Hello!

Ce OS a été écrit sur le thème "Mordre" pour la 159ème Nuit du FoF. J'ai pensé à plusieurs choses, puis un personnage s'est introduit dans mon esprit comme une évidence, un personnage connu pour son mordant, surtout chez les gens qu'elle n'aime pas. J'ai nommé: Xiao Mei!

Rating T
Personnages : May Chang, Xiao Mei, Alphonse Elric, Jerso, Zampano
Relations: May Chang & Xiao Mei, léger Almei
Genre: Amitié

Bonne lecture!


May était incapable de rester immobile quelques instants. La nervosité et l'impatience l'avaient saisie dès son réveil, et depuis, se poser plus de trois minutes était impossible. Depuis le matin, elle avait parcouru trois fois les couloirs de son aile du palais du clan Chang, traversé la cour une dizaine de fois, piétiné de longues minutes à côté des grandes portes, et harcelé les gardes pour qu'ils la préviennent dès que son invité arriverait.

Le problème dans cette situation, en plus de l'impatience grandissante de May et des ressorts qui avaient par conséquent poussé dans ses jambes, était que sa nervosité avait contaminé Xiao Mei. Aussi, depuis le milieu de la matinée, sa compagne avait grignoté le pied d'une table, mordu la servante qui avait servi le repas, et abîmé l'armure de l'un des gardes. May avait de justesse évité qu'un autre domestique se retrouve avec une oreille percée et épargné les parterres de fleurs du jardin du palais.

La solution qu'elle avait trouvée pour son panda avait été de sacrifier une partie de la réserve de bambou qu'elle conservait pour de grandes occasions. Techniquement c'était une grande occasion, donc elle n'avait pas eu beaucoup de remords à piocher dedans. Depuis, Xiao Mei s'était posée sur un banc de pierre et dévorait les tiges avec application.

Cependant, cela n'avait pas changé l'impatience de May, qui tournait à côté du banc, s'arrêtait pour observer une plante, un poisson dans le bassin, un oiseau dans le cerisier en fleur, une abeille cherchant la plus belle fleur… avant de repartir pour plusieurs minutes d'errance sans but dans le jardin.

Lorsqu'enfin l'un des gardes entra en courant dans le jardin, May oublia toute son anxiété, ses tours sans but dans le palais, les morsures de Xiao Mei, et se précipita vers les grandes portes.

Là, debout, moins grand que la première fois qu'elle l'avait vu, mais en meilleure forme que la dernière fois, vêtu élégamment à la mode d'Amestris – donc complètement différemment de son frère – se tenait Alphonse Elric.

En la voyant, il sourit de ce sourire tendre qu'il lui avait adressé ce jour-là, lorsqu'elle s'était jetée dans ses bras en larmes, heureuse de le retrouver, de le rencontrer enfin en chair et en os. C'était le même sourire qu'elle avait souvent entendu dans sa voix lorsqu'il était une âme fixée à une armure, ce sourire qui lui avait fait rapidement comprendre qu'Alphonse était bien l'homme qui pourrait faire battre son cœur un peu plus vite.

Quelques pas de plus, et Alphonse l'accueillit entre ses bras ouverts.

— Seigneur Alphonse ! Je suis si heureuse de vous revoir ! S'exclama-t-elle contre son torse.

— Moi aussi, May, je suis heureux de voir que tu vas bien, répondit-il d'une voix plus grave que celle qu'elle se rappelait.

Oh, il était ferme, et chaud, et sous la transpiration du voyage se dégageait une odeur qui lui donna envie de rester accrochée à lui encore plus longtemps.

Finalement, avec réticence, May s'enleva de l'étreinte confortable d'Alphonse. Cependant, il garda les mains sur ses épaules, comme un ancrage. Avant qu'elle puisse dire un mot, Xiao Mei sauta sur son épaule, et dans un éclat blanc de ses dents acérées, les planta dans le pouce d'Alphonse. Le souffle de May se coupa.

— Xiao Mei ! Non ! C'est Alphonse, un ami ! Tu le connais, même s'il a changé ! Seigneur Al, avez-vous mal ? Laissez-moi voir…

May s'interrompit en constatant qu'Alphonse souriait. Il souleva Xiao Mei de sa main libre, et la jeune fille put constater qu'il portait des gants en cuir, qui l'avaient protégé de l'attaque du panda.

— Tout va bien, May, la rassura le jeune homme. Je crois qu'elle était simplement impatiente de me voir, comme toi. Et elle ne m'a pas mordu comme elle mordrait un ennemi ou un étranger.

May s'apaisa, mais admonesta tout de même Xiao Mei pour la peur qu'elle lui avait causée. Le panda se réfugia sur l'épaule d'Alphonse et lui jeta un regard qui semblait offensé.

— J'espère que vous avez fait bon voyage, Seigneur Alphonse. Je vais faire apporter vos bagages dans vos quartiers, et puis nous pourrons prendre le thé près du lac, si vous le souhaitez.

Alphonse sourit.

— Ce serait avec joie. Le voyage a été fatiguant, et mes compagnons et moi-même seront heureux de nous poser enfin.

Ses compagnons ?

May jeta un coup d'oeil derrière Alphonse et constata que Jerso et Zampano se tenaient à l'entrée du palais, les observant avec un sourire entendu.

Comment avait-elle pu oublier qu'Alphonse ne venait pas seul ? Comment avait-elle pu oublier l'un des objectifs de sa venue à Xing ?

Elle salua les deux hommes, heureuse de les revoir après toutes les aventures qu'ils avaient vécues dans le Nord d'Amestris. Pour sa part, Xiao Mei se montra docile et ne se jeta pas sur eux, préférant rester sur l'épaule d'Alphonse.

Malgré cette arrivée plutôt animée, May n'avait aucun doute que le séjour d'Alphonse serait fructueux, et se surprit à espérer que ce fusse sur plus de plan que simplement l'alchimie et la diplomatie.