Auteur : Zif'

Titre : confidences trop intimes

Fandom : I'll

Pairing : Satoru Takaiwa et Takumi Naruse

Rating : PG-13 pour le flash-back

Disclaimer : ô Asada sensei, donne-moi juste Takaiwa et après je te laisse tranquille ç.ç

Note : 1ère place au challenge #10 de la communauté LJ "4 temps" !

oooooOOOOOooooo

Il y avait des instants qui étaient parfois plus propices que d'autres à certaines révélations.

C'est ce que se disait Satoru Takaiwa alors qu'il trônait en souverain émérite sur le siège royal de ses chiottes. Les toilettes avaient toujours été l'endroit où lui apparaissaient les vérités les plus éclatantes.

Il ricana et ce ricanement dû attiser les restes subsistants de la paranoïa qui fût jadis la marque de signature de son compagnon, Takumi Naruse. De l'autre côté de la porte, le bruit caractéristique à un consciencieux brossage de dents stoppa.

"-Je peux savoir pourquoi tu ris d'une façon aussi sordide ?"

"-J'étais en train de repenser à l'époque du lycée… tu te souviens du fils du coach ?"

"-Takuya Hiiragi... comment l'oublier ? C'est, après toi, l'abruti le plus mémorable que j'aie jamais connu."

"-C'est ça, moque-toi… n'empêche, abruti ou pas, il était sacrément doué pour le basket… et c'était un sacré pervers !"

"-Tu n'avais pas franchement besoin de le préciser, Satoru… abruti et pervers sont souvent des termes associés."

"-Là, je suis d'accord : c'était un pervers mémorable."

"-Dis donc, tu sembles quand même vachement au courant."

"-Certainement. Tu te rappelles du nombre de fois où j'ai été convoqué dans le bureau du coach…"

"-Non."

"-Moi non plus, mais là n'est pas la question… bref, souvent le fils à papa était là, venu rendre visite à son cher géniteur dans sa belle bagnole de sport, et, dans la salle d'attente, ou après la consultation, il me racontait ses dernières conquêtes…"

"-Quel bouffon."

"-N'empêche que j'ai compté et qu'il en a eu plus que moi."

"-Quelle magnifique référence. Je suis sûr que sur son CV ce doit être un critère de sélection de première importance."

"-Parfois je me demande si ton sarcasme n'est pas une méthode pour dissimuler ton ineffable jalousie."

"-Et moi, ce qui m'étonne, c'est qu'il ne t'ait jamais branché."

"-…"

Naruse, qui avait fini de se brosser les quenottes, balança sa serviette sur son épaule et s'appuya contre le mur, considérant que le silence soudain de son fiacsé était bien suspect.

"-Satoru…"

"-…"

"-Takaiwa !"

"-Chut, je suis aux toilettes, je me concentre ! C'est pas facile de chier quand tu me parles !"

"-C'est toi qui vas parler, et plus vite que ça, autrement je te jure que tu vas en chier d'une autre manière, et ça sera encore plus difficile à faire passer."

"-T'es vraiment dégoûtant quand tu t'y mets, Taku !"

"-Alors?"

"De toute façon, je vais en chier n'importe comment…"

Naruse feint de ne pas entendre le marmonnement que prononça son compagnon et attendit. Il entendit un gros soupir malheureux et haussa les épaules. Satoru avait toujours le don pour se victimifier. Enfin, le blond daigna parler.

"-Pardonnez-moi, Père Taku, parce que j'ai pêché…"

"-Je t'écoute mon fils."

"-Je ne sais plus si je vous ai déjà dit que Takuya était un pervers…"

"-Si, tu me l'as déjà dit, et arrête donc tes conneries et parle sérieusement."

"-Eh bien c'est vrai, une fois, je l'avoue, il m'a branché une fois !"

"-C'est une fois de trop comme tu t'en doutes bien."

"-Comment ça ? Je te signale qu'à l'époque je n'avais pas de comptes à te rendre !"

"-Ah bon ? Au lycée ? Mais tu m'as sauté dessus dès que tu y es entré, mon cher !"

"-Oui, mais à ce moment-là, on ne sortait pas encore ensemble. De toute façon, au lycée, on n'est jamais vraiment sortis ensemble, à cause de toi et de ta manie à me faire tourner en bourrique. Ca s'est plutôt fait à la fac, et…"

"-Je rappelle que le sujet n'est pas "quand, comment et dans quelles circonstances on est sortis ensemble", mais "quand, comment et dans quelles circonstances Takuya t'a branché"."

"-… C'était en terminale, et tu m'avais envoyé chier quelques heures plus tôt."

"-Comme d'habitude. Et ce prétexte t'a suffit pour le laisser t'approcher, alors que tu savais que l'animal était potentiellement dangereux ?"

"-Et donc," Satoru appuya sa voix d'un regard qui tue qui, malheureusement, alla s'écraser lamentablement sur la porte, "j'étais resté plus longtemps à l'entraînement ce soir-là, mais pas autant que toi, tu t'en doutes bien."

"-Donc si je comprends bien, j'étais séant en ces lieux ?"

"-… Voui…"

"-De mieux en mieux."

"-Je suis rentré dans les vestiaires et Takuya était là, attendant vraisemblablement que j'arrive. Moi, j'étais super gêné, et je prenais mes affaires pour aller me doucher, quand il m'a dit : "il paraît que tu t'es engueulé avec Naruse, aujourd'hui ?". Je n'ai rien répondu et je suis allé me doucher. Je commençais à oublier sa présence et à me délasser sous l'eau chaude quand tout à coup, j'entends juste derrière moi : "il vaudrait mieux que tu l'oublies, et pour ça j'ai un remède miracle…". J'ai sursauté et je me suis retourné, et il était à poil devant moi ! Tu te doutes bien que j'ai refusé et lui ai dit de partir, mais…"

"-Stop ! raconte-moi ce qui s'est vraiment passé, crétin."

"-… il était à poil devant moi, alors j'ai souri…" La voix de Satoru était passée en mode oscillatoire. "Et on s'est roulés un patin… voilà."

"-C'est tout ?"

"-Ben…"

"-Et tu crois que je vais te croire ?"

En fait, Satoru s'en foutait que Takumi le croie ou pas, il venait juste de constater qu'il n'y avait plus de papier toilette, ni dans le dérouleur, ni dans la mini réserve.

"-Merde, Taku, tu peux me filer un rouleau de PQ steuplé ? Y en a plus ici !"

"-Je crois que tu t'étais arrêté au moment où Takuya et toi, vous rouliez un patin…"

Ce fut alors que Takaiwa comprit la situation critique dans laquelle il se trouvait. Il se retint de se plaindre, car cela n'aurait certainement pas été à son avantage.

"-Bon, ok, alors après il s'est agenouillé et m'a consciencieusement récuré le cigare, ça te va ? File-moi ce putain de rouleau de PQ !"

"-Tu vas pas me dire que vous vous en êtes tenus là ?"

"-Je commence à me demander si tu n'es pas encore plus pervers que moi et Takuya, à jouir des récits érotiques des autres…"

"-Je t'assure que je ne jouis pas."

"-Alors pourquoi tu me fais raconter tout ça ?"

"-Je tiens à avoir ta confession en entier."

"-Pfffff… quelle galère."

"-Tu n'avais qu'à pas y monter il y a six ans de ça."

"-Oui mais au bout de six ans, il devrait y avoir prescription, c'est vraiment trop injuste."

"-Continue donc, Caliméro."

"-Si tu y tiens…" Satoru prit son parti et décida de tourner la chose en récit chaud pour soirées télé XXL. "Dans l'humidité étouffante d'une douche collective pour jeunes sportifs, deux garçons, enlacés, s'embrassent fougueusement. L'un d'eux retourne l'autre et le plaque contre la paroi froide et carrelée. Je crois que j'ai jamais eu aussi mal de ma vie, du moins à cet endroit-là. Après m'avoir fait son affaire, il m'a embrassé sur la joue, m'a dit "salut mon lapin" et s'est tiré pour rajouter une croix rouge à son tableau de chasse…"

"-QUOI ! Tu t'es… il t'a… ooooooooooooooooh !"

Le " ooooooooooooooooh !" de Takumi oscillait entre indignation et colère. Il venait d'être détrompé.

"-Takaiwa ! Tu m'avais dit que j'étais le premier à t'avoir dépucelé du cul ! Espèce de sale menteur !"

"-Ben, j'allais quand même pas te raconter que je m'étais fait prendre violemment par le fils du coach dans la douche du gymnase alors que tu t'entraînais à quelques pièces de là… Ca aurait cassé l'ambiance."

"-T'es vraiment un pauvre con."

"-Je sais. Tu peux me passer le PQ maintenant !"

"-Va te faire foutre."

Satoru entendit avec horreur un bruit bizarre qu'il aurait qualifié de "chaise qu'on bloque sous la poignée", puis la porte de la salle de bains se fermer avec fracas.

Takumi ne lui avait laissé aucune chance. Il n'avait plus qu'à attendre que le brun se calme, lui ouvre la porte et lui tende un rouleau de papier toilette en se pinçant le nez et en lui lançant un regard de tueur. Boarf, il était insensibilisé, à force.

Satoru se réinstalla confortablement sur son trône, et se dit que désormais il s'abstiendrait de faire part de ses élucubrations sanitaires à Takumi.

A celles-là, il préférait quand même vachement plus les confessions sur l'oreiller.

FIN

NB1 : "confidences trop intimes" est un film de Patrice Leconte.

NB2 : "fiacsé" est un mot-valise regroupant "fiancé" et "pacsé"