Bêta : Archimède (mon hibou chou)

Bêta-soutien : Mandala7338 (ma bichette d'amour)

Bêta-co-auteuse : Mirabelle31 (ma carte-maman adorée)

Note : je sais que certains et certaines ont été plus que surpris, voire dérangés par le chapitre (parfois les chapitres) précédents. Je vais m'expliquer, du moins tenter de m'expliquer sur ce choix. Harry a semblé sans le moindre sentiment quand il rompt avec ses amants. C'est parce qu'il n'en éprouve aucun, du moins aucun sentiment amoureux ou affectif, sauf pour ses proches. Ses amants ne sont ni plus ni moins que des - je vais être crue - objets qu'il utilise. Quant au peu de réactions d'Harry... vous verrez que le succube peut l'influencer grandement. Et Blaise... le terme employé est certes atroce, mais le succube n'est pas une P.U.T.E, loin de là. En effet, si c'en était une, il ferait ça toute la nuit et serait payé. N'oubliez pas qu'ils ont 16-17 ans et qu'à cet âge, on a tous été un peu (beaucoup) francs, voire insultants.

À partir de ce chapitre, on entre dans une autre partie. J'avais prévenu que la rencontre entre Severus et Harry aurait bientôt lieu. Eh bien, voilà. Mais vous vous doutez bien que leur mise en couple... ça ne sera pas pour tout de suite.

S'il reste des fautes, mea culpa *implore votre pardon à genoux*

Merci à Babylon, Elo (ne t'inquiète pas :)) ankana87, Oj24, nepheria4 pour vos reviews anonymes. J'espère avoir répondu à tout le monde.

Petite précision : «italique» : lettre et italique : rêve


Chapitre 9

La fin de l'année scolaire se passa sans heurts pour Harry. Blaise et lui étaient toujours en couple et ne semblaient pas prêts de se séparer. Il faut dire que le noir n'avait aucune envie de voir s'échapper le Gryffondor, alors il faisait son possible pour satisfaire le succube qui était, sans le moindre conteste, insatiable. Il en demandait toujours plus, n'hésitant pas à exiger, en plus des nuits torrides dans la Salle sur Demande, des séances en pleine journée.

Ça n'était pas arrivé souvent mais Blaise s'en rappelait. Ils avaient fait ça le plus souvent dans des couloirs déserts, allant parfois dans les serres. Combien de fois le noir avait cru qu'ils allaient se faire prendre ? Probablement à chaque fois. Mais si le Serpentard avait eu cette peur, ça n'avait pas été le cas pour Harry. La créature avait paru plus fougueuse encore si c'était possible. À croire que le Gryffondor n'aurait pas été gêné de se donner en spectacle devant toute l'école.

Harry et Blaise convinrent le dernier jour de s'écrire et de se voir assez régulièrement. Le jeune Zabini avait affirmé qu'il serait sur Londres au moins durant le mois de juillet. Son amant, logé chez Sirius, pourrait ainsi venir le retrouver assez facilement.

Le parrain de Harry avait sommé Albus d'accepter que le jeune homme passe les congés d'été au Square Grimmaurd. Le directeur n'avait pu qu'accepter, le succube serait plus en sécurité là-bas qu'à Privet Drive où sa famille moldue ne pourrait rien faire en cas de problèmes.

Les premiers jours, Harry ne demanda rien à personne, mais lorsqu'il ressentit le même état de manque qu'à Noël, il n'hésita pas à aller voir Remus. Le loup garou avait emménagé dans la demeure ancestrale des Black depuis peu. Il avait réussi à trouver un appartement à Londres, mais Sirius lui avait ordonné de venir s'installer Square Grimmaurd lorsqu'il avait vu l'état de l'habitation. Le loup garou n'avait pas les moyens de se payer autre chose qu'une piaule miteuse. Les lycanthropes ne trouvaient pas facilement de travail dans le monde sorcier à cause de leur maladie, ni dans le monde moldu à cause de leurs absences inexplicables au moins trois jours par mois.

Quand il chercha Remus, Harry ne mit guère de temps à le trouver. L'ami de ses défunts parents passait la plupart de ses journées dans la bibliothèque à la remettre en état.

- Remus ? appela-t-il en entrant.

Remus n'eut pas besoin d'explications quant à la présence de Harry ici. En voyant le jeune homme, mal à l'aise, et les cernes qui commençaient à apparaître sous ses yeux, nul doute que le succube commençait à être en manque.

- Accorde-moi une heure et je t'emmène sur le Chemin de Traverse.

Harry se mordit la lèvre, le Chemin de Traverse n'était pas là où il voulait se rendre. Il avait rendez-vous avec Blaise à Londres. Ils n'avaient eu de cesse de s'écrire depuis le début des vacances et le noir avait émis le désir de le revoir, lui proposant même un lieu de rendez-vous.

- Ça serait possible d'aller au 43, Chalton Street ?

- Pourquoi cette adresse en particulier ?

- C'est... comment dire ?... Heu... mon... copain séjourne là-bas. Son cousin est en affaires avec des moldus, il a un appartement à Londres et il le prête à mon... copain.

- Ton copain ? releva Remus amusé. Il a un nom ce copain ?

Harry rougit. Qui sait comment Remus allait réagir en apprenant que c'était Blaise Zabini ?

- Laisse-moi deviner, Serpentard ?

- Oui, bredouilla Harry d'une toute petite voix.

- Lequel ?

- Zabini.

Remus eut un temps de silence avant de hausser les épaules.

- J'espère que le fils n'est pas comme la mère.

- Je ne compte pas l'épouser, juste...

- Je vois, l'interrompit Remus en levant précipitamment la main pour ne pas l'entendre finir sa phrase. Une heure et je t'accompagne chez lui.

- D'accord. Et pour Sirius ? s'enquit le brun juste avant de sortir.

Harry n'avait pas la moindre envie de mettre son parrain au courant de sa situation. Il ne voulait pas voir le regard suspicieux de Sirius si le jeune homme venait à lui apprendre qu'il avait besoin de sortir assouvir ses fantasmes. C'était déjà assez gênant d'en parler à Remus.

- Tu devrais aller le voir et lui expliquer.

- Heu... je doute que ça soit une bonne idée, Remus. Il va vouloir savoir et je n'ai pas très envie de lui dire.

- Écoute, Harry, je peux comprendre que ça soit gênant, mais Sirius est ton parrain et il a le droit de savoir.

- Je sais, Remus. C'est juste que... c'est gênant.

- Va le voir tout de même, lui ordonna presque Remus. Sinon, on ne part pas.

Résigné, Harry soupira néanmoins et partit à la recherche de son parrain. Il ne tarda pas à le trouver dans sa chambre, penché sur son bureau.

- Sirius ?

Un juron lui répondit alors que Sirius venait de raturer son parchemin d'un grand trait en sursautant.

- Tu m'as fait peur, s'exclama-t-il en se remettant de sa surprise. Tu as un problème ?

- Heu... fit Harry dans l'encadrement de la porte.

Il entra un peu plus dans la chambre et s'assit sur le lit, mal à l'aise. La conversation qu'il allait avoir avec son parrain l'angoissait un peu.

- Oui, j'ai... comment dire ? bafouilla-t-il. J'ai un souci.

- De quel ordre ?

Sirius quitta son bureau et vint s'asseoir à côté de son filleul, inquiet. Harry n'avait pas l'air bien depuis quelques jours, un peu comme la première semaine des vacances de Noël. L'homme se souvint de la discussion qu'il avait eue avec Remus à cette période. S'il devinait la teneur de la conversation qui allait suivre, il voulait l'entendre de la bouche du jeune homme.

- D'ordre... sexuel, marmonna Harry, rouge écrevisse.

Le professeur serra les dents mais ne dit rien. Il ne voulait pas connaître la vie sexuelle du fils de son défunt ami. Il en connaissait une partie après avoir entendu des bruits de couloirs – tout se savait à Poudlard et ce genre d'informations ne demeurait pas secret bien longtemps.

- Mais encore ?

Il avait beau s'être renseigné un maximum sur les succubes, il en découvrait toujours davantage avec Harry. Comme quoi, les livres ne disaient pas tout ou édulcoraient certaines choses. À croire que le sujet ne s'épuiserait jamais. Il savait que le brun était en manque. Ça se voyait à son regard terne, à ses cernes noirs, à son teint pâle et à son manque d'appétit. Mais, encore une fois, il voulait l'entendre de la bouche de la créature.

- Je dois vraiment le dire ? se plaignit Harry.

- Oui, Harry, tu dois vraiment le dire.

Le garçon leva les yeux au plafond, mortifié à l'idée d'avouer à son parrain qu'il était en manque de sexe et qu'il allait coucher avec un Serpentard. Sirius allait le tuer avant même qu'il ait le temps de finir sa phrase.

- Je ne te jugerai pas, Harry, tenta Sirius.

Mais ça ne rassura pas vraiment le Gryffondor. Cela dit, il n'avait pas le choix et le regard bienveillant de son tuteur le poussa à se confier.

- J'ai besoin de sexe, Sirius. Je suis en manque, lâcha-t-il sans plus chercher à réfléchir.

- C'est bien ce que je pensais, fit Sirius en soupirant.

Il avait beau le savoir, l'entendre l'avait fait frissonner d'effroi. Son filleul se faisait sauter – il n'y avait pas d'autre terme – et Sirius ne voulait pas l'admettre. Pour lui, Harry était encore le petit bébé de un an qui faisait des bulles avec sa bouche, ou encore l'adolescent de quatorze ans rougissant dès qu'on lui parlait de sexe. Il savait qu'il devait voir le jeune homme comme un adolescent de presque dix-sept ans, sexuellement actif et succube de surcroît, mais il n'y arrivait pas.

Une heure plus tard, Remus et Harry venaient d'arriver au Chaudron Baveur par poudre de Cheminette, et sortirent de l'établissement pour se rendre dans le Londres moldu. Harry avait réussi à trouver un plan et à retrouver Chalton Street. Ce n'était pas très loin de la gare de Kings Cross. Ils en avaient pour une bonne demi-heure à pied.

Sur le trajet, ils devisèrent de tout et de rien et ne virent pas vraiment les minutes défiler. Ils arrivèrent au pied de l'immeuble où logeait Blaise.

- Je te laisse là, fit Remus. Quand tu auras fini, rejoins-moi à la librairie devant laquelle nous sommes passés en venant.

- Laquelle ? Celle sur Tottenham Court Road ?

- Celle-là, oui. Deux heures, ça devrait aller, non ?

- Je préfère ne pas donner d'heure...

Qui sait pour combien de temps ils en auraient. Harry avait besoin de se ressourcer auprès de son amant, il pourrait avoir fini en trente minutes – mais ce n'était guère possible – ou en une soirée.

- Je vois. Bon, prends ton temps et... amuse-toi bien.

Malgré la bonne humeur qu'il affichait, Remus n'était pas aussi tranquille que ça. Quelle personne saine d'esprit emmènerait un adolescent chez un autre juste pour se faire culbuter ? L'homme se faisait la désagréable impression d'être un proxénète qui conduisait ses garçons chez les clients. Mais il n'était pas question d'argent et Harry était une créature magique. C'était ce que Remus se répétait encore et encore pour se rassurer.

Il frissonna de dégoût et tourna les talons une fois Harry entré dans le bâtiment.

Malgré sa répugnance, Remus accompagna le jeune homme à chaque fois que ce dernier en faisait la demande, soit environ tous les trois jours durant tout le mois de juillet. Sirius faisait en sorte d'être absent quand Harry avait ses « besoins », ne voulant pas savoir ce que son filleul faisait avec son corps. Il laissait à son ami le soin d'accompagner et de récupérer le succube, car il estimait qu'entre créatures, ils pouvaient se comprendre.

C'était lâche de sa part, mais pour sa santé mentale, il valait mieux laisser gérer son meilleur ami.

0o0

« Harry,

Mère a décidé que nous allions partir en vacances en Toscane. Nous y resterons tout le moins d'août. Je lui ai demandé si je pouvais emmener quelqu'un, mais elle a décrété que c'était un voyage familial. Tu penses bien que je suis déçu de savoir que tu ne pourras pas venir, mais j'espère que nous pourrons reprendre dès la rentrée. Crois-moi, tu vas me manquer atrocement.

J'ose espérer que tu ne vas pas me remplacer de sitôt, cela m'attristerait.

Je te souhaite de bonnes vacances et un bon anniversaire avec un peu d'avance. Nous partons demain.

Je t'embrasse,

Blaise.

PS : le cadeau te sera utile. »

Harry replia le parchemin, les sourcils froncés. Il ne s'était pas attendu à ce que Zabini parte en vacances. Ce n'était pas prévu. Il soupira, il venait de perdre un amant fabuleux, en trouver un autre à sa hauteur ne serait pas une tâche facile.

Il reporta son attention sur le parchemin puis sur le colis qu'une chouette lui avait délivré un peu plus tôt. Lentement, il déchira le papier et rougit en voyant la couverture animée du livre. La version sorcière du Kâmasûtra gay. D'une main tremblante, il osa ouvrir l'exemplaire et sentit son visage le chauffer. Zabini était un pervers. Harry était sûr que pour certaines positions, il fallait être soit confirmé, soit très souple tant elles paraissaient... complexes, voire impossibles. Mais pourquoi le Serpentard lui avait envoyé un truc pareil ? Il se le demandait.

Il se hâta de refermer le bouquin et de le ranger à l'abri dans sa malle. Personne n'irait fouiner là-dedans.

L'absence de Blaise ne lui convenait pas le moins du monde. Dans quatre jours, c'était son anniversaire et, mine de rien, durant ce laps de temps, il aurait peut-être besoin de sexe. Il ne pouvait pas se masturber, il n'avait pas osé réessayer. Il n'avait pas envie de revivre cet épisode où il avait sauté sur Terence pour baiser. Quoiqu'il n'aurait pas dit non mais le jeune Pucey n'était pas joignable. Harry lui avait envoyé une lettre au début des vacances et son courrier lui avait été renvoyé non ouvert.

Les quatre jours précédant son anniversaire, Harry les passa à retaper la maison avec son parrain et Remus. Il oubliait de penser au sexe, le travail l'épuisait et il s'endormait sitôt la tête posée sur son oreiller. Il était tellement fatigué qu'il ne souvenait pas de ses rêves érotiques. Seul son pyjama poisseux était la preuve que la nuit avait été chaude.

La nuit du trente au trente-et-un juillet, ses rêves osés changèrent du tout au tout.

Harry sentit une langue mutine lécher son torse et s'arrêter de temps à autre sur ses tétons hypersensibles. Il haleta alors que la main de Blaise caressait doucement ses testicules, l'autre pinçant le second mamelon. Le succube poussait des râles et ses propres mains cherchaient à s'agripper au corps de son amant.

Son sexe était tendu au possible et menaçait d'exploser si Blaise ne faisait rien. Il hurla soudain quand la bouche du noir engloutit sa virilité entièrement. Oh oui, c'était bon. Ses doigts se perdirent dans les cheveux sombres et crépus du Serpentard qui léchait la hampe comme s'il s'agissait d'une sucette particulièrement délicieuse.

- Blaise, je t'en prie...

Zabini lâcha enfin la verge du Gryffondor et remonta au-dessus du corps de son amant.

- Tu veux quoi ? Petit Lion.

La réponse de Harry se transforma en gargouillis inaudibles alors que la langue douée de Blaise se perdait au creux de son cou.

- Répondez, Potter, que voulez-vous ?

Harry haleta en entendant cette voix qui l'avait poursuivi durant six longues années, en le houspillant, devenir enchanteresse à ses oreilles. Quand son amant se redressa et réapparut dans son champ de vision, le Gryffondor couina en voyant son professeur de Potions, nu comme un ver, allongé sur lui.

Au lieu d'avoir peur comme il aurait dû, Harry se sentit plus excité encore. Le visage froid et inexpressif de Rogue était doux et souriant. Malgré lui, le succube leva la main et caressa la joue douce de l'homme. Celui-ci fondit sur ses lèvres et les dévora consciencieusement. Le petit brun gémit fortement et le serra dans ses bras, pour profiter de la chaleur du corps posé sur le sien et pour approfondir le baiser. La langue habile de son enseignant glissa entre ses lèvres et alla taquiner celle de Harry qui se laissa faire avec le plus grand plaisir.

Quand Severus se détacha enfin de lui, Harry eut soudain froid. Il gémit et pleurnicha presque de la perte des lèvres si douces de son compagnon.

- Je vous ai posé une question, Potter, que voulez-vous que je vous fasse ?

En posant sa question, il frôla le sexe tendu de Harry qui hurla et écarta plus encore les cuisses.

- Prends-moi, sanglota-t-il en cherchant à approfondir le contact de cette main sur son érection. S'il te plaît !

Severus se redressa entièrement, faisant fi des bras tendus de Harry qui cherchait désespérément à le retenir, et s'assit, adossé à la tête de lit.

- Alors venez.

Harry se rua sur son compagnon, avisa l'érection et s'empala dessus en gémissant de plaisir. Avec ce sexe au fond de lui, il eut pour la première fois l'impression d'être enfin entier. Severus l'attira à lui et commença à le pilonner sans relâche, maltraitant sa prostate à chaque coup de butoir, tout en le serrant dans ses bras.

Le succube chercha la bouche de son compagnon et agrippa les épaules de Severus. Leurs dents s'entrechoquaient mais ils ne rompirent pas le baiser.

Le rythme s'intensifia soudain, et Harry se cambra en arrière, les ongles plantés dans la chair tendre de son amant.

Au moment où il se tendit et jouit, deux ailes membraneuses sortirent soudain. Severus ne tarda pas à le suivre dans son orgasme.

Harry se réveilla en sursaut, hurlant de plaisir. Quand il ouvrit les yeux, il était tout seul dans sa chambre. D'un geste de baguette, il éclaira la pièce et se rallongea. Son pantalon de pyjama était poisseux mais ça ne l'étonnait pas. Dans son rêve, il avait pris un pied d'enfer. Ça avait été la première fois qu'un songe avait été aussi plaisant. Il ressentait encore cette sensation de plénitude et d'entièreté qui l'avait pris au moment où son amant l'avait pénétré.

Avant qu'il n'ait le temps de se remémorer les traits du visage de son partenaire, la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement sur Sirius et Remus, tous les deux débraillés et le visage bouffi de sommeil, baguette en main.

- Harry ? Tu vas bien ? s'enquit Sirius tandis que Remus inspectait la pièce.

- Heu... oui, répliqua le jeune homme, la voix rauque d'avoir hurlé. Il y a un souci ?

Il était surpris de la présence des deux hommes dans sa chambre.

- Tu as hurlé comme un dément, on a eu l'impression que tu te faisais attaquer.

Dire que Harry était étonné serait un euphémisme. Il regarda son parrain et le lycanthrope, les yeux écarquillés. Lui, crier ? Se faire attaquer ? Non. Enfin si, il avait peut-être hurlé mais c'était de plaisir. D'ailleurs, il avait joui comme jamais.

- Heu... non. J'ai... j'ai juste fait un... cauchemar ?

Il ne pouvait décemment pas dire qu'il venait de faire l'amour de façon onirique avec quelqu'un et qu'il avait adoré, ça tuerait Sirius et le jeune homme ne pouvait pas dire une telle chose.

Les deux hommes se regardèrent, suspicieux. Avaient-ils compris qu'il mentait ? Peut-être. Il n'était pas assez réveillé pour inventer une excuse plausible. Néanmoins, Sirius et Remus hochèrent la tête et quittèrent la chambre, laissant un Harry seul.

Il se laissa retomber sur son oreiller et ferma les yeux pour repenser à son rêve. Merlin, aucun de ceux qu'il n'avait fait avant, n'avaient été aussi brûlants que celui-là.

Il redessina le visage et le corps de son amant dans sa mémoire. Au souvenir de cette nuit onirique, le sexe de Harry se durcit. Il se hâta de se débarrasser de son bas de pyjama souillé de sperme et parfaitement inconfortable. Il eut une brève réminiscence et se vit, un an auparavant faire la même chose après un rêve particulièrement suggestif. Le premier d'une longue série.

Sa main se posa sur sa verge et la massa doucement. Les yeux fermés, il repensa à son compagnon – il pouvait l'affirmer, il se rappelait parfaitement avoir vu ses ailes sortir – et haleta.

Lorsque les traits typiques de Rogue se dessinèrent dans son esprit, il accéléra le rythme. Au souvenir du pilonnage qu'il avait subi, il se tendit et éjacula avant de retomber sur le matelas, la respiration erratique.

Au moment où la jouissance l'emporta, il se fit la réflexion stupide qu'il était étonnant qu'il parvienne à jouir en se masturbant. Il n'avait pas réussi depuis qu'il avait couché avec Dean l'année précédente, et maintenant il pouvait ?

Il ne comprenait plus rien.

Et puis il prit conscience qu'il venait de se masturber en pensant à son professeur. Il n'avait pas pu faire une telle chose, n'est-ce pas ? ! Pourtant, la preuve était là, sur sa main et sur les draps. Plus grave encore, Harry avait bel et bien vu ses ailes se déployer alors qu'il jouissait, pénétré par Rogue.

Le jeune homme se tapa plusieurs fois la tête contre le montant du lit. L'image de Rogue ne voulait pas le lâcher. Et plus il y pensait, plus son sexe reprenait vie.

La vraie question était : pourquoi Rogue avait-il pris la place de Blaise ? Harry n'avait jamais pensé coucher avec cet homme, il n'avait jamais voulu l'imaginer. Pour lui, l'homme avait toujours été asexué, l'idée même qu'il puisse se reproduire le révulsait.

Pourtant, maintenant qu'il y pensait... Non, il devait reléguer ces idées au plus profond de lui. Il était en manque, voilà pourquoi il avait rêvé de la chauve-souris des cachots.

Rasséréné, Harry se rallongea et ferma les yeux. Rogue n'était pas son compagnon et ce n'était qu'un rêve.

Il se rendormit et ne se réveilla qu'en milieu de matinée, parfaitement reposé et détendu. Ça faisait quatre jours que ça ne lui était pas arrivé mais il ne se demanda pas pourquoi. Quand il arriva dans la cuisine, Sirius lui sauta dessus en lui souhaitant un bon anniversaire. Et Harry se figea.

C'était son anniversaire ? Alors cette nuit... c'était la réception de la deuxième partie de son héritage ? Donc ce rêve... Le succube jubilait ! Il venait de trouver son compagnon ! Il l'avait découvert !

Le sorcier, en revanche, n'exultait pas vraiment lorsqu'il comprit ce que ce rêve signifiait.

- Ô Merlin tout puissant ! marmonna Harry en se tapant le front contre la table.

S'il avait rêvé de Severus Rogue... il n'était pas en manque, n'est-ce pas ? Il... Non ! Rogue ne pouvait pas être son compagnon ! Ce n'était tout simplement pas possible ! Il refusait d'y croire !

- Harry ? Tout va bien ? lui demanda innocemment Remus, plus amusé qu'inquiet.

Il avait senti les effluves de sperme dans la chambre du jeune homme. La nuit avait été bouillante mais sans aucun doute frustrante pour le succube. Et ce hurlement... ce n'était pas un cauchemar comme l'avait dit Harry, ce devait être son rêve.

- Oui, fit le jeune homme en se redressant.

- Dix-sept ans, chantonna Sirius, tu es majeur.

Il posa devant son filleul des croissants tout chauds et lui servit un grand bol de café, accompagné d'un jus de citrouille bien frais. Harry n'était pas dupe, son parrain avait quelque chose à lui demander.

- Dis-moi mon grand ? commença l'homme avec un sourire machiavélique. D'après ce que je sais, c'était cette nuit la réception de ton héritage...

Remus lui administra un coup de pied sous la table. Merlin, Sirius manquait cruellement de tact et de savoir-vivre. Jamais il n'aurait dû demander une telle chose à Harry. Surtout qu'en voyant le succube rouge écrevisse, ce dernier ne devait pas être à l'aise du tout. Connaissant l'hurluberlu qui lui servait d'ami, il allait mettre les pieds dans le plat.

- Et ? demanda timidement Harry.

- Un succube sait le jour de son dix-septième anniversaire qui est son compagnon.

- Et ?

- Tu dois le savoir non ? Tu ne veux pas nous dire qui c'est ?

Harry préféra entamer son bol de café pour ne pas répondre à la question. La réponse ne le satisfaisait pas et tuerait Sirius.

- Au fait, fit soudain Remus pour changer de sujet, Severus passera d'ici quinze jours pour m'apporter une potion pour la pleine lune.

Harry recracha son café en entendant que Rogue devait venir. Ce n'était définitivement pas une bonne idée. Le succube en lui jubilait, mais lui était mort de trouille à l'idée de se retrouver face à son compagnon. Qui sait comment ce dernier allait bien pouvoir se comporter.

D'autant que la veille encore il le détestait.

Changer aussi vite de comportement envers un homme n'était pas normal. Si ? Une petite voix dans sa tête lui répétait inlassablement que Rogue était son avenir, qu'il serait plus que parfait pour lui, qu'il n'avait pas à s'inquiéter, que le professeur craquerait, qu'il serait à lui.

Cela dit, Harry était tout de même terrifié parce qu'il était le compagnon de la terreur des cachots. Même si son côté succube l'acceptait totalement, lui avait du mal – pour ne pas dire qu'il refusait cette éventualité – et il était quasiment certain qu'il finirait en ingrédient de potions avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch. Alors de là à tenter de lui parler pour lui apprendre la vérité... Jamais, il tenait à la vie.

- Je me disais aussi que je faisais bien de vous prévenir, affirma Remus en jetant un regard dégoûté à Sirius et Harry qui en avaient mis partout rien qu'en entendant le prénom de Rogue.

Son ami s'étouffait littéralement avec une miette de pain qu'il tentait déloger en toussant comme un perdu.

- Harry, par Merlin, tu as quel âge ? Trois ans ? On t'a appris à ne pas jouer avec la nourriture !

- Pardon Remus, bégaya le jeune homme en se hâtant de se lever pour nettoyer les dégâts.

- Harry ? l'appela Remus.

- Oui ?

- Tu as dix-sept ans, tu peux utiliser la magie.

- Ah oui, c'est vrai, rigola nerveusement le jeune Potter en tirant sa baguette de sa poche.

Il fit disparaître le café et se resservit un bol qu'il but sereinement malgré son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine. Merlin, Rogue allait venir. Il ne cessait de se répéter cette phrase dans sa tête et, plus d'une fois, il faillit recracher le breuvage. Ces quinze prochains jours allaient être tendus.

Il se rendit compte les jours suivants qu'il avait eu raison de penser une telle chose. Ses rêves le mettant en scène avec Severus étaient de plus en plus osés, la faute au livre que Blaise lui avait offert. Il s'imaginait dans des positions toutes plus acrobatiques les unes que les autres à la plus grande joie du succube, et se réveillait poisseux et à la fois aussi satisfait que frustré.

Harry avait essayé d'aller voir ailleurs, vérifiant ainsi si Severus était bel et bien son compagnon – un succube ne pouvait pas être infidèle, même avant d'être lié – mais il n'avait pas pu, au plus grand étonnement de Remus qui lui en avait fait part lorsqu'ils étaient partis faire les courses pour la rentrée, sur le Chemin de Traverse.

- Harry, cinq ou six personnes t'ont regardé et c'est comme si tu ne les avais pas vues.

- Ah.

- Tu as trouvé ton compagnon, c'est ça ?

Remus voulait obtenir quelque chose de lui, Harry en était certain. Il soupira.

- Tu le sais, Sirius m'avait posé la question le jour de mon anniversaire, Remus. Tu lui as même donné un coup de pied.

- C'est vrai. J'avais oublié, mentit le lycanthrope avec un rire en voyant Harry secouer la tête, blasé. Tu ne veux toujours pas me dire de qui il s'agit ?

- Non, crois-moi, je préfère garder ça pour moi.

- Tu sais, je ne juge pas.

- Je suis au courant Remus. C'est gentil, mais je ne suis pas prêt à te le dire. Je ne l'accepte pas encore, alors en parler...

C'était la stricte vérité. Il avait encore du mal, mais la créature s'ingéniait sans cesse à lui montrer qu'il serait heureux avec Severus.

Remus hocha la tête. Si le compagnon était gentil, Harry leur aurait dit de qui il s'agissait sans le moindre problème. Apparemment, ce n'était peut-être pas le cas.

- Le succube en moi l'accepte mais moi... disons que je sais que je serai heureux mais... c'est dur à expliquer.

- Je pense que je peux comprendre, mon grand, tu n'as pas à t'en faire.

Ils se turent en arrivant devant la librairie Fleury et Bott. Harry repéra dans la foule des têtes rousses et fendit la marée humaine, après avoir fait signe à Remus, pour retrouver ses amis. Il y eut à peine le temps de saluer son meilleur ami. qu'il fut attiré dans une étreinte tentaculaire signée Molly Weasley. La mère de Ron était ravie de revoir le jeune garçon. Elle le détailla avec attention d'un œil critique et le relâcha, sans doute satisfaite. Il avait l'air d'aller bien malgré un teint un peu pâle.

Harry passa l'après-midi avec ses amis. Ils rendirent visite aux jumeaux Weasley qui avaient ouvert une boutique de Farces et Attrapes sur le Chemin de Traverse : Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux. Le Gryffondor visita également l'animalerie afin d'acheter de la nourriture pour sa chouette Hedwige. Il renouvela son stock d'ingrédients de Potions et faillit avoir une érection en plein magasin en pensant à Severus.

Il n'allait jamais tenir l'année. S'il se mettait dans cet état pour une simple pensée, il n'osait imaginer ce que ça serait pendant les cours. Harry était certain qu'il suffirait d'un regard pour qu'il jouisse dans son pantalon.

Il redoutait le jour où Rogue allait venir apporter la potion à Remus. Il avait envie de le voir mais ne voulait pas. Il avait peur de passer pour un crétin ou de faire une bêtise qui lui vaudrait une réplique cinglante.

Ses nuits étaient peuplées de Severus dans toutes les positions, sous toutes les coutures, acceptant la moindre de ses envies. Une fois, Harry s'était même fait la réflexion qu'il aurait bien voulu savoir si son professeur était aussi souple en vrai que dans ses rêves.

0o0

Trois jours avant la pleine lune, Harry était inexplicablement tendu et nerveux. Il avait accumulé bêtises sur bêtises, allant même jusqu'à se faire sermonner par Sirius qui n'avait pas supporté que son service à thé soit cassé par manque d'attention. Certes, il avait pu le réparer, mais c'était pour le principe.

S'il n'y avait eu que ça : le repas avait fini par terre également et Harry avait trébuché plus d'une fois sur un obstacle imaginaire. Sirius l'avait presque fichu dehors en lui ordonnant d'aller « tirer un coup » pour qu'il soit plus concentré. Autant dire que le succube avait été mortifié et s'était enfermé dans sa chambre pour se calmer un peu et s'adonner à son activité favorite depuis quelques jours : la masturbation intensive. Il en était même venu à se demander si un homme pouvait cesser d'éjaculer avec une utilisation trop soutenue. Il n'avait pas la réponse.

Il redescendit dans le salon dans le courant de l'après-midi, plus serein. Il eut à peine le temps de s'installer dans un canapé que la cheminée s'activa. Rogue sortit de l'âtre sans la moindre trace de suie, impeccable comme toujours et très digne.

Harry se surprit à le fixer, les yeux écarquillés et la bouche pendante. Pour un peu, il en aurait bavé.

Mais comment avait-il pu ne pas voir que Severus était un canon ? Il fallait être aveugle ! D'accord, le succube admettait que son physique n'était pas beau mais il se dégageait du potionniste un certain charme et il avait un corps de rêve sous ses robes. Du moins, la créature l'espérait.

Malgré lui, Harry ferma les yeux et se rappela de ses rêves. Il n'aurait jamais dû faire une telle chose. Jamais. Son sexe avait aimé les images semblait-il.

- Excusez-moi, fit le jeune homme en se levant brusquement, rajustant sa robe de sorcier pour qu'elle cache correctement son « problème ».

Il fila dans sa chambre sans entendre la remarque sarcastique de Rogue, et ferma la porte avant de se déshabiller rapidement. Il se jeta sur son lit et empoigna sa verge tendue.

- Par Merlin, Morgane et les Fondateurs, gémit-il.

Il était fichu. Severus était bel et bien son compagnon, il venait d'en avoir la preuve. Il avait failli lui sauter dessus pour exiger qu'ils se lient au plus vite.

Quelques jours auparavant, cette idée l'aurait révulsé. Mais depuis qu'il avait admis que son professeur de Potions était parfait pour lui, selon son côté succube, il n'avait plus eu aucun problème d'acceptation et pensait même comme la créature en lui.

D'ailleurs, depuis ce revirement de situation, il était de plus en plus en accord avec « elle ». Il s'était dit que c'était normal, que les deux parties commençaient à fusionner.

- Je ne tiendrai jamais ! haleta-t-il en faisant des va-et-vient sur son sexe.

Il en était convaincu. Si Rogue le regardait avec ce regard noir et hypnotique, Harry n'allait pas faire long feu. Il avait plutôt intérêt à apprendre à jeter des sortilèges de nettoyage en informulé, il prédisait qu'il mouillerait son pantalon assez souvent.

Harry ferma les yeux et se caressa le corps lentement, imaginant qu'il s'agissait des mains de Severus sur lui. Sa propre main sur son sexe accéléra encore.

- Merlin, pourquoi moi ? pleurnicha-t-il.

Mais il n'eut aucune réponse. Il se contenta de se masturber plus vite encore et éjacula à longs traits avant de retomber sur son lit, plus calme et détendu.

Il avait une fois de plus pris du plaisir en pensant à son professeur de Potions. Ça ne lui était jamais arrivé avant la réception de son héritage, ce qui voulait dire que Severus Rogue était bel et bien son compagnon.

En le voyant apparaître dans la cheminée, Harry avait confirmé ce qu'il savait déjà. Et là, ce n'était ni plus ni moins que la preuve de ce qu'il avait attesté.

Il maudit Merlin de ne pas lui avoir accordé une vie meilleure !

Il resta étendu sur son lit, se rhabillant au passage, et attendit. Il ne voulait pas prendre le risque de redescendre, il n'avait pas envie de rencontrer Severus et devoir repasser par une séance d'activités manuelles. Deux fois par jour, ça suffisait amplement, en plus des nuits mouillées.

Quand on frappa à sa porte, il se redressa vivement et s'assit convenablement sur son lit avant de donner au visiteur l'autorisation d'entrer. C'était Remus. Ce dernier fronça les sourcils et Harry eut la décence de rougir. Le loup-garou, à l'approche de la pleine lune, avait l'odorat plus sensible.

- Tu as deux minutes, Harry ? Je crois qu'il faut qu'on parle tous les deux.

Le succube soupira. Il n'allait pas couper à la discussion. Remus allait lui tirer les vers du nez et Harry devait avouer que ça lui ferait peut-être du bien d'en parler avec quelqu'un. Le lycan savait.

Ce dernier prit place sur une chaise et ferma la porte avant de jeter un sortilège de silence sur la chambre.

- Dis-moi franchement Harry, c'est lui, n'est-ce pas ? Tu savais qu'il allait venir et tu as été plus que maladroit toute la journée. Il a suffit qu'il arrive pour que tu imites parfaitement un strangulot. Et quand je viens te voir, la pièce pue le sperme.

Que Remus soit aussi cru dans sa façon de parler devait venir du fait que la pleine lune était très proche.

- Alors ? C'est Severus ou non ?

Harry hocha la tête.

- Je vois. Et comment tu te sens vis-à-vis de ça ?

- Bien et mal à la fois. Je veux dire, la créature a accepté, moi aussi, mais... j'ai peur d'être rejeté. Il me déteste, il ne voudra jamais de moi et... je suis trop jeune pour lui, il ne va voir qu'un gamin, pas un compagnon. Je ne serai qu'un amusement pour lui. Je ne veux pas. J'ai trop peur que... enfin, qu'il me laisse tomber.

Remus l'attira dans ses bras. Harry était perdu et c'était compréhensible. Maintenant, c'était à l'homme de le rassurer au mieux.

- Écoute-moi, la magie t'a choisi Severus, c'est pour une bonne raison. Il est la personne la plus parfaite pour toi. Sans toi, il ne sera jamais complet. C'est à toi de lui montrer, de lui faire comprendre qui il est, qui tu es et ce que tu attends de vous deux. Arrête de te prendre la tête pour ce qui pourrait se passer. Laisse les choses arriver et laisse ton instinct te guider.

- Mais pour Sirius...

- Ne te préoccupe pas non plus des autres, l'interrompit Remus. Sirius acceptera tôt ou tard la vérité, il se fera une raison. Tu ne vas pas finir ta vie avec lui mais avec Severus. Alors oublie-le. Tu lui en parleras quand tu seras prêt.

- Remus ? l'appela Harry alors que l'ami de ses parents allait quitter la chambre. Merci.

- Mais je t'en prie Harry. Si tu as d'autres questions ou d'autres soucis, n'hésite pas. La seule chose que je te demande, c'est de ne pas me parler en détails de la relation que tu entretiendras avec ton compagnon. Je peux tolérer certaines choses mais ça, c'est au-dessus de mes forces.

Harry hocha la tête, soulagé d'avoir au moins une oreille attentive. Ron était un bon confident mais il n'était pas une créature magique, certains aspects lui étaient inconnus.

0o0

Harry enlaça Remus. Sirius était déjà parti à Poudlard une semaine auparavant, confiant à son ami la charge d'amener son filleul à Kings Cross pour le départ du train, à onze heures tapantes.

Le succube était angoissé de cette rentrée. Il allait voir Severus et ignorait ce qui allait se passer. Il voulait l'homme, il le désirait ardemment, plus encore qu'il n'avait jamais désiré aucun autre de ses amants et ce n'était pas peu dire. Ses anciens partenaires faisaient maintenant parti du passé. Jamais plus la créature n'approcherait un homme, autre que son compagnon, dans le seul but de le séduire pour coucher avec. Il était maintenant fidèle au maître des potions et le serait à jamais.

Une fois sur le quai, Harry regarda avec attention la locomotive rouge cracher son panache de fumée. Il faisait ça à chaque fois qu'il prenait le train. C'était une sorte de rituel.

Poussé par Remus, Harry monta sa malle dans un wagon et se trouva un compartiment libre. À travers la vitre, il fit signe au loup garou. Ce dernier lui répondit avant de partir. Le train n'allait pas tarder. Ils étaient arrivés juste à temps et dans quelques heures, il serait face à Severus. Cette pensée le fit sourire.

Les portes se refermèrent et le tortillard rouge et noir se mit en branle.


À suivre

Alors? Verdict? Ce chapitre était le summum de la nullité et je dois arrêter ou alors j'ai obligation de continuer cette fiction?