Bêtas : octo et Archimède
Note : j'avoue avec honte que je ne me rappelle plus vraiment de ce que j'ai écrit dans cette fic. J'en suis l'auteur, hein, entendons-nous bien, mais parfois, ma mémoire défaille (pour note, c'est Archimède qui me sert de mémoire, elle m'a rappelé que j'avais fait de Sirius le prof de défense) donc ne me demandez pas, découvrez :)
Par contre je me souviens bien qu'il y aura du citron et encore du citron, navrée pour ceux que cela dérange. Quand j'ai écrit cette fic, je voulais que ça ne soit pas tout doux et gentillet. Non, Harry est un succube. Certes, j'aurais pu ne pas décrire des scènes, mais voilà... alors, non, il ne sautera pas sur toute l'école, fort heureusement, mais quand même, attendez-vous à des détails et à plusieurs élèves différents.
Je remercie toujours ma carte maman, Mirabelle31, pour m'avoir aidé à écrire cette fiction.
Merci à elo, ankana87, kaory (navrée, ton message subliminal n'est pas passé :) mais je l'ai bien vu) Zeugma, queer as folk, Noemie, Maline, x1, Laurne, nepheria4, pour vos reviews anonymes. Pour les autres, j'espère avoir répondu à tout le monde.
Chapitre 3
Harry embrassa la salle commune des Gryffondor du regard, se sentant enfin chez lui. La pièce était accueillante et chaleureuse et, malgré le temps encore doux, les cheminées fonctionnaient en permanence, chauffant ainsi la tour.
Le jeune homme aperçut du coin de l'œil Dean, Ron et Hermione. Si la présence des deux derniers ne l'étonnait pas, celle du premier le laissait perplexe. Il eut d'ailleurs l'impression d'être tiraillé entre deux personnalités, comme si Ron et Hermione l'incitaient d'agir d'une façon, et Dean, d'une autre.
Il se laissa tomber dans le canapé, près de Dean, et ferma un instant les yeux. Le moment aurait été propice pour dire la vérité à ses amis, maintenant qu'il avait la confirmation de ce qu'il était vraiment, mais le jeune Thomas était là et Harry ne se sentait pas de lui avouer ce qu'il était vraiment.
- Tu rentres juste à temps, Harry, lui fit Hermione d'un ton légèrement réprobateur. Encore quelques minutes et tu aurais dépassé le couvre-feu.
Le brun retint une réplique cinglante. Il adorait sa meilleure amie, mais elle pouvait se montrer canulante lorsqu'il s'agissait des règles. Elle était même bien trop moralisatrice pour son bien.
- J'étais avec Sirius, Hermione, répliqua Harry, las. Même si j'avais dépassé le couvre-feu, je n'aurais pas écopé d'une retenue.
- Tant mieux, car je n'aurais pas supporté de perdre des points aussi bêtement dès le premier soir, répliqua-t-elle sèchement.
- Hermione, soupira Ron. Laisse-nous un peu respirer. On vient à peine d'arriver et on est encore en vacances pour quelques heures.
Vexée, la jeune fille se leva et toisa ses amis, furibonde.
- Je vous souhaite une bonne nuit ! Profitez de vos dernières heures de vacances, moi, je monte me coucher. Et ne comptez pas sur moi pour vous réveiller demain !
Sur ces paroles bien senties, elle tourna les talons d'un air rageur et se précipita dans l'escalier menant au dortoir des filles.
- Elle ne changera jamais ! fit Ron désabusé. Ah les filles !
- Tu sais Ron, elle n'a pas tout à fait tort, rétorqua Dean.
- Vous vous êtes tous donnés le mot ou quoi ? râla le rouquin, déjà agacé par l'attitude énervante de Hermione. Bon, j'ai compris, je monte. Tâchez de ne pas faire de bruit quand vous viendrez vous coucher !
Il disparut à son tour dans l'escalier et les garçons entendirent une porte claquer. Harry se laissa aller contre le dossier du canapé, fatigué du comportement agaçant de ses amis. Hermione était incapable d'accepter la moindre critique et Ron montait sur ses grands chevaux pour un rien.
Maintenant qu'ils étaient seuls dans la salle commune, Dean se rapprocha de Harry, se collant contre lui. Il ne réalisa pas ce que son geste venait de provoquer chez le jeune succube. Ce dernier le fixa soudain et un sourire prédateur éclaira son visage aux traits doux, presque androgynes.
Le métis vit avec stupeur Harry se redresser vivement et s'installer sur ses genoux. La position du jeune Potter, à califourchon sur lui, échauffa l'esprit de son camarade de dortoir qui l'agrippa par les hanches.
Dean tenta d'embrasser son futur amant mais ce dernier se déroba au dernier moment et lui tendit le cou. Le jeune homme s'empressa d'y poser ses lèvres et de marquer son territoire, faisant gémir de plaisir le petit brun qui se tortillait délicieusement contre lui.
Les sons affolants qui sortaient de sa bouche purpurine et la pression du corps de Harry sur son sexe excitèrent le jeune Thomas qui sentait son boxer devenir trop serré.
Mais avant que qu'ils n'aillent plus loin, Harry s'écarta légèrement et plongea son regard anormalement noir dans celui chocolat de son vis-à-vis.
- Si tu veux continuer, lui susurra le succube en se léchant sensuellement les lèvres, fais-moi signe.
Il se releva et fila dans l'escalier, laissant derrière lui un Dean rouge et à la limite de la frustration. Une fois dans son dortoir, Harry se changea rapidement puis se glissa dans son lit, non sans avoir laissé délibérément ses rideaux ouverts. Ron, Neville et Seamus étaient déjà couchés et les tentures autour des couches étaient tirées. On pouvait même entendre les ronflements sonores du roux et les marmonnements de l'héritier Londubat.
Le jeune homme attendit, se concentrant sur les sons. C'est ainsi que le martèlement précipité des semelles sur les marches de pierre lui parvint quelques secondes plus tard. Il n'y avait plus qu'à espérer que Dean lui fasse signe.
Lorsque la porte s'ouvrit, il vit son compagnon de chambrée entrer et ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce qu'il se couche dans son propre lit. Il sut, lorsque Dean laissa ses rideaux ouverts, qu'il était invité. Son futur amant était du genre à les fermer à chaque fois, comme les autres.
Lentement, Harry quitta son lit et marcha précautionneusement jusqu'à celui du métis. Les rayons de la lune qui traversaient la fenêtre l'aidaient grandement dans ses déplacements. Avec un plaisir évident, il se glissa entre les draps de son amant qui s'empressa de tirer les rideaux et de jeter un sortilège de silence autour du lit afin d'être sûr qu'ils soient tranquilles.
Dès lors, Dean attira à lui le corps fin et désirable du jeune homme et s'empressa de plonger son nez dans le cou bronzé. L'odeur était affolante et l'excitait. Il mourait d'envie de le plaquer sur le matelas et de s'enfoncer dans ses chairs frémissantes et brûlantes pour le pilonner sans relâche, encore et encore.
Le basané remonta le long de la mâchoire et lécha le contour du maxillaire en serrant son amant dans ses bras. Il sentait les mains fines d'Harry caresser son dos et se poser par intermittence sur ses fesses. Cela l'excita davantage, aussi le Gryffondor se frotta avec indécence contre le corps du jeune Potter encore recouvert d'un pyjama. Son sexe le faisait délicieusement souffrir. Il ne demandait qu'à être libéré de la prison de tissu dans laquelle il se trouvait.
Les doigts de Dean se firent rageurs et arrachèrent d'un coup sec les boutons de la veste de pyjama de son amant, avant de se mettre à caresser la peau douce et pâle du torse offert. Les mains de Harry s'activèrent à leur tour et passèrent sous le tee-shirt du métis, avant de lui retirer le tissu qui était maintenant de trop. Elles glissèrent ensuite le long de la colonne vertébrale et se faufilèrent dans le boxer pour se poser directement sur les fessiers fermes de son compagnon.
Dean sentit son érection pulser. Elle n'avait pas diminué d'intensité depuis la petite séance de câlins torrides dans la salle commune, au contraire. Le jeune homme fondit sur la bouche désirable et embrassa Harry à perdre haleine. L'échange ne dura cependant qu'un bref instant. En effet, le succube grogna et le repoussa, le faisant ainsi basculer sur le dos. Il s'installa ensuite à califourchon sur les hanches du métis.
- Je fixe les règles, murmura-t-il en se penchant jusqu'à atteindre l'oreille de Dean. Je n'embrasse pas et ma bouche ne touchera pas ce corps, aussi désirable soit-il. Ce sont mes conditions. Si tu es contre, on arrête tout, tout de suite.
- Ne t'arrête pas, le supplia Dean.
Il était prêt à tout pour aller jusqu'au bout. Si Harry ne continuait pas, le métis ne le supporterait pas. Il avait besoin de lui, là maintenant et tout de suite, plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé. C'était la première fois qu'il ressentait une telle chose pour un de ses amants.
Le petit brun se redressa et ses mains partirent à la découverte du torse. L'obscurité du lit à baldaquin leur conférait une ambiance plus érotique. Ils ressentaient plus qu'ils ne voyaient et cela décuplait leur désir et leurs autres sens.
Les caresses se firent plus légères et taquines. Du bout des doigts, Harry agaça les tétons déjà durcis de son partenaire. Il entendit le gémissement de plaisir de son amant et s'enhardit.
Une partie de lui était angoissée mais il la fit taire. C'était sa première fois, cependant sa partie succube avait pris le dessus sur le sorcier, ainsi, il agissait davantage à l'instinct.
Les mains de Dean se posèrent franchement sur son postérieur et l'incitèrent à bouger. En effet, Harry s'était assis sur son érection et la comprimait délicieusement mais il en voulait plus.
La barrière de tissu le gêna soudain et, d'un coup de hanche, il plaqua à son tour Harry sur le matelas. Profitant de la surprise du succube, il lui arracha presque son bas de pyjama et s'allongea presque entièrement sur le corps alangui sous lui. Le contact de leur peau les fit gémir de concert et Dean sentit une fois de plus les mains curieuses du jeune homme se glisser sous l'élastique du boxer. Il joua un instant avec, avant de le faire glisser sur les fesses. Il fut aidé dans son entreprise par son partenaire qui le retira complètement avant de se rallonger.
Les deux corps s'alignèrent parfaitement et ils soupirèrent en sentant l'excitation de l'autre. Dean plongea sa tête dans le cou de son vis-à-vis et embrassa la peau fine avant de descendre lentement le long du torse, malmenant un instant les tétons érigés et durcis. Harry grogna et gémit. Ses doigts allèrent se perdre dans les cheveux crépus.
Quand le sorcier descendit encore, le succube haleta et ses ongles se plantèrent un instant sur le crâne de Dean. Il hurla de plaisir lorsque son érection fut avalée par une bouche chaude et humide.
De ses mains, le métis parcourut un instant le torse, puis les hanches du brun, avant de poser un doigt sur l'intimité du Survivant. Ce dernier se tendit lorsqu'il sentit quelque chose de froid s'insinuer entre ses fesses. Plongé dans son plaisir, il n'avait pas entendu son amant prononcer un sort de lubrification.
Les deux premiers doigts passèrent sans le moindre problème. Le troisième, en revanche, arracha à Harry une légère grimace de douleur. Mais le succube chercha rapidement plus de sensations, allant jusqu'à venir de lui-même à la rencontre des membres inquisiteurs.
Dès que Dean les eut retirés, le jeune Potter inversa les positions, renversant son amant sur le matelas. Il s'installa de nouveau sur les hanches et prit la verge du métis pour la positionner contre son anus. Frémissant d'impatience, il s'empala lentement sur la colonne de chair afin d'éprouver plus de plaisir.
Une fois fait, il posa ses mains sur la poitrine et chevaucha son amant, d'abord doucement, puis il accéléra le rythme. Dean avait empoigné ses hanches et l'aidait à aller et venir toujours plus vite.
Harry se cambra, rejetant la tête en arrière lorsque le gland toucha sa prostate. Un cri de pur plaisir s'échappa de ses lèvres et résonna dans l'intimité du lit. Il augmenta la cadence sans se rendre compte que, sous lui, la respiration de Dean était erratique.
Il sentit à peine le corps de son partenaire se tendre en atteignant l'orgasme. Sa jouissance était proche et il accéléra encore, au bord de l'extase. La boule logée dans son bas ventre explosa soudain et il éjacula.
Il s'allongea sur son amant, le temps de reprendre ses esprits. Une fois qu'il eut retrouvé une respiration normale, il se blottit dans les bras de Dean.
La créature n'était cependant pas totalement satisfaite, elle en voulait encore. D'une main caressante, Harry parcourut le torse recouvert d'une fine pellicule de sueur du métis puis descendit jusqu'au pubis. Ses doigts s'enroulèrent autour de la verge ramollie et entamèrent des va-et-vient pour lui redonner vigueur.
- Harry, souffla le jeune Thomas d'une voix rauque et épuisée, ne me dis pas que tu en veux encore ?
Mais il n'entendit aucune réponse. Épuisé par la force de son orgasme, il s'endormit.
- Dean ? ronronna Harry. Dean ?
Le métis marmonna quelque chose d'incompréhensible et se retourna.
- C'est tout ? s'étonna le succube. Mais... j'en veux encore !
Il secoua son partenaire qui se contenta de grogner dans son sommeil, laissant un Harry frustré et parfaitement réveillé à ses côtés.
- Ils n'ont aucune endurance ces humains, râla le succube.
Le jeune homme se glissa hors du lit et retourna dans le sien, espérant que ses rêves seraient plus satisfaisants que cette expérience. Il avait pensé que Dean Thomas serait vigoureux mais il s'était lourdement trompé : le métis n'avait pas tenu la distance.
Harry s'endormit avant d'avoir eu le temps de réfléchir à ce qui venait de se passer.
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La sonnerie du réveil de Seamus, enchantée pour se déclencher à sept heures, tira du sommeil le dortoir. Pour la première fois en un mois, Harry n'était pas frustré en se réveillant et son pyjama n'était pas humide.
Le jeune homme se redressa dans son lit et frissonna. Il s'aperçut qu'il n'avait plus sa veste de pyjama. Pris d'un doute, il souleva ses draps et faillit hurler lorsqu'il se rendit compte qu'il était entièrement nu. Son visage prit une belle couleur rouge pivoine. Lui qui avait espéré que sa partie de jambes en l'air avec Dean n'avait été qu'un rêve...
Il prit conscience qu'il ne pouvait pas sortir de ses draps sans au moins un pantalon, et se rappela que ses vêtements devaient être éparpillés dans le lit de son amant. Il vérifia que les rideaux étaient encore tous tirés et se jeta sur sa baguette pour récupérer son pyjama. Harry vit les morceaux de tissus voler jusqu'à lui et enfila prestement le vêtement qui se révéla être partiellement déchiré, du moins pour le haut.
Rassuré de ne plus voir son intimité exposée au vu et au su de tous, il quitta la chaleur de ses draps et fila s'enfermer dans la salle de bain.
Il en ressortit quelques minutes plus tard, fin prêt pour affronter cette nouvelle journée. Ron, Seamus et Neville venaient tout juste d'émerger mais les rideaux du lit de Dean étaient encore clos. Pris d'un doute, Harry s'approcha, les écarta et vit le jeune homme roulé en boule et encore profondément endormi.
- Dean ? l'appela le jeune Potter.
Le métis se contenta de grogner dans son sommeil mais ne se réveilla pas. Visiblement, il était épuisé.
- Aucune résistance, constata le succube en voyant la loque allongée. Comment ai-je pu croire un seul instant qu'il soit bien pour moi ?
Il s'éloigna du lit en secouant la tête et se tourna vers Seamus qui se levait à peine.
- Dean dort encore et apparemment, il n'est pas prêt de se lever. Ron, je descends manger. Je t'attends ou pas ?
- Vas-y, Harry, bâilla le rouquin en s'étirant. De toute manière, si tu m'attends, Hermione va encore piquer une crise et j'avoue que je ne suis pas assez réveillé pour la supporter. Si tu la croises, préviens-la que j'arrive.
Harry hocha la tête et quitta le dortoir.
Dans l'escalier, il se figea soudain. Des flashs de sa nuit avec Dean lui revenaient en mémoire. Malgré le plaisir évident qu'il avait ressenti et pris, il n'en restait pas moins qu'il avait trompé Ginny en couchant avec une autre personne. Lorsqu'il arriva en bas, il tomba sur sa petite-amie et Hermione qui discutaient près de la cheminée, et son malaise redoubla.
La rouquine se leva dès qu'elle le vit et elle se jeta presque dans ses bras. La culpabilité qu'Harry avait ressentie fondit comme neige au soleil dès que sa copine se mit en tête de vouloir l'embrasser. Il la repoussa, mal à l'aise avec cette étreinte. Il avait apprécié se blottir entre les bras de Dean mais là, il avait juste envie de prendre ses jambes à son cou.
Si la veille, il se posait encore des questions sur sa sexualité, sa nuit torride avec le basané avait changé la donne. Certes, il s'était interrogé tout le mois d'août, Dumbledore n'ayant fait que confirmer ce que disaient les livres, mais là, rien que de s'imaginer avec la cadette des Wealsey dans les bras, il en avait la nausée.
- Ginny ? Je... Je crois qu'il faut qu'on parle tous les deux, fit-il en fuyant le regard énamouré de la Cinquième Année.
Il avait déjà rompu avec Parvati (1), mais entre eux, il n'y avait rien eu de sérieux. Ça avait donc été assez simple.
Là, en revanche, il doutait que tout se passe de la même façon. Et vu le regard de chien battu et le caractère de l'adolescente qui lui servait de petite-amie, cette rupture ne présageait rien de bon. Il avait intérêt à avoir de très bons arguments afin de ne pas avoir toute la famille Weasley sur le dos et un sort bien vicieux en prime.
Cela dit, il n'avait pas vraiment réfléchi à la question et ignorait comment il allait pouvoir faire accepter à Ginny qu'il ne voulait plus d'elle.
- On ne peut pas continuer à être ensemble, Gin', ça ne serait pas honnête vis-à-vis de toi. J'ai bien réfléchi cet été, et je me suis rendu compte que je te voyais plus comme une sœur ou comme une amie que comme une petite-amie.
- Quoi ?
Harry soupira, ça allait être plus compliqué que prévu. Malheureusement pour lui, sa tentative de rupture fut interrompue par Hermione.
- Tu as bien réfléchi au moins, avant de prendre une telle décision ?
- Toi, mêle-toi de tes affaires ! s'énerva le jeune homme. Cette histoire ne te regarde pas ! Est-ce que je m'occupe de tes mandragores ? Non. Alors fais de même avec moi !
Outrée et choquée, Hermione resta les bras ballants pendant que Harry attirait Ginny plus loin, pour rompre en privé, mais l'adolescente refusa de faire un pas loin de son amie. Le Gryffondor finit par la lâcher. Elle voulait que ça se fasse en public ? D'accord, c'était son choix.
- Comment ça, tu veux rompre ? siffla Ginny, les yeux étincelants, la main crispée sur sa baguette et un sort sur le bord des lèvres.
- Je suis honnête avec toi ! s'emballa Harry. Je ne t'aime plus ! Je n'ai pas non plus la tête à avoir des relations amoureuses ! Je préfère rompre maintenant plutôt que te rendre malheureuse ! Je peux comprendre que tu le prennes mal mais c'est mieux ainsi.
- Et si je refuse ? le défia la rouquine.
- Alors ne viens pas me reprocher de draguer d'autres personnes !
La jeune fille perdit de sa superbe et ses yeux brillèrent soudain de larmes contenues.
- Mais enfin Harry, on s'aime ! Je pensais que tu étais sérieux avec moi, je pensais qu'on finirait notre vie ensemble.
- Voyons Ginny, soupira Harry, désespéré, sois réaliste. Tu n'as que quinze ans, c'est encore trop tôt pour parler d'avenir. Et nous ne sommes pas ensemble depuis assez longtemps pour envisager le mariage. En rompant maintenant, j'ai eu le courage d'être complètement honnête avec toi.
Il tourna les talons et quitta la salle commune d'un pas rageur, laissant derrière lui une Ginny plus qu'étonnée. Elle fondit en larmes dès qu'il passa le portrait. Elle venait de se rendre compte de ce que les derniers mots d'Harry voulaient signifier. Ils venaient de rompre et ce n'était pas une blague, contrairement à ce qu'elle avait cru.
La jeune fille prit la ferme résolution de surveiller avec beaucoup d'attention le jeune Potter afin de savoir qui l'avait détourné d'elle.
Dans la Grande Salle, Harry s'installa à la table des Gryffondor et se servit copieusement. Ron n'était pas là et fort heureusement, le brun pouvait manger sans risque de voir les corbeilles de viennoiseries être vidées en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire Quidditch. Il profitait également de l'absence de ses deux meilleurs amis pour se restaurer dans le calme. Une fois de temps en temps, ça faisait du bien, surtout que ses exercices nocturnes lui avaient ouvert l'appétit et qu'il avait besoin de se remettre de ses émotions.
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- J'ai appris hier soir une nouvelle que je me devais de partager avec vous, fit Albus. C'est important, et vous devez être parfaitement au courant des conséquences qu'il risque d'y avoir. En aucune façon, les élèves ne doivent le savoir, auquel cas, j'ai peur que nous ayons le Conseil d'Administration sur le dos.
Severus Rogue, parangon de la discipline et de la maîtrise de soi, bouillonnait intérieurement dans la salle des professeurs. Il aurait préféré cent fois être ailleurs qu'ici, au milieu de cette bande de crétins qui lui servait malheureusement de collègues. Il voulait se préparer mentalement au premier cours qu'il aurait avec les Gryffondor et les Serpentard de Première Année. Malheureusement, il était coincé là, à entendre le vieux directeur palabrer depuis plusieurs minutes au lieu d'aller à l'essentiel.
Dumbledore avait réuni en urgence l'équipe professorale au complet. Ils avaient une heure avant le début des cours. Il était tout juste huit heures, et la journée ne commençait qu'à neuf heures pour tous les élèves.
- Albus, grogna Severus. Venez-en au fait.
- Patience, cher ami, patience.
- Je vous saurai gré d'aller à l'essentiel pour une fois, au lieu de tergiverser durant des heures !
Un raclement de gorge le fit serrer des dents. Il se tourna vers Minerva McGonagall, vieille chatte aigrie, qui le toisa. Il lui jeta son regard le plus froid et dédaigneux, ce qui suffit à calmer la directrice-adjointe.
Il n'avait pas peur d'elle. Il avait été au service de Lord Voldemort avant la chute de ce dernier et de ce fait, plus rien, ou presque, ne l'effrayait. Seules les idées loufoques de son directeur le terrifiaient quelque peu. Mais là, il avait plus envie de le secouer pour lui faire cracher le morceau qu'autre chose. Et en regardant autour de lui, il s'aperçut qu'il n'était pas le seul. Sirius Black, qui se tenait adossé à un mur, les bras croisés, semblait s'ennuyer profondément.
- Nous avons un succube dans l'école, lâcha enfin le directeur.
Pour un peu, la nouvelle manqua de faire tomber le masque d'impassibilité de Severus. Il s'était attendu à autre chose, comme un décès ou il ne savait quoi encore, mais pas à ça. Un succube ?
Severus tenta de se rappeler de ce qu'il savait sur les succubes, mais à part le fait qu'ils soient attirés par les hommes, c'était la seule chose dont il se rappelait. Il se targuait d'en savoir plus sur beaucoup de choses que le commun des mortels, mais sur ce sujet, il était un néophyte. Il avait des excuses, ses cours sur cette espèce remontaient à des décennies, et il ne s'était jamais penché plus avant sur la question. Il se promit de fouiller dans sa bibliothèque personnelle afin de parfaire ses connaissances et de combler ses lacunes.
- Qui ? s'enquit Minerva.
- Harry Potter.
De nouveau, Severus faillit imiter parfaitement le strangulot hors de l'eau. Il avait une réputation à tenir, et c'est la seule chose qui lui fit garder son air de parfaite impassibilité. Sans cela, il serait comme les autres enseignants, la bouche bêtement ouverte et les yeux écarquillés. Si le gamin Potter était un succube, ça expliquait donc pourquoi Black était aussi blasé. Il devait être déjà au courant.
- Albus ? fit Pomona Chourave, directrice des Poufsouffle et professeur de Botanique. Pourriez-vous peut-être nous en dire plus sur le sujet ?
- Sirius ? Je pense que vous êtes le plus à même de répondre.
Black se décolla du mur et fit face à l'assemblée. Tous étaient pendus à ses lèvres, même Sybille Trelawney, professeur de Divination, qui partait en général dans des divagations totalement incompréhensibles et n'écoutait rien.
- Un succube est une créature magique qui peut être mâle ou femelle. Dans les deux cas, ils sont attirés exclusivement par les hommes. Les succubes sont tournés vers le sexe, ils n'hésiteront pas à sauter sur une personne, estimant qu'elle est un partenaire potentiel.
- Doit-on redouter une attaque sur les élèves ? La plupart sont jeunes et...
- Je ne suis pas certain qu'une telle chose soit possible. Les rares succubes qui aient été à l'école, n'ont jamais sauté sur des élèves pour les violer. Je pense que Harry ne sélectionnera que les personnes qu'il estimera être des partenaires potentiels. Pour le reste, on ne trouve pas beaucoup d'informations dans les livres car les témoignages sont rares, surtout pour les succubes mâles étant donné qu'ils restent peu nombreux. La créature peut séduire, mais je doute fortement qu'elle viole qui que se soit. Un succube est totalement soumis, il va pousser son amant pour arriver à ses fins, mais ne le forcera en aucun cas.
Severus pensa que le pauvre gamin les collectionnait depuis qu'il était né. Non content d'avoir défait le plus grand mage noir à quinze mois, il se retrouvait avec un héritage magique rare. Décidément, Merlin n'avait pas été généreux avec lui. Pour un peu, le maître des Potions aurait eu pitié du jeune homme. Juste un peu seulement, car, mine de rien, cela l'amusait beaucoup. Aux dernières nouvelles, Potter fricotait allègrement avec la cadette Weasley et là, il se révélait être une créature gay. Le professeur aurait donné cher pour savoir comment le morveux avait pris la nouvelle.
La sonnerie, indiquant le début des cours, le tira de ses pensées. Il se leva et quitta le premier la salle des professeurs dans une envolée de cape parfaitement maîtrisée.
Lorsqu'il entra dans sa salle de classe, ses élèves l'attendaient déjà dans le couloir.
- Vous attendez quoi ? Qu'il pleuve ? gronda-t-il en ne les voyant pas le suivre.
Les pauvres Première Année se précipitèrent et s'installèrent aux paillasses, attendant, tremblant, la suite du cours. On leur avait dit que le professeur Rogue n'était pas commode - et les Serpentard l'avaient découvert la veille, quand leur directeur de maison était venu les voir dans leur salle commune – mais là, ils en avaient la preuve formelle.
La chauve-souris des cachots se tourna vers eux et eut la joie de les voir tressaillir. Ils n'en menaient pas large et le meilleur n'était pas encore arrivé.
- Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, commença-t-il d'une voix basse, mais pourtant parfaitement audible dans le silence qui avait envahi l'auditoire. Je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.
Il sortait tous les ans le même discours, et, chaque fois, il faisait son petit effet. Les élèves se révélaient tous n'être qu'une bande de cornichons sans cervelle, incapables de réaliser la moindre potion basique sans tout faire exploser. Jusque là, il avait eu deux prix Nobel d'incompétence, il avait nommé Neville Londubat et Harry Potter. Une chance pour lui, seul le fils Potter était encore avec lui, l'autre n'ayant pas eu le niveau requis pour les Potions cette année.
Severus balaya la salle du regard et chercha sa nouvelle victime. Il se faisait un plaisir d'en avoir une dans chaque maison et dans chaque année mais il ne l'avouerait jamais, même sous la torture.
Il fit rapidement l'appel et commença son cours. Il ne mit guère de temps avant de trouver sa victime. Elle s'était désignée elle-même.
C'était un petit blond de Gryffondor, très nerveux. Il avait réussi le miracle à renverser son encrier sans y toucher.
- Monsieur Staford ! s'exclama le maître des lieux. Avant de vous précipiter pour nettoyer les dégâts, nous feriez-vous le privilège de répondre à quelques questions ? Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?
- Le mélange d'asphodèle et d'armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant, répondit le garçon d'une voix tremblotante.
Severus pinça les lèvres. Si ce gamin connaissait les réponses, c'était moins jouissif. Mais il n'en avait pas fini avec le morveux.
- Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ?
- Chez un apothicaire ? tenta le blondinet qui n'en savait rien.
- Sombre crétin.
Mais Severus devait lui accorder cette réponse même s'il ne le dirait pas à voix haute. Staford avait raison même si sa réponse n'était pas celle qu'il attendait.
- Continuons, siffla Rogue d'une voix glaciale. Quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ?
- Je ne sais pas, Monsieur.
Severus exulta intérieurement. Il allait pouvoir s'acharner sur ce gamin.
- Pitoyable, Monsieur Staford, cingla-t-il. Vous auriez pris la peine d'ouvrir votre manuel, vous auriez su. C'est à se demander si vous avez appris à lire. Pour votre information, le napel et le tue-loup sont une seule et même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ?
Les élèves sortirent rapidement de quoi noter et on n'entendit plus que les grattements des plumes sur les parchemins.
- Et votre incompétence coûtera cinq points à Gryffondor, Monsieur Staford.
C'était une bonne journée qui commençait et serait à son comble lorsqu'il aurait les Sixième Année en fin de journée. Ils étaient tellement peu nombreux à avoir eu leur BUSE en Potion que Severus les avait concentrés en une classe. Il ne devait y avoir que deux Gryffondor, trois Serpentard, deux Serdaigle et un malheureux Poufsouffle qui allait se demander ce qu'il faisait là.
La sonnerie retentit et les élèves rangèrent leurs affaires rapidement, pressés de quitter cette salle. Les Serpentard, moins malmenés que les Gryffondor, n'étaient pas plus rassurés.
Au déjeuner, Severus prit tout son temps pour manger. Il étudia du coin de l'œil le jeune Potter qui se restaurait, entouré de ses deux inséparables acolytes, Ron Weasley et Hermione Granger. Mais la jeune Ginny Weasley était hors de vue, ce qui était étonnant car, d'ordinaire, elle collait le brun dès qu'elle le pouvait. L'homme était bien loin de s'imaginer que le couple avait déjà rompu et que la tension entre les membres du trio était à son comble.
Potter n'était pas tellement différent que le dernier jour de juin, avant de prendre le train. Il n'avait pas changé. Il était toujours aussi ridiculement petit et fin. Mais Severus devait avouer que le gamin était tout de même désirable.
Oui, Rogue était gay et ne s'en cachait pas le moins du monde. Cela dit, il était célibataire et le resterait toute sa vie. Il avait eu bien quelques relations sans lendemain, seulement pour se libérer de quelques pulsion, car le reste du temps, il avait préféré mettre sa vie sentimentale entre parenthèses. Durant ses années de service auprès de Voldemort, il n'avait pas voulu d'un compagnon qui aurait pu être pris pour cible, alors, il s'était résolu à aller dans les bordels pour se satisfaire. Aujourd'hui, il préférait la compagnie de ses chaudrons et avait définitivement cessé de penser à une vie de couple. De toute manière, vu l'âge qu'il avait et son physique disgracieux, personne ne voudrait de lui.
Il termina son assiette de ragoût et quitta la table des professeurs. Il lui restait un peu de temps avant la reprise des cours, ce qui lui permettrait de compulser quelques ouvrages sur les succubes.
Recevoir un héritage magique était toujours quelque chose de rare dans le monde sorcier. Les créatures magiques n'étaient pas si nombreuses que cela et les gènes ne s'activaient que de façon aléatoire. Ainsi, l'enfant d'une créature magique n'était pas certain de devenir comme l'un de ses parents, surtout si l'un n'était pas sorcier. Si les deux parents étaient de la même espèce, leur progéniture aurait toutes les chances de se voir devenir comme eux.
Severus n'était pas très au fait des lois de la génétique. Il ne s'était jamais vraiment penché sur le sujet. À dire vrai, il avait tenté mais il avait vite baissé les bras. Il était intelligent, c'était indéniable, mais l'hérédité restait un domaine assez complexe pour lui.
L'homme pénétra dans ses appartements et se rendit dans sa bibliothèque personnelle. Il lut rapidement les titres avant de trouver celui qu'il cherchait. Il avait référencé toutes les créatures magiques humanoïdes, et Merlin savait qu'il y en avait beaucoup, et ne possédait qu'un seule exemplaire sur les succubes, d'où un choix rapide.
Il s'installa confortablement dans un fauteuil et jeta un sortilège d'alarme qui le préviendrait dix minutes avant le début des cours.
Il feuilleta le bouquin avant de froncer les sourcils. Il l'avait déjà lu mais remarqua en cet instant que l'exemplaire n'était pas aussi complet qu'il l'aurait voulu. L'auteur semblait édulcorer certaines choses, mais Severus estima que c'était un début. C'est pourquoi Il allait le relire avec beaucoup d'attention et se chargerait d'en prendre un autre à la bibliothèque de l'école pour avoir tous les renseignements qu'il souhaitait.
Les succubes mâles étaient, comme l'avait si bien dit Black, assez rares. Cette information n'était pas nouvelle.
Il parcourut assez rapidement le sommaire et soupira de lassitude. Pourquoi devait-il lire ça déjà ? Ah oui, Potter avait eu la bonne idée de devenir un succube, l'obligeant à se replonger dans des grimoires poussiéreux, rébarbatifs et sans doute erronés. Lorsqu'il avait acheté celui-là, il avait pensé réaliser un bon investissement mais en y regardant de plus près, il manquait beaucoup trop d'informations – notamment, certains aspects de la vie d'un succube.
L'ouvrage était assez épais mais l'auteur ne s'était contenté que d'énoncer des généralités.
Il n'eut pas le temps d'aller bien loin dans sa lecture, il avait tout juste entamé le premier chapitre que déjà l'alarme se déclencha. Il referma son ouvrage en soupirant et le reposa sur le guéridon à côté de lui, bien décidé à en savoir plus à ce sujet, plus tard.
Son premier cours de l'après-midi ne fut guère amusant, les Poufsouffle et les Serdaigle de Première Année tremblaient comme des feuilles devant lui. Une fois ces petits cornichons hors de sa vue, il fila dans ses appartements et se replongea dans sa lecture. Il avait une heure avant le double cours de Potions des Sixième Année. Il comptait en profiter pour avancer au maximum son livre tout en sirotant une bonne tasse de thé et en dégustant avec un plaisir évident des fondants au chaudron qu'il avait commandé directement chez Honeydukes. C'était son péché mignon.
-Un succube n'en devient un à part entière que lorsqu'il aura atteint ses dix-sept ans, lut Severus en buvant une gorgée de son thé. La première étape sert à activer les gènes et la seconde, à purger le sang. Après cela, tout succube va chercher son compagnon. Intéressant, fit l'homme pensif. Alors comme ça, Potter n'est pas un succube à part entière ? La vraie question, c'est comment a-t-il pu le devenir ? Je n'ai pas souvenance de James Potter comme étant un succube. Il courait après Lily et cela depuis la première année. Et Lily n'était clairement pas un homme. J'en déduis donc que James Potter n'en était pas un. Alors comment son fils a-t-il pu faire son compte ? À moins que Lily en soit une ? Non, j'en doute fortement mais c'est une possibilité à envisager.
Il se prit à feuilleter le livre et tomba finalement sur un passage intéressant. Il avait la réponse à sa question.
- Les sorciers ne sont pas les seuls à avoir des gènes de créature magique. Certains cas prouvent que les nés-moldus peuvent en avoir aussi, lut-il. Personne n'est en mesure d'expliquer ce fait, tout comme il est impossible de comprendre pourquoi certains d'entre eux ont des pouvoirs magiques et pas d'autres. À l'inverse des sorciers élevés par des familles comportant des créatures magiques, les nés-moldus ne découvrent leur héritage que le jour de leurs seize ans.
Severus finit sa tasse et ses fondants au chaudron avant de se replonger dans sa lecture.
- Comment reconnaît-on un succube ? À ses ailes membraneuses et noires qu'il ne montre qu'à son compagnon, et à ses yeux noirs lorsqu'il part en chasse. D'après certaines rumeurs, ils feraient tout pour attirer leur « proie ». Et une fois qu'ils ont trouvé leur compagnon, ils font tout pour le séduire. Rien ni personne ne peut et ne doit se mettre entre eux. Au début de leur héritage, ils suivent leur instinct sexuel et séduisent toute personne qui les attire, puis, à leurs dix-sept ans, ils cherchent avec ardeur leur compagnon. Je sens que cette année, nous aurons le droit d'assister à un spectacle amusant, constata Severus.
Il se replongea quelques minutes dans son ouvrage avant d'être une fois de plus, interrompu par son alarme qui lui indiqua son dernier cours de la journée, et pas des moindres.
Lorsqu'il arriva devant la salle de classe, ses élèves l'attendaient sagement. Entre Gryffondor et Serpentard, la tension était à son comble et les adolescents se regardaient en chiens de faïence, prêts à dégainer les baguettes pour jeter un sort. Les Serpents supplantaient les Lions en nombre mais si le Blaireau et les Aigles s'y mettaient, les trois Vert-et-argent étaient fichus.
- Entrez et installez-vous en silence ! ordonna Severus d'une voix polaire.
Il vit presque avec surprise Potter se glisser à côté du Poufsouffle, laissant son amie seule.
- Mettez-vous par deux. La potion que vous allez réaliser aujourd'hui est bien trop complexe pour que vous la fassiez seuls.
Harry sourit à son voisin et eut presque pitié d'Hermione quand elle se retrouva à côté de Théodore Nott, un Sixième Année de Serpentard. Elle avait échappé à Pansy Parkinson. Les deux filles se détestaient cordialement et ne pouvaient pas se retrouver proches l'une de l'autre sans qu'elles n'en viennent aux sorts.
- Ouvrez vos livres à la page 276 et commencez ! Ce devrait être une potion que vous êtes censés savoir faire mais je doute fortement que vous réussissiez, vu les capacités de certains.
Il darda un regard sombre sur son élève honni, il avait nommé Harry Potter – ce dernier eut la décence de rougir – et jeta un vague coup d'œil condescendant aux autres.
Severus les regarda travailler en silence sans quitter son bureau. Il préparait une interrogation pour les Deuxième Année qu'il aurait le lendemain, afin de tester leur niveau. Le professeur soupira, prédisant que les notes ne seraient pas satisfaisantes.
Il levait de temps à autre les yeux de son questionnaire mais, globalement, il n'avait rien à redire.
Lorsqu'il quitta une nouvelle fois son parchemin du regard, il tomba sur une scène dont il se rappellerait sans aucun doute toute sa vie. Potter faisait les yeux doux à son voisin qui rougissait de gêne.
Ça aurait été une autre personne, Severus se serait levé avec l'idée d'humilier le coupable. Mais là, Harry était un succube et l'homme ignorait tout des réactions que pourrait avoir la créature durant sa phase de séduction. Il laissa donc couler et nota au passage que personne ne semblait s'être rendu compte de la scène.
À suivre
(1) oui, j'ai mis Harry avec Parvati. Comme j'ai changé certaines choses par rapport au canon, n'en soyez pas surpris. Et croyez-moi, j'en ai été la première étonnée en relisant ce chapitre.
Sinon, voilà, vous avez votre réponse, Voldemort est bel et bien mort.
