NDA 07/03/23 : Et voilà un nouveau chapitre. Il faut que je pense à poster, pour cette histoire, parce qu'elle est terminée, en plus. Je suis juste dans l'incapacité d'être régulière… Comme si ce n'était pas dans ma nature.
Je dois avoir un coté lapin blanc, toujours en retard !
Bonne lecture !
7 - Colère et Souvenir
Elle détestait ça.
Oui, son frère avait été un modèle à ses yeux, et ses aventures lui avaient donné envie chaque seconde de son adolescence. Elle aurait voulu avoir ses amis, avoir ses pouvoirs à elle, et sauver le monde plusieurs fois. Elle avait voulu être à sa place, parce que ce qu'il faisait était juste, que c'était un héros.
Et quoi qu'elle fasse, elle était toujours dans l'ombre.
Auparavant, elle avait été dans l'ombre de Yuzu. Ses potes l'avaient toujours considérée comme un garçon, et lorsqu'était venu l'âge de plaire, c'était devenu une catastrophe. « Yuzu est si jolie… », « T'es tellement brute ! », « Garçon manqué. » Elle en avait pris pour son grade. Le pire avait été le jour où garçon qui lui plaisait l'avait appelé « mon gars. » Ce jour-là, elle avait eu envie de pleurer, parce qu'il avait demandé à ce qu'elle lui présente sa sœur.
Lorsqu'Ichigo était partit pour Tokyo, il avait été décrété que Karakura avait besoin d'un nouveau gardien, et la soul society avait demandé à ce qu'elle soit formée, puisque de la même trempe que son frère. Elle s'était avérée bonne élève, mais pas assez, toujours en dessous du niveau du rouquin. Et depuis, les shinigami qui s'adressaient à elle passaient leur temps à la comparer à son ainé. Elle n'arrivait pas à exister autrement que dans l'ombre de quelqu'un. Et c'était devenu insupportable.
Aujourd'hui encore, c'était arrivé. Evidemment, elle n'avait pas compris comment était apparue cette tour, et elle avait essayé de l'atteindre, mais les capitaines qui étaient venu voir ce qu'il en était avait dit que ce qu'elle faisait était inutile… INUTILE. Si cela avait été son frère, l'auraient-ils aidé à passer cette barrière ? Probablement. C'est pourquoi Karin était présentement enfermée dans sa chambre et dégoutée de sa journée, pour la 365e fois cette année. Pourquoi personne ne parvenait à la voir, elle ?
Même cet idiot de Toshiro l'avait oublié. Il avait dit qu'il viendrait la voir et jouer avec elle au foot. Il n'était jamais revenu pour elle. Pour son frère oui, pour l'aider dans un combat aussi, et lui dire qu'elle n'était pas assez rapide. Jamais assez, elle ne faisait jamais assez pour eux. Et aujourd'hui encore, on lui avait dit que ce qu'elle faisait était inutile. On lui avait dit d'attendre les renforts. Des gouttes vinrent frôler ses genoux, et Karin comprit qu'elle pleurait. La jeune fille vint entourer ses jambes avec ses bras et se laissa choir sur le côté.
Personne ne lui laissait être qui elle voulait.
Elle devait s'être endormit, lorsque le grattement étrange à la fenêtre la fit sursauter. Elle cligna plusieurs fois des yeux, avant de comprendre que c'était un énorme chat angora gris avec des yeux vairons. Karin était plus que surprise, c'était la première fois qu'elle le voyait, et il avait l'air si vieux, avec l'arrière de ses pattes sans poils. Elle vint lui ouvrir la fenêtre avec rapidité et le récupéra dans ses bras pour le poser sur son lit.
« Bah alors, tu t'es perdu mon vieux ? » Elle cessa de respirer lorsque le vieux chat se mit sur ses pattes arrière et lui répondit d'une voix rocailleuse.
« Absolument pas. C'était toi que je cherchais, Kurosaki Karin. » La brune cria et s'éjecta dans un coin de la pièce, absolument pas prête à entendre un autre chat que Yoruichi parler. « N'aies crainte, je suis là pour t'aider… Toi et moi nous savons tous deux ce que c'est que de vivre dans l'ombre de quelqu'un, n'est-ce pas ? » Le regard inquiet et perdue, la jeune fille se rapprocha cependant de l'animal lentement. « Je savais que tu comprendrais. Je suis ici pour t'aider… Car vois-tu, je déteste ta situation, mais s'il est trop tard pour moi, il n'est pas encore trop tard pour toi… Je peux t'aider à devenir la personne que tu désires… Tu es partante ? »
« Avant tout, j'aimerai savoir qui vous êtes et comment vous m'avez trouvé ! » Le chat lui demanda de faire moins de bruit en agitant lentement sa patte de haut en bas.
« Je comprends parfaitement, c'est pourquoi je vais te répondre. Je suis Moustache, le roi des chats, c'est pourquoi j'ai accès à la magie comme tu peux le voir. » Et il fit apparaitre une sphère lumineuse dans sa patte, sphère qui transforma sa patte en main humaine l'espace d'une seconde. « Je suis ici pour t'aider. Le monde entier voit désormais les hollows, ces monstres que tu combats sans cesse, et qui cause la comparaison des autres avec ton frère. » Le regard de Karin s'illumina d'une nouvelle lueur, un brin d'espoir.
« Il existe un moyen pour que les autres me voient autrement que comme la petite sœur de Ni-san ? » Le chat fit oui de la tête.
« Oui… Et ce moyen, tu l'as approché aujourd'hui. Il y a longtemps, je possédais un joyau merveilleux qui m'apportait la sécurité et une magie incroyable. Je l'utilisais pour faire le bien dans mon royaume et le tient, mais un jour, une terrible créature est venue et s'en est emparée. Cette créature était ma petite fille, mais il n'y avait plus d'espoir pour elle… Elle est en train d'entrainer les hollows à présent, et ils seront indestructible… Le joyau va pourrir avec elle… Mais toi, Karin Kurosaki, ton cœur est pur, et tu pourras sauver le joyau ainsi que nos deux mondes… » L'adolescente était désormais choquée.
« Moi ? Mais… Je n'ai même pas encore atteint le Bankai ! »
« Tu n'en auras pas besoin, les shinigami vont probablement attaquer la Tour, ils passeront à travers grâce à ton frère surement, mais seule toi devra t'emparer du joyau et sauver nos mondes et… peut-être, purifier l'âme de ma petite fille si ce n'est pas trop tard... Moi je suis trop vieux, mais toi… Toi, tu es l'héroïne dont tout le monde a besoin… »
oOoOoOo
Blanche était inquiète. Cela se voyait sur son museau blanc et ses prunelles bleutées ne cessaient de fixer le nouveau chat roux qui séjournait au ministère des chats. Il avait commencé à se transformer depuis trois heures maintenant, son visage était encore, à peu près, normal, mais c'était le dernier vestige de sa nature humaine. Il était en train de se perdre à cause de quelque chose dont il s'était finalement souvenu, et depuis, il dormait.
Elle était aussi très inquiète, parce que peu à peu, la magie emplissait le monde des humains, et ce qui était autrefois invisible, devenait visible aux yeux de tous. Certains lutins et elfes étaient désormais pourchassé, les fantômes parvenaient à rentrer en contact avec les vivants, et la panique s'annonçait de tous les côtés lorsqu'un hollow apparaissait. La magie ne pouvait pas être révélée, c'était un fait avéré depuis le 13e siècle. Si auparavant, les humains n'étaient pas gênés par la présence constante de la magie dans le monde, c'était devenu le cas dans le monde moderne. La science, la magie et la religion ne faisait pas bon ménage du tout. Ils étaient en train de vivre un cataclysme duquel ils ne se remettraient peut-être pas…
Les yeux clos, profondément endormit, Ichigo se rappelait désormais du dernier soir qu'il avait vécu auprès de Solaris. Elle lui avait effacé la mémoire pour sa sécurité.
Il s'en souvenait parfaitement à présent. C'était l'un de ses nombreux soirs où la solitude était devenue plus forte que le reste. Ses amis lui avaient encore une fois prouvé son inutilité depuis la perte de ses pouvoirs, et son impuissance était devenue sa pire ennemie. Il ne supportait plus de les voir se battre seul, et devoir le défendre quand il essayait de les aider. Il était devenu un incapable. Même ses sœurs n'avaient plus besoin de lui pour se défendre, et la promesse envers sa propre mère devenait caduque.
Le réveillon venait d'avoir lieu, et s'il avait fait semblant d'être heureux avec sa famille, il n'avait pu rester jusqu'au bout. Il ne se sentait plus à l'aise nulle part, et encore moins dans le mensonge qu'était devenu sa vie. Alors il avait grimpé sur le toit en passant par sa fenêtre malgré le froid et la neige. Son bas de pyjama était trempé, et il devait bien admettre qu'il grelottait, pourtant, il se refusait de quitter la toiture de sa maison. Voir les étoiles était désormais son seul réconfort, alors, les genoux repliés contre son torse, il les fixait de ses yeux chocolat.
La petite chatte était arrivée du toit d'en face, en un bond, elle l'avait rejoint et était venue se glisser sur ses genoux. Elle avait tendu sa patte vers lui et avait frotté son museau contre son nez avec douceur en ronronnant. Il avait été surpris, elle l'avait trouvé alors qu'ils se croisaient à l'autre bout du quartier habituellement, pourtant, la présence de cette petite minette lui avait mis du baume au cœur. Alors, Ichigo l'avait pris dans ses bras et serré contre lui. Et cette nuit-là, il avait craqué. Il avait énoncé à voix haute tout ce qu'il avait sur le cœur, que ce soit au sujet de sa mère il y a bien longtemps, ou encore au sujet de la soul society et du traitre. Ce qu'il avait vu dans ce monde, cette peur devant l'impuissance, cette colère dans le regard de la plupart des shinigami à son encontre. La peur de perdre ceux qu'il aimait, et de voir la trahison chez ceux avec qui il avait fini par s'ouvrir. Peur d'être réellement lui-même, peur d'être réellement accepté. Et sa douleur de ne plus pouvoir aider, de voir les autres se battre sans rien pouvoir changer, ce danger constant autour de lui et d'eux.
Les larmes avaient fini par se joindre au cortège de sa souffrance, et il n'avait pu retenir ce sanglot très longtemps. La chatte grise n'avait pas bougé, elle était restée dans ses bras à ronronner doucement. Et puis, lorsqu'il s'était mis à pleurer, elle s'était dégagée lentement, et l'avait enlacée avec douceur. Si la douleur ne lui avait pas permis de se rendre compte de cette étrangeté, il avait fini par s'en rendre compte après s'être calmé, lorsqu'il avait de nouveau ouvert les yeux.
Ce n'était plus une chatte, c'était une fille, probablement de son âge, avec des yeux tout aussi brillants que la lune. Elle était vêtue d'une robe de fourrure blanche, et sa chevelure cendrée descendait en cascade autour d'elle. Pour la première fois de sa vie, Ichigo avait ressenti quelque chose d'inconnu devant cette fille. S'il y avait la crainte d'avoir été abusé par un shinigami sous couverture ou autre, lorsqu'elle s'était mise à parler, la peur en lui avait disparue.
Solaris s'était transformée en humaine pour lui.
Elle lui avait dit qu'il avait été l'être humain le plus doux et le plus gentil qu'elle connaisse. Qu'il était quelqu'un de bien en dépit de ce que disaient les rumeurs, qu'elle avait vu ce qu'il faisait, qu'il sauvait des vies quand bien même ce n'était pas à lui de le faire. Là, elle avait glissé sa main dans la sienne et elle l'avait porté à ses lèvres avec tendresse, puis s'était lovée contre lui. Il s'était mis à neiger, mais le froid ne l'atteignait plus.
Ils avaient discuté tous les deux. Lui de sa vie d'avant et de maintenant, elle, de son royaume et du fardeau qu'elle portait sur ses frêles épaules. Ils s'étaient compris. Ichigo était certes surprit de ne lire que de l'amour dans le regard de cette chatte devenue humaine, mais il l'avait accepté. Peut-être ne pourrait-il jamais le lui retourner, mais il respectait ses sentiments, et plus encore, il appréciait le soutient qu'elle lui avait offert tout au long de ces années. Elle avait été son petit rayon de soleil pendant près de trois ans, son phare dans l'obscurité. La seule qui le comprenait.
Lorsque minuit avait sonné, il avait été cherché quelque chose dans sa chambre et le lui avait offert. Il lui avait demandé de l'excuser, parce-que ce cadeau était originellement prévu pour sa version féline. Mais elle lui avait dit qu'il était parfait, et il lui avait attaché le ruban doré autour du cou. Là, elle avait annoncé qu'elle lui offrirait son cadeau au moment du départ. Et ils avaient passé le reste de la nuit enlacés sous la neige et le ciel, parfois silencieux, parfois rieurs.
Lorsque les premières lueurs du jour les avaient éclairés, le moment de partir était venu. Le rouquin, épuisé de sa nuit blanche et pourtant heureux, lui avait demandé s'ils se reverraient un jour. Ils s'étaient promit quelque chose, pourtant, il ne se souvenait pas exactement de ces paroles, mais son cœur s'était gonflé de chagrin. Là, elle lui avait dit qu'il était temps qu'elle lui offre son présent, et il avait acquiescé, le cœur gros. Solaris lui avait demandé de fermer les yeux, il l'avait fait. Elle s'était penchée sur lui, et il avait senti la caresse délicate sur ses lèvres, légère comme un grain de sable mais brûlante comme le désert.
Lorsqu'il avait ouvert les yeux, la petite chatte s'en allait sur les toits des voisins, et Ichigo avait oublié cette nuit passée aux cotés de Solaris, l'humaine.
Dans une tour volante, au-dessus de la ville de Karakura, une jeune femme se tenait droite, assise sur un trône d'argent avec un dossier en forme de tête de chat. Sa chevelure cendrée s'étalait de part et d'autres du trône, et sur son front brillait une couronne ornée d'un joyau incroyable. Elle aurait pu apparaitre imposante et dangereuse avec la quantité de Reiatsu qui émanait d'elle, pourtant, son visage était doux, et de ses prunelles d'or s'écoulait des larmes de cristal. La magie avait cessé de faire son effet, l'homme qu'elle aimait plus que tout venait de se souvenir de leur seul moment ensemble. Il se souvenait à présent de la vérité. De cet amour impossible qui était né entre eux.
« Je te sauverai des ténèbres ! » Était la promesse du rouquin.
« Je serais dans tes yeux pour toujours, Ichigo… » Avait été la sienne…
Puis elle avait effacé cette réalité. Parce qu'aucun d'eux ne pouvait quitter son monde pour l'autre. Elle n'était pas humaine, et il n'était pas un chat. Cette nuit avait été leur seule et unique nuit, et les astres les seuls témoins de leur détresse.
Elle lui avait dit Adieu.
