-1Chapitre 5

POV de Trowa

Comme je m'y attendais, Catherine s'est senti trahie quand je lui ai dit que je voulais vivre avec Quatre. Elle n'a pas crié, elle ne m'a fait aucun reproche, elle s'est juste détournée de moi. Pourquoi ne veut-elle pas participer à mon bonheur°?

J'espère qu'avec le temps elle comprendra.

Le directeur du cirque n'a pas apprécier que je les « largue » du jour au lendemain sans prévenir. Je lui dis que je les aiderai jusqu'à leur départ de L4 dans deux mois, cela l'a un peu calmé.

La journée passe vite. J'ai du mal à me concentrer, et j'appréhende de m'occuper des fauves. Je laisse cette tache à l'autre dresseur. En fait, il ne faut pas me dissimuler que la seule au quelle je songe c'est de retrouver Quatre. Vers 19 heure je reprends le chemin de la veille. Durant le trajet j'essaie de ne pas penser aux deux jours, à tes caresses… Il me tarde de te retrouver et d'être dans tes bras.

Le portail s'ouvre à mon arrivée. Je me gare et comme la première fois c'est Rachid qui m'accueille. Il m'indique que tu es déjà rentré et que tu es dans ton bureau. Je suis bien obligé de lui demander où cette pièce se trouve. Il me l'indique en fonction de ta chambre, avec malice et je me sens rougir. Je monte fébrilement les marches. Je tape (je suis bien élevé) à la porte et de ta voix toute professionnelle tu me dis d'entrée, c'est un peu décalé après le week end. Tu me fais signe de m'asseoir en face de toi. Tu es au téléphone. Je tique sur tes paroles :

« veuillez m'excuser mais mon amant vient d'entrer et souhaite l'honorer de toute mon attention..; » un rire discret mais horriblement sensuel, me laissant sans voix, les lèvres sèches et le ventre en feu.

Je n'ai pas le temps de m'indigner, à peine le téléphone raccroché tu es devant moi, l'enlaçant pour me donner un baiser passionné, je m'étouffe presque tant tu mets du cœur à prendre tout l'air de mes poumons. Je ne peux pas bouger, tu m'as bien en main, en particulier ma fesse gauche. Ma faible tentative pour m'écarter de te trouble pas, tu me plaques un peu plus contre toi, te frottant un peu contre mon ventre, démontrant que tes paroles n'étaient pas des paroles en l'air.

Tu consens à me laisser respirer et à me souhaiter le bonsoir avant de t'attaquer à mon cou. Je ne suis pas prêt d'abandonner mes cols roulés. Moitié gémissant, moitié colérique (étrange mélange) je te dis bonsoir (je suis toujours très poli, il paraît que cela te fait craquer) et te demande qui était ton interlocuteur…

- mummmmm, c'était Duo….que j'aime l'odeur de ta peau….viens mon amour…allons dans la chambre…il est avec Heero…viens…muhmmmmm…j'ai pensé à ça toute la journée…

Deux idées se sont entrechoquées dans mon esprit, même si il ne me restait plus assez de neurones pour réfléchir à cela. Où est passer le petit ange blond qui rougissait à tout instant? Duo et Heero, ensemble? Pauvre de nous…

Puis je me suis efforcé de ne pas tomber dans les escaliers avec une pieuvre blonde accrochée à moi, j'ai découvert que monter les escaliers avec…une excitation rendant étroit son jean n'était pas agréable…en oubliant les domestiques…

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Il est si beau, fort et doux à la fois, si prévenant et si exigeant à la fois quand nous faisons l'amour. Il ne me laisse aucun répit, aucune échappatoire. Il est si beau avec ses cheveux d'or libres sur ses épaules luisantes par l'effort. Il aime me voir pendant, et je ne peux m'empêcher de lutter pour garder les yeux ouverts pour le voir au sommet du plaisir. Je brûle mais c'est délicieux, je le touche, je ne peux m'empêcher de le toucher, tout ce que je peux. Encore, encore, j'aimerais que l'on reste toujours unis. Et c'est l'explosion de lumière, j'ai l'impression de voler. Il se recouche à côte de moi pour m'enlacer. Jamais il ne me laisse après avoir atteint le plaisir. Il m'embrasse tendrement, me caresse pendant que nous goûtons ces moments de bien être total.

Nous sommes affamés, il faut se lever pour se laver puis manger. Je ne peux m'empêcher de gémir un peu, après les séances d'hier et celle de ce jour je suis sensible. Il se lève et me conduit dans la salle de bain, où nous nous lavons l'un l'autre. J'aime explorer à chaque fois son corps, c'est une part de moi désormais.

Quand nous nous séchons, il attrape un petit tube de crème, il pense que cela me fera du bien. Je ne comprend pas immédiatement, mais je ne peux m'empêcher de rougir quand il me prodigue ces soins intimes. Je l'embrasse sur les lèvres, il me sourit et m'embrasse à son tour sur le nez. C'est le Quatre d'avant si plein d'attention, de sollicitude, si doux.

Nous mangeons, nous parlons de nos activités. Je lui fais part de ma décision de travailler au cirque tant qu'il est sur L4. Tu me demandes pour Catherine. Je choisis de ne pas te mentir, ce sera ma ligne de conduite pour nos années de couple, ne jamais te mentir. Tu sembles contrarié, tu ne l'excuses pas. J'essaie de t'expliquer, mais tu ne veux rien entendre. Tu es aussi resté comme cela, comme avant, sans demi mesure quand tu aimes.

Tu me parles un peu de ta société. Je perçois que tu es à la tête d'une nébuleuse dont seule la partie visible est ce qui est appelé l'empire « winner ». Je comprends en partie le rôle de tes sœurs. Il me faudra peut -être des mois pour m'y retrouver mais je sais qu'il faudra en passer par là pour vivre à tes côtés et t'aider de mon mieux.

Nous allons nous coucher, je ne peux m'empêcher de remarquer que les draps ont été changés, tous les domestiques sont donc au courant. Tu rigoles quand j'attrape un bas de pyjama… J'essaie timidement de te dire que pour ce soir je ne crois pas être en état même si j'en ai envie d'ailleurs… Mais rien n'y fait. Tu m'enlaces dès que nous sommes sous la couette légère comme une plume. Je suis le dos contre ton torse et tu me caresses, les effets ne font pas attendre. Tu me susurres à l'oreille (mon point faible avec le cou) que tu as aussi envie de moi en toi. C'est un torrent de lave qui me traverse soudain. Je me retourne et t'embrasse comme un fou, cela est si excitant…tu t'offres en souriant, m'encourageant à prendre tout et je prends tout. Comme cela est bon…une autre forme de la plénitude. Je fais attention car je vois, je sens, que je suis le premier. Je dompte ma passion pour être le plus doux possible.

Nous atteignons de nouveaux les cimes du bonheur. Je me recouche haletant mais heureux à côté de toi et je ne peux m'empêcher de te couvrir de baisers. Tes yeux brillent me révélant toutes les émotions qui te traversent à ce moment là.

J'ai besoin des mots, des mots qui vont sceller nos sentiments, notre avenir. Il comprend.

- Je t'aime Quatre, je ne veux plus te quitter

- je t'aime aussi Trowa, pour toujours…

Nous nous endormons étroitement enlacés.

Le lendemain, nous entrons un peu plus dans le quotidien et dans notre relation. Je dois dire que s'il n'est pas difficile de se séparer le matin en sachant que nous nous retrouverons plus tard, il m'est difficile de me concentrer sur les affaires du cirque. Et cela me culpabilise beaucoup. C'est une fin inexorable. Je n'ai pas protesté quand ils m'ont annoncé que je ne serais pas dans les représentations. Ainsi, eux qui ont été ma famille pendant quatre ans s'éloignent si vite de moi ? Je sais qu'ils ont leurs propres soucis mais c'est quand même difficile. Je devrais pourtant y être habitué. Je vois aussi à quelle allure ils prennent de nouvelles habitudes, effaçant par là même le souvenir de ma présence. Je me concentre sur les aspects administratifs. Même les fauves semblent m'avoir oublier depuis que je ne les nourris plus…

Dès la fin du premier mois on me demande de vider ma roulotte puisque je ne dors plus parmi eux. Je range mes affaires (il y en a peu) dans ma nouvelle voiture, cadeau de Quatre qui m'a mis mal à l'aise. Je m'installe chez Quatre qui n'est pas encore tout à fait chez nous. Une de nos femmes de chambre m'a préparé de la place dans le dressing attenant à notre chambre. Mes quelques vêtements semblent ridicules face à ceux innombrables et coûteux de Quatre. Mes quelques produits dans la salle de bain et enfin mon masque que je pose sur la commode de Quatre. J'ai envie de le mettre au mur à côté des photos mais je me sens le devoir de demander à Quatre d'abord.

Je traverse une période où je me sens à la fois éperdument heureux et amoureux mais aussi complètement en décalage avec le reste du monde. J'en parle le soir avec Quatre qui me rassure. Quand je rentre le lendemain, le masque est accroché à côté des photos et une barre du dressing est remplie de nouveaux vêtements pour moi.

Je suis à la fois touché et gêné. Je suis rentré tôt, je rentre de plus en plus tôt car je n'ai plus ma place au cirque, je l'attends. Quand il rentre je l'embrasse mais il sent ma détresse. Et je retrouve dans ces moments là l'ami de toujours, le confident. Je suis si heureux que nous n'ayons pas perdu cette partie là de notre relation en devenant amants.

Le lendemain je ne vais pas au cirque. Durant le mois qui vient je pense ne pas y aller plus d'une fois par semaine et encore. Tout se passe très bien pour eux, j'en suis heureux, ils font salle comble chaque soir.

Quatre est parti tôt ce matin. Je me retrouve dans la maison, seul. Je fini d'en faire le tour et je trouve mon coin dans la bibliothèque, j'ai toujours rêvé d'avoir une bibliothèque. Une des domestiques m'a servi le repas sur la terrasse donnant sur le jardin. J'essaie de profiter de ce moment de paix. J'ai l'impression d'être en vacances, mais des vacances dont la fin n'est pas prévue. Je décide l'après midi d'aller en ville, pour la visiter mais aussi entamer les démarches pour m'établir sur L4. Je commence par ouvrir un compte bancaire. J'ai un peu d'argent de côté, salaire bien maigre de la guerre, mais on ne devait pas survivre alors… et mes économies du cirque. Je m'aperçois que le 30 j'ai reçu mon dernier salaire… Cela veut dire qu'à court terme si je ne trouve pas un boulot je devrais vivre aux crochets de Quatre. Entretenu, mais l'instant c'est un concept flou, mais dans l'absolu, je n'ai pas envie de devenir un homme entretenu…

Je vais ensuite me faire enregistrer comme nouvel habitant de L4, je rougit un peu quand on me demande où je loge, la secrétaire qui reprend le formulaire en reste bouche ouverte et me regarde les yeux ronds.

Il n'est que 16h, et il ne rentrera pas avant 20 heure. Je décide de marcher un peu dans les rues commerçantes. Je passe devant une bijouterie, et j'ai soudain envie de lui prendre un petit cadeau, pour marquer notre premier mois de vie commune. Rien de bien cher, mais il a tout ce qui peut être cher…Je prend un petit bracelet en argent, simple et discret, des turquoises y sont incrustées, la couleur de ses yeux et je sais que pour les musulmans la turquoise a une signification particulière. A l'intérieur j'ai fait graver nos deux en arabe avec des lettres qui s'enlacent. Je ressort une demi heure plus tard satisfait, j'en profite pour prendre une bonne bouteille de vin et un bouquet de lys blancs. Je pourrais prendre des roses rouges mais Quatre me fait penser à des lys blancs.

Je me presse vers ma voiture, je veux rentrer assez tôt pour donner des instructions pour le repas aux chandelles. Tiens ! Je pourrais lui préparer un bon bain chaud…

Quand tout à coup je vois ma photo en couverture d'une feuille de chou à scandale.

Le sous titre demande « qui est cet inconnu qui s'est installé chez le prince »… « Scandale ! L'amant caché du prince Winner » « Que devient Samira, trahie par le prince au cœur de pierre »…

Qui est Samira ?

Je rentre un peu interloqué par tout ce tapage médiatique. Quand le portail s'ouvre je me rends compte que je suis discrètement mitraillé par des paparazzi…

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Quatre rentre, fatigué mais heureux de retrouver son amant. Il a la surprise de trouver un délicat repas éclairé aux chandelles servi… et Trowa habillé avec les vêtements qu'il lui a acheté. Le pull en cachemire du vert qu'il aime tant a un col en V qui ne cache pas les marques d'amour. Le pantalon lui tombe à ravir et met en évidence sa cambrure si sensuelle… Il s'approche comme un fauve et l'embrasse passionnément. Trowa lui répond avec enthousiasme.

Ils mangent en parlant de leur journée, en se dévorant des yeux. Quatre lui tend un morceau de son gâteau, Trowa le prend délicatement entre ses lèvres, il voit le désir de Quatre dans ses yeux. Ce dernier ne peut se retenir, il l'entraîne vers leur chambre. Une fois sur le lit, trowa prend le petit paquet sur la table. Il se pose sur la poitrine de Quatre qui le regarde ému. Il l'ouvre et découvre le petit bracelet. Il lit l'inscription et se le passe au poignet. Il suit du regard Trowa et voit le bouquet de lys blancs. Il l'enlace et le dévore. La nuit se fait passionnée, loin du monde qui les entoure.

Le matin les réveille quelque peu alanguis. Ils déjeunent en rigolant pour des rien, Quatre n'a pas retiré le bracelet. C'est le seul bijoux qu'il portera, toute sa vie. Seul dans son bureau il ne peut s'empêcher de le caresser. C'est le symbole de leur union.

Trowa lui demande qui est Samira et lui parle des couvertures des magazines. Il lui explique qu'il sortait dans les soirées avec une « cavalière », Samira étant celle qu'il appréciait le plus pour sa distinction et sa conversation. Il n'a jamais considéré leur relation comme autre chose qu'amicale mais les journaux inventent vite des histoires. Il pense même que Samira est la compagne d'un des managuac Abdul. Quand aux soirées il aimerait que Trowa l'accompagne sauf si vraiment cela lui déplait.

Trowa accepte, plus par devoir que par plaisir mais cela fait partie maitenant de sa vie aussi.

La prochaine soirée est prévue dans une dizaine de jours.

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Leur première soirée officielle est une soirée de bienfaisance en l'honneur des orphelinats que la fondation Winner parraine. Ils arrivent tous les deux en costumes noirs et chemise blanche, avec un nœud papillon. Trowa hésite mais Quatre le prend par la taille et il entre dans la salle principale, illuminée, tous les regards braqués sur eux. Les hommes et les femmes le détaillent de la tête au pieds sans la moindre dissimulation. Quatre le présente à quelques personnes dont il retient par réflexe les noms. Des serveurs leurs apportent des coupes de champagne et des petits fours. Quatre est rapidement assailli de toutes parts mais il s'en sort toujours à la perfection. Il veille à garder Trowa contre lui et lui fait comprendre qu'il faut qu'il observe et enregistre le plus d'informations possible.

Curieusement cette remise en situation, comme lorsqu'il était terroriste lui permet de reprendre contenance et assurance. Il se surprend à sourire gracieusement et à intégrer les manières de faire de Quatre pour mieux cerner ses interlocuteurs. C'était sa spécialité après tout, se fondre comme un caméléon dans la masse. La question qui lui ai le plus souvent posée est : qui êtes vous?

Quatre intervient pour dire avec un sourire sans équivoque que c'est son compagnon (tout le monde traduit en langage courant : amant). Les femmes rougissent, les hommes lèvent un sourcil. Mais la fortune et la position de Quatre les fait taire. Certains pensent déjà à faire leur cour, en s'attirant dès le début les bonnes grâces de Trowa ils pensent trouver l'oreille de Quatre.

Trowa fait finalement le rapide constat qu'il se trouve plongé dans un système de cour dont il assume le rôle convoité mais très particulier de la favorite. Il sait quelque part qu'il ne pourra pas être devant la loi le mari de Quatre même s'il l'est dans le cœur. Il peut y avoir un roi qui aime une bergère et en fait sa reine mais il n'y a pas de roi qui aime un berger et en fait un deuxième roi…

La soirée se passe plutôt bien et quand ils rentrent ils peuvent discuter des tenants et aboutissants. Le Week end qui s'annonce est le moment pour Trowa d'aborder la question de son travail.

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Ils prennent leur petit déjeuner sur la terrasse en ce samedi matin où il fait déjà très chaud. Trowa aborde le sujet qui lui tient à cœur : quelle place sera la sienne aux côtés de Quatre, sachant qu'il refuse d'être un homme entretenu.

Quatre sourit, il caresse le visage de Trowa dont les yeux reflètent tant de passion à cet instant.

- Je veux que tu m'aide à gérer mon entreprise.

- Tu crois que je peux le faire ? Je ne connais pas grand-chose au monde des entreprises !

- j'aimerais que tu commences par la sécurité. J'ai déjà demander à Heero de vérifier le système informatique, je pense que tu peux t'occuper du reste.

- Les managuac assurent-ils toujours ta sécurité?

- Oui mais malgré leur expérience je préfère que tu t'en occupes.

- Tu crains quelque un?

- Oui… tu sais j'ai passé l'essentiel de ces trois dernières années au fond d'un lit et cela a attisé bien des convoitises. Je pense que certains voient d'un maivais œil que je reprenne les affaires. J'aimerais que tu m'aides à faire cela et puis…

Quatre sourit à nouveau

- tu ne serais jamais bien loin comme cela…

Quatre l'enlace et trowa accepte sans hésiter. Il l'embrasse encore et encore avant de demander :

- quand je commence

- après notre lune de miel…

Et, à la manière dont Quatre le regarde, Trowa ne peut s'empêcher de rougir jusqu'au bout des oreilles… (et d'ailleurs )