Une partie qui n'a pas vraiment de lien avec l'OS, c'était juste pour le plaisir d'écrire :).
« Que lisez-vous ? »
Après un petit laps de temps, je levais mes yeux de mon livre et les posais sur le visage du logicien, assit face à moi, examinant l'air neutre qui s'y apprêtait sans pour autant lever la tête. Je redirigeais mon regard sur ma lecture.
- Depuis quand vous intéressez-vous à la littérature ?
- Depuis qu'elle mérite toute votre intention.
Un mince sourire, quasi imperceptible, se dessina sur mon visage, ce qui n'échappa pas au logicien qui se leva pour se mettre derrière mon siège, débutant à son tour la lecture par-dessus mon épaule. Le silence se réinstalla dans la pièce, juste ébranlé par le crépitement du feu.
Quelque peu troublé par la sensation de sa présence dans mon dos, je continuais malgré tout, tout comme lui, de feinter le désintérêt. Soudain, une seconde sensation paradoxalement plaisante et déplaisante m'empêcha bien malgré moi de me concentrer sur mon roman. Je lâchais alors avec un soupir las un : « Arrêtez un peu votre jeu, Holmes, vous m'empêchez de lire. »
- C'est justement le résultat escompté, répondit-il avec une pointe d'amusement dans la voix.
Ignorant son ton sarcastique, j'essayais tant bien que mal de me replonger dans ma lecture. Silence de plomb… A un détail près.
- Holmes, je vous préviens.
...
- Holmes ! M'écriais-je en me retournant dans mon siège. Soufflez encore une fois dans mon oreille et vous finirez avec les votre tirées au point qu'elles en rougissent pendant cinq jours !
- Un peu de tact mon cher, la mauvaise humeur et la violence ne vous conviennent fort peu.
- Alors que voulez-vous à la fin ?!
- Vous embêtez quelle question ! Dit-il un large sourire peint sur le visage, en réponse à mon regard meurtrier.
Avant que je ne me relève davantage pour, qui sais-je, le stranguler, Holmes feinta en prévoyant ma réaction. Il me maintint fermement la main, me bloquant dans mon geste, et m'embrassa à pleine bouche, insinuant sa langue pour caresser la mienne, mêlant nos salives. Un baiser langoureux serait le terme adéquat. A une chose prêt. Il sonnait faux.
Toujours animé d'une douce vengeance, je le coupais alors en plein court en détachant mes lèvres des siennes et lui tira sèchement sur le col pour l'obliger à se baisser davantage, lui chuchotant à l'oreille.
- Ne seriez-vous pas tout simplement et bêtement frustré de ne pas avoir mon attention que j'apporte plutôt à un simple passe-temps, tel que la lecture par exemple ? Ou alors, cherchez-vous davantage d'amour de ma part...?
Se desserrant de mon emprise, Holmes répondit à ma question comme il en avait pris l'habitude en me montrant son dos, cachant son silence boudeur.
« Vous le savez pourtant, et vous doutez malgré tout toujours de ma sincérité » furent mes paroles silencieuses. « Vous douterez toujours... »
- Vous le savez.
- Savoir quoi.
- J'aime votre égoïsme.
Le voyant légèrement tiquer à cette remarque, je continuais dans ma lancée.
- J'aime votre dédain, vos sautes d'humeur, votre air hautain, votre asociabilité, votre côté gamin...
-Gamin ?! Dit-il offusqué en se retournant de nouveau vers moi, posant ses mains sur le siège, de chaque côté de ma tête.
- Chut, ne me coupez pas, dis-je en posant mon doigt sur sa bouche, la tête rejetée vers l'arrière pour mieux lui montrer mon sourire de contentement. Je laissais mon doigt se baladait sur son visage, redessinant ses pommettes, l'arrête de son nez, sa bouche, son doux sourire qui, lui aussi, commençait à réapparaître très timidement. Celui qui est si cher à mes yeux, et qui n'est qu'à mon attention...
« J'aime votre regard qui a toujours sût me pénétrer. J'aime la ride qui se forme au coin de vos lèvres et de vos yeux quand vous me souriez, comme à l'instant. J'aime votre soi-disant débrouillardise car je sais que malgré les apparences, vous comptez toujours sur moi pour arriver à point. J'aime votre façon si maladroite de montrer de votre amour, votre gratitude silencieuse... Cette dernière remarque vous ferait-elle sourire ?
Gardant ce sourire malicieux que je lui connaissais tant, une de ses mains baladeuses me fit me raidir. Il descendait son pouce sur ma nuque puis profitant de ma surprise et du plaisir que j'en approuvais, il continua son voyage le long de mon dos que j'avais alors décollé du siège, suivant le chemin de ma colonne vertébrale, la dessinant avec appuis.
- Je vous trouve bien bavard ce soir, feignit-il de me répondre en terminant son parcours. Taisez-vous en peu que je puisse vous montrer de ma gratitude et que je profite d'une autre manière de votre bouche.
Toujours debout derrière mon siège, il se pencha un peu plus au-dessus de moi pour déposer un second baiser sur mes lèvres, plus profond, que je savais cette fois venir du cœur.
