-1Chapitre 4
POV de Trowa
Je sens une présence dans la chambre. Je lève les yeux et il est là me regardant mais il est impénétrable. Il faut faire ou dire quelque chose mais je suis incapable de faire le moindre geste, je reste là sans pouvoir bouger, assis toujours sur son lit. Je sens le cadre dans mes mains. Il s'approche. Il faut que je dise quelque chose, j'ouvre la bouche et un misérable « pourquoi » sort de mes lèvres si sèches, j'ai l'esprit emplit de tumulte, bon cœur me fait mal, je suis complètement perdu.
Fin POV de Trowa
- Parce que je t'aime Trowa, je t'aime depuis le premier jour. Et malgré tout mon argent, toute ma puissance, je ne peux pas être sur d'avoir la seule chose qui ai réellement une importance pour moi, je n'avais pas de nouvelles…J'étais malade, je ne pouvais rien faire à part attendre.
POV de Trowa
Je sens les larmes couler le long de mes joues, mais je n'arrive pas à bouger, c'est trop, trop fort, j'ai l'impression de sombrer, si je bouge peut-être que le rêve va s'effacer, oui, ce ne peut-être qu'un rêve.
Je le regarde si beau, son visage si doux, ses yeux me disent la sincérité des mots.
- Je t'aime…
Il sourit et il s'approche, m'arrachant du lit pour m'étreindre étroitement contre lui, pour effacer l'espace, le moindre espace entre nous. Je le serre le plus fort que je peux, me collant contre lui, enfouissant mon visage dans son cou, si c'est un rêve faite que je ne me réveille jamais. Il se détache légèrement mais je refuse qu'il quitte mon espace. Il rit doucement. Le cadre tombe par terre mettant fin à ces premiers instants de tendresse. Il se détache de moi, se baissant pour le ramasser. Il s'assoie sur le lit et m'attire à lui et me fait asseoir à mon tour tout contre lui.
Fin POV de Trowa
- tu te rappelles de cette photo?
- oui, tu l'as prise le jour même où nous avons su que le guerre était finie, la veille de ton départ pour L4
- j'ai eu du mal, tu ne voulais pas te laisser photographier
- vieux réflexe de terroriste
- j'aime ton sourire sur cette photo, j'imaginais que tu ne souriais comme cela que pour moi
- que pour toi Quatre, rien que pour toi
- mhmmmmm
POV de Trowa
Que tes lèvres sont douces, ton baiser, notre premier baiser est doux et passionné, tu m'explore avec tendresse, et je ne sais que m'offrir. Je me retrouve sur ton lit, à moitié allongé, tu me dévores un peu plus, les lèvres, le visage, le cou. Je te caresse doucement, j'adore me laisser faire par toi. Je veux tes baisers, je m'entends gémir, ces bruits, c'est vraiment moi qui les fais? Ces cheveux sont doux entre mes doigts, il m'oblige à tourner la tête sur côté pour m'embrasser le cou, j'ai l'impression d'onduler sur tant les vagues de plaisirs qui me traversent sont puissantes. Mes yeux tombent sur le cadre, mon visage me souriant doucement, plein d'un espoir secret.
Cela ne peut être qu'un merveilleux rêve, ces draps doux, ces voles, ses caresses, sa chaleur qui m'envahit, le poids de son corps sur le miens. Je lui capture les lèvres, je veux l'embrasser, il se laisse dominer en souriant, je le renverse et me retrouve sur lui, je le touche comme je l'ai tant rêver, de manière frénétique, précipitée, désordonnée, mais cela fait si longtemps que je rêvais de pouvoir aimer, l'aimer ainsi.
Un bruit de porte que l'on ouvre et que l'on referme précipitamment nous interrompt.
- je crois que nous avons été surpris par la femme de chambre!
- elle a dû être choquée!
- c'est le moins que l'on puisse dire, mais je peux te poser une question mon amour
Mon amour, il a dit mon amour, cela semble si naturel, si approprié
- mhmmmmmmmmmmm !
Je réponds un peu essoufflée après cette nouvelle attaque
- si tu veux que je te réponde, il faut me laisser parler…
- mais tu si mignon quand tu rougis ainsi
- Quatre !
- oui comme ça (d'une voix rauque) enfin de m'embrasser profondément
Quelques minutes passent, je ne peux m'empêcher de gémir, une douce chaleur envahit mon corps, elle se transforme en vagues de plaisir dans mon ventre. Nos gestes deviennent de plus en plus saccadés, révélant nos désirs.
- dis moi, pourquoi tu es venu dans ma chambre…(il m'embrasse dans le cou) pas que je m'en plaigne
- je voulais savoir… mummmmm…connaître ta chaleur….mummmm, ohhhh Quatre!…Je t'aime si fort
Il m'embrasse encore et encore comme si notre vie en dépendait.
Le temps reprend ses droits et nous devons réintégrer la réalité. Nous nous relevons, tu me proposes de déjeuner. Etrange petit déjeuner, je mangeais mais j'avais du mal à me concentrer sur la nourriture et toi tu me dévorais des yeux et puis n'y tenant plus tu m'a fait asseoir sur toi pour reprendre nos caresses.
Soudain Rachid est apparu dans l'encadrement de la porte et t'a informé d'un appel important. Tu as un peu grogné mais tu as obtempéré me promettant de faire vite.
J'étais un peu déphasé, en état second. Rachid ne t'as pas suivi, il est resté à me regarder quelques instants avant de me demander :
- vous l'aimez?
- oui que pouvais-je répondre à cet homme qui était comme un père pour toi?
- cela est bien, sachez que si vous lui faîtes du mal, je vous tuerais, et si ce n'est pas moi un d'entre nous le fera.
- Je ne ferais jamais une chose pareille, je l'aime plus que tout, je ne songe qu'à le protéger et à l'aimer.
- Sachez que c'est votre nom qu'il criait quand il agonisait, c'est vous et vous seul qu'il appelait. Ils n'ont pas voulu que je transmette vos messages, ils lui ont caché vos appels. Il a cru longtemps que vous n'avez pas cherché à reprendre le contact. Mais il n'a jamais cessé d'espérer et il ne s'est pas résigné. Je crois qu'il a fait quelques recherches il y a six mois et qu'il a trouvé des raisons d'espérer.
- Rachid…
- Ne vous méprenez pas, notre croyance condamne ce genre de relation, elle le condamne à la fin de sa lignée. Je n'aurais jamais voulu un ex terroriste venant de nulle part, sans rien que son corps à offrir pour mon prince et plus encore le fils que je n'aurais jamais. Mais… (sa voix tremble) comment le condamner après tout ce qu'il a enduré, la guerre et puis les modifications génétiques…Pour éviter qu'il ne souffre trop nous l'avons maintenu par des périodes de coma artificiel. Il délirait et vous appelait dans de rare moments de lucidité. Ils ne voulaient pas de ce scandale… Je ne veux plus qu'il souffre, personne n'a le droit de le juger hormis Dieu et il sera bien temps qu'il règle ses comptes avec lui. Je ne pensais qu'il me serait donner de voir tant de choses, j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs vies. Je remercie Allah pour m'avoir donner la chance de survivre et remplir mon devoir mais je suis fatigué. Je ne veux plus le voir hurler sans rien pouvoir faire…Comme le destin est railleur, il a pris le meilleur d'entre nous, le plus noble d'entre nous, de sang et de cœur, le plus doux et sage, le plus beau, il lui a accordé les richesses de ce monde, le pouvoir…mais qu'importe cela? Trowa, jusqu'à ma mort j'aurais devant les yeux sa souffrance sur ce lit blanc… (le vieil homme semblait sur le point de pleurer).
- Rachid…
- Il ne vous dira jamais ce qui s'est passé, pour vous protéger, mais soyez en sur quiconque qui chercherait à lui faire du mal, je le tuerai sans pitié…(Des pas se font entendre, Rachid redevient silencieux).
- Excuses moi mon chéri (clin d'œil) mais j'avais une sangsue et j'en ai profité pour dire à mes secrétaires d'annuler les rendez-vous de ce Week-end. Car je ne serais pas disponible pour les affaires durant ces deux jours.
Je n'ai pu que me lever et le prendre tendrement dans mes bras et le serrer fort, et dans mon fort intérieur tout est clair maintenant, je vais t'aimer, t'aimer seulement, simplement, totalement. Tu sembles ému par mon geste.
Nous décidons de faire un peu de musique. Comme avant les notes s'unissent dans un accord parfait reflétant l'harmonie et la perfection de ce moment. J'ai l'impression que tu me fais l'amour avec les sons qui sortent de ton violon, si sensuellement, comme des caresses qui pénètrent au plus profond de moi-même. Douce intimité de l'esprit dont tous les autres resteront étrangers.
Tu t'arrêtes et déposes ton violon sur la table. Tu me prends délicatement des mains la flûte et la déposes à côté. Le moment est venu et plus rien ne sera comme avant. Je ne te quitte pas des yeux, je n'ai pas peur.
Tu me prends dans tes bras et me guide dans ta chambre. Tu m'allonges sur le lit puis tu fermes la porte. Je ne peux m'empêcher de te regarder. Tu enlèves tes vêtements et tu me déshabilles à mon tour. Je t'aide à les ôter rapidement. Nos mains explorent, nos lèvres goûtes la peau de l'autre. Je ne ressent aucune gène face à tes gestes impudiques, je m'offre un peu plus au contraire, je t'appartiens. Tu prends ton temps, faisant naître des torrents de plaisir en moi. J'apprends à te rendre le plaisir que tu me donnes. Tu m'encourages, tu me montres comme tu aimes être caressé. Quand enfin nous ne sommes plus qu'un, je ne peux m'empêcher de crier, rien ne m'avait préparer à cela, ce bonheur infini, ce plaisir intense…
Nous restons enlacés et alanguis, réunis, comblé, heureux.
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Ces deux jours passent comme des instants alors que nous changeons irrémédiablement, devenant un peu moins je et tu mais un peu plus nous. Nous parlons un peu de nos vies mais finalement peu du passé car nous avons soif d'avenir. Tu sembles surpris quand je dis que je suis prêt à quitter le cirque pour rester avec toi. Tu m'embrasses comme un fou, tu me fais l'amour encore et encore mais pourtant cela est si naturel n'es tu pas ma raison de vivre?
Il faut pourtant reprendre la vie quotidienne et préparer notre vie à deux. Cela me fait peur, car pour la première fois mon monde intime, secret, va rencontrer le monde des « autres » que je ne connais pas, mes sentiments, ce qui est important va être exposé aux regards des gens.
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Je l'embrasse ce lundi matin avant de rejoindre le cirque, les représentations ne commencent que le jeudi mais il faut que je les aide et que j'organise mon départ. Je reviendrais ce soir. De toute manière Quatre a des affaires à régler et son empire financier à gérer.
Je reprends ma voiture de location, Quatre me propose d'en acheter une neuve puisque désormais je reste sur L4. Je reste un instant surpris mais c'est vrai, cela est une des petites choses que je vais devoir m'occuper.
