L'hiver est fini, le soleil peine à revenir mais les humains sortent déjà de leur torpeur et de leur hibernation. Je suis encore une fois désolé pour ce temps d'attente, la faute revient en partie à ma vie étudiante et en partie à moi-même puisque je délaisse de plus en plus les fanfictions pour d'autres projets sur le web. Je ne vous oublie cependant pas et tient absolument à terminer Duo Royal en alliant qualité et rapidité. Merci beaucoup aux lecteurs pour leur patience et aux reviewers pour leurs encouragements.

Sans plus attendre, je vous souhaite une bonne lecture.


Bip...Bip...Bip...Bip...

Une salle de réanimation, quelque part, à un moment donné. Les seuls bruits audibles sont les appareils respiratoires, ronflant leurs gaz dans la bouche d'une jeune fille aux cheveux indigo, respirant trop légèrement pour que cela soit rassurant. L'oscilloscope continue ses "Bip" monotones, puis l'un d'eux semble la réveiller.

Chrome entrouvrit son œil unique, ressentant peu à peu les sensations trop familières à son goût : les draps d'hôpital, froids et impersonnel, l'éclat des murs blancs et parfaitement aseptisés à la javel, la machinerie qui l'entoure et qui l'emprisonne, et bien sûr le flou qui l'entoure au moment de se réveiller dans un lit d'hôpital. Ses pensées, d'abord confuses, s'éclaircirent peu à peu, de même que sa vision.

Cette chambre lui sembla familière. Même superficie, même disposition des machines, exactement la même odeur. Son cœur rata un battement.

Elle sût qu'elle est était déjà venue dans cette salle d'hôpital, ou bien qu'elle ne l'a jamais quitté. Elle tenta de passer une main dans ses cheveux mais sa main, trop lourde, ne put même pas sortir de sous la couverture qui lui semble - une fois encore - ressembler plutôt à des chaînes qu'à autre chose. Repoussant la panique qui l'envahit peu à peu, Chrome tenta de se souvenir de tout ce qu'il s'était passé auparavant. Sa rencontre avec Mukuro, Kokuyou Land, Tsuna et les Vongola, cette mission d'entraînement, Belphegor, leur combat en montagne, le tunnel et le prince partant devant. Puis plus rien.

L'illusionniste tenta de respirer à fond, inhalant les gaz sortant du masque respiratoire, avant de sentir sa tête tourner. L'effort en valût cependant la peine puisque la lourdeur qui envahissait son corps disparût. Elle retenta alors la même expérience que précédemment mais fût distraite par des voix venant de l'autre côté de la porte. Dans un effort qui lui sembla surhumain, elle tourna la tête vers l'ouverture pour l'instant close.

-Madame, vous ne pouvez, elle est en réanimation.

-Et alors ? C'est ma fille ! Je n'ai même pas le droit d'être là alors qu'elle a le plus besoin de moi ?

-Chérie, s'il-te-plaît...

-Lâche-moi tout de suite ! Personne ne m'empêchera de voir ma Nagi !

Le nom sonna étrangement à l'oreille de la patiente. Plus familièrement encore que sorti de la bouche de Mukuro, le seul à l'appeler ainsi depuis le jour de leur rencontre, si il est jamais arrivé. Si seulement elle pouvait mettre la main à ses cheveux...

La porte claqua, révélant deux hommes, l'un en costume d'affaire et l'autre en blouse blanche. Mais la personne qui attira le plus l'attention de la patiente fût une femme encore jeune, en manteau rose, hauts talons et parfaitement maquillée.

Sa mère, Fumiko Kusui, chanteuse très populaire et accessoirement mannequin.

-Nagi ! Ma Nagi ! dit-elle dans une voix où les larmes semblaient prêtes à éclater.

Elle couvrit les quelques mètres qui la séparaient de sa fille avant de l'étreindre dans ses bras, arrachant par la même occasion le masque respiratoire qui se trouvait sur ses lèvres. Les deux hommes qui se trouvaient derrière elle jetèrent un bref coup d'œil puis tournèrent les talons et s'en allèrent. Chrome - ou Nagi, elle ne savait plus qui elle était - se retrouva à demi soulevée, agrippée par sa génitrice qui pleurait à chaudes larmes sur son épaule nue. Tout était de nouveau confus dans sa tête : ses aventures en compagnie de son protecteur et de ses amis, ces dangers et ces combats dont elle pouvait se souvenir, tout ceci n'était-il donc qu'un rêve ?

-Ma...Maman ? demanda la plus-si-sure jeune illusionniste ?

-Oh, Nagi ! Si seulement tu savais à quel point j'ai été inquiète à cause de toi ! continua Fumiko en pleurant de plus belle.

Nagi ne se sentait plus. Elle ne parvenait pas à trouver le moindre repère : où était l'illusion ? où était la réalité ? Elle avait beau faire appel à ses souvenirs, ceux-ci restaient inexistant à partir du moment où elle avait été séparée de Belphegor. Et, plus que toutes les autres personnes de son "rêve", la jeune fille doutait de secondes en secondes de son existence. Elle avait lu une fois, durant ses longues heures de solitude, une théorie sur des rêves capables de donner l'illusion de plusieurs années de vie durant des phases comateuses.

D'un autre côté, sa mère était presque une étrangère pour elle, toujours aux quatre coins du pays pour des défilés, des concerts ou des réceptions. Elle ne lui en voulait pas pour son absence, et elle doutait même avoir la moindre once de rancune pour son indifférence. Nagi s'était tellement habituée à ce train de vie que cela lui paraissait naturel, excepté lorsque d'autres enfants de son entourage se tournaient avec des sourires radieux vers leurs géniteurs La seule notion de famille qu'il lui restait était dans le mot "père". Ses souvenirs étaient une fois de plus confus, mais elle parvenait encore à entendre sa voix chaleureuse quand il rentrait entre deux voyages d'affaires. Ses absences étaient parfois plus longues que celles de sa mère, mais elles semblaient beaucoup plus courte à côté de l'intensité des moments passés ensemble et de l'importance qu'ils avaient à présent.

Oui, si elle parvenait à se souvenir de son passé d'avant l'accident plus que de ses aventures, c'est que celles-ci étaient peut-être rien d'autre qu'un rêve...

Toujours à demi-levée contre l'épaule de sa mère, Nagi demande :

-J'ai dormi longtemps ?

-Trois jours, répondit Fumiko. Les docteurs ont décidés de te mettre dans un coma artificiel. Oh, j'ai été si inquiète de te perdre !

Chrome fut bouleversée par cette déclaration, ne sachant plus quoi penser de sa mère. Il lui semblait que c'était tout le contraire dans son rêve, qu'elle voyait là l'opportunité de ce débarrasser du fardeau qu'elle était.

-Tu...Tu ne veux pas que je m'en aille ? demanda-t-elle d'une voix encore blanche.

-Jamais, tu m'entends ? Jamais ! dit Fumiko dans un éclat de voix brisé par des sanglots. Tu m'as rendu tellement inquiète quand tu n'étais pas là !

Les deux femmes restèrent ainsi quelques secondes, le silence interrompu seulement par l'oscilloscope et les sanglots de la femme. Chrome, elle, se sentait toujours en proie à ses doutes. Puisque tout ceci n'avait été qu'un rêve, cela signifiait-il qu'il lui fallait retourner à la vie citadine ? Cela lui semblait à la fois étrange et logique. Toutes ces choses à propos de mafia, de flammes et d'illusions lui semblaient à présent appartenir pour de bon au fantastique. Puis sa mère passa l'une de ses mains dans ses cheveux.

Ils étaient courts.

Chrome sentit alors comme une décharge électrique parcourir son corps. Elle sursauta et repoussa d'un coup celle qui sanglotait à son épaule quelques instants plus tôt.

-Depuis combien de temps suis-je ici ? redemanda-t-elle.

-Mais...trois jours, je te l'ai dis. Oh ma pauvre petite, je suis désolée, tu dois encore avoir besoin de...

-Tu mens, l'interrompit Chrome d'une voix tremblotante. Où sommes-nous ?

Fumiko baissa la tête, rendant son visage impossible à voir pour sa fille. Cette dernière sentait ses forces revenir peu à peu et put enfin passer sa main sur sa chevelure. Comme elle s'en doutait, ils étaient courts et l'épi caractéristique en forme d'ananas était toujour présent.

-Regarde bien ce que tu m'as fait, petite traînée.

L'ordre avait été donné d'une voix débordante de ressenti. Fumiko releva les yeux et Chrome, qui n'avait pas encore pu voir à loisir le visage de mère, aperçut enfin la longue balafre qui lui barrait la joue.

-Comment...

Elle ne put continuer sa phrase plus longtemps. L'ex-mannequin la prit à la gorge et la plaqua violemment contre le lit. Chrome se débattit, mais la différence de force était trop grande et, bien que la poigne qui la maintenant ne soit pas si forte, elle l'était suffisamment pour tenir en joute une adolescente maigrichonne ayant physiquement forcée depuis deux jours. Le visage de Fumiko était déformé par la haine.

-Depuis que tu as fuis avec ce bâtard de Rokudo, ma vie est devenue un véritable enfer. Et maintenant, tu oses venir jusqu'ici pour me narguer ?

L'unique œil valide de l'illusionniste s'écarquilla un peu plus. Comment sa mère, qu'elle avait toujours crue être une civile comme les autres, était-elle au courant de son lien avec la mafia ?

-Tu ne sais pas tout de moi, continua Fumiko après avoir deviné les pensées de sa fille. Et il est inutile de te dire quoi que ce soit. Tu n'as qu'une seule et unique chose à savoir...

Sur ces mots, elle sortit un petit poignard de sa ceinture, puis approcha la lame de la joue de Chrome.

-Tu...

Elle appliqua la pointe de la lame en dessous de l'œil valide. Chrome pâlit brusquement.

-N'aurais...

Elle enfonça le poignard, et fit un petit mouvement de poignet, ignorant de cri de sa fille.

-Jamais...

L'assassin traça lentement une ligne jusqu'à la pointe du menton.

-Dû naître !

Fumiko retira finalement la lame sous les cris et les larmes de Chrome qui se mêlaient au sang coulant de sa blessure. Elle la saisit par le col, puis l'adossa contre le mur et leva une fois de plus sa lame, prête à porter un coup plus fatal. Mais elle suspendit son geste au dernier instant, une dague désormais familière pour la jeune fille ayant été lancé à quelques centimètres de l'oreille du bourreau.

Belphegor se trouvait juste à l'entrée de la pièce, son habituel sourire flanqué sur son visage. Il paraissait cependant beaucoup plus cruel que d'habitude et les petits cris et gémissements du prince ne faisaient rien pour rendre l'atmosphère moins dérangeante.

-Ushishishi...Le sang de la Princesse...


Et pour me faire pardonner de cette longue absence, un omake relatant les aventures de l'autre équipe Vongola/Varia que je continuerai au prochain chapitre :

Si il y avait un mot pour décrire leur mission, ce serait certainement "chaud". Yamamoto et Hibari y étaient insensibles, Lambo ne cessait de geindre entre deux gorgées de jus de fruits frais et Ryohei adorait ça. Mais pas pour les mêmes raisons que l'un de ses coéquipiers forcé, malheureusement.

-Ryohei-chaaaaan ! La chaleur de ce désert n'est rien face à la température que tu fais naître en moi ! Laisse-moi te déclarer cet amour brûlant !

-Fonce, Kangaryuu ! A l'extrême !

Les courses-poursuites entre les deux boxeurs et leur montures, à savoir le kangourou de l'albinos et le dromadaire vachement motivé du nécrophile (avaient-ils les mêmes objectifs ?) étaient choses courantes aux abords du Caire. Les Vongola, accompagnés de Lussuria et Mammon, devaient mettre fin aux agissements d'une bande de contrebandiers faisant passer en douce armes et drogues par les frontières. Leur moyen était encore inconnu mais ils savaient de source sûre (ainsi étaient désignées les victimes des tonfas d'Hibari) que la marchandise était entreposée dans la capitale avant d'être envoyée sur les divers réseaux.

Mammon espérait que les bandits en question touchaient aux médicaments. Même en ayant troqué son imperméable à capuche contre un turban, une veste blanche et un pantalon bouffant, la chaleur lui était insupportable et les cris des deux gardiens du soleil ne faisaient que transformer ses maux de têtes en véritables migraines.


Je vous dit à bientôt au prochain chapitre qui sera certainement l'avant-dernier.

Fan-ficment vôtre

Koukin