Bêtas : octo et Archimède

Note : je modère les reviews anonymes, mais je n'en supprime pas, sauf cas extrêmes (insultes gratuites, propos intolérables... dans ce cas, je préviendrai) donc, si vous voyez que votre review anonyme met un peu de temps à arriver, c'est qu'elle doit passer par la modération et je suis un peu lente.

Merci à ange29b, ankana87, nepheria4, hello3, fan de fiction, cathy, QuestKey, Zeugma pour vos reviews anonymes. Pour les autres, j'espère n'avoir oublié personne

Le citron commence tout de suite et c'est toujours une relation entre hommes!


Chapitre 2

Harry gémit lorsque le sexe démesuré le pénétra. Il sentait ses chairs aspirer la hampe brûlante. Son amant ne prit pas le temps de le laisser s'habituer à sa présence qu'il le pilonna durement, le faisant crier d'extase. Le corps lourd et musclé de son partenaire pesait sur lui. L'odeur de la sueur et le bruit de la respiration saccadée de l'inconnu parvinrent au nez et aux oreilles du brun qui agrippa et griffa allègrement le dos de l'homme afin d'approfondir le contact entre eux. Ses jambes s'écartèrent plus encore, permettant à l'étranger de le pénétrer plus profondément.

Il sentait le sexe de son amant aller et venir en lui, frôlant à chaque fois un point particulièrement sensible en lui qui lui faisait voir les étoiles.

De l'autre homme, Harry ne voyait rien. Il ne savait même pas il se trouvait, mais ça n'avait pas d'importance. Tout ce qu'il voulait, c'était ce sexe imposant qui le pénétrait et qui lui donnait tant de plaisir. Tout le reste n'était que détail.

Harry se tendit soudain, resserra le corps musclé entre ses bras et...

Il se réveilla en sursaut dans son petit lit du 4, Privet Drive, les draps entortillés autour de son corps couvert de sueur. Son rêve plus qu'érotique ne l'avait pas soulagé et son érection encore présente était assez douloureuse. Harry glissa une main sous les draps puis dans son pyjama et enserra doucement son pénis. Ce contact sur son organe brûlant le fit gémir de satisfaction. Lentement, il fit des va-et-vient, passa son pouce sur le gland turgescent puis accéléra peu à peu le rythme. Des soupirs s'échappèrent de ses lèvres. Il repensa alors à son rêve, à cet amant onirique qui lui avait donné du plaisir et sa main s'activa de plus en plus rapidement.

Il siffla soudain et éjacula dans un grognement, le corps tendu avant de retomber sur le lit, la respiration hachée et un petit sourire de contentement dessiné sur ses lèvres.

Le jeune homme attendit quelques minutes pour retrouver un souffle normal et s'assit. Il retira sa main de son bas de pyjama et l'essuya sur les draps maintenant défaits et froissés. Ce rêve n'était pas normal. Harry avait déjà eu des rêves érotiques, souvent, mais jamais aussi intenses que celui-là. D'ordinaire, il pensait à des femmes aux seins volumineux et à la bouche pulpeuse, parfaite pour lui faire une fellation. Bref, des répliques des magazines pornos que Seamus Finnigan, un de ses compagnons de dortoir, lui avait montrés.

Et là, il pensait à un homme.

Harry s'était toujours cru hétérosexuel. Durant sa Cinquième Année à Poudlard, il était sorti avec deux filles, Parvati Patil et Ginny Weasley, la sœur de son meilleur ami, Ron. Avec la première, leur relation n'était pas allée plus loin qu'un baiser – Harry avait rompu, sans vraiment s'expliquer – et avec la seconde, ils étaient encore ensemble mais, à cause de Ron, ils n'étaient pas allés très loin non plus. À peine quelques caresses.

Jamais il n'avait pensé à un homme. Il avait bien évidemment, et dans un but purement informatif, reluqué ses camarades après les entraînements de Quidditch, lors des douches communes, mais tout le monde l'avait fait. C'était juste pour vérifier qu'il était « normal » physiquement, juste à titre de comparaison.

Allongé, il fit un test et s'imagina cajoler deux seins bien ronds. Dans sa tête, il voyait le corps d'une fille bien faite de sa personne, alanguie sur un lit, nue, en train de se caresser. La veille encore, cette image lui aurait donné envie de se toucher. Aujourd'hui, rien. La scène normalement érotique ne l'excitait pas du tout.

Un peu frustré, il tenta autre chose. Il se dessina le corps d'un homme, imaginant les détails derrière ses paupières closes. Son sexe reprit de la vigueur aussitôt.

Il ouvrit les yeux et soupira. Était-ce possible de devenir gay ? Juste en quelques heures ? Non, c'était même improbable. Il ne pouvait pas se baser sur un simple rêve ou quelques pensées pour changer aussi vite d'orientation sexuelle.

Le jeune homme se tourna sur le ventre et grogna. Son érection ne s'était pas calmée d'elle-même et le contact du sperme qui souillait son pantalon de pyjama n'était pas agréable. D'un geste rageur, il le retira et le jeta à travers la chambre. Il se remit sur le dos et reprit son activité manuelle. Il jouit rapidement alors que l'image et le souvenir flous de son amant onirique lui revenaient en mémoire.

Il reprit sa position initiale après avoir essuyé les preuves de son méfait sur les draps, il ferma les yeux et se rendormit sans s'apercevoir que le sommeil qui l'avait gagné était magique. C'est pourquoi il ne sentit pas quelque chose grouiller sous la peau de son dos.

Harry Potter venait tout juste d'avoir seize ans.

0o0

Le mois d'août passa lentement pour Harry. Sa tante Pétunia et son oncle Vernon l'avaient gardé enfermé tout le mois sans qu'il ne comprenne pourquoi. Le mois de juillet avait été plus libre, pourquoi août aurait-il dû être différent ? La preuve, il avait reçu deux lettres, l'une venant du Ministère, et l'autre, de Poudlard. La première lui avait appris qu'il avait obtenu six BUSEs sur neuf. Il était content de lui. La seconde missive avait été la sempiternelle liste de fournitures. Hedwige étant en vacances chez les Weasley, elle n'avait pas pu lui délivrer de lettre, sauf le jour de ses seize ans.

Il ignorait que Ron et Hermione avaient tenté de le joindre par différents moyens, mais sans succès.

Son emprisonnement avait commencé dès le lendemain de son anniversaire. Harry s'était demandé si ça avait quelque chose à voir avec la réception de son héritage, mais il en doutait fortement. Lorsqu'il s'était rendu compte de l'existence de ses ailes, il avait paniqué. Il avait fondu sur ses livres de Défense Contre les Forces du Mal, et les avait dévorés pour découvrir ce qu'il était devenu. Mais à cause de toutes ses corvées, il n'avait pas eu beaucoup de temps pour se consacrer à ses recherches, ce qui l'avait obligé à le faire la nuit, une fois sûr que personne ne viendrait le déranger. Il avait ainsi pu dresser un inventaire de ses caractéristiques et tentait de les faire coïncider avec les créatures de ses livres.

Il avait pris quinze jours pour tout lire et voir un changement dans son apparence. La liste avait été rapidement réduite. Les créatures humanoïdes ailées n'étaient pas nombreuses. Mais celles avec des ailes membraneuses l'étaient encore moins, et la plupart ne correspondaient pas car les ailes n'étaient pas les premiers signes caractéristiques d'une transformation. Il n'avait gardé que trois espèces sur toutes celles qu'il avait sélectionnées dans le manuel : les succubes, les vampires et les dracanus.

Les vampires avaient été le premier choix d'Harry. Ça coïncidait avec sa transformation physique, mais il ne ressentait pas ce besoin de sang qui les tenaillait à la réception de leur héritage.

Venaient ensuite les dracanus. Mais des écailles auraient dû apparaître sur son corps et ce n'était pas encore le cas.

Il ne restait donc que les succubes. D'après la définition qu'il avait lue dans son manuel, ces créatures avaient des ailes membraneuses et étaient sujettes à des rêves hautement érotiques. Et cela correspondait tout à fait à ce que le jeune homme avait vécu depuis son héritage.

Le jeune homme s'était figé, à la fois inquiet et soulagé d'avoir enfin trouvé ce qu'il était.

Un succube. Autrement dit, une créature avide de sexe et qui était exclusivement dominée dans les relations sexuelles. D'après le livre, les succubes étaient en général des femmes, mais de rares exceptions existaient, et les succubes mâles étaient homosexuels. À aucun moment, Harry ne se rendit compte de ce que cela impliquait.

Il y avait eu la question de ses ailes. Il ne pouvait pas les laisser repliées dans son dos, ce n'était pas possible. Le moindre frôlement serait révélateur. Certes, les vêtements larges hérités de son cousin l'aidaient à cacher ses nouveaux appendices, mais on pouvait sentir qu'elles étaient toujours là. Il avait trouvé une réponse dans son livre sur les créatures magiques, qu'il avait reçu de Hagrid le jour de son anniversaire. D'après le grimoire, les succubes n'avaient qu'à penser à faire disparaître leurs ailes pour qu'elles se fondent sous la peau. Elles ne ressortiraient que lorsqu'il aurait trouvé son compagnon, après l'activation de ses gènes à ses dix-sept ans, et non pour un simple amant de passage.

Harry avait dévoré son livre et avait découvert que les succubes étaient avides de sexe pour une bonne raison : ils s'entraînaient afin d'être les meilleurs pour leur compagnon.

Le jeune homme avait tiqué en lisant le mot « compagnon ». Les Dursley n'avaient pas cessé de lui répéter que l'amour entre deux personnes du même sexe, ce n'était pas normal ni moral et il avait fini par intégrer ce principe. Pour lui, il ne pouvait pas être homosexuel. Ce n'était pas possible. Il était forcément hétérosexuel.

Pourtant, au fur et à mesure des nuits, il constatait que ses rêves ne le mettaient pas en action avec des femmes mais avec des hommes qui étaient tous bruns. Moralement, cela le révulsait. Néanmoins, son corps semblait y prendre beaucoup de plaisir. Il n'avait pas cessé de se réveiller poisseux, frustré et affreusement mal à l'aise d'avoir trouvé satisfaction, même oniriquement, entre les bras d'un homme. Il avait essayé de penser à des femmes mais ces dernières se retrouvaient invariablement avec des attributs masculins.

Les rêves n'étaient pas la seule chose qui inquiétait Harry. Il y avait également son comportement. Il n'avait pas arrêté de regarder certains hommes bruns qui passaient dans son champ de vision, lorsqu'il travaillait dans le jardin. À aucun moment il n'avait pu se retenir de leur sourire et de rougir. Il avait mis ça sur le compte du manque de vie sociale. Et ce n'était pas avec sa tante Pétunia et sa vieille voisine, Madame Figg – une adoratrice des chats – qu'il allait entretenir une relation cordiale et savoir qu'il était vraiment hétéro ou non.

Un peu rassuré, il avait passé le reste de ses vacances à attendre impatiemment le premier septembre, date à laquelle il prendrait le Poudlard Express.

Lorsque ce jour arriva enfin, son oncle Vernon le déposa en coup de vent à la gare et le laissa se débrouiller avec sa malle. Le jeune homme se dirigea d'un bon pas entre les quais 9 et 10 et passa la barrière magique qui le mena sur la plate-forme 9 ¾.

Harry profita un instant du quai désert – il était à peine neuf heures trente – et observa la locomotive d'un rouge rutilant cracher son panache de fumée. Il sourit et se décida ensuite à monter dans un wagon. Il hissa ses affaires, les traîna jusqu'à un compartiment totalement vide et installa sa malle dans le filet au-dessus de lui. Une fois assis, il scruta par la fenêtre afin de voir les gens arriver.

Peu à peu, le quai 9 ¾ se remplit, et les cris ne tardèrent pas à résonner. Les parents discutaient entre eux, laissant les enfants s'installer.

Quelques minutes avant que onze heures ne sonnent, Harry vit, à travers sa fenêtre, une bande de rouquins apparaître. Il reconnut aisément Madame Weasley, Ron et Ginny, mais également Hermione Granger qui semblait avoir passé les vacances au Terrier. Malgré lui, il ressentit une pointe de jalousie. Ils avaient dû s'amuser chez les Weasley tandis que lui avait été cantonné aux corvées sans pouvoir quitter l'enceinte du jardin.

Son oncle Vernon ne lui avait jamais interdit de sortir, mais il avait exigé que Dudley surveille son cousin si ce dernier mettait un pied dans la rue. Harry n'était pas fou, le fils Dursley n'allait pas le surveiller mais, au contraire, s'amuser à l'attaquer avec sa bande d'amis qui étaient tous aussi stupides que lui.

Au moment où le train s'ébranla, la porte du compartiment s'ouvrit sur Ron, Hermione et Ginny. La cadette s'installa derechef sur les genoux de son cher et tendre, ne lui laissant aucune chance de se lever pour saluer ses amis.

La présence de la rouquine dérangea Harry sans qu'il ne sache bien pourquoi. Ça ne l'avait jamais gêné auparavant. Et là, il mourait d'envie de la repousser quand elle se mit en tête de le bécoter. Il tenta plusieurs fois d'esquiver les attaques des lèvres baveuses de la donzelle. Si ses baisers lui plaisaient il y a quelques mois, ce n'était plus le cas. Il trouvait inconcevable qu'elle ose tenter une telle chose. Ça le rebutait.

Il trouva la parade lorsqu'il vit Hedwige dans sa cage. Il repoussa Ginny plus rudement qu'il ne l'aurait voulu et se leva pour délivrer sa chouette. Cette dernière lui mordilla affectueusement l'oreille, lui montrant sa joie de le revoir.

- Merci, Ron, d'en avoir pris soin.

- Je n'ai pas fait grand-chose, avoua le jeune homme. Elle a passé tout son temps à chasser.

Ginny bouda franchement lorsque son petit-ami s'installa loin d'elle avec sa chouette perchée sur son bras. Elle devint plus furieuse encore, si c'était possible, lorsqu'elle entendit Harry murmurer des mots doux à l'animal.

- Tu sais que tu es la femme de ma vie ? La seule qui ne me trompera jamais et qui me sera toujours fidèle et loyale.

Hedwige s'enorgueillissait et gonflait son plumage, semblant comprendre les compliments de son jeune maître qui ne cessait de la câliner.

Vers midi, le chariot à friandises poussé par une vieille dame, arriva. Harry le dévalisa presque entièrement et partagea son butin avec Ron. Ginny avait refusé d'en prendre ne serait-ce qu'un, et Hermione piochait de temps en temps dans le tas tout en lisant un épais volume sur les potions.

- Harry, commença la brunette en refermant son exemplaire, tes vacances se sont-elles bien passées ?

- Comme chaque année, éluda-t-il.

Il préféra passer sous silence la réception d'une partie de son héritage succube, appréhendant leurs réactions. Et il ne voulait pas en parler devant Ginny.

- Comme chaque année, ils ne t'ont pas nourri, constata sa meilleure amie en le regardant avec attention. Je te trouve plus maigre.

Harry sentit que cette conversation allait finir en interrogatoire. Il connaissait Hermione, elle savait qu'il lui cachait quelque chose et ferait son possible pour découvrir ce que c'était. Il l'adorait, mais il n'était pas prêt à lui avouer ce qu'il était devenu. Il ne l'acceptait pas encore lui-même.

- Je dois aller aux toilettes, fit-il rapidement en se levant.

Ce n'était pas son intention première, mais c'était une excuse comme une autre pour fuir le compartiment, et les toilettes se trouvaient sur son chemin – ils étaient à l'autre bout du train. Il remonta les différents wagons, s'arrêtant pour parler à des connaissances qu'il croisait, jusqu'à ce qu'il tombe sur un de ses camarades de dortoir, Dean Thomas.

Comme à Privet Drive, Harry ne put se retenir de rougir et de lui sourire, se laissant entièrement diriger par son instinct. Le métis fit de même, encourageant le brun à s'approcher un peu plus. Ce dernier s'adossa nonchalamment contre la vitre et plongea son regard émeraude dans les orbes noirs de son vis-à-vis.

- Tu as passé de bonnes vacances ? commença-t-il d'une voix suave et enjôleuse.

- Très bonnes, et toi ? ronronna Harry sans réfléchir un seul instant à ce qu'il disait.

Il n'entendait que la voix irrésistible de Dean et répondait par automatisme, les mots fusant de sa bouche. Le Survivant se sentit se redresser et faire face au Gryffondor. Il vit sa propre main se poser sur le bras de son interlocuteur et le caresser doucement, presque langoureusement.

- Excellentes pour ma part, j'ai rencontré des garçons très intéressants.

Harry se mordit la lèvre, aguicheur. La perspective que Dean soit intéressé par les garçons le séduisait totalement.

- Je me demandais si tu étais libre, susurra Dean, séducteur.

- Oui.

Une infime partie de lui hurla que non, il n'était pas libre, qu'il était en couple, mais il n'écouta pas cette petite voix.

- Je pense que nous pourrions passer un peu plus de temps ensemble, n'est-ce pas ? susurra-t-il en lui caressant la joue.

- Ça sera avec plaisir, Harry, répondit le jeune homme en se penchant pour embrasser rapidement sa joue.

Puis il s'éloigna, laissant un Harry perdu. Le brun sembla reprendre ses esprits. Il se demanda ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour draguer Dean. C'était son ami, il le connaissait depuis près de six ans maintenant, il ne pouvait pas le draguer ! Ce n'était pas possible et surtout, ce n'était pas lui ! Il était hétéro, pas gay ! Et plus grave encore, il lui avait proposé un rendez-vous alors qu'il était en couple !

- Mais mon pauvre Harry, ça ne va pas, se murmura-t-il.

Sous le choc, il se dirigea vers les toilettes en courant presque. Finalement, il n'avait pas menti, il allait bien aux sanitaires.

Après s'être passé de l'eau sur le visage, il se laissa glisser contre le mur. Il devait se reprendre et aller voir Dean pour lui expliquer qu'il ne savait pas ce qui lui était passé par la tête. Il n'était pas dans son état normal !

Le brun passa quelques minutes dans les cabinets à réfléchir. Il avait bloqué la porte pour que personne ne vienne le déranger, mais des coups avaient résonné contre le panneau, lui rappelant qu'il n'était pas tout seul.

Quand il sortit, il se planta devant une des fenêtres du couloir et regarda le paysage défiler à toute allure.

Harry soupira et se décida à retourner avec ses amis en espérant ne pas rencontrer quelqu'un. Malheureusement, il retomba sur Dean qui se contenta de lui faire un clin d'œil avant de disparaître dans un autre compartiment.

Le brun ouvrit la porte coulissante et se glissa dans le sien. Il remarqua aussitôt la présence de Neville Londubat et de Luna Lovegood.

- Harry, tu en as mis du temps pour aller aux toilettes ! grogna Ginny.

Le Gryffondor se figea. À quoi jouait-elle ? À l'entendre, il avait l'impression qu'il s'était absenté pendant des heures. Se doutait-elle ce qui s'était passé dans le couloir ? Non, aucune chance. Malgré lui, il avait vérifié qu'il n'y avait personne.

- Il y avait du monde, répliqua-t-il, acerbe.

Une infime partie lui hurlait de la rembarrer et de lui demander de se mêler de ses affaires, qu'ils n'étaient pas ensemble. Il ne l'écouta pas. Ginny était sa copine, il l'aimait – ou il croyait l'aimer – et il ne pouvait pas la quitter comme ça.

Il se rencogna à sa place et se perdit dans la contemplation du paysage. Il était soudain fatigué. Il regarda un instant Hedwige qui somnolait dans sa cage. Elle y était retournée toute seule, comme la chouette intelligente qu'elle était. Le jeune homme ferma les yeux et s'endormit assez rapidement.

Ce fut Hermione qui le réveilla quelques heures plus tard en le secouant doucement.

- On ne va pas tarder à arriver, tu devrais te changer.

Il hocha la tête, un peu groggy, et se leva afin de récupérer son uniforme dans sa malle. Ils se changèrent rapidement et récupérèrent leurs bagages. Harry vérifia que sa chouette était correctement enfermée avant de sortir du compartiment, se mêlant à la cohue d'élèves.

L'arrivée à Poudlard fut calme, bien qu'un peu tendue. Harry se retrouva avec Ginny, Ron et Hermione dans une des calèches qui les conduisait au château et dut supporter, durant tout le trajet, les réflexions de sa petite-amie qui n'avait pas digéré les phrases anodines qu'il avait glissées à sa chouette.

Une fois dans la Grande Salle, Harry se glissa entre Ron et Hermione et eut la surprise de voir Dean s'asseoir face à lui. Il sentit immédiatement un pied remonter le long de sa jambe et aperçut le métis esquisser un sourire fugace. C'était donc son pied. Ça ne pouvait pas être celui de Ginny, elle était installée plus loin avec ses amis de Cinquième Année. Malgré toute sa volonté, il ne put repousser cette attention. Il n'y arrivait pas. Pire encore, il l'appréciait ! Il avait presque envie que le jeune homme aille plus loin encore. Comme pour l'inciter à le faire, il écarta les jambes, glissa la main sous la table afin de saisir la cheville pour placer le pied où il voulait. Il voulait de tenter quelque chose de nouveau.

Dean se retint de gémir. Quand il avait commencé à faire du pied à Harry, c'était plus par jeu. Il avouait que le brun l'avait chauffé dans le train et il n'attendait plus que ce moment où ils seraient seuls tous les deux. Il espérait que ce léger flirt irait plus loin. Il n'avait pas osé imaginer que Harry souhaite aller aussi vite, surtout lorsque ses orteils – dépourvus de chaussures – se posèrent là. Le métis sentit parfaitement la protubérance sous sa plante et vit l'air extatique du jeune Potter.

Jamais il n'aurait imaginé que le Sauveur serait gay, et encore moins aussi pervers que ça pour accepter de subir ses assauts au su et au vu de tous. Mais il estima que ce n'était pas de sa faute si son pied se retrouvait . Harry devrait assumer la conséquence de ses actes.

Le Survivant ferma les yeux pour se concentrer sur ce qu'il ressentait grâce à ce pied posé sur son sexe. Jusque là, il s'était masturbé en solitaire mais il savait que cette expérience-là, dans la Grande Salle, serait meilleure encore. Il retint un gémissement lorsque les orteils de Dean se mirent à bouger lentement et que son pied appuya doucement, massant son pénis à travers son pantalon d'uniforme et son boxer. Le contact était divin, et le jeune homme se sentait durcir rapidement. Nul doute que le jeune Thomas devait le sentir aussi.

S'il avait été dans son état normal, Harry se serait enfui, le rouge aux joues et l'air mortifié. Mais, comme dans le train, il ne contrôlait plus rien. C'était comme si une partie de lui – il ignorait laquelle – avait pris les commandes.

Perdu dans son plaisir, il n'écoutait pas la Répartition des Première Année. Les applaudissements couvraient ses soupirs, et toutes les têtes regardaient les nouveaux passer sous le Choixpeau. Même Dean était plongé dans la cérémonie. Son pied, quant à lui, continuait ses attentions sur l'érection de Harry, appuyant et massant délicatement la colonne de chair coincée dans sa prison de tissus. Cette perversité lui plaisait et il était prêt à tout pour voir jusqu'où son ami était capable d'aller.

Plus le nombre d'enfants à attendre diminuait, plus le pied allait lentement et plus Harry sentait le plaisir monter. C'était pire qu'une torture. Une de ses mains glissa entre ses jambes et attrapa de nouveau la cheville pour approfondir le contact et la pousser à accélérer.

Il éjacula soudain, son grognement étouffé par de nouveaux applaudissements. Le dernier Première Année venait d'être réparti à Serdaigle. Harry lâcha la cheville et remercia Dean d'un léger sourire. Il venait d'expérimenter quelque chose qui lui avait beaucoup plu et il était prêt à aller plus loin. Et à regarder son compagnon de dortoir, c'était réciproque.

- Harry ? s'inquiéta Ron. Tu vas bien ? Tu es tout rouge.

- À merveille Ron. Je vais très bien.

Il venait de prendre son pied devant tout le monde, en pleine Grande Salle, il ne pouvait qu'aller bien, même si ses pupilles dilatées et ses joues rouges semblaient indiquer le contraire. Il y avait juste un bémol, son boxer était poisseux et c'était plus qu'insupportable. Mais, pour l'instant, il ne pouvait rien faire pour se nettoyer. S'il sortait sa baguette et se lançait un sort, ce serait le meilleur moyen d'attirer l'attention.

Il grogna en voyant le directeur de l'école se lever. Albus Dumbledore s'était habillé avec une robe des plus immondes. Une horreur vert anis avec une constellation. De là où il se trouvait, Harry avait l'impression de voir les yeux bleus du vieil homme pétiller de malice derrière ses lunettes en demi-lune, mais il ne pouvait jurer de rien.

- Mesdemoiselles et Messieurs, une nouvelle année commence. Cette année, le professeur Zeeberman a laissé sa place. J'ai le plaisir de vous annoncer que votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal est Lord Black.

À ce nom, Harry se figea. Dumbledore n'avait pas dit Sirius Black, le jeune homme avait mal entendu ! À en croire les regards médusés de Ron et Hermione, ils semblaient être aussi surpris que lui.

Des applaudissements polis résonnèrent lorsque le nouveau professeur fit son apparition. Il était beau, avec ses cheveux bouclés qui encadraient un visage anguleux, et ses yeux gris. Azkaban l'avait rendu famélique et ses deux ans de liberté lui avaient redonné une certaine santé. Il était séduisant et, de là où il se trouvait, Harry pouvait entendre certaines filles se pâmer.

Harry avait entendu parler de Sirius Black quelques années auparavant, par un concours de circonstances. Il avait appris que cet homme était son parrain et qu'il avait été emprisonné à Azkaban, la prison des sorciers, pour avoir vendu Lily et James Potter – les parents de Harry – à Lord Voldemort, un puissant mage noir dont il était censé suivre la cause, et pour avoir tué Peter Pettigrow. Meurtre qui s'était révélé être en réalité un mensonge car la victime était toujours en vie et libre. C'était cette même victime qui avait fait parti des rangs du mage et avait, en réalité, condamné les Potter. Il avait été attrapé et emprisonné à la place de celui qui avait été son ami.

Sirius avait été libéré deux ans auparavant. L'été entre la Quatrième et la Cinquième Année de Harry, ils s'étaient rencontrés et s'étaient bien entendus. Le garçon avait eu l'impression d'avoir un père, une famille, chose qu'il n'avait jamais eue.

Cet été, en revanche, Harry n'avait eu aucune nouvelle, alors que son parrain avait promis d'en donner et qu'ils passeraient les vacances ensemble. Autant dire que le jeune homme avait été furieux en apprenant que ça ne serait pas le cas et que, en plus, il ne pourrait pas aller au Terrier et qu'il serait enfermé chez sa famille.

Enragé de ne pas avoir été mis au courant de la nomination de son parrain comme nouveau professeur de Défense – Zeeberman n'avait tenu qu'un an, il n'avait enseigné que durant la Cinquième Année d'Harry – le jeune Potter quitta la table et la Grande Salle, oubliant totalement ses sous-vêtements inconfortables. Plus rien n'avait d'importance, à part la rage qu'il ressentait.

- Harry ! entendit-il quelques secondes plus tard.

Il s'arrêta au beau milieu d'un couloir et se retourna, furibond. C'était Sirius.

- Tu aurais pu me prévenir que tu reprenais le poste ! cracha Harry. Tu aurais pu me dire au moins ça !

- Je ne l'ai su qu'il a quinze jours ! tempéra son parrain assez énervé lui aussi.

- Et pourquoi je n'ai reçu aucune nouvelle de toi durant deux mois ? Et pourquoi j'ai dû passer l'été le plus pourri de ma vie ?

- Je suis désolé Harry, mais...

- Parce que tu as une excuse ? s'étonna presque l'adolescent en ricanant.

Il était furieux, au delà des mots, et son comportement s'en ressentait. D'ordinaire, il était poli et respectueux mais là, il avait envoyé paître toutes ses bonnes manières sous le joug de la colère.

- Harry, s'il te plaît. Écoute-moi. Depuis que Peter est en prison, tout n'est pas réglé pour moi. Plus encore cet été. Des choses se sont passées. Peter est mort et toutes les preuves de mon innocence sont parties avec lui. J'ai été placé en résidence surveillée durant tout le mois de juillet. Ce n'est que mi-août que j'ai pu être libre de mes actes.

- Tu aurais pu écrire, ronchonna Harry toute colère oubliée.

Son parrain avait des circonstances atténuantes.

- Malheureusement, je n'ai eu le droit ni de sortir, ni d'écrire ! Tu penses bien que j'ai essayé.

- Résidence surveillée ne veut pas dire totalement cloîtré sans droit de parler aux autres, s'insurgea son filleul.

- Tu as raison mais je n'ai pas eu le droit. Quant à toi, je croyais que tu devais aller au Terrier, comme chaque année.

- Ça ne s'est pas fait, se rembrunit Harry en se rappelant les mots de son oncle le premier août : « Nous allons supporter ton anormalité encore un mois ! Tu te rendras utile, pour une fois, et tu aideras Pétunia. »

Autant dire que Harry n'avait pas digéré cette nouvelle, surtout qu'il n'avait pas compris pourquoi. Il n'avait eu aucune explication.

- Oncle Vernon m'a clairement dit que je devrais rester chez eux tout le mois. Ils m'ont assommé de corvées et je n'avais pas non plus le droit de quitter la maison. Je ne sais même pas pourquoi.

- Ils ne t'ont rien fait au moins ?

- Non, dit Harry en secouant la tête.

Vernon n'était pas du genre à le cogner. Il lui avait bien mis des claques quand il avait été plus jeune mais ce n'était jamais allé plus loin. Fort heureusement pour le garçon.

- Je suis certain que ce vieux fou est responsable, marmonna Sirius. Je te propose d'aller le voir après le dîner. Il est plus que temps d'aller nous restaurer, mon estomac crie famine.

- Vas-y, je te rejoins tout de suite.

Harry ne pouvait décemment pas retourner dans la Grande Salle alors que son boxer le collait désagréablement à l'entre-jambe. Il fila dans les toilettes les plus proches et tira sa baguette pour se jeter un sort de nettoyage. C'était plus confortable ainsi.

Il fit une entrée remarquée dans la Grande Salle et se précipita à sa place pour se ruer sur son assiette. Son estomac se mit, à ce moment-là, à gargouiller. Trop occupé à manger, il sentit à peine le pied de Dean frôler sa jambe.

Une fois le repas fini, Harry vit avec satisfaction Dumbledore se lever, attirant ainsi l'attention des élèves sur sa personne – avec sa robe, il était difficile de le manquer.

- Mesdemoiselles et Messieurs, à la demande de Monsieur Rusard, notre très estimé concierge, je tiens à vous rappeler quelques points du règlement que certains d'entre vous semblent oublier. Il est interdit de courir dans les couloirs, de faire de la magie en dehors des cours et de se promener la nuit après le couvre-feu. Je vous rappelle que vous devez porter l'uniforme réglementaire pour les cours. Pour le reste, vous pouvez vous en référer au règlement affiché dans chaque salle commune. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire partie de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Madame Bibine. Et maintenant, au lit. Allez, au trot.

Les Première Année suivirent les Préfets jusqu'aux salles communes. Harry attendit que la Grande Salle se vide pour se lever à son tour. Il ne quittait pas Dumbledore des yeux et dès qu'il le vit sortir à son tour, le brun fendit la foule, bousculant sans ménagement certains élèves, et courut jusqu'au bureau directorial. Il savait que Sirius l'attendrait au pied de la gargouille.

Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les trois dans le bureau. Dumbledore s'était assis dans son fauteuil et désigna deux sièges. Sirius et Harry prirent place, le visage fermé.

- Messieurs ? Que puis-je pour vous ? s'enquit le directeur, les coudes sur sa table de travail, le menton posé sur ses doigts croisés.

- Des réponses à nos questions, Albus ! commença Sirius d'une voix abrupte.

- Des réponses ?

- Arrêtez de jouer avec nous, vieux fou, s'emporta le professeur de Défense. J'exige de savoir pourquoi je n'ai pas pu profiter de la présence de mon filleul cet été.

- Sirius, il me semblait avoir été clair sur ce point, répondit Dumbledore d'un ton paternaliste. Harry devait être protégé cette année, plus encore que les autres années.

- Tous les Mangemorts recherchés ont été arrêtés. Il n'y a plus de menace depuis des années ! Et le Square Grimmaurd était sûr lui aussi, peut-être plus sûr que chez les Dursley !

- Sirius, s'il vous plaît, tempéra le vieux monsieur. Avec l'enquête du Ministère...

- Albus, j'ai été restitué de mes droits, mi-août. Harry aurait pu venir habiter avec moi. Je veux des explications ! Harry est mon filleul, je serai parfaitement en droit de le retirer de cette école si je juge que sa sécurité n'est pas aussi bonne qu'elle le devrait, tout comme je serai en droit de porter plainte auprès du Magenmagot pour mise en danger volontaire de la vie d'un mineur.

Harry regarda son parrain, effaré. Sirius était-il vraiment en mesure de faire ça ? Après tout, il avait retrouvé ses titres, sa fortune et tous les biens de la famille Black, alors pourquoi pas ? L'adolescent se fit tout petit pour qu'on ne le remarque pas mais cela échoua. Les yeux bleus de Dumbledore se posèrent un instant sur sa personne, mais Harry détourna aussitôt le regard. Il avait toujours la sensation que son directeur parvenait à lire dans ses pensées.

- J'ose espérer, Sirius, que vous n'en arriverez pas à cette extrémité. Harry a besoin d'une éducation sorcière et Poudlard...

- N'est pas la seule école de Magie à être réputée. Beauxbâtons l'est également, tout comme Durmstrang ou Salem. Alors, si vous ne voulez pas que je retire Harry de Poudlard, tâchez d'expliquer pourquoi il n'a pas pu venir chez moi.

Dumbledore soupira. Il retira ses lunettes et se frotta les yeux.

- C'est assez compliqué, biaisa-t-il en remettant ses lunettes.

- Nous avons tout notre temps, répliqua Sirius en se rencognant dans son confortable fauteuil.

- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée... Du moins, pas aujourd'hui.

Harry regarda un court instant son parrain et secoua la tête. S'ils n'obtenaient aucune réponse ce soir, Dumbledore ne leur avouerait jamais rien.

- Vous savez aussi bien que moi que je mets toujours mes menaces à exécution. Si ce soir, je n'ai pas l'entière vérité, vous en paierez le prix.

- Soit, soupira Albus d'une voix lasse. Cependant, puis-je te demander, Harry, de bien vouloir nous laisser un instant ?

- Il ne quittera pas ce bureau ! répliqua Sirius. Tout ce qui se dira ici lui sera répété. Donc, je vous prie de bien vouloir cracher le morceau, et maintenant !

Bien que le ton de Sirius soit calme, Harry sentait que son parrain perdait patience. Lui aussi commençait à être agacé. Il voulait savoir et il saurait.

- Savez-vous qui était Elladora Wilkins ? commença le directeur.

- Elladora Wilkins ? Non, ce nom ne me dit rien, réfléchit un instant Sirius.

Harry n'en savait pas plus que le nouveau professeur.

- Elladora Wilkins s'est mariée avec un certain William Potter. Oui Harry, tu l'auras compris, il s'agissait d'une de tes ancêtres. William et Elladora étaient tes arrières-arrières grands-parents. Ta trisaïeule avait une particularité, elle portait en elle des gènes de succube.

Le Gryffondor ne put s'empêcher de dévisager son directeur, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Son ancêtre n'était pas humaine ? Alors il avait vu juste cet été ? Il était donc bien lui aussi un succube ?

- Ses descendants avaient eux aussi les gènes, mais ils ne s'étaient activés chez aucun d'eux. D'ordinaire, les parents cloîtraient l'enfant le jour de ses seize ans pour éviter tout débordement. Lily et James auraient fait de même avec toi Harry, mais...

- Je ne doute pas un seul instant que mes parents auraient fait de leur mieux pour me protéger. Mais je suis également certain d'une chose, ils m'auraient expliqué la situation avant de m'enfermer !

- Albus, intervint Sirius, essayez-vous de me dire que James aurait pu être un succube ? Je pensais que ça ne touchait que les femmes ?

- En théorie, oui. Mais il se trouve que les hommes sont touchés également, bien qu'ils soient moins nombreux. Donc James aurait pu tout à fait être un succube. Je pense que vous vous souvenez de cette époque, Sirius, n'est-ce pas ? Rappelez-vous, la semaine de son seizième anniversaire.

Le professeur de Défense hocha la tête. Il s'en souvenait parfaitement. C'était durant les vacances de Pâques. Il aurait dû les passer avec James à Poudlard, mais le jeune Potter avait préféré rentrer chez lui sans lui donner la moindre explication. Sirius n'avait jamais rien su, malgré ses nombreuses questions.

- Mais de quoi parlez-vous ? interrogea Harry.

Sans prêter attention à la question de son filleul, Sirius continua.

- Et Harry aurait donc des gènes de succube ? J'avoue être perplexe. Son anniversaire était fin juillet, je ne comprends pas pourquoi il a été obligé de rester également tout le mois d'août chez les Dursley. Et, étant son parrain, j'aurais été à même de le protéger. Donc, le garder cloîtré dans cette famille ne servait à rien.

- Je sais que vous auriez fait de votre mieux mais j'ai estimé, peut-être à tort, que vous aviez d'autres soucis en tête.

- Mais pourquoi ne pas avoir confié Harry aux Weasley ?

- Sirius, je suis certain que vous connaissez les succubes et que vous n'êtes pas sans ignorer de quoi ils sont capables. Mais je me permets de vous le rappeler tout de même. Lles succubes sont des créatures sexuelles et, qu'ils soient mâles ou femelles, ils sont exclusivement attirés par les hommes. Aussi, considérant le nombre d'adolescents présents au Terrier, je me devais d'interdire ces vacances pour la sécurité de tous.

- Et comment croyez-vous que j'ai pu réagir en découvrant que j'avais des ailes ! s'emporta Harry. Je n'avais aucune idée de ce qui m'arrivait et j'aurai eu besoin de quelqu'un pour m'aider à comprendre ce qu'il se passait !

Sirius couina de surprise tandis que Dumbledore semblait abasourdi.

- Tu... Tu... es... suc...succube ? bafouilla son parrain blême.

- Harry, mon garçon, est-ce vrai ?

- Non, j'ai adoré chercher ce que je suis juste pour le fun… ironisa Harry. Après tout, on me traite de monstre à longueur de journée, je voulais voir si c'était vrai et vu que les succubes me plaisaient, donc j'ai décidé que j'en serai un ! Bien évidemment que j'en suis un ! Pourquoi j'aurais inventé une chose pareille ? Pour faire parler de moi ? J'en entends déjà bien assez, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Il suffit que je fasse un pas de travers pour que ma vie soit étalée dans tous les journaux. Dès qu'ils vont savoir ça, ils vont en faire des gorges chaudes. La véritable question sera de savoir ce qui va m'arriver, non ? Vais-je être mis au banc de la société pour être devenu un monstre ? Très certainement, puisqu'on estime déjà que je suis un être anormal chez les Dursley, il en sera de même chez les sorciers. Je vois déjà d'ici les gros titres : « Harry Potter, monstre assoiffé de sexe, à tel point qu'il a dû être enfermé » Ça sonne bien.

- Harry, soupira Albus avant d'être coupé.

- Ne me dîtes pas que je délire ! Je suis réaliste, Monsieur. Imaginez un seul instant que les Dursley aient découvert ce que j'étais ?

- Mais ils savaient que tu pouvais devenir un succube, annonça le directeur.

- Ils le savaient ? ! Mais vous vous fichez de moi ? Avez-vous la moindre idée de ce que j'endure tous les ans ? Et pire encore, de ce que j'ai dû endurer cette année ? Ils ont été infects, et tout ça, c'est à cause de vous ! Vous auriez fait quoi s'ils avaient décidé de me tuer à cause de mon héritage ?

Sans laisser le temps à Albus de répondre, Sirius et Harry se levèrent l'un après l'autre. Juste avant de quitter le bureau, le professeur se tourna une dernière fois vers le directeur.

- Jusque là, j'avais confiance en votre jugement mais vous m'avez grandement déçu. Votre devoir était de protéger Harry et vous avez échoué. J'espère que vous prendrez de meilleures décisions à l'avenir concernant mon filleul. Je vous souhaite une bonne soirée.

Il sortit à la suite de Harry qui était déjà en bas. Lorsqu'il rejoignit le jeune homme, Sirius ne sut pas quoi dire. La nouvelle l'avait choqué et il se sentait incapable d'aborder le sujet avec l'adolescent. Il n'avait pas été préparé à une telle chose.

Heureusement, ce ne fut pas lui qui entama la conversation.

- Sirius ? commença le Gryffondor, mal à l'aise. Est-ce qu'apprendre que je suis un succube va changer quelque chose entre nous ? Je veux dire, je sais que tu aurais préféré...

- Harry, tais-toi je te prie avant de dire une bêtise plus grosse que toi. Quoique tu sois devenu, tu restes mon filleul et rien, pas même ton sang, ne changera ça.

Pour prouver ses dires, il attira le jeune homme dans ses bras et le serra contre lui. Il avait beau accepter, bien qu'un peu difficilement, que Harry soit devenu un succube, il n'en restait pas moins que le jeune homme serait différent. D'après ses souvenirs de cours de Défense, Sirius pouvait affirmer que dans les jours qui allaient venir, son filleul allait expérimenter le sexe. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il ne passe pas de bras en bras et qu'il ne couche pas avec toute l'école.

- Le couvre-feu ne va pas tarder, fit l'homme en s'écartant. Tu devrais y aller. Ce serait dommage de perdre des points dès le premier jour.

- Tu as raison. Bonne nuit Sirius.

Regardant finalement l'heure, Sirius préféra raccompagner son filleul jusqu'à sa salle commune, histoire qu'il n'ait aucun problème. L'homme voyait aussi là une façon de le surveiller. Avec son parrain, l'adolescent ne sauterait sans doute pas sur le premier garçon venu.

Une fois Harry dans la tour, le professeur repartit vers ses appartements en se promettant d'aller visiter la bibliothèque de l'école, pour se renseigner davantage sur les succubes, et ainsi pouvoir répondre aux questions que pourrait encore se poser Harry.


À suivre


Alors? Pas trop déçus qu'Harry ne soit pas un incube? Je peux continuer à poster ou vous n'en voulez plus?

Pour la snarry (c'en est une), vous l'aurez compris, ça mettra quelques chapitres.