Pas beaucoup de temps pour moi, vous échappez donc à un blabla de ma part cette semaine. Comme d'habitude, les personnages de Katekyo Hitman Reborn ! appartiennent à Akira Amano. Je ne touche rien de la publication de cette histoire écrite par moi-même et corrigée par Rouky. Je remercie tous ceux qui se sont abonnés, ont commentés ou lus cette histoire.

Bonne lecture.


Duo Royal

Chapitre 5 : La grotte

Une autre montagne, dans un autre pays. Un homme d'environ trente-cinq ans, cheveux bruns et barbe de trois jours, escaladait une paroi rocailleuse. Pestant contre le climat montagnard auquel il n'était pas habitué, il se hissa sur une corniche et s'engouffra dans une ouverture. Il s'alluma une cigarette, en inspira une bouffée et expira, la nicotine le détendant après cet exercice difficile.

-Docteur Shamal, je présume ?

L'interpellé se tourna brusquement. Derrière lui se tenait un homme de haute stature, enveloppé dans un grand manteau noir et complété d'un haut-de-forme de la même couleur. Des bandelettes cachaient son visage de sorte que rien ne pouvait laisser entrevoir ses émotions.

-Je vois que le Vindice n'a rien perdu de son accueil chaleureux, répondit ironiquement le médecin.

-Trêve de plaisanteries, voulez-vous ? Suivez-moi.

Shamal suivit le garde dans une brèche cachée dans l'ombre de la roche. Sans dire un seul mot, ils traversèrent un couloir humide à peine éclairé par quelques torches, puis arrivèrent à leur destination. Vendicare, grande et imposante, s'étendait dans une plaine entourée par la montagne des Alpes, comme enfermée entre quatre murs.

-Par mesure de sécurité, vos mains devront être entravées et vos armes confisquées. La procédure...

-J'ai le droit de finir ma cigarette ? demanda son interlocuteur.

- Nous n'avons pas le temps. Maintenant, donnez-moi vos moustiques.

Le docteur jeta sa sucette goudronnée dans la neige et obéit avec mauvaise humeur. Ses mains furent menottées et entourées de chaînes noires.

-C'est comme ça que vous traitez vos visiteurs ?

-Estimez-vous heureux. La plupart de nos prisonniers ne peuvent plus marcher tant ils sont enchaînés. Il arrive même que les marques restent gravées plusieurs mois, répondit le Vindice de sa voix d'outre-tombe.

« À ce rythme, ce sont mes doigts qui vont d'ankyloser. Ces doigts si fins, si charmants au regard des femmes, c'est bien dommage... »

Il soupira avant de se placer devant le geôlier, puis ils se remirent en marche. La porte noire qui gardait l'édifice lui semblait plus grande que dans ses souvenirs. L'homme aux bandelettes se saisit d'une corde, la tira et actionna une cloche. Quelques secondes plus tard, l'entrée s'ouvrit et deux autres gardiens apparurent.

-Docteur Shamal, visiteur, mandé pour examiner un prisonnier, annonça le détenteur du médecin.

Les deux ombres hochèrent la tête puis s'écartèrent, laissant passer le duo. Si l'extérieur lui semblait différent, l'intérieur était en revanche le même que dans sa mémoire : une grande salle froide, sans aucune fenêtre, où la seule lumière était diffusée par des torches disposées ici et là. Deux escaliers menaient aux tours pour les prisonniers les moins dangereux, mais ils se dirigèrent vers un autre, plongeant sous terre. Ils descendirent les différents niveaux, le bruit des chaînes entravant Shamal produisant un cliquetis désagréable, et arrivèrent devant une porte qui contrastait avec le reste du bâtiment : elle était électronique et gardée par deux autres Vindice.

-J'amène le médecin, indiqua leur collègue.

Les deux silhouettes bougèrent puis tapèrent une série de chiffre sur un clavier chacun leur tour. Le troisième fît de même, puis la porte s'ouvrit et ils entrèrent. Cette salle avait plus l'apparence d'un laboratoire que d'une prison mais c'était bel et bien des humains qui étaient retenus prisonniers dans les tubes aquatiques, ligotés de chaînes noires. L'un d'eux en particulier attira l'attention de Shamal.

-Rokudo Mukuro...c'est pour ce gamin que vous m'avez fait venir ici ?

-En effet. Nous avons observé un affaiblissement contrasté de son organisme et une baisse de l'activité cérébrale. Il semble perdre connaissance à certains moments.

-Comme...là, tout de suite ? Dit l'homme en examinant la machine reliée au corps du prisonnier.

-Oui. Depuis quelques jours...

-Votre bonhomme est entre la vie et la mort, fit remarquer Shamal. C'est le syndicat des détenus qui va pas être content.

-Gardez vos plaisanteries pour vous et guérissez-le, ordonna l'encapuchonné.

-Ok, ok … Vous devriez essayer le rire, c'est bon pour la santé. Vous êtes tellement...

Il fût interrompu par une chaîne lancée à quelques millimètres de sa tête et ne reprit pas la parole. Jetant un regard à l'autre bout de l'arme, il vît le garde dont les expressions étaient toujours masquées par ses bandelettes.

-Ne nous énervez pas plus, Shamal, dit-il en abandonnant le titre de « docteur ». Nos dispositifs sont conçus pour maintenir les corps dans un parfait état de conservation. Nous soupçonnons quelqu'un de s'être introduit à l'intérieur de cette cellule et d'avoir déréglé quelque chose.

L'encapuchoné ramena la chaîne dans ses vêtements de manière brusque et s'approcha de l'homme à la blouse blanche.

-Notre honneur de gardiens a suffisamment été entaché. Vous êtes le seul à pouvoir arranger la situation, ne nous prenez donc pas à la légère.

Le médecin resta quelques instants silencieux, se remettant de la frayeur causée par l'attaque, puis il soupira et se soumit aux exigences de ses clients.

-Très bien. J'aurais besoin de son dossier médical. Il faudra également le sortir de son bocal le temps des examens.

-Nous vous fournirons tout ce dont vous aurez besoin, répondit le Vindice. Cependant, deux gardes observeront tous vos faits et gestes. À la moindre rébellion de votre part, la chaîne ne vous manquera pas.

Les liens apposés aux mains du visiteur furent déroulées, lui permettant de pratiquer son art. Elles ne semblaient pas avoir trop souffert, ce qui ne gâcherait pas ses plaisirs de pelotage de mignonnes jeunes demoiselles. Se souvenant de sa nouvelle mission, il chassa les pensées peu orthodoxes avec un soupir et se concentra sur son travail. La journée promettait d'être longue.

Pendant ce temps, en Oural, la situation semblait désespérée pour Belphégor. Celle dont il avait la charge s'était brusquement évanouie et il avait dû courir de longues minutes avant de trouver une caverne où ils seraient tous deux à l'abri de l'orage démentiel qui les surplombait. Le rythme cardiaque de l'illusionniste avait chuté et la seule chose que pouvait faire le prince était de la mettre sous insufflateur manuel. Il appuyait sans relâche sur la valve de l'appareil, attendait qu'il se regonfle, puis recommençait. Il avait entre-temps envoyé un message d'urgence à Squalo, mais il n'était pas sûr que les secours puissent arriver avec ce temps.

À bout de nerfs et pestant contre le mauvais sort, le Varia remarqua que sa partenaire respirait mieux et que son ventre, creux depuis leur victoire contre l'ours, reprenait peu à peu sa forme normale. Il vérifia une nouvelle fois son état et, voyant qu'elle n'était maintenant qu'endormie, il s'appuya contre une paroi et l'observa. Comment un corps si faible pouvait-il encore tenir en ayant subi tant de dommages ? Un œil en moins, des organes littéralements arrachés, une peau trop pâle pour se déclarer en bonne santé...tout en elle trahissait une faiblesse stagnante, y compris son visage déjà anguleux malgré le fait qu'elle soit à peine sortie de l'enfance. Sa peau de porcelaine rendait cependant son unique œil encore plus brillant, dévoilant sa volonté. Ouais, ça devait être ça, se dit Belphegor. La volonté nourrissait son corps. Il avait déjà entendu cette théorie de la bouche de Mammon et elle semblait se confirmer rien qu'à voir la jeune illusionniste. Elle est son œil empli de volonté...Secouant la tête pour se débarrasser de ces pensées, il ferma les yeux derrière sa frange et s'autorisa lui aussi à une courte sieste, ignorant les éclairs qui illuminaient leur refuge.

La première chose que remarqua Chrome fût un froid mordant, ce qui la réveilla et la força à ouvrir sa paupière encore lourde. La deuxième fût un malaise constant, comme si ses organes étaient sur le point de disparaître sans totalement l'abandonner. La troisième fût la voix de Belphegor.

-Ushishishi. Enfin réveillée ?

La jeune fille sursauta et attendit de s'habituer à la pénombre. Elle remarqua qu'elle se trouvait allongée dans une grotte et que le prince était assis devant l'entrée, surveillant les environ Malgré le rire qu'il avait poussé, sa voix manquait d'entrain et il semblait avoir la mine sombre.

-J'ai dormi longtemps, demanda Chrome en se redressant à l'aide de ses bras.

-Environ huit heures. Tes organes ?

-Ils sont là mais j'ai peur qu'ils ne soient pas assez solides. Je vais arranger ça...

Elle se concentra et alluma son anneau, se servant de son pouvoir pour renforcer les illusions déjà présentes en elle. Elle se rallongea au sol une fois l'opération terminée, quelque peu épuisée. Belphegor n'avait pas bougé d'un pouce.

-Ta chouette est rentrée saine et sauve quelques temps après notre arrivée ici et est retournée dans sa boîte, dit-il. J'ai tenté d'envoyer un signal au capitaine, mais les lignes sont brouillées depuis la nuit dernière

-L'orage n'est pas terminé ?

-Hum ? Oh, si. Viens voir.

Suivant l'invitation, l'interpellée s'approcha de l'entrée de la grotte et manqua de perdre l'équilibre. Elle ne pouvait le voir auparavant, mais une véritable tempête de neige s'abattait sur le paysage recouvert de blancheur sur près 50 centimètres. De gros flocons tombaient sous un vent glacial.

-Une tempête de neige ? Demanda-t-elle, surprise.

-Oui, une putain de tempête de neige totalement hors saison dans cette montagne tellement paumée que la meilleure des radios est inefficace ! S'emporta le prince déchu. On est complètement coincé, merde !

Chrome sursauta : c'était la première fois qu'elle voyait son partenaire montrer un véritable signe de colère et elle en déduisit que seule une immobilité forcée pouvait le mettre dans cet état. De rage, ce dernier ramassa une pierre et la lança sans prévenir vers le fond du refuge improvisé. Il respira à fond et repris la parole.

-Cet animal n'était vraiment pas une arme ordinaire. Beaucoup trop puissante même pour quelqu'un livré à lui-même. Et puis ces capacités … Je n'ai jamais entendu parler d'un animal qui pouvait avoir une relation directe avec les éléments qui l'entourent, c'est comme si lui et cet orage ne faisaient qu'un. Et maintenant, je suis prêt à parier mon statut royal qu'une autre de ces foutues bêtes est à l'extérieur et provoque cette chute de neige... Hey, tu m'écoutes ?

Le blond se tourna vers la gardienne de la brume et fût encore plus contrarié en voyant que la jeune fille ignorait le prince qu'il était et préférait contempler un amas de roches sans aucun intérêt. Sauf si elle souhaitait redécorer leur intérieur, mais il espérait qu'ils n'aient pas à rester dans ce lieu suffisamment longtemps. En réalité, Chrome n'était pas prise d'une soudaine vocation pour les meubles et les papiers peints. Ce qui l'intéressait le plus était de savoir comment était fait le sol et une parcelle en particulier.

-Belphegor-san, pourriez jeter autre chose comme vous venez de le faire ?

-C'est pas le moment de jouer à la bataille de boules de neige, répliqua ce dernier d'un ton amer.

Le prince obéit malgré sa remarque et dissipa l'hésitation de la borgne qui repartit au fond sans mot dire. Belphegor la suivit, intrigué.

-Tu penses avoir trouvé quelque chose ?

Chrome ne répondit pas et chercha les deux pierres lancées précédemment. Elle les trouva puis caressa le sol de sa fine main. Ce qu'elle sentait n'était pas de la terre, mais une couche de poussière.

-On ne la voit pas à cause de l'obscurité, mais je crois qu'il y a une trappe juste ici.

Elle déblaya le sol et frappa doucement pour confirmer ses dires. Un léger « bong » creux lui répondit avant que le Varia ne siffle d'admiration.

-Pas mal du tout, la complimenta-t-il, j'aurais dû penser à la leçon numéro quatre : être attentif au moindre détail. Tu passes directement de « roturière » à « courtisane » dans mon estime.

-M...Merci beaucoup, bredouilla la Dokuro tandis que le rouge lui montait aux joues.

Malgré le peu de temps qu'ils avaient passés seuls, Chrome commençait à comprendre le caractère de Belphegor. Bien qu'il réagisse la plupart du temps comme un gamin, il pouvait aussi être digne de confiance et agir de manière sensée et humaine. De son côté, le Varia n'en démordait pas sur son intérêt pour l'illusionniste. En quelques minutes, il avait vu qu'elle était capable de remarquer des détails qui étaient passés sous le nez du prince qu'il était. Créer des organes n'était pas non plus à la portée du premier venu et il doutait que Mammon lui-même ait déjà essayé.

-Prête à explorer les entrailles de la Terre ? demanda Belphegor d'un ton joyeux.

Sa partenaire lui répondit d'un hochement de tête, apparemment moins motivée que le blond qui avait retrouvé son sourire. C'était une bonne chose en soi que la découverte d'une sortie, mais elle se sentait légèrement anxieuse par ce qui l'attendait. La dernière trappe qu'elle avait franchie l'avait menée à un dur combat contre un cinglé en costume blanc hurlant « Ring ! Vongola Ring » à chacune de ses phrases, le tout accompagné d'un poulpe géant aux tentacules visqueuses et trop nombreuses à son goût. Ce qui expliquait sa pâleur au moment précis où le Varia ouvrit la trappe.

La mission passant avant ses mauvais souvenirs, elle se prépara à faire face aux profondeurs de la montagne.


Oui, bon, je sais, c'est un chapitre un peu plus court que d'habitude (quoique, pas tant que ça maintenant que j'edit mes erreurs). Prenez-le comme ce qu'il est, c'est à dire une transition. Et qui dit transition dit partie différente que j'aurai le plaisir de vous montrer la semaine prochaine. Bonne semaine à tous.

Fanfic-ment vôtre,

Koukin