En arrivant au bunker le lendemain, Kerensky découvrit la liste de suspects potentiels que son programme lui avait sorti. Elle était beaucoup moins importante que ce à quoi il s'attendait. Il envoya un fax de tous les portraits de ces gens aux policiers qui s'occupaient de l'affaire au Togo. Il leur demanda de montrer les photos à la mère de Komi. Avec de la chance, l'homme qu'il recherchait était bien dans le lot. La réponse ne lui parviendrait pas tout de suite alors, pour patienter, il entreprit de faire une recherche sur le casier judiciaire de toutes les personnes dont il avait le nom.
Largo devait participer à l'inauguration de la nouvelle aile d'un des musées de la ville en début d'après midi. Joy lui avait parlé de ce qu'avait découvert Kerensky en Afrique mais elle n'avait pas pu le renseigner sur le résultat des recherches car elle l'ignorait, n'étant pas passée au bunker de la journée. C'est pourquoi ils y passèrent avant de se rendre à la cérémonie officielle. Kerensky les briefa rapidement.
- J'ai vérifié le casier judiciaire de la moitié des personnes de la liste.
- Et ça a donné quelque chose ?
- Oui. Je suis maintenant en mesure de te dire que bon nombre de vos compatriotes ne payent pas leurs contraventions !
- Kerensky, vas droit au but, le réprimanda Joy, nous n'avons pas toute la journée !
- Entendu chef ! Pour l'instant j'ai six hommes qui ont un casier plus chargé que les autres. J'ai quatre bagarres : trois dans des bars et une à la sortie d'un cinéma, une escroquerie à l'assurance et un délit de fuite. Par quoi est-ce que je commence ?
Il leurs donna le nom des six hommes et ce qu'ils avaient fait. Largo ne connaissait aucune des personnes impliquées. On ne pouvait pas avoir de la chance à tous les coups !
Ils filèrent ensuite à l'inauguration.
A la fin de la journée, tous les membres de l'Intel Unit étaient réunis dans le bunker. Le Togo leur avait envoyé une réponse. Monsieur Jonathan Williamson avait été désigné comme étant le commanditaire.
- Alors, SuperKerensky, qu'est-ce que tu nous as trouvés sur ce bonhomme ? Demanda Simon.
- C'est un citoyen respectable qui paye ses impôts. Il est vigil dans un centre commercial ici même, à New York. Par contre, il a un casier. C'est le type qui s'est battu devant un cinéma. D'après ce qui est inscrit sur le rapport de la police, il a rencontré son ex-femme avec son nouveau petit copain qui sortaient du cinéma, il a vu rouge et a cassé la figure au gars. Le petit copain a retiré sa plainte au bout de deux jours.
- Et qu'est-ce que j'aurais bien pu faire à ce Williamson pour qu'il ait envie de me tuer ?
- Ca à l'air d'être un jaloux. Peut être que tu as fais du rentre dedans à sa dame ! Plaisanta Simon.
- Sûrement pas, je ne sors jamais avec une femme mariée. C'est une question d'éthique : pas de mineures et pas de femmes mariées. D'autant plus que je ne connais pas de madame Williamson.
Kerensky et Joy échangèrent un regard. Peut être que Simon avait mis le doigt sur quelque chose. Le Russe se mit aussitôt à pianoter sur son clavier.
- Bingo !
- Qu'as-tu trouvé ? Voulut savoir Simon.
- Sur l'acte de divorce de Williamson il est écrit que sa femme, ou plutôt son ex femme, ne souhaitait pas conserver son nom de mariage. Et devinez un peu quel est son nom de jeune fille !
- Accouche Kerensky, on jouera aux devinettes plus tard.
Décidément, Joy n'était pas très joueuse !
- Bon ! A la demande générale : Douglas. Elle s'appelle Lucinda Douglas !
- Lucinda ! S'exclama Largo.
Simon était aux anges. Il avait tout découvert avant même les deux espions de l'équipe !
- Tu vois mon pote, tu es bien sorti avec sa femme.
- Son ex-femme. Corrigea Largo.
- Et bien voilà. Nous avons un coupable et même un mobile, continua Simon. Que demander de plus ?
- Un coupable en prison. Lui répondit Joy.
Elle était écœurée par ce qu'elle venait d'apprendre. Komi était mort alors qu'il n'avait pas treize ans parce qu'un type n'acceptait pas que sa femme ait demandé le divorce !
Il avait été décidé qu'ils appelleraient la police plutôt que d'appréhender le coupable par eux même. Ce type était dangereux en ce sens qu'il était prêt à faire tuer les petits amis de son ex-femme, mais les policiers arriveraient à le coincer sans difficultés.
Ce qu'ils n'avaient pas prévu c'est que lorsque les policiers étaient venus pour l'arrêter, Williamson était sorti acheter le journal et qu'à son retour, voyant une voiture de flic en bas de son immeuble, il avait pris peur et s'était enfui sans demander son reste.
Une semaine après il était toujours introuvable malgré l'avis de recherche émis par la police et les moyens technologiques dont disposait Kerensky. Tout ce qu'on savait c'est que le jour de sa disparition Williamson avait retiré tout l'argent qu'il avait en banque. Il pourrait donc tenir un long moment caché.
