Bonjour à tout le monde. Vous allez bien ? Vous vous êtes remis du chapitre extrêmement court de la semaine dernière ? Non ? Ah ... bon, d'accord, je vous donne un chapitre un peu plus long cette semaine alors !

Bonne lecture à tous !


Ce fut un gémissement qui attira l'attention du magicien gris. La plainte n'était pas forte, peut-être même qu'un humain normal ne l'aurait pas entendu. Mais cela avait été suffisant pour lui.

Le vieil homme s'était alors levé de la bûche sur laquelle il s'était assis pour se reposer. Il aimait parcourir les terres, découvrant de nouvelles choses, de nouvelles personnes. L'apprentissage et la transmission du savoir étaient deux choses qu'il chérissait. Cela, il le tenait lui-même de son maître, celui qui lui avait appris tout ce qu'il savait sur la magie.

Son cheval hennit de peur quand son cavalier se leva. Le magicien fronça les sourcils, surpris, et intrigué par cette soudaine réaction. Son fidèle destrier avait toujours été d'un naturel calme et docile. Le voir s'énerver ainsi, pour une raison qu'il n'avait pas encore découverte, l'inquiétait quelque peu.

Le gémissement se fit à nouveau entendre. L'homme s'approcha des buissons, ignorant sa monture qui s'était à présent mise à piaffer, comme effrayée par la créature qui se faisait entendre.

Le magicien écarta les branches basses et lâcha une exclamation de surprise, reculant même sous l'étonnement.

Il s'avança de nouveau, écartant les branches et les feuilles. Là, se trouvait un enfant. Il ne devait pas avoir plus de cinq ans. Roulé en boule, le petit tenait le magicien à l'œil, se méfiant très clairement de l'inconnu qui venait de le découvrir. Ses cheveux bruns étaient longs et emmêlés, des brindilles s'étant coincées dans les innombrables nœuds. Mais surtout, peut-être est-ce aussi cela qui l'avait surpris au premier abord, l'enfant n'avait aucun vêtement pour cacher sa nudité. Il ne grelottait pourtant pas, bien que l'hiver ne tarderait pas dans cette partie de la région. Autre fait pour le moins étrange, il n'y avait aucun adulte. L'enfant était absolument seul. Le magicien n'avait vu aucune trace de passage récent. Il n'y avait que cet enfant, laissé à son propre sort.

Attristé par la solitude de ce petit être, l'homme tendit la main pour le prendre contre lui, lui offrant ainsi un abri.

L'enfant retroussa les lèvres sur une dentition étonnamment blanche et parfait pour un petit abandonné. Seules ses canines étaient un peu plus longues. Le bambin grogna, avertissant l'homme de ne pas approcher plus.

Cependant, le magicien tendit encore la main, bien décidé à aider cet enfant.

Le petit bondit, ses dents se refermant sur la main parcheminée avec détermination. Le vieil homme étouffa un cri mais ne fit rien pour déloger l'être effarouché. Il se doutait qu'il resserrerait son emprise si jamais il cherchait à se dégager, tout comme les chiens sauvages.

À la place, le magicien prononça des paroles douces, rassurantes, comme le ferait un parent après que son enfant ait fait un cauchemar. Sa voix ne dénotait aucune douleur pour mettre l'enfant en confiance.

-Tout va bien, ne t'inquiète pas. Je ne te ferais aucun mal. Tu n'as pas à avoir peur, murmura-t-il.

Peu à peu, l'enfant comprit que le plus âgé n'était pas là pour le blesser. Il desserra les mâchoires et le vieil homme put récupérer sa main. Mais il ne se dégagea pas totalement pour autant. Le mouvement brusque pourrait affoler l'enfant qui attaquerait à nouveau.

L'enfant s'éloigna quelque peu, le gardant à l'œil et montrant encore parfois les dents. Le magicien remarqua alors que le petit se tenait à quatre pattes. Un autre fait lui sauta également aux yeux. Dans l'action il ne l'avait pas remarqué, mais l'enfant, qu'il prenait pour un garçon, était en fait une petite fille. L'horreur se fit plus grande dans l'esprit du magicien. Quel être censé pourrait abandonné ainsi une fillette dans une contrée reculée, à un âge si jeune et sans aucune protection ?

Un grognement se fit entendre, plus profond. L'homme sourit. Garçon ou fille, cela importait peu, cette enfant avait faim. Il alla fouiller dans ses sacs et en ressortit un morceau de viande séchée. Il le posa dans son écuelle avant de la pousser vers la petite, le plus loin possible de lui.

La fillette renifla le morceau de viande, se méfiant de ce qu'on lui donnait, mais pas assez pour refuser une pitance. Elle le prit du bout de dents et s'éloigna un peu, comme un animal sauvage qui hésitait à se faire apprivoiser.

Depuis la souche, où il s'était rassit, l'homme observait l'enfant. Même d'un peu loin, il pouvait compter tous les os de la petite. À la vue de son comportement sauvage et sa maigreur effrayante, il pouvait en déduire qu'elle avait été abandonnée il y a déjà longtemps. Peut-être même qu'elle ne savait pas encore marcher à cette époque-là. Après tout, elle se déplaçait à quatre pattes et ne semblait communiquer que par grognements. Elle ne devait pas avoir un an quand elle s'est vue confier à la nature pour seule tutrice. Et la terre peut être bien mauvaise mère pour une enfant abandonnée.

Sa décision prise, il apporterait cette enfant au maître de son ordre. Lui saurait probablement quoi faire. Il avait déjà vécu bien des choses et était bien plus instruit que lui qui ne faisait que sillonner les terres.

Mais pour cela, encore fallait-il gagner la confiance de la fillette.


-Gandalf, s'étonna un vieil homme tout de blanc vêtu. Que me vaut donc la surprise de votre visite ?

Le magicien gris s'inclina devant son mentor, qui lui répondit par un sourire en inclinant la tête, et montra le paquet qu'il tenait contre lui. Lovée en son sein, une fillette somnolait.

Saroumane haussa les sourcils de surprise. La fillette était d'une maigreur alarmante, mais en dehors de cela, l'homme était surtout intrigué par cet étrange fardeau que son condisciple venait de ramener à la tour blanche.

Il avait fallu de longs jours, voire même des semaines, avant que Gandalf puisse enfin ne serait-ce qu'approcher la petite abandonnée. Quand elle avait compris qu'il la nourrissait, elle s'était montrée moins hostile, acceptant plus facilement la main tendue, et la viande au bout. Au fond de lui, le magicien en avait été heureux. Il avait dû faire preuve de beaucoup de patience, mais le jeu en valait la chandelle.

À force de la côtoyer, Gandalf s'était même attaché à cette enfant sauvage. Elle acceptait d'ailleurs de dormir sous une couverture pour rester au chaud la nuit. Mais elle refusait tout vêtement qu'il avait tenté de lui faire enfiler, sans parler des bottes.

Malgré ce rapprochement, elle avait gardé un côté sauvage.


Je n'ai jamais dit qu'il était BEAUCOUP plus long hein ! Bref, j'espère que ce chapitre vous aura plus. Avec ce chapitre, vous aurez découvert les trois lignes temporelles de la fanfic, maintenant, il ne vous reste plus qu'à découvrir les autres chapitres et comprendre tout ça !

Bonne semaine et à mardi prochaine !

Sur ce ...

Angel.