Genre : U.O ; Romance ( yaoi ), aventure, humour

Disclaimer : La plupart des personnages appartiennent à Kishimoto-sensei. D'autres sont le fruit de mon imagination.

Rating : M - présence de scènes de sexe plus ou moins explicites.

Attention : présence de spoils

Note : Je suis désolée du temps que j'ai pris pour publier cette suite, mais, avec les cours, c'est loin d'être évident. Néanmoins, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop. Un peu moins d'action, cette fois, plus de dialogues et de découvertes. J'essaierai de publier la suite pour la St Valentin. Ce sera soit le dernier, soit l'avant dernier chapitre. Mon "OS" a déjà bien traîné en longueur. De plus, Héritage aura bel et bien une suite ^^ Il y a quelques indices sur la future trame qui commence à apparaître dans ce chapitre. Rassurez-vous, Naruto et Sasuke resteront très présents, même si la nouvelle génération sera plus mise en avant. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et une bonne année !


Troisième partie


L'adolescent ne parvenait à comprendre ses sentiments. Joie. Tristesse. Respect. Rancune. Tout se mélangeait dans sa tête alors que son père le protégeait sans le savoir. Sans s'en rendre compte, il laissa le chakra de Kyubi s'effilocher et disparaitre avant de tomber à genoux, épuisé. Sa vision se troubla alors que le regard de Sasuke se posait sur lui ; la fatigue le secoua de tremblements.

Les yeux de son sauveur ne restèrent fixés sur lui qu'une fraction de seconde avant de se poser à nouveau sur les nukenin. L'un d'entre eux l'avait déjà reconnu et le détaillait avec crainte, sa main crispée sur la taille fine de la jeune kunoichi de Konoha. Un rictus moqueur para les lèvres de Sasuke, qui continua son avancée. Tressaillement.

- Tachiba ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda l'androgyne, notant la panique de son chef.

- On se replie, bafouilla le dénommé Tachiba, les yeux exorbités. On se replie !

Cette fois, il hurla son ordre et commença à prendre la fuite. Mais l'un de ses compères désobéit et s'avança, les cheveux d'ébène dissimulant ses prunelles. Son rire fou résonnait dans la forêt alors qu'il se précipitait vers Saito. Celui-ci, à bout de force, ne parvint à réagir alors qu'un kunai allait s'abattre dans sa poitrine. Il garda les yeux ouverts, fixant avec défi celui qui lui ôterait la vie.

Et ne vit que le dos de son père. Celui-ci avait saisi le poignet de l'ancien shinobi du Kumo alors que ce dernier s'apprêtait à enfoncer sa lame dans la chair de sa victime. Sasuke n'en resta pas là : il exerça une pression sur le bras de l'autre, l'obligeant à se baisser, et lui asséna un violent coup de pied en plein visage. Il le propulsa ainsi à plusieurs mètres, contre un arbre.

- Yôta ! hurlèrent ses compagnons alors qu'il se relevait difficilement.

Le sang coulait le long de son menton avant d'imbiber ses vêtements sombres. Il porta une main égratignée par les branchages à son nez, qu'il devina fracturé. Yôta rit à nouveau. Excitation. Il voulut se précipiter vers l'Uchiha quand une poigne ferme lui enserra l'épaule.

- On se replie, répéta Tachiba avant de désigner l'étroit passage entre les flammes.

Défi. Le regard que le métisse darda sur son chef laissa croire qu'il ne lui obéirait pas. Il dégageait une incroyable sauvagerie, tel une panthère indomptable. Néanmoins, il finit par abdiquer et suivit ses compagnons à travers le brasier. Sasuke hésita à les suivre mais se ravisa : l'adolescent qui se trouvait derrière lui avait grand besoin de soin. Etrangement, il ne distingua aucune peur dans les prunelles du chûnin, bien que leurs différences de niveau fût importante. Alors qu'il s'agenouillait auprès du garçon pour examiner ses blessures, Sasuke remarqua qu'il ne ressemblait que très peu à Naruto. Pourtant, il avait la certitude de se trouver face au fils de son ancien amant : quelques minutes plus tôt, il avait ressenti le chakra de Kyûbi. Constater que le belligérant n'était qu'un adolescent d'une douzaine d'années avait surpris le brun. Comment pouvait-il être en possession des pouvoirs du démon renard ? Etait-il arrivé quelque chose au blond ? L'ébène des cheveux de Saito lui fit penser que le jinchuriki pouvait avoir conçu celui-là avec Hinata ; vue l'attirance et les tendres sentiments qu'éprouvait l'héritière à l'égard de Naruto, Sasuke n'en aurait guère été étonné.

Même si un élan de jalousie empoigna son cœur.

Le genin, lui, ne quittait des yeux l'homme qui ne l'avait pas vu grandir. Il avait entendu les rumeurs les plus folles à son sujet : Uchiha Sasuke, unique survivant de son clan et enfant prodigue ; Uchiha Sasuke, coéquipier arrogant et méprisant ; Uchiha Sasuke, tombeur de ces dames ; Uchiha Sasuke, déserteur impitoyable. Alors il était surpris de remarquer une telle humanité en lui. Il devinait aisément la perplexité de son ainé malgré son visage impassible puisque lui aussi montrait un tel masque lorsqu'il voulait occulter ses émotions. Pourtant, Saito ne put retenir une soudaine crispation lorsque le nukenin dégaina l'un de ses kunai avant de découper un pan de son kimono.

- C'est tout ce que je peux faire pour l'instant, dit Sasuke quand il nota la perplexité dans les yeux de l'adolescent.

Le nukenin s'apprêtait à panser les blessures quand il remarqua que celles-ci se refermaient d'elles-mêmes. Lentement, certes, mais il ne leur faudrait guère plus de quelques minutes pour disparaître entièrement. Devant le regard incrédule de Sasuke, Saito avoua :

- Je suis le fils d'Uzumaki Naruto. Kurama s'est arrangé pour que moi aussi je garde une partie de son chakra;

- Je vois.

Sasuke n'avait pu empêcher une certaine rudesse teindre le ton de sa voix. Ainsi, le doute n'était plus permit : son ancien amant l'avait tout simplement oublié.

- Alors je suppose qu'il ne te faudra que quelques heures pour guérir entièrement.

L'adolescent hocha la tête, continuant pendant un temps de regarder l'homme en face de lui. Tout ceci lui semblait tellement étrange, tellement incongru. Il aurait tellement aimé pouvoir lui dire qui il était. Mais la chaleur qui émanait du brasier devenait de plus en plus insupportable. Péniblement, Saito se releva et effectua quelques sceaux ; les flammes s'éteignirent. Quand l'adolescent vacilla, un bras ferme vint le soutenir.

- Tu devrais te reposer.

La voix du nukenin ne laissait transparaitre aucune émotion tandis qu'il le guidait vers un arbre.

- Non, protesta Saito, tout en tentant de se défaire de l'étreinte de Sasuke. Shikako est...

- Tu parles du fils Nara ? Il ne risque rien, mes coéquipiers ont été le chercher, lui apprit son père avant qu'il ne l'incitât à s'asseoir.

Rassuré, le chûnin se tût, fermant les yeux pour faciliter sa régénération. Mais les souvenirs du dernier combat ne cessaient de le tourmenter et de lui rappeler sa faiblesse. Sans l'intervention de Sasuke, il aurait probablement été tué. Yôta ne se trompait pas : il était faible. Jamais il n'aurait pu protéger ses compagnons sans utiliser le sharingan, une technique qu'il ne devait utiliser devant ses concitoyens de Konoha. Il sursauta alors qu'il sentait quatre sources de chakra se rapprocher d'eux.

- Shikako ! s'exclama-t-il en reconnaissant l'énergie de son camarade.

Nonobstant son léger vacillement, il se releva et se précipita à la rencontre des nouveaux venus. Etrangement, il lui semblait connaître l'une des trois autres personnes, sans toutefois parvenir à l'identifier. Ce ne fut que quand il aperçut les shinobi qu'il la reconnut.

- Toi !

L'ancienne épéiste de Kiri releva la tête, dévoilant son visage tuméfié. A présent, la boue recouvrait ses cheveux d'ébène, la terre son yukata bleu. Malgré les liens qui entravaient ses mouvements, elle adressa un sourire moqueur à Saito alors qu'elle persiflait :

- Tu es si faible que tu as besoin d'aide, Uzumaki Saito ? chuinta Enra.

En réponse, un homme au teint diaphane et aux cheveux bleu ciel tira d'un coup sec sur la corde accrochée à ses mains, abimant plus encore ses poignets. Quelques goutes de sang en coulaient, imbibant plus encore le tissu du vêtement. Saito décida de les ignorer et se dirigea vers Shikako. Un géant roux portait l'adolescent inconscient sur ses épaules et le posa au sol en voyant le fils du Rokudaime se rapprocher. Sans être expert, le chûnin nota bien vite que son coéquipier ne pourrait reprendre le combat avant plusieurs jours : les brûlures rongeant sa peau nécessitaient d'importants soins. Saito espérait simplement que son maitre ne tarderait pas à les rejoindre.

- Et Emiko ?

- Emiko ?

L'Uchiha semblait légèrement surpris. Il se tourna vers Suigetsu et Jûgo, les interrogeant du regard.

- Notre coéquipière ! La fille de l'héritière du clan Hyûga.

- Nous n'avons vu que cet enfant, répondit le porteur originel du sceau maudit, le doigt pointé sur le jeune Nara.

Les prunelles de Saito s'écarquillèrent alors qu'il s'écriait :

- Il faut aller la chercher !

- Et lui, tu comptes le laisser ici ? l'interrompit son père d'une voix monotone. Il sera incapable de se battre s'il se faisait de nouveau attaquer. Et puis, comment comptes-tu trouver le repaire d'Orochimaru sans indice ?

Orochimaru ? répéta mentalement le chûnin. Il était pourtant certain que Sasuke l'avait tué quatorze ans auparavant. Même si la plupart des expériences du fou le plus célèbre de Konoha restaient un mystère, les générations précédentes en avaient parlé à leurs successeurs au cas où le sannin reprendrait ses activités. Jamais Saito n'aurait cru qu'il ferait les frais d'une de ses attaques. Devant l'air ahuri de son fils caché, l'Uchiha avoua :

- Je l'ai ressuscité pendant la dernière Grande Guerre. Je ne pensais pas qu'il parviendrait à s'enfuir après que j'en ai fini avec lui. En tout cas, il ne tardera pas à chercher à t'enrôler.

Le coeur du chûnin s'emballa alors qu'il songeait que Sasuke avait enfin comprit qui il était. Comment réagirait-il en apprenant qu'il avait un fils ?

- Puisque que tu possèdes une partie du chakra de Kyûbi, tu ferais un subalterne idéal à ses yeux. Puissant et rare, poursuivit-il alors que Saito était partager entre le soulagement et la déception.

Pourtant, il devait admettre la logique du raisonnement du nukenin, même si lui savait qu'il possédait autre chose qui pourrait intéresser l'homme serpent.

Son sharingan.


Assis derrière son bureau, Naruto ne parvenait à réfréner son inquiétude. Malgré sa confiance en les capacités de son fils, un mauvais pressentiment l'envahissait. Au fond de lui demeurait la crainte de perdre Saito comme il avait vu Sasuke lui échapper. Le sacrifice exigé par la stratégie de Shikamaru lui paraissait bien trop important. Pourtant, c'était ce qu'exigeait de lui son devoir d'Hokage.

Alors qu'il lui apportait de nouveaux documents à signer, Konohamaru lut la souffrance dans les yeux de son ami. Yeux que des cernes violacées soulignaient ; visiblement, la nuit du Rokudaime avait été courte. Rester seul, sans son fils, devait être une épreuve pour Naruto ; ce qui expliquait surement pourquoi il restait le plus longtemps possible au bureau, comme à chacune des missions de Saito. Jaugeant l'heure, l'assistant décréta la fin de la journée de larbeur.

- Ce soir, on va boire un verre ensemble, annonça-t-il simplement, sans laisser la possibilité à son ainé de refuser.

- Je dois finir ces dossiers, protesta l'Hokage, montrant le petit tas de feuilles à droite de son bureau.

- Tu t'occuperas de la répartition des nouveaux genin demain. Pour l'instant, tu viens avec moi, je t'invite chez Mayuri.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Naruto, qui comprit qu'il ne pourrait y échapper. Alors qu'il secouait la tête, il se saisit de son manteau et se leva.

- Puisque tu m'invites, je suppose que je n'ai pas vraiment le choix.

Deux heures plus tard, les deux anciens aspirants au titre de Hokage étaient assis l'un en face de l'autre, chacun tenant un verre de sake. Mais, tandis que Konohamaru semblait sobre, Naruto ne cachait pas son ébriété. Une adorable couleur rouge teintait ses joues marqués par les stigmates de son rôle de jinchuriki. Quand à ses yeux azurés, ils brillaient plus que d'habitude.

Le Hokage ne cessait de parler, l'air plus détendu que dans son bureau, mais son assistant devinait qu'il ne s'agissait que d'une façade. Et, en effet, lorsque l'Uzumaki reposa son neuvième verre vide sur la table, il chuchota :

- Je n'aurai pas du le laisser y aller.

Explications superflues.

- Lui et les autres membres de son équipe sont les plus doués de leur génération, affirma le petit-fils du sandaime sans hésiter.

- Je sais, et c'est pour ça qu'ils ont été choisi. Mais j'ai quand même peur que Saito...

La voix de Naruto se brisa sur ces derniers mots et il but d'un coup sec un autre verre. Il se mordilla la lèvre inférieure alors qu'il finit par expliquer :

- Et si, parce qu'ils n'arrivaient pas à le convaincre de les rejoindre, ils décidaient de le tuer ? Il est ce que j'ai de plus précieux, Konohamaru. Il est tout ce qui me reste de Sasuke... ajouta-t-il après un temps.

Ce dernier ne quittait pas des yeux Saito. Contrairement à son père, le jeune chûnin semblait beaucoup plus réfléchi. Il ne cessait de se poser des questions sur la mère du garçon, sans pour autant oser lui demander ; après tout, que le blond ait refait sa vie ne le regardait en rien.

- Il faudrait la faire parler.

La voix de l'adolescent tira Sasuke de ses pensées. Il se tourna vers Enra, que désignait Saito. L'adolescente n'avait rien perdue de sa hargne et la haine ne quittait pas ses yeux turquoise. En la voyant d'aussi près, il remarquait la finesse de sa carrure et la fragilité qu'elle dégageait. Pourtant, elle avait réussi à mettre en déroute l'un des meilleurs genins de Konoha.

- C'est une épéiste de Kiri, révéla Suigetsu devant l'air interrogateur de son chef.

Il lui montra l'épée dont s'était servi la subordonnée d'Orochimaru. Visiblement, elle laissait perplexe le manieur du hachoir de Kiri. Ce dernier fixait l'arme avec une certaine hébétude, mélangée à de l'envie, ce qui intrigua plus encore l'Uchiha.

- Ce n'est pas une des sept épées légendaires. Pourtant, elle a l'air d'être tout aussi puissante. Voir même plus...

Sa voix n'était plus qu'un murmure alors qu'il laissait ses doigts parcourir avidement le métal. Un grognement bestial s'échappa des lèvres de la prisonnière en voyant l'homme-poisson toucher ainsi sa précieuse Hôsuinichi. Ne donna que plus envie encore à Suigestu de mener son enquête, comme l'attesta son petit sourire narquois. Sasuke soupira avant de s'approcher de la captive. Il ne savait pourquoi, mais il éprouvait l'envie de venir en aide au fils de Naruto. Il s'agenouilla donc en face d'Enra et déclara, d'une voix grave et neutre :

- Si tu veux que tout se passe bien pour toi, tu as intérêt à nous dire où se trouve Orochimaru.

- Tu peux toujours courir, Uchiha, lui cracha Enra au visage alors que le coin de ses lèvres s'arquaient en un rictus.

Une grimace coléreuse apparut sur le visage de Suigetsu alors que celui de son chef demeurait impassible. Visiblement, cette petite ignorait qui lui faisait face. Il leva sa main gauche et caressa du bout des doigts la joue ronde de l'adolescente. Puis, d'une voix tout aussi neutre, insista :

- Tu ne devrais pas m'obliger à utiliser de telles méthodes. Cela serait vraiment très désagréable pour toi.

Mais Enra, ne se doutant pas du danger que représentait l'Uchiha, campa dans son mutisme. Ce dernier se rapprocha encore un peu plus d'Enra et riva ses yeux noirs dans ceux de la nukenin.

- Je t'avais prévenu. Tsukuyomi.

Saito se crispa en entendant son père prononcer ce dernier mot. Kakashi-sensei lui avait parlé de cette technique ; elle enfermait les gens dans une illusion qui semblait duré des jours, des jours durant lesquelles sa victime ressentait une souffrance infinie, alors qu'en réalité, seule une fraction de seconde s'écoulait. Saito s'était toujours juré qu'il n'utiliserait ce genre de jutsu que pour protéger l'un de ses proches. Mais, en voyant le visage d'Enra se tordre de douleur, il se demandait s'il pourrait un jour infliger une telle torture à quelqu'un.

Saito n'eut à peine le temps de se dire que Tsukuyomi était une technique inhumaine que son père rouvrit les yeux, l'air satisfait de lui-même.

- Je sais où se trouve ton amie, déclara-t-il au chûnin de Konoha, un léger sourire aux lèvres.

Saito s'apprêtait à lui demander plus de précisions lorsqu'une voix inquiète se fit entendre derrière lui.

- Saito ! Emiko ! Shikako ! Où êtes-vous ?

Le blond soupira de soulagement en voyant son professeur approché, ses cheveux roses en bataille. Ses yeux émeraudes parcouraient fébrilement les troncs d'arbres calcinés, écarquillés par la stupeur. Apparemment, elle en avait déjà deviné le responsable.

- Sensei ! Par ici ! cria Saito pour la rassurer.

La jeune femme soupira de soulagement en voyant son élève et se hâta dans sa direction. Se figea soudain. Se crispa. A quelques pas de là se trouvait son ancien coéquipier. Son coeur se serra douloureusement alors qu'un haut-le-coeur la saisissait. Sasuke était-il responsable de l'Enfer qui les entourait ? Son regard se posa sur le fils de son meilleur ami, détaillant chacune de ses blessures. Venaient-elle des Taka ? Puis Sakura avisa la prisonnière. Qui l'avait frappée autant ? Pourquoi Shikako était-il inconscient ? Où se trouvait Emiko ?

La jûnin serra les poings, attrapant deux de ses kunai dans sa sacoche. Alors qu'il comprenait qu'elle voulait se battre, Saito tenta de lui expliquer :

- Sensei...

- Ne t'inquiète pas Saito, je vais vous sortir d'ici, le coupa-t-elle avant de s'avancer vers le groupe.

- Mais qu'est-ce-qu'elle fait ? ricanna Suigetsu, penchant la tête sur le côté comme pour mieux l'observer.

Jûgo haussa les épaules tout en écartant le shinobi inconscient de Konoha. En cas d'acte irréfléchi de son professeur, il valait mieux le protéger. Le regard désobligeant de Sasuke se posa sur l'arme de l'eiseinin et le jeune homme ne put retenir un sourire mesquin.

- Tu devrais arrêter, conseilla le nukenin. Tu as autant de chances de me battre que tu en avais il y a treize ans. Peut-être même moins.

- Ne sois pas aussi sûr de toi, cracha Sakura avant de s'exclamer : Saito ? Mais qu'est-ce-que tu fais ?

Son élève s'était placé entre les deux anciens coéquipiers, face à la jûnin aux cheveux si particuliers. Contrairement à ce que celle-ci pensait, il ne paraissait pas vraiment effrayé.

- Ce n'est pas ce que vous pensez, Sensei. Sasuke-san nous a sauvé, Shikako et moi.

- S-sauvé ? bafouilla la jeune femme, ses yeux écarquillés posés sur le brun.

- On va vous expliquer, mais vous devriez soigné Shikako avant.

L'eiseinin hocha la tête et s'approcha du blessé, sans quitter l'Uchiha des yeux. En écoutant l'histoire de Saito, elle se demanda ce que mijotait vraiment Sasuke. Aider les autres, sans arrière pensée ne lui ressemblait pas du tout. Mais elle lui devait une reconnaissance certaine ; si elle en jugeait les blessures de ses élèves, ces derniers seraient probablement morts sans lui. Une fois que Sakura eut fini de soigner Shikako, elle se tourna vers le fils de son meilleur ami, qui semblait presque entièrement guéri. Comme tous les habitants de Konoha, elle savait que l'adolescent avait été mis au monde par Naruto et qu'il avait, de ce fait, baigné pendant neuf mois dans le chakra de Kyûbi. Néanmoins, elle restait surprise par ses capacités de régénération, parfois supérieures à celles de son père. Elle ne s'inquiétait pas pour lui, alors que l'état de Shikako la préoccupait.

- Tu devrais le ramener à Konoha, lui conseilla Sasuke, l'air impassible.

- Je pourrais le soigner, proposa Jûgo.

- On aura besoin de ton pouvoir, réfuta Sasuke, qui refusait d'affronter Orochimaru sans lui. Si tu le soignes, tu ne pourras pas te battre avant plusieurs heures. Trop risqué.

- Et Emiko ? protesta la jeune femme tout en finissant d'examiner Saito.

- On s'en occupe.


Ils n'avaient aucune nouvelle de l'équipe 4 depuis trois jours. Aucun message, aucune connexion télépathique. Ni Ino, ni son fils n'avait réussi à établir le contact avec eux. Selon les rapports de Minoru, son sensei commençait à perdre patience et seule l'intervention de Kankuro empêchait Temari de mettre la mission en péril. Alors la jeune femme rongeait son frein, infligeant à ses élèves des séances d'entrainement plus ardues qu'à l'accoutumée.

Minoru essuyait le filet de sang sur sa joue alors qu'il s'efforçait de prendre contact avec sa mère. Aussi angoissée que Temari, Shika se concentrait plus encore lors des combats au corps à corps, en devenant presque dangereuse. Si son frère perdait facilement pied, l'adolescente se montrait plus vive, plus habile, se transformait en véritable arme meurtrière. Le regard turquoise du fils Yamanaka se posa sur la rousse assise sur l'un des toits de Suna. Telle une parfaite fille du désert, elle avait recouvert sa chevelure d'un turban vert sapin, assorti à ses yeux. Le genin songea vaguement qu'elle était très jolie.

- Toujours aucune nouvelle ?

La voix d'Ino fit sursauter son enfant, qui se tourna dos à la fenêtre pour ne plus penser à sa coéquipière. L'adolescent établit un rapport complet de la situation, d'un ton professionnel qui ravit sa mère. Il ressemblait de plus en plus à Sai.

Dans une pièce adjacente, le Kazekage tentait de convaincre les membres du conseil de ne pas mener une attaque intempestive contre le repaire d'Orochimaru le plus proche. Les aïeuls du village n'avaient pas encore une confiance totale en les autres kage de l'alliance ; ils n'arrêtaient pas de demander des opérations en dépit des ordres de l'alliance.

- Nous devons attaquer ! s'exclamait Guren, l'une des membres les plus âgés. Nous ne pouvons pas les laisser s'en prendre à nos enfants. Bientôt Orochimaru les incitera à nous attaquer à nouveau et...

- La situation est sous contrôle, répliqua Temari d'un ton brusque.

- Et qui dit ça, le Hokage ? Comment être sûrs que nous pouvons lui faire entièrement confiance ?

- Rappelez-vous qui nous a tous sauvé pendant la Grande Guerre ! s'exclama la blonde, dont les joues s'empourpraient à cause de la colère.

- Les grands leaders de l'Akatuski venaient de Konoha, rappela l'aïeule d'un ton dédaigneux. Ce village devrait être anéanti.

-Comment osez-vous ?

La soeur de Gaara se leva d'un bond, frappant violemment ses poings sur la table circulaire. Ce geste n'eut d'autre effet que de dévoiler le symbole de Konoha qu'elle portait à la taille. Un sourire mesquin apparut sur le visage ridé de Guren.

- Il serait peut-être temps que vous décidiez à quel village va votre allégeance, Nara Temari.

Les lèvres de la jeune femme se pincèrent. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à répondre, Gaara éleva la voix :

- Nous suivrons le plan. Nous attendrons un signe de Konoha avant de lancer la moindre attaque.

- Votre naïveté causera la perte de Suna ! prédit Guren avant de se lever pour quitter la salle du conseil.

Le reste de l'assemblée resta sans voix, surpris de voir leur ainée tenir ainsi tête au Kazekage. Celui-ci garda un visage impassible alors qu'il amenait l'un des autres sujets du conseil.


Naruto retint un juron lorsque Ino se tourna vers lui et secoua négativement la tête. Il se sentit sur le point de devenir complètement fou. Certes, ce n'était guère professionnel, mais ignorer où se trouvait l'équipe 4 le rongeait, non seulement parce que son fils en faisait partie, mais aussi parce qu'il s'en voudrait toute sa vie si quelque chose arrivait à ces enfants. Peut-être aurait-il dû les choisir plus âgés, plus expérimentés. Peut-être n'aurait-il pas dû prendre cette responsabilité pour protéger l'intégralité de l'alliance. Lorsqu'il vit le visage torturé de son kage, Shikamaru tenta de le rassurer :

- Peut-être ont-ils déjà infiltrer les rangs d'Orochimaru.

- Ils étaient sensés nous prévenir avant. Et Sakura aurait gardé le contact avec nous.

- Tout ne s'est peut-être pas passé comme nous l'avions prévu. Mais Shikako est un fin stratège, fit remarquer Shikamaru, sans fausse fierté paternelle. Il a probablement réfléchi à un plan plus adapté à leur situation.

Penser que l'inquiétude rongeait aussi son ami calma légèrement Naruto. Il s'assit derrière son bureau, se demanda s'il devait leur envoyer des renforts. Ses doigts caressèrent la liste des jûnin et chûnin disponibles pour une telle mission. Les autres villages auraient probablement pu fournir des shinobi pour former une nouvelle équipe de sauvetage, mais, selon l'Uzumaki, même si Orochimaru représentait une menace pour tout les villages cachés, l'arrêter relevait de la responsabilité de Konoha. Son expérience politique lui assurait que requérir de l'aide reviendrait à avouer la faiblesse du village. Et la sienne. Même si le blond se souciait peu de perdre son statut de héros, Shikamaru craignait que seule son aura maintenait l'alliance unie.

- On devrait envoyer une équipe de reconnaissance, déclara Naruto. Sakura ne nous maintiendrait pas dans l'ignorance sans raison.

Shikamaru s'apprêtait à répondre positivement lorsque Konohamaru se précipita dans la pièce.

- Sakura-nee-chan est rentrée ! s'exclama-t-il, tout essoufflé. Elle dit qu'elle amène Shikako à l'hôpital et elle arrive.

- A l'hôpital ? s'alarma Shikamaru, que s'empressa de rassurer l'assistant du Rokudaime.

- Son état est loin d'être critique. Selon Sakura, il a simplement besoin de repos.

Nara soupira de soulagement tandis que son ami s'enquit :

- Et Saito ?

Konohamaru parut mal à l'aise, se qui rendit Naruto perplexe.

- Konohamaru ?

- Il est resté sur place, annonça une voix plus aigüe, que le blond aurait reconnu entre mille.

- Sakura-chan ?

Son ancienne coéquipière s'avança. Elle mordillait nerveusement sa lèvre inférieure et évitait le regard azuré.

- Il... Emiko a été capturée par les sbires d'Orochimaru, expliqua-t-elle rapidement, la culpabilité transparaissant dans sa voix. Saito a décidé d'aller la libérer.

-Et tu l'as laissé faire ça seul ?

Naruto n'avait pu empêcher la colère et l'amertume percer sa voix sur ce dernier mot. Comment Sakura avait-elle pu être assez idiote pour laisser son fils s'aventurer seul dans un affrontement contre Orochimaru ?

- Il n'est pas seul.

Saisi par l'incompréhension, le Hokage posa à nouveau ses yeux sur la jûnin et attendit des explications.

- Sasuke-kun est avec lui.


Ne me détestez pas ! J'ai longtemps hésiter à couper à cet endroit, mais je pense que c'est plus logique de le faire ici. Le chapitre aura un peu plus d'action, tant au niveau combat que... Et oui ! Sasuke et Naruto se retrouveront enfin ! Après, allez savoir comment se dérouleront ces retrouvailles... J'ai tendance à être tellement méchante avec eux... XD

En tout cas, je vous souhaite une bonne année et vous dit à bientôt.

N'oubliez pas les reviews !

" おれは お前をずっとあいしている "