Chapitre I
- Blondie !
- Maman, je t'ai déjà dit de ne plus m'appeler comme ça. Nouveau pays, nouveau départ, et s'il y a bien une chose que je ne veux pas retrouver ici c'est ce surnom ridicule. Encore bombasse ça pourrait passer, mais Blondie c'est définitivement non. Tu imagines si quelqu'un de Poudlard t'entend ? Et qu'il en parle à ses amis ? Je serai la nouvelle déjà fichée en tant que blondasse débile. Parce que ouais, Blondie ça fait carrément blondasse débile. Et je ne veux pas qu'à peine arrivée on me prenne pour une blondasse débile.
- C'est bon tu as fini ?
- Oui j'ai fini oui.
- Très bien. C'était juste pour te dire que ton père a trouvé comment on accède au quai 9 ¾.
- Et on y accède comment ?
- En passant à travers un mur.
…
- A travers un mur ?
- Oui à travers un mur.
A travers un mur donc. Et bien allons-y, traversons des murs, et puis ça sera quoi ensuite ? On traversera le fond de notre baignoire quand on prendra un bain, pour se retrouver sur la table de la salle à manger devant les invités de nos parents ? Et puis quoi encore. Quand je dis que ces sorciers anglais sont des fous, c'est pas des blagues.
- Zoé, Ashley, par ici.
Je me dirige vers mon père qui nous fait de grand signe, planté devant un mur banal. Pour la discrétion on repassera hein. Je lui passe devant la tête haute, voulant bien montrer que je ne suis pas du tout impressionnée par le fait de devoir traverser un mur.
Ce qui est totalement faux, ahem.
Je ne peux m'empêcher de fermer les yeux, et lorsque je les rouvre je découvre un quai plein de sorcières et sorciers de tous les âges, entassant valises sur valises, cages de hiboux et paniers de chats, et sur les rails, un splendide train rouge et noir, de style assez ancien. Finalement ils ne sont plus si fous que ça les anglais, ce lieu respire la magie, c'est bien mieux que nos vulgaires cars volant en Amérique.
J'avance en poussant mon chariot portant ma valise et le panier de mon chat, sans regarder où je vais, et ça ne manque pas, je rentre dans quelqu'un…
- Oups, désolée.
La jeune fille blonde (comme moiiiiiiiiii /sort/) que j'ai bousculée me toise de haut en bas, puis à ma grande surprise me fait un grand sourire et me tend la main. Bouche bée je la serre, et je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche pour m'excuser à nouveau qu'elle prend la parole.
- Y a pas de soucis. Toi t'es nouvelle non ? Je ne t'ai jamais vue avant et pourtant je connais quasiment tout le monde ici. Je m'appelle Cassandra, ravie de te rencontrer. Comme tu m'a l'air d'un oisillon tombé du nid, je vais m'occuper de toi. T'apprendre tout ce qu'il faut que tu sache, te montrer tout ce que tu dois voir, et bien sûr te présenter tous ceux que tu dois absolument connaitre. En gros les mecs qui valent la peine quoi. Attend, d'abord, t'as un copain ? Nan parce que si t'as un copain, c'est même pas la peine que je te parle des mecs. Et puis, je vais te présenter les filles aussi. On forme une sacrée bande de potes elles et moi. Y a qu'un mec qui ose trainer avec nous, le pauvre il est bien courageux. Mais je crois que c'est parce qu'il craque sur Olivia. Sinon c'est clair qu'il ne trainerait pas avec nous. Attend faut être carrément barjo ou carrément désespéré pour trainer avec une bande de meufs qui, avouons-le, ne parlent jamais d'autre chose que de mecs, de fringues/make-up/chaussures ou de derniers potins de l'école. T'es pas d'accord avec moi ? Enfin je sais pas, à moins qu'il soit gay, mais je ne pense pas, vu le nombre de filles qu'il s'est tapé ici et vu la façon dont il reluque les belles demoiselles qu'il croise dans les…
- Wowowow, stop ! Respires un peu. Faisons les choses dans l'ordre. Oui je suis nouvelle, je m'appelle Zoé, et je suis aussi ravie de te connaître. D'ailleurs, il faut que j'aille dire à mes parents que je les abandonne, tu m'attends ici ? Je n'en aurai pas pour longtemps.
- Oui, vas-y.
Je me retourne et utilise ma grande taille bien pratique dans ce genre de situation pour retrouver ma mère et mon père. Je fini par les apercevoir pas loin de là et je me faufile jusqu'à eux.
- Maman, Papa, je vais vous laisser, j'ai rencontré une fille qui veut bien me coacher pour que je ne passe pas pour une paumée à Poudlard. Vous pouvez rentrer à la maison.
- Je rêve ou tu es en train de gentiment nous dire de dégager ?
- Ahem, mais non mais non papa.
- Moui, c'est ça. Bon, on y va alors. T'oublies pas de nous envoyer des lettres hein ?
- Oui maman t'inquiètes, je suis plus en première année hein.
Je les serre dans mes bras, puis repars en vitesse retrouver Cassandra. Je n'ai jamais aimé les aux revoir de toute façon. Et puis, ce n'est pas comme si je n'allais plus jamais les revoir, ou comme si c'était la première fois que je les quittais non plus hein. Je rejoins donc la belle blonde (non je ne parle pas de moi) qui m'attend toujours au même endroit.
- Voilà ! Alors, expliques-moi tout ce que je dois savoir.
- Attend, d'abord il faut qu'on aille dans un compartiment, j'ai demandé aux filles de nous garder de la place. Mais je vois que t'as un chat ? Comment il s'appelle ?
- Hadès. Ne te fie pas à son air angélique, c'est un vrai monstre. Une fois il a failli transformer la main d'un ami de mon père en steak haché.
Je retiens un rire en voyant Cassandra retirer vivement sa main du panier de mon chat. Bien sûr que c'est un ange mon chat, enfin, avec moi haha
Après s'être faufilées entre d'autres élèves jusqu'au train, et après en avoir bousculés pas mal, on arrive enfin dans un compartiment presque remplit. Euuuuh, vous êtes sûr qu'il y a de place pour deux personnes supplémentaires ? Je veux bien être plutôt fine je suis bien foutue, et mes boobs ont besoin d'air. On entre et Cassandra m'arrache presque ma valise des mains pour la caser dans le filet avec les autres. Vous connaissez Tetris, le jeu moldu ? Et ben le filet de notre compartiment en est la représentation réelle.
- Les meufs…
- Ahem !
- Pardon, les meufs et le gars, je vous présente Zoé. Elle est nouvelle. Zoé je te présente Alexis, Emily, Olivia, Lucas et Vanessa.
Je balaye du regard les quatre filles et le garçon (responsable du « Ahem ! ») assis dans le compartiment. Une fille aux cheveux rouge lui donnant un air sauvage, une plus discrète aux cheveux noirs et aux envoûtants yeux bleus, une blonde aux yeux ressemblant pas mal à ceux de la précédente mais moins envoûtants, un beau goss châtain presque brun avec un sourire à faire fondre un cœur de glace, et une brunette aux cheveux très bouclés et à l'air espiègle. Quel beau monde, ils sont visiblement aussi moins moche que je le pensais les anglais ! Heureusement que j'ai hérité de la face clichée de californienne par ma mère parce que sinon je serai vraiment mais alors vraiment pas au niveau.
Je m'assoie là où il reste un peu de place et me retrouve donc entre Lucas et Vanessa, qui ne tarde pas à m'assaillir de questions.
- Salut, dis-moi, tu viens d'où pour être nouvelle ?
- Des Etats-Unis.
- Et c'était bien là-bas ? Elle ressemble à quoi l'école de magie ? A un vieux château comme la nôtre ?
- Elle ressemble en tout point à une université moldue américaine basique.
- Et les cours ? Ils étaient bien les cours ?
- Bah c'est des cours quoi.
- Et le sport ? Vous pouvez faire du sport là-bas ?
- Du quidditch, comme de partout.
Je lance un regard plus que désespéré à Cassandra parce que là elle me fait un peu peur la Vanessa quand même. Mais ce n'est visiblement pas une bonne idée, vu comment elle me regarde avidement, attendant que je réponde aux questions de son amie. HEEEEELP !
- Meuf laisses-la respirer un peu.
Mon sauveur ! Oh je t'aime, je t'aime, je t'aime !
…
Oui bon, je m'emballe un peu c'est vrai. Un simple sourire et un petit merci timide devrait suffire. Aah il me sourit aussi, quand je vous dis qu'il a un sourire à faire fondre un cœur de glace c'est pas des blagues.
- Mec fais pas ton chevalier servant ça te va pas.
- Je te merde Vaness'.
- Moi aussi chéri, moi aussi.
J'assistais à l'échange comme un spectateur de Roland-Garros. En gros ma tête faisait droite-gauche-droite-gauche très vite. Chéri ? Apparemment Lucas-je-te-souris-tu-fonds a une copine. Bah, y en aura d'autres des beaux garçons. Mais mieux vaut vérifier hein, histoire d'être sûre quand même.
-Vous sortez ensemble ?
Gros blanc.
J'ai dit une bêtise ?
Les deux concernés se regardent et explosent de rire. Bon ben visiblement oui j'ai dit une bêtise. Mais ça serait bien que quelqu'un m'explique parce que bon, je ne comprends pas et j'aime pas ne pas comprendre. Ca fait trop… blondasse.
Ils finissent par se reprendre et se décident à me répondre.
- Sortir avec lui ? Jamais !
- Sortir avec elle ? Plutôt mourir !
- Bah alors, et le « chéri » ?
Et les voilà repartis. Nan décidément je ne comprendrais jamais les anglais et leurs délires chelou.
- Help, quelqu'un m'explique ?
Je ne croise que des regards autant perdus que le mien, je vois qu'ils ne sont pas plus au courant que moi, et ben ça promet.
Après plusieurs heures de trajet, plusieurs paquets de chocolats et autre confiseries mangés, et après de longues discussions de filles laissant Lucas dans un état quasi dépressif, le train ralentit enfin pour s'arrêter dans une petite gare de village. Cassandra me dit de laisser mon chat et ma valise dans le train, et on sort.
Sol trempé par une pluie récente, petit village, nuit, bruits chelous, je n'ai qu'un mot en tête quand je descends du Poudlard Express.
- C'est glauque.
- C'est glauque, mais c'est fun tu verras.
- Moui.
- Mais oui, fais-moi confiance va.
- Cassandra, on ne se connait que depuis aujourd'hui.
- C'est vrai. Bah, t'apprendra bien vite à me faire confiance, en attendant viens, ça fait 10 minutes que t'es plantée là, on dirait un poteau.
Elle a raison, en plus la boue commence à s'infiltrer dans mes chaussures.
…
Mes chaussures ! Mes si belles chaussures ! Raah elles sont bonnes à jeter.
J'essaye tant bien que mal de décoincer mes pieds de cette boue et suis Cassandra jusqu'à une calèche tirée par… euh… rien en fait. Tirée par rien. Et la calèche grince quand je m'assoie. Encore plus glauque. En plus il fait froid et je n'ai pas prévu de pull sous ma robe de sorcière. Il est où le garçon serviable qui pose sa veste sur tes épaules quand t'as froid ?
…
Apparemment pas là.
Je grelotte donc en silence jusqu'à ce qu'on arrive devant un immense château, plutôt imposant le machin. C'est une école ça ? Vous êtes sérieux ? Bon, elle est où la caméra là ? Dites-moi où est la caméra ! Hypnotisée par le château-plus-imposant-tu-meurs, je suis les autres élèves qui entrent par une grande porte. Et bah, l'intérieur est encore plus impressionnant que l'extérieur !
- Et tu n'as pas encore vu la Grande Salle.
Je sursaute en entendant cette voix si près de mon oreille, mais il ne s'agit que de Lucas. Il est fou lui de me faire des frayeurs pareilles, c'est que j'ai le sortilège facile moi.
La Grande Salle donc, rien que le nom annonce la couleur. Une salle. Grande.
- C'est quoi la Grande Salle ?
Il n'a pas le temps de répondre que deux immenses portes s'ouvrent devant nous.
Ah, c'est ça la Grande Salle alors, une grande salle, quatre tables dans la longueur, une table au fond dans la largeur, des bougies volantes et un plafond imitant le ciel à la perfection.
Vous avez déjà vu un poisson dans un bocal ? Le machin avec la bouche grande ouverte et un regard débile ? Bah rajoutez des cheveux blonds et là c'est moi. Pour le coup les anglais ils n'ont pas fait dans la demi-mesure. Les élèves se dirigent tous vers les tables, des groupes se séparent, d'autres de forment, tout le monde s'assois, et moi je reste plantée là, en plein milieu.
Bah j'ai pas l'air con tiens.
- Aah, mademoiselle Austen vous voilà !
Un très vieux monsieur, très barbu et très chevelu, en gros très chelou, s'approche de moi.
- Nous avons prévu de faire votre répartition avant l'arrivée des premières années, venez, venez donc. Asseyez-vous là. Minerva le choixpeau !
Et je me retrouve avec un chapeau moisi sur la tête, assise sur un tout petit tabouret, devant tous les élèves qui me regardent avec des yeux ronds. Et je suis censée faire quoi là ?
Mmh, ça faisait bien longtemps qu'on ne m'avait pas posé sur la tête d'une jeune fille de 17 ans.
Qui me parle ? Le chapeau ? Ah oui bon d'accord, un chapeau qui parle dans la tête des gens. Narmol.
Quelle maturité comparé aux habituels premières années, quelle vie déjà pleine de rebondissements et… Oh ! Quelles plaisantes activités nocturnes je vois là !
Eh oooh il va laisser mes plaisantes activités nocturnes ou elles sont et fourrer son nez ailleurs le chapeau il sera bien gentil.
Pardon pardon, je me suis égaré. Au passage, très bon choix le garçon blond que j'ai vu dans la cabane sur la plage.
…
Pardon ! Alors nous disions. Hum, nous ne disions rien du tout en fait. Je vois dans ta tête, …
Oui ça j'avais compris.
Bon tu vas arrêter de m'interrompre oui ? Merci. Je vois dans ta tête, je vois que tu as ta place à…
SERPENTARD !
Je vois les élèves de la table de droite de lever et applaudir à tout rompre. Apparemment je vais me retrouver avec eux pour le reste de l'année, mais heureusement je vois que c'est à cette table que sont assis Cassandra et les autres. Je m'empresse de les rejoindre, et lorsque je m'assoie avec eux je vois les porte de la Grande Salle s'ouvrir à nouveau sur de petits, tous petits, élèves. Sans doute la nouvelle fournée. Hehe ils ne sauront jamais que je viens juste de me faire répartir ceux-là !
Leur répartition se passe assez vite, le repas aussi, puis je me laisse guider jusqu'à ce qui sera ma salle commune/dortoir pour l'année à venir. Année qui promet d'être mouvementée.
