Harry s'assit sur le rebord de la table basse du salon, face à Dumbledore.

« Il se passe quelque chose de grave ? »

« Non, non, tout va bien. Ne te fais pas de soucis Harry. »

Rogue se racla bruyamment la gorge.

« Ma…présence est-elle réellement nécessaire ? Je…enfin pourquoi m'avez-vous demandé de venir ici je croyais que… »

Dumbledore leva la main vers Sevérus, signe qu'il devait se taire…Albus avait l'air fatigué. Néanmoins, il était toujours aussi joyeux ; Harry se demandait souvent quel était son secret…

« Bien. » Repris Dumbledore. « La situation est…grave Harry. Pas catastrophique, mais grave. »

« Il y a une différence ? » Demanda Harry (« question stupide » ajouta t-il mentalement pour lui-même).

« Oui. Importante même. Harry, ce qui s'est passé la semaine dernière est grave. Le meurtre de ton ami Cédric est affligeant, extrêmement attristant…mais le principal, le plus important, c'est Voldemort. Il a toujours été une menace extrêmement sérieuse…mais avant il n'était même pas humain…alors que maintenant… »

« Il est vivant. » Murmura Harry.

« Oui. Et la situation ne peux plus rester telle quelle. C'est impossible. Il y a, un certain nombre de choses très importantes à prendre en compte. La première est que, Voldemort ne va pas, pour le moment, tenter de devenir maître du monde. Bonne nouvelle, n'est-ce pas ? »

« Pourquoi ? Pourquoi ne va-t-il pas essayer de prendre le pouvoir maintenant qu'il est comme avant ? »

« Et bien…vois tu…il n'y a aucune preuve de son retour. Aucun témoin, aucun sauf toi. Tu lis la presse j'imagine (il acquiesça). Tu as bien vu ce qu'a dit Fudge, qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, que rien ne prouve qu'il soit de retour. »

« Mais c'est faux ! Il faut que les gens sachent la vérité ! On doit trouver un moyen monsieur ! »

« Oui tu as raison…mais ce n'est pas facile…et puis les gens ont peur, tellement peur…ils préféreront tous dirent que tout ceci est un mensonge de ta part plutôt que de croire à son retour. Et ça, Voldemort le sait. Et il va s'en servir. »

« Comment ? »

« Il va pouvoir préparer tranquillement tout ce qu'il veut pour exécuter ses plans sans le moindre problème…ou presque…il n'y aura pas de mesures importantes prises pour protéger les gens. Et un jour, quand il sera prêt, il prendra le pouvoir et ce facilement j'imagine. Et ce probablement parce que – entre autre – il aura pu éliminer facilement les personnes qui pouvaient lui poser des problèmes. »

« C'est horrible ! Et ça arrivera quand ça à votre avis ? »

« Je ne sais pas Harry. Pas tout de suite, ne t'inquiète pas. Mais sache que, avec beaucoup de grands sorciers, nous nous sommes regroupé en une organisation afin de combattre Voldemort, afin de tout faire pour l'empêcher d'arriver à ses fins, et de lui compliquer la tâche au maximum. Cette organisation existait déjà du temps de tes parents. Nous nous retrouvons dans une maison, dont je suis le gardien des secrets. »

« C'est là que sont Ron, Hermione et les autres ? »

Dumbledore sourit.

« Les nouvelles vont vite ! Oui, ils sont là bas, mais ils ne sont pas encore au courant de l'existence de l'Ordre du Phénix. »

« Ordre du Phénix ? »

« C'est le nom de l'organisation. Mais ce n'est pas ça le problème. Si je te parle de l'Ordre, c'est surtout pour te rassurer. Pour que tu ne t'inquiètes pas trop des actes de Voldemort. Il est plus surveillé qu'il ne le croit. »

Harry acquiesça, observant la lueur de mystère qui venait de naître dans les yeux du directeur.

« Alors, c'est quoi précisément le problème monsieur ? »

« C'est toi. »

« M…moi ?! » S'exclama Harry tout en se montrant du doigt.

« Oui. Toi et ta sécurité. »

« Je croyais être intouchable chez ma tante. »

« Oui, mais Voldemort est malin, ici tu es protégé de Voldemort et de ses Mangemorts, mais pas des autres Mages Noirs. »

« Les autres aussi veulent me tuer ?! »

« Peut être…je pensais plutôt au faite que Voldemort pourrait très bien en payer un pour venir te tuer. Ou tuer ton oncle, ta tante, ton cousin. On les fait protéger mais…il y a toujours un risque. »

« Alors emmener moi dans cette maison de l'Ordre du Phénix. J'y serais en sécurité. »

« Oui…et…non. C'est sûrement l'endroit le plus sûr que je puisse t'offrir à l'heure qu'il est. Mais le problème est que…tu n'y passeras que deux mois après… »

« Après j'irais à Poudlard ! Dans votre école. »

« Oui mais le problème c'est que…Poudlard n'est plus assez sûr maintenant. Je le regrette. Enormément. Mais c'est un fait et je ne peux pas le nier. D'ailleurs elle ne l'a jamais vraiment été mais avant, Voldemort n'aurait jamais eu assez de force pour y pénétrer. Je vais faire tout mon possible pour protéger au mieux l'école et ses élèves, mais je ne peux pas éviter tous les risques maintenant que Voldemort est devenu si puissant. Maintenant, j'ai deux problèmes. Le premier c'est que, par rapport à toi, je ne peux pas prendre ce risque. Si Voldemort pénétrait l'école et qu'il te tuait, ça serait catastrophique…encore plus que tu ne l'imagines Harry…et le deuxième problème, qui est aussi une solution du premier problème…c'est que la seule chose qui pousserait Voldemort à prendre le risque d'aller à Poudlard, c'est…toi. »

Harry écarquilla les yeux.

« Et donc si je ne vais plus à Poudlard, il n'y a plus de problème. C'est bien ça ? Je ne risque plus de me faire tuer là bas et je ne mets plus les autres élèves en danger. » Murmura Harry, la voix cassée par le chagrin qui venait de l'envahir. (Pendant que Rogue se sentait transporter de joie et submergé par l'envie de se lever et de sauter partout tout en poussant des hurlements).

« Oui, c'est exacte Harry. Mais…ça ne serait pas juste de te renvoyer de l'école à cause de Voldemort. Surtout que Poudlard…tu m'en vois touché…représente énormément à tes yeux, je le sais. »

« Alors on fait quoi ? »

« Et bien, j'ai une idée à te proposer. Je ne t'obligerais pas à l'accepter mais dis toi qu'il faudra forcément faire quelque chose, la situation ne peut pas rester telle quelle. Donc, après mure réflexion j'ai fini par comprendre quelque chose. Quelque chose de peut être idiot, mais qui peut faire toute la différence si on réfléchit bien. »

« Et c'est quoi monsieur ? »

« Le problème ce n'est pas toi, c'est Harry Potter. »

« Mais…monsieur…je suis…Harry Potter. »

« Tu portes ce nom c'est exacte. Et tu as la tête aussi, j'en conviens. Mais à la base, tu es un être humain. Je ne dirais pas ordinaire, ça serait faux, mais humain tout de même ! Un jeune sorcier, qui va à l'école, suit les cours et rigole avec ses amis. »

« Je…je ne suis pas sûr de comprendre…monsieur. »

« Et bien je me suis dit qu'au fond Harry Potter, c'est un nom et un visage, rien de plus. » Expliqua t-il d'un aire innocent.

Rogue se leva précipitamment. Pour la première fois de toute sa vie, Harry le vit inquiet, presque affolé.

« Oh non ! Non, non, non ! Ne me dites pas que ce que vous dites explique ma venue ici ! »

« Je vous le dis Sevérus. » Assura Albus.

« Alors c'est non ! Je vous préviens tout de suite, c'est hors de question. A la rigueur je préfèrerais encore abandonné les Potions pour devenir professeur de Divination. »

« A ce point là ? Vous avez toujours été excessif Sevérus. »

« Excessif ?! » S'exclama t-il indigné. « Comme si vous ne l'étiez pas vous ! Je ne pensais pas que vous étiez sérieux hier soir monsieur ! »

« Et bien je l'étais. Ça ira je vous assure. Je trouve que c'est une très bonne idée. »

« Mais enfin…pourquoi ne pas demander ça à Lupin ! Il sera ravi. »

« J'ai d'autre projet pour Rémus et de toute façon, ça serait suspect. Et puis, je suis certain que tout ceci sera autant bénéfique pour l'un comme pour l'autre ! »

Rogue se rassit. Il semblait mourir d'envie de sauter à la gorge de Dumbledore…ou de le piétiner en sautant à pieds joins sur sa tête.

« Voyons Sevérus… »

Il émit un grognement.

« Je sais que c'est une bonne idée. Il faudra juste un peu de temps. »

« Ecoutez, monsieur, je fais toujours ce que vous me demandez, vous savez que je suis toujours prêt à faire d'énorme concession…parce que…parce que je vous dois énormément j'en suis conscient mais là…c'est trop ! »

« Mais non voyons. C'est juste le choc ! Vous verrez, demain ça paraîtra déjà moins dramatique ! »

Rogue joins ses mains et les serra (peut être imaginait-il la tête de Dumbledore à l'intérieur, pensa Harry).

« Voyez ça comme un service. De toute manière vous savez que je n'ai pas d'autre choix. J'ai besoin de vous Sevérus. »

Rogue releva les yeux vers Albus. Harry ignorait de quoi ils parlaient précisément mais il fut surpris de voir le regard que Rogue venait de lancer au directeur lorsque ce dernier avait dit « j'ai besoin de vous ». Ça semblait le réjouir au plus haut point mais aussi l'atteindre de manière importante…Il soupira puis dit, (il était clair que chaque mot qu'il prononçait semblait lui faire souffrir le martyr.)

« Très bien… »

Albus fit un large sourire.

« A la bonne heure ! »

Rogue leva un doigt menaçant vers lui et d'un regard noir il dit :

« Mais je vous préviens ! J'accepte d'essayer ! Seulement essayer ! Si ça ne marche pas tant pis ! Il n'est pas question que ça dure éternellement ! »

« C'est d'accord. » Ajouta immédiatement Dumbledore. Cette fois-ci, ce fut Harry qui se racla bruyamment la gorge, se sentant oublié. Rogue leva les yeux au ciel pendant que Dumbledore reportait son intention sur Harry.

« Bien. Harry, qu'est-ce que tu penserais si je te proposais de tout recommencer à zéro. Une autre vie, un autre nom, un autre visage. Plus de cicatrice, plus de regard sur toi à longueur de journée…et bien entendu, un place à Poudlard ! »

« Ça serait trop génial ! C'est possible ? »

« Tout est possible Harry ! »

Harry perdit son sourire et cette fois-ci, c'est lui qui paniquait.

« Ola ! Non ! Attendez ! C'est quoi le truc ! »

« Quel truc ? » Demanda innocemment Dumbledore.

« Le truc avec Rogue ! Qu'est-ce que vous me mijotez ?! »

« Et bien, si tu as une nouvelle vie, il te faut bien une nouvelle famille. Un père. »

Harry sentit sa respiration se couper nette, et tout ce qui l'entourait venait de commencer à s'effondrer. Il écarquilla les yeux…la nouvelle était un choc…il mit quelques secondes à réaliser qu'il avait carrément cessé de respirer.

« Ça va Harry ? » Demanda Albus.

« Ecoutez monsieur ça me fait mal de dire ça mais je suis d'accord avec le professeur Rogue ! C'est de la folie ! Vous ne pouvez pas envisager une telle chose ! Je ne suis pas du tout d'accord ! »

« Harry écoute. Si tu dois avoir une nouvelle famille, ça doit être quelqu'un en qui j'ai entièrement confiance. Et si je fais disparaître Harry Potter et que parallèlement les Weasley ou Rémus se découvrent un fils, il ne faudra pas une semaine pour que la vérité soit découverte ! C'est la seule solution que j'ai. La seule qui te protègera. La seule pour que tu ais ce que tu as toujours rêvé Harry, une vie de collégien normal. Plus de célébrité ! Plus de regards…bien sur tu seras toujours Harry Potter, ton destin ne pourra pas changé, mais au moins tu seras plus tranquille. »

« Mais et mes amis ? Ron, Hermione…Sirius. »

« Tu ne pourras pas leur dire qui tu es réellement. Je suis navré. »

« Vous voulez dire que je vais perdre ma seule vraie famille ?! »

« Rien n'empêchera ton nouveau toi de devenir ami avec eux ! Harry, si on les prévient, tu seras avec eux à Poudlard comme d'habitude. Harry Potter disparaît et ta bande d'amis se trouve un nouvel ami qu'ils ne quittent plus ! C'est pas une semaine que les gens vont mettre pour comprendre mais deux jours ! Et puis…Hermione est très intelligente ! Il est fort probable qu'elle finisse par comprendre… »

« Et on fait quoi dans ses cas là ? »

« Rien, si elle arrive à comprendre, tu seras à Poudlard depuis sûrement un bon moment, les gens te prendront pour leur nouvel ami. Mais, tu ne dois pas les aider à comprendre. Plus longtemps ils ignoreront la vérité, mieux ce sera. Et je te demanderais de ne pas chercher à leur faire comprendre qui tu es. Je te conseillerais même…de plutôt te faire de nouveaux amis…mais je ne crois pas que ça te tentera… »

« De toute façon, en étant le fils de Rogue, je vois pas comment je pourrais avoir des amis et je vois encore moins comment Ron et Hermione accepteront que je leur adresse la parole ! Mieux, je ne vois pas comment un Griffondor digne de ce nom voudrait ! »

Rogue grogna, mais Harry l'ignora.

« Harry, ça se sont des choses importantes à tes yeux, j'en conviens, mais ce n'est pas la priorité ! La priorité c'est ta sécurité. Celle des autres élèves aussi. Et puis, ce n'est pas tout. Harry, si tu veux arriver à vaincre Voldemort, ou tout du moins à lui survivre, tu vas avoir besoin d'entraînement. De te performer en magie ! Plus qu'en suivant des cours à l'école ! Sevérus pourra t'apprendre tout ce qu'il y a à savoir pour se défendre et en plus il connaît très bien Voldemort ! Et mieux encore, il sera constamment dans l'école, vous pourrez donc travailler autant que nécessaire. »

« Super… » Marmonna Harry.

« C'est à toi de voir Harry, mais je sais que tu prendras la bonne décision. »

« Et si je dis non, qu'est-ce que vous faites de moi ? »

« Je ne sais pas Harry, je ne sais pas du tout. Peut être que tu retourneras à Poudlard quand même. »

« En choisissant de risquer la vie de tous les élèves. »

« Oui. C'est vrai. »

« Et si je dis oui. Qu'est-ce qui se passe pour moi, enfin, qu'est-ce qui arrive à Harry Potter ? »

« On ne va pas te faire mourir. Voldemort se verrait déjà couronné maître du monde et ça le pousserait à faire des choses encore plus horribles…et puis tous tes amis seront si triste. Je pense que le mieux serait de faire croire à un enlèvement. »

« Et mes amis se sentiront bien entendu tout de suite mieux. » Murmura Harry.

« Ecoute, si ça te va mieux comme ça, je pourrais leur dire…à eux seulement…tous ceux qui sont à l'Ordre…que je t'ai envoyé quelque part pour être formé à combattre Voldemort. Et qu'ils devront être patient avant de te revoir. Comme ça, ils ne seront pas trop inquiets, ni trop tristes. Moins que si tu étais en danger ou mort en tout cas. »

Harry acquiesça. Dumbledore se leva, suivit de Rogue (qui n'avait jamais semblé si malheureux de toute sa vie). Albus sortit de sa poche une enveloppe, l'ouvrit et fit signe à Harry de regarder à l'intérieur. Il s'exécuta et vit un bracelet, en argent, tout simple, sans aucun ornement.

« Ceci est un Portoloin. Il s'activera demain soir à 22h. Si tu acceptés ma proposition, tu le prends sinon, tu n'y touches pas. C'est aussi simple que ça. Réfléchis bien. C'est important. » Dit-il tout en lui tendant l'enveloppe. Harry la prit tout en acquiesçant.