Bêta : Archimède
Note : Certaines reviews se veulent sympa, mais parfois l'absence de signes le montrant peuvent la rendre agressive. J'ai eu le cas d'une review anonyme qui me signifiait que soit j'étais un homme soit que je n'aimais pas les femmes parce que mes personnages féminins n'étaient pas doux. Oui et ? Si c'était une tentative d'humour, ok, mais je ne l'ai pas pris comme telle. Du tout. Ça m'a même énervée.
Ce que j'écris ne reflète pas qui je suis et heureusement. Alors si certains personnages, féminins parce que je les maîtrise un peu plus que les hommes, semblent méchants, ce n'est pas parce que je n'aime pas les femmes ou que je suis un mec. Je suis une FEMME et je ne les déteste pas. C'est juste qu'ils ont agi de la sorte sur l'instant. Je ne maîtrise pas vraiment mes personnages parfois, donc ne vous étonnez pas de leurs réactions. Et si ma façon de faire ne vous plaît pas, prenez votre plus belle plume et écrivez votre propre fic (c'est à prendre avec humour, bien entendu)
Donc, c'était un petit message pour ceux et celles qui postent des reviews, moi la première, faites attention avec les smiley, certains n'apparaissent pas et ça change la donne. Un auteur prend les reviews comme ça vient, suivant son humeur. Quand on connait la personne, ça va, mais quand on ne connait pas, ça passe un peu moins surtout quand on ne peut pas y répondre.
Merci à Elo, Vilbbes, guest, mary, nepheria4, Zeugma, ankana87, Mess votre vos reviews anonymes. Pour les autres, j'espère avoir répondu à tous. Si tel n'était pas le cas, n'hésitez pas à me le rappeler.
Chapitre 5
Plus Harry y pensait, plus l'idée d'aller voir Justin lui plaisait. Il avait dit qu'il était intéressé à Ron mais ne s'était pas appesanti sur le sujet plus que cela.
À dire vrai, ce fut la nuit – enfin la soirée – avec Charles Handnew, Poufsouffle de Septième Année qu'il avait envoyé à l'infirmerie, qui le convainquit de tenter quelque chose avec Finch-Fletchey. Il espérait que le Sixième Année serait plus endurant que les autres. Car mine de rien, en quinze jours, Harry avait envoyé trois élèves voir Madame Pomfresh, dont un qu'il avait dû aller chercher le lendemain en ne le voyant pas à la table des Blaireaux. Autant dire que la dragonne ne devait pas être de bonne humeur.
Harry la suspectait de le maudire jusqu'à la vingtième génération et de préparer quelque chose dans son dos.
Il ne voulait pas trop tenter le diable, comme diraient les moldus, et voulait un homme qui ne s'évanouirait pas juste après qu'ils aient fini. Il désirait quelqu'un qui tienne la distance, du moins, qui puisse remettre le couvert au moins deux fois.
C'était décidé, dès demain matin, il irait voir Justin et lui parlerait. Pour l'heure, il était bien trop tard. Entre le moment où il avait abandonné Charles chez Poppy et maintenant, il avait eu une longue conversation avec Ron qui avait passé une bonne partie du temps à rire comme un bossu, se moquant littéralement de son ami.
Le succube ferma les yeux et s'endormit aussitôt. Mais sa nuit ne fut pas tranquille. Il se réveilla une ou deux fois, en érection et frustré au possible. Normalement, lorsqu'il couchait avec un garçon, sa nuit était calme et Morphée ne le laissait pas émerger avant la sonnerie du réveil, bien qu'il soit frustré. Mais là, sa partie de jambes en l'air avec Handnew avait été plus insatisfaisante qu'autre chose. Ceci expliquait cela.
Il avait dû prendre une douche froide car se masturber ne faisait pas partie de ses plans, du moins, pas cette nuit.
La nuit prochaine, il ne dormirait pas seul.
Le lendemain, dans la Grande Salle, il ne vit pas Charles mais aperçut clairement Justin assis en face de lui et qui le dévorait du regard. Finalement, Ron n'avait pas dit n'importe quoi. Le succube regarda son ami un instant, avant de détourner les yeux devant le spectacle répugnant du rouquin en train de dévorer son petit-déjeuner.
Il avisa le Poufsouffle et lui fit un sourire charmeur. Il vit Justin bondir sur sa chaise et regarder autour de lui, cherchant à savoir si le signe lui était destiné. C'était amusant et si adorable, surtout quand le Poufsouffle se mit à rougir en comprenant que c'était le cas.
Il n'y avait plus qu'à espérer que l'élève ne serait pas trop effarouché, car Harry ne souhaitait pas dormir seul cette nuit. Il ne voulait pas non plus rêver. Ou alors, s'il rêvait, il exigeait un exutoire à son réveil.
Il y avait là matière à réflexion. Harry allait peut-être tester ça ce soir. Qui sait, ça serait peut-être le Nirvana.
Le succube passa la journée à penser à la soirée qu'il devait passer avec Justin et il ne put s'empêcher de sourire. Le soir venu, après le dîner, il fit signe à son futur amant de le suivre et ils se rendirent dans la Salle sur Demande. Depuis qu'il l'avait découverte et qu'il en avait compris le fonctionnement, il s'y retranchait souvent lorsque Hermione commençait à l'énerver. Or, depuis la rentrée, il l'utilisait uniquement pour ses coups d'un soir, comme il les appelait.
Les deux garçons coururent presque dans les corridors, Justin entraîné par Harry, et s'arrêtèrent au milieu d'un couloir au septième étage. Le succube passa trois fois devant un mur vide, face à une immense tapisserie représentant la stupide tentative de Barnabas le Follet en train d'apprendre à des trolls l'art de la danse.
Une porte apparut soudain alors que Justin allait demander ce que Harry faisait et où ils se trouvaient. Le brun entra dans la pièce et le tira à sa suite. Le Poufsouffle regarda la chambre, étonné de voir une telle salle perdue au beau milieu du château.
- On est où Harry ?
- Salle sur Demande, répondit laconiquement le succube. Entre et mets-toi à l'aise.
Justin s'avança jusqu'au lit et s'assit lentement sur le matelas confortable. Il ne pouvait s'empêcher de regarder autour de lui. Il sursauta lorsque Harry s'installa à ses côtés, le regard étrangement noir et lubrique.
- Qu'est-ce qu'on fait là, exactement ? l'interrogea Justin.
Harry se retint de se frapper la tête contre un des murs de la pièce. Il avait choisi un puceau ignare. Merlin, qu'avait-il fait pour mériter ça ?
- Que crois-tu faire ici ? finit-il par dire.
- On va discuter ? proposa Justin innocemment.
Harry voulut le renvoyer dans son dortoir en lui ordonnant de se déniaiser, mais il savait qu'il serait frustré s'il le faisait, alors il prit sur lui de ne pas l'invectiver.
- Pas toute la nuit, répondit le succube.
- Dormir ?
- Je ne pensais pas à ça non plus, mais oui, nous allons dormir. Mais vraiment, Justin, pourquoi crois-tu que nous sommes ici ? Dans cette chambre ? Avec ce lit ?
- Tu veux vraiment coucher avec moi ?
- Est-ce si surprenant ? ronronna Harry en lui caressant doucement la joue.
Il serra les dents quand le jeune homme se déroba à lui. Merlin, Justin l'avait suivi pour quoi ? Pour voir ? Que lui avait dit Wayne au final ? Qu'ils avaient joué aux échecs ?
- Un peu, avoua le Poufsouffle. Je... je n'ai jamais fait ça avec personne.
Et voilà, Harry avait eu raison, il avait hérité d'un puceau ! Pour un peu, il en aurait pleuré. Mais autant joindre l'utile à l'agréable : Justin était vierge, il était donc totalement inexpérimenté et malléable. Harry allait se faire une joie de lui donner un cours. La question était, allait-il tenir la distance ?
Le succube poussa son amant sur le lit et s'installa au-dessus de lui. Il avait hâte de sentir le sexe de Justin le pénétrer. Il le sentait attiré et prêt.
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- Merlin, Ron, fit Harry alors qu'ils sortaient de la Grande Salle après le petit-déjeuner. Il est... je le garde.
Il avait quitté Justin à l'aube, pas totalement satisfait par sa nuit mais content tout de même. Son amant avait été à la hauteur de ses espérances. À son arrivée dans la Grande Salle pour manger, il avait trouvé Ron et avait été proche de lui raconter sa nuit mais le jeune homme avait refusé de l'entendre, arguant qu'il ne voulait pas avoir l'appétit coupé. En revanche, dès qu'ils avaient fini de manger, son meilleur ami avait exigé d'avoir le compte-rendu de la nuit.
- Il est si bon que ça ? s'étonna le rouquin.
- Il était puceau mais je peux t'affirmer qu'il apprend vite. Il en voulait encore.
- Et j'en déduis que tu n'as pas dit non.
- Oh non ! J'aurais été fou de faire une telle chose, tu penses bien.
- Donc, tu le gardes ?
- Oui ! Je ne vais pas me passer d'un partenaire comme lui. Le seul problème, c'est qu'il veut à tout prix m'embrasser. Il ne comprend pas que je ne veuille pas.
- Le pire serait qu'il s'attache à toi, Harry, lui fit Ron, terre à terre.
Harry s'immobilisa au beau milieu du couloir, le visage blême alors que les mots de son meilleur ami faisaient leur chemin sous sa tignasse indisciplinée. Non, ce n'était pas possible. Justin ne pouvait même pas envisager, n'est-ce pas ?
- Tu plaisantes, n'est-ce pas ?
Il ne voulait pas s'attacher, lui. Justin n'était pas son compagnon. Le succube ne voulait qu'une relation basée sur le sexe, et rien d'autre. Du moins, pour l'instant.
- Écoute, je te dis juste que c'est une possibilité. Justin est réputé pour s'attacher assez vite aux gens. Souviens-toi, en Deuxième Année, il collait les Serdaigle parce qu'une fille lui avait montré un peu d'intérêt.
- Je ne m'en rappelle pas. Mais il n'y a que toi pour te souvenir de telles choses. J'espère qu'il a mûri et qu'il n'attend rien de moi.
- Pourquoi ? Ça te ferait un pincement au cœur de le laisser ? Moi je dis que tu devrais le mettre au courant que tu ne veux pas t'attacher.
- Je le ferai... plus tard sans doute.
Pour l'instant, il voulait voir Justin venir. D'ailleurs, il lui avait donné rendez-vous le soir-même devant la Salle sur Demande.
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Quinze jours plus tard, Harry était convoqué dans le bureau directorial. Lorsqu'il s'y rendit, il devait avouer qu'il n'était guère rassuré. Ce n'était jamais bon d'aller voir Dumbledore sur invitation formelle.
Il eut la surprise en entrant de voir le professeur Rogue. Ce dernier semblait de fort méchante humeur et son regard glacial ne quitta pas Harry dès l'instant où l'élève posa un pied à l'intérieur de la pièce.
- Installe-toi mon garçon, lui sourit Albus. Un peu de thé ? Un bonbon ?
Harry se fit la réflexion que le directeur devait cesser de proposer des bonbons à tout va. Pour un peu, il passerait pour un pervers.
- Non merci, Monsieur.
- Dommage, ils sont délicieux, fit le vieil homme en glissant un bonbon au citron dans sa bouche. Tu dois te demander ce que tu fais ici, n'est-ce pas ?
- En effet. J'ai fait quelque chose de mal ?
- Pas tout à fait, commença Albus.
- Pas tout à fait ? cracha Severus. Dois-je vous rappeler, Albus, qu'il a envoyé trois élèves à l'infirmerie ? Ils étaient presque morts de fatigue !
Le jeune garçon se raidit sur sa chaise. L'avait-on fait venir ici pour lui parler de son héritage ?
- Je m'en souviens parfaitement Severus, le temporisa Albus d'une voix calme. Ma mémoire est excellente. Mais ils ne sont pas morts, ils vont parfaitement bien.
- Je vais avoir des ennuis ? bafouilla Harry.
- Non, Harry. Nous avons seulement besoin de savoir quelques petites choses. Il y a un mois, Monsieur Thomas était transporté d'urgence à l'infirmerie. Le surlendemain, c'était au tour de Monsieur Hopkins. Et il y a quinze jours, Monsieur Handnew a été admis en état de grande fatigue. Nous savons de source sûre que tu es responsable. Peux-tu nous dire ce qu'il s'est passé ?
Harry vira au rouge pivoine. Il avait déjà du mal à penser au mot « sexe », alors raconter ses parties de jambes en l'air avec ses camarades, c'était au-dessus de ses forces. Il en parlait avec Ron, mais c'était différent, c'était son ami. Là, il s'agissait d'adultes qui avaient le pouvoir de l'expulser ou de se servir de lui comme ingrédient de potions. Il tenait à finir sa scolarité en un seul morceau.
- Rien.
- Vous avez envoyé trois personnes à l'infirmerie, Monsieur Potter, claqua le professeur Rogue. Ne dîtes pas qu'il ne s'est rien passé.
- Apparemment, vous le savez déjà, répliqua Harry, acerbe.
- Nous aimerions l'entendre de ta bouche, fit Albus.
- J'ai couché avec eux, cracha Harry. C'est tout !
- Cela confirme donc le diagnostique de Poppy.
- Je ne suis pas responsable, Monsieur ! se défendit Harry. Ils ont accepté de coucher avec moi, mais ils n'étaient pas capables de tenir la distance !
Harry se tut, plus rouge encore qu'il ne l'aurait cru possible. Pour un peu, il mourrait de combustion spontanée.
- La vraie raison de ta présence est la suivante : as-tu, oui ou non, trouvé quelqu'un ?
- Oui, répondit prudemment Harry, mais j'avoue ignorer ce que ça peut vous apporter.
Dumbledore eut la décence de paraître gêné. Il retira un instant ses lunettes en demi-lune et les essuya sur sa robe.
- Tu dois comprendre, Harry, que le dernier succube à avoir été dans cette école remonte à ton arrière-arrière grand-mère. Nous étions à Poudlard ensemble. Je peux t'assurer qu'elle a fait des dégâts durant sa Sixième Année. J'étais plus jeune qu'elle, mais les rumeurs couraient sur son compte. D'après ce que j'en sais, elle a envoyé une vingtaine d'élèves à l'infirmerie en moins de deux mois.
- Ce n'est pas mon cas, Monsieur.
- J'en conviens parfaitement, Harry. Le nombre d'homosexuels dans cette école est assez bas. Il est donc fort probable que tu n'atteignes jamais le score d'Elladora.
- Que voulez-vous de moi ?
- Severus a fabriqué, à la demande de Madame Pomfresh, une potion inhibitrice.
- Une quoi ?
- Potion inhibitrice, Potter, répondit Rogue froidement. Elle va réduire votre appétit sexuel démesuré et va protéger quelque peu cette école de vous.
- Je suis avec Justin et il va bien, râla Harry, furieux qu'on s'immisce dans sa vie sexuelle.
Il n'avait pas très envie de boire une telle potion. Il en ignorait les effets sur lui. Après tout, il était une créature magique, qui sait quelles conséquences cela pouvait avoir sur lui ?
- Pour l'instant, acquiesça le directeur. Mais après Justin ?
- J'en trouverai un autre.
Severus le regarda étrangement. Était-il choqué par son côté libertin et volage ? Harry estima que oui mais qu'il n'avait pas à en faire grand cas.
- Severus a raison, Harry, nous nous devons de protéger cette école.
- Mais je ne suis pas une menace ! s'insurgea le succube.
- Veuillez vous adresser autrement au directeur, Potter !
- Non mais c'est vrai, j'admets que je ne choisis peut-être pas les bons partenaires mais, est-ce de ma faute s'ils sont nuls au lit ? Non ! Je suis avec Justin et, pour le moment, il me satisfait et il va bien ! Je ne vois pas l'intérêt de boire ce truc !
- Ce n'est pas une requête Harry, lui répondit Dumbledore. Severus ?
Le maître des potions tira de ses robes une fiole transparente, remplie d'un liquide orangeâtre qu'il tendit à Harry. Le succube ôta le bouchon et approcha le flacon de son nez. Pour une fois qu'une potion ne sentait pas mauvais. Il scruta une dernière fois les deux adultes et ferma les yeux, résolu. Il avala d'un trait le contenu et grimaça. L'odeur était un mensonge, le goût était tout bonnement immonde ! Il avait l'impression d'avaler des excréments !
- C'est effroyable ! s'exclama-t-il avant de lâcher un rot particulièrement sonore. Pardon, s'excusa-t-il. Il faudrait faire quelque chose pour le goût, c'est...
- Effroyable, je pense que nous l'avons bien compris, répliqua sarcastiquement Severus. Sentez-vous des effets ?
- Non. Pas vraiment.
- Le résultat devrait être immédiat pourtant.
- Navré, Monsieur, mais je n'étais pas excité à l'idée de venir ici ! ironisa Harry.
- Au moindre effet indésirable, venez me voir, Monsieur Potter.
- Puisqu'il le faut. Puis-je partir ?
Albus lui donna l'autorisation. Harry se leva et sortit du bureau. Chaque pas entre sa chaise et la porte lui parut plus difficile encore que le précédent. Une fois l'huis refermé, le succube eut l'impression que son estomac faisait des sauts périlleux. Il retourna dans le bureau, blanc comme un linge.
- Je crois qu'il y a des effets indési...
Il ne finit pas sa phrase qu'il se plia en deux et vomit le contenu de son dîner sur les dalles de pierre sous l'œil dégoûté de Severus.
- Indésirables, Monsieur, finit le gamin en se redressant. Je vais être malade.
Un voile noir tomba devant ses yeux et il s'écroula par terre.
Lorsqu'il reprit conscience, il soupira en reconnaissant l'infirmerie. Son estomac semblait s'être calmé mais il ne se sentait pas au mieux de sa forme.
- Monsieur Potter ? lui demanda gentiment Madame Pomfresh en le voyant réveillé. Comment vous sentez-vous ?
Harry mit un peu de temps avant de répondre. Il ne savait pas comment exprimer ce qui se passait en lui. Il avait l'impression d'avoir été dépouillé de tout sentiment.
Il tenta maladroitement de s'expliquer.
- J'ai l'impression d'être... vide. Je crois. C'est comme si... plus rien ne me faisait envie. C'était comme si on m'avait arraché une partie de moi-même.
- Les effets sont sans conteste différents pour les succubes que pour les sorciers, fit Rogue.
Harry le fixa, ne voyant qu'une forme floue – on lui avait retiré ses lunettes. Son professeur devait être présent depuis le début.
- Je me suis renseigné durant votre inconscience et j'ai découvert pourquoi vous avez mal réagi. Cette potion n'est pas du tout recommandée pour les succubes, ce que j'ignorais. Laissez-moi finir avant de vous mettre à hurler, Monsieur Potter, ordonna Severus en voyant son élève ouvrir la bouche pour tempêter. Votre organisme a rejeté cette décoction, vous devriez vous sentir mal durant quelques heures mais guère plus. Demain matin, cela devrait aller mieux.
- Pourquoi est-ce déconseillé aux succubes ?
- La potion d'inhibition a pour but de bloquer tout ou partie des désirs sexuels. Malheureusement, l'utiliser sur une personne de votre espèce, c'est comme demander à un être vivant de cesser de respirer. C'est bloquer votre nature profonde.
- Vous ne pouviez pas...
- Je vous déconseille fortement de finir cette phrase, Monsieur Potter, susurra Rogue d'une voix doucereuse dans laquelle Harry perçut une menace.
Il referma la bouche et se rembrunit. On avait failli l'empoisonner, la moindre des choses aurait été de s'excuser ! Et Rogue aurait pu faire l'effort d'aller vérifier dans un bouquin, avant de lui faire boire cette immondice !
Et sans laisser le temps au gamin de lui poser d'autres questions ou de l'invectiver, Severus tourna les talons et quitta l'infirmerie dans une envolée de cape parfaitement maîtrisée.
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Fin octobre, Harry eut la surprise de recevoir une lettre un matin, venant d'un destinataire inconnu. Il regarda, plus qu'étonné, l'enveloppe, et finit par l'ouvrir. Il la laissa tomber dans son assiette après avoir lu les premières lignes.
- Harry ? s'inquiéta Ron en voyant le visage décomposé de son ami. Un problème ?
Pour seule réponse, Harry lui tendit le courrier qu'il prit lentement et commença à lire.
« Cher Monsieur Potter, Harry,
Notre fils Justin nous a parlé de votre mise en couple et nous en sommes ravis. Nous serions honorés si vous pouviez passer les fêtes de fin d'année en notre compagnie, afin que nous puissions faire plus ample connaissance. Nous sommes certains que vous rendez notre enfant heureux et qu'il s'épanouit totalement dans cette relation. Il n'a eu de cesse de nous parler de vous dans chacune de ses lettres et au vu de l'affection qu'il vous porte, il nous a paru impossible de ne pas vous inviter chez nous.
Nous espérons recevoir une réponse positive de votre part,
Cordialement,
Monsieur et Madame Finch-Fletchey »
Ron explosa de rire, attirant à lui les regards des élèves les plus proches.
- Merci, Ron, de me soutenir ! grommela Harry en maudissant mentalement le crétin qui lui servait de partenaire de sexe.
- Je t'avais dit de ne pas t'attacher à lui, hoqueta Ron en lui rendant sa lettre. Merlin, même ses parents te veulent chez eux.
- Arrête de rire, imbécile, grogna Harry en voyant son meilleur ami repartir dans un fou-rire interminable.
- À quand le mariage ? s'enquit le roux, hilare.
- Je vais tuer cet abruti ! siffla Harry en se levant de table pour rejoindre sa salle de classe.
Il rongea son frein toute la journée et, lorsqu'il retrouva Justin dans la Salle sur Demande, il était furieux. Le Poufsouffle faillit faire demi-tour quand il le vit.
- Toi ! Assis ! Tout de suite ! hurla le succube.
De quel droit ce sorcier se permettait de tomber amoureux ? Il n'était pas son compagnon, par Merlin ! Il ne fallait pas être très intelligent pour comprendre que Harry ne recherchait pas la moindre attache de la part de ses conquêtes. Pour preuve, il ne leur prenait jamais la main et ne cherchait à les voir que le soir, pour se soulager !
- Tu m'expliques ? ! cracha-t-il.
- Expliquer quoi ?
- Ça ! cria Harry en brandissant une lettre. Je viens de recevoir ça de tes parents ! Je suis invité à passer Noël avec eux ! Ils pensent que tu m'aimes !
- Non ! Je...
- Tu quoi, Justin ? ! Je ne t'ai jamais dit que je voulais qu'on finisse notre vie ensemble. Toi et moi, ce n'était que pour la baise ! Rien d'autre.
- Je sais ! C'est juste que...
- Que quoi ? ! Pourquoi pensent-ils que toi et moi sommes amoureux ? ! Tu leur as dit quoi ?
- Que j'étais avec quelqu'un, c'est tout, couina le Poufsouffle.
- Tu as dit à tes parents que c'était moi !
- Oui ! s'énerva Justin à son tour. Ils m'ont demandé. Mais jamais je n'ai jamais dit que nous étions amoureux !
- Alors pourquoi ils le pensent ?
Il vit le regard du Poufsouffle se décomposer, mais ça n'apaisa pas sa colère, bien au contraire.
- Qu'est-ce que tu as dit d'autre ? !
- J'ai dit que nous étions en couple, avoua le jeune homme. Oui, j'ai menti ! Mais je n'allais pas leur avouer que je m'envoyais en l'air avec toi, sans le moindre sentiment, ils n'auraient pas compris ! Ils se sont fait des films et...
- Je vois. Et tu n'as pas démenti, l'accusa Harry.
- Non.
- Bien. Débrouille-toi avec tes parents pour leur dire que le héros du monde sorcier ne viendra pas passer Noël avec eux. Moi, je m'en lave les mains ! Au fait, ajouta le succube en se dirigeant vers la porte de la pièce, ne compte plus sur nos rendez-vous. Je trouverai bien quelqu'un d'autre de plus discret. C'est dommage, tu étais plutôt bon.
Il quitta la Salle sur Demande, laissant là un Justin embêté.
Le jeune homme comprenait parfaitement pourquoi Harry l'avait laissé tomber. Il s'était attaché au Gryffondor mais il se rendit compte que ce n'était pas réciproque. Il aurait dû s'en douter quand le jeune homme lui avait dit qu'il ne l'embrasserait pas. Lorsqu'ils se croisaient dans les couloirs, c'était à peine si son amant lui montrait qu'il l'avait vu.
Maintenant, Justin cherchait un moyen de dire à ses parents que Harry et lui, c'était fini et ça, ce n'était pas une mince affaire. Si ses parents n'avaient pas eu la sotte idée d'envoyer à son amant cette invitation, il serait encore avec Harry.
En parlant du jeune homme, ce dernier remontait les couloirs d'un pas rageur et pénétra dans la salle commune des Gryffondor. Son aura de fureur fit reculer tous les élèves, sauf Ron qui l'attendait sagement dans un des canapés.
- Alors, tu as eu le fin mot de l'histoire ?
- Ses parents sont des abrutis ! siffla Harry à voix basse pour pas être entendu par les autres. Justin leur a écrit en leur disant qu'il était en couple avec moi, qu'on sortait ensemble ! On ne faisait que baiser tous les deux, ça n'allait pas plus loin.
- Attends Harry.
Ron tira sa baguette et les enveloppa lui et Harry dans une bulle de silence.
- Voilà, tu peux parler aussi fort que tu le désires. Je t'écoute. Les parents de Justin sont des crétins.
- Justin n'a pas eu les couilles de leur dire qu'on ne faisait que s'envoyer en l'air.
- Harry, je suis choqué par ton vocabulaire. Et je peux comprendre Justin, tu sais. J'aurais du mal à dire à mes parents que je ne fais que m'envoyer en l'air avec quelqu'un, je préfère dire que je suis en couple.
- Ses parents ont cru qu'on était amoureux ! Ils m'ont invité à Noël !
- Je sais, j'ai lu la lettre, tout comme toi. Tu as dit quoi à Justin ?
- Que c'était fini, qu'il se débrouille avec ses parents. Dommage, il tenait la distance.
- Pourquoi tu ne passes pas par-dessus ?
- Parce que c'est la porte ouverte à toutes les dérives. Parce que si on continue, il va croire que c'est officiel. À la fin de l'année, je me retrouve avec la bague au doigt alors que ce n'est pas mon compagnon. Je ne fais que m'entraîner pour l'instant !
- D'accord. De toute manière, c'est toi qui vois, c'est ton cul après tout.
- On est bien d'accord. Pour les autres, il faudra que je les mette au courant dès le début.
- À mon avis, tu devrais attendre d'avoir testé.
- Ah ?
Harry sentit la curiosité le piquer et remplacer la colère. C'était intéressant ce que Ron disait là.
- Oui, si tu annonces la couleur tout de suite, beaucoup vont dire non. Si tu le dis après, au moins tu seras satisfait si l'autre refuse l'accord.
Ce n'était pas si bête. Ron pouvait se montrer très intelligent et logique s'il réfléchissait bien. Harry ne pouvait qu'abonder dans son sens.
- Allez, au lit, fit-il. Demain, on a un entraînement de Quidditch.
- Oui capitaine ! Enfin, tu as un entraînement, fit Ron mi-figue mi-raisin. Moi, je resterai sur le bord, à vous regarder.
Il n'avait pas pu rentrer dans l'équipe de Quidditch, il avait postulé comme gardien mais n'avait pas été retenu.
Quand Harry se coucha, il était légèrement frustré. Il se dit qu'il aurait pu profiter une dernière fois du corps de Justin.
Au réveil, il eut l'impression d'être plus fatigué que lorsqu'il s'était couché. Le brun avait mal dormi, il n'avait pas rêvé qu'il forniquait avec un amant onirique, ça n'était pas allé jusque là, mais il aurait préféré. Il avait fait un cauchemar qui lui avait mis les nerfs à vif.
Il n'avait eu de cesse d'imaginer qu'il se mariait avec une tout autre personne que son compagnon et que le jour de son héritage, son âme-sœur venait le voir mais qu'il était incapable de se dépêtrer de ce mariage dont il ne voulait pas.
Harry se jura qu'il irait voir son parrain pour parler. Peut-être que Sirius allait le renseigner sur son espèce. Il allait lui envoyer un courrier. Aussitôt dit, aussitôt fait, un des hiboux de la volière s'envola vers les appartements de son parrain, avec, à sa patte, une missive.
Le jeune homme ne tarda pas à recevoir une réponse l'invitant à venir prendre le thé dans l'après-midi.
Le jeune homme, capitaine de l'équipe de Quidditch depuis un an maintenant, poussa son équipe à donner son maximum durant l'entraînement. Ils devaient gagner chacun de leurs matchs contre les autres équipes afin d'avoir une chance d'avoir la coupe de Quidditch. Ils étaient invaincus depuis cinq ans et Harry comptait bien continuer.
- C'est bon, cria-t-il pour se faire entendre à travers le terrain.
Son équipe le rejoignit le temps qu'il les félicite et ils filèrent ranger les balais dans la remise puis allèrent se doucher et se changer.
Préoccupé par son rêve de la nuit dernière, Harry ne pensa pas un seul instant à reluquer les fesses de ses coéquipiers comme il le faisait depuis le premier entraînement mi-septembre. Il avait repéré quelques gays dans son équipe, un en fait, mais il n'avait pas cherché à aller plus loin avec lui. Cormac McLaggen était en couple, Harry l'avait entendu parler de son petit-ami. Mine de rien, le succube n'hésitait pas à aller forniquer à droite et à gauche, trompant allègrement ses amants. Mais jamais il ne lui viendrait à l'idée de détruire un couple. Il attendait une opportunité.
Après le déjeuner, il travailla un peu, histoire de s'avancer un peu dans ses devoirs. Vers dix-sept heures, il se dirigea vers la salle de classe de Sirius. Il le trouva assis à son bureau, la plume en l'air et le regard assassin. Apparemment, son parrain devait expérimenter les corrections des devoirs.
- Harry, je désespérais de ne plus te voir. Heureusement que tu m'as envoyé ce mot. Je t'aurais bien proposé de venir avant mais je devais prendre mes marques.
Le professeur se leva de son siège, enferma ses copies dans son bureau – la correction allait bien attendre quelques jours de plus – et guida Harry jusque dans ses appartements.
- Alors ? De quoi voulais-tu que nous parlions ? s'enquit Sirius en fourrant une tasse de thé brûlant entre les mains de son filleul.
- J'ai fait un rêve étrange et... et je me suis dit que je devais t'en parler. Et puis, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu, alors j'en ai profité pour passer te voir.
Ce qui n'était pas tout à fait faux en soit. Seulement, Harry n'avait jamais pensé à aller voir son parrain depuis le début de l'année. Mais ça, il le garda pour lui.
- Un rêve étrange ? J'avoue être perdu, Harry.
Il ne voyait pas pourquoi son filleul venait le voir pour ça. En soit, il était heureux que Harry se confie à lui, mais il n'était pas compétent dans ce domaine.
- Je crois que ça a un rapport avec ma nature de succube, Sirius.
Là, il comprenait nettement plus.
- Je suis tout ouïe, Harry, fit-il en reposant sa tasse sur la table basse.
- Voilà, j'ai rêvé que je me mariais mais que mon époux n'avait rien à voir avec mon compagnon, lâcha Harry. Et que le jour de mon héritage, mon compagnon était venu me voir mais que j'étais déjà marié. Je ne pouvais rien faire.
Sirius se rencogna dans son fauteuil, plongé dans une intense réflexion. Il s'était renseigné sur les succubes, mais certaines choses demeuraient encore dans le flou. Ce rêve cachait quelque chose et l'homme n'était pas un spécialiste dans ce domaine. Il tenta de se rappeler de ses cours de Divination et laissa tomber. C'était une matière qui ne lui avait jamais plu.
- Il s'est passé quelque chose pour que tu rêves d'une telle chose ?
Harry se sentit mal à l'aise. Pouvait-il avouer à son parrain qu'il avait couché avec d'autres garçons ? Il ne se sentait pas prêt à évoquer le sujet.
- Je voulais juste savoir si ce genre de rêve était fréquent tant qu'on n'est pas lié à son compagnon.
- Je l'ignore, Harry. Je pense que oui. Tant que tu n'es pas lié, tu auras cette peur d'être uni à la mauvaise personne.
Ça ne le rassurait pas plus que cela. Le prochain amant qu'il prendrait allait-il le demander en mariage ?
Harry repensa aux paroles de Ron et son idée de règle. Il se dit que la suivre serait au final une excellente idée, surtout si ça pouvait lui éviter ce genre de désagrément. Il ne se voyait pas marié à tout juste seize ans, c'était trop jeune.
- Dis, fit-il soudain. Tu penses que je pourrais avoir déjà rencontré mon compagnon ?
- C'est une possibilité.
Le jeune homme soupira. Ce n'était pas vraiment sa question, mais il ne se voyait pas demander à Sirius s'il pensait que son filleul pouvait déjà avoir couché avec son compagnon. Le professeur aurait une crise cardiaque à coup sûr.
- Mais normalement, un succube ne peut pas coucher avec son compagnon avant ses dix-sept ans.
Harry nota la distinction que son parrain faisait entre lui et la créature. Il était presque ravi d'avoir tu sa vie sexuelle.
- Tu es certain de ça ?
- Quand tu auras dix-sept ans, tu sauras vraiment qui est ton compagnon. Mais le succube recherche en ses partenaires, une personne qui aura une chose en commun avec son âme sœur. Ça peut être n'importe quoi : le caractère, le nez, les yeux, les cheveux, la couleur de peau. Ça dépend des succubes.
- Comment tu le sais ?
- J'ai lu des dizaines de livres sur ce sujet. Mais je ne pourrais pas te les passer. J'ai demandé à un collectionneur américain de m'en prêter quelques-uns. Je les lui ai rendus.
- Tu as des notes dessus ?
- Aucune, Harry. Désolé. Mais je ne pouvais pas prendre de notes. Tout ce que je sais est là-dedans, fit-il en tapotant sa tête.
- Dommage, marmonna Harry.
Il aurait apprécié se comprendre un peu. Jusque là, il suivait son instinct mais certains de ses actes lui faisaient peur. Il voulait savoir pourquoi il perdait les commandes de son corps quand il voyait un brun passer dans son champ de vision.
Il avait noté que seuls les bruns l'intéressaient. Les autres, il s'en moquait royalement. C'était peut-être ça, la caractéristique en commun avec son compagnon : ce dernier devait être brun. Un détail bien mince, cette couleur de cheveux était répandue. Il aurait bien voulu avoir un autre critère. Mais c'était toujours mieux que rien.
Il resta discuter encore une bonne heure avec Sirius puis se leva et rentra dans la tour. Lorsqu'il retrouva Ron, il lui raconta ce qu'il avait appris. Autant dire qu'il n'en fallut pas plus au rouquin pour émettre des suppositions toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres. Son ami évoqua tous les bruns de l'école qu'ils connaissaient. Ils hurlèrent de rire quand le nom du professeur Rogue sortit.
Severus Rogue, compagnon de Harry Potter. L'idée était plus que risible.
À suivre
Pour celles et ceux qui auraient voulu un petit rapprochement avec Sev... ça ne va pas être vraiment possible :)
