Bêta : Archimède
Note : Navrée pour ce léger retard de quelques heures, mais je n'étais pas dispo et je n'avais pas Internet samedi, étant en voiture. J'aurais pu poster vendredi soir ou tôt samedi matin, mais j'aurais été préoccupée par les reviews reçues, donc... j'ai préféré mettre ce chapitre aujourd'hui plutôt qu'hier. J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Merci à stormtrooper2 (pour ses deux reviews, l'une en guest sans faire exprès) X1, Zeugma, rikokooo, nepheria4, ankana87, Elo et Mary pour vos reviews anonymes. Pour les autres, j'espère avoir répondu à tout le monde. Si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à me le rappeler.
Chapitre 6
- Mesdemoiselles et Messieurs, bienvenus en cette belle journée d'octobre...
Tout le monde regardait le ciel. Il crachouillait allègrement depuis la veille et il faisait froid. Mais bon, personne n'osa dire quoique ce soit à la commentatrice Luna Lovegood qui continua sur sa lancée :
- ... pour le match tant attendu qui opposera les Serpentard – c'est bien dommage que les Nargoles aient envahi leurs esprits – aux courageux Gryffondor.
Une ovation se fit dans le stade à la mention des Lions. Poufsouffle et Serdaigle s'étaient joints aux Gryffondor pour acclamer l'équipe.
Luna présenta rapidement les joueurs tandis que ces derniers rentraient sur le terrain.
- Madame Bibine s'avance sur le terrain et demande aux capitaines de se serrer la main. Ils ont l'air de bien s'entendre. Malefoy et Harry se comportent civilement, c'est presque étonnant.
Dans les tribunes, tout le monde voyait le contraire, les deux capitaines écrasaient consciencieusement les doigts de l'autre tout en se défiant du regard.
- Je veux un match placé sous le signe du fair-play, hurla Bibine avant de porter le sifflet à ses lèvres.
- La grosse balle rouge... je ne me souviens plus son nom...
- Un Souaffle, Mademoiselle Lovegood, un Souaffle, râla McGonagall à ses côtés.
La pauvre en venait à se demander pourquoi Luna commentait les matchs avant de se souvenir que Lee Jordan, l'ancien présentateur, l'avait choisie comme remplaçante. Ils n'avaient pas eu le choix et le regrettaient bien.
- Ah oui, c'est vrai, merci professeur. Les trois autres balles ont suivi et le match peut commencer. Et voilà que le Souaffle... je croyais qu'il était rouge ? Enfin peu importe, le Souaffle fonce sur l'attrapeur des Gryffondor...
- Un Cognard, pas un Souaffle, murmura McGonagall en s'empêchant d'étrangler la jeune fille.
- Vous êtes sûre professeur ?
Tout le monde l'entendait. Sa voix amplifiée magiquement grâce au mégaphone résonnait dans tout le stade. Et le public s'esclaffait aux élucubrations de la Serdaigle.
- Vingt à zéro en faveur de Gryffondor, annonça McGonagall.
- Déjà ? s'étonna la blonde à l'air rêveur.
- Mais enfin, concentrez-vous, Mademoiselle Lovegood !
- Il semblerait que Harry ait vu le Vif d'or, annonça Luna comme si elle parlait de la météo. Mais je pense qu'il doit s'agir d'un Barbevius Sommeillus, il prend la forme de petits objets.
Personne ne comprenait rien à ce qu'elle racontait. Un Barbevius Sommeillus ? Les plus érudits affirmaient que ça n'existait pas.
- Ah, finalement, c'était bien le Vif d'or. Mais j'avoue ne pas être certaine de savoir s'il a réussi à l'avoir. Ou alors, il a du mal à s'arrêter. Il vole toujours. Fais attention Harry, tu vas trop vite.
Mais Harry ne semblait pas l'entendre. Il fonçait toujours plus vite sur son Éclair de Feu, le balai que lui avait offert son parrain deux ans auparavant. Il avait repéré le Vif d'or et devait l'attraper à tout prix, surtout que l'équipe de Serpentard venait de marquer par deux fois, dans l'indifférence générale. Tous les regards étaient braqués sur le duo Potter-Malefoy, au coude à coude pour se saisir du Vif en premier.
Les renseignements intéressants venaient du professeur McGonagall, Luna étant occupée à parler de tout et de rien, mais pas du match.
Harry referma ses doigts sur la petite balle dorée qui volait à tire d'ailes et remonta en chandelle, le poing fermé et victorieux.
- Oh, les Serpentard viennent de gagner ! annonça Luna à la stupeur générale.
Le public en resta coi. Avaient-ils bien vu ?
- Mademoiselle Lovegood ! hurla la directrice-adjointe.
- Ai-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Ce n'est pas Serpentard mais Gryffondor qui a gagné le match !
- Ah bon ? J'aurai juré du contraire. Mais bon, si vous le dîtes, je vous crois sur parole.
Minerva se força à respirer calmement pour ne pas perdre le contrôle de ses nerfs. Luna était... Luna, et la directrice des Gryffondor espérait que les prochains matchs de la jeune fille comme commentatrice seraient moins... exubérants. La vieille femme regrettait presque Lee Jordan. Le Gryffondor était de parti pris mais au moins, ses commentaires étaient centrés sur le match. Et il savait de quoi il parlait.
Les deux équipes s'étaient enfermées dans leurs vestiaires respectifs – on les séparait pour qu'ils n'en viennent pas aux mains. Pour les autres maisons, ils partageaient la même pièce. Harry profita de quelques minutes pour féliciter son équipe déjà galvanisée par la victoire. Ils avaient gagné 180 à 20, ce qui était un score honorable. Ils allaient devoir faire aussi bien pour leur match contre Poufsouffle en février.
Alors qu'ils se séparaient pour aller se doucher, Harry eut la surprise de voir Cormac McLaggen s'avancer vers lui, sourire aux lèvres.
- Maintenant que nous avons joué et gagné, commença le gardien, j'ai plusieurs idées pour le prochain match et pour les entraînements.
Le capitaine fronça les sourcils. Pourquoi avait-il pris ce crétin déjà ? Ah oui, Ron n'avait pas été choisi, il avait raté sa sélection de peu et Cormac était le seul autre gardien à s'être présenté pour ce poste.
- J'ai une autre idée, Cormac, lui fit Harry avec un sourire gourmand.
Le gardien le désirait, le succube le sentait à plein nez. Le couple que Cormac faisait avec un autre était fini semblait-il. Il le gratifia d'un sourire suggestif et alla se laver, espérant que les autres s'en iraient quand Harry sauterait sur son futur amant.
Quand il le retrouva, le Septième Année était avachi sur un banc. Le vestiaire était désert et ça arrangeait bien Harry. Il n'hésita pas et fut rudement allongé par terre par Cormac. Le succube poussait ses amants à le satisfaire sans se poser de question.
Quelques minutes plus tard, les garçons se rhabillèrent. Harry n'était pas rassasié mais il s'en contenterait. McLaggen valait Justin, sexuellement parlant, mais il jacassait trop, c'était pénible. Cela dit, s'il parvenait à fermer la bouche durant l'acte, Harry arriverait à le tolérer.
- Avant que ça n'aille plus loin, commença le succube, je veux mettre les choses au clair. Je n'embrasse pas, toi et moi, ce n'est que pour le sexe et j'irai voir ailleurs sans le moindre scrupule si tu ne me satisfais pas. À prendre ou à laisser.
- Ai-je le choix ?
- Oui. Tu acceptes ou tu t'en vas. Mais choisis vite.
- Je peux avoir un délai de réflexion ?
- Tu as jusqu'à demain matin.
Harry sortit, laissant Cormac plongé dans ses pensées. Cette partie de jambes en l'air avait été sympathique pour la créature. McLaggen était doué, mais il manquait toujours quelque chose, comme ça avait été le cas chez tous ses autres amants.
Le succube avait fini par découvrir quelle était la cause de ce manque. Ses conquêtes n'étaient pas son compagnon. Lui seul pourrait le satisfaire pleinement. Mais pour l'instant, il ignorait tout de son identité.
Harry n'eut pas à attendre le lendemain matin, le Septième Année le retrouva après le dîner le soir-même.
- C'est d'accord, lui fit Cormac.
Jamais Harry ne s'était demandé si c'était normal que ses partenaires acceptent aussi vite de coucher avec lui. Mais ça n'avait pas d'importance, il en était même satisfait. Il ne voulait pas se poser de questions.
Il autorisa son amant à le mener dans le dortoir des Septième Année et ils passèrent la nuit ensemble. Ils auraient pu aller ailleurs que dans la tour, mais rester ici était plus pratique pour eux.
- Alors, tu t'es amusé cette nuit ? s'enquit Ron lors du petit-déjeuner. Je sais que tu n'étais pas dans le dortoir, encore. C'était qui ?
- McLaggen, avoua Harry, mal à l'aise vis-à-vis de Ron.
Son ami se rembrunit.
- Désolé.
- Écoute, tu fais ce que tu veux de tes fesses, Harry, mais lui, tu aurais pu l'éviter. Il m'a pris ma place !
- C'était lui ou je retournais avec Dean et je l'envoyais une fois de plus à l'infirmerie. Il est hors de question de me faire encore passer un savon par le directeur. Je sais que tu n'aimes pas McLaggen parce qu'il a pris ta place. Mais comprends-moi, des bruns gays et dispos, ça ne court pas les couloirs de Poudlard. Alors je prends ce que je trouve.
- Ouais, je suis d'accord... mais... McLaggen, je le trouve... imbu de sa personne.
- Il l'est, et en toute circonstance, crois-moi. Il se pense exceptionnel, maugréa Harry. Je dois avouer qu'il est bon au lit mais pour le reste, il ne casse pas trois pattes à un boullu.
- Alors pourquoi tu restes ?
- Je viens de te le dire. Il est doué au lit. Pour l'instant, c'est tout ce que je demande.
Heureusement qu'il n'y avait presque personne autour d'eux en ce dimanche matin. Harry avait traîné Ron hors du dortoir assez tôt et la Grande Salle était quasiment déserte. Ils ne se parlaient pas très fort mais n'étaient pas obligés de chuchoter.
- Qu'est-ce que ça va être l'année prochaine, se plaignit Ron. Je n'ose pas imaginer ta réaction quand tu vas revenir d'une nuit torride avec ton compagnon. Je suis à peu près certain que tu ne penseras même plus à aller voir ailleurs.
- J'ai lu que seuls les compagnons des succubes pouvaient les satisfaire. Et que les succubes sont incapables d'être infidèles à leur amant.
- Ah ? Et tu l'as lu où ? Je croyais qu'aucun des livres que tu avais lu ne mentionnait ça ?
Harry réfléchit un instant, tentant de se remémorer où il avait vu l'information. Il était certain de l'avoir lu quelque part. Sauf si... Il releva la tête et fixa Ron.
- Je crois que c'est quelque chose que je sais. Comme un instinct que je ressens au plus profond de moi.
- Je vois, fit simplement Ron en prenant un toast qu'il tartina généreusement de marmelade.
Ils remontèrent dans la salle commune une fois bien restaurés – Ron avait fini presque tous les paniers sur les tables – et se laissèrent tomber dans les fauteuils près du feu.
- On fait quoi ? demanda Ron. Pas les devoirs, je n'ai pas envie de me faire des nœuds au cerveau aussi tôt.
- Une partie d'échecs ? proposa Harry.
Il n'était pas très bon. C'était Ron qui lui avait appris à jouer mais son ami gagnait tout le temps. Le dernier des fils Weasley était excellent. Il n'avait encore perdu aucune partie. Ce dernier se leva et se précipita dans son dortoir afin de récupérer son vieux jeu.
Ils s'installèrent confortablement l'un en face de l'autre et Harry commença. Il débutait toujours la partie car Ron estimait que, comme c'était son jeu, son adversaire était donc son invité.
Comme Harry l'avait prédit, il perdit la partie. Ron parvint à le convaincre d'en faire une deuxième. Hermione profita de ce moment-là pour s'incruster dans leur jeu et se mettre à tempêter.
- Vous êtes toujours en train de jouer ! Vous n'avez pas autre chose à faire ?
- Hermione..., commença Harry poliment avant d'être interrompu par un Ron totalement dépourvu de tact.
- Tu as enfin décidé de tolérer la sexualité d'Harry ? Si ce n'est pas le cas, tu peux partir, on ne te retient pas.
- Et tu t'étonnes de ne pas avoir de petite-amie, Ronald, siffla Hermione, mécontente.
- Je ne m'étonne pas et je ne cherche pas de petite-amie non plus. Tu es le genre de fille qui ferait virer homo le plus dur des hétéros ! Maintenant, si tu veux bien nous laisser...
- Ronald Bilius Weasley, tonna Hermione d'une voix polaire, je peux t'assurer que ta mère sera au courant.
- Vas-y, je ne te retiens pas sur ce sujet aussi.
Ce que la jeune fille ignorait, c'était que Ron avait déjà écrit à sa mère pour lui raconter l'intolérance de Hermione vis-à-vis de l'homosexualité et de la bisexualité, et qu'elle avait dénigré Harry qui avait un fort penchant pour les hommes.
Hermione tourna les talons, le menton levé, bien décidée à faire ployer le rouquin. Il ne la croyait pas capable d'écrire à Madame Weasley ? Il allait voir ce qu'il allait voir !
De son côté, Ginny crut qu'elle s'était fêlée une côte à force de se retenir de rire. Hermione ne connaissait pas la redoutable Madame Weasley autant qu'elle le devrait. La benjamine de la famille savait que son ancienne amie – elle avait coupé les ponts en apprenant l'intolérance de la brunette vis-à-vis d'une orientation sexuelle différente – allait écrire cette lettre, mais la rouquine voulait être là lorsque la Sixième Année recevrait la réponse. Elle voulait rire un bon coup. Nul doute que Hermione ne s'en remettrait pas, connaissant le caractère de la matriarche Weasley.
- Non mais quelle sans-gêne, siffla Ron. De quoi elle se mêle ? Mais qu'elle l'écrive sa lettre ! Je m'en fiche totalement. Et je peux t'assurer que la réponse de Maman va lui plaire.
Ils s'imaginèrent la lettre qu'Hermione allait envoyer. Ils la savaient parfaitement capable de faire une telle chose.
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Dans son dortoir, à l'abri des oreilles et des regards indiscrets, Hermione cherchait le meilleur moyen de commencer sa missive.
Elle ne décolérait pas. Comment Ron avait-il osé la remettre aussi vertement à sa place ? Il allait voir ce qu'il allait voir. Mais pour l'heure, Hermione devait choisir ses mots avec soin.
Elle se concentra un instant avant de tremper sa plume dans son encrier puis commença à écrire.
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Molly Weasley finissait le pull qu'elle tricotait amoureusement pour Harry et allait entamer celui de Hermione, quand un hibou frappa contre la vitre de la fenêtre de son salon. Il se hâta de délivrer son colis quand la femme lui ouvrit, et repartit sans demander son reste.
Intriguée, Molly déplia le courrier et regarda la signature. Elle fronça les sourcils en voyant le nom de l'expéditeur. Que pouvait bien lui vouloir Hermione ? Un de ses enfants avait eu un problème ? Non, Dumbledore l'aurait informée s'il y avait eu un souci.
« Madame Weasley,
Je vous écris pour vous parler du comportement inadmissible de Ron à mon égard. En effet, votre fils... »
Molly s'interrompit. Que pouvait bien avoir fait Ron à cette charmante jeune fille pour qu'elle lui écrive ? Son fils n'était pas un mauvais garçon, il était gentil, il ne ferait pas de mal à une mouche. Certes, il s'emportait vite, mais de là à avoir un comportement inadmissible... La matriarche Weasley avait beau chercher, elle ne voyait pas ce que son dernier fils aurait bien pu faire de si répréhensible. Elle reposa ses yeux sur la lettre et reprit sa lecture, quelque peu angoissée par ce qu'elle allait découvrir.
« …votre fils a une attitude des plus indécentes au collège. Il a osé pervertir Harry en lui mettant des idées inconvenantes en tête. Depuis la séparation de Harry avec Ginny, j'ai eu vent d'un changement radical chez lui. J'ai remarqué tout de suite que l'amitié que se portaient Harry et Ron allait plus loin que ne l'autorisait la morale. Ils m'ont sans le moindre scrupule mise de côté depuis qu'ils ne cachent plus leurs déviances sexuelles. Tout le collège est horrifié par ce comportement indigne, moi la première. J'ai tenté de leur faire entendre raison, mais sans le moindre résultat, sauf celui de m'écarter sous le prétexte fallacieux que je ne peux pas les comprendre.
Mais ce n'est pas tout. Ron empêche Harry d'étudier convenablement. Ils risquent tous les deux de rater leur année. J'ai bien essayé de les mettre au travail, mais ils ne pensent qu'à jouer ou se bécoter à tout va.
J'ose espérer, Madame, que votre voix leur fera entendre raison et qu'ils reviendront dans le droit chemin.
Cordialement,
Hermione Jean Granger. »
Molly pâlit dangereusement en voyant ces mots inscrits noir sur blanc sur ce parchemin. Elle n'en revenait pas de lire pareilles inepties. Ce n'était pas le genre de Hermione d'écrire une telle lettre. D'ordinaire, la jeune fille était posée et réfléchie. Mais cette missive ne lui ressemblait pas du tout. Cela dit, la femme comprenait mieux maintenant les courriers de son fils et de sa fille. Elle était, bien entendu, au courant de toute l'histoire, Ron lui en ayant fait le récit, y compris cette fameuse mise en couple fictive. Quand elle l'avait lu, Molly avait rigolé.
Elle relut la lettre de Hermione et cette fois, elle sentit la colère monter crescendo. De quel droit cette petite pimbêche se mêlait-elle de la vie de son fils ? Elle n'était pas sa mère, par Merlin ! Elle n'avait à le contraindre à quoique ce soit. Et si vraiment il avait eu des problèmes scolaires, elle aurait été au courant.
Molly avait déjà remarqué que la jeune fille était obsédée par les études, mais n'avait pas agi car ça occupait son fils et ça ne pouvait pas lui faire de mal d'étudier. Mais de là à interdire la moindre distraction, il y avait une marge.
Et cette histoire de déviance sexuelle... Molly avait cru que son cœur s'était arrêté un instant. Depuis quand être homosexuel était dégoûtant ? Elle n'avait jamais réprouvé l'amour entre partenaires de même sexe. Tant qu'ils étaient amoureux, le reste n'avait pas d'importance. Oser dire le contraire dénotait une attitude rétrograde et indigne du monde sorcier. Jamais la matriarche Weasley n'aurait pensé une telle chose de la brune. Surtout que Hermione affirmait que Ron était responsable du changement d'orientation de son ami. C'était vraiment n'importe quoi. Molly connaissait parfaitement la bisexualité de son fils et l'assumait totalement.
Hermione s'attendait à ce que la rousse fasse la morale à Ron ? Elle allait être servie, mais ce ne serait sans aucun doute pas du tout ce à quoi elle s'attendait.
Madame Weasley prit sa plus belle plume, un parchemin, un encrier et rédigea une réponse qu'elle envoya sans tarder à Poudlard par hibou. La Beuglante qu'elle venait d'écrire arriverait pile pour le repas du soir.
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Harry et Ron venaient à peine de commencer à manger. La Grande Salle était pleine. Le dimanche soir, les heures d'ouverture et de fermeture étaient plus restreintes que le reste du week-end, obligeant ainsi les élèves à reprendre de bonnes habitudes pour la semaine de cours à venir.
Ils avaient vu Hermione qui arborait un petit sourire victorieux. Elle avait dû écrire sa lettre et l'envoyer à la mère de Ron. Ce dernier s'en moquait réellement. Il n'avait rien à craindre à ce sujet. Il avait déjà tout raconté à Molly. La seule chose que la rousse ignorait et que son fils lui cachait – sur demande expresse de Harry – c'était le statut de créature magique de son ami. Nouvelle qu'il ne révélerait que sur autorisation de ce dernier. Il tenait trop à leur amitié pour le trahir de la sorte et aimait bien ce rôle de confident que le brun lui conférait.
Toute la Grande Salle était occupée à manger tout en discutant, quand un hibou se laissa choir sans la moindre grâce dans la corbeille de pain, juste devant Hermione.
La jeune fille se figea en voyant l'enveloppe rouge sang attachée à la patte du volatile. Elle avait reconnu Errol, le hibou familial des Weasley. Mais cette missive ne lui était sans aucun doute pas adressée. L'animal devait encore avoir raté son atterrissage, ce qui expliquerait pourquoi il était là et non à l'autre bout de la table.
- Tu devrais la prendre, lui conseilla une petite Première Année en lui désignant la Beuglante.
- Ce n'est pas pour moi.
- Ton nom est écrit sur l'enveloppe.
Hermione cligna des yeux stupidement. Ce ne pouvait pas être vrai. Elle ne pouvait pas être la destinataire d'un tel courrier. C'était impossible.
Au moment où elle se leva pour fuir, sa voisine libéra le hibou de sa charge. Ce dernier s'empressa de quitter la Grande Salle. Il avait sans aucun doute compris qu'il était dangereux pour lui de rester là. Ce n'était pas la première Beuglante qu'il apportait et ça ne serait pas la dernière.
La gamine poussa vicieusement l'enveloppe près de Hermione. La Sixième Année n'eut pas le temps de se saisir du pli qu'une voix tonitruante et furieuse se fit entendre dans la Grande Salle.
« HERMIONE GRANGER,
COMMENT OSEZ-VOUS ? ! DE QUEL DROIT VENEZ-VOUS EXIGER DE MOI DE FAIRE LA MORALE À MON FILS ? ! JUSQU'À PREUVE DU CONTRAIRE, JE SUIS TOUJOURS SA MÈRE ! LA CONDUITE DE MON FILS NE VOUS REGARDE EN RIEN ! QUANT À AFFIRMER QU'IL EST RESPONSABLE DE TOUS LES MAUX, C'EST UNE CONDUITE INQUALIFIABLE ! J'EN ATTENDAIS PLUS DE VOUS ! VOUS M'AVEZ DÉÇUE ! SACHEZ QUE SI VOUS NE CHANGEZ PAS D'ATTITUDE ET QUE VOUS NE VOUS MONTREZ PAS PLUS OUVERTE D'ESPRIT, VOUS NE REMETTREZ PLUS LES PIEDS DANS MA MAISON ! Quant à toi, Harry, je serai toujours ravie de te compter parmi nous. »
Le parchemin s'enflamma brusquement. Hermione jeta un regard noir à Ron qui esquissa un petit signe de main. Elle s'en alla, humiliée et rouge de honte. La table des Serpentard était écroulée de rire comme tout le reste de la Grande Salle. Les professeurs souriaient et Rogue se demandait ce que la Miss-Je-Sais-Tout avait pu raconter à Molly Weasley pour la mettre dans un tel état. En tout cas, il donna mentalement quelques points à Gryffondor pour avoir remis cette impertinente à sa place. Pour un peu, il aurait applaudi.
- Tu vois, fit Ron à Harry. Cette fille n'a aucun scrupule à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Dans tous les cas, tu as la bénédiction de Maman pour venir passer Noël avec nous.
- Ça serait bien. Mais je dois voir avec Dumbledore. Je sens que si je demande, il va me forcer à aller chez les Dursley.
Il aurait été ravi d'aller au Terrier avec son ami, mais le directeur allait exposer, comme chaque année, les risques que comportait une telle entreprise.
- Tu veux que j'écrive une lettre à Maman ? Elle pourrait plaider ta cause à Dumbledore.
- Ça serait super, Ron, vraiment, mais... remarque, j'ai Sirius, fit-il pensif.
Il pouvait passer ses vacances au square Grimmaurd. La maison était protégée, il ne risquait pas grand chose.
- Sinon, si Dumbledore refuse, je n'ai plus qu'à rester à Poudlard.
Ça ne le dérangeait pas vraiment. Il était habitué à passer les vacances à l'école. Une année de plus n'allait pas faire grande différence.
- Si tu restes, je reste, lui fit Ron.
- Non, Noël c'est une fête de famille et...
- N'épilogue pas pendant cent sept ans, Harry. Si tu dois rester ici, je reste aussi ! Et ne discute pas !
Harry leva les mains en signe de reddition. Il avait presque eu l'impression d'entendre Hermione, mais se garda bien d'en faire mention à Ron. Il n'était pas question qu'ils parlent d'elle après ce qu'elle avait fait.
- Bon, Ron, ce n'est pas que je m'ennuie avec toi mais...
- C'est bon, j'ai compris. Tu préfères une autre compagnie que celle de ton meilleur ami, je retiens. Allez, file.
Harry s'enfuit, non sans adresser un petit sourire complice à son ami, et ne tarda pas à rejoindre Cormac. Il lui avait donné rendez-vous devant la Salle sur Demande.
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Le jeudi 31 octobre, Harry connut sa première dispute avec Cormac qui signa aussi sa rupture. Son partenaire voulait qu'ils se rendent ensemble au banquet, mais le succube n'avait pas voulu. Il n'aimait pas cette date et avait autre chose de prévu. Sirius l'avait invité à boire le thé et à passer la soirée chez lui. Le professeur se doutait que le jeune homme n'avait aucune envie de faire la fête, surtout ce soir-là. C'était l'anniversaire de la mort des Potter.
Mais pour le monde sorcier, c'était la mort de Voldemort, et ce jour était devenu fête nationale.
Harry se rendit compte que son amant était d'une jalousie extrême et que, malgré les règles, ce crétin s'était attaché à lui. Le succube lui avait clairement fait comprendre qu'entre eux, ce n'était ni plus ni moins que de la baise, mais Cormac avait compris autrement. En quelques jours, il avait considéré le Sixième Année comme son petit-ami officiel, ce qui n'était pas au goût de la créature magique.
Quand ce dernier lui avait annoncé qu'il ne pourrait venir et ne désirait pas venir dans la Grande Salle, McLaggen était presque devenu fou. Pire encore, il l'avait accusé de le tromper allègrement. Harry n'avait pas démenti. Oui, il était allé voir ailleurs. Il s'était laissé séduire par Dean qui l'avait presque supplié de faire une nouvelle tentative. Le succube n'avait pas dit non. Son camarade s'en était mieux tiré que la première fois et, Ô miracle, n'avait pas fini à l'infirmerie. Ce devait être dû à la potion revigorante qu'il avait avalée avant l'acte.
Il y avait également Eddie Carmichael qui lui faisait de l'œil. Le Serdaigle semblait moins pénible que Cormac.
Énervé par le comportement indécent de McLaggen, Harry mit fin à leur aventure. Il n'avait pas besoin d'un partenaire collant et jaloux au possible. Et il n'avait pas envie de traîner un tel boulet. Autant dire que le Septième Année ne l'avait pas bien pris, mais le succube s'en fichait royalement. Il avait été clair, l'autre n'avait pas suivi les règles, c'était donc tant pis pour lui.
Cormac voulut lui faire payer mais, une chance pour Harry, Sirius veillait sur son filleul et envoya le gardien en retenue jusqu'à la fin de l'année avec Rusard.
Dès le lendemain, Harry avait totalement oublié Cormac et se rapprochait de sa prochaine cible, à savoir Eddie le Serdaigle qui ne se montrait pas désintéressé, à en juger par les regards brûlants que le garçon lui envoyait.
Il n'y avait plus qu'à espérer que l'Aigle ne soit pas puceau. Harry n'avait pas envie de réitérer l'expérience Finch-Fletchey. Une fois lui avait suffit.
Alors qu'il mangeait, Harry vit un hibou se poser devant lui. Le message que lui délivra l'animal était fort succinct. Il était invité à se rendre dans le bureau directorial – encore une fois – pour le lendemain à la première heure. Le succube se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour mériter ça. Il n'avait aucune envie de finir à l'infirmerie après l'ingestion d'une potion. La dernière fois, il avait failli être empoisonné. Il savait maintenant que Rogue en voulait à sa vie, il en avait eu la preuve la dernière fois.
Il passa la journée à se demander ce qu'il avait bien pu faire pour susciter une telle invitation, et il n'avait pas trouvé.
Le lendemain matin, c'est en traînant des pieds que la créature se rendit au pied de la gargouille de pierre qui cachait l'escalier directorial. Il prononça le mot de passe – bubble gum – et monta les marches en colimaçon avant de frapper à la porte.
Il entra après y avoir été autorisé et s'arrêta.
Ce n'était pas Severus Rogue qui l'attendait, comme la dernière fois, mais Sirius. Harry se douta soudain du sujet de conversation : ses vacances. Il sentait gros comme un dragon qu'il allait devoir rester ici ou alors retourner chez les Dursley. Pour cette deuxième option, c'était hors de question ! Il ne voulait pas et n'irait pas !
- Mon garçon, installe-toi, je t'en prie, fit le directeur bonhomme en désignant un des deux fauteuils devant son bureau. Un thé ? Un croissant ? Je me doute que, vu l'heure, tu n'as pas encore pris ton petit-déjeuner.
Harry, lorsqu'Albus mentionna le thé et les croissants, sentit son estomac se mettre à gargouiller. Sa nuit avec Eddie avait été agitée et, comme on dit, le sexe, ça creuse. Alors oui, il avait faim.
- Du thé et un croissant, ce serait parfait, Monsieur. Merci.
Il se retrouva avec une tasse bien chaude d'un thé au citron. Ce n'était pas son breuvage favori mais il s'en contenterait s'il rajoutait un peu de sucre. Il dévora avec avidité sa viennoiserie et but le contenu de sa tasse avant de la reposer sur le bureau.
Sirius n'avait pas dit un mot ni bougé d'un pouce. C'était à se demander s'il respirait.
- Puis-je demander ce que je fais là ? risqua Harry.
- Mais bien entendu mon garçon, lui répondit Dumbledore. C'est au sujet de tes vacances. Chaque année, tu restais à Poudlard mais, comprends que cette année, ce ne sera pas possible.
- Pour quelle raison ?
- Ta nouvelle condition nous pose quelques problèmes... mineurs, je te l'accorde, mais nous avons d'autres soucis. Poppy passe les fêtes en famille, hors de Poudlard. Elle sera injoignable, donc en cas de problèmes, nous sommes impuissants.
Harry fixa le directeur, choqué.
- Mais... quel est le rapport avec moi ?
Albus eut l'air gêné et Harry ne mit guère de temps avant de comprendre de quoi son directeur pouvait bien parler.
- Ah oui. Je comprends.
- J'en suis fort aise, mon garçon. Pour pallier ça, je te propose plusieurs lieux de villégiature.
Ce fut à ce moment que Sirius se « réveilla ». C'était à croire qu'il avait été dans une bulle de silence depuis le début de la conversation. Ça pouvait expliquer pourquoi il n'avait pas demandé plus d'éclaircissements quant aux sous-entendus du directeur.
- Nous avons le Terrier, Privet Drive ou Square Grimmaurd. Avant que tu ne me donnes ton choix, sache que le Terrier est bien moins protégé que les deux autres, mais c'est une option que je ne peux pas écarter. Molly Weasley tient apparemment beaucoup à ce que tu passes les vacances chez elle. Mais crois-tu vraiment qu'avec ta nouvelle condition, ce soit une bonne chose ?
Sa nouvelle condition... Harry se mordit la lèvre. Il n'y avait pas pensé. Il ne savait pas ce qu'un sevrage allait lui faire. Car ce n'était pas à Privet Drive, avec son cousin qui allait le suivre comme son ombre, qu'il trouverait un amant. Ce n'était pas non plus au Terrier, et Harry respectait bien trop la famille Weasley pour se permettre de sauter – attiré ou non – sur tous les mâles présents. Il ne lui restait plus que le Square Grimmaurd.
- Je... Je pense que le Square serait une bonne solution, admit Harry après réflexion.
- C'est ce que je me disais également.
Harry entendit un soupir de soulagement émaner de son voisin. Il tourna les yeux vers son parrain.
- Je voulais que tu viennes mais je n'osais pas te demander. Je préférais que tu sois avec tes amis.
- C'est stupide Sirius, répliqua doucement Harry. Tu m'aurais demandé, j'aurais dit oui. Je serai ravi de passer les fêtes avec toi.
Quand Harry retrouva Ron quelques heures plus tard, il lui raconta l'entrevue avec Dumbledore et Sirius. Son ami parut déçu de ne pas l'avoir pendant les vacances au Terrier, mais quand le brun lui exposa les raisons de son choix, il ne put qu'approuver.
- Je n'ai plus qu'à écrire à Maman pour lui expliquer la situation, que ton parrain a le privilège de t'avoir. Elle comprendra, ne t'en fais pas. Tu me raconteras tes vacances à la rentrée et puis... ce n'est pas comme si tu étais injoignable.
- Parfaitement.
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Durant le mois qui précéda les vacances de Noël, Harry profita des week-ends à Pré-au-Lard pour acheter ses cadeaux pour les Weasley. Chaque année, il avait le droit à un pull et des fondants au chaudron maison, il se devait d'offrir quelque chose en retour.
Cette année, il ne prévit rien pour Hermione, n'en voyant pas l'utilité. Leur amitié était belle et bien détruite. La jeune fille avait tenté de monter la maison Gryffondor contre eux, arguant qu'ils n'étaient que des sodomites répugnants qui pratiquaient l'inceste. Autant dire que Ron avait été plus que furieux et n'avait pas mâché ses mots en parlant à la brune.
Il lui avait clairement dit qu'elle devait apprendre à ouvrir les yeux. Elle se serait rendue compte qu'elle était stupide et totalement aveugle. N'importe quel abruti savait que la relation entre Harry et Ron n'était qu'une saine amitié et qu'il n'y avait jamais rien eu d'autre. Leur couple n'avait été qu'une mascarade. Et que sa mère était au courant de toute l'histoire.
Autant dire que Hermione avait été outrée et plus humiliée encore.
Quand décembre arriva enfin, Harry et les Sixième Année croulaient sous les devoirs et les contrôles. Les entraînements de Quidditch lui prenaient une bonne partie de ses samedis matins et il passait son temps à travailler, l'obligeant à décompresser le soir.
Ils travaillaient beaucoup avec Ron, contrairement à ce que Hermione avait dit. Elle avait tout de même réussi à leur apprendre à s'organiser. Mais le rythme s'intensifia fin novembre.
Harry épuisait son amant, il lui en demandait toujours plus. Eddie avait dû commander plusieurs potions revigorantes et avait poussé le succube à se satisfaire ailleurs à plusieurs reprises. Dean répondait toujours présent. Il se doutait qu'il n'était qu'un amant occasionnel mais bon, peu lui importait. Il avait ce qu'il voulait et Harry aussi.
Peu de jours avant les vacances, Harry et Eddie mirent fin à leur relation d'un commun accord. Le jeune Serdaigle s'était mis à sortir avec Justin Finch-Fletchey et il voulait être fidèle à son petit-ami, ce que Harry ne lui reprochait pas le moins du monde.
Le succube dût donc se rabattre sur Dean. Ce dernier était ravi de redevenir l'amant exclusif – jusqu'au prochain – de Harry. Le métis s'était amélioré au lit. Grâce aux potions revigorantes de l'infirmerie, il parvenait à coucher avec le brun plusieurs fois au cours de la nuit mais avait toujours du mal à se lever le lendemain.
Les vacances n'allaient pas tarder à arriver, et Harry aurait tout le temps de trouver quelqu'un d'autre de plus endurant par la suite.
À suivre
Je sais, certains trouveront ce chapitre rapide, mais c'est une transition, on peut dire ça comme ça.
