Bonjour à tous !

Et voici donc le chapitre 12, déjà ! L'année touche à sa fin, mais réserve encore ses ultimes surprises !

Bonne lecture !


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La fin du mois de mars passa tranquillement pour céder sa place au mois de mai et avec lui le retour des jours plus chauds. Les équipes de Quidditch semblèrent en profiter car bientôt Will passa presque toutes ses fins d'après-midi en entraînement. Les filles aussi passèrent davantage de temps dans leur clubs respectifs, et Harry se retrouva souvent seul. Bien sûr, il passait beaucoup de temps avec Daphné et il adorait ces moments-là. Daphné et lui avaient reçu la même éducation et se comprenaient parfaitement. Et puis pouvoir passer une petite heure dans un placard à balais en tête à tête avec une jeune femme blonde aussi belle ne gâchait rien. Mais Harry aimait tout autant l'humour piquant de Daphné et sa discrétion. De son côté, il essayait d'être le plus disponible possible et partageait souvent quelques-unes de ses découvertes avec la jeune sorcière. Mais quand celle-ci était occupée par un de ses clubs et qu'il se retrouvait seul, il allait la plupart du temps s'entraîner, la compétition de Duel ayant prouvé qu'il avait encore beaucoup de lacunes. Il passa donc la plupart de son temps libre entre Daphné et ses salles d'entraînements, parfois les deux en même temps. Il passa également de nombreuses heures à comprendre comment révéler les secrets du carnet qu'il avait hérité de son grand père, mais à sa plus grande frustration toujours sans succès. Il vit aussi traîner Scorpius dans quelques recoins sombres du château mais ses dernières paroles incompréhensibles ne l'aidaient pas à comprendre ce qu'il attendait de lui. Il avait tenté de le suivre avec beaucoup d'espoir depuis sa chambre à l'aide de la carte du maraudeur, mais à son plus grand chagrin, il le voyait disparaître sans laisser aucune trace dans des recoins qui ne comportaient pourtant aucun passage secret à sa connaissance. Et il ne désirait pas vraiment tenter une approche plus directe de ce personnage aussi dangereux que mystérieux. Il semblait d'ailleurs que Draco avait adopté la même aptitude envers lui car ni lui ni son groupe ne l'avait l'approché depuis plusieurs semaines. Finalement, la routine s'installa rapidement et le temps défila à toute vitesse.

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Alors que le mois de mai allait toucher à sa fin, un évènement brisa quelques temps la monotonie de la salle commune de Serpentard.

Harry descendait des dortoirs et fronça des sourcils en voyant qu'une troupe s'était assemblé au niveau d'un des murs habituellement vierges de la salle commune. Cette-fois cependant, une inscription semblait graver dans la pierre et de nombreux murmures l'accompagnait. S'approchant, Harry put finalement lire ce qui y était inscrit :

« Les petits jeux contre les premières années ont toujours été distrayants. Quoi de mieux pour les motiver à apprendre et grandir ? Mais le jeu a ses limites. Toute agression injuste envers les plus jeunes sera sévèrement punie. »

Harry fronça les sourcils :

« Qu'est-ce que ça veut dire ? s'enquit-il auprès d'un préfet de cinquième année qui se trouvait derrière lui et qui fixait le mur en secouant la tête.

- C'est le premier message de l'année, donc ça ne m'étonne pas que tu ne saches pas encore, répondit-il d'un air pensif.

Je suis sûr que tu as déjà entendu parler que certains élèves dirigeaient officieusement les autres maisons. Serpentard n'échappe pas à la règle. Mais contrairement aux autres, nos dirigeants restent dans l'ombre. Personne ne sait combien ils sont ni qui ils sont. Et parfois, quand ils l'estiment nécessaire, ils interviennent via message. Et gare à quiconque ne prend pas en compte ces avertissements.

- Et pourquoi ce message maintenant ? »

Le préfet haussa les épaules d'un air peu intéressé.

« Je suppose qu'il y a eu une agression ou que nos dirigeants veulent éviter des attaques ?

- Mais quand bien même tu en saurais plus, tu ne le dirais pas… » continua Harry.

Le préfet eut un petit sourire en coin avant de s'éloigner vers son groupe d'amis. Harry soupira devant la sortie mélodramatique du cinquième année avant de partir à la recherche de ses propres amis.

- Alors, tu crois que ça veut dire quoi ? » lui demanda Will qui venait de rejoindre Harry près de la sortie de la salle commune en passant un bras au-dessus de ses épaules. Mais le jeune Serpentard n'eut pas le temps de répondre qu'il entendit un toussotement.

« Dois-je me montrer jalouse ? Ou vexée ?

- Rien de tout cela, très chère. Ce malotru n'a ni votre charme, ni votre intellect, déclama Harry d'un ton pompeux tout en se dégageant de son ami pour retrouver Daphné qui se retenait de rire devant l'air scandalisé de Will.

- La flatterie vous fera aller loin Monsieur Potter, parvint-t-elle à articuler entre deux pouffements avant de l'embrasser rapidement.

- Vous êtes pas drôle, se plaignit Will en croisant les bras d'un air boudeur.

- Et toi Daphné, demanda Harry en ignorant les commentaires de son ami, que penses-tu de ce petit message que nos dirigeants ont laissé sur le mur ?

- Je n'aime pas vraiment ça. S'ils se sentent obligé de rappeler les règles de Poudlard, c'est que soit quelqu'un a dépassé les bornes mais que les profs n'ont pas réussis à l'incriminer, soit qu'une réelle vendetta contre les premières années allait être lancée et qu'ils font ce qu'ils peuvent pour l'empêcher.

- Je suppose que tu as raison. Quoi qu'il en soit, restons prudent… conclut Harry alors que Draco entrait dans la Grande salle avec sa bande et lui jeta un regard noir. Il n'avait pas toujours digéré ni le coup que lui avait fait Harry à la sortie de Pré-au-lard ni le fait que la sorcière qu'il convoitait se trouvait actuellement à son bras. De tous les prétendants de la jeune femme, c'était le plus véhément quand il s'agissait de se plaindre sur le choix de la sorcière. Daphné lui avait même raconté que Lucius Malfoy en avait touché deux mots à son père au ministère de la magie, émettant des doutes sur le bienfondé d'une telle relation. Andrew Greengrass lui avait alors fermement rappelé qu'il ferait mieux de s'occuper de ses affaires, et qu'il apprécierait que son fils en face de même. Autant dire que cela avait frisé l'incident diplomatique car si, contrairement aux Malfoy, la famille Greengrass ne siégeait pas au magenmagot, elle restait malgré très respectée dans les hautes sphères sociales.

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Ce soir-là, Harry et Daphné se retrouvèrent pour explorer le château ensemble. Le jeune Serpentard mena la marche en discutant tranquillement avec sa petite-amie et prit la direction du sixième étage. Là se trouvait un mystère qu'il ne parvenait pas à percer depuis désormais plusieurs jours. En effet, une très grande tapisserie composée entièrement de nuages sombres tourbillonnant dont filtraient à grand peine quelques rayons de lumière rougissant. Le paysage à peine révélé était effrayant, dévasté et parcouru d'étranges ombres noires qui flottaient dangereusement comme si la tempête ne les atteignait pas.

« Charmant… commença Daphné avec ironie quand elle vit où Harry l'emmenait. Tu sais, Harry, que de nombreux élèves ont peur de cette tapisserie et n'ose même pas passer dans ce couloir ? Tu m'avais habitué à des rendez-vous galants plus… romantiques.

- Je suis sûr que le défi que cette tapisserie représente t'amuserait bien plus qu'une balade sous les étoiles, répondit Harry en souriant.

- Et quel est le défi ? A part une tapisserie aussi moche qu'effrayante, je ne vois pas grand-chose ici…

- Ca, ma très chère Daphné, c'est parce que tu n'as jamais appris à regarder. »

Devant le haussement de sourcil gracieux de sa petite-amie, Harry lui tendit la main.

« Je vais essayer de te montrer. Je ne te garantis pas que ça marchera je ne me suis pas encore entraîné. »

Quelque peu méfiante, la jeune Serpentard se saisit de la main tendue. Harry, la ramena d'une pression contre lui et se colla à son dos pour qu'ils fassent tous deux face à la tapisserie.

« Ferme les yeux… murmura-t-il à son oreille tandis qu'il fermait les siens pour se concentrer. Comme il venait de le lire dans un livre qu'il avait « emprunté » à la bibliothèque de Poudlard, peut-être dans la section interdite, il s'immergea dans sa magie. Comme les milliers de fois qu'il l'avait fait auparavant, il sentit un grand calme l'envahir. Mais au lieu de se laisser aller dans ce sentiment de bien être très certainement renforcé par l'odeur tout particulièrement agréable de sa copine collée contre lui, il se concentra pour transmettre une partie de son don en Daphné. Il leva les bras et mis ses mains sur les yeux clos de sa belle Serpentard et laissa échapper une infime partie de sa magie en elle.

« Vide, caeci, oculos aperi ad profundam naturam, quae te circumdedit… psalmodia-t-il en latin, récitant le très vieux rituel qu'il avait appris lors de la lecture de l'antique tome. Il sentit aussitôt la pression mentale qu'exerça la magie sur son esprit, tandis qu'il combattait le flot torrentiel qui tentait naturellement d'échapper à son contrôle.

Ce processus, d'après le vieux manuscrit, pouvait être d'une extrême dangerosité si une trop grande quantité de magie forçait son passage en la belle Serpentard. Afin de limiter tout risque, Harry employait donc toute sa concentration pour qu'une infime partie seulement de sa magie ne s'échappe. En contrepartie, l'effet ne durerait surement que quelques secondes. Le combat, court mais intense, le laissa haletant et couvert d'une fine couche de transpiration.

« Ouvre les yeux maintenant… murmura Harry tandis que lui-même s'éloignait légèrement pour reprendre son souffle et observer Daphné.

Elle ouvrit lentement les paupières et sursauta aussitôt en écarquillant les yeux. Harry devinait pourquoi, bien sûr. Elle devait certainement observer la magie pour la première fois, comme un aveugle qui découvre le monde.

« Ouah… commença-t-elle, bouche bée en portant une main à ses yeux. C'est… c'est comme ça que tu vois ? demanda-t-elle en regardant partout autour d'elle.

- Seulement quand je me concentre, et je peux te dire, c'est épuisant. Au quotidien, je préfère largement la vision normale.

- Je peux comprendre… murmura-t-elle. Tout semble irréel, presque… et il y a clairement quelque chose derrière ce… ouah ! répéta-t-elle alors qu'elle se tournait vers Harry pour la première fois. Tu es… Comment dire ? Tu rayonnes Harry ! »

Le Serpentard ne put s'empêcher de glousser. Il comprenait parfaitement l'ébahissement de sa petite-amie. La magie, surtout en des lieux comme Poudlard, était lourde et puissante. Elle ressemblait à des nuages de filaments multicolores s'entremêlant en une danse infinie.

« Oui, toi aussi tu sais. Toutes les personnes qui possèdent de la magie sont comme ça. A moins de se concentrer pour ne rien laisser filtrer hors de son corps. Mais ça demande beaucoup d'entraînement… finit-il en se concentrant.

- Impressionnant ! Mais j'en vois encore ! » fît Daphné en pointant du doigt plusieurs endroits du corps d'Harry d'où s'échappaient encore des minces filaments de magie.

Harry fit une moue contrite.

« J'ai bien peur de ne pas encore être assez expérimenté pour me rendre totalement indétectable.

- Ah ! Enfin quelque chose que tu ne maîtrises pas ! le taquina Daphné. En tous cas, tout ça est vraiment…

- Oppressant ? Proposa Harry.

- On peut dire ça.

- On s'y habitue, répondit Harry en souriant.

- On ? demanda Daphné avec curiosité.

- Tu ne crois quand même pas que je suis le seul sorcier à savoir percevoir la magie ? Peut-être à notre âge, mais je suis absolument sûr que des sorciers du calibre de Dumbledore en sont parfaitement capables. C'est quelque chose d'inné pour certain, mais cela peut s'apprendre aussi.

- C'est… Daphné s'interrompit en fronçant les sourcils. C'est parti… »

Harry hocha la tête.

« Je suis surpris que ça ait duré aussi longtemps. Je ne peux pas partager trop de ma magie avec toi. C'est dangereux. En toute franchise, si ce que j'ai fait venait à se savoir, j'aurais certainement de gros ennuis.

- Comment-ça ? demanda Daphné dont le froncement s'intensifia.

- Si n'importe quel autre sorcier de notre âge avait tenté une telle expérience, cela aurait pu très mal se passer. Notre corps réagit très mal face à l'invasion d'une magie étrangère. Généralement, cela finit en en catastrophe. Ce n'est pas pour rien qu'on ne nous apprend pas même la théorie sur la manipulation de la magie brute avant la cinquième année.

-Et donc, tu as tenté ton expérience super dangereuse… sur moi ?

- Elle n'est dangereuse que quand on ne sait pas ce que l'on fait… tout est dans le contrôle de sa magie, répondit Harry avec un petit sourire supérieur qui fit soupirer sa petite-amie. Et puis, le jeu en valait la chandelle, tu ne crois pas ?

Enfin, assez parlé théorie, il est temps de nous mettre au travail. Nous avons un mystère à résoudre ! Et je suis certain que tu ne dirais pas non à un peu de magie… ? »

L'air rêveur que prit aussitôt Daphné ne fît que confirmer ses dires.

Bien plus tard dans la soirée, le couple dû s'avouer vaincu car aucun des deux n'avaient réussi à comprendre le mécanisme qui dissimulait le mystère de cette tapisserie. Ce n'est que le lendemain matin que Daphné, victime d'un mal de crâne terrible, regretta amèrement d'avoir autant sollicité Harry pour voir la magie…

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La fin d'année approchant, le spectre des futurs examens commençaient à planer au-dessus de la tête de tous les élèves. Les différents professeurs assommaient toujours plus les élèves de devoirs toujours plus longs et compliqués, et les leçons s'accéléraient désormais devant l'imminence des vacances d'été. Les cours de potions par exemple étaient presqu'exclusivement réservées aux révisions des différentes techniques de découpes et préparation des ingrédients. Ceux de métamorphose et de charme oscillaient entre apprentissage de nouveaux sorts et révisions des anciens. Seuls les cours de défense restaient amusants puisque le professeur Tyfdom avait décidé de faire quelques duels pour que les élèves se confrontent à nouveau mais cette fois avec les connaissances glanées tout au long de l'année. Autant dire que très peu d'élèves n'avaient osé confronter directement Harry…

Les examens arrivèrent finalement, et avec eux une difficulté si triviale qu'Harry était certain d'avoir réussi parfaitement les épreuves des matières principales. Depuis la phase finale des Duels, il ne lui servait plus à rien de cacher ses connaissances, aussi, s'il n'avait pas participé avec enthousiasme aux différentes classes, il avait arrêté de faire semblant de buter sur tel ou tel sortilège. Avec plaisir, il s'était rendu compte que quand ses professeurs s'apercevaient de son aisance ceux-ci trouvaient toujours un moyen intéressant de le pousser un peu plus loin dans la pratique de la magie, et le dernier trimestre avait été de loin le plus stimulant de l'année.

Harry regarda vers les hauteurs du château. Depuis le jardin où il se situait, il voyait clairement le ciel étoilé. La lune était dans son plus maigre croissant et sa faible lumière laissait paraître une voute céleste parfaite pour l'observation des constellations. Il faillit s'y perdre. Mais l'urgence de la situation le ramena sur terre. Il rentra dans le château en courant. A cette heure, il n'y avait pas la moindre personne, et ses pas résonnaient de manière inquiétante le long du hall om il se trouvait. Tant pis pour la discrétion, l'excitation l'emporta et Harry accéléra le pas.

Il se précipita en direction des escaliers les plus proches et commença sa course. Il ne maîtrisait pas encore la magie corporelle, mais il tenta, comme dans ses nombreux entraînements, à faire parcourir sa magie dans ses jambes. Comme s'il fallait être dans une situation réelle pour que cela fonctionne, il se sentit soudainement plus léger. Prenant à peine quelques secondes pour s'en réjouir, il accéléra encore davantage. Il prit un couloir à toute vitesse, ne faisant pas attention aux cris des portraits qu'il réveillait, et s'engouffra enfin dans un grand escalier en pierre. Il monta les marches quatre à quatre, volant presque au-dessus de la pierre. Il arrive bien plus rapidement qu'il ne l'aurait pensé possible au sixième étage et se stoppa net sur son grand palier. Il aurait pu se surprendre à ne pas être essoufflé, mais toute son attention était focalisée sur les bruits qui commençaient à se faire entendre. Des flashes de lumières éclairaient brièvement les murs au loin dans certains couloirs. Curieux, il s'approcha beaucoup plus doucement avant qu'un trait de lumière ne traverse le couloir et passe devant lui avant de s'écraser contre le mur, formant un trou et un mince filet de fumé…

D'un geste rapide, il sortit sa baguette. Il n'avait pas sa cape sur lui et se retrouvait à devoir compter sur ses simples talents de sorcier si la situation s'envenimait. Mais hors de question d'abandonner, il n'aurait qu'une seule chance pour découvrir ce que cachait la tapisserie des Ombres avant plusieurs mois...

La soirée avait pourtant bien commencé. Harry avait décidé de sortir seul dans la forêt interdite pour profiter de l'équinoxe d'été pour récolter plusieurs plantes qui fleurissaient exclusivement ce soir-là. En pleine récolte, il avait d'ailleurs failli tomber sur plusieurs professeurs qui semblèrent avoir eu la même idée que lui. Il avait dû sauter précipitamment derrière un arbre pour se cacher, et dans sa hâte, avait fait tomber le livret vert des Potter qui ne le quittait jamais. Il resta silencieux quelques minutes sans bouger en attendant que les adultes s'éloignent, puis se pencha pour ramasser le livre.

C'est alors qu'il s'aperçut qu'une des pages du carnet, pourtant toujours désespérément blanche, comportait une fine inscription effacée qui n'apparaissait que grâce au relief de la page sous la lumière de la lune. C'était un symbole composé d'un rond barré enfermé dans un triangle. Et Harry avait déjà vu ce symbole, sur la carte des Maraudeurs !

Pris d'une excitation soudaine, il fit un bref mouvement de la baguette en murmurant :

« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Aussitôt le livre se para d'une multitude de ligne et de caractères étranges. Fébrile, Harry commença à le parcourir, sans jamais rien comprendre. Mais au milieu des gribouillis incompréhensibles, une page sortit du lot. Elle se trouvait à la toute fin du livre. Dessiné grossièrement, Harry reconnu la tapisserie de l'Ombre dont il avait tenté de percer le secret avec Daphné. De part et d'autre du dessin, de petites annotations chiffrées semblaient composer un code à réaliser. Et surtout, écrit en gros, le mot « Équinoxe » avait été souligné plusieurs fois…

Bien sûr il s'était précipité pour comprendre le lien entre le carnet et la salle des ombres.

Pour accéder à la tapisserie des ombres, il fallait passer par le couloir Est puis bifurquer au niveau de la statue des deux sorciers vaniteux à droite. Là il n'aurait plus qu'à atteindre le bout du couloir et prendre les petits escaliers de la poivrière qui menait à un étage intermédiaire où se trouvait la tapisserie, certainement la porte d'entrée secrète d'une salle dissimulant une réponse au secret de sa famille. Sur le papier, rien d'impossible. Dans la réalité, les éclairs de lumières, qui devaient assez certainement être signe de combat, provenaient pour la majorité du couloir Est. Et Harry ne connaissait aucun passage secret ou détour permettant d'accéder à l'étage autrement que par le chemin devant lui…

« Toujours pareil… tant pis, on va devoir improviser… » marmonna Harry dans sa barbe. Il pensa un instant à sa tante qui serait extatique dans cette situation, à pouvoir se battre dans une quête excitante contre des ennemis inconnus. Pour lui, cela relevait plus d'une épine supplémentaire dans son pied… s'il réussissait à passer. Il n'avait malheureusement pas encore le maestro de Bella pour les combats. Il pensa un instant à l'avertissement d'Arcturus, qui l'avait défendu de s'engager dans de potentiels problèmes face à une organisation aux pouvoirs et ramifications inconnues. Mais hors de question de ne pas saisir sa chance ce soir.

Revenant à ses pensées, il se dirigea vers les bruits d'un pas vif. Méfiant, il arriva vite au niveau des affrontements pour voir une zone plutôt dévastée. Des murs entiers étaient tombés et les combats s'étalaient dans des salles de classes entières. De très nombreuses silhouettes en robes bleu clair uni se battaient contre d'autres, clairement en infériorité numérique, en robes noir qui arboraient le blason de l'école. Se rendant compte qu'il ne parvenait à distinguer aucun visage, il se jeta rapidement un sort qui dissimulait également le sien.

Alors qu'il venait de le faire, un jet de couleur orange le rata de peu, et il se rendit compte que certaines personnes s'étaient aperçues de son arrivé. Il dévia un deuxième trait orange et commença à sprinter en direction d'une statue adossée à un mur. Les deux hommes qui la composaient et qui d'ordinaire arboraient un sourire méprisant, semblaient cette fois être pris d'une grande terreur. Un sort percuta le torse du sorcier de droit et celui-ci éclata en mille morceaux. Harry s'écrasa contre les morceaux encore debout, cherchant un abri tandis que le chaos prenait place sur le champ bataille et se protégeant ou déviant les sorts qui arrivaient en sa direction. Il reconnut le sort qui avait été lancé c'était un maléfice de magie noir assez connu, mais plutôt difficile à réaliser. Harry continua malgré tout à s'aventurer plus loin dans le couloir pour atteindre l'objet de sa quête. Il vit une robe bleue sortir d'une salle de classe avec précipitation. Il décocha aussitôt un sortilège d'assommement lourd. Mais la personne réagit immédiatement et le sort ricocha contre un bouclier impeccable.

« Je suis vraiment pas en veine ce soir… » râle à nouveau Harry, alors qu'il se contorsionnait pour esquiver les sorts de son assaillant. Vu sa taille et la puissance des sortilèges qui le frôlaient, il devait faire face à un adulte ou au moins un élève de dernière année. Mais il estima vite ses chances de vaincre finalement assez élevées. Après tout, il avait été entraîné par les meilleurs.

Il fit un geste de sa baguette et les morceaux de la statue détruite se mirent à virevolter dans tous les sens, explosant en fine poussière quand ils se mettaient en travers d'un sort manqué. Il souffla un vent magique brulant qui envoyait cette poussière devenue incandescente contre son adversaire qui leva un bouclier à nouveau. Mais Harry pressa son avantage en jetant sort sur sort. A la défense de son opposant, celui-ci levait bouclier sur bouclier, tantôt physique, tantôt magique. Mais alors qu'il allait répliquer, une personne arborant les couleurs de Poudlard sortie de la salle dont il venait et l'assomma par derrière. Profitant du bref répit que cela leur donna, la silhouette noire se tourna vers Harry.

« Eh, qu'est-ce que tu fais là toi ? Tu n'aurais pas du pouvoir arriver à cet étage. ». C'était une voix féminine, remarqua Harry qui ne pouvait pas voir au travers de sa capuche.

« Rah et merde ! Si n'importe qui peut venir jusqu'à nous, ça va juste tout compliquer ! Bon maintenant que t'es là, autant que tu nous aides. Et si tu es blessé ou trop fatigué pour continuer, tu déguerpis c'est clair ? »

Harry acquiesça sans trop comprendre. Il prit la direction du petit escalier qu'il voulait atteindre et se sépara de son compagnon de combat pour escalader à nouveau quatre à quatre les marches menant à son objectif.

Il arriva rapidement dans une grande pièce plutôt sombre. Il s'arrêta immédiatement et jeta un hominum revelio qui ne donna rien. Soulagé de ne pas avoir plus de difficultés, il se dirigea vers la grande tapisserie qui représentait des créatures fantomatiques sombres planant au-dessus du sol. Sortant son livre, Il pointa sa baguette vers la tapisserie au niveau de plusieurs nuages noirs, dans l'ordre précis déterminé par le carnet, qui s'éclaircissaient à chaque fois et laissaient passer la lumière du soleil, faisant fuit les ombres. Les trais de lumières laissèrent finalement apparaitre une haute fenêtre en pierre qui s'agrandit progressivement et se solidifia finalement. Au travers des carreaux de la porte fenêtre, Harry parvint à distinguer une grande salle baignée de lumière et d'ombres. Il l'ouvrit d'un geste de la baguette et franchit soin seuil pour enfin pénétrer dans la fameuse salle.

Elle était étrangement vide, uniquement composée de murs décorés de pierres taillées, et éclairée par un puit de lumière située au centre de la salle. Harry s'approcha des murs pour discerner une longue fresque taillée de haut en bas et saisissante de réalisme. Elle décrivait des scènes de mythologie aussi fascinantes qu'inquiétantes, tantôt peuplées de monstres à trois têtes, tantôt de plantes carnivores gigantesques. Se rappelant qu'il y avait des combats à quelques mètres à peine de là, le jeune Potter s'arracha de sa contemplation pour trouver un sens aux mystères de la salle. Et il n'eut pas à chercher bien longtemps. Il sentit devant lui un résidu de magie puissante dont il percevait encore le sens. Sans avoir besoin de chercher à la comprendre, l'intention de celui qui avait laissé ici de puissantes runes semblait évidente. C'était un test, un test de sang.

Fronçant les sourcils, Harry s'approcha de la partie de la fresque qui semblait demander le sacrifice de son sang. Il avait appris depuis longtemps qu'il n'était absolument pas anodin d'utiliser cette essence dans certains domaines de la magie. Fixant du regard la statue d'un couple qui le regardait de manière inquisitoire, les mains tendus, Harry soupira avant de s'entailler le bout du doigt d'un mouvement de la baguette. Une goutte écarlate tomba dans les mains tendues. Pendant un instant, il sembla ne rien se passer, quand tout d'un coup la fresque s'anima, les personnages s'éloignant obligeamment pour laisser apparaitre un couloir qu'Harry emprunta rapidement.

Il ne faisait qu'une dizaine de mètres au bout de laquelle se trouvait une porte en bois légèrement entrouverte. Il la poussa, baguette levée, et entra dans une nouvelle. Elle était aussi circulaire que la précédente et aurait pu être appelée salle des lumières. En effet, elle était entièrement baignée dans la lumière de grandes fenêtres en pierre. Il faisait pourtant nuit dehors. Mais avant qu'Harry n'ait eu le temps de s'en poser la question, son attention fut attirée par un piédestal au milieu de la salle dont il s'approcha. Dessus trônait une pierre rouge sang. Harry lança un sort de détection mais rien ne semblait protéger magiquement la pierre. Il s'en saisit en se rappelant de l'urgence de la situation dehors. Il hésita un instant, il était certainement plus prudent de rester ici car il doutait que quiconque puisse pénétrer dans cette salle sans la carte qu'il avait en sa possession. Mais en même temps les sorciers en robes bleus pourraient l'attendre longtemps dehors… Autant sortir tant qu'il le pouvait. Et puis, rien ne garantissait que les sorciers dehors n'auraient pas la capacité d'arriver jusqu'à là.

Lorsqu'il sortit de la salle secrète, il faisait toujours très sombre et un silence de plomb régnait. Attentif, Harry s'éloigna rapidement et ne dut qu'à ses très bons réflexes de ne pas se faire avoir par l'attaque qui apparut soudainement en visant sa tête. Il se décala en un instant et se tourna vers l'endroit d'où venait le sort, la baguette levée.

« Tu as de bons réflexes gamin. »

Une silhouette encapuchonnée, d'une couleur bleue plus sombre que les assaillants qu'il avait vus plus tôt, sortie de l'ombre. Il avait sa baguette en main, pointée vers le bas.

« Je ne sais pas qui tu es gamin, mais tu n'es clairement pas de leur côté. Tu n'es pas mon ennemi. Alors que dirais-tu de baisser ta baguette, qu'on puisse discuter comme des gens civilisés et non pas comme les barbares qui pensent pouvoir défendre ce que nous sommes venus chercher. »

Harry resta à nouveau silencieux Il réfléchissait à vive allure. Après tout, il ne savait pas dans quoi il avait mis les pieds, ni qui était qui. Peut-être que l'homme en face de lui était un allié. Ou peut-être pas.

« Il me semble que c'est vous qui avez lancé les hostilités.

- Il faut bien que je puisse te tester avant de voir si cela vaut la peine de te parler » répondit l'homme. « Enfin, assez avec les bavardages inutiles. Tu possèdes quelque chose que je convoite, je me trompe ? La pierre que tu es venu chercher aujourd'hui. Je la veux. Mes amis en bas, ils se battent pour me donner le temps de la récupérer, aurais-tu l'amabilité de me la donner maintenant ? Et pas la peine de nier, je sais que tu l'as, je peux le sentir d'ici. »

« Et pourquoi devrais-je vous la donner ? » demanda Harry. L'homme en face de lui ne semblait pas encore trop agressif, mais il savait que cela ne durerait pas s'il ne lui tendait pas l'artefact qui reposait gentiment dans sa poche. Mais il ne désirait curieusement pas se séparer de l'objet qui avait un lien avec sa famille.

L'inconnu changea de posture et Harry compris très vite qu'il commençait à perdre patience.

« Tu me la donnes ou je viens la chercher. Vois-tu, cette pierre est essentielle à nos projets. Alors maintenant tu la sors de ta poche et tu la laisses au sol. Tu as ma parole, je ne te ferais pas de mal. Mais ma patience à ses limites. »

Harry raffermit sa prise sur sa baguette, avant de se détendre, comme il l'avait appris lors de ses nombreux entrainements. S'il était tendu, son bras serait moins précis. S'il serrait sa baguette trop fort, ses mouvements seraient moins fluides.

L'homme encapuchonné en face de lui sembla enfin en avoir assez car il fit un mouvement de sa baguette et lui jeta un sort de désarmement. Harry leva un sourcil surpris, l'inconnu semblait être confiant en la vitesse et la puissance de son sort pour ne jeter qu'un sortilège de première année.

Le jeune Serpentard fît un nouveau mouvement d'esquive, cette fois tout à fait prêt à en découdre. Il répondit avec un enchainement de sorts précis et rapides. Il n'utilisa pas la magie noire, certain que ce ne serait une bonne idée dans le château de Poudlard.

L'homme en face de lui sembla déconcerné par la réponse mais érigea rapidement un puissant bouclier qui arrêta les attaques. Il se redressa, semblant enfin prendre le combat sérieusement. Il fit tournoyer sa baguette et jeta une multitude de sort tout en se déplaçant. Ce style lui rappelait beaucoup celui de Bella, en moins mortel. Il semblait tellement plus lent que sa tante. Le combat n'était pour autant pas du tout gagné d'avance, et Harry jeta toutes ses forces dans la bataille, ne retenant aucun coup. Il se mit à bouger comme son adversaire, se déplaçant pour maintenir le même écart entre eux. En face de lui l'homme sembla de plus en plus surpris par la férocité qu'Harry démontrait. Vite acculé par le gamin qui lui faisait face et qui enchainait sorts de défenses et d'attaque sans avoir besoin de reprendre son souffle, il senti l'humiliation et l'énervement monter en lui. Il n'avait pas le temps de réfléchir à une stratégie, trop occupé à dévier ou bloquer les sortilèges précis qu'il recevait. Il vit un trait noir arriver à grande vitesse vers son entre jambe et il eut tout juste le temps d'ériger un nouveau bouclier qui se fissura à l'impact, le projetant à plus d'un mètre de là. Il se jeta au sol pour éviter un nouveau trait et conjura à la hâte un mur fait des différents débris qui jonchaient le sol. Alors qu'il se relevait le plus vite possible pour faire face à la furie qui le harcelait, il entendit des bruits de pas dans les escaliers juste à côté et retint de justesse un soupir de soulagement alors que des capes bleues arrivaient. Il détestait se l'avouer, mais le gamin était certainement plus fort que lui. Le combat s'interrompit d'ailleurs avec l'arrivée des nouveaux venus. L'un d'eux, baguette levée, s'approcha.

« C'est bon, vous l'avez ? Nous sommes les derniers encore debout, tous les autres se sont enfuis et les défenseurs sont en bas. On va pas les retenir longtemps. »

L'homme à la robe bleu foncé, de toute évidence le chef, poussa un cri de rage alors qu'il entendait des cris provenant des escaliers et que ses derniers hommes semblaient monter les escaliers pour fuir les poursuivants de l'étage inférieur. Il se tourna vers Harry et s'écria :

« C'est ta dernière chance gamin, tu me la donne ou nous te tuons, maintenant. »

Harry réfléchit à toute vitesse. Il lui suffisait de gagner un peu de temps. En un contre un, il avait de bonne chance de gagner, mais là ils étaient six de plus. Il resta silencieux, et fit soudainement tournoyer sa baguette, qui s'illumina, mais s'interrompit aussitôt. Des robes noires arrivaient des escaliers et les assaillants, maintenant pris aux pièges, se précipitèrent vers les fenêtres qu'ils explosèrent avant de sauter dans le vide. Le chef se retourna vers Harry juste avant de sauter :

« Gamin, je ne sais pas qui tu es, mais je m'appelle Quirinus, et je jure que je te retrouverai, qui que tu sois, et que tu souffriras. » Puis il s'élança à la suite des autres fuyards. Cependant, contrairement aux attentes d'Harry, ils ne tombaient pas dans le vide, mais se transformaient dans l'air en des masses noires à la silhouette vaguement aviaire qui s'envolèrent au loin très rapidement.

Harry poussa un soupir, à moitié de soulagement car il avait réussi à récupérer ce qu'il était venu chercher, et d'agacement car son adversaire direct lui avait échappé. En face de lui, les robes noires le regardaient, comme incertain de la conduite à tenir. Finalement, alors qu'Harry jeta un nouveau regard vers l'horizon désormais vierge des silhouettes inhumaines, un sortilège le frappa dans le dos et il sentit l'obscurité l'envahir.

« Et m…. »


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Ahahah ! Voilà qui conclu l'année ! Je n'allais quand même pas me soustraire à la traditionnelle aventure de fin d'année d'Harry Potter !

Le prochaine chapitre conclura la première année, et avec elle toute la (longue) introduction de cette fiction =D

La deuxième année sera plus rapidement traitée pour s'approcher de la troisième et surtout la quatrième où beaucoup de choses devront se dérouler !

Si ça vous plait, n'hésitez pas à laisser un commentaire !

A la prochaine