Bonjour tout le monde, ça faisait un bail !

Sous vos yeux ébahis et un peu circonspects, un nouveau chapitre !


— Fut un temps, Madara Uchiha n'avait aucune faiblesse.

La voix de Tobirama Senju vibra dans le petit salon du deux-pièces qu'il possédait à Konoha. Elle était stable et profonde, hyper concentrée pendant que l'homme s'attelait à sa tâche, une observation minutieuse de la salle de restaurant où Madara et son neveu dînaient.

Le voyeurisme ne dérangeait pas Killer Bee, que ce soit à des fins masturbatoires ou journalistiques. Il se demandait un peu laquelle des deux options guidait les gestes de Senju, puis trancha pour un savant mélange entre les deux quand l'ex-flic s'arracha à sa contemplation pour lui lancer un regard s'assurant qu'il était attentif.

— Ce fut la seule erreur de ma carrière. J'ai cru un instant que son petit frère était le point sensible de Madara. Sans doute avais-je raison, mais j'ai commis l'erreur de penser qu'être le maillon faible de Madara le rendait faible en lui-même. Je me suis laissé aveugler. Izuna Uchiha n'est pas faible.

Le journaliste hocha la tête et Tobirama referma le rideau, revenant vers la table pour sortir le sachet de thé qui infusait dans sa tasse, le posant sur une coupelle à proximité. Après avoir avalé une gorgée, il releva les yeux vers Killer Bee.

— Qui est Izuna Uchiha ? interrogea-t-il d'un ton professoral.

Bee redressa son échine et ses lunettes, malgré lui nerveux. Son coéquipier du moment lui avait fait apprendre une liste d'éléments à connaître à propos du clan Uchiha et un chapitre entier était consacré au bras droit de Madara. Aussi, le journaliste savait à présent énoncer sans trembler sa taille de chemise, sa pointure, le nom de ses conquêtes et de ses victimes, son parcours de vie et chacune des bifurcations qui s'étaient présentées à lui.

Quelque part, très loin derrière tout le dégoût des actions du parrain et de son frère, Bee devait bien reconnaître qu'il était assez admiratif de la droiture avec laquelle ils s'étaient tous deux engagés dans la voie du mal. Ils avaient eu bien des possibilités de faire machine arrière et ils n'étaient pas réellement acculés ou forcés à faire ce qu'ils faisaient – contrairement à ceux qui avaient éprouvé des remords et dont Killer Bee connaissait les noms, la taille de chemise, la pointure de chaussures, les conquêtes et les méfaits.

— En plus d'être le bras droit de Madara depuis toujours, Izuna Uchiha est un ancien de l'armée, où il a fait ses premières classes, récita Bee. S'il n'est pas faux d'affirmer de Madara qu'il a une aversion pour les armes à feu, son cadet, lui, n'hésite pas à s'en servir. Il est sans pitié et tue aussi bien l'arme au poing qu'à mains nues.

Il hésita, mordilla sa lèvre puis fronça les sourcils.

— C'est lui qui t'a fait les cicatrices sur ta face. Comment est-ce arrivé ?

Par réflexe, Tobirama effleura les trois cicatrices sur son visage.

— Avec un couteau de chasse, répondit-il avec aigreur.

Izuna avait eu la volonté de marquer Tobirama comme étant la propriété de son frère. Depuis toutes ces années, l'ex-flic était marqué comme némésis de Madara Uchiha, un ennemi que le parrain voulait anéantir en personne.

— Revenons à nos occupations, recadra-t-il quand il vit Killer Bee ouvrir la bouche pour poser davantage de questions. Fut un temps, Madara Uchiha n'avait aucune faiblesse. Son point sensible était un homme qui le suivrait jusqu'à la mort, fort et impitoyable, forgé à l'image de l'aîné, sans cœur et sans sentiment.

L'ancien policier se fendit d'un sourire extrêmement satisfait en s'appuyant contre le dossier de son canapé.

— Mais à présent, ronronna l'homme, Madara a une faiblesse : ce neveu qu'il aime tendrement et qu'il tient à l'écart de ses activités. Le point faible de Madara, c'est Itachi Uchiha. Pour détruire Madara, il faut détruire son lien avec Itachi.

Bee referma sa bouche aussi sec.

Il n'avait pas envie de détruire Madara Uchiha, lui.

Il souhaitait seulement gagner un prix de journalisme et prouver au monde entier que le porno avait un rapport avec les grandes affaires de ce monde. Il voulait s'assurer qu'Akatsuki Productions n'avait rien à voir avec du trafic d'êtres humains. Que Madara Uchiha continue à vendre de la drogue, à exporter des médicaments de contrebande ou qu'il se lance dans le trafic d'armes n'avait pas grand-chose à faire avec ses affaires et n'était clairement pas son problème.

Il se tortilla de malaise pendant que Senju sirotait son thé avec un air victorieux sur le visage.

Finalement, il aurait peut-être mieux fait d'écouter l'inspecteur Uzumaki, son frère, et même Yugito qui lui disaient de rester loin de tout ça, parce que ça pourrait réellement mal finir.

Pour autant, il écarta bien vite cette pensée, déterminé à suivre Tobirama jusqu'au bout. Quitte à faire une bourde, autant la faire avec panache, et Bee n'était pas du genre à revenir sur sa parole.


Indifférent à la musique qu'Itachi avait choisie, la laissant résonner dans tout l'appartement pendant qu'il faisait ce qui paraissait être dix mille choses en même temps, Nagato exhala un soupir. Son regard se perdait dans le vide, fixant un point invisible quelque part entre le meuble de la télévision et lui.

Avachi dans le canapé, plongé dans des pensées qui l'avaient agrippé quand il avait vu la date, il jouait négligemment avec son alliance.

Le temps passait à une vitesse effarante et sans qu'il s'en rende compte, cela faisait déjà une année entière qu'il vivait au 1301 de la résidence Phénix. Une année composée de drames, de disputes et de moments impérissables.

Un an auparavant, Konan lui annonçait son désir de faire une pause. Et une année plus tard, il était en bonne voie de guérison. S'il ressentait toujours de la colère envers elle, c'était plutôt parce qu'elle avait manqué d'honnêteté avec lui, refusant d'admettre qu'il y avait un autre homme – qu'il y avait Yahiko.

Un an auparavant, son existence basculait. Et le bilan était facile à dresser : sa vie s'était améliorée. Son travail était toujours frustrant, il souffrait encore de la trahison de son meilleur ami, mais certaines choses avaient considérablement enrichi son quotidien.

L'une de ces choses émergea de la chambre du fond, torse nu, un tee-shirt à la main, et finit par apparaître dans son champ de vision, le forçant à papillonner des cils.

— Tu te sens bien ? demanda Itachi.

Malgré lui, Nagato prit du temps pour croiser son regard, s'attardant sur la peau sans défaut du torse qui apparaissait devant lui. Quand il rencontra enfin les yeux bruns et inquiets d'Itachi, Nagato sourit, rattrapant son alliance pour l'abandonner sur la table basse.

— Je vais bien, répondit-il. Tu sors ?

— Je vais au cinéma avec Hinata, confirma l'acteur. Tu veux venir avec nous ?

Il refusa d'un mouvement de tête, sortant difficilement de sa torpeur pour se remettre debout pendant qu'Itachi enfilait finalement son tee-shirt, ébouriffant ses cheveux qu'il lissa du plat de la main sans grand succès.

— Zut, commenta-t-il, j'aurais dû me coiffer après m'être habillé. Je suis bon pour recommencer. Tu as prévu quelque chose, ce soir ?

— Je vais dîner avec Zetsu et Kaguya. Si vous le souhaitez, rien ne vous empêche de nous rejoindre, Hinata et toi. Nous allons chez les Akimichi, tu sais, ce restaurant sur la place du palais.

Itachi hocha la tête, puis commença à se détourner pour retourner devant son miroir et arranger ses cheveux.

— Pourquoi pas ? Je proposerai à Hinata, je te tiens au courant par textos.

Ils se séparèrent au pied des escaliers, chacun rejoignant sa chambre.


Si Nagato n'avait pas été assourdi par les lourdes basses qui crachaient un rythme frénétique, il aurait probablement grimacé au ton de sa voix, misérable et incrédule, qui murmura un « mais qu'est-ce que je fous là ? » désespéré.

Le carré VIP de la boîte dans laquelle il avait échoué était confortable, à n'en pas douter. Les banquettes étaient moelleuses à souhait et de l'alcool de qualité coulait à flots. Le champagne lui tournait délicieusement la tête, et la seule source de son embarras était sa solitude sur le canapé confortable.

Plus loin, sur la piste, Itachi dansait. Il était juste assez éméché pour laisser un sourire creuser une fossette sur sa joue, sa joie rayonnant et illuminant l'entièreté de son être. Sakura était près de lui, partageant cette chanson et quelques pas de danse avec lui, mais Nagato la voyait à peine, ébloui par la beauté de son colocataire.

Plus loin, sur la piste, Itachi dansait. Et, ne pouvant détacher ses yeux de lui, Nagato ne parvenait pas à réellement regretter d'être venu, au moins pour la fascination que ce spectacle envoûtant exerçait sur lui.

Nagato remarqua à peine quand quelqu'un s'installa près de lui, se resservant un large verre avec le soupir épuisé d'une personne qui a mis toute son énergie sur la piste.

— Faut que vous sachiez quelque chose, quand même.

L'entrée en matière de Deidara parvint à peine à arracher Nagato à sa contemplation, mais il se força à reporter ses yeux sur l'avocat qui s'était installé à sa gauche.

— Hm ?

— Il lâchera pas le X. Itachi, précisa Deidara en roulant des yeux devant l'air perplexe de Nagato. Il lâchera jamais le X, il aime trop ça. Vous êtes pas du même monde, tous les deux.

— Je ne le lui demande pas, répondit l'inspecteur avec une moue sur le visage. Nous ne sommes pas ensemble et–

— Oui, précisément, c'est ce qui m'inquiète, inspecteur, interrompit Deidara. Vous ne lui demandez pas parce que vous n'êtes pas ensemble. Et quand vous le serez ? Lui demanderez-vous ? Il dira non. Et s'il accepte, il sera malheureux à crever.

Les mots de Deidara se frayèrent un chemin jusqu'à l'esprit troublé de Nagato qui, finalement, choisit de rester assis. Il secoua la tête et se tourna vers l'avocat.

— Vous n'envisagez pas une seule seconde que je puisse ne pas le lui demander, n'est-ce pas ?

— Pas une, confirma Deidara dans un hochement de tête. Et c'est un point de vue qui se tient. Vraiment, je comprends, je suis assez possessif et je n'aimerais pas vraiment que mon mec aille voir ailleurs, même pour le boulot. Rappelez-vous juste que ce gars, là, a renoncé à l'empire financier Uchiha et aux Sharingan Industries pour le porno. Donc il vous choisira pas.

Nagato renifla avec humeur, sans prendre la peine de nier une quelconque relation entre son colocataire et lui. Il s'apprêta à répliquer sans trop savoir quoi, mais la vibration de son téléphone attira son regard quasiment instantanément.

Le léger grisement qu'il ressentait à cause de l'alcool disparut immédiatement quand il remarqua que le message provenait d'Ino et il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour parvenir à se concentrer sur le contenu du texto.

« J'ai besoin de te parler. J'ai quelque chose pour toi. »


Ino gravit les marches qui séparaient le rez-de-chaussée de l'Hagi et le bureau dans lequel elle passait la plupart de son temps quand elle n'était pas avec un client. Son cœur cognait fort contre ses tempes et, lorsqu'elle franchit le seuil, elle soupira de soulagement.

Puis elle sursauta quand une voix la saisit au vol, l'entraînant dans une volte-face pour diriger son attention vers le canapé du bureau.

— Bonsoir, Ino.

Izuna Uchiha attendait apparemment son retour depuis un moment. Il avait posé sa veste au travers de l'accoudoir du canapé et, les jambes croisées, les mains installées sur ses genoux, il lui offrait un visage dépourvu de la moindre émotion.

Mais Ino était plus qu'habituée aux visites impromptues de l'homme le plus dangereux du monde après Madara. Il était chez lui, à l'Hagi, tout autant qu'elle. Il ne lui fallut qu'une poignée de secondes pour se ressaisir et parvenir à calmer son cœur qui dansait un rythme endiablé dans sa poitrine.

— Monsieur, salua-t-elle en faisant demi-tour pour fermer la porte du bureau.

Les échanges entre Izuna et elle étaient mieux quand ils demeuraient de l'ordre du privé. Personne n'avait besoin de savoir ce qui se tramait dans le bureau lorsque Monsieur venait la saluer. Il finit par se relever, ajustant sa tenue, tirant sur le gilet de costume et la chemise pour les remettre en place. Les plis formés par le holster de son arme ne lui ôtaient rien de son élégance effrayante.

Il finit par la rejoindre à mi-chemin, pénétrant dans son espace vital pour tendre les doigts et caresser sa joue du revers de sa main. Elle trembla sous le contact et releva les yeux pour croiser le regard de l'homme.

— C'est fait ? demanda-t-il.

— Oui, grogna-t-elle.

Elle recula d'un pas et le contourna pour aller s'appuyer contre le bureau, croisant des bras boudeurs sous sa poitrine. Le mouvement tendit le tissu de son cache-cœur et les yeux d'Izuna quittèrent son visage pour s'attarder sur sa poitrine. Elle n'y prêta aucune attention.

— Bien sûr que c'est fait. Pour qui tu me prends ?

Il sourit avec douceur et cessa enfin de contempler la poitrine d'Ino, revenant près d'elle pour s'appuyer contre le bureau à son tour.

Leurs regards se percutèrent un instant, mais elle finit par détourner le sien, portant des mains tremblantes et fatiguées à son visage.

— Je déteste ça, grommela-t-elle, sa voix étouffée par ses doigts.

— Je sais. Et si ce n'était pas nécessaire, je ne te l'aurais pas demandé.

— Parce que tes hommes ont merdé et ont buté un flic, je me retrouve à devoir trahir un ami, explosa-t-elle.

Elle se décolla du bureau et commença à faire les cent pas, frénétique.

— Ce que tu as fait pour moi, je pourrai jamais l'oublier et je te suis redevable à vie, pour ça, clarifia-t-elle. Je ferais tout ce que tu me demanderas. Je te dois quasiment tout ce que j'ai aujourd'hui.

— En effet, approuva-t-il en la contemplant pendant qu'elle cheminait le parquet du bureau à une allure rythmée.

Quand elle s'arrêta finalement, ses bras retombant mollement le long de son corps, elle lui tendit une figure chiffonnée par la peur.

— Mais tu me promets que ce que j'ai fait ne le fera pas tuer ?

Izuna soupira et fit claquer sa langue.

— Femme, je ne peux pas te faire une telle promesse. Sa survie dépend de lui, pas de moi. Si Uzumaki reste hors de mon chemin, il vivra.

Et sinon, il mourra. Le sous-entendu fit déglutir Ino qui hocha la tête, priant de toutes ses forces pour que Nagato se montre raisonnable, cette fois.


Quand l'horloge de son ordinateur afficha qu'il était plus d'une heure du matin, Yahiko soupira à s'en fendre l'âme, sa complainte bruyante résonnant dans le bureau qu'il partageait avec ses hommes.

Kakashi avait été le dernier à partir. Yahiko l'avait enjoint à rentrer chez lui quand son second avait commencé à ne plus pouvoir retenir ses bâillements, et Kakashi avait obéi avec difficulté, s'assurant plusieurs fois que son supérieur était certain de vouloir rester seul.

Ils avaient reçu un tuyau très insatisfaisant et qui sentait la tentative de diversion à plein nez, mais le commissaire avait insisté pour qu'ils explorent tout de même, parce qu'ils n'avaient rien d'autre et que les médias commençaient à s'impatienter, comme le pouvoir politique en place.

Le commissaire n'avait jamais hésité à redistribuer la pression qui pesait sur ses épaules et celle qu'il subissait depuis que l'agent Lee était mort dépassait l'entendement. Le gouvernement voulait un coupable. Et n'importe lequel ferait l'affaire, tant qu'il pouvait être mis au pilori sur une place publique, expliquant à la population que tuer un flic était impardonnable.

De la poudre aux yeux, voilà ce que c'est, maugréa Yahiko dans son esprit.

Parce que, même s'ils parvenaient à arrêter un coupable, ou quelqu'un qu'ils pourraient accuser avec des preuves plus ou moins crédibles, plus ou moins directes, le message ne serait pas le bon.

Mentir aux populations était nécessaire pour préserver un climat de calme et de confiance.C'était beaucoup plus facile de maintenir l'ordre et de coincer des criminels quand la majorité avait foi dans le système qui la protégeait. Cette confiance se bâtissait principalement sur l'idée fausse qu'un méfait ne pouvait pas rester impuni et que personne ne pouvait bénéficier de passe-droits.

Tuer un agent de police était un crime contre la personne et contre l'état. Pire encore, le meurtre d'un policier menaçait la sécurité de la majorité et plus la réponse étatique tardait, plus les populations étaient nerveuses. Donc il fallait un coupable.

Et le tuyau qu'ils avaient reçu en désignait un parfait. C'était crédible et cohérent. Monté de toutes pièces, hurlait l'instinct de Yahiko.

Mais plus il enquêtait, plus il amassait de preuves, de mobiles et tout pointait en direction de Kara, une organisation de malfrats mineure qui occupait beaucoup plus la Crim' que l'unité de lutte contre le grand-banditisme.

Et c'était trop facile. Le jeune Hyuuga leur avait descendu tous les dossiers que la brigade criminelle avait sur Kara et Yahiko avait confié à Tenzo et Kakashi le soin de les éplucher un par un pour accumuler le plus d'informations possible sur cette nouvelle organisation.

Et ça collait presque trop bien. Le modus operandi de Kara était copié sur celui de Madara, bien que beaucoup moins efficace et plus brouillon.

Mais cela expliquait les ratés de la descente qui avait eu lieu et qui avait conduit à la mort de l'agent Lee : une prestation peu maîtrisée qui tourne au désastre.

Yahiko refusait d'adhérer à cette théorie, cependant. Parce que c'était trop facile.

Il posa son stylo sur son bureau, regardant l'horloge de l'écran de veille rebondir d'un bord à l'autre de son ordinateur, happé par le mouvement hypnotique.

Quand il fit claquer sa langue, ce fut pour amorcer un geste et saisir sa veste, son doigt fusant pour éteindre l'écran de son ordinateur et ne plus voir cette horloge qui le narguait, lui rappelant sans cesse qu'il rentrait à la maison de plus en plus tard.

Il hésita un instant et quitta enfin le bureau, fermant la porte derrière lui. Le bruit étouffé de la centrale d'appels d'urgence avait un écho lointain qu'il ignora alors qu'il traversait le hall principal pour finalement sortir du commissariat.

Quand il parvint sur la chaussée, il eut la mauvaise surprise de découvrir Tobirama Senju qui, appuyé contre un arbre, les mains dans les poches, paraissait l'attendre puisque l'ex-flic se redressa en le voyant.

— Senju, grogna Yahiko en se renfrognant, rentrant sa tête dans son cou. Je peux pas dire que c'est un plaisir de vous voir sortir de votre retraite.

Tobirama souffla par le nez, attendant que le lieutenant soit à son niveau pour répondre.

— Si vous n'aviez pas l'indécence d'étaler votre incompétence dans les médias, peut-être n'aurais-je pas eu à revenir.

Le culot de l'homme fit tousser Yahiko qui lui retourna une œillade circonspecte.

— Ben voyons, répliqua-t-il en haussant un sourcil, mon incompétence. Venant de quelqu'un qui a échoué à stopper Uchiha toute sa carrière, ça ne me blesse pas trop.

Touché, pensa-t-il en observant le visage de Senju se chiffonner sous la remarque. Yahiko laissa un demi-sourire satisfait vibrer au bord de ses lèvres.

— Assez de politesses, lança-t-il en croisant les bras sur son torse. Vous êtes hors du coup, mon vieux. Rentrez chez vous et n'entravez pas le travail de la police.

Sans attendre de réponse, il commença à marcher en direction de chez lui, mais Senju ne tarda pas à le poursuivre, l'écho de ses pas résonnant derrière Yahiko jusqu'à ce qu'ils se retrouvent au même niveau.

Senju était bien plus grand que Yahiko et il était toujours aussi intimidant, avec ses cicatrices sur le visage. La morsure du couteau de chasse qui avait entaillé les muscles faciaux de l'ex-officier lui avait également retiré une palette importante d'expressions et rendait l'homme figé et froid à l'extrême. Sa diction, cependant, restait extraordinairement sèche et millimétrée, entretenant ainsi la forte impression qu'il pouvait faire à quiconque lui adressait la parole.

— J'ai des informations, claqua Senju, et je n'ai pas l'intention d'agir seul.

Yahiko cessa immédiatement de marcher, faisant volte-face en direction de son prédécesseur.

— Qu'est-ce que vous avez fait, encore ?

Senju haussa un sourcil, un sourire carnassier se dessinant sur ses lèvres.

— Rien d'illégal. Intéressé ?

Et c'était difficile de dire non, même si ça provenait d'une personne aux contours moraux mal dessinés. Mordillant sa lèvre inférieure, Yahiko finit par hocher la tête.

Senju tâtonna ses poches et finit par en sortir un morceau de papier qu'il tendit au lieutenant.

— Rendez-vous demain soir, à vingt heures trente. On pourra discuter.


Ça a mis le temps, mais je jure que je la finirai, celle-là !