Cette fois ci, la chanson c'est "Je veux bien t'aimer" de Linda Lemay. J'ai juste changé certaines paroles pour les mettre au masculin. (Moi être grande fan de variété quebecquoise…Ca pas être de ma faute, désolée)
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Heighmeyer avait diagnostiqué une dépression. Trop de pressions qui entraînent la dépression avait-elle dit. Alors au début, il avait pris des médicaments, de plus en plus forts, qui le rendaient chaque jour de plus en plus groggy.
Elle a fait savoir à Elizabeth que ce n'était pas raisonnable de le laisser partir en mission. Puis, comme son état ne s'améliorait pas, elle lui avait ordonné de prendre du repos et de ne plus travailler du tout avec des aiguilles et des scalpels. Ca se sentait, elle avait peur du pire.
Comme l'état de Carson ne s'améliorait toujours pas, il avait du rentrer sur Terre. Bien sur j'avais voulu le suivre, mais lui ne l'entendais pas de cette oreille. J'étais nécessaire, on avait besoin de moi ici, je devais rester. Je lui ai rétorqué que j'étais libre de faire ce qui me plaisait, et lui m'a dit que si j'avais un temps soit peu de morale, je devais rester sur Atlantis et le laisser partir.
Je lui ai dit qu'il était fou.
Je veux bien t'aimer
Mais comment est ce que je peux t'aimer si j'te vois pas
Il était fou mais il avait raison, je ne pouvais pas le suivre, même si j'en mourrais d'envie.
Je lui ai juste dit qu'il allait me manquer. Et puis il m'a posé cette question bizarre…
Je veux bien t'aimer
Tout chaste ou presque comme les curés qui s'marient pas
Les sœurs cloîtrées qui se préservent pour un bon vieux Dieu qui se cache
J'étais du genre fidèle, ça il le savait. Malgré tout je savais qu'il était jaloux, jaloux de Katie Brown et de Samantha Carter, jaloux de toutes ces autres belles plantes qui, après être passées dans les bras de Sheppard et après avoir séché toutes leurs larmes étaient venues vers moi. C'était comme ça que je fonctionnais avant lui. Sheppard les avaient en premier, dégoûtait celles qui ne lui plaisait pas plus que ça et les envoyaient dans mon lit. Bon, en général c'était plutôt dans l'embrasure de ma porte, parce que j'étais tellement maladroit qu'elles se sauvaient rapidement, mais le système avait à peu prés marché.
Et puis un jour, le type que je connaissait depuis un stage à Glasgow en 1988 (je m'étais cassé une jambe et c'était l'infirmier de garde à l'hôpital à l'époque. Une amitié était née ce jour là, on avait gardé contact, et quand le SGC avait recherché un médecin compétant bardé de diplômes dans une infinité de spécialités, je l'avait appelé, ils l'avaient engagé et je crois que c'est un peu à cause de moi qu'il s'est engagé dans l'expédition Atlantis, trouillard comme il est, il ne se serait pas empêtré dans un bordel pareil sans au moins un visage familier), et bien ce type m'avait pris la main. J'étais dans un lit, après un petit accident de Jumper sous-marin, je dormais, et quand je me suis réveillé, il avait les larmes aux yeux. Il avait cru me perdre, ça avait flatté mon ego.
Puis ça avait viré quatrième dimension. Il a pris ma main, a entrelacé ses doigts dans les miens et a posé ses lèvres sur mon poignet.
Je veux bien t'aimer, bien sur j'en rêve
Mais comment veux tu que ça marche ?
Il est marrant lui, il en a déjà vu des couples séparés par plusieurs millions d'années lumières ? Aucun des membres de l'expédition ayant leur moitié sur Terre n'est resté avec à ma connaissance.
J'aimerais bien que ça continue, je ne veux que ça, mais en étant réaliste, est ce que c'est seulement humainement possible ?
Je veux bien me moquer du proverbe
Qui dit « loin des yeux, loin du cœur »
Dire que c'est faux, que c'est acerbe
Que c'est exprès pour nous faire peur
Oui, ça me fait peur. J'ai peur de l'oublier, de passer à autre chose. J'ai peur de ne pas me souvenir du son de sa voix, de la douceur de sa peau, de la couleur de ses yeux. J'ai peur d'être attiré par d'autres personnes, j'ai peur de me tromper en le trompant. Et j'ai peur que lui m'oublie, qu'il aille voir ailleurs, ou pire, qu'il pense que personne ne le retiens plus et qu'il s'enfonce encore plus dans sa mélancolie.
J'ai peur de moi. De me retrouver seul. De ressentir le vide autour de moi, mes draps glacés et mes bras qui n'ont plus rien à tenir.
Peur de tomber dans la caricature du « tu me manques », de lui parler dans le vide, de me tripoter en faisant semblant que c'est lui qui me fait l'amour, de m'endormir en serrant un oreiller qui le représenterais.
Je veux bien m'endormir chaque soir
En m'blottissant contre personne
Avec ton corps dans la mémoire
Comme une mère grand qui pleure son homme.
J'aime son corps, si semblable au mien, si différent en même temps. Je le connais par cœur, chaque repli, chaque zone érogène, chaque grain de beauté. J'aime ses dents trop alignées pour être honnêtes, sa langue au goût de dentifrice, j'aime l'odeur de ses cheveux, j'aime le rythme de sa respiration, j'aime ses lèvres fines et roses, leur goût sucré, j'aime la peau de son cou qui le fait réagir si drôlement, sa poitrine imberbe et les muscles de ses bras, ses mains pales, ses hanches, ses fesses et la chaleur de son sexe.
Sa voix à quelque chose d'indéfinissable, de sensuel. Ses baisers mouillés chatouillent, ses baisers tendres me font fondre, ses baisers rapides me frustrent.
Il m'est complémentaire, s'il est triste je le suis aussi, s'il sourit je suis heureux et s'il marche, je marche à ses cotés.
Pourrais-je vivre sans lui ?
Je veux bien t'aimer
Même jusqu'à croire aux éventuels avantages
De mélanger nos deux histoires en perpétuel décalage
Sur Terre, il se lèvera quand je me coucherais et mangera quand je serais en train de courir pour échapper à une armada de Wraith. Notre accord parfait sera brisé.
Il prévoit de retourner chez sa mère, elle s'occupera bien de lui, je le sais. Mais notre vie sera si différente… Comment s'entendre si nos quotidiens sont si opposés, si nos préoccupations sont tellement incompatibles ? Quand je le verrais, il me parlera des vainqueurs de la coupe du monde de football tandis que je lui énumérerais le nombre de morts sur Atlantis ce mois-ci ?
Je veux bien forcer tous ces hasards
Qui refusent de jouer en notre faveur
Il le sait, je suis plein de bonne volonté. Je suis prés à quitter Atlantis aussi souvent qu'il le voudra, passer toutes mes vacances avec lui, tout lui donner. Je veux bien faire les quatre semaines de trajet avec le Dédale tout les trois mois pour venir le voir, lui envoyer des tonnes et des tonnes de lettres à l'eau de rose, même si je déteste en écrire.
Je suis prés à me mentir en croyant que nous c'est possible, à ravaler mon chagrin et à penser à lui comme s'il allait revenir d'une minute à l'autre.
Et puis gagner la chance de te voir
Deux petites journée ou deux petites heures
Quand je retournerais sur Terre, je pourrais profiter de lui, le serrer dans mes bras, l'embrasser. Pas longtemps, mais quand même assez pour faire semblant d'instaurer un autre quotidien. Faire la grasse matinée, le regarder cuisiner, lire et regarder des films idiots avec lui, aller se promener. Vivre comme un couple normal, enfin, un couple homosexuel normal, si la définition de la normalité se borne aux plus nombreux.
Ma vie entière sera rythmée par mes visites, je me dirais « plus que trois semaines et je le vois », « encore quelques jours et je pourrais être avec lui », « dans quelques semaines, il me fera l'amour ». Je me réveillerais et tout les matins me dirais que tout ce que je ferais ce jour, ce seras pour lui, pour pouvoir avoir la chance de l'enlacer. Comme un prisonnier je décompterais les jours, en griffonnant de petits bâtonnets sur un carnet, en sentant mon cœur se réchauffer à mesure que l'échéance approche. Il restera ma raison de vivre.
Quand mon avion se posera en Ecosse, je respirerais un grand coup, je me sentirais revivre. Quand je l'apercevrais dans la salle d'embarquement, je sentirais mes entrailles bouillir, quand il me sourira j'irai courir vers lui, lui sautant dans les bras comme dans les films romantiques destinés aux ménagères.
Je veux bien t'aimer
Mais comment est ce que je peux t'aimer si j'suis pas là ?
Pour t'envelopper de ma tendresse
Et te consoler si ça va pas ?
Il est déjà triste, dépressif, s'il ressent les mêmes sentiments que moi à son égard, comment pourra t'il guérir ?
Déjà, sur Atlantis, il traînait son corps comme si c'était un poids, il soupirait en regardant par la fenêtre, et quand il se décidait à ne plus être léthargique, il fondait en larmes. Je n'ai plus compté les soirs où je tenais un légume dans mes bras, un légume aux yeux bleus que je berçais en enfouissant mon visage dans ses cheveux, lui répétant que tout allait bien. Les matins où je me réveillais à coté d'un visage baigné de larmes, que j'embrassais, comme si ça allait le guérir de ses états d'âme…
Mes passages dans ses quartiers au beau milieu de la journée, où je le trouvais assis sur son lit, les genoux ramenés sous le menton, à déprimer.
Je ne suis pas sur de la raison pour laquelle il est comme ça. Nous avions notre Carson joyeux ou presque, un homme quasi normal, et un jour, nous l'avons retrouvés comme ça.
Il est resté trois jours prisonnier d'un peuple plutôt primitif, et une nuit, alors que je mourrais d'inquiétude, ils l'ont renvoyés sur Atlantis, à moitié défroqué, le visage boueux et en sang. Ses confrères médecins m'ont dis qu'il avait été torturé, un peu, juste un peu, quelques plaies superficielles sur le visage, les bras et le torse. Nous n'avons jamais su pourquoi, il n'a jamais rien voulu me dire. Les blessures physiques ont vite cicatrisées, mais à l'interieur…
J'ai eu tellement peur de le perdre à mon tour que j'ai tout fait pour aller doucement avec lui, pour l'aider, mais rien n'a marché. Je me suis sentit impuissant. Minable.
Je veux bien t'aimer de loin,
Le cœur tout plein de ton grand vide
Il va tellement me manquer… J'ai envie de pleurer. J'ai le cœur gros, j'ai l'impression qu'il est rempli d'eau, comme si les larmes qui n'étaient pas sorti l'avait inondé. Il est comme suspendu à une ficelle, de celles qui se cassent brin par brin, en faisant un bruit de corde de guitare. La matière de mon corps et de mon esprit est rentrée sur terre, il ne reste plus qu'une coquille vide, un moignon d'homme qui ne veut pas cicatriser.
Quand je rêve de lui, j'ai l'impression qu'en me réveillant je vais le trouver prés de moi. Ma main explore le matelas, mais elle ne rencontre que les plis froids du drap housse, là où devrait se trouver de la chair chaude et une âme aimante.
Pour une fois, je n'ai pas voulu jouer aux égoïstes, arguant qu'il souffrait sans doute plus que moi. Mais que puis-je faire sans lui ? Ma vie n'a aucun sens à part mon travail quand il est absent. Je ne pas le voir, pas le toucher, le sentir ou lui parler. Les seules choses qu'il me reste, ce sont des photos de lui, d'il n'y a encore pas si longtemps, quand il était heureux.
Ca fait mal de savoir que la personne…que la personne…
T'aimer d'amour et de chagrin
T'aimer pour rien les yeux humides.
Ca fait mal de savoir qu'il n'est pas heureux. Si je pouvais, j'endurerais toutes ses souffrances à sa place. Je le reconstruirait, je le connais par cœur, pièce par pièce, j'y passerais des heures, recollant patiemment tout les morceaux de son être brisé. Je ferais n'importe quoi pour lui, n'importe quoi. Je veux son bonheur, je fais tout ce que je peux pour le rendre heureux, tout échoue, rien de fonctionne, encore plus depuis qu'il est partit. Je ne peux pas le guérir à distance, personne n'a l'air de comprendre ça. Mais je ne pouvais déjà pas le guérir en le tenant contre moi.
Est-ce que je ne tiens pas assez à lui ? Je n'y vais pas assez fort ? Suis-je vraiment incapable d'aider la personne auquel je tiens le plus au monde ?
Je veux bien t'aimer mais pour être franc
Je suis pas solide si j'te vois pas
Il m'appelait son point d'Archimède, son socle, son harnais. Je préférais ça aux surnoms débiles dont les femmes m'affublaient habituellement. J'étais les murs il était le toit de la maison. Et même si quelques tuiles s'étaient envolées, ce toit restait vaillant, prêt à braver toutes les intempéries, puisqu'il était soutenu par les murs de l'édifice. Mais si les murs se fendent, si le papier peint se décolle, si les murs veulent s'écrouler, ils font tomber toute la bâtisse comme un château de cartes.
Je soutiens Carson, depuis qu'une partie de lui s'est envolée. Avant, nous nous épaulions l'un l'autre, deux hommes de force et de faiblesse équivalente. Mais maintenant je suis tout seul à porter le poids de notre maison, je n'ai pas le droit de me fissurer.
Comment puis-je tenir sans lui ? Je ne suis pas capable de tout assumer tout seul !
Je suis comme un aveugle sans canne blanche
Ni chien guide, et sans ton bras
Il m'a ouvert les yeux. M'a apporté sa vision du monde, a adouci la mienne, m'a fait comprendre des centaines de choses, de celles que je serais incapable de résoudre avec un ordinateur. Il m'a appris à partager, il a ouvert mon cœur sans lui faire mal, avec cette douceur infinie dont il a la maîtrise.
Pour traverser cette rue là
Que l'on appelle l'Océan
Deux univers différents, et pas au sens figuré. Des millions d'années qui nous séparent. S'il lui arrive quelque chose, je ne pourrais pas être auprès de lui avant une éternité. Je ne pourrais pas entendre sa voix assez souvent pour qu'elle fasse grimper la chair de poule de long de ma nuque, ni l'embrasser assez souvent pour ne plus à avoir faire l'effort de me rappeler son odeur, sa chaleur, sa douceur…
Pour traverser, mais jusqu'à toi
Y'a pas d'arc-en-ciel assez grand !
Et si le Dédale avait un problème, si je restais coincé sur Atlantis, si je perdais la possibilité de le voir ? Si, si, si, mon angoisse est peuplée de conditionnels, mon monde perd toute certitude quand il est loin de moi. Etre séparé de lui, c'est comme si on m'affamait, comme si on m'empêchait de dormir et de rêver. Et j'ai la persistante impression que personne ne pourra jamais m'aider, je suis au fond d'un puis humide et personne ne me tend de corde pour me sortir de là, tout simplement parce que les cordes n'existent pas. Je suis sous l'eau, à la recherche d'oxygène, mais l'oxygène est à la surface et rien ni personne ne m'aide à remonter. Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a un fautif ? Et si c'était moi qui était en tord ? Si c'était moi qui n'avais pas réussis à le rendre heureux ?
Je veux bien t'aimer
Bien entendu
De toute façon est ce que j'ai le choix ?
Est-ce que j'ai eu le choix quand je l'ai vu ? Est-ce que j'aurais pu m'éloigner de lui, fermer les yeux, sceller mes paupières et penser à quelqu'un d'autre ? Je n'ai jamais cru à toutes ces conneries d'âme sœur, mais la vérité c'est que sans lui, je suis vide, incomplet. Je suis un puzzle incomplet. Je ne suis pas.
Et même si j'avais eu le choix, je crois que je l'aurais…que je l'aurais quand même…
Je suis piégé, je suis perdu
Je tourne en rond, je t'aime déjà
Ca ne m'était jamais arrivé avant. Etre à ce point dépendant d'une personne, comme s'il était ma drogue. Il m'a pris dans ses filets, il ne l'a pas fait exprès, mais je n'arrive pas à me libérer, je n'ai même pas envie de lutter contre lui. Pas contre lui, tout contre lui. Et pourtant je n'arrive pas à le lui dire.
Même si je sens que je m'éreinte
A te chercher les bras tendus
Dans cet effrayant labyrinthe
Trop compliqué et trop tordu
Pourquoi la vie m'a-t-elle joué un tel tour ? J'étais bien tout seul, désespérément seul, à travailler tous les jours, chaque minute de chaque heure. D'accord, c'était une vie sans saveur, mais au moins c'en était une. Maintenant, la seule vie dont je jouis est celle que je passe à ses cotés. Et c'est quoi, 60 du temps ? Et après, quand il ne sera plus là, qu'est ce que je vais faire moi ?
Je sais, c'est égoïste, mon amant déprime et moi je ne pense qu'à ma vie sans lui, mais je ne peux pas l'aider. J'essaie de m'en persuader pour ne pas mourir étouffé par les remords.
Je vais t'aimer même si tout ça c'est sans issu
C'est impossible
J'ai pris ma décision. Enfin, ce n'est pas vraiment comme si j'avais eu le choix, mais j'ai pris mon courage à deux mains et le reste de tripes qu'il me restait, et je suis allé dire au revoir à moi-même, enfin, à l'autre moi-même. C'est comme si je me rendais à la cérémonie d'arrachement de mon cœur, comme si après ça plus rien n'aurait d'importance.
Et j'y croirais comme d'autres croient au petit Jésus
Et à la Bible
Je ne croyais en rien, je me suis mis à croire en lui. Il est ma corde de rappel, et il s'en va aujourd'hui.
Ce matin, quand je me suis réveillé, bien au chaud sous sa couette, sa légère odeur de rose délicieusement lovée au creux de mes narines, il n'était pas à coté de moi, à sa place habituelle, c'est-à-dire dans mes bras. J'entendais des frôlements de tissus, des zips de fermeture éclair. Il était vraisemblablement en train de finir ses bagages.
Je sentis soudain sa chaleur prés de moi, et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Les larmes aux yeux, j'ouvris les paupières et passais mes bras autours de son cou, accentuant par là même notre baiser. Le son de la pluie qui clapotait sur les vitres de sa chambre berçait mes oreilles. J'avais des frissons de bien être et d'angoisse, comme quand on profite de quelque chose qui ne durera pas.
-Enlève moi…lui soufflais-je, le plus sincèrement du monde.
-Quand je reviendrais, je te le promets.
Il me sourit tristement et caressa tendrement mes cheveux. Ses lèvres se posèrent sur mes pommettes, ma joue, mon menton et mon cou, et il me serra fort contre lui. Les larmes affluèrent et vinrent mouiller sa nuque, caressant pour moi cette peau si familière que j'avais appris à aduler.
Plus tard encore, je regardais ma montre une énième fois et me décidait à rejoindre le quai d'embarquement du Dédale. Il allait me quitter dans moins de vingt minutes. Alors je me suis mis à courir pour être au plus vite prés de lui, je me suis aligné à coté de Sheppard, Weir, Ronon et Teyla, à qui il allait probablement faire ses adieux l'un après l'autre. John lui octroya une vigoureuse poignée de main, Elizabeth le serra dans ses bras, tout comme Ronon, qui décidément aimait ce type de démonstration d'affection. Teyla posa son front contre celui de son ami, un salut athosien en règle. Il était son meilleur ami.
Quand mon tour arriva, il me regarda longuement dans les yeux, et je pu y lire tout l'amour qu'il me portait. Personne n'avait jamais vraiment su pour nous deux, un peu par ma faute, je ne voulais pas l'ébruiter.
Je l'attirais contre moi, l'enlaçait comme je l'avais fait tant de fois, profitant comme un vampire des battements de son cœur.
Je sais pas encore comment est ce que je vais t'aimer si je te vois pas
Mes mains se posèrent sur ses joues et je l'embrassait, ignorant les regards étonnés de mes camarades, seul comptaient lui et moi, rien d'autre.
Mais je vais t'aimer, c'est une promesse
Est-ce que t'entend ce que je te dis là ?
Je vais t'aimer
Je me séparais de lui les joues humides de mes larmes et des siennes, reniflant peu élégamment, me régalant une dernière fois du spectacle de son visage.
-Je t'aime, murmura t'il la voix tremblante, si tremblante qu'un coup de vent l'aurait emportée.
Je me saisi de sa main et la serrait très fort, pour lui dire que moi aussi. Je n'avais jamais réussis à faire sortir ces mots de ma bouche, même si à cet instant je les ressentais mieux que n'importe quel autre être humain. Ce n'était pas une amourette de vacances ou une de ces passions fulgurantes qui se soldent par un divorce. Ca dépassait tout ça, ça dépasse même les mots…
-Est-ce que tu continueras à m'aimer ?
Quelle question bizarre ! M'arrêterais-je un jour de l'aimer ? L'idée elle même me paraissait incongrue. Il était moi, je ne pouvais pas faire autrement que de l'aimer. Et je n'avais ni l'envie, ni le manque de sentiments pour arrêter de ressentir ça pour lui.
-Bien sur Carson.
Je vais t'aimer…
Nous sommes au dessus de l'Océan, dans un Jumper. La mer défile sur le pare-brise, comme si c'était un tapis roulant de supermarché ou d'aéroport. Il est à coté de moi, nous avançons vers je ne sais où, c'est le principe d'un enlèvement. En bonne et due forme…
-Je t'aime.
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Voilà, j'espère que ça vous à plus, même si c'était très chamallow… Je sais pas combien de fois j'ai conjugué le verbe « aimer » dans cette fic, mais allons bon c'est Noël, et à Noël on est censés se dire qu'on s'aime, non ? Joyeux Noeeeeeel !
