-1Chapitre 7

Quatre et moi nous nageons tout doucement pour de pas couler, l'eau autour de nous est comme de la soie. Le soleil commence à descendre.

A ce moment là le hurlement de heero déchire la béatitude de ces instants de bonheur intense.

- requin !

- Trowa ne bouge plus !

Je vois l'aileron se diriger vers nous. Le requin n'attaque pas directement, il va d'abord faire le tour avant de lancer son attaque. Heero lance le harpon qu'il avait emporté. Quatre l'attrape et me repousse violemment

- regagne la plage

- non!

- tu sais bien que nous ne pouvons pas nous défendre à deux, je t'en supplie Trowa, vite!

Je sais que je le mets en danger en traînant, je connais le monde des prédateurs…

Il commence à faire du bruit ce qui détourne l'attention du squale de moi. Je nage rapidement et j'ai tôt fait de regagner la plage où m'attendent Duo et Heero. En fait Heero court à la maison récupérer un harpon, sous ses cris le jardinier est arrivé affolé puis le conduit où sont rangés les outils. Mais malgré ses efforts je sais que Quatre doit se débrouiller seul. Il a plongé, je vois l'aileron tourner autour de lui. Et puis plus rien.

Du sang, du sang se répand à la surface de l'eau, non , non! Quatre! Je me sens ceinturé et immobilisé, j'ai beau me débattre ils me tiennent trop fermement. Ma vision se brouille, mon esprit s'embrume, ma gorge brûle à force de hurler. Quand tout à coup il apparaît surgissant de l'eau, comme un dieu des temps anciens, tenant son harpon victorieusement. Les bras qui m'enserrent disparaissent et je manque tomber. Je m'élance vers lui, il faut que le touche, je le serre, m'assure qu'il n'a rien.

Il rigole quand je le serre à l'étouffer

- tu ne crois pas qu'un petit requin bleu va me faire peur

Pour le faire taire je capture ses lèvres, il me serre à son tour. Des raclements de gorges se font entendre.

Je laisse sa bouche mais je le tiens contre moi. Je remarque qu'il grimace légèrement quand il avance pour leur parler. Il est blessé, une ligne fine court le long de sa jambe d'où s'échappe du sang. Il a à peine le temps de leur dire quelques mots que je l'entraîne vers la maison. Si j'avais pu je l'aurais pris dans mes bras mais il fait bien 40 kg de muscles de plus que moi.

Une fois dans la salle de bain, je le soigne et je bande sa plaie, elle est sans gravité et ne laissera probablement aucune cicatrice. Dès que j'ai fini je suis entraîné dans notre chambre. Nous faisons l'amour avec passion mais aussi sauvagement. La douceur viendra après. Nous avons frôler le danger, la séparation. Je pense aussi que cela prend racine plus profondément en nous, dans notre passé, avec ses dangers qui nous faisaient montée le taux d'adrénaline. Mais alors nous ne pouvions pas l'assouvir, nous étions condamnés à ne pas exprimer nos sentiments. C'était un peu nous consumer de l'intérieur. A l'époque que n'aurais je donné pour le serrer contre moi à un retour de mission !

Quelques heures plus tard, nous retrouvons les autres pour le repas du soir. J'ai retrouvé assez mes esprits pour leur dire merci. Ils comprennent et leurs mains liées montrent à quel point ils ont vécu des circonstances identiques et bien plus douloureuses encore.

- Quatre (Heero) nous avons inspecté avec Jean (le jardinier) la barrière de corail qui protège le lagon et elle est endommagée, ce qui explique que des requins aient pu entrer.

- Nous verrons ce que l'on peut faire, nous avons la piscine mais ce n'est pas pareil !

- Quatre, la barrière a été volontairement endommagée, ce ne peut être le fruit du hasard, par un bateau en déroute…

Quatre ne répondit rien mais je pense qu'ils s'étaient compris avec Heero.

- Quatre (trowa) dis moi ce qui se passe.

- mon chéri, tu te doutes que dans ma position, je suis une cible privilégiée pour un tas de personnes, concurrents, mafias, anciens soldats d'Oz…

- mais qui pouvait savoir pour notre lune de miel, à part quelque un de proche, pouvant accéder à certaines données?

- certaines de mes sœurs (que ta voie est froide)

- C'est là que tu interviens Heero?

- effectivement, tu assures très bien la sécurité de quatre depuis un mois. Duo et moi nous surveillons l'extérieur et certaines grosses affaires de sécurités internationales pour les Préventers. Les deux étant liés. Quatre ne voulait pas de garde du corps pour votre de lune de miel mais une fuite est toujours possible et… nous pensions que vu les circonstances vous ne seriez pas très concentrés sur les questions de sécurité.

- Cela m'a paru un peu étrange cette histoire de vacances gratuites, mais vous avez raison, j'ai réagit si peu parce que j'avais la tête ailleurs. Que faisons nous maintenant ? (trowa)

- nous profitons de notre lune de miel et nous aviserons lors de notre retour sur L4.

- Jean propose de tendre un filet sur la faille de la barrière, cela devrait faire l'affaire.

- très bien! Que pensez vous de siroter un petit cocktail sur la terrasse, Maeva est la reine des pina colada !.

Malgré la douceur de ces moments, je ne peux pas oublier que le danger rôde autour de nous.

Les conversations se poursuivent toujours, j'apprends à les connaître et sur le fond le Heero et le Duo d'aujourd'hui sont assez différents d'avant, ce sont de jeunes adultes qui apprennent à vivre avec un lendemain en perspective. Ils s'emploient à construire leur avenir ensemble, ensemble ils financent un orphelinat. Je pense qu'ils vont adopter plus tard des enfants quand ils seront prêts. Je sens à travers les paroles de Duo qu'il a peur de lui-même de ses réactions. Il suit une thérapie avec Sally, mais qui peut comprendre vraiment les traumatismes que nous avons subi en tant qu'enfants soldats et pilotes de gun dam? Heero semble une force inébranlable. Comment douter qu'ils réussiront quand on connaît la détermination d'Heero? J'espère de tout mon cœur qu'ils seront heureux.

---------

Nous sommes allongés, nus sur le lit. Les voiles nous protègent des insectes qui tourbillonnent autour de la petite lampe de chevet qui éclaire doucement le lit. Il fait encore chaud mais nous n'avons pas allumé les ventilateurs pour entendre l'océan. L'air est chargé des senteurs lourdes des plantes tropicales.

Nous nous caressons tendrement. L'un en face de l'autre, tu me fais rougir, il faudra encore un peu de temps pour que je m'habitue pleinement à me donner à toi sans pudeur ni restrictions.

Tu sais lire au fond de mon cœur les peurs secrètes.

- la vie en temps de paix a ses propres guerres mon amour, différentes certes, mais bien présentes. Mais qu'importe mon amour si tu es à mes côtés pour se battre, comme avant, pour toujours

- pour toujours Quatre, mon amour…

---------

Le reste du séjour s'est déroulé dans le bonheur absolu, à nous détendre, à faire l'amour, dans ce petit bout de paradis hors du temps. Nous avons été plus en éveil face à d'éventuelles menaces mais sans plus et à nous quatre nous sommes capables de beaucoup…

J'ai eu un regard en arrière quand le petit avion a décollé pour nous ramener à Papeete. Ta main a pris la mienne, ta peau dorée par le soleil contrastant sur la mienne couleur pain d'épices. Juste quelques regards curieux à l'aréoport, guère étonnant vu notre dégaine, short, chemise fleuri sur corps bronzé, j'avais l'impression que nos tendres activités étaient écrites sur mon visage. Vive les lunettes noires.

----------

Le retour sur L4 a été sans encombres bien qu'un peu triste.

-----------

Nous nous sommes changés avant de descendre de la navette, de longues robes blanches sur nos pantalons bouffants. Quatre a mis un turban. Et bien sûr les lunettes noires qui ne nous quittent quasiment jamais.

Nous nous sommes faits littéralement mitraillé par les photographes, Heero était un peu nerveux et je me suis retrouvé en état second, des années en arrière, reprenant les vieilles stratégies de protection. Les questions n'ont pas manquées mais une a retenu notre attention.

- la rumeur disant que M. bloom est un ancien pilote de gun dam est-elle vrai ?

Quatre a superbement démenti, mais pas de doute certaines de ces sœurs étaient à l'origine des fuites et connaissant les antécédents de L4, ces révélations étaient dangereuse pour la stabilité politique du satellite.

Elles avaient quand même oublier que leur frère était un gun dam pilote et indéniablement le cerveau, que son petit ami était aussi un pilote de gun dam ainsi que ses deux meilleurs amis. Qu'attaquer de front des gun dam pilotes, les armées de Oz ni avaient pas suffit.

Quatre parce que c'était ses sœurs allait le faire en douceur, parce que c'était des traîtresses serait implacable.

--------------------

La traque a été méthodique, patiente. Les pièges habilement posés, il s'agissait des sœurs de Quatre après tout, la stratégie semble couler dans leur veine. Je crois que Quatre avait des doutes sur certaines, mais quand tout fut découvert, je pense qu'il a été surpris. Sur Sarah qui s'est finalement révélée hors de cause alors qu'ouvertement c'est une des plus critiques, mais c'est peut être aussi une face de sa terrible honnêteté mais aussi de ses peurs secrètes. Je crois qu'il a souffert pour Jamela, la petite dernière, celle qui n'a qu'un an de plus que lui, la plus proche. Elle qui avait partagé ses jeux, la souffrance d'avoir perdu une mère trop tôt…Je pense qu'à 21 ans elle est encore très influençable par ses sœurs mais aussi son mari, prince d'un Etat minuscule sous la houlette de Quatre, faussement traditionaliste aussi ambitieux que sa bêtise. Nous avons identifié les six avec certitudes. Sarah et d'autres avaient apparemment constitué un embryon de résistance. Cinq de ses sœurs n'étaient pas au courant, mariées ou poursuivant des études au loin.

Elles ont perdu leurs postes, se trouvant exilées dans des contrées éloignées sous divers prétextes. Jamela a quitté son mari. Ce dernier a perdu la vie quelques mois après dans un accident de navette dû à une défection des systèmes d'alimentation des réacteurs.

Ce n'est pas Quatre qui est à l'origine de cet accident. Il sait, il ne peut que savoir au fond de lui.

Ceux qui s'attaque à mon amour, notre amour je les éliminerais sans pitié.

Je l'aime jusqu'à en mourir, jusqu'au meurtre.

Je n'ai pas d'excuse. Je suis et je resterais toujours un assassin. Et je tuerais à nouveau si besoin il y a.

La guerre nous a coupé irrémédiablement en deux .

côté pile, Triton bloom, côté face Trowa Barton.

Côté pile t'aime avec douceur/côté face t'aime à la folie

Je t'aime