Genre : U.O ; Romance (yaoi ), aventure, humour
Disclaimer : La plupart des personnages appartiennent à Kishimoto-sensei. D'autres sont le fruit de mon imagination.
Rating : M - présence de scènes de sexe plus ou moins explicites.
Attention : présence de spoils
Note : Oui, je sais, j'ai pas mal de retard ! Mais je commence à travailler, et ça va me prendre tous mes après-midi, ou presque ! Donc bon, ça risque d'être laborieux un certain temps. Cette partie est un peu plus courte, car essentiellement concentrée sur un combat particulier... et oui, l'OS va probablement faire trois à quatre parties. Donc je crois que je vais finir par le qualifier de mini fic !
Reviews : Merci à Black, Caprice75, Maria, Kaneko-chan, Olorin et Garla-sama pour vos reviews. Ca me fait grandement plaisir ! Par contre, Kaneko-chan, je n'ai pas pu te répondre, donc je le fais là ^^ Le retour dans le passé est indiqué, par le passage en italique ! Je ne suis pas du genre à inscrire les dates, je préfère utilisé la typographie.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Deuxième partie
Saito vérifia une dernière fois son paquetage avant de le hisser sur son dos. A ses côtés, Shikako et Emiko l'imitaient. Les visages tendus des trois adolescents trahissaient leur stress mais chacun d'eux voulait agir en véritable shinobi. Alors qu'il s'apprêtait à leur donner l'ordre de partir, Naruto sentait sur lui le regard de Temari. L'ancienne kunoichi de Suna avait accepté la demande en mariage de Shikamaru - ce qui avait doublement choqué leurs amis, qui ne s'étaient pas attendus à une telle demande et encore moins à ce que la blonde acceptât - et quitté son village à la fin de la Grande Guerre. Beaucoup la considérait comme ambassadrice du Kazekage et, si certains l'avaient d'abord abordée avec méfiance, elle faisait à présent partie intégrante du village de Konoha. Elle n'appréciait pas que son fils ait été choisi pour réaliser cette mission mais faisait confiance à son mari. Elle connaissait aussi son rôle dans ce plan : elle devrait transmettre à son frère les informations collectées par l'équipe quatre pendant les prochains jours.
Elle jeta un coup d'oeil à Minoru, l'un de ses élèves, qui devrait se charger de communiquer avec un membre du clan Yamanaka. Ses camarades et lui venaient tout juste d'être promus genin mais Naruto savait que le fils d'Ino était très doué pour retransmettre les informations. Il ne s'inquiétait pas : cette nouvelle formation Ino-Shika-Cho, même si elle venait à peine de voir le jour, dévoilerait la même puissance que celles qui l'avaient précédée. Et, même s'il avait longtemps hésité à confier cette équipe à Temari, ne voulant pas que la fille de cette dernière profitât de traitement de faveur, il avait fini par réaliser que la kunoichi était l'une des rares personnes à connaitre parfaitement les aptitudes des genin.
La jeune femme se tourna vers Naruto.
- Nous attendrons tes ordres à Suna, lui certifia-t-elle avant de faire signe aux membres de l'équipe dix de la suivre.
Puis se fût au tour de Sakura de hocher la tête avant de s'éclipser, laissant son ancien coéquipier seul avec l'équipe quatre. Le Rokudaime détailla avec attention son fils alors que les paroles de son père résonnaient dans sa tête. Le rôle de parent est de croire en son enfant, quoiqu'il advienne. Il savait que Saito réussirait cette mission.
- On y va ! s'exclama le chûnin avant de décamper, ses coéquipiers derrière lui.
- Sois prudent... chuchota Naruto.
- Etre Hokage n'est pas toujours la position la plus facile, n'est-ce-pas ?
Le jeune homme ne fût pas surpris d'entendre la voix de Tsunade auprès de lui : il avait senti son chakra alors qu'elle se dissimulait dans l'ombre. Il se contenta de hocher la tête tandis qu'elle posait une main réconfortante sur son épaule. Elle aussi priait pour que les jeunes gens revinssent sains et saufs.
- Pourquoi est-ce que tu veux absolument retourner là-bas ? demanda pour la énième fois Suigetsu à Sasuke.
Ce dernier ne lui répondit pas. Le nukenin de Kiri grommela tout en sautant sur une branche de l'arbre le plus proche. Songea qu'en treize ans, la morosité de son chef s'était accrue. Jûgo, lui, garda le silence, habitué aux jérémiades de son compagnon. Les hommes de Taka n'avaient guère changé depuis sa création, si ce n'était les ridules qui apparaissaient aux coins des yeux de Sasuke et l'affinement de sa silhouette. Le roux, lui, gardait la même apparence que lors de sa jeunesse grâce à ses étranges facultés. Quant à Suigetsu...
Il restait Suigetsu.
Bizarre.
Unique.
Cela faisait trois semaines qu'ils avaient quitté leur dernier repère. L'acharnement dont avait fait preuve l'Alliance des cinq nations après la Grande Guerre s'était certes estompée, mais Sasuke, Jûgo et Suigetsu demeuraient des nukenin activement recherchés. De ce fait, ils ne restaient jamais plus de deux mois au même endroit. Jusqu'alors, ils avaient toujours évité les anciens repères d'Orochimaru. Pourtant, l'Uchiha désirait se rendre à Oto, là où son ancien maître s'était reposé après sa vaine tentative pour détruire Konoha. Suigetsu n'y comprenait rien : le Hokage et plusieurs de ses proches connaissaient l'emplacement de cette cachette. Alors pourquoi...
- Tu te rappelles de ce qu'Orochimaru t'a fait subir ? lui demanda soudain le brun d'un ton impassible.
De surprise, l'homme aux dents pointues manqua de tomber et ne se rattrapa que de justesse. Une trainée pourpre macula progressivement sa jambe alors qu'il reprenait son avancée.
- Comment est-ce que je pourrais oublier ce que ce connard m'a fait ? Nous a fait ? chuinta-t-il, les poings serrés.
La haine brillait dans ses prunelles claires alors que ses poings se crispaient sur ses hanches. Ce serpent avait volé une partie de sa vie, l'avait humilié. Jamais il ne lui pardonnerait. Sa rage n'échappa pas à Sasuke, qui laissa tomber, énigmatique :
- C'est pour ça.
Ce type serait-il un jour capable de parler clairement ?
Sans ralentir sa course, Saito jeta un coup d'oeil à Shikako et Emiko. Ses compagnons le suivaient sans faillir, même si la fatigue engourdissait peu à peu leurs muscles. L'héritière des Hyûga fermait la marche : son byâkugan lui permettait de surveiller leurs arrières. Quand à Shikako, il profitait de la protection de ses deux amis pour échafauder plusieurs plans. Le silence les englobait et le chûnin ne ressentait aucun chakra inconnu. Toutefois, les rayons du soleil perçaient les branchages avec de moins en moins de luminosité et l'Uzumaki ne distinguait qu'avec peine les traits de ses coéquipiers. La nuit s'emparait de la forêt et compliquait leur avancée. N'ayant d'autre choix, Saito leva la main et rejoint le sol. Ses compagnons le rejoignirent peu après.
- Nous camperons ici, décréta-t-il.
L'abondant feuillage les protégerait de la pluie, ce qui les débarrassait de l'installation de leur tente. Ainsi, ils gagneraient plusieurs minutes de sommeil le lendemain matin - à en juger les cernes qui assombrissaient la peau diaphane d'Emiko, ce repos supplémentaire serait plus que profitable. Depuis deux jours, ils arpentaient la forêt en direction du Nord et ne s'accordaient que peu d'arrêt ; chacun se remémorait la mine soucieuse de leur Hokage, réalisait qu'un de leurs proches pourrait être enlevé.
Voire eux-mêmes.
- Qu'est-ce qu'on fera si l'un de nous est attrapé ? chuchota Emiko pendant le repas.
Ses cheveux dissimulaient son visage comme un voile ébène alors qu'elle fixait les flammes. En tant que membre du clan Hyûga, elle n'ignorait pas être la cible d'attentat potentiel. Mais jamais encore elle ne s'était présentée comme appât. Depuis des siècles, ses yeux suscitaient la convoitise et elle pressentait qu'elle serait attaquée la première. Shikako partageait ses craintes.
Aucun d'eux ne se doutait que Saito était une proie bien plus intéressante.
Allongé sur une branche, ce dernier réfléchissait ; sous lui, ses amis dormaient paisiblement. Il ne parvenait à oublier qu'ils étaient sous sa responsabilité ; que, en tant que chûnin, la réussite de la mission reposait grandement sur ses épaules. Pourtant il n'angoissait pas pour cela : il connaissait leurs capacités aussi bien que les siennes et ne doutait pas des plans élaborés par Shikako.
Mais ses maigres progrès dans l'élaboration de sa nouvelle technique le perturbait. Il travaillait sur le Hôsen-rasengan depuis plusieurs mois maintenant et ne parvenait toujours pas à le maitriser. Manque de vitesse ? De concentration ? De puissance ? Il l'ignorait. Sakura-sensei ne pouvait l'aider- elle ne disposait d'aucun talent en ninjutsu - et il n'osait demandé à son père. Il savait que ce dernier ne lui donnerait aucune réponse puisque son propre maitre ne s'était jamais attardé sur de longues explications. De plus, Saito préférait terminer seul son jutsu. Nonobstant le temps et la douleur.
Il leva sa main gauche. Jaugea les nombreuses brûlures qui l'abimaient. Il ne maitrisait pas complètement le katon, ce qui expliquait probablement ses difficultés avec le Hôsen-rasengan. Pourtant, il tenait absolument à le maitriser : il s'agissait de l'un des héritages du clan Uchiha. Le seul qu'il pouvait utiliser sans craindre d'être assimilé aux autres membres de sa famille et regardé avec crainte. Malgré la réhabilitation d'Itachi - dont le nom avait été gravé sur la pierre des sacrifiés pour le village - les habitants de Konoha gardaient une peur certaine à l'égard des Uchiha.
Saito sursauta en décelant un chakra près du camp. Il ne tarda pas à s'asseoir, aux aguets, et siffla pour avertir ses compagnons. Emiko, qui ne dormait que d'un oeil, se redressa aussitôt, les doigts crispés sur un kunai. Elle poussa l'épaule du jeune Nara tandis que leur chef d'équipe tentait de repérer plus précisément leurs futurs adversaires. Il grimaça avant de chuchoter aux deux autres :
- Ils sont six. Et ils ont l'air plutôt fort.
Emiko jura à voix basse - ce que son grand-père aurait réprimandé s'il l'avait entendue - et s'accroupit. A côté d'elle, le brun pouvait deviner ses tremblements. Malgré son caractère explosif, la benjamine des Inuzuka n'avait guère confiance en ses capacités et craignait d'être un fardeau pour ses camarades. Et, bien qu'elle affichât un masque sauvage, ses joues marquées par des triangles cobalt, ce futur combat l'angoissait. Un sourire hautain étira les lèvres de Shikako alors qu'il soufflait :
- Pas aussi forts que nous. Après tout, nous faisons partie de l'élite du village.
Vanité justifiée. Chacun d'entre eux avait été promu genin avant d'avoir dix ans. Tout trois auraient dû devenir chûnin ; toutefois, Shikako avait dû affronter Saito lors des préliminaires du troisième tour et Emiko s'était tellement entrainée qu'elle s'était fracturée la jambe avant le début de la troisième épreuve.
Cette prétentieuse remarque eut l'effet escompté et Emiko se décrispa légèrement. Mais elle ne lâcha pas ses kunai. Au contraire, sa prise se raffermit jusqu'à ce que ses jointures devinssent blanches.
- Byakugan ! s'exclama-t-elle.
Les veines sous ses tempes se marquèrent sous sa peau ; ses yeux opalins se plissèrent ; sa vision s'affina. L'adolescente repéra les silhouettes auréolées de parme et gronda :
- Ils nous ont encerclés. Il y en a un à une heure, un à trois heures. Cinq heures. Sept heures. Neuf heures. Et onze heures.
Quelques mètres plus haut, Saito confirma. Il tenait déjà plusieurs shuriken entre ses doigts mais appréhendait un corps à corps : s'il se révélait d'un niveau supérieur aux autres dans la maitrise du genjutsu et du ninjutsu, son taijutsu laissait à désirer. Non pas qu'il fût nul mais il manquait de puissance. Il sentait leurs assaillants se rapprocher ; le métal de ses armes s'enfonça dans la peau sensible entre ses doigts, la meurtrissant. Son coeur tambourinait dans sa poitrine ; il s'efforça toutefois de conserver une attitude neutre.
Un sifflement parvint soudain à son oreille et une vive brûlure irradia dans sa joue gauche. La lame effilée d'un kunai venait d'effleurer cette dernière et l'Uzumaki avait évité l'éborgnement de justesse. Il siffla, agacé contre sa propre inattention et s'exclama :
- Katon : Hosenka no jutsu !
Des dizaines de pétales de feu fusèrent vers les inconnus qui encerclaient l'équipe quatre. Plusieurs cris de douleur retentirent dans les ténèbres bientôt rompues par d'imposantes flammes. Les shuriken dissimulés dans les flammèches devaient avoir atteint leurs cibles. Mais Saito ne s'arrêta pas et invoqua de nouvelles armes. Il les imbiba de fûton et les jeta à leur tour, avivant le brasier. Bientôt, l'Enfer parut rugir autour des adolescents, rendant la fuite de leurs opposants impossible. Malgré cette fournaise, Emiko et Shikako ne paniquèrent pas : ils savaient que leur compagnon maitrisait chaque flamme et qu'ils ne risquaient rien.
- Le chakra de deux d'entre eux a disparu, informa la seule fille du groupe, les yeux toujours plissés. Les autres se rapprochent...
A côté d'elle, Shikako dégaina les poings américains que son père lui avait offerts à son entrée dans l'académie. Bien que parfaitement à l'aise avec les techniques du clan Nara, l'adolescent maitrisait des techniques fûton égales à celle de sa mère. Il avisa une adolescente d'une quinzaine d'années, vêtue d'un yukata bleu orné de fleurs blanches. Un bandeau de protection retenait ses cheveux d'ébène pour qu'ils ne gênassent pas sa vue et le shinobi de Konoha reconnu le signe raturé de Kiri. Elle tenait une fine épée dans sa main gauche et arborait un sourire moqueur alors qu'elle s'approchait du jeune Nara. Ce dernier la scruta de ses yeux sapin qui se dilatèrent soudain : une boule de feu venait de passer à quelques centimètres de son flanc.
- Qu'est-ce-que... souffla le brun avant de se jeter au sol, la nukenin l'attaquant à nouveau.
Pourtant, il n'y avait pas de doute possible. Les flammes provenaient bien de l'arme que la jeune femme brandissait maintenant à deux mains. Un sourire cruel se dessinait sur les pétales de ses lèvres alors qu'elle humiliait un peu plus Shikako. Ce dernier n'avait le temps de riposter ; déjà quelques flammèches l'avaient atteint et des brûlures marquaient sa peau. Des mèches s'étaient échappées de son palmier ; terre et boue maculaient ses joues, ses vêtements. De plus, nonobstant l'assurance qu'il affichait, il commençait à paniquer. « Pas aussi forts que nous »avait-il dit à Emiko ?
Quelle connerie.
Il avait oublié que leurs adversaires avaient, eux aussi, fait la fierté de leurs villages d'origine.
Plus loin, l'Inuzuka combattait au corps à corps avec deux adversaires ; cherchait leurs points de chakra ; les bloquait. Aussi douée que son oncle Neji, aussi sauvage que son père, elle virevoltait, sa longue chevelure battant autour d'elle. Son coeur battait follement dans sa poitrine ; le souffle lui manquait ; elle transpirait. Pourtant, elle adorait se battre, voir ses adversaires grimacer sous ses assauts. Parfois, elle gémissait alors qu'elle ne parvenait pas à esquiver une attaque et qu'un poing l'atteignait en plein visage, dans le ventre, à l'épaule. Mais elle tenait bon, même quand un filet de sang coula le long de son menton : le plus robuste de ses adversaires venait de lui asséner un violent uppercut en pleine joue.
Sa vision se troubla et un réflexe la poussa à poser sa blessure là où la douleur irradiait. D'un coup de langue, elle devina que l'une de ses molaires manquait et un goût métallique s'invitait désagréablement dans sa bouche. L'homme qui l'avait frappée profita de sa confusion pour percuter son diaphragme. Emiko expira bruyamment avant de tomber à genoux, tremblante. Elle peinait à respirer et le manque d'air assombrissait sa vision. Elle devait tenir, s'ordonna-t-elle alors que sa conscience vacillait.
Et les ténèbres l'enveloppèrent.
Saito évitait au maximum les contacts, privilégiant son ninjutsu. Malheureusement pour lui, son adversaire était de type suiton et ses attaques annulaient bien souvent les siennes.
- Si seulement je pouvais utiliser toute ma puissance, pensa-t-il tandis que son regard se posait sur Shikako.
Mais la présence de ses amis le réfrénait ; il ne voulait pas mettre leurs vies en dangers. Un jet d'eau qui brisa son appui l'obligea à s'enfuir plus en hauteur. Son assaillant le poursuivit ; ses yeux d'émeraude brillaient d'excitation. De soif. Soif de sang. Soif de contact. Le rictus moqueur qui apparut sur son visage glaça l'Uzumaki et l'incita à la prudence. Grâce à cela, il esquiva le kunai qui visait son épaule et fit volte-face. Derrière lui, le clone de nukenin disparut alors que l'original faisait face à Saito. Ses cheveux corbeau masquaient le haut de son visage. Il surplombait le shinobi de Konoha d'une bonne tête et sa peau chocolatée trahissait son ancienne allégeance au Raikage. D'ailleurs, il portait toujours le bandeau autour de son avant-bras droit, bien que le signe fût barré. Il fondit à nouveau sur le blond, qui eut à peine le temps de s'écarter.
Chute.
Saito réussit au dernier moment à se réceptionner mais se foula la cheville. Un rire résonna à ses oreilles. Un genou s'enfonça dans son estomac. Une lame entailla son avant-bras. Le shinobi retint un gémissement de douleur alors que son ennemi ne lui laissait pas le temps de se ressaisir, le martelait de coups. Il réprimait difficilement les larmes qui brûlaient ses iris. Le sang ruisselait le long de ses bras. Un main ferme le saisit par les cheveux et l'obligea à lever le visage vers le nukenin.
- Tu es faible, Uzumaki Saito, railla ce dernier avant de lui asséner une gifle magistrale.
Si le fils du Rokudaime fût surpris d'entendre que l'autre connaissait son identité, il ne répliqua pas, un cri attirant son attention. Malgré la plaie qui traversait son arcade sourcilière et qui l'aveuglait à moitié, Saito vit Shikako s'écrouler, le corps couvert de brûlures. Plus loin, Emiko semblait elle aussi inconsciente.
- Shikako ! Emiko ! s'écria-t-il, au bord de la panique.
Son coeur battait douloureusement dans sa poitrine ; des larmes d'impuissance roulaient le long de ses joues. Il souffrait. Physiquement. Moralement. Ses muscles ne lui répondaient plus. Un ricanement parvint à ses oreilles, suivi de nouveaux coups. Mais Saito ne l'entendait que vaguement, ne les sentait qu'à peine. Les yeux rivés sur ses amis, il ne cessait de se tanner mentalement.
- Faible... je suis faible...
Ses poings se serraient ; ses ongles labouraient la terre convulsivement. Ses pleurs silencieux ne tarissaient pas. Il avait mal. Honte aussi. Il échouait alors que son père leur avait souligné l'importance de cette mission. Alors que ses compagnons lui avaient confié leurs vies.
- Faible... tellement faible...
A cause de son hérédité, tous s'attendaient à ce qu'il fût capable d'exploits, à l'image de son père et de son grand-père. Pourtant, il était là, allongé sur le sol recouvert de son sang, incapable de faire autre chose qu'encaisser les coups du nukenin. Il entendit l'os de son avant-bras droit se fracturer mais ne ressentit aucune douleur, anesthésié par sa peur de voir ses amis mourir par sa faute. Il était chûnin, chef de mission. Il n'avait pas le droit de rester là, à se faire tabasser sans réagir.
- Bouge, s'enjoignit-il mentalement.
Vainement.
- Bouge ! persista-t-il. Putain mais bouge !
Tressautements.
- Bouge !
Cette fois, le cri s'échappa de ses lèvres ouvertes. Les relents du chakra de Kyubi, que l'adolescent avait absorbés lorsqu'il se trouvait dans le ventre de Naruto, s'éveillèrent. Ils l'enveloppèrent. Saito eut l'impression que les bras de son père l'entouraient, protecteurs. Il ressentait sa force, son amour.
- Kage bushin no jutsu ! hurla-t-il en réussissant tant bien que mal les sceaux.
- Tu crois que ça réussira à te sauver ? ricana le nukenin, bien qu'il semblât surpris.
Cinq clones, tout aussi mal en point que leur invocateur, l'encerclaient, auréolés du manteau de bijû. Leurs cheveux blonds, détachés par la torture que Saito avait subie, dissimulaient leurs yeux à la pupille contractée. Leurs canines aiguisées dépassaient de leurs lèvres. Quatre autres se précipitèrent vers Shikako et Emiko. Deux d'entre eux se dressèrent entre le Nara et son opposante. Toutefois, ceux qui se dirigeaient vers le dernier membre ne purent l'atteindre : une explosion les rafla sous les yeux écarquillés de l'Uzumaki.
- Emiko ! beugla ce dernier, craignant que son amie eût été prise dans le souffle.
Il soupira de soulagement tandis qu'il remarquait cette dernière sur l'épaule de l'un des nukenin et, bien qu'elle fût encore en danger, il se sentait soulager de la savoir en vie. Ses clones hissèrent Shikako sur leurs épaules ; Saito créa une brèche entre les flammes pour qu'ils pussent l'emmener en sécurité. Depuis quelques secondes déjà, il percevait le chakra de Sakura-sensei et comptait sur ses invocations pour conduire le blessé à elle. Ne restait qu'Emiko. Si Saito doutait de ses capacités à vaincre quatre adversaires à la fois, il espérait pouvoir les dérouter suffisamment longtemps pour récupérer la jeune femme.
Et fuir.
La survie de ses coéquipiers primait sur sa fierté.
- Enra, lâcha soudain l'homme qui tenait l'Inuzuka sur son épaule.
Il paraissait légèrement plus âgé que les autres. Plus robuste aussi. Il dirigeait visiblement le groupe qui forma un arc de cercle devant lui. Seule l'adversaire de Shikako ne s'y joignit pas : elle hocha la tête sous l'injonction implicite de son chef et poursuivit le jeune Nara inconscient. Saito jura en la voyant traverser les flammes comme si elles n'étaient rien d'autres qu'une faible cascade. Il transmit rapidement l'information à ses clones, sans quitter les trois personnes devant lui. Trois adolescents un peu plus âgés que lui, d'ethnies variées.
Au côté de nukenin de Kumo se trouvait un jeune garçon qui, selon l'Uzumaki, ne devait avoir plus de dix ans. Ses cheveux blonds, presque blancs, retombaient jusqu'à sa taille et sa fine stature lui donnait un air androgyne. Tout comme ses longs cils bien noirs, comme couverts de maquillage, qui surplombaient ses yeux myosotis légèrement bridés. Nonobstant la distance, le chûnin devinait le vernis bleu sur ses doigts, parfaitement assortis aux voiles presque transparents qui enveloppaient son corps, retenue par le bandeau de son ancien village, Ame.
Derrière, le chef d'équipe - qui gardait Emiko sur son épaule sans éprouver de difficultés apparentes - dépassait ses acolytes de plusieurs centimètres. Le crâne rasé, il disposait de muscles imposants qui laissaient deviner son goût pour le corps à corps. Rien n'indiquait ses origines, pas même une marque sur sa peau mate.
- Laissez ma coéquipière, gronda Saito.
Le chakra de Kurama rendait son ton plus grave, plus menaçant que jamais. Ses prunelles noires viraient à l'écarlate alors que ses pupilles n'étaient plus que des fentes presque imperceptibles. Deux queues intangibles battaient l'air derrière lui. Contrairement à Naruto à son âge, il maitrisait parfaitement les restes de chakra que lui avait offert le bijû avant sa naissance, bien qu'il ne les utilisât qu'en cas d'extrême nécessité. Comme aujourd'hui. Personne ne résistait à la sauvagerie qu'il dégageait dans ces moments-là, à cette pression qu'il exerçait sur les autres alors que sa puissance croissait inexorablement. De plus, les flammes derrière lui le rendaient encore plus menaçant.
Mais un éclat de rire lui répondit : son ancien adversaire s'esclaffait alors que les deux autres affichaient un rictus moqueur. Aucun d'eux ne paraissait souffrir de la bestialité qu'émettait Saito. Un grognement impromptu échappa à ce dernier alors que ses muscles se bandaient douloureusement.
- Tu penses vraiment pouvoir nous menacer ? s'enquit le gamin d'une voix fluette, proche de celle d'une fillette. Tu n'as pas peur que je lui explose la tête ?
Saito demeura interdit quelques secondes avant un nouveau grondement s'échappât de ses lèvres.
- C'était toi.
Haine.
Mais alors que l'Uzumaki allait se jeter sur l'enfant, celui-ci posa une main sur le crâne d'Emiko.
- Trois...deux...
L'héritier du Rokudaime se crispa devant le sérieux de l'autre.
- Bon garçon, rit le leader en resserrant sa prise sur la taille de l'inconsciente.
Saito grinça des dents mais s'évertua à mettre sa fierté de côté. Il chercha de nouveau le chakra de Sakura-sensei. Il fut soulagé de constater que celui-ci n'était plus qu'à quelques mètres, près de celui de Shikako. Mais serra les points en percevant trois inconnus s'approcher. Ses ongles acérés s'enfoncèrent dans sa peau ; du sang perla à ses paumes. Il ne pourrait affronter de nouveaux ennemis. Son avant-bras l'élançait de plus en plus et ses réserves s'épuisaient, dispersé dans ses divers clones.
Il n'évita qu'au dernier moment le jet d'eau propulsé vers lui. Il vacilla sur sa cheville blessée, grimaçant de douleur. Mais, avant qu'il ne pût riposter, une silhouette perça le brasier derrière lui - Saito percevait son chakra à défaut de la voir. Ce qui ne lui échappa pas fût les yeux écarquillés du chef des nukenin. Si, jusque-là, il s'était targué d'afficher un air railleur, la crainte - la terreur - brillait dans ses prunelles. Et, au fur et à mesure que Saito entendait les pas de l'inconnu s'approcher de lui, l'horreur dans les yeux du colosse croissait.
- Alors c'est vous, ses nouveaux jouets, constata une voix impassible.
Curieusement, l'homme ne s'intéressa pas à Saito alors qu'il passait à côté de lui pour s'approcher des trois autres. Ses cheveux d'ébène se hérissaient sur l'arrière de son crâne même si quelques mèches effleurait le coton immaculé de son kimono. Sa peau encore plus laiteuse que celle de l'Uzumaki, pourtant très pâle, tranchait avec le pantalon bleu nuit qu'il portait sous son haut. À peine visibles sous ses manches, des bandages cerclaient ses deux poignets.
L'homme - qui devait avoir l'âge de Naruto environ - s'avançait, ne laissant pas le temps à l'adolescent de voir ses yeux. Offrant à sa vue l'éventail blanc et rouge cousu sur son vêtement clair. Saito le reconnaissait pour l'avoir de nombreuses fois. Son père le portait comme pendentif autour de son cou, dissimuler sous ton débardeur sombre.
L'emblème des Uchiha.
Sadique de couper maintenant ? Oui, et j'assume complètement ! Dans la prochaine partie, enfin la grande rencontre... qui risque de ne pas se passer exactement comme prévu. Et un petit retour sur Naruto, aussi. Le pauvre est tout seul dans son grand bureau tout froid... Dans deux semaines, un mois ? Je ne sais pas encore !
En tout cas, j'espère que cette partie vous aura plu et surtout... n'oubliez pas les reviews ! C'est toujours plaisant de savoir ce qui va et ce qui ne va pas sur un récit !
" おれは お前をずっとあいしている "
