Genre : U.O ; Romance ( yaoi ), aventure, humour
Disclaimer : La plupart des personnages appartiennent à Kishimoto-sensei. D'autres sont le fruit de mon imagination.
Rating : M - présence de scènes de sexe plus ou moins explicites.
Attention : présence de spoils
Note : La première partie de cet OS est en ligne pour le SasuNaru Day. A l'origine, je voulais le publier en une seule fois mais... il est bien plus long que ce que j'avais escompté ! La deuxième partie sera donc en ligne le 23 juillet, pour l'anniversaire de Sasuke. Même si la base de cet OS est un SasuNaru, un troisième personnage sera presque aussi important que ces derniers. N'hésitez pas à souligner fautes et personnages trop OOC.
Profitez bien de la lecture ! Et joyeux SasuNaru Day !
Première partie
Sérénité.
Naruto ne pouvait mettre d'autre mot sur ce qu'il ressentait alors que le soleil se couchait sur Konoha. Cela faisait près de treize ans que la guerre était finie. Cinq qu'il était devenu Hokage, Tsunade ayant décidé de prendre sa retraite. Toutefois, elle le conseillait toujours puisque l'impulsivité du jeune homme ne tarissait pas. Néanmoins, le jeune homme avait étonné tout le monde grâce à ses talents de diplomate.
Ces derniers avaient permis de créer une alliance durable entre les cinq grandes nations. Peut être était-ce aussi dû au jeune âge des Hokage, Kazekage et Tsuchikage – le Sandaime Tsuchikage, blessé pendant la Grande Guerre, avait préféré se retirer, laissant la place à l'une de ses anciennes élèves. Plus que de la cordialité, une profonde amitié unissait ses trois-là et Naruto éprouvait toujours une grande joie avant de voir Gaara et Yui. Quant aux Raikage et Mizukage, ils devaient admettre que la soif de paix et la maturité de leurs cadets les aidaient à concevoir des relations moins houleuses avec les autres pays. Certes, il restait des nukenin et autres criminels – aucun des jeunes shinobi n'étaient naïf au point de croire à un monde parfait – mais aucune guerre ne semblait menacer les années futures.
Le regard azuré balaya le village ; un sourire tendre incurva les lèvres claires. Quelques enfants rentraient des différents squares et rejoignaient leur parents devant leurs maisons. Des genin rentraient de mission, bavardant gaiment malgré leurs traits tirés. Le Hokage distingua un ou deux couples dans des recoins sombres. Des adultes, eux, profitaient de la fin de leur journée de travail pour se retrouver.
Assis sur la montage où étaient gravés les visages des six Hokage, Naruto se laissait bercer par cette tranquillité qu'il avait tant désirée, recherchée. Ses doigts jouèrent avec la terre rougeoyante alors qu'il songeait qu'il avait finalement réalisé l'un de ses rêves. Non sans peine : l'affrontement contre l'homme qui se faisait appeler Madara s'était révélé plus intense que prévu et le Jinchuriki avait failli y perdre la vie. Sans son intervention, il ne serait plus là.
- Uzumaki !
Le cri troubla la mélancolique quiétude du Rokudaime. Craignant un instant que Sakura l'eut retrouvé et voulu le ramener de force affronter la pile de dossiers qui s'entassaient sur son bureau, le jeune homme se leva d'un bond. Il regarda tout autour de lui, le coeur battant, les mains moites.
Avant de se traiter mentalement d'idiot. D'abord parce que, même s'il devait admettre la tonalité anormalement élevée de la voix, il s'agissait indiscutablement de celle d'un homme. Donc, pas celle de Sakura. Ensuite parce que les personnes s'adressant à lui par son nom de famille devenaient de plus en plus rare. Et aucune n'aurait osé s'adresser à lui avec une telle colère.
Ne restait donc que l'option...
Comme pour confirmer ses soupçons, une petite silhouette bondit de toit en toit. Puis une autre suivit, quelques bonds derrière. L'obscurité qui s'abattait peu à peu sur Konoha empêchait Naruto de distinguer les traits du fuyard et de son poursuivant mais connaissait parfaitement leur identité. Un sourire aux lèvres, s'interrogeant sur les nouveaux tours du sale garnement du village, le Hokage s'évapora dans un nuage de fumée.
La gorge de Saito le brûlait alors qu'il courrait aussi vite qu'il le pouvait. Parfois, il sentait ses pieds glisser sur les tuiles encore humides de pluie et réussissait à retrouver son équilibre grâce à un habile contrôle de chakra. Un rapide coup d'oeil derrière lui l'informa que l'autre le suivait toujours. Il ne l'aurait jamais cru aussi rapide !
- Kage Bushin no jutsu ! s'exclama alors l'adolescent.
Cinq clones apparurent alors près de lui, avec les mêmes cheveux blonds indisciplinés qui tombaient devant leurs yeux d'onyx.
- Dispersion ! ordonna l'original sans trop élever la voix.
« Il va avoir du mal à me retrouver comme ça » ricana-t-il avant de prendre la direction de l'académie. Quelques personnes criaient reproches et injures sur son passage, tout en dissimulant mal leur amusement. Ce n'était pas – et de loin – la première frasque de Saito et ils se doutaient qu'il continuerait à faire honneur à son père pendant des années. D'ailleurs, ils pouvaient dénier l'humour de la dernière blague en date du petit. Celui-ci arpentait toujours les rues de plus en plus sombres et finit par s'arrêter dans l'ombre du bâtiment scolaire.
- Sauvé, chuchota-t-il avant de soupirer et de se lever glisser contre le mur.
- Qui donc ?
Saito déglutit péniblement en entendant la voix grave, quoique emplie de douceur, près de lui. Lentement, le chûnin leva ses yeux d'ébène et rencontra ceux, azurés, du jeune homme qui lui faisait face. Un rictus embarrassé apparut sur ses lèvres alors qu'il bredouillait :
- Papa ! T'as déjà f-fini ?
Cette fois, ce fut Naruto qui arbora un air gêné en songeant à tous ces dossiers qui attendaient sa lecture. Konohamaru allait l'étriper – il prenait son rôle d'assistant très au sérieux. Le Rokudaime passa une main dans ses cheveux blonds, un peu plus longs que dans sa jeunesse, mal à l'aise.
- Heu... pas tout à fait...Mais ne change pas de sujet, bafouilla-t-il, conscient de ce que son fils tentait de faire. Pourquoi cours-tu comme ça ?
- Oh ça ! C'est.. euh... un... un entrainement...
- Uzumaki Saito !
L'interpelé geignit en entendant son ancien professeur l'appeler. Quant à son père, il haussa un sourcil, ayant lui aussi reconnu Iruka. Et le ton qu'il employait lorsque, gamin, mettait le village sans dessus-dessous. Il jeta un coup d'oeil à Saito qui laissa échapper un petit ricanement.
- Non mais pourquoi tu as fait ça ?
Le visage de l'instructeur était rouge de colère. Il gardait ses mains posés sur ses hanches, réprobateur. Pourtant, son air furibond ne paraissait pas avoir d'effet sur l'adolescent, qui dût se mordre la lèvre inférieure pour ne pas rire ouvertement. Mais son hilarité n'échappa pas à Iruka.
- Aie ! s'exclama le plus jeune, surpris par le coup asséné sur sa tête par le professeur.
- Quelqu'un peut m'expliquer se qu'il se passe ? Demanda Naruto, quelque peu perplexe.
Il ne releva pas le fait qu'Iruka venait de frapper son fils. Il les regarda tout deux à tour de rôle, avant que l'ainé ne montrât l'un des murs de l'académie. Et là, le Hokage comprit que la colère seule n'empourprait pas ses joues.
La gêne aussi.
Une peinture rose – qui rappela à Naruto la chevelure de son ex-coéquipière – recouvrait la totalité de la façade principale de la bâtisse. Le peintre avait aussi pris la peine de dessiner le portrait d'un couple enlacé dans un doux baiser. Il ne fallut que peu de temps au Rokudaime pour reconnaître la chevelure grise et hirsute et la fine silhouette : il s'agissait de ses deux anciens sensei. Au dessus, une simple phrase « Je les ai vus ». Il ne fut pas surpris de voir les lèvres de Kakashi et Iruka unies car, contrairement à ce que pensait celui-ci, tout le village connaissait l'existence de leur relation depuis des années. Mais jamais le blond n'aurait cru que quelqu'un obligerait ainsi les deux professeurs à admettre leur liaison.
Il se tut un instant avant de comprendre. Il posa ses prunelles azurées sur son fils et échangea avec lui un regard complice. Puis tous deux s'esclaffèrent devant un Iruka sidéré.
- Naruto ! Saito ! gronda le formateur des aspirants genin avant de frapper ses deux anciens élèves.
Cette fois, deux exclamations de douleur fusèrent parmi l'hilarité des deux Uzumaki. L'autre shinobi soupira, posant une main lasse sur son front. Mais un sourire tendre jouait sur ses lèvres. Bien qu'il eût bientôt la trentaine, Naruto agissait encore comme un enfant tandis que Saito avait hérité du caractère imprévisible de son père. Après un long moment, l'allégresse du Jinchuriki se dissipa. Il inspira pour reprendre son calme et avisa une nouvelle fois la peinture. Réprima une nouvelle crise de fou rire. Inspira encore. Puis :
- Tu vas devoir repeindre le mur, Saito.
Le gamin arbora une moue boudeuse avant de hocher la tête : la lueur sérieuse dans les yeux de son père l'avait convaincu qu'il ne pourrait faire autrement.
- D'accord, bougonna-t-il avant d'épousseter son débardeur noir.
L'expression de colère factice quitta les traits d'Iruka alors que celui-ci jetait un coup d'oeil à Naruto. Il prit congé assez rapidement, conscient que les deux Uzumaki avaient besoin de passer du temps seuls. Ces derniers allèrent chercher des pots de peinture et des pinceaux avant que Saito commençât sa tâche.
- Kage Bushin no jutsu, tricha-t-il.
Pendant plusieurs minutes, il répara ses bêtises, aidé par ses nombreux clones. Puis son père se saisit d'un pinceau et utilisa la même technique.
- Je vais t'aider.
Aucun des deux ne dirent mot. Saito se contentait de profiter de la présence de son père. Ils avaient tout deux un emploi du temps très chargé – Naruto en tant que Hokage et Saito de chûnin. Le plus vieux rentrait souvent très tard le soir puisqu'il devait traiter de nombreux dossiers et l'adolescent accomplissait mission sur mission. Le jeune garçon avait été promu chûnin à dix ans et devait bientôt passer l'examen jûnin. Son père en éprouvait une immense fierté – même s'il devait bien admettre que ce n'était pas lui qui avait transmis cette prodigalité à son fils. Malaise.
- Alors comme ça, tu as réussi à voir le visage de Kakashi-sensei ?
Tentative désespérée pour ne pas penser à lui. Malgré son âge et son titre, Naruto utilisait toujours la même marque de respect vis à vis de son ancien professeur. Non pas pour mettre de la distance entre eux, mais pour se rappeler tout ce qu'il lui devait. Le gamin sourit et raconta :
- Dans la salle de classe. Je suis rentré, je voulais parler à Iruka-sensei. Mais Kakashi-sensei et lui s'embrassaient.
Saito rougit légèrement. Les relations amoureuses l'embarrassaient encore, surtout quand elles impliquaient deux hommes. Pourquoi avait-il songé à son ami Mirai, à ses grands yeux opalins, à son sourire à peine esquissé lorsqu'il avait surpris le baiser des deux adultes ? Le pourpre de ses joues s'accentua à cette pensée. Le Hokage perçut son trouble et posa une main sur son épaule.
- Saito ?
L'enfant leva ses yeux d'obsidienne vers le Rokudaime. Hésita. Il savait qu'évoquer les circonstances de sa conception ramenait toujours des relents de souffrance dans le coeur de son père et n'aimait pas l'idée de lui imposer cela. Alors il évitait soigneusement d'aborder avec lui tout ce qui s'apparentait à la vie de couple. Et surtout de l'homosexualité. Il détourna le sujet.
- Je suis content de passer du temps avec toi, Papa.
Un immense sourire, si semblable à celui de sa grand-mère, digne d'un véritable Uzumaki, étirait ses lèvres. Touché, heureux, Naruto ébouriffa ses cheveux blonds – défaisant au passage la queue de cheval basse maintenue par un élastique bleu – de son fils, comme son propre père l'avait jadis fait avec lui. A son tour, il sourit. Puis, discutant de tout et de rien, ils continuèrent leur labeur.
Quatre heures plus tard, le Rokudaime, adossé contre le chambranle de la porte, regardait son héritier dormir. Les longs cheveux blonds de l'adolescent, qu'il détachait seulement pour dormir, encadraient son visage pâle et soulignaient la rondeur de ses joues. Ses cils noirs, pareils à ceux d'une fille, assombrissaient ses pommettes. Le coeur de Naruto se serra. Il lui ressemblait tellement !
Sasuke.
Le jeune homme n'avait pas vu son ancien coéquipier depuis plus de treize ans. Depuis ce jour où, alors que le blond venait d'affronter Tobi, le dernier Uchiha lui avait sauvé la vie.
Depuis ce jour où, Kurama ayant décidé de s'amuser, ils avaient conçu Saito.
Une douleur indéfinissable vrillait les tempes de Naruto, ainsi que chaque partie de son corps. Autour de lui, tout semblait humide. Il percevait le clapotis régulier de gouttes qui tombaient dans une flaque d'eau. L'irrégularité du sol sous lui le gênait et, même s'il tentait de se déplacer légèrement, il ne parvenait à trouver meilleure position. Finalement, il décida de se relever et ouvrit les yeux avec difficulté. Seule une petite lanterne éclairait l'intérieur de ce qui devait être une grotte. Mais cette lumière suffisait à révéler la présence d'un jeune homme brun assis contre le mur opposé.
Le blond sursauta en reconnaissant l'autre et se redressa, faisant tomber sa fine couverture polaire dans le mouvement. Il ne quittait pas des yeux la personne qui lui tournait le dos – il n'avait pas besoin de voir son visage pour le reconnaître.
- Sasuke... chuchota-t-il, sans oser y croire.
Le nukenin ne se retourna pas ; c'était inutile. Naruto le détailla pendant un long instant, silencieux. Se dit que son ancien équipier n'avait décidément pas changé. Même si son front était aujourd'hui recouvert d'un bandage - une blessure durant la guerre, probablement - ses cheveux noirs retombaient dessus comme trois ans auparavant, mangeant partiellement ses yeux d'onyx. Sa silhouette fine et musclée lui donnait un air fragile, tout comme son teint diaphane. Pourtant, il exultait de sensualité.
De sensualité ?
Naruto se tanna d'avoir de telles pensées à l'égard de son meilleur ami. Une légère rougeur teintait les joues du Jinchuriki, qui baissa la tête. Nota enfin les bandages qui ceignaient ses avant-bras, son torse et l'une de ses jambes. Comprit la raison de sa douleur.
- C'est toi qui m'a soigné ? osa-t-il demander, un peu plus fort qu'auparavant.
- Hn.
Naruto sourit légèrement : Sasuke agissait comme lorsqu'ils étaient encore dans la même équipe. Le blond tenta de se relever ; un éclair de souffrance éclata dans sa cheville droite.
- Reste allongé, lui recommanda le nukenin, d'une voix sans timbre.
Pour une fois, Naruto décida de l'écouter et repris sa position précédente. Non sans noter que Sasuke avait plié sa cape au motif de l'Akatsuki pour qu'elle lui servît d'oreiller. Cette marque d'attention étonna Naruto.
Qui ne put s'empêcher de constater que le vêtement conservait les effluves de son propriétaire. Il ferma les yeux, huma l'odeur qui lui rappelait tant de souvenirs. Gamins, ils passaient tellement de temps à s'entrainer, en mission ensemble, si proches qu'ils pouvaient reconnaitre le parfum de l'autre. Leurs peaux s'effleuraient lors corps à corps effrénés, que le blond regrettait à présent. A l'époque, il ignorait encore sa préférence pour les hommes et n'avait pu profiter de la chaleur d'un corps masculin près de lui. Il lui avait fallu encore plus de temps pour comprendre pourquoi il s'acharnait autant à vouloir le ramener au village.
Il l'aimait.
Pas comme un coéquipier ou un frère. Pas comme un simple béguin d'adolescent ou une passade. Non.
Ils étaient destinés l'un à l'autre, par leurs origines et leurs rôles dans le monde des Shinobi. Par leurs passés, à la fois si différents et si semblables. Mais Naruto refusait d'y penser. Pas quand il savait que, un jour ou l'autre, ils devraient s'affronter et mourir. Pas alors que Sasuke n'éprouvait que haine envers lui.
- Pourtant, il vient de te sauver la vie, lui rappela Kyûbi.
- Il est fier. Il ne voudrait pas me combattre alors que je suis dans cet état, rétorqua mentalement Naruto.
Il ne quittait pas son ancien coéquipier des yeux. Ce dernier pouvait l'attaquer n'importe quand ; il ne pourrait se défendre. Une fracture scindait son tibia droit en deux et, nonobstant les capacités de soin prodiguées par Kurama, le Jinchuriki devinait qu'il lui faudrait plusieurs jours avant d'être guéri. Environ deux semaines avant de pouvoir combattre à nouveau. Il espérait que l'orgueil de Sasuke l'empêcherait d'attaquer durant son rétablissement.
- Il aurait pu insister pour t'affronter, poursuivit le Bijû - montrant ainsi un côté taquin que son porteur n'aurait jamais imaginé.
- Il devait être épuisé par son combat contre Kabuto, s'entêta le genin.
Kurama ricana avant de se blottir au fond de sa cellule, laissant Naruto aux prises avec ses pensées. L'adolescent ferma les yeux, pour ne plus être perturbé par la vue de son ancien ami. Le sommeil dût l'emporter sans qu'il ne s'en rendît compte car, lorsqu'il émergea à nouveau, il se trouvait seul dans la grotte. Pourtant, le feu flambait encore, signe que Sasuke ne devait pas être parti depuis très longtemps. Le blond se leva, nauséeux et pris de vertige, et s'appuya contre le mur pour ne pas trébucher. Puis il s'approcha du brasier et s'assit contre le mur. A sa grande surprise, il découvrit une grande feuille - presque aussi grandes que celles du Mont Myôboku - sur laquelle reposait quelques légumes et un morceau de viande. Un seul mot, dont la typographie trahissait l'écriture de Sasuke, tranchait la blancheur du parchemin.
« Mange. » Le shinobi de Konoha sourit avant de commencer son repas. Si simple fût-elle, l'attention de Sasuke à son égard lui faisait plaisir. Toutefois, lorsque le Nukenin rentra, il ne dit mot, rejoignant simplement sa place. Durant plusieurs jours, le silence ne fut rompu que par les vaines tentatives de Naruto pour instaurer le dialogue et les monosyllabes qu'il obtenait en réponse. Puis, le troisième soir :
- Pourquoi avoir combattu Madara ?
Sasuke posa des yeux las sur son vis à vis. Puis il reporta son attention sur le feu. Pendant un temps, le blond crut qu'il ne lui répondrait pas. Il s'adossa contre le mur, les genoux pliés contre son torse. La plupart de ses blessures étaient guéries et sa fracture réduite. Il aurait pu s'éclipser mais voulait profiter de la présence de son meilleur ami et tenter de le convaincre de rentrer avec lui.
- Tu affrontais déjà Tobi. Tu n'aurais eu aucune chance face aux deux.
Dans un élan de fierté, le Jinchûriki s'apprêta à nier. Avant de se souvenir des paroles d'Itachi. Sa mise en garde contre le fait de devenir trop arrogant et de penser devoir tout régler lui-même. Il se mordit la lèvre inférieure, admettant aussi que Sasuke ne se trompait pas : affronter simultanément les deux grosses pointures qu'étaient Madara et Tobi demeurait irréalisable à son niveau actuel.
- Et il y a mon frère.
- Ton frère ? répéta le Jinchûriki sans comprendre.
Le brun hocha la tête, avant de préciser devant l'air perplexe de son compagnon :
- Il compte sur toi pour protéger Konoha.
« Ca ne m'avance pas plus » voulu ironiser Naruto. Avant de songer que ce n'était peut-être pas une bonne idée ; pour une fois, Sasuke se révélait enclin aux confidences. Acceptait d'évoquer son aîné. Le blond saisit l'un des bouts de bois auxquels il avait accroché un poisson un peu plus tôt et commença à manger lentement. Pensif. Même si cela lui coûtait, il ne disait mot, réceptif aux aveux de son compagnon.
Celui-ci gardait les yeux baissés. Dans sa tête, les dernières paroles d'Itachi résonnaient. « Quoique tu fasses, je t'aimerai toujours ». L'autorisait-il ainsi à perpétuer sa vengeance ? Ou cherchait-il à le diriger vers une voie plus douce ? Tant d'incertitudes qui se bousculaient dans sa tête ! Le dernier Uchiha finit par lever ses yeux d'onyx vers son compagnon.
- Pourquoi ?
La question à peine chuchotée soutira un sursaut à Naruto. Celui-ci haussa un sourcil et répéta :
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi donner sa vie pour un village ?
Un sourire désabusé apparut sur les lèvres de Naruto. Quelques années auparavant, à la mort du Sandaime, il avait posé une question presque similaire à Iruka. Au début, il n'avait pas vraiment compris, mais maintenant il réalisait que les gens se sacrifiaient par amour, pour protéger leurs proches. Alors il répéta mot pour mot les paroles de son ancien sensei :
- Quand une personne meurt et disparait, elle emporte son passé, son présent, et même son futur. Les morts sont nombreux en mission et en période de guerre. On rencontre la mort si aisément ! Ceux qui sont morts avaient rêves et aspirations. Mais tout le monde en a des parents, une famille, des amis, des amants. Des gens qui leur sont chers. Ils se font confiance et s'entraident. Les sentiments entre tes proches et toi, le lien qui vous uni se renforcent avec le temps. C'est logique. Ceux qui ont ce lien avec toi feront ce genre de choses. Car tu leur es cher.
Sasuke ricana, visiblement peu convaincu. Persuadé que cela ne le concernait pas. Peu réceptif aux sentiments de Naruto. Pourtant, celui-ci refusait de laisser tomber. Après son interminable quête, qui durait depuis plus de trois ans, il disposait enfin d'une vraie chance de ramener son meilleur ami à la raison.
- C'est pour ça que ni Sakura, ni moi ne pourrons jamais t'abandonner, ajouta-t-il, conscient qu'il radotait. Parce que tu es notre ami. Notre meilleur ami. Un membre de l'équipe sept. Pour ça que ceux de notre génération, à Konoha, n'hésiteraient pas à te venger si un shinobi d'un autre village te tuait. Pour ça qu'Itachi n'a voulu te sauver, même s'il a du exterminer votre clan pour cela.
- Pour ça que mes parents n'ont pas tenté de se défendre face à lui.
La brusque bourrasque de vent qui s'infiltra dans la grotte faillit masquer l'imperceptible murmure de l'Uchiha. Naruto frissonna, tant à cause de la soudaine fraicheur de l'air qu'à cause de la douleur qui transcendait la voix de son vis-à-vis. Il crut même voir sa lèvre inférieure trembler légèrement. Il ne lui demanda pas comment il savait ça - il doutait que Sasuke lui répondit. Alors il attendit simplement, ses deux saphirs étincelants posés sur l'homme, molesté par son passé, qui se tenait face à lui. Cette fois, le silence ne s'éternisa pas ; la bouche du brun déversait le flot de paroles retenues depuis des années, montrait cette fragilité qu'il s'efforçait de réprimer.
- Ils savaient que, s'ils l'affrontaient et le battaient, ils n'auraient de toute façon eu aucune chance face aux forces de Konoha, soufflait Sasuke, comme s'il avait peur que raconter ces faits à voix haute ne les rendrait que plus tangibles et douloureux. Il avait déjà abattu beaucoup des nôtres. Et il était, et de loin, le meilleur combattant de notre clan. Un véritable prodige. Sans lui, les Uchiha n'avaient aucune chance. Père et Mère le savait et ont préféré nous sauver tous les deux. Parce qu'ils nous aimaient... Et parce qu'ils ne pouvaient pas faire de morts inutiles. Oui, ils voulaient renverser les Senjû, mais combattre alors que l'issue ne pouvait être changée, tuer inutilement des shinobi, des personnes avec qui ils étaient amis...Ils ne pouvaient pas ! Pas alors que beaucoup des nombres étaient déjà...
Les sanglots qui enrouaient la voix de Sasuke perturbèrent son interlocuteur. Qui retint l'envie embarrassante de le serrer contre lui. Jamais le nukenin n'aurait supporté qu'on soulignât ainsi son état de faiblesse. Et, surtout, Naruto assimilait difficilement les propos de son meilleur ami. Le comprenait. Ses propres parents s'étaient aussi sacrifié pour le bien du village. Lui aussi ressentait parfois cette indélébile cicatrice lui insuffler une pointe de haine à l'égard de Konoha.
Enfin, le blond réalisa.
La voix de Sasuke ne contenait plus aucune amertume !
Juste une profonde solitude, une inaltérable tristesse.
- Tu... Tu ne veux plus détruire Konoha, alors ?
Sasuke hocha la tête, muet à nouveau. Détruire Konoha reviendrait à anéantir les dernières volontés de ses parents. Eux voulaient qu'il y vivat paisiblement, même si leur clan n'existait plus.
- Alors...
- Mais je ne rentrerai pas avec toi.
Le cœur de Naruto, qui s'était insidieusement rempli d'espoir, se serra à l'entente de ces mots. Sasuke se plaisait-il à le faire souffrir ? Il baissa les yeux, les posa sur le sol rocailleux. Pendant un instant, il crut que tout était perdu. Que ces dernières années ne représentaient rien, qu'il niait l'évidence avec acharnement : rien ne pourrait empêcher la mort de l'équipe sept.
Mais il ne voulait pas abandonner. Il ne pouvait pas abandonner.
Il releva la tête vers Sasuke et entrouvrit les lèvres. Il cherchait encore les mots à prononcer quand son vis-à-vis l'interrompit ; un simple regard avait suffit à lui faire deviner ses intentions.
- Mon retour mettrait Konoha en danger, ainsi que la nouvelle alliance entre les cinq grandes nations. J'ai attaqué le conseil des cinq kage, je te rappelle.
- Mais... tenta vainement le genin. Je suis sûr que...
Pendant deux jours encore, Naruto usa de nombreuses stratégies pour convaincre son meilleur ami de le suivre. Mais aucune ne parvint à le convaincre. Même si, le blond le nota, leur relation ressemblait de plus en plus à celles qu'ils entretenaient par le passé. Parfois, il avait même la sensation d'être encore plus proche que lui qu'auparavant. Lorsqu'ils se souriaient, complices, au dessus du feu. Lorsqu'ils se frôlaient, accidentellement. Lorsque Sasuke vérifiait la guérison des blessures du Jinchuriki. A chaque fois, le rythme cardiaque de ce dernier s'emballait. Mais le shinobi se réprimandait intérieurement : jamais son compagnon devrait deviner ses sentiments.
Les blessures de Naruto s'estompèrent peu à peu, jusqu'à disparaitre. Seul persista un élancement le long de son mollet. Les deux jeunes hommes le remarquèrent ; ils gardèrent le silence, et se rapprochèrent encore plus. Comme si, sachant que les adieux s'approchaient irrémédiablement, ils aspiraient à profiter de chaque instant en compagnie de l'autre. Conscients que cette sphère paisible, hors du monde et du temps, dans laquelle ils se réfugiaient depuis plusieurs jours, éclaterait bientôt. Le blond ne s'attendait vraiment pas à ce que Sasuke parlât, rigolât encore plus avec lui ; comprit que l'autre aussi désirait imprimer ces moments passés ensemble dans son esprit. Éprouvait-il les mêmes sentiments que lui ? Peut-être.
Mais Sasuke ne reviendrait pas à Konoha. Ca, il l'avait bien compris.
Une semaine après leurs combats contre Tobi et Madara, Naruto fit face à Sasuke. S'efforça d'ignorer les battements effrénés de son coeur lorsqu'il croisa son regard d'obsidienne. Retint la façon dont ses mèches d'ébène tombaient sur son front d'albâtre, le torse musclé nu, la légère courbe de ses fesses - et tout en réfrénant la vague de chaleur qui menaçait de le submerger depuis le début de leur "cohabitation". Une part de lui aurait aimé sauter sur le jeune homme et l'embrasser jusqu'à ce qu'ils perdissent haleine. Mais il se retint, sachant qu'agir ainsi n'entrainerait que leur souffrance à tous les deux. Alors il déclara alors que son âme le priait de se taire :
- Je vais devoir rentrer à Konoha. Sakura-chan doit s'inquiéter...
- Ne parle pas d'elle.
La colère transcendait les yeux et la voix du nukenin. Si jusqu'ici il s'était révélé, à défaut d'être chaleureux, complice, la simple évocation du nom de l'eiseinin l'avait crispé. Il attrapa Naruto par le devant de sa veste orange et le plaqua avec violence contre la paroi de la grotte. Il s'approcha de lui et vient souffler à son oreille :
- Je ne veux pas que tu pense à elle lorsque tu es avec moi... je ne veux pas que tu me rappelles à quel point tu l'aimes.
Le genin s'apprêtait à répliquer qu'il n'était guère éprit de la kunoichi lorsqu'il sentit quelque chose d'humide parcourir son lobe. Il retint un gémissement en comprenant qu'il s'agissait de la langue de l'Uchiha. Ses yeux azurés s'écarquillèrent lorsque le muscle habile s'insinua derrière l'oreille avant de laisser la place à des dents affamées.
- S-Sasuke ? bredouilla-t-il, songeant vaguement qu'il ne devrait pas se laisser faire.
- Tu m'appartiens, Naruto.
L'interpelé frissonna. Bien qu'il sût depuis longtemps qu'il était destiné à Sasuke, entendre ce dernier l'assener d'une voix si déterminée le perturbait. Toutefois, un élan de fierté l'incita à repousser l'Uchiha : ses mains se posèrent sur les pectoraux parfaitement dessinés. Et chauds. Doux. Fermes. Alors, toute volonté d'écarter le brun s'évapora et les doigts mattes effleurèrent avec hésitation la peau offerte à leur contact. Naruto sentit son ami se tendre de plaisir sous ses caresses et affirma ses dernières. En réponse, les lèvres du nukenin se posèrent sur son cou, y laissèrent de nombreux suçons. Si dans un premier temps la sensation déplut au Jinchuriki, celui-ci finit par laisser échapper une plainte de plaisir et agrippa la chevelure dense de son bourreau.
Il en voulait plus. Tellement plus ! Ce contact sensuel, dont il avait si souvent rêvé, lui paraissait irréel. Il ne parvenait à croire que Sasuke - son Sasuke - dévorait sa nuque, son épaule d'ardents baisers. Son souffle devenait plus erratique à chaque seconde et, bientôt, il ferma les yeux pour mieux profiter du torrent d'émotions qui le submergeait. Il laissait glisser les mèches indomptables de son futur amant entre ses doigts. Il adorait leur texture.
Mais détestait rester passif sous la délectable torture que l'autre lui infligeait. Bien décidé à reprendre un tant soit peu le contrôle de leurs ébats, Naruto saisit plus fermement les cheveux de ce dernier. L'obligea ainsi à relever la tête. S'empara de ses lèvres avec fougue et maladresse. Ce baiser n'avait rien de semblable à celui échangé des années plus tôt par accident. Il ne fût ni bref, ni répugnant. Bien au contraire. Il ressemblait plutôt aux nombreux conflits qui les avaient opposés pendants des mois. Chacun chercha à prendre le dessus, mordit, suçota, tenta de dominer l'autre. Et, si leur inexpérience les rendait tous deux maladroits et les amenaient à se blesser involontairement, aucun d'entre eux ne réprouvait l'instant unique qu'ils partageaient. Les perles de sang sur leurs lèvres ne les excitaient que davantage encore. Bientôt, leurs langues engagèrent un combat acharné. Tout deux suffoquaient, le baiser se prolongeant encore et encore.
Mais aucun ne semblait décidé à le rompre, ne voulait abdiquer face à l'autre. Rivalité et plaisir se mêlaient. Ce ne fût que lorsque la main sournoise de Sasuke se faufila sous la veste de Naruto, caressa son ventre pour venir pincer l'un de ses tétons, que le blond recula légèrement la tête et geignit. Aussitôt, le brun en profita pour ravager son cou - au point où le Jinchuriki bénit le pouvoir de guérison de son bijû. L'Uzumaki garda les yeux clos, subjugué par le plaisir et la peur de se rendre compte que tout ceci provenait de son imagination. Mais quand il sentit les doigts tremblants d'anticipation de Sasuke glisser le long de sa carotide, entendit le zip de la fermeture éclair de son vêtement orange, il prit conscience de la véracité de la situation.
Un glacial courant d'air joua sur son torse imberbe, sans toutefois atténuer le brasier de désir qui brûlait en lui. De toute façon, les lèvres de Sasuke qui parcouraient son torse l'incendièrent à nouveau. Les gémissements emplissaient la grotte ; des petits cris les rejoignirent quand des dents taquines s'emparèrent d'un téton sensible. Un doigt incertain joua un instant avec un nombril avant de s'écarter, comme brûlé. Des baisers recouvrir un ventre aux abdominaux parfaitement dessinés, qu'une langue aventureuse retraça. Chaque geste était empli d'une maladresse poignante, qui émut Naruto et exacerba son plaisir. Cela le rassurait, l'amenait à croire que lui aussi était le premier de Sasuke.
- Embrasse moi... gémit-il lorsque celui-ci mordilla une parcelle de peau juste au-dessus de sa ceinture.
Un sourire en coin très uchihesque se dessina sur les lèvres du brun qui se releva. Sans accéder à la requête de son amant. Il baisa sa mâchoire de multiples et furtives fois, de son menton à son oreille, parcourut sa joue, effleura le coin de sa bouche, mais ne joignit pas cette dernière à la sienne. Il s'amusait des grognements de frustration que laissait échapper Naruto alors qu'il se dérobait à ses désirs. L'impatience du shinobi le plus impulsif de Konoha culmina quand Sasuke se pressa brièvement contre lui. Il saisit alors le brun par les épaules et le plaqua contre lui, leurs corps s'épousant parfaitement. Il molesta ses lèvres dans un baiser encore plus passionné et ardent que le précédent. Plus violent aussi. Presque bestial. Leurs dents s'entrechoquaient ; arrachaient des bouts de peau. Un arrière goût métallique se répandit dans leurs bouches.
Fébriles, les mains du genin s'acharnèrent sur la ceinture qui maintenait les vêtements de son amant en place. L'envie de sentir le corps nu de Sasuke contre le sien l'oppressait. Il en suffoquait presque ! Lorsque enfin plus aucun obstacle ne l'empêchait d'admirer son amant, Naruto se détacha de lui.
Et resta bouche bée.
Certes, il l'avait de nombreuses fois vu en tenue d'Adam dans les bains mais devait avouer que les années avaient rendu l'Uchiha encore plus... appétissant. Désirable. Affamé, Naruto se jeta dans ses bras pour un nouveau baiser. Ses ongles griffèrent les épaules de Sasuke, laissèrent des traces sanguinolentes sur sa peau blanche. Glissèrent le long de son dos. Atteignirent ses reins. Frôlèrent ses fesses. Avant de dessiner les hanches anguleuses. Alors le blond vint empoigner son sexe, un peu trop brutalement peut-être, et débuta un vif mouvement de va-et-vient. Un premier soupir de bien être s'échappa des lèvres du nukenin qui eut tôt fait de mordre le cou de son compagnon pour l'étouffer. Et échauffa encore plus un Naruto déjà bien échaudé. Celui-ci remercia mentalement Jiraya de l'avoir forcé à lire le dernier tome d'Icha Icha : cela lui avait permis de mieux connaitre les zones érogènes du corps masculins. Du pouce, il titilla le gland du brun tout en continuant ses mouvements de pompe, assez rapidement.
Peut-être aurait-il dû être plus doux, surtout s'il s'agissait de leur première fois à tous les deux. Mais il ressentait le besoin irrépressible de marquer Sasuke comme sien de manière brutale, animale. Etait-ce là l'influence de Kurama ? Il exerçait une pression plus ou moins forte sur la verge de son amant, savourant tous les gémissements pleins de luxure que ce dernier ne refrénait pas. Il le sentait se tendre contre lui, mouvoir ses hanches au rythme de ses doigts. Jamais il n'avait vu Sasuke dans un tel état d'abandon et devait admettre que ceci lui plaisait. Il lapa l'arrière de l'oreille de l'Uchiha, la mordilla - érotique vengeance.
Lorsqu'il sentit que Sasuke ne se contiendrait bientôt plus, il retira ses mains et arracha ainsi un grognement désapprobateur au jeune homme. L'ébauche d'un sourire taquin étira ses lèvres. Avant de disparaitre aussitôt. Pour le punir, le nukenin avait pincé l'un des bourgeons rosés qui ornaient son torse, sans douceur. Un éclair de plaisir éclata dans le corps du blond, qui se cambra violemment. Satisfait, le brun s'empara à nouveau des lèvres de son vis-à-vis et entreprit de lui ôter son survêtement. Caresses aériennes. Coups de langue savamment esquissés. Les deux shinobi s'assuraient à chaque instant, rendant le plaisir de l'autre de plus en plus insupportable.
Mais, une fois qu'il eût ôté les vêtements de Naruto, Sasuke se figea et fixa leurs sexes dressés l'un contre l'autre. Rougit. Le blond l'observa, ignorant les raisons de sa soudaine crispation. Puis il suivit son regard et comprit. Se tanna intérieurement. Et se rendit à l'évidence.
Sasuke n'avait vraiment aucune expérience homosexuelle. Et lui le brusquait, lui imposait son corps d'homme. Doucement, il caressa la joue de son amant. Certes, celui-ci le désirait, mais il ne semblait pas encore prêt à assumer son attirance pour un être du même sexe que lui. Peut-être était-il encore trop jeune, ou peu sûr de ses sentiments. Naruto ne voyait qu'une façon de passer outre cette gêne - après tout, son excitation était bien trop importante pour qu'il renonçât maintenant, surtout qu'ils ne se reverraient probablement jamais.
- Sexy henge no jutsu, chuchota-t-il.
Une splendide jeune femme apparut alors entre les bras de Sasuke, là où se trouvait Naruto quelques minutes plus tôt. Seules les yeux azurés et les striures sur ses joues attestaient de son identité. Malgré son état, le nukenin admira les progrès effectués par son ancien coéquipier sur cette technique. Ses cheveux dorés, détachés, atteignaient le creux de ses reins. Ses courbes correspondaient aux formes rêvées par la plupart des hommes. Sa bouche charnue appelait à la tentation.
- Pourquoi ? souffla-t-il, hébété par les sacrifices dont était capable Naruto pour lui faire plaisir.
- Chut...
Celui-ci - celle-ci - l'embrassa pour le faire taire, bien décidé à profiter de la seule nuit qu'ils passeraient ensemble.
En songeant à cette nuit, Naruto sentit une bouffée de chaleur l'envahir. Il se souvenait de chaque geste, de chaque mot échangés durant ces quelques heures où ils avaient été unis. Et, s'il avait eu d'autres amants depuis Sasuke, jamais aucun d'eux ne lui avait procuré le même plaisir, la même exaltation. Telle n'avait pas été sa surprise lorsque, deux mois plus tard, Sakura lui avait annoncé qu'il attendait un enfant ! Dans un premier temps, il n'était parvenu à la croire ; après tout, un homme ne pouvait porter d'enfant. Mais les signes ne trompaient pas : son ventre s'était arrondi, ses pectoraux avait pris la forme de seins, il était lunatique et bien trop sensible. Quant à ses examens sanguins, ils révélaient un fort taux d'œstrogènes.
Seule une discussion avec Kyûbi lui avaient permis de comprendre ce qu'il se passait.
- Lorsque tu te transformes en femme, la modification est aussi interne, l'avait informé le démon renard, l'air amusé. Quand tu t'es envoyé en l'air avec ton Sasuke, tu étais en période d'ovulation. J'ai pensé que tu serais content qu'une partie de lui reste auprès de toi, alors j'ai fait en sorte que tu puisses garder l'embryon.
- Tu n'avais pas à prendre cette décision pour moi ! s'était énervé le futur père, qui n'appréciait pas qu'on régentât sa vie. J'avais mon mot à dire, tu ne crois pas ? Après tout, il s'agit de mon corps !
- Tu veux que ta grossesse s'arrête ? lui avait demandé son hôte, caustique.
Naruto n'avait su quoi répondre. Porté la main sur son estomac. Là où une vie grandissait. Et finit par choisir d'avoir l'enfant : il n'aurait pas eu d'autre chance d'avoir un descendant à cause de sa sexualité. Qui plus est, Kurama ne se fourvoyait pas ; il aimait savoir qu'une part de l'Uchiha demeurait auprès de lui. En lui.
Il n'avait pas cherché à dissimuler son état et s'était contenté d'esquiver les questions concernant l'identité de l'autre père. Curieusement, dévoiler son homosexualité ne s'était pas révélé aussi dur qu'il l'avait imaginé - si on exceptait le fait qu'Hinata s'était évanouie et Lee intéressé à la reproduction entre deux hommes. Lui qui craignait de voir ses amis s'éloigner avait reçu le soutient inconsidéré de ses proches, notamment d'Iruka qui voyait en ce bébé un futur petit-fils.
Quand Naruto voyait Saito dormir aussi paisiblement, il ne parvenait à regretter son choix. Il savait qu'il ne pourrait cacher longtemps aux habitants du village que son fils était un Uchiha mais espérait qu'ils l'accepteraient le temps venu. Il sourit et ferma doucement la porte. Ses journées en tant que Hokage l'épuisait ; il ne tarda donc pas à aller se coucher.
- Tu es sûr de toi ? s'enquit une nouvelle fois le Rokudaime auprès de son stratège.
- Oui, confirma Shikamaru.
Lui d'habitude si impassible avait la mâchoire crispée. Il n'appréciait pas plus que le Hokage l'information qu'il venait de lui transmettre : un groupe de nukenin s'agitait à l'ancien emplacement du pays d'Oto. De nombreux conflits y avaient éclaté, accompagné de vols et de mystérieuses disparitions. Visiblement, l'homme à la tête de cette organisation s'attaquait aux jeunes genin et cherchait à les influencer afin qu'ils le rejoignissent. Nonobstant tous leurs efforts, Konoha et ses alliés n'avaient réussi à découvrir son but ou sa véritable identité. Le brun avait donc proposé une nouvelle stratégie à Naruto, qui était loin de leur plaire à tous les deux : envoyer des adolescents sur le terrain afin qu'ils puissent s'infiltrer. D'autant plus qu'une seule équipe semblait capable de pouvoir mener cette mission à bien : celle de leurs fils.
Le Jinchuriki grimaça. Il ne doutait pas des capacités de Saito - après tout, sa puissance dépassait de loin la sienne à son âge et il faisait preuve d'autant d'intelligence que Sasuke - et savait que Sakura, sensei de l'équipe quatre, veillerait sur ses élèves. Mais il ne parvenait à se défaire d'un inexplicable malaise.
- Très bien, soupira-t-il malgré tout. Konohamaru, fais les venir.
- Katon : Hôsen-Rasengan !
Le cri de Saito résonna dans l'aire d'entrainement, bientôt suivi par une explosion assourdissante. Le chûnin se retrouva propulsé plusieurs mètres plus loin, sous l'oeil moqueur de Nara Shikako, son coéquipier.
- A quoi ça sert d'avoir une technique aussi puissante si elle te blesse toi aussi ?
L'Uzumaki grommela en se releva et épousseta ses vêtements noirs. Il posa ses yeux d'onyx sur l'arbre qu'il venait de couper en deux et jugea que Shikako n'avait peut être pas tort : si sa technique devenait de plus en plus dévastatrice, il ne disposait du physique nécessaire pour contrôler la force de recul qu'elle générait. Il jura et tendit de nouveau la main devant lui, prêt à réessayer. Mais Emiko remarqua :
- Konohamaru-san approche.
Surpris de voir l'assistant de son père interrompre leur entrainement, Saito laissa retomber son bras et s'approcha de Sakura. Cette dernière discutait déjà avec Konohamaru et semblait perplexe. Elle fronçait les sourcils et parlait à voix basse avec précipitation. Son vis-à-vis lui répondait avec la même véhémence.
- Mais ce ne sont que des enfants !
La dernière exclamation n'échappa pas aux trois élèves, qui échangèrent un regard surpris.
- Naruto-nii-san insiste pour ce que soit eux.
- Très bien, finit par soupirer Sakura, sans toutefois se départir de son inquiétude.
Quelques minutes plus tard, l'équipe quatre se trouvait dans le bureau du Hokage. Celui-ci se tenait debout devant la fenêtre et fixait le village devant lui. La crispation de ses poings contre ses hanches n'échappa pas à Sakura : la mission qu'il voulait leur confier semblait dangereuse. Puis Naruto soupira et se tourna face aux nouveaux arrivants.
- Je vais vous confier une mission de rang A, annonça-t-il sans préambule.
Plusieurs exclamations de surprise retentirent dans la pièce. Une mission de rang A pour des genin ? Alors que Emiko ouvrait la bouche pour rétorquer qu'il s'agissait d'une folie, Saito, qui lisait l'anticipation dans les yeux de son père, s'enquit :
- Quel genre de mission ?
Il affichait un air assuré, bien qu'il tremblât intérieurement. Les Kage ne chargeaient que très rarement des adolescents de tâches aussi importantes et délicates mais le jeune chûnin voulait se montrer digne de son hérédité. En tant que fils du Rokudaime et petit-fils du Yondaime, il protégerait Konoha coûte que coûte. La lueur de détermination dans ses yeux d'obsidienne n'échappa pas à Naruto, qui sourit. A son âge, il aurait sauté de joie alors qu'il n'avait pas de chances réelles de conclure une mission aussi périlleuse. Mais Saito ressemblait à Sasuke quand il devait agir en shinobi : calme et compétent. Ce constat rassura le jinchûriki.
- De nombreux genin ont disparus au Nord du pays du Feu, commença-t-il à expliquer. Tous étaient très doués. Selon une source sûre, ils ont tous rejoints une organisation. Celle qui les a enlevé.
- Qu'attendez-vous de nous, Rokudaime-sama ? interrogea Shikako alors que près de lui Emiko blêmissait.
- Que vous infiltriez leurs rangs.
Il entreprit alors de leur expliquer ce qu'ils devraient faire, sous le regard anxieux de Sakura. Celle-ci ne pourrait intervenir et assisterait à tout, impuissante. Elle n'agirait que si la mort menaçait l'un des adolescents. Elle détestait cela. Mais ne contesta pas les ordres de Naruto. Elle le connaissait depuis suffisamment longtemps pour noter les rides aux coins de ses lèvres. Envoyer Saito dans une mission aussi risquée était contraire à ses principes, surtout que le chûnin risquait d'utiliser cette technique. Et que ses coéquipiers ignoraient l'identité de son père. L'eiseinin riva son regard émeraude dans celui saphir de son meilleur ami. Celui-ci hocha simplement la tête avant de donner congé aux jeunes shinobi.
- Votre mission commencera ce soir, les informa-t-il avant d'ajouter : Saito, reste ici s'il te plait.
Les yeux opalins d'Emiko, qui trahissaient son appartenance au clan Hyûga, se posèrent brièvement sur son coéquipier avant que le brun ne posa une main ferme sur son épaule. D'un signe de tête, Shikako lui indiqua qu'ils devaient sortir. Emiko se dégaga d'un geste brusque et quitta la pièce, suivie de près par le jeune Nara. Lorsque Naruto se retrouva seul avec son fils, il le fixa un instant. Ouvrit la bouche.
- Ne t'inquiète pas, je sais que je ne dois pas les utiliser, le devança Saito, un sourire aux lèvres. Personne ne doit savoir que je suis le descendant des Uchiha. Ne t'en fais pas Papa, tout se passera bien. A mon âge, tu avais déjà affronté Gaara-sama et Orochimaru. Et tu n'étais que genin !
Naruto ne put s'empêcher de tirer puérilement la langue devant la taquinerie de son enfant. Il se détendit légèrement et jeta un coup d'oeil à la pile de dossiers qui attendaient - encore - sur son bureau.
- Que dirais-tu d'un bol de ramen ? proposa-t-il, jugeant que la paperasse attendrait bien quelques heures.
- D'accord, mais c'est toi qui paie ! accepta Saito.
Naruto se leva et ébouriffa les cheveux de son fils. Prêt à déguster leur traditionnel déjeuner chez Ichiraku.
Et voilà pour cette première partie ! La deuxième devrait contenir plus d'action à proprement parler. Pour Mirai, Emiko et Shikako, leur hérédité sera expliquée plus amplement dans la première partie - je voulais surtout me concentrer sur le SasuNaru et Saito pour l'instant.
En ce qui concerne Les Flammes de la Paix, elle est en cours d'écriture elle aussi. Le prochain chapitre devrait être en ligne en août. Quant à Shin Sekai... J'attends la correction que ma super bêta. Si elle se décide un jour xD
J'espère que cette partie vous aura plu ! Quelques reviews ? :3
" おれは お前をずっとあいしている "
