Hello!

Ce chapitre a été écrit sur les thèmes "Haïr" et "Nous" pour la 159ème Nuit du FoF.

L'agonie se termine! Ils se retrouvent enfin!

Bonne lecture!


Assis dans un des fauteuils de la chambre de l'auberge que son groupe occupait pour la nuit, Jaime observait les flammes danser dans la cheminée. Le feu n'était pas nécessaire au Donjon Rouge, mais le temps orageux de cette nuit avait obligé les tenanciers à en allumer dans les chambres.

« Je me dois d'insister, c'est mon frère qui doit se charger de cette bande de malfrats », avait dit Cersei lorsqu'elle avait donné les ordres de Robert. « Ce sont les ordres du roi, j'en ai bien peur, » avait-elle ajouté, un sourire doucereux aux lèvres et un regard glacial à l'attention de Jaime. Sa sœur exsudait la haine en donnant les instructions du roi, et la colère de ses yeux verts l'avait poursuivi tout le temps de la chevauchée vers le village près duquel avait eu lieu l'attaque. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas dit plus de dix mots à ses hommes.

Lorsque Jaime et les soldats qui l'accompagnaient avaient atteint leur destination, et avant de commencer à interroger les villageois, la certitude l'avait frappé.

Cersei avait insisté pour qu'il mène cette opération pour l'éloigner de Brienne. Était-ce par jalousie ? Par haine ? Qui de Brienne ou de lui désirait-elle le plus faire souffrir ?

Une fois leur enquête terminée, et à cause de la menace de l'orage, le groupe avait trouvé refuge dans l'auberge, et plus rien n'empêchait les pensées de Jaime de se tourner vers Brienne. Sa Brienne… Il voulait l'appeler ainsi, la désigner enfin comme sienne, et pas seulement par les mots qu'ils échangeraient lors de la cérémonie de leur mariage. Mais malgré les regards et les sourires qu'ils échangeaient, malgré leurs discussions animées et leurs combats acharnés, il ignorait toujours si ses sentiments étaient réciproques.

Lorsqu'il s'était ouvert à sa mère et sa tante, les deux seules susceptibles de l'aider sans se moquer ou dénigrer ses émotions, elles lui avaient simplement dit de ne pas s'inquiéter, que tout viendrait en temps et en heure. Mais la crainte d'être uniquement un ami pour Brienne – même s'ils s'étaient accordés là-dessus dès le début – voire d'être détesté pour ses sentiments s'accrochait toujours à lui.

Il voulait dire à Brienne ce qu'il éprouvait pour elle. Chacun de leurs entraînements devenait plus difficile à terminer sans essayer de l'acculer contre un mur pour l'embrasser. Chacune de leurs escapades nocturnes était un combat permanent pour masquer la réaction de son corps à la manière dont la chemise mouillée de Brienne collait à sa poitrine, petite mais bien présente. Chacune de leurs danses était une épreuve de maîtrise de soi.

Mais être loin d'elle cette nuit, en sachant que c'était à cause de la haine de Cersei, était encore pire.

Il n'avait même pas eu le temps de prévenir Brienne de son départ, et il ignorait si elle s'inquiétait de ne pas le voir revenir. Barristan lui serait d'une grande aide, ayant promis à Jaime qu'il préviendrait sa fiancée.

Le jour suivant, un indicateur donna à Jaime la localisation du groupe de bandits. Après une reconnaissance discrète, lui et les soldats passèrent à l'attaque. Le combat fut brutal, un échange de coups de feu et d'affrontements à l'épée, et plusieurs hommes de Jaime tombèrent avant que l'ennemi ne se rende.

Le reste de la journée fut consacré au soin des blessés et au transport des prisonniers vers Port Réal, où ils seraient jugés et condamnés.

Conscient de son état de fatigue et de son apparence alors qu'il rendait compte du résultat de l'opération à Robert et Barristan, Jaime n'avait qu'une envie : prendre un bain avant d'aller voir Brienne.

Le soleil était couché depuis longtemps lorsque Barristan et lui sortirent de la salle du Conseil une fois congédiés par le roi. Ils traversaient la petite cour en direction de la tour de la Blanche Epée quand Barristan prit la parole :

— Tu sais, ta fiancée s'est fait un sang d'encre pour toi durant ces deux jours. Nous avons essayé de lui changer les idées au mieux, mais la reine a insisté pour organiser les plus ennuyeuses des activités pour garder le plus possible les esprits paresseux. J'ai moi-même failli m'endormir sur mes pieds cet après-midi.

Jaime n'écoutait plus.

— Elle s'est fait un sang d'encre ?

Barristan sourit, malicieux.

— Je crois bien que malgré l'heure tardive, elle sera heureuse de savoir que son fiancé est rentré sain et sauf.

Jaime ne put retenir le sourire qui s'épanouit sur ses lèvres. Même s'il ne s'agissait que de la rassurer, il voulait la voir. Mais d'abord…

— Je pense qu'il vaut mieux que je ne présente pas ma saleté à Brienne. Je suis déjà suffisant ainsi !

Les deux hommes éclatèrent de rire et échangèrent encore quelques mots avant de se séparer.

Jaime faillit s'endormir dans son bain, mais il se sentit déjà plus frais une fois lavé et habillé proprement. Son pas s'allégea de plus en plus en approchant les quartiers de Brienne et son cœur décida de s'emballer à la simple vue de la porte de sa chambre. Il frappa, plein d'appréhension, et annonça sa présence.

Quelques secondes à peine plus tard, la porte s'ouvrit et Brienne apparut, habillée pour la nuit mais toujours aussi magnifique aux yeux de Jaime.

— Jaime ! S'exclama-t-elle, avant de lui prendre la main et de le tirer dans sa chambre.

Elle referma la porte et se tourna vers lui. Ils s'observèrent un instant en silence et Jaime remarqua le rose envahir ses joues alors que leurs regards ne se quittaient pas. Sa main était toujours dans celle de Brienne. Il la pressa légèrement.

— Vous ai-je manqué, Brienne ? Demanda-t-il avec douceur, un peu incertain.

Brienne hocha brièvement la tête.

— Vous ai-je manqué, Jaime ? Souffla-t-elle.

Jaime acquiesça.

Et soudain les mains de Brienne étaient sur ses joues et ses lèvres sur les siennes.

Surpris, Jaime ne répondit pas immédiatement, mais en sentant Brienne hésiter et commencer à s'éloigner, il l'enlaça et l'embrassa en retour.

Les lèvres de Brienne étaient chaudes et vastes, et il prit le temps de les explorer. Les mains de sa fiancée se perdirent dans ses cheveux, et son contact provoqua de délicieux frissons dans son dos. Il l'attira davantage contre lui et soupira d'aise en remarquant que tout en elle était chaud. Il ne voulait pas quitter son étreinte.

Pourtant, après quelques baisers de plus, quelques secondes ou une éternité plus tard, ils se séparèrent à regrets. Les yeux bleus de Brienne étincelaient, et un sourire étira ses lèvres.

— Je vous aime, Jaime, murmura-t-elle.

Les mains de Jaime quittèrent sa taille pour se poser à leur tour sur les joues de Brienne.

— En es-tu certaine ?

Nouveau hochement de tête.

Cette fois, ce fut à Jaime d'initier le baiser. Il sentait que son cœur allait exploser, mais il savait qu'il accueillerait cette explosion avec le seul regret de ne pas passer plus de temps avec Brienne. Il sourit contre ses lèvres.

Oh, leur vie mariée ne serait pas ennuyeuse, loin de là !

Lorsqu'ils se séparèrent une fois de plus, ils restèrent enlacés, et Jaime se perdit dans la chaleur de Brienne.

— Je t'aime aussi, Brienne, souffla-t-il contre son cou, avant d'embrasser la peau offerte.

Il la sentit frissonner sous son contact et ses bras se refermèrent encore autour de lui.

— Je crois bien que je vais avoir du mal à partir après ce qui vient de se passer.

— Et je vais avoir du mal à te laisser partir, répondit Brienne.

— Depuis quand ?

Elle saisit rapidement le sens de sa question.

— Je ne sais pas quand ça a commencé, mais je l'ai réalisé lorsque tu m'as emmenée à la falaise pour la première fois. Et toi ?

— Je l'ai su quand tu t'es opposée aux exigences de mon père concernant nos futurs enfants.

Brienne eut un rire étranglé.

— Comment avons-nous pu passer autant de temps sans réaliser nos propres sentiments ?

— Je pense que nous avions besoin de ce temps pour en être certains, ma douce.

Brienne se dégagea de ses bras et l'observa d'un air interloqué.

— « Ma douce » ?

— Parce qu'en dépit de tout ce que les gens qui ne te connaissent pas peuvent penser, tu as un cœur doux et avide d'aimer, Brienne.

Le sourire de la jeune femme irradiait de joie.

— Et tu es parmi ceux que mon coeur a choisi d'aimer.

Jaime se sentit tomber encore un peu plus amoureux.

— Je suis un chanceux, alors, d'être aimé en retour par celle que j'aime.

Nous sommes chanceux d'avoir trouvé notre amour, le corrigea-t-elle.

Jaime signifia son accord avec un autre baiser.