On remercie encore une fois ma super Bêta pour ce chapitre !

Je lui dois quelques bonens idées, au passage !

Encore merci Socks pour tes commentaires tordants et tes idées géniales ! ;-)

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Severus et Hermione étaient rentrés sans un mot. Ils avaient transplané devant les grilles de Poudlard et avaient marché silencieusement jusqu'aux appartements du Directeur. Là, il l'avait déshabillée lentement, embrassant chaque parcelle de sa peau et buvant ses larmes. Elle s'était laissée faire, et l'avait laissé la posséder avec l'énergie du désespoir. Leur étreinte, ce soir-là, fut sauvage et terrible, de celles que l'on a pour se sentir vivant, pour oublier le sang, pour oublier ce double meurtre qu'elle avait commis et qu'elle avait aimé commettre. Pour oublier le sort qu'elle avait lancé pour arracher vicieusement les jambes de celui qui avait osé menacer son amour. Pour oublier les larmes, les cris.

Ils s'endormirent enlacés et, le lendemain, il lui refit l'amour, lentement, délicatement, le regard noir ancré dans le sien et, au milieu de sa jouissance, elle aurait pu jurer entendre "je t'aime".

Les funérailles avaient eu lieu et ils avaient décidé d'un commun accord de ne rien changer à leurs projets. Severus avait brassé autant de potion anti-douleur que nécessaire pour accompagner les derniers jours de Percy. Molly restait à son chevet jour et nuit, refusant de s'éloigner un instant de celui qu'elle allait perdre encore, de façon définitive cette fois-ci.

Quelques jours après l'attaque, Poppy avait profité d'un passage de Severus à l'infirmerie, alors qu'il lui apportait des potions, pour le prendre à part et lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Depuis quand, Severus…?

Il leva un sourcil interrogateur et elle se sentit obligée de préciser.

- Ton Patronus. Depuis quand a-t-il changé ?

- Je n'en ai aucune idée, répondit-il honnêtement. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu à invoquer ce sort. Je pense qu'il a changé après que je me sois lié à Hermione.

- Hermione, hein…? sourit Poppy.

Il la regarda sans rien dire et, étonnement, d'un regard tout à fait sérieux.

- Elle m'a sauvé la vie, Poppy. Sans hésiter.

- L'homme aux jambes arrachées, c'était elle..? souffla la médicomage

- Oui. Elle ne s'en est pas encore remise.

- C'est normal. Elle est d'une nature empathique. D'avoir tué un homme de sang-froid a dû la choquer…

- Deux…

La vieille femme leva des yeux étonnés.

- Deux…?

- Le Mangemort éventré.

Elle hocha la tête.

- Pauvre petite. Soutiens-la Severus. De ce que j'ai pu voir, elle t'apprécie beaucoup. Tu comptes plus que tu ne le penses pour elle.

Il hocha la tête, silencieux avant qu'elle ne reprenne la parole.

- Pourquoi un Sombral, selon toi ?

L'homme prit le temps de réfléchir avant de répondre lentement.

- Ils ont mauvaise réputation et sont associés à la mort. On ne peut pas dire que je surfe sur une vague de bienveillance à mon égard… et si certains traînent des casseroles, les miennes ressemblent plus à des cadavres…

La médicomage croisa les bras sur sa poitrine, mécontente de l'entendre parler de lui en ces termes.

- Ecoute-moi bien, jeune homme ! Tu es un homme respectable, et chut ! on ne me coupe pas la parole ! Tu es aimé par plus de gens que tu ne veux le voir. Tu as sauvé de nombreuses vies malgré ce que tu peux en penser ! Tu sais ce que je vois dans ton Patronus ? Une créature mythique, sombre mais bienveillante, à l'apparence déchirée mais au cœur loyal, qui a traversé les siècles malgré les persécutions et qui n'est vu pour ce qu'elle est que par ceux qui la connaissent et qui ont traversé les épreuves. Voilà ce que, moi, ton amie, oui ton amie ! ne me jette pas ce regard en coin ! Voilà ce que moi, je vois !

Elle osa alors un geste que jamais elle n'avait osé. Gentiment, elle posa sa main sur l'épaule du sorcier et la laissa là, dans un geste amical et tendre. Il ne bougea pas et ferma les yeux, savourant ce qui était pour lui un des rares gestes d'affection qu'il ait jamais reçu.

Ils avaient laissé cette conversation ce jour-là et il s'en était retourné à ses appartements. Les mots de Poppy, la signification qu'elle donnait à son nouveau Patronus résonnait étrangement en lui, faisant écho aux paroles d'Hermione. Les deux femmes lui avaient plus ou moins dit la même chose et sa confiance en elles lui faisait penser que, peut-être, elles n'avaient pas tout à fait tort.

La dernière main à la Potion et au sort qui devaient rendre leur mémoire aux parents d'Hermione avait été mise la veille. Severus était nonchalamment assis dans un fauteuil, un verre de cognac à la main et son regard se perdait dans les flammes qui dansaient joyeusement dans la cheminée. Il était tout à fait conscient de la dangerosité de leur expédition mais il préférait cela à l'inaction. Lui comme elle avaient besoin de ce défi, afin, si possible, de pouvoir retrouver les parents de la jeune femme avec toute leur mémoire. Il savait qu'il ne pouvait lui faire de plus beau cadeau. Le sorcier releva les yeux vers sa compagne qui tentait de lire dans le fauteuil opposé. Ses mains trahissaient son angoisse et il soupira.

- Hermione…

Elle leva les yeux vers lui, interrogative.

- Viens là, dit-il en lui tendant la main.

Sans hésiter, elle se leva et vint se lover contre lui, assise sur ses genoux et le nez dans son cou. Il referma ses bras autour d'elle et huma longuement ses cheveux. Un moment s'écoula et Severus sentit la sorcière s'apaiser contre lui et se détendre peu à peu. Une question remonta alors à son esprit, qu'il avait laissé dans un coin de sa tête sans plus trop y penser. Mais l'instant était propice et sa curiosité trop grande.

- Dis-moi…

- Hummm ?

- Ton Patronus était bien une loutre ?

Elle se redressa, étonnée de la question.

- Oui, pourquoi ?

- Et aujourd'hui…?

Elle fronça les sourcils avant d'avouer.

- Je.. Je ne sais pas. Tu sais, j'ai eu beaucoup de mal à invoquer un Patronus ces dernières années. La dernière fois était fin Septembre ou début Octobre et c'était toujours une loutre…

- Ca t'ennuierait d'essayer ? J'aimerais vérifier une hypothèse… lui demanda-t-il doucement.

Elle acquiesça et leva sa baguette. Un souvenir heureux. Autant occulter les derniers… Hermione se concentra sur ce soir-là, sur son souffle, sur sa peau, sur ces bras qui l'enserraient maintenant dans une étreinte protectrice.

- Spero Patronum !

Une lueur argentée d'une brillance aveuglante s'échappa de sa baguette et elle dû plisser les yeux pour distinguer un grand oiseau qui voletait au-dessus d'eux. Ébahie, elle admira la chouette qui descendit en plongée vers eux pour se poser sur son épaule.

- Logique… résonna la voix grave contre son oreille.

Elle tourna la tête et croisa le regard souriant de Severus.

- Les armoiries de ma Famille… sans compter la symbolique d'Athéna… Elle est parfaite, Hermione… comme toi.

La sorcière rougit et se lova un peu plus dans les bras de son amant tandis que l'animal argenté frémissait et disparaissait doucement. Un silence apaisant était retombé entre eux, vite troublé par un tapotis contre la vitre. Un hibou grand duc cognait de son bec contre la fenêtre et Hermione quitta les genoux de Severus pour le faire entrer. Sans prêter attention à la jeune femme, l'animal se dirigea vers le Directeur qui le délesta de son parchemin pour le lire.

- Il fallait s'en douter… Murmura-t-il.

- Que se passe-t-il ?

- Ils veulent mon avis sur la nomination du nouveau Ministre de la Magie… Et ils seront là d'ici une heure pour en discuter.

- Que comptes-tu leur dire ?

- Honnêtement ? Je n'en sais rien Hermione. J'ai envie de les envoyer au diable mais je ne peux décemment pas me désintéresser du problème. Si le prochain ministre n'est pas une personne fiable, le chaos va s'installer. Il nous faut quelqu'un sur qui compter… ce qui se fait rare.

- Un Weasley ?

- Non, Arthur aurait pu mais il était une exception. Ils manquent de connaissance du milieu et se feront dévorer comme des souris dans la fosse à serpents ! Non. Il nous faut quelqu'un qui connaisse les arcanes politiques, qui a vécu dedans. Quelqu'un qui n'a pas de casseroles et en qui nous pouvons avoir une totale confiance…

- Severus ? Tu es conscient que nous avons quelqu'un qui correspond à ces critères…?

- Je le sais Hermione. Mais je voulais savoir si tu me suivrais…

Elle haussa les épaules.

- La question ne se pose même pas. Drago serait parfait. Mais qui verra l'homme Drago et non le fils de Lucius Malefoy ? Toi comme moi savons pertinemment qu'il va lui falloir des références en acier pour que sa candidature à ce poste soit retenue. Sans compter que nous ne savons pas s'il acceptera…

Severus lui lança un regard perçant et son Patronus s'envola soudain.

- Nous avons donc une heure pour le convaincre…

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Ron se maudissait. Il n'avait plus d'échappatoire. Bellatrix avait envoyé ses lieutenants repérer les lieux où habitaient les époux Grangers. Ils se relayaient donc sur place pour intervenir dès que le couple de sorciers se manifesterait. Ron était assigné à domicile, enfin, si l'on pouvait dire. Pour le moment, il cherchait surtout à éviter de son mieux de croiser la route de Bellatrix ou de Lucius… pourvu que la capture de Snape et d'Hermione ait lieu le plus tôt possible ! Il voulait partir, loin, très loin. Quitte même à laisser derrière lui le monde sorcier. Il emmènerait Hermione avec lui et la ferait tomber amoureuse de lui. Oui, c'était un beau projet. Un sort cuisant le fit hurler tandis qu'un rire rauque retentissait. Il avait oublié d'éviter Greyback.