagement avec elle. À l'école ça allait, il y avait les autres pour nous entourer, on ne dormait pas dans la même chambre. Une fois qu'il eut été question d'emménager ensemble, une grosse peur s'était emparée de moi. Je l'aimais, mais finalement pas assez pour passer le reste de mes jours avec elle. J'avais essayé de lui expliquer, elle avait terriblement souffert. Mais nous avions besoin l'une de l'autre et avions, après de longs mois de dispute, réussit à redevenir les meilleures amies que nous étions à l'époque de notre première année aux Orchidées.
J'avais fini par rencontrer Alexandreï, un homme, dont j'étais follement tombée amoureuse. Gaïa l'avait d'abord plutôt mal pris, que je passe d'une fille à un homme, elle avait l'impression d'avoir seulement été une expérience, une passade pour moi. Mais c'était faux, je l'avais aimé et je me sentais encore capable d'aimer une autre femme. Seulement, Alexandreï était entré dans ma vie. Je l'avais rencontré à bord d'un avion, lors d'un de mes voyages d'affaire. Après le lycée, j'avais pu faire les études que je voulais, Commerce International, ce qui m'amenait à beaucoup voyager. Ces voyages jouaient aussi dans ma relation avec Gaïa, nous ne nous voyions pas aussi souvent qu'à l'époque du lycée, ce qui renforçait nos liens amicaux. Donc, j'avais rencontré Alex lors d'un de mes vols vers la Chine. Court, mais enrichissant. Le hasard avait ensuite fait que nous nous étions retrouvés sur le même dossier et également assis à côté sur le vol de retour. Nous nous étions revus à plusieurs reprises et il avait fini par me demander en mariage. Jeudi soir ? Je fêtais mon enterrement de vie de jeune fille avec Gaïa.
Jeudi soir, donc, Gaïa sonna à ma porte. J'allais lui ouvrir et nous nous étreignîmes. Je la suivis ensuite à travers les rues de la ville. J'avais voulu quelque chose de simple pour cette soirée. Nous avions décidé d'aller nous poser dans un bar et d'y papoter jusqu'à sa fermeture. Nous comptions ensuite déambuler dans les rues jusqu'à tomber de fatigue. Après, nous rentrerions chez moi et nous écroulerions pour dormir toute la journée du vendredi. Le mariage étant le samedi.
Nous trouvâmes un bar qui nous plaisait et nous installâmes dans un coin tranquille.
- Et dire que tu vas sûrement être la seule de toute notre petite bande à te marier, dit Gaïa après avoir bu une gorgée.
- Donc, il va falloir que mon mariage soit magnifique ! ... Et toi, personne dans ta vie en ce moment, Gaïa ?
- Non, tu sais, j'ai rompu avec Elie il y a presque un mois maintenant, et j'n'ai rencontrée personne de nouveau ces temps-ci, ou pas qui me plaisait en tout cas.
- Ce soir peut-être, qui sait !
- Ah non, je suis venue pour toi, pas pour sauter sur une fille !
- Mais ça me ferait plaisir, au contraire. Tu sais, j'ai hâte que tu rencontres enfin quelqu'un de bien pour toi, que tu vives quelque chose de beau et de stable.
- Oh, mais c'était beau toutes les petites aventures que j'ai vécues, après, stable, c'est sûr que je ne connais pas vraiment...
- Ça viendra, ça vient toujours !
- J'espère ! dis-je en levant mon verre.
Niylah sourit et cogna son verre contre le mien.
- À ton futur ! dit-elle.
- À ton mariage !
Point de Vue Clarke :
Comme tous les soirs où je rentrais du boulot, je regardais le paysage défiler à travers les vitres du train et me perdais dans mes pensées. Notre année de présidence à l'école des Pétales d'Orchidées avec Lexa avait été magnifique. Pour le moment, une des plus belles années de ma vie. Nous avions réitéré la compétition en cinq épreuves qu'Anya et Ontari avaient inventées. Depuis, c'était devenu la norme pour élire les deux présidentes. Niylah avait eu raison, nous avions été un couple très populaire, encore aujourd'hui, l'école parlait de nous, nous prenant comme exemple. Lexa et moi étions parfois invitées à des réunions spéciales organisées par les Orchidées. C'était toujours un plaisir d'y aller, surtout que nous y allions toujours en compagnie d'Anya et Ontari, avec qui nous avions d'ailleurs gardé contacts. Nous avions gardé contact avec tout le monde. Pour le mariage de Niylah, qui avait lieu demain, tout le monde été invité : Gaïa, Raven, Octavia, Luna, Emori, Ontari, Anya, Lexa et moi. Je revins à moi lorsque le train annonça mon arrêt. Je me levais lentement et sorti pour rejoindre notre appartement.
Lorsque j'arrivais, Lexa n'était pas encore là. Elle rentrait souvent plus tard que moi. J'enlevai maladroitement mes chaussures et allai me poser dans le canapé pour regarder lascivement la télé.
Après le lycée, j'étais entrée dans une fac de langue. Aujourd'hui, j'étais traductrice dans une maison d'édition, traduisant des livres espagnols et russes en anglais. Pendant mes études, j'avais toujours voulu être traductrice du japonais vers l'anglais, mais j'avais découvert le russe et n'avait pas pu le lâcher, j'étais devenue presque bilingue. J'avais commencé dans la vie active en tant que guide touristique, puis à force d'opportunités, j'avais finis dans cette maison d'édition.
J'entendis la clef tourner dans la serrure et lorsque Lexa fut déchaussée, elle se précipita sur moi pour m'enlacer.
- J'ai hâte d'être à demain, me dit-elle en deux baisers, ça fait un bail qu'on ne s'est pas réunies toutes ensemble !
Elle avait raison. Et puis ce mariage allait nous faire du bien, nous travaillions d'arrache-pied ces derniers mois, un peu de divertissement ne serait pas de refus. Lexa rentrait souvent tard le soir, restant au bureau pour travailler sur des dossiers sur lesquels elle coinçait. Elle détestait ramener du travail à la maison, donc elle préférait rester au cabinet pour tout boucler. Après le mariage, nous avions décidé de prendre une semaine de congé pour partir à la montagne toutes les deux.
Lexa finit par me lâcher et nous nous levâmes pour aller dîner. Une fois la vaisselle faite, nous regagnâmes notre chambre. J'étais allongée sur le dos et Lexa était sur moi, ses deux mains posées à côté de mon visage. Elle me souriait, je lui sourirais. Sa tête s'avança et ses lèvres rencontrèrent les miennes. Nos langues finirent par entrer en contact, elles aussi. Une de ses mains quitta le lit pour venir épouser un de mes seins. Mon souffle s'accéléra et mes mains entreprirent de se balader sur son dos nu.
Nous fîmes l'amour, comme beaucoup de nuits depuis onze ans maintenant. C'était à chaque fois quelque chose de magique, un moment que je n'aurais refusé pour rien au monde. Je l'aimais, plus que n'importe qui, plus que ma propre existence. Je voulais la chérir et la protéger jusqu'à la fin de ses jours.
Nous étions allongées l'une à côté de l'autre, Lexa blottie contre moi.
- J'ai hâte d'être à ce mariage, mais j'aurais tellement aimé que ce soit le nôtre...
- Lexa ?! m'étonnais-je.
Elle ne m'avait jamais parlé de cela.
- Oui, j'aurais aimé t'épouser Clarke... J'aurais aimé partager ton nom de famille et pouvoir montrer au monde entier que je t'appartiens et que tu m'appartiens.
- Mon amour...
Je l'embrassai passionnément et violemment.
- J'aurais tellement aimé te faire une belle demande en mariage...
- Tu sais, Lexa, tu peux toujours le faire, ça aura toujours de la valeur pour moi...
- Je le ferais, tu verras ! dit-elle en se redressant un peu, des étoiles dans les yeux. Ce sera tellement magnifique qu'on s'en souviendra toute notre vie !
- Ahah, j'attends de voir ça !
- Fais-moi confiance !
Nous rîmes en cœur et nous embrassâmes à nouveau. Nous finîmes aussi par refaire l'amour. Nous serions peut-être fatiguées le lendemain, mais tant pis, rien n'arriverait à gâcher ce jour : le mariage d'une de nos meilleures amies.
Merci à toutes celles qui m'ont lu jusqu'ici, et à toutes celles qui me suivent depuis des années. Je pense que ça va être compliqué pour moi d'écrire de nouvelles fanfictions pendant quelques temps. La vie d'adulte tout ça, fait que je n'ai plus autant le temps qu'à l'époque où j'étais encore étudiante. Je dois aussi prendre du temps pour écrire un roman que j'ai commencé et que j'aimerai envoyer en maison d'édition ou publier moi-même. Merci encore et on se retrouve, un jour, c'est sûr !
