Hello tout le monde !
On a pas de choses rigolotes à partager avec la terre entière alors comme direz ma grand-mère mieux vaut se taire que de parler à tord et à travers, ;)
Bonne semaine et bonne lecture à vous !
Coralie : Un grand pas dans les faits, un petit pas concrètement oui xD C'est souvent ce qui peut arriver avec des très bons amis. On se disait que c'est marrant que pendant toutes ses années tu as jamais créer de compte ffnet à toi au fait ! Ya-t-il une raison ? ;)
Chapitre 26
"Ça va être tellement bien ! exagéré-je mon enthousiasme. On va faire du sport tous ensemble !"
Alors que nous marchons dans le couloir et que je me trouve entre Sib et Murdock qui ne décrochent pas un mot, je me concentre sur ma mission personnelle pour faire de grands gestes qui doivent, si je m'y prends bien, détourner toute l'attention générale du malaise environnant. Murdock a l'air tout à fait ailleurs tandis que Sib lui jette de petits regards qui tombent dans le vide. Et moi, eh bien, je fais mine de rien.
Murdock m'attendait à la fn de mon cours pour qu'on aille au bar, et par loyauté, j'ai proposé celui de Chad. J'ai aussi évidemment mis un point d'honneur à passer par la salle de classe de Sib pour l'entrainer avec nous, et depuis on traverse le Pôle Nord. Evidemment, je sais quelle est la cause de ce nouveau climat... mais je ne comprends pas pourquoi Murdock réagit comme ça.
Quelle chance il a ! Son amitié avec Sib serait le socle parfait pour la plus belle des relations. A mes yeux, c'est ni plus, ni moins que le rêve qu'on ne voit que dans les flms, dont on entend parler que dans les musiques et qu'on ne lit que dans les livres. Et quelle chance il aurait d'avoir une petite-amie comme Sib.
Je lui lance un regard un chouya accusateur, qu'il ne manque pas d'apercevoir. Ah bah tiens ! Pour quelqu'un qui fait le mort-vivant, il a encore le regard vif !
"Quoi ? grince-t-il.
-Rien ! roucoulé-je. Rien du tout ! Ah, quelle merveilleuse journée... et j'ai hâte d'être à ce triathlon... on sera comme des gladiateurs, comme des vikings, comme des...
-Oui, bon ça va ! Tu nous rabats les oreilles avec ça depuis dix minutes."
Offusquée, je ravale ma dernière métaphore avant de réaliser qu'on approche de la salle de cours de Kenneth, et je me rends compte que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas vu. Depuis qu'il s'est mis avec Hanabi, en fait.
"Attendez-moi là, je vais voir si Kenneth veut venir avec nous," leur dis-je.
J'allais partir mais Sib me retient du poignet, me suppliant silencieusement de rester. Je jette un coup d'œil à Murdock qui nous tourne pratiquement le dos.
"Je reviens vite, promis, lui murmuré-je avant de lui lever le poing en l'air, tu peux le faire ! essaye de briser la glace !"
Je fais quelques pas vers la salle de classe, Murdock me regarde enfn.
"J'y vais, lui dis-je avant de tenter, sois gentil ?
-Tu me prends pour un toutou, maintenant ?!"
Maintenant qu'il le dit, j'ai envie d'adopter un roquet pour lui donner son nom. Il est grognon comme un caniche à qui on a pas acheté sa pâte préférée.
"Rho..., fais-je, qu'est-ce que t'es désagréable...
-J'ai envie d'une bière ! C'est trop demander ?"
Je lève les yeux en l'air et décide de partir aussitôt pour revenir le plus vite possible afn de libérer Sib du dragon demi-nain. Je trottine vers la salle de Kenneth et toque un peu sur la porte qui est laissée ouverte. Celui-ci est à son bureau où il range ses affaires. Il lève les yeux vers moi, me lance un sourire avant de reporter tout son intérêt à ce qu'il fait. J'avance, les mains liées dans mon dos.
"On va au bar ce soir... tu voudrais venir ? proposé-je.
-Ohlà, je suis débordé, je vais pas pouvoir !
-Tu peux juste venir une demi-heure et repartir après...
-Ca va pas être possible, Anak, désolé... au fait, t'es pas venue la dernière fois à la chorale ?"
Il a quitté son bureau, sa sacoche en cuir sous le coude et a marché rapidement vers la porte, en s'arrêtant cependant à ma hauteur.
"Euh oui... j'avais..."...pas envie...
"... un rhume ! Un terrible rhume !"
Je toussote un peu pour la forme.
"J'ai d'ailleurs encore quelques restes...
-Viens la prochaine fois !"
Je fais la moue alors qu'il me tourne le dos et avance vers la porte. Il attend en me regardant. "Oui ?
-Tu veux bien sortir que je puisse fermer ?"
Ohh... je m'exécute et alors qu'il verrouille la porte, je lui fais mes au-revoir, espérant qu'il change d'avis mais il n'a clairement pas l'air d'en avoir envie. Je m'en vais donc retrouver Sib et Murdock qui se présentent pratiquement le dos. Sib me lance un regard penaud, et je comprends qu'elle n'a pas réussi à arranger la situation. Je foudroie Murdock des yeux, proftant du fait qu'il regarde ailleurs.
"Alors ? me demande Sib.
-Il peut pas venir.
-On peut y aller, maintenant ? s'impatiente Murdock.
-Les bières vont pas s'envoler, tu sais...," tenté-je de l'apaiser.
Mais il est déjà parti. Sib soupire et me demande :
"Je peux ne pas venir ?
-Non ! refusé-je avant de promettre, On va passer une excellente soirée ! Fais-moi confiance, Sib, je me charge du nain."
Je dis ça sans vraiment y croire. Murdock connaît le maniement de la hache... et moi, je sais à peine éplucher une carotte. Je sais qu'il est de mauvais poil, mais il n'irait quand même pas jusqu'à m'éplucher avec sa hache...
... pas vrai ?
OoOoOo
"Xavier ? reprend Chad en grimaçant. Wow, ça c'est un nom de merde... quel mec tu nous as encore déniché, Nanouille ?"
Il repose la troisième lettre sur le comptoir que j'ai reçu aujourd'hui, qui était cette fois bel et bien signée Xavier. J'ai cru faire une syncope en lisant ce nom en bas de la lettre, si bien que même la chouette a semblé hésiter à appeler un médicomage.
"Eh ! protesté-je. Je ne l'ai pas choisi, celui-là ! Il est venu à moi par chouette de la poste !
-Et c'est un vélane !" me défend mon frère.
Il est assis sur le tabouret voisin du mien. Le bar est plutôt bien occupé, mais Chad ignore royalement chacun des clients qui attendent qu'on prenne leur commande et aucun de ses collègues n'a la témérité de venir lui dire quoi que ce soit. Où qu'il aille, Chad se fait vite une réputation d'emmerdeur...
"Un vélane ? demande Chad. Bah bravo, Nanouille, t'as fait fort ce coup-ci...
-Non..., fais-je en secouant la tête vers mon frère, je ne pense pas que ce soit Valérian, Moh... honnêtement, il ne m'apprécie pas. Et puis, on n'est même pas sûr que Xavier soit son second prénom. Surtout qu'il y a sûrement des tonnes de Xavier !
-A Ilvermony ?" précise Moh avec scepticisme.
Je soupire et lance un coup d'œil vers la table où Eanna, Sib et Nialh sont assis, tandis que Murdock est à quelques mètres à rire avec deux hommes qu'il vient sans doute de rencontrer. Au moins, Sib et Murdock ont l'air plus détendu maintenant, même s'ils prennent soin de garder une bonne distance.
"En tout cas, poursuit Chad en s'accoudant au bar pour pointer du doigt la lettre, j'espère que ton Xavier, c'est pas ce vélane dont vous parlez...
-Pourquoi ?
-C'est des harpies, ces merdes-là ! Milles fois pire que les loup-garous ou les centaures ! affrme-t-il en se redressant gravement. Quand ils s'énervent, tout leur visage se déforme au point que c'en est dégueulasse... on dit même qu'ils bouffent les hommes et les femmes qu'ils ont séduits...
-C'est vrai ?" m'alarmé-je.
Chad hoche de la tête sombrement pour confrmer ses propos.
Soudainement, je peux le voir très clairement. Valérian qui se noue une serviette à carreaux autour de la nuque après m'avoir ligoté au-dessus d'un feu où il me cuit à la broche. Et la sauce piquante avec laquelle il compte m'assaisonner, une fois que je serais découpée en tranches dans son assiette. Je peux même le voir se lécher les babines d'un air langoureux en révélant d'atroces canines qui brillent à la lueur des lanternes gothiques de sa grotte aménagée pour ses petites sauteries cannibales !
C'est pour ça que j'ai fait cet horrible cauchemar où il me gavait aux asticots, mon subconscient a instinctivement senti le danger...
"Mais non ! intervient Mohvo. Chad est juste jaloux parce qu'il aimerait bien recevoir des lettres d'amour d'un vélane lui aussi ! Il te raconte n'importe quoi...
-Des lettres d'amour d'un vélane ?" répète une voix.
Il s'agit de la voix de Sib qui est venu nous rejoindre. Elle s'assoit juste à ma gauche et je la regarde, un peu embêtée. Je ne voulais pas lui en parler plus tôt, puisque je ne m'attendais pas à en recevoir davantage, et après qu'elle m'ait dit pour elle et Murdock, je n'avais aucune envie d'aborder un sujet romantique de près ou de loin...
Mais bon...
"Je reçois des lettres étranges depuis un moment..., lui révélé-je.
-Si tu veux te marrer, lui suggère Chad en faisant glisser la missive vers elle. C'est très cucul, j'te préviens. -Et si tu t'interroges quant au parfum, c'est de la rose !" lui apprend Mohvo en connaisseur.
La lecture est bien courte mais arrache un sourire à Sib.
"C'est adorable, juge-t-elle.
-Ouiii, s'excite mon frère, tu trouves aussi ?! Tu vois, Chad, c'est juste toi qui es mort à l'intérieur...
-Pff, fait-il, vexé, tu crois que j'ai jamais reçu de trucs niaiseux dans ce goût-là ? C'est juste que je les brûle ! Et tu devrais faire comme moi, Nanouille, avant de le regretter !"
Mohvo se contente de rire avec moquerie avant de déposer son menton sur mon épaule pour regarder Sib et de certifer d'une voix jubilatoire :
"Et tu as bien entendu, le prétendant de ma sœur est bel et bien le vélane de l'école... ouais... on est comme ça dans la famille... j'ai hâte d'en faire une story instagram !
-Valérian ? s'étonne Sib.
-Xavier pour les intimes !" corrige Moh.
Sib m'interroge des yeux et je ris en haussant des épaules.
"Mais on sait pas trop si c'est pas pour me manger façon kébab, nuancé-je, on essaye encore d'éclaircir l'affaire.
-Ca va finir en fait divers, et ça la fait rire...," se désole Chad.
Mais je ne suis pas la seule dans mon hilarité. Sib a le rire jusqu'au bord des yeux, et je suis reconnaissante à
Xavier, qui qu'il soit, d'avoir aidé à lui remonter le moral.
"Bon, s'agace Chad, j'vous sers quoi, bande de nazes ?"
OoOoOo
"Rien de tel qu'une petite soirée pyjama pour ouvrir nos chakras ! annoncé-je brillamment. C'est même recommandé par tous les conseils de médicomages !
-Je crois que j'ai aussi lu ça dans la Gazette, hier matin, m'appuie Sib. Surtout avec du pop-corn !"
J'acquiesce avec satisfaction tandis que j'allume d'un coup de baguette les bougies parfumées que j'ai chourré dans la chambre de Moh en partant. Sib a éteint les lumières du salon, et je me sens déjà reposée alors que je la rejoins en me laissant tomber dans le canapé à ses côtés. La fumée parfumée embaume bien vite la pièce, et la danse des fammes nous éclaire juste comme il faut.
Sib ne tarde pas à étendre la couverture duveteuse sur nos deux paires de genoux et j'allume la télé. Cette fois-ci, c'est moi qui ai choisi le flm !
"Ce n'est pas... un film d'horreur, pas vrai ?
-Et l'un des meilleurs slashers d'après ma source secrète." Chad, bien sûr.
"J'aime pas trop ça..., me dit Sib en grimaçant.
-Fais-moi confiance, Sib, rien de tel que de voir des ados sur-hormonés se faire dépecer à la chaîne pour rendre tous nos tracas insignifiants !
-Mais en tant que profs, est-ce vraiment très éthique de se divertir devant un massacre d'ados ?"
Je réféchis un instant, soupèse le pour et le contre, avant de balayer la question d'un geste de la main.
"Tout le monde fait ça ! garantis-je avant de lui tendre le pot de pop corn dans lequel j'ai déversé une bonne dose de caramel et de sucre, du pop-co... -AAAAH ! hurle-t-elle.
-HIII !" l'accompagné-je aussitôt en sursautant.
Le pop-corn a volé partout et la main sur la poitrine dans laquelle mon coeur se calme petit à petit, je regarde notre précieuse ressource qui est maintenant éparpillée sur le tapis. Heureusement, il nous en reste encore la moitié et j'en avais fait dix fois trop !
"Mais pourquoi tu as crié ? demandé-je avec incrédulité.
-Y'a eu un GROS bruit !"
Elle m'indique la direction de la télé où le flm n'a pas commencé, les investisseurs et divers studios apparaissent à l'écran de manière certes quelque peu horrifque mais somme toute encore bon enfant. Je me retourne vers Sib qui monte la couette jusqu'à ses épaules dans l'intention claire de s'y cacher derrière à la première occasion.
"C'est bien! la félicité-je, plus t'auras peur, moins tu penseras à l'inspection ! -Je crois que je préfère l'inspection, Nak...
-Mais non, mais non," assuré-je.
Je prends la télécommande et monte le son au maximum, et toute excitée, je m'enfonce dans le canapé tout contre Sib. Le titre vient d'apparaître dégoulinant de sang à l'écran... Bloody Springbreak. Ouhouhouh, ça va être incroyable.
"Hihihi, fais-je en applaudissant dans mes mains, ça commence ! -Nanak... je crois que j'ai entendu quelque chose...
-Oui, c'est la musique, Sib.
-Non, dans l'appartement," me chuchote-t-elle.
J'allais lui dire que c'était la magie des flms d'horreur -même si leur magie est sacrément effcace sur Sib, le titre vient tout juste de disparaître de l'écran !- quand j'entends moi-même un craquement. J'ouvre la bouche, choquée, et le visage de Sib se décompose alors qu'on entend très distinctement des pas. Sib prend le bol de pop-corn et le serre contre elle, tandis que je m'arme de la télécommande, et terrées derrière le canapé, on observe l'intrus approcher.
"Mais qu'est-ce que vous faites..., commence une voix. -AAAAHHH !" crie-t-on tout à coup.
Sib a envoyé des poignées entières de pop-corn et j'ai balancé la télécommande alors que la lumière s'allume soudainement, et que je vois comme au ralenti les derniers pop-corn fnir leur envol pour se coller dans les cheveux de Nialh. Je vois également la télécommande lui rebondir en plein contre le front.
"...dans le noir, fnit-il avec agacement.
-Mais c'est pas vrai, Nialh ! éclate Sib, sa peur se transformant en colère. Tu peux pas frapper avant d'entrer ?!"
Il lève sa main jusqu'à ses cheveux pour en ôter un pop-corn et je me cache derrière le canapé pour camoufer mes rires devant sa mine dégoutée, tandis qu'il se saisit de son tour pour s'écrier :
"Mais vous êtes complètements folles ou quoi ?!"
OoOoOo
La joue appuyée contre la paume de ma main, je corrige pour la cinquième copie consécutive le nom de la Constellation du Bouvier que mes élèves s'entêtent à confondre avec Bousier. Je vois la ressemblance mais quand même, nos ancêtres ont nommé les constellations et je veux bien qu'ils avaient l'humour crasse de temps en temps, mais ils savaient se tenir tout de même pour les choses importantes...
"Madame ! m'appelle Caroline. Vous savez ce qu'il faut mettre dans une potion de Polynectar ?"
Assise à mon bureau où je corrige mes copies, je lève les yeux vers elle et ses deux copines qui m'ont demandé si elles pouvaient passer la récréation dans la salle pour pouvoir faire leurs devoirs. Je me gratte derrière l'oreille, me raclant par la même la mémoire...
Polynectar, polynectar... ce nom me dit vaguement quelque chose... ah oui, c'est cette potion inutile et dégueulasse qui permet de prendre les traits de quelqu'un d'autre ? Je me suis toujours demandé pourquoi on apprenait des choses si tordues à l'école... Ça peut être utile pour faire un casse de banque ou bien, pour se venger un ex, mais c'est à peu près tout...
"De la mandragore ?" proposé-je.
Caroline a l'air infniment satisfaite de ma réponse et les trois flles s'affairent aussitôt à inscrire la réponse. Si ça peut les aider ! La mandragore a toujours été mon joker pour mes interros de potion quand je séchais ! Ça n'a pas toujours plu à Mrs Peters, cela dit..
On frappe alors à la porte que j'ai laissé ouverte et c'est Valérian et ses cheveux blonds clair impeccablement coiffés que je trouve à l'entrée. Je me fge, un mauvais pressentiment pointant aussitôt le bout de son nez.
"Je peux entrer ? me demande-t-il.
-Oui...
-Tu corriges des copies ? observe-t-il en s'approchant de mon bureau.
-Je croyais qu'on devait se vouvoyer en présence d'élèves," lui rappelé-je avec une certaine rancune.
Il se retourne vers les trois adolescentes de quatorze ans qui lui font les yeux doux d'une manière qui n'est vraiment pas appropriée. Je fais la moue. Je devrais placarder une interdiction d'entrée aux vélanes, ils corrompent mes élèves...
"Qu'est-ce qu'elles font là, d'ailleurs ? s'enquit-il.
-Elles font leurs devoirs," bougonné-je en tournant la feuille de la copie que j'évalue.
Il me murmure alors une phrase que je ne comprends pas et je hausse un sourcil inquisiteur en sa direction. Je ne suis qu'une simple mortelle, moi, je n'ai pas une ouïe hyper-sonic ! Il fait les derniers pas vers mon bureau et prend un air timide qui me rend suspicieuse.
"Je suis venu pour m'excuser de mon comportement à l'Observatoire, me souffe-t-il tout bas pour que les flles n'entendent pas, je me suis rendu compte en y repensant que je me suis montré très impoli et ce n'est pas dans mon habitude."
Je lui adresse un regard dubitatif. Ah bon ? Première nouvelle. Moi, je le trouve souvent affreusement malpoli ! Mais puisqu'il a le bon sens de me présenter des excuses, et que mon père m'a toujours dit de pardonner mon prochain, je décide de ne faire aucun commentaire...
"Cependant, reprend-il en prenant un volume de voix normal tout en se retournant vers Caroline et ses amies, vous n'avez pas à passer les récréations ici, il y a la bibliothèque pour faire vos devoirs.
-Mais c'est loin, Monsieur Kello'han ! se défend Caroline.
-Sortez toutes les trois, ordonne-t-il avec intransigeance, et arrêtez d'abuser de la gentillesse de votre professeur.
-Oui, Monsieur Kello'han..."
Et les voilà toutes les trois debout, leurs affaires dans leurs sacs en deux temps, trois mouvements, et hors de la pièce dans les trente secondes. Je regarde, médusée, avec quelle aisance il arrive à se faire obéir... ce n'est vraiment pas juste... j'ai presque l'impression d'être moi aussi son élève.
Mais je n'ai pas le temps d'y réféchir plus longtemps qu'un petit facon en verre rempli de dragées roses et blanches est posé face à moi. Je fxe l'offrande avec de grands yeux éberlués avant de les lever vers Valérian qui me regarde avec un drôle d'air, comme s'il était tout aussi surpris de moi par la situation. Sauf que... euh... à moins que je ne me fourvoie, ce n'est pas des petits lutins qui viennent de poser des dragées sous mon nez, je l'ai vu faire ! Et c'est vrai qu'on en perd la tête en sa présence, mais quand même, il y a des limites.
"Pour te remercier d'avoir accepté que j'emmène ma classe à ta sortie, se justife-t-il. -Oh... il ne fallait pas, mais merci, dis-je en me saisissant du facon.
-De rien. Bon, j'y vais alors.
-Hm."
Et il fait volte-face pour prendre congé. Je retourne pensivement le facon entre mes mains, les dragées à l'intérieur roulant contre la paroi comme des billes. Je m'entends parler plus que j'en prends la décision :
"C'est quoi ton deuxième prénom ?"
Il s'arrête et se retourne, hésite à répondre mais le fait fnalement :
"Xavier."
Mon cœur s'emballe comme un cheval surpris par un coup de tonnerre et je me lève, ayant peur d'exploser.
"T'es sûr ?
-A peu près sûr, oui..."
Et il s'en va, me laissant en proie à la panique. Les dragées semblent se moquer de moi depuis leur cage en verre, et je me rassoie pour accuser le coup sans prendre le risque de m'évanouir. Ce ne peut plus être rien que des coïncidences, mais je ne comprends toujours pas pourquoi, comment est-ce seulement possible ?
Mes yeux retournent à la porte où il vient d'apparaître avant de disparaître aussi sec, dispersant son charme dans la confusion la plus totale. J'ignore même si je suis heureuse ou déçue, je n'arrive pas à démêler le nœud d'émotions qui gigote dans mon ventre. J'ai l'impression d'être ensorcelée, envoutée, alors qu'il n'est plus là... les vélanes ne peuvent quand même pas faire ça à distance, si ?
La sonnerie de la reprise des cours me provoque un bond d'un demi-mètre sur ma chaise et je m'empresse de me saisir des dragées pour les cacher au plus vite dans le tiroir de mon bureau.
Restons professionnelle. Oui voilà. Professionnelle.
"Bonjour les enfants ! acceuillé-je ma classe de deuxième année avec un entrain qui frise l'hystérie. Et si on regardait un film, aujourd'hui ? Mars Attacks, vous connaissez ?"
